31 janvier 2007

Le sport et moi, nous faisons deux

"Mens sana in corpore sano" comme le disait avec une certaine ironie Juvénal dans ses Satires (je ne dis pas ça pour étaler ma culture, hein, mais parce que je pense que peut-être, vous êtes contents de peut-être apprendre des choses). Mais cela signifie-t-il que "mens in corpore non sano non sana" ? Si c'est ça, je suis bonne pour l'hôpital psychiatrique d'ici peu. Parce qu'en toute honnêteté, le sport et moi faisons deux.

La sueur et la douleur ne sont pas les choses de la vie que je préfère. Quant aux endorphines censées venir compenser ces petits désagréments, je n'en ai jamais ressenti les effets ni de près ni de loin. En revanche, le goût de sang dans la bouche, les poumons en feu, les douleurs intercostales et les courbatures, même en y allant doucement, je vois très bien ce que c'est. Dans ces conditions, vous admettrez qu'il est difficile d'y prendre goût.

En réalité, il n'en a pas toujours été ainsi. J'ai 10 ans de danse classique dans les pattes, sans avoir (presque) jamais rechigné pour enfiler mes pointes 3 fois par semaine. Pourtant, dans le genre douloureux, faire porter le poids de tout son corps sur ses orteils pendant 2 heures est dans le top 10 je pense.

Plus récemment, je me suis découvert une nouvelle passion en réalisant mon fantasme d'enfance, me mettre à l'équitation. Ceux qui continuent de penser que c'est le cheval qui fait le plus d'effort n'ont sans doute jamais mis le pied à l'étrier, ou alors sur des poneys shetland immobilisés. Le mérite de l'équitation est de vous faire prendre conscience de muscles dont vous ignoriez l'existence. Chaque cm3 de chair fessière et cuissière est sollicité, et le lendemain, vous les sentez bien, ces muscles qui, l'air de rien, vous aide au quotidien à vous lever, à vous asseoir, à plier les jambes, à marcher.

Alors pourquoi dire que je n'aime pas le sport alors que je suis capable d'enfouir au plus profonde mon côté marmotte pour aller faire quelques tours de carrière ? Je n'aime pas le sport de l'école, ce moment où l'adolescent si bien dans peau est contraint - parfois avec violence par des profs faisant preuve de peu de compréhension et de psychologie - de se montrer dans ses plus beaux atours. Jusqu'à présent, on n'a pas fait mieux qu'un vieux jogging informe pour ridiculiser l'élève. Vous remarquerez que les seuls à avoir des beaux joggings sont de toutes façons ceux qui seraient sexy même dans les joggings pourris : pour avoir un beau jogging, il faut le mériter, donc l'utiliser plus souvent que pour les deux heures réglementaires de sport scolaire. Les moins sportifs ont donc les joggings qui les mettent le moins en valeur.

Attendez, en fait, j'ai sauté une étape : le vestiaire. Le sport à l'école, c'est la joie de se changer en collectivité et d'essayer de se cacher comme on peut. Bizarrement, les profs masculins ont toujours tendance à rentrer sans prévenir, pour annoncer un truc méga important ("N'oubliez pas vos pulls les filles hein, il ne fait pas chaud ce matin"), avec petit coup d'oeil circulaire libidineux, sous-estimant systématiquement le temps nécessaire au changement de tenue. Avec le recul, ça me semble légèrement suspect que Monsieur A. ait réussi pendant tout ma scolarité au collège à venir nous transmettre ses nouvelles de premier ordre pile-poil au moment où nous étions en soutien-gorge.

Après cette première épreuve, il faut subir les échauffements qui nous donnent l'air d'oran-outangs, le regard des autres excédés qu'on n'arrive toujours pas à sauter par dessus le cheval d'arceaux, et les vexations des professeurs, qui trouvent toujours très vite qui est le maillon faible qui restera leur souffre-douleur toute l'année (il faut bien fédérer contre un autre pour éviter de fédérer contre soi). Franchement, si le but est de développer à son paroxysme le mal-être du collégien, je crois qu'on n'a jamais fait mieux. A côté de ça, participer à une classe de découverte naturiste serait presque facile.

Le sport à l'école, c'est aussi la piscine, lieu de luxe, calme et volupté, où l'épreuve du maillot se révèle encore plus redoutable que celle du vieux jogging. Déjà que vous n'avez pas envie qu'on vous voit en jean, alors en maillot de bain... Il faut lutter au collège contre les garçons qui regardent sous les cabines pendant que les filles se changent et qui racontent après à toute la cour que vous avez des poils (ou pas). Il faut essayer de cacher ces seins qui poussent (ou pas) pour éviter de devenir "celle qui en a" (ou pas), ce qui est difficile avec un maillot mouillé. L'épreuve doit être la même pour les garçons avec le moule-zizi. Je passerais sur le fait que l'eau est toujours trop froide, les douches toujours trop courtes, et les cabines toujours trop sales pour mes habitudes de princesse au petit pois.

Dans mon (in)conscient, le sport est un mélange de courbatures et d'humiliations. Alors maintenant que j'ai le choix, j'assume : non, je ne fais pas de sport. De temps en temps, j'aimerais me bouger un peu, comme je le fais en été loin de Paris. Mais pas "faire du sport", les mots à ne surtout pas prononcer pour ne pas m'effrayer. Pourtant, je regarde régulièrement les offres des clubs de sport près de chez moi et même le catalogue Décathlon pour m'acheter de nouvelles tennis. Mais je ne franchis jamais le cap. Promis, demain, je m'y mets (ou pas). Je parie sur le fait que d'avoir le choix me fera aimer ce que je ferai.

25 janvier 2007

Les concours, c'est éprouvant

Aujourd'hui, les blogs sont olé-olé : Cachemire & Soie parle de fonds de robe affriolants, Pensées d'une ronde de clito, Deedee de nu et d'érotisme. Ouais, ben pas le mien. Parce que moi, je parle de trucs palpitants (et super original chez moi) : "les" concours. On dit toujours "les" concours, parce que ça évite de faire prétentieux en parlant d'office de l'ENA (en général, dire à quelqu'un en soirée qu'on prépare l'ENA, c'est pas la meilleure technique de drague, et ça a tendance à jeter un sacré froid). Et parce que souvent, les gens ne sont pas idiots, ils ne préparent pas QUE l'ENA. C'est pourquoi le thème d'aujourd'hui est : "les concours, c'est éprouvant".

Pour qui ne l'a jamais vécu, ça donne un peu l'impression de se lamenter sur tout et n'importe quoi. "Allez, arrête ton char Ben Hur" pensez-vous sans doute. Mais tant qu'on ne l'a pas vécu, on n'imagine pas à quel point c'est vrai : les concours, c'est éprouvant.

Bien sûr, c'est éprouvant socialement. Vos amis qui ne passent pas les concours ne comprennent tout simplement pas pourquoi vous faites la morte. Vous ne faites pas la morte, vous avez simplement cours, le matin tôt, le midi tout le temps, et le soir tard. Quand vous n'êtes pas en cours, vous révisez. Et ensuite vous passez les concours. Même les meilleures volontés finissent pas se lasser de vous proposer des sorties que vous refusez immanquablement. Oui, bien sûr, il faut s'accorder des "respirations" de temps en temps, comme me le répète mon père, très soucieux de ma santé mentale. Mais je ne peux pas respirer 7 fois par semaine. Une à deux fois par semaine en général. Et à ce rythme-là, la rotation de mon carnet d'adresses n'est pas près d'arriver à sa fin.

Il y a aussi les amis qui passent les concours. Ceux-là comprennent très bien, et sont dans le même cas. L'avantage, c'est que je peux les voir entre deux cours, pour un café plus ou moins rapide selon mon ardeur au travail. C'est pour ça que les énarques sont tous très copains entre eux. L'inconvénient c'est que si vous n'avez pas tous le même concours en même temps, ça peut détruire de très belles amitiés (et je ne parle pas uniquement de la séparation géographique entre Paris et Strasbourg...).

Enfin, il y a les amis qui passent les concours mais pas les mêmes que vous. Les risques de rivalité sont minimes, par définition. Mais les chances de se voir aussi : entre les écrits, les oraux, les résultats, les révisions, les re-écrits, les jours de compatibilité des emplois du temps sur l'année se comptent sur les doigts d'une demie-main.

Ensuite, les concours, c'es éprouvant physiquement. L'année dernière, j'avais été saisie d'effroi en côtoyant pendant quelques jours des prepénarques au mois de février. Moi qui revenais de 6 mois à Berlin, j'ai été effrayée par leurs têtes de cadavres. Ils n'étaient même plus blancs, ils étaient gris. Finalement, je trouve qu'il y a moyen de s'en sortir sans devenir gris, et pas seulement grâce à M. Blush.

En revanche, le vrai moment des concours, c'est moins drôle. Le corps en prend plein la figure : j'ai mal aux fesses et au dos à force d'être assise à bosser toute la journée. Que ce soit à la bibliothèque, à mon bureau, en cours, dans mon lit, j'ai mal. Je craque de partout et je rêve d'un home kiné (sans -ma).

Passer les concours signifie aussi en général une légère perturbation alimentaire. On n'a ni le temps ni l'envie de faire la cuisine. On mange en travaillant. On mange en plein concours (le mec qui a inventé les épreuves de 10h à 14h est salué bien bas de ma part). L'aspirant fonctionnaire a dès lors le choix entre arrêter de manger (je suis impressionnée par la prévalence élevée de cas d'anorexies évidentes parmi les candidates) ou se gaver de cochonneries, qui ont en plus le mérite d'être réconfortantes. La semaine dernière, j'ai fait 3 dîners à base unique de Pringles (oui mais Light :D) Spicy Thaï. Pendant les épreuves, je me nourris exclusivement de petits gâteaux de 7h à 17h. Heureusement que ça ne dure pas 6 mois. Ah si en fait, ça dure 6 mois. Faut juste réussir à concentrer le rythme sur deux semaines pour ne pas finir carencée mais obèse.

Et puis il faut bien le dire, c'est fatigant. La première fois, je me suis dit qu'il fallait quand même être petite nature pour finir sur les rotules après avoir fait rien que 5 petites épreuves de 5 heures. Nan franchement, j'ai déjà travaillé plus de 25 heures dans la semaine (Marie-Georges n'est pas encore au pouvoir) et je n'en suis pas morte. Mais là, c'est différent. Même quand on n'est pas stressé, on dort légèrement moins bien. On se lève tôt pour aller aux épreuves, on se couche tard pour relire une dernière fois le cours super important (qui ne tombera finalement pas) et tous les jours le cirque recommence. La course contre la montre sur les derniers instants pour réussir à faire une jolie conclusion pas bâclée lamine tout le monde si ce n'était fait avant.

Last but not least, les concours, c'est éprouvant mentalement. Je pense que tout le monde peut comprendre en quoi c'est stressant, donc je ne développe pas.

De plus, c'est frustrant. Le coup de la micro-question qui porte sur le millionième du programme du concours notamment... On se dit toujours qu'on aurait pu faire mieux et plus. Tout se joue parfois à un point (pensées compassionnelles à tout ceux qui terminent "premier non-admis" ou "premier sur une liste complémentaire qui ne sert jamais à rien"). Admettez qu'il y a de quoi devenir un peu chèvre. Et je parle même pas de l'attente perpétuelle des résultats : il y peut y avoir jusqu'à 7 mois entre le début d'un concours et son dénouement. 7 mois pendant lesquels la vie n'est pas censée s'arrêter.

Malgré tout ça, il y a toujours des candidats, et de plus en plus nombreux. A croire que nous sommes masos. Ou résistants. Ou inconscients.

Sinon, moi, ça va bien, je vous remercie (le pire... c'est que c'est vrai !).

24 janvier 2007

Greluche ?

Bon, comme certainement un bon paquet de bloggeuses aujourd'hui, j'ai perdu quelques minutes de mon précieux temps à faire le Greluche Test découvert grâce à Deedee. Le verdict est tombé : waouh, je ne suis que très modérément Greluche, contrairement à ce que peut laisser croire ma collection :
- de mascara (chaque tube étant d'une couleur subtilement différente de celle de son voisin, qui lui allonge les cils mais ne les épaissit pas, alors que le troisième les étoffe sans faire de paquets et que le quatrième les recourbe)
- de chaussures (mais chaque paire a sa spécificité : talons comme ça ou pas comme ci, couleur, style, bout)
- de fard à paupière (les discrets, les flashy, les mats, les irisés, les à mettre juste par dessus du khôl parce qu'ils sont gras et les à mettre sous les sourcils pour éclairer)
- de jeans (le très vieux très cool du dimanche tellement porté qu'on dirait une greffe de peau de Schtroumpf, le classe qui va avec les bottes et les escarpins, le pailleté qui fait un peu girly, le brodé qui fait carrément girly)
- et de tout un tas d'autres trucs qui font que je suis comme je suis.

Le test l'a dit : je ne suis pas Greluche. Et c'est forcément vrai. Même si je fais des tests beauté pour madmoizelle.com. Même si, en sortant de mon épreuve d'économie, je suis allée faire du shopping pour enfin dégoter le manteau marron qui manquait à ma panoplie de manteaux depuis 3 ans (cf. ci-contre). Même si souvent, quand je ris, je glousse. Que cela soit dit : la science a parlé, je ne suis pas une Greluche.

C'est sans doute pour ça, d'ailleurs, que j'ai un peu tilté en passant devant la parfumerie en bas de chez moi ce matin. En grand dans la vitrine trônait la pub pour le produit tout nouveau-tout beau d'une marque que j'affectionne en général, mais qui a soudain perdu toute considération de ma part.

Cette jolie bouteille a l'air franchement anodin et pourtant, j'ai eu la très désagréable impression qu'on me prenait pour une Greluche. Que dit la pub ? "Pensez-vous que les ondes électromagnétiques puissent traverser les murs sans traverser votre peau ?".

Bien sûr, "électromagnétique", ça fait peur. Mais franchement, qu'un spray cosmétique s'attaque à ce genre de choses me laisse sans voix. Certes, comme dirait Fab, "il y a peut-être d'autres choses plus importantes sur lesquelles s'énerver". Mais je n'aime pas être prise pour une cruche.

En outre, cette pub a le défaut de me faire immédiatement penser à cette secte (les Raéliens ? les "habits blancs" ? Moon ?) dont les membres aiment à se promener enrubannés de papier d'alu pour se protéger de ces courants d'énergie négative qui leur vole leur cerveau, comme la ménagère de moins de cinquante qui regarde le téléachat aime à faire le ménage emballée dans du cellophane pour se débarasser de sa cellucite.

Alors suis-je inconsciente ? Suis-je trop peu hype ? En tout cas, il est certain que ce spray ne délestera jamais mon porte-monnaie. Si jamais un jour, il faut réellement stopper les ondes électromagnétiques pour éviter le vieillissement de ma peau (qui est de toute façon inéluctable, soyons réalistes), je me ferai un masque de papier d'alu, comme tout le monde. Qu'est-ce qu'on aura l'air con quand même ce jour-là... Peut-être qu'un spray incolore ne serait finalement pas plus mal ?

Mais la situation est loin d'être aussi critique pour l'instant. Et je ne me jetterai pas dans les bras du grand capital cosmétique cette fois-ci. Parce qu'il y a toujours une limite dangereuse à ne pas franchir : à force de prendre grossièrement les gens pour des greluches, on finit par leur envoyer un électrochoc qui les ramène à la conscience : "mais non je ne suis quand même pas SI greluche que ça !".

23 janvier 2007

Vautrage

jlqp avait beau me dire hier "on ne peut pas rater un concours de la fonction publique quand on aime Joe Dassin", j'ai le malheur de vous annoncer que si, on peut. Enfin, rien n'est encore joué, mais il y a comme qui dirait de fortes présomptions.

Hier j'étais légère (mais pas court vêtue pour une fois, fait froid). Je me disais que je n'avais pas révolutionné la pensée moderne, mais après tout, ce n'est pas ce qu'on nous demande. J'ai eu l'impression de faire un devoir acceptable.

Ce matin, tout a basculé, et j'aurais presque envie de pleurer si j'étais cyclothymique (ou sous Duphaston). Mais ce n'est pas le cas, donc je serre les dents, en espérant que ça soit rattrapable. Je vais quand même expliquer ce qui m'est arrivé, parce que nom-de-D***-de-p*****-de-b*****-de-m**** (c'est l'injure préféré de mon papa quand il bricole. Quand il utilise son marteau ou sa scie, il a toujours besoin de beaucoup jurer, ça l'aide. Et ça énerve beaucoup maman, parce que "quand même, ça ne fait pas très chic. Tu pourrais au moins jurer en chuchotant". Ben non, jurer en chuchotant, c'est comme chanter I will survive à jeun et en fredonnant).

Les faits : les programmes des concours de la fonction publique, c'est toujours énorme, voire sans fin. Mais ceux du Quai d'Orsay sont selon moi particulièrement énormes. Par exemple, ce matin, j'avais Questions internationales, mon grand dada habituellement (je vais peut-être changer d'avis). Le programme de QI (pour les intimes) c'est : le droit international public (rien que ça, c'est beaucoup), l'histoire diplomatique depuis 1914 (là encore, ça pèse) et en gros, ce qui passe dans le monde en ce moment (la Chine, les ONG, la Corée du Nord et celle du Sud, le trafic de drogue, le Canal de Beagles, les mafias, le Nakhitchevan, l'environnement, l'OSCE, Guantanamo, le Traité constitutionnel européen, tout tout tout et plein d'autres choses encore). En gros, il y a un bon gros programme. Mais ce n'est pas grave, j'aime ça.

Certes, mais parfois, c'est tellement énorme qu'il faut faire des choix. Tout le monde fait des choix. On mise sur des sujets, en se disant que vraiment, "ça" a toutes les choses de tomber. Cette année, j'avais misé sur la prolifération (nucléaire mais pas seulement), les espaces / les flux / les migrations / les ressources, la justice pénale internationale, la gestion des identités, principalement. Et puis il y avait les impasses : l'environnement était trop casse-gueule et pas assez juridique pour valoir le coup d'une dissert de 4 heures, les problématiques régionales ne tombent jamais, la notion de conflit est aussi trop réductrice. Et puis les Nations-Unies, ça aussi on pouvait passer. Ohlala, ne croyez pas que c'est inintéressant, ni même que je pense que ça ne vaille pas la peine d'être vu. Les Nations-Unies, c'est vrai que c'est TRES important. Seulement... seulement, ça fait déjà 2 fois de suite que ça tombe. 2 fois, c'est déjà statistiquement quasi-improbable, alors trois fois... je me marre tellement ce serait comique et inédit. Ahahahahahahah.

Sauf qu'hier soir, j'ai eu un doute. En culture générale, hier, notre sujet portait sur la mémoire nationale, l'Etat tout ça. Or l'histoire / la mémoire, ça faisait pile-poil la troisième fois qu'ils le ressortaient. Forcément, ce n'est pas ce que j'avais le plus travaillé. J'aurais aimé recaser ce bouquin de Ricoeur sur les Commissions Réconciliation et Vérité de l'Afrique du Sud, mais je ne me rappelais plus du titre (La mémoire, l'histoire, l'oubli pour les curieux). J'ai essayé de tirer ce qu'il me restait de Eichmann à Jérusalem : trop peu pour faire une citation qui ne fasse pas "je ne sais pas de quoi je parle mais je le mets quand même parce que ça fait toujours chic de citer Arendt". J'avais des souvenirs de choses que j'aurais voulu mettre mais qui ne servaient à rien car trop imprécis. Mais j'avais d'autres choses à dire, ma hotte n'est jamais vide. Ce n'était pas tragique, juste un tout petit peu énervant. Et puis on nous répète tout le temps que trop de références tue la référence...

Donc hier soir, j'ai douté : et s'ils faisaient pareil pour les Questions internationales ? Impensable non ? Le programme est tellement vaste qu'il faudrait vraiment être débile pour reprendre 3 ans de suite le même thème. J'ai donc relu la prolifération avec force et courage.

Et ce matin, quand j'ai retourné mon sujet, le mot "Nations-Unies" m'a tout de suite sauté aux yeux. La dernière fois que j'ai bossé à fond le thème, c'était en juin dernier. J'ai rassemblé mes dents et mes connaissances, et je me suis lancée. Bien sûr, j'ai réussi à écrire quelque chose. Bien sûr, j'ai tenu mes 4 heures, 2 parties, 2 sous-parties, accroches, définition des termes du sujet, problématique, annonce de plan. Bien sûr, parce que tout ça est très bien huilé maintenant. Et puis sur les Nations-Unies, toute personne se cultivant un minimum et lisant de temps en temps les journaux a quelque chose à dire.

Le problème, c'est que ceux qui ont conçu ce sujet (et manquent cruellement d'originalité) attendent largement autre chose de ma copie qu'un article du Monde avec ses imprécisions, ses floutages artistiques ("1969 ou 1971 ? début des années 70, en espérant que ça passe !"), ses grossieretés intellectuelles. Ca donne un peu envie de pleurer de rage d'avoir travaillé autant, pendant si longtemps, pour se faire couillonner de la sorte.

Vous me direz, si j'avais vraiment travaillé comme une malade, je n'aurais fait aucune impasse, absolument aucune, j'aurais été aussi incollable que sur la BLU-82 "daisy cutter" (ah ça, je peux en parler tant que vous voulez). C'est vrai, je n'aurais pas dû faire d'impasse. Mais bien que ce soit le propre des concours à sujet unique, je trouve ça toujours terriblement frustrant de passer des heures, des jours, des semaines, des mois et pour certains des années à bosser un programme tellement lourd que tout n'est pas dans Wikipédia, pour se retrouver à parler d'un millionième du programme. Parfois, ce millionième, vous le maîtrisez sur le bout des doigts, parfois pas. C'est de toute façon toujours un peu injuste.

Le côté rassurant c'est : tout le monde (mis à part les insouciants complets qui ne regardent jamais les annales) est dans le même cas que moi, personne ne pensait voir ce sujet tomber une fois encore. Le côté pas rassurant c'est : je ne pense pas avoir fait foncièrement mieux que les gros glandeurs qui n'ont rien foutu d'autre que de lire Courrier international et n'ont aucune idée de ce qu'est la BLU-82 ni même le régime 93+2. Mais ça, personne ne nous demandait d'en parler, bien sûr.

Monsieur le correcteur, si jamais vous passez par ici en vous promenant, ne croyez surtout pas que je ne vous aime pas, hein, c'était juste histoire d'écrire un billet. Et NON, vous n'êtes pas débile, et NON, vous ne manquez pas d'originalité. :D

Bande de pinioufs !

20 janvier 2007

Le petit cadeau du samedi soir : le quart d'heure Joe Dassin

Alalalalalah, je vous entends déjà ricaner là-bas, dans votre canapé ou sous votre couette, voire même au bureau (c'est mal de commencer sa matinée du lundi matin par la tournée des blogs), rien qu'en lisant le titre. Joe Dassin ? Et oui, Joe Dassin, et je vais même expliquer pourquoi.

En écoutant il y a déjà quelques temps le dernier album de Bénabar, j'ai entendu la chanson dans laquelle il promet de venir sauver son pote de la dépression en lui chantant "du Joe Dassin". Du coup, j'ai mené ma petite enquête auprès de quelques personnes bien choisies, qui était consituée des questions suivantes :
  • et toi, ça te remonterait le moral si je venais te chanter du Joe Dassin ?
  • si oui, c'est laquelle ta préférée ?

Il est ressorti de ce sondage express que :
  • Joe Dassin est un formidable anti-dépresseur
  • tout le monde a une "chanson préférée" de Joe Dassin. Pour tous mes sondés, il y a UNE chanson qui a pour eux un sens particulier, qui les touche, qui les fait marrer, qui les émeut. Chacun a en quelque sorte SA chanson de Joe Dassin. En revanche, étant donné que mon échantillon n'était ni représentatif ni massif, je ne peux donner de directions générales et à valeur universelle relative à l'orientation musicale des Français : je ne sais pas quelle est la chanson que la majorité des Français préfère.
Moâ, il y a une chanson de Joe Dassin qui me fait toujours frémir, parce que (attention, fleur bleue débarque) "c'est TELLEMENT beau ce qu'il dit" (avec trémolos dans la voix). Ca marche à tous les coups, j'ai le ventre qui palpite et le coeur qui frissonne, le ventre qui frissonne et le coeur qui palpite. Je n'ai encore jamais pu tester, mais il me semble que pour me draguer, il me suffirait presque de me la chanter en play back - avec conviction et sans strabisme - pour que je fonde comme chocolat au four. Ma chanson fétiche, c'est celle-là :



Mais d'autres sont bouleversés par un grand classique devant l'Eternel :


Joe Dassin - Et si tu n'existais pas

Ou encore celui-là :


Le petit pain au chocolat

Certains sont requinqués par la marguerite entre les incisives :


joe dassin - la fleur aux dents

La fleur aux dents, d'ailleurs reprise par celui qui ma soeur appelle "son beau-frère", Vincent Delerm (j'aime quand il me dit "et puis il y a la femme qu'on attendait" en me regardant dans les yeux)? Malheureusement, je n'ai trouvé que cette version avec Katerine :


Vincent Delerm & Philippe Katerine

Sans oublier les deux incontournables (mais que je ne supporte vraiment plus en réalité) :

"Les Champs-Elysées"


L'été indien-joe dassin


Alors voilà, vous ricaniez, mais je suis absolument certaine qu'il n'y en a pas un seul qui a résisté au plaisir de cliquer sur au moins l'un de ces lecteurs, voire de chantonner en douce, juste parce qu'on ne peut pas se retenir, et qu'après tout, c'est vrai que Joe Dassin, ça fait du bien...

PS / hé, zavez vu, je sais enfin faire des paragraphes justifiés et des listes à puce !! On progresse un peu tous les jours...

18 janvier 2007

Désordres

Il y a un truc qu'il faut que je vous dise. J'aimerais essayer d'extérioriser un bon coup, peut-être que ça me guérira. Ce n'est pas bien grave, assez discret, et pas handicapant socialement. En gros, je suis dyslexique.
En fait, je ne sais pas si je suis vraiment dyslexique. Je n'ai jamais été diagnostiquée par un spécialiste de la question ni rien. Je n'ai même pas été suivie, puisque je n'ai pas eu de difficultés dans l'apprentissage de la lecture ou de l'écriture, ce qui est en théorie le premier signal d'alarme. Mais dans ma vie de tous les jours, je me rends bien compte que j'ai un léger problème.

La dernière fois, je pensais que c'était une bonne idée d'aller me promener un peu, histoire de glâner quelques macarons chez le sublime pâtissier pas trop loin de chez moi. Les pomme-cannelle sont aussi originaux que savoureux. Mais juste à côté de la boutique de gourmandises colorées, il y a une maroquinerie. Forcément, quand j'ai vu marqué "maroquinerie", j'ai traversé la rue. C'est vrai : macaron et maroquinerie, c'est proche quand même. Quand j'ai vu tous les sacs, j'ai eu un moment d'incompréhension et j'ai réalisé. Je réalise vite maintenant, parce que je suis habituée. Mais je ne peux m'empêcher de me dire que je suis sacrément cruche.

Mais il n'y a pas que les lettres, il y a aussi les chiffres. Et là, ça commence à m'embêter un peu plus. Pour moi, il n'y a, au premier abord, aucune différence entre 124 et 142. Après, en faisant attention, en me concentrant vraiment, j'arrive à voir la différence. Je sais même - je sais, je suis un peu Einstein dans mes bons jours - que 124 est inférieur à 142. Mais à la première lecture, je mélange tout.

Cette confusion dans les chiffres est plus problématique, notamment quand j'essaie de me mettre en tête des résolutions du Conseil de Sécurité. Je ne VOIS pas la différence entre la résolution 1373 et la résolution 1737. Alors j'apprends par coeur "résolution 1373 = sanctions contre l'Iran" / "résolution 1373 = sanctions contre l'Iran" / "résolution 1373 = sanctions contre l'Iran" / "résolution 1373 = sanctions contre l'Iran" / "résolution 1373 = sanctions contre l'Iran" / "résolution 1373 = sanctions contre l'Iran" jusqu'à ce que ça rentre. Toute fière de moi, je me rends compte qu'en réalité, ce n'est pas la 1373 mais la 1737. On prend les mêmes et on recommence.

Ces désordres internes m'ont également valu quelques secondes d'émotion à la réception de résultats dernièrement. Afin d'ôter toute information intéressante de ce post, je vais prendre des chiffres absolument fantaisistes. Je reçois donc mon relevé de notes, je l'ouvre et le mot "admissible" me saute aux yeux. Ce n'était pas possible, j'avais bien regardé la liste, et j'étais certaine de ne pas avoir été dessus, sans même en être étonnée. Je lis la phrase en entier : "Le dernier admissible a obtenu 3175 points". Je remonte pour voir mes résultats : j'ai justement obttenu 3175 points. HEIN ??? QUOI ??? NON !!!! Je vérifie après avoir respiré un grand coup... Ah, j'en étais sûre : je n'ai Dieu merci que 3157 points. On peut se dire qu'après tout, la différence entre 3175 et 3157 est faible. Mais parfois, ça change une vie.

D'où je tiens ça ? J'ai ma petite idée : ma môman est exactement pareil. C'est une gauchère, elle en a tous les travers en ce qui concerne la latéralisation, et j'en ai hérité. Attention, je ne dis pas que les gauchers sont moins doués que les autres. La preuve en est que ma mère est 10 fois plus douée de sa main gauche que ma soeur (droitière) de sa main droite. On peut être gaucher et adroit, comme on peut être droitier et gauche. Mais à son époque, être gaucher n'était toujours pas très bien vu et on l'a un peu perturbée en voulant la faire changer de main. Aujourd'hui encore, bonjour les dégâts.

Morale de l'histoire : attendons de voir si ma confession résoud mes problèmes.

17 janvier 2007

Je l'ai !!!

Ca y est, je l'ai !!! Il est arrivé ce soir chez moi, avec juste un peu l'aide du gardien. Une chambre dans une chambre. Ron ne le sait pas, mais lui et moi, ça fait pas mal de journées qu'on passe ensemble sous la couette. La première fois, on y est resté un week end entier, à rigoler ou à avoir la larmiche à l'oeil. J'ai lu toutes ses Histoires d'hôpital, toutes celles qui étaient encore en ligne, en attendant la sortie du livre.

Ce soir, je pourrais encore passer une nuit avec lui en tête à tête. Mais je suis partagée : ce n'est vraiment pas le moment d'entamer un livre que - je le sais par avance - je ne pourrai pas lâcher avant le dernier point. En espérant que ça se termine par un point. Et en même temps, ça me brûle les yeux de commencer.

La dernière fois que j'ai affronté un tel dilemme, c'était pour la saison 2 de Desperate Housewives, qui était en entier sur un site de vidéo bien connu bien avant sa diffusion en France. Je me suis dit que j'allais être raisonnable, que j'allais regarder au maximum du maximum deux épisodes par jours. AU GRAND MAXIMUM. J'en étais à l'épisode 12 lorsque le fameux site a découvert que tout cela n'était sans doute pas très légal et que TOUS les épisodes ont été effacés du jour au lendemain.

Même si dans le cas de mon bouquin - oui, à partir de maintenant, c'est le mien, et non plus celui de Ron - il ne risque pas de s'envoler dans la nature, j'hésite. Peut-être que je pourrais être raisonnable et lire... disons... une cinquantaine de pages seulement ce soir ?

16 janvier 2007

Le message (d'un autre) du jour

Pour masquer mon manque de temps, je me contente aujourd'hui de vous renvoyer vers un blog que j'ai découvert depuis peu, poétiquement intitulé Le silence des lois.

Vous y trouverez des analyses très intéressantes qui ne manquent pas de grains moulus (mais jamais pré-moulus) sur un tas de choses de la "vie publique", sur ce qui anime la cité et sur lesquelles on entend en général tout et n'importe quoi. Surtout n'importe quoi.

Silence des lois décortique, explique, analyse. Souvent, c'est juridique, mais comme il se cache toujours quelque chose de profondément humain et quotidien derrière ces textes juridiques, vous apprécierez sans doute, même sans être fan de la prose du Conseil d'Etat.

Le dernier billet est particulièrement marqué par le sceau de la sagesse et de l'esprit critique. La citation de fin est à se répéter tous les matins (en particulier avant d'aller acheter ses cadeaux de Noël).

Si jamais se cache sous cette plume blogguesque de qualité mon prof de droit public so sexy, je veux bien l'épouser à Vegas après-demain. En fait non, là, après-demain, ça va faire un peu juste, mais à partir du 29 janvier, j'ai un créneau de libre.

15 janvier 2007

Asociale

Après avoir passé la journée à me pencher sur les problèmes de Ciscaucasie, de tunnel de Roki, de Haut-Karabakh et autres joyeusetés des contrées lointaines, j'ai la tête farcie et pas du tout envie d'écrire. Mais une chose doit être dite.

Que ce soit clair : depuis ce matin, je ne réponds plus au téléphone, je ne regarde plus mes mails, je m'enferme dans mon cocon, je ne vois plus personne. Pour ceux que ça concerne, pas la peine de m'en vouloir, de vous sentir vexés, de trépigner, ça ne changera rien. N'y voyez rien de personnel, c'est tout. C'est ma façon à moi de gérer ce qui m'attend à partir de lundi prochain.

13 janvier 2007

Pourquoi les séries policières américaines sont toujours meilleures...

Les Experts (Miami, Las Vegas, New York et sans doute bientôt Milwaukee-les-Vaches), NCIS, Numbers, Crossing Jordan, Dernier recours, FBI portés disparus, et la liste est encore longue : les séries policières américaines ont envahi nos écrans et plaisent à la folie. Mais pourquoi préfère-t-on Grissom à Julie Lescaut, Jack Malone à Navarro ou encore Horatio Caine au Commissaire Moulin ?

Je ne penche pas pour la thèse de l'admiration béate du voisin américain, mais plutôt pour une explication rationnelle en trois points pour expliquer cette supériorité évidente des policiers américains sur leurs homologues français.

En premier lieu, les Américains sont beaucoup plus riches que nous, du coup, leurs laboratoires sont pleins de machines magiques qui travaillent quasiment toutes seules. De cet état de fait, je tire deux conséquences :
- ça donne l'occasion de faire des tas de trucs hallucinants comme des reconstitutions faciales à partir d'un demi-millimètre d'os nasal en décomposition ou des analyses de tissu directement reliées avec la base de données de tous les fabriquants textiles du monde depuis 1923 qui permet de dire à quelle heure et quel jour le méchant a acheté son blouson, vous voyez ce que je veux dire.
- comme les machines marchent toutes seules, ça laisse PLEIN de temps aux acteurs - pardon : aux policiers - pour faire autre chose. Ainsi, ils peuvent coucher ensemble, aller à la plage, coucher ensemble, faire la cuisine, coucher ensemble. Bref, ça donne lieu à une véritable intrigue inter-personnelle au-delà du travail de jugeotte policière. Les gens pensent qu'ils ressemblent presque à ceux de la vraie vie et sont contents de pouvoir voir deux-trois paires de nichons (au début, j'avais écrit juste "nichons", et je me suis dit que les gens n'aimaient en fait pas voir 3 nichons, ça les met toujours mal à l'aise) entre une autopsie et une fusillade. Bref, l'intrigue est ENRICHIE, car le but du progrès technique est de libérer l'homme de son labeur aliénant, d'abord.

En second lieu, les Américains ont un problème, ou plutôt deux, qui s'appellent CIA et FBI. C'est incroyable, mais ces deux-là ne peuvent pas s'entendre. Il y a toujours des rivalités entre chefs, entre services, entre agents. Du coup, ça pimente l'intrigue. Si jamais les méchants ne tirent pas sur les agents, il y a toujours une petite chance qu'ils se tirent les uns sur les autres, pour se libérer d'une vieille rancoeur, l'affaire du siècle chipée par le bureau d'à-côté. Du coup, on ne sait jamais très bien qui est qui et on reste jusqu'au bout en espérant comprendre pourquoi la brune a craché au visage du grand blond (mais peut-être finiront-ils malgré tout par coucher ensemble, cf. supra).

En dernier lieu, les Américains ont cette merveilleuse chose qu'est le port d'arme légal prévu par le Deuxième Amendement de la Constitution (et accessoirement soutenu par la National Rifle Association). Environ 200 millions d'armes à feu circulent entre les mains de particuliers aux Etats-Unis (rappelons à toutes fins utiles que l'Amérique est peuplée de 300 millions d'âmes). Par un calcul mathématique tout simple, vous comprendrez qu'une enquête ouvre beaucoup plus de pistes aux Etats-Unis qu'en France : pour tirer sur quelqu'un, il faut avoir une arme à feu, et moins c'est courant, moins vous avez de suspects (et donc de suspense). Une fusillade en centre-ville ? Toute la ville ou presque peut être coupable aux Staïetes. Vous faites la même chose en France et vous êtes certain qu'ils vont choper dans le quart d'heure le seul et unique détenteur de fusil du département, le chasseur. Pas étonnant que la vie de Corinne Touzet soit moins palpitante.

En somme, pour redonner vie aux séries françaises, il faudrait doter la Justice de plus de moyens (côté répression), renforcer la rivalité à mort entre Gendarmerie et Police nationale et distribuer gratuitement des armes à feu à 40 millions de Français. Ca me rappelerait presque le programme d'un certain candidat...

[EDIT : petit oubli fâcheux] J'ai pris conscience que j'avais oublié un élément central dans mon analyse ô combien scientifique et réfléchie : le fédéralisme américain. Avec notre bon vieux centralisme jacobin, quand un mec fait une connerie à Marseille, on voit tout de suite qu'il a déjà fait de la prison à Verdun et qu'il s'est marié à Saint Brieuc. Aux Etats-Unis, en général, les policiers découvrent à le 44ème minute (après la coupure de pub) que le zozo en question, qui a tué sa femme en l'étouffant avec une brosse à dent dans le Nebraska, s'était déjà marié dans le Michigan il y a 6 ans. Crime suprême, il est donc polygame. Enfin, il était, puisqu'il est maintenant veuf. La question est : a-t-il tué sa femme pour se mettre en conformité avec la loi ? Mais je m'égare. En effet, le fédéralisme américain permet de cacher plein de vilaines choses aux policiers, ce qui leur complique la tâche et nous arrange bien, toujours dans un souci d'optimisation suspensielle. En fait, les Etats-Unis, c'est un peu comme l'Union européenne maintenant, quand on met quatre ans à se rendre compte entre policiers belges et policiers français qu'on parle peut-être du même méchant monsieur qui enlève de jolies blondinettes à la sortie des écoles.

11 janvier 2007

Chaud ou froid ?

Comme toutes les mères (un peu juives sur les bords), la mienne est extrêmement douée pour vous faire croire que vous adoptez de vous-même sa position, alors que vous n'étiez à la base pas d'accord. Vous pensez être doté de raison et d'esprit critique ? Qu'importe, vous en serez dépouillé à l'instant où vous émettrez une opinion discordante, jusqu'à ce que vous vous ralliiez de façon naturelle à la conviction maternelle.

Avec le temps toutefois, je dois dire que les ficelles sont de plus en plus grosses (disons plutôt que j'ai acquis avec l'expérience de sérieuses loupes) et ces tactiques manipulatrices marchent de moins en moins. Je vous livre le classique des grands classiques, le bien connu "tu fais comme tu veux ma chérie. Moi, je te dis juste ce que j'en pense. Et ce que je pense, c'est que je ne ferais pas comme toi. Mais tu es LIBRE, c'est TOI qui choisis". Vous pouvez dire adieu à votre libre-arbitre au moment où ces paroles sont prononcées.

Il y a aussi le bien connu "ah" que seules les membres féminins de notre famille savent décoder dans toute sa subtilité : "ah" d'étonnement, "ah" dubitatif, "ah" pragmatique, "ah" estomaqué, j'en passe et des meilleurs. Un exemple ? "Maman, j'ai trouvé une superbe table bassse pour l'appartement. Elle est comme ci, comme ça et comme çou. Une merveille !". Diatribe enflammée à laquelle est simplement répondu "ah", qui signifie peu ou prou "tu fais comme tu veux ma chérie. Moi je te dis... etc" mais en un plus sadique. Parce que rien n'est dit, on ne peut ni répondre ni argumenter. Notre choix a simplement rencontré la désapprobation maternelle.

Il faut ensuite soit savoir se plier systématiquement, soit partir très loin (ma soeur), soit vivre avec cette largesse dans la distribution de conseils, sans culpabilité outrancière ou presque (moi). Je l'avoue, parfois, le remord me ronge un peu. Et je regrette même de temps en temps mon entêtement lorsque, comme prédit par l'autorité maternelle sus-citée, en effet, les jardinières sur le rebord de la chambre, ça ne prend pas (pas assez ou trop de soleil), que le gâteau au micro-onde c'est dégueu, que cette robe me fait la silhouette de Bécassine ou que ma nouvelle couleur de cheveux me donne des airs d'Yvette Horner. [Note au lecteur : tout ceci n'est bien évidemment que pure fiction. Je ne me suis jamais teint les cheveux en roux... en noir bleuté en revanche, humhum, oui, mais j'étais jeune et rebelle]

Toute la difficulté réside en réalité à distinguer l'abus d'autorité et le conseil en or plein de bon sens de quelqu'un qui a nettement plus vécu que moi, et qui sait donc des tas de choses que je ne sais pas. Le dernier conseil en date ? "Ma chérie, quand tu déferas ton sapin et qu'il y aura plein d'aiguilles sur ton plancher, enlève d'abord le plus gros à la balayette, sans quoi ton aspirateur risque de se boucher". C'est con hein comme conseil, mais je n'y aurais pas pensé. Et comment elle sait ça ma maman ? Parce que quand elle était un peu plus jeune et un peu moins expérimentée, elle s'est retrouvée un soir avec mon père à faire du désenvoûtement ménager dans le salon pour que les aiguilles du sapin libèrent enfin le conduit de l'aspirateur.

Il faut donc apprendre à écouter quand il le faut et à marquer son opposition lorsque ça vaut le coup. Sans quoi, la position - quel que soit l'extrême à laquelle elle se situe - est suicidaire. D'un côté, ne rien écouter, c'est se priver d'une mine incroyable de petits renseignements qui libèrent le quotidien. D'un autre côté, toujours aquiescer est dangereux en terme d'intégrité psychique à laquelle toute personne humaine a droit.

Toutefois, il existe des "cas limites", où on ne sait pas si on ferait mieux d'écouter ou pas. Ainsi, pour Noël, j'ai reçu une très jolie petite gravure ancienne, que je vais faire encadrer. Bon, là, ça se corse un peu, parce que plutôt que de payer la peau du cou un artisan qui me fera ça aux petits oignons, je préfère demander à ma maman, championne toutes catégories pour ce genre de travaux. Mais qui dit demander son aide dit nécessairement écouter, voire prendre en compte, ses conseils. La marie-louise est en cause. Pour les jeunots n'ayant jamais fait d'encadrement autrement qu'avec des posters Playboy dans des cadres Kikéla, une marie-louise est un morceau de carton coloré plus ou moins travaillé qui entoure le sujet encadré. C'est en gros ce qu'il y a entre le cadre et ce qui est encadré, vous situez ?

J'exprime donc mon intérêt pour les modèles gris bleuté, selon moi du meilleur effet avec le ciel menaçant de la gravure. "Tu fais comme tu veux ma chérie, mais si j'étais toi, je prendrais plutôt des teintes chaudes, dans les ocres". C'est vrai, une marie-louise ocre irait aussi très bien. Mais justement, vous allez rire, ça me rappelle un peu trop ma mère les ocres. Pour elle, déco rime avec chaud. J'ai grandi dans l'ocre. Hors de question de mettre un soupçon de couleur froide. Et le gris bleuté, c'est froid. Mon goût pour les ambiances gustaviennes s'est donc développé en dehors de toute influence familiale, en dehors d'une réaction psychanalytique communément appelée "rejet".

En dehors de son goût personnel et subjectif (donc de faible valeur argumentative) pour les couleurs chaudes, ma maman a ajouté un argument de poids : "et puis tout le reste est dans des couleurs chaudes chez toi". Hum, oui, mais JUSTEMENT, un peu de rupture, un soupçon de changement, une miette de contraste, ça ne ferait pas de mal non ? Surtout dans l'entrée, soyons francs...

En dehors du fait que, souvent, le chaud-froid, ça fait mal aux dents, j'apprécie hautement la chose. Que celui qui n'a jamais mangé de moelleux au chocolat avec une boule de glace à la vanille, ou même une crème glacée caramel au beurre salé sur un lit de pommex au four, me jette la première pierre. C'est bon, le chaud-froid en cuisine ! Mais est-ce une si bonne idée en déco ? Dois-je camper sur mes positions ou me plier à la sagesse du dinosaure ? Et une malheureuse gravure peut-elle ruiner l'admirable équilibre de chaleur qui règne chez moi.

Je m'affirme donc pour le chaud-froid, elle me regarde de son oeil qui veut dire "tu verras bien que j'ai raison" en me disant "de toutes façons, il faut voir avec la gravure", façon de repousser discrètement le problème à plus tard. Gagnera ou gagnera pas ? Et si jamais, c'est vraiment mieux avec des couleurs chaudes, perdrai-je la face et mon entêtement ?

Au final, n'a-t-on pas tous presque la même mère ? Quand je demande autour de moi, il semble que le fameux "tu fais ce que tu veux ma chérie etc." soit un invariant maternel. Pour ceux qui ne voient pas exactement de quoi je parle, il faut absolument que vous alliez voir ça ou Comment devenir une mère juive en 10 leçons, si possible avec votre mère, ça sera plus drôle. Vous avez deux jours...

09 janvier 2007

Beauté intérieure et intelligence extérieure

Je ne suis pas (encore) une grande spécialiste de la nature masculine. J'ai encore de nombreux mystères à percer, en particulier la relation exacte qu'ils entretiennent avec l'intelligence, en particulier féminine. Mes observations in vivo me laissent régulièrement perplexe, étonnée voire estomaquée.

Il y a sur Europe 2 TV (on a les références qu'on peut) un truc américain tout à fait dans le genre de ceux de MTV qui s'appelle Next. J'en conviens, ce n'est pas d'une très grande intelligence (puisqu'on en parle), mais je trouve ce genre d'émissions, à petite dose, particulièrement intéressant d'un point de vue strictement culturel. De même que les séries australiennes nous apprennent des tas de de choses sur l'Australie (grâce à Hartley Coeur à vif, je sais depuis mon adolescence que l'Australie est un grand pays d'immigration pour les Grecs), Next nous apprend plein de choses sur la jeunesse américaine. Le principe de Next ? Un mec /une fille rencontre 5 garçons / filles. Le premier passe, dès qu'il en a marre, il dit "next" et un autre arrive, et ainsi de suite jusqu'à ce qu'il ou elle ait trouvé chaussure de Cendrillon à son pied.

En général, les mecs disent - en gros - qu'ils veulent une fille jolie mais surtout intelligente. Et ils repartent immanquablement avec la greluche blonde à gros seins et faux ongles d'actrice porno qui ricane comme Pamela Anderson. Alors deux possibilités : soit nous n'avons pas la même notion de l'intelligence (qui doit être extérieure). Soit leurs capteurs à neurones s'affolent à l'approche de telles jeunes femmes comme mon radio-réveil quand mon portable est à proximité.

J'ai récemment eu confirmation du réalisme de ce genre de comportement dans la vraie vie. A une soirée, un couple arrive. Lui : normal. Elle : ne ressemble pas à une greluche, mais après un quart d'heure de conversation, elle aligne connerie sur connerie. A chaque verre de vin, son abyssal manque d'intelligence se fait plus flagrant. A la fin de la soirée, c'en est presque gênant. Vous pouvez me trouver dure. Je me trouvais moi-même un peu trop cruelle. Il m'a suffi de croiser le regard de l'amie qui nous avait invités chez elle pour que je comprenne que je n'étais pas seule et que mon jugement était largement partagé.

D'ailleurs, il était également partagé par son mec. Dans mon souvenirs, ils étaient ensemble depuis plus d'un an, ce qui laisse largement le temps de découvrir les limites des uns et des autres, en particulier intellectuelles. Le jeune homme était conscient des faiblesses de sa dulcinée. Au bout d'un moment, excédé de la voir déblatérer, il lui a intimé l'odre "d'arrêter de dire des conneries et de la fermer un peu". Le ton ne serait jamais passé avec moi, mais j'étais soulagée de la voir obéir. En dehors de l'humiliation infligée, cela signifiait clairement que ce mec avait conscience de la connerie de sa nana, qu'il en était gêné, mais pas au point de la quitter.

La question perdure donc : quelle relation les mecs entretiennent-ils réellement avec les neurones de leur nana ?

Un dernier élément subsidiaire : « D'après une étude britannique, à chaque fois qu'un homme augmente de 16 points son QI, ses chances de se marier grimpent de 35 % alors que pour une femme, 16 points de plus, c'est 40 % de chances en moins. »

"Acheter un slip à minuit, c'est ubuesque"

Pour changer des vrais blogs de filles, un débat social et non un débat de mode sur les soldes (ok, je suis un peu présomptueuse) : dans les grands magasins, un préavis de grève a été déposé pour demain (premier jour des soldes, pour les Martiens qui n'auraient pas encore été atteint par le matracage médiatique dont ces journées de rabais font l'objet dans les médias depuis 1 semaine... On sent que le Gouvernement veut de bons chiffres économiques d'ici mars). Ce mouvement social tombant à point nommé vise à contester les conditions de travail des vendeurs et vendeuses : on les fait travailler tard (21h heures pour les jours de nocturnes, 20h le samedi, et 22h pour le premier jour des soldes) et parfois le dimanche.

Rappelons que pour ces horaires, le volontariat prévaut et qu'ils font l'objet d'une compensation salariale qui va de 50 à 100% selon la branche concernée, voire plus si la convention collective le prévoit. De plus, un dimanche travaillé ne signifie pas un jour de repos en moins, ce jour sera simplement pris un autre jour, puisque le droit du travail précise qu'un employeur ne peut occuper un salarié plus de six jours par semaine et qu'il doit respecter un repos hebdomadaire de 35 heures (24 heures + 11 heures de repos quotidien). D'accord, il y a la vie de famille, d'où l'idée du volontariat. Personnellement, ça ne me semble pas être un mauvais deal de travailler de temps en temps le dimanche en gagnant plus. Et j'ajouterai de façon encore moins scientfique qu'à mon humble avis entièrement subjectif et pas du tout argumenté, l'une des raisons du dynamisme économique américain, largement tiré par la consommation des particuliers, est que tout est ouvert le dimanche et tard le soir. Quand on a plus de temps pour consommer, on consomme plus.

Je passe rapidement sur mon amour modéré pour les syndicats et encore plus modéré pour les syndicalistes, on pourrait croire que j'ai viré ma cuti. Pas faux en même temps. Pour résumer ma pensée : le syndicalisme à la française, c'est une capacité de blocage maximum pour une représentativité et une légitimité minimum, le tout étant le plus souvent couplé à une compréhension zéro de l'économie et à une mentalité arriérée directement héritée de la Révolution française ("les riches sont forcément injustement riches et forcément méchants" et "à bas les privilèges sauf les nôtres !"). Il en sort presque toujours des revendications dont la pertinence est si peu compréhensible qu'il est difficile d'y répondre intelligemment.

Mais je ne voulais pas me lancer dans une diatribe réellement sociale. Je voulais citer une vendeuse, entendue ce matin à la radio (quand je volais encore sur mon nuage de naïveté horaire, cf. infra) : "acheter un slip à minuit, c'est ubuesque". Déjà, on remarque le glissement sémantique et le sens de l'exagération : d'une ouverture jusqu'à 22 heures, on passe à minuit. Début de la tragi-comédie. Ensuite, l'exemple choisi, le slip. Franchement, qu'y-a-t-il de plus dérisoire qu'un slip ? Tout le monde en a déjà de toute façon, on peut bien attendre le lendemain matin pour l'acheter non ? Un slip, c'est petit, c'est rien du tout, ce n'est pas ça qui fait avancer l'économie. Un écran plasma de 3 mètres carrés, oui, mais pas un slip. Faire rester des HORDES de vendeuse pour UN slip, si ça n'est pas honteux franchement... Vu comme ça, il est certain qu'on se place du côté de la pauvre vendeuse, contrainte de sacrifier sa vie de famille et l'histoire du soir racontée à son fils pour un malheureux slip.

Mais ce que la vendeuse oublie, c'est que s'il lui est versé tous les mois un salaire, c'est justement parce que plein de gens achètent des slips, alors que tout le monde n'achète pas d'écran plasma. Un slip, ce n'est rien, mais là, il ne s'agit pas d'un slip, mais de beaucoup plus (j'aimerais citer un chiffre, mais je n'en ai pas sous les fesses. Euh... sous la main). L'année dernière, le premier jour des soldes a représenté pour le Printemps 8 millions d'€ de chiffres d'affaires, dont sans doute une bonne partie de slips. De quoi rentabiliser la présence des vendeuses et justifier qu'elles restent un peu plus longtemps. Elle devrait pourtant comprendre qu'elle ne sert pas son méchant patron en travaillant (bien se rappeler : le patron est toujours méchant, et plus il est grand patron, plus il est méchant) mais elle-même. Oups, je re-glisse dans le social.

Parce qu'en fait, MOI, ce que je veux lui dire à la vendeuse qui causait dans la radio, c'est que dans les 3 jours qui viennent, j'ai cours de 8h à 21h15. Et que je serais ravie de pouvoir m'acheter un slip (pas forcément comme le modèle ci-dessous) entre 21h16 et 22h, voire même le soutien-gorge assorti si la vendeuse est souriante et aimable. Certes, je ne suis pas le plus gros pouvoir d'achat de la France et je ne justifie peut-être pas à moi toute seule la nocturne du Bon Marché ou des Galeries Lafayette. Mais des gens dans la même situation que moi, j'en connais des tas : des jeunes actifs en cabinet de conseil, en agence de marketing ou en banque d'affaires qui sortent rarement avant 20h30 du boulot (sans avoir de majoration de leur rémunération hein, puisque la rémunération est censée à l'origine prendre en compte ce genre de désagréments) par exemple. Si les vendeuses comptent sur les retraités et les étudiants pour consommer, et donc assurer leur poste et leur salaire à moyen terme, elles sont mal barrées.



[J'ai utilisé "vendeuses" tout au long du texte par simple simplification généralisatrice. Les hommes aussi ont le droit d'être vendeurs hein.]

De comment tu comprends que parfois t'es grave bis (emprunt libre)

Myriam racontait il y a déjà quelques semaines comment elle était arrivée au bureau à 7h30 un beau matin, ayant omis de prendre en compte le changement d'heure. Déjà que 8h30, c'est tôt, alors 7h30, n'en parlons pas...

De mon côté, moi aussi je comprends "que parfois j'suis grave". J'ai débarqué ce matin comme une fleur avec une heure de retard. Enfin d'ailleurs, non, je n'ai pas débarqué, puisqu'arriver en cours à 9h-et-des-poussières au lieu de 8h, ça le fait moyen. Donc j'attends que la bibliothèque ouvre en me disant que je suis vraiment à côté de la plaque.

Avoir cours à 8 heures, ça signifie mettre le réveil à 7h en misant sur un sprint dans mes préparatifs. Douche express, habillage express, maquillage express (éventuellement finitions dans le bus, non je n'ai pas honte), café pris dans ma tasse Starbucks dans le bus. Faut bien viser, mais c'est faisable.

Aujourd'hui, je n'ai pas cillé quand j'ai vu 8h11 inscrit sur mon réveil. J'avais pris 10 minutes de rab, il était maintenant temps de me secouer. Je n'ai pas cillé quand j'ai entendu El Kabbach, je me suis simplement dit qu'il était temps de partir. Et quand j'ai vu en sortant qu'il faisait grand jour, j'ai pensé que décidément, on sentait bien que les jours rallongeaient depuis le 21 décembre et qu'il y avait du printemps dans l'air.

Tout ce monde dans les rues, c'est incroyable pour une heure si tôtive ! J'étais légèrement en retard, 5 à 10 minutes au plus, rien d'impardonnable. Peut-être que les habitués du bus des environs de 7h40 avaient eu le précédent. C'est qu'on finit par les reconnaître, les gens qui prennent le bus avant 8h. A cette heure-ci, il faut avoir une bonne raison, et ce sont souvent les mêmes. Le papa et ses deux petites filles, qui lui ressemblent tellement qu'il a dû les faire tout seul, qui vont à la crèche pour les unes, au bureau pour l'autre. Le cadre stressée qui doit être au boulot de 8h à 23h. La Sri Lankaise qui va faire des ménages. Mais là, personne.

Afin de savoir si je suis très en retard ou juste un peu retard, c'est-à-dire pour adapter ma mine à l'arrivée dans la salle de cours en fonction de ma position plus ou moins honteuse, je m'arrête 2 secondes devant la pharmacie, qui indique l'heure. 9h08 ? Zut, je suis vraiment en retard. Moment d'hésitation. 9h08 ? "oh les cons, eux aussi ont oublié le changement d'heure" me dis-je en pensant à Myriam. Mais bon, eux n'ont pas l'excuse du premier lundi après le changement d'heure, ça commence à dater tout ça.

Soudain, je comprends. 8h11, c'était déjà bien trop tard pour aller en cours à 8h, mais cette pensée ne m'a pas effleurée le moindre instant. J'avais UNE HEURE de retard. Une heure et des poussières. Pourtant, je le jure, c'était un cours d'allemand, j'étais motivée. Mais complètement à côté de la plaque...

08 janvier 2007

Le jour où j'ai cru que j'allais porter un dentier

J'ai moi aussi porté durant quelques années le signe distinctif de la jeunesse occidentale : l'appareil orthodontique, le barbelé entre les dents, la ferraille qui ne rouille jamais. Bien que mes parents aient eu la bonne idée d'aller chez un orthodontiste qui faisait des bagues transparentes, la justice était sauve : malgré les bagues révolutionnaires, on voyait tout. Les fils restent métalliques et brillent quand on sourit. Mais surtout, le relief de l'appareil reste un élément auquel on n'échappe pas. Sur ma photo de classe de 4ème (sur le portrait, pas sur la photo de groupe quand même, je vous rassure), on voit très nettement que sous mon sourire fermé se dessinent des vagues. La peau des lèves est tirée et on devine sous chaque petite bosse une bague de l'appareil. Très classe. Mais tous les autres étaient pareils de toute façon.

Le jour où l'on m'a délivrée de ma clôture, je pensais que cet instant resterait à tout jamais gravé dans ma mémoire comme celui de la félicité suprême de mon existence. Or ce jour a failli virer à la tragédie. Dans la foulée de la délivrance métallique, il fallait m'enlever mes dents de sagesse. Encore un rite initiatique de l'entrée dans l'âge adulte qu'on préfèrerait pouvoir sauter. Mon orthodontiste aux bagues transparents m'a envoyée chez son collègue le photographe de dent, pour savoir exactement où s'étaient cachées ces petites imbéciles.

Quelques clic-clacs radioactifs plus tard, je voyais mes dents en panoramique et surtout, la mine inquiète du radiologue. "Vous avez fait une mauvaise chute lorsque vous étiez enfant ?". Oui, non, enfin sans doute. Quel enfant n'est jamais tombé, franchement ? Son diagnostic express tombe : "Vous voyez ce trait vertical sur chacune de vos dents de devant ? Je crois que vous avez les quatre incisives fêlées. Il va falloir les enlever". Devant ma mine qui s'allonge considérablement, il ajoute d'un air paternaliste et enjoué : "comme ça, on pourra tout faire en même temps. (silence pesant) Mais vous savez, maintenant, on fait de très belles prothèses".

Je me voyais déjà avec un dentier à 15 ans. Le retirer tous les soirs pour le mettre dans un verre de Polident effervescent. Comparer les effets des différentes colles à dents. Expliquer à mon amoureux que non, là, on ne pouvait plus parler parce que j'avais enlevé mes dents. Ou le foutre à la porte dès 21 heures pour pouvoir me retrouver édentée en toute intimité.

Pour s'assurer du besoin réel de m'enlever 4 dents, il m'a renvoyée chez un autre confrère, sans doute spécialisé dans les fêlures d'incisive. Qui a eu la bonne idée de découvrir que finalement, je n'avais aucune dent fêlée mais qu'il s'agissait "d'un dessin superficiel de mon émail et sans incidence sur ma santé dentaire". Un truc dans le genre. Grâce à lui, j'ai sauvé mon sourire et mon sex appeal (dentaire tout du moins). Et depuis, j'essaie toujours de ne pas m'affoler en entendant des verdicts parfois alarmistes et trop définitif du corps médical.

Dinosaure

En ce moment, sur madmoiZelle.com, il y a un sujet de forum qui m'a fait prendre un bon coup de vieux. Le sujet est "comment l'as-tu séduit(e) ?" où les nanas sont invitées à raconter la naissance de leur amûûûûûûûr.

Alors soit je suis complètement déconnectée de ma génération (possible), soit les filles qui ont 5 ans de moins que moi ne vivent déjà plus dans le même espace intergalactique, mais visiblement, aujourd'hui, point d'histoire d'amour possible sans MSN. Presque toutes les filles racontent qu'elles l'ont rencontré chez des amis / en boîte / à l'anniversaire de leur grand-mère, puis qu'ils se sont échangés leur adresse msn, et c'est là que tout a commencé.

Dans ma vision du monde, on s'échangeait un numéro de téléphone. Bon, je ne parle même pas des numéros de Tamtam hein, je parle d'un banal numéro de portable. Désormais, si tu ne chattes pas, tu peux t'attendre à n'avoir aucune vie sentimentale pour les 296 ans qui viennent. Les adresses s'échangent, se soudoient, se bloquent dans une grande valse.

Comment draguerais-je sur MSN si j'avais 16 ans ? A vrai dire, j'ai déjà dragué sur MSN (nomého, quand même), mais des gens que je connaissais déjà en vrai, le plus souvent assis trois rangs derrière moi sur les bancs universitaires. Serais-je bonne à ce petit exercice ? Aucune idée. Il faudrait que je demande à mes amies habituées à draguer du petit jeunot comment on fait, maintenant, chez les ados... (OH CA VA les filles, je n'ai même pas donné de nom !!).

07 janvier 2007

Je le savais !

Grâce à Emery, je suis tombée sur le site Kakophone qui permet à presque n'importe qui de savoir qui était neummebeurre ouane au hit parade le jour de sa naissance. Je dis "presque tout le monde", parce que pour ma grand-mère, ce n'est pas possible, il n'y avait pas encore de hit parade. Ben oui...

J'enviais un peu Emery. Lui, c'est les Beatles et Moustaki qui cartonnaient, un truc qui a de la gueule quoi, dont on n'a pas à avoir honte. Je m'attendais au pire pour moi. Les années 80, c'est tout un poème, pour lequel nous n'avons malheureusement pas encore le recul nécessaire pour trouver ça hype. Quoique... je sens poindre la vague nostalgique chez les fashion victims, qui ne renoncent plus au caleçon en lamé et aux chaussures ouvertes au bout (avec un collant, cela va sans dire). Bref, ça revient, mais on ne peut pas dire que ça me séduise. Comme me l'a fait remarquer mon cousin, je suis beaucoup plus "chemisier des années 50" comme fille moi. Mais si, ça peut être très joli !!! Les années 60 aussi d'ailleurs, c'est chic. Après, ça commence à se gâter selon moi. Bref, la discussion n'est pas là.

Finalement, la surprise est plutôt bonne. Enfin, ce n'est pas très reluisant, mais ça me fait sourire. En Angleterre, Billy Joel se défendait plutôt bien avec Uptown girl. Mais surtout, en France, les Shorts battaient tous les records de vente avec une chanson en quelque sorte franco-allemande dont j'avais déjà parlé ici. En outre, je viens d'apprendre qu'ils étaient hollandais (d'où leur accent un peu rugueux en allemand), et j'ai toujours beaucoup aimé les habitants du Plat pays. Comme quoi, les charts du jour de votre naissance vous influencent peut-être plus qu'on ne le croit. Pour ceux dont la mémoire défaillirait, voici de quoi vous la rafraîchir illico-presto, avec EN BONUS, l'adresse où écrire à ces beaux grosses devant l'Eternel.

Glourps

Depuis mes 17 ans, je vis comme une grande fille quasiment autonome, c'est-à-dire plus ou moins loin de la maison familiale. Il y a toutefois une chose que je n'arrive pas à faire : manger seule en silence. Ca ne passe pas. Je n'arrive même pas à avoir faim quand je ne fais "que" manger. Tous les nutrionnistes miracles des régimes miracles des magazines féminins miracles le disent : c'est mal. Pour bien manger donc bien mincir, il faut PENSER que l'on mange, il faut REFLECHIR à ce que l'on mange. Moi, quand je ne fais qu'une chose à la fois, je m'ennuie.

Donc depuis 6 ans, je ne mange qu'en écoutant la radio ou en regardant la télé. Ca peut paraître glauque, dis comme ça, mais en réalité, pas du tout, je vous assure. Mais parfois, il me prend des idées étranges, comme regarder BFM TV et son journal de la nuit. Alors que je plonge ma petite cuiller dans mon yaourt à la mangue, la journaliste commence à évoquer une sordide histoire de co-détenus. Lorsque les détails du reportage se dessinent, je gloupse et mon yaourt a du mal à passer.

Vous avez sans doute vaguement entendu également ce récit - qui pourrait presque être comique si ce n'était la réalité - de ce mec à moitié bouffé par son pote dans sa cellule de Rennes. J'essaie tant bien que mal de continuer à manger, en me disant que j'ai décidément bien fait d'abandonner ma soudaine (et fugace) vocation de l'année dernière conduisant inexorablement mes pas vers le concours du Directeur de prison.

Avec ce meurtre resurgit le débat sur les prisons françaises, "honte de la patrie des Lumières" paraît-il. J'aimerais pouvoir confirmer ou infirmer, mais le fait est que je n'y ai jamais mis les pieds. En l'occurrence, les éléments en jeu ne sont pas ici les conditions de détention, mais les détenus eux-mêmes : 80% des personnes incarcérées devraient, d'après l'Observatoire international des prisons, être traitées en psychiatrie plutôt que d'être emprisonnées.

Je ne suis pas une spécialiste de la question, je n'ai même pas lu en entier Surveiller et punir de Foucault (pas Jean-Pierre, hein, l'autre, Michel), qui est pourtant un ouvrage de qualité. En somme, je n'y connais rien, ni en théorie ni en pratique. Peut-être ma remarque est-elle donc fort naïve et dépourvue de toute intelligence de la question. Mais mon bon sens ne peut m'empêcher de relever que "ceci explique peut-être cela".

En effet, la réalisation de nombre de crimes demandent d'avoir atteint un certain niveau de dérangement psychologique. S'il y a un lien entre trucider sa femme au cure-dent un soir en rentrant du bureau et être perturbé, et s'il y a un lien entre cette fameuse exécution au cure-dent et le fait d'être incarcéré, c'est donc qu'il y a un lien logique entre la psychopathie et la détention.

La question est de savoir comment à la fois punir - ce qui est nécessaire à la première fonction de la justice qui est de réparer - et soigner - ce qui est nécessaire à la seconde fonction de la justice qui est de prévenir la récidive. Il y a des blogs de plaideurs bien plus au courant que moi de ces choses-là, mais il me semble avoir entendu ici ou là que les cas d'irresponsabilité pénale en raison de troubles psychiatriques se multipliaient. Mais ne faut-il pas, dans un certain nombre d'affaires, être justement atteint de troubles psychiques pour commettre les actes dont ces malades sont accusés ?

On tourne en rond sans trouver la bonne réponse. Certes, la prison n'est pas adaptée. Mais l'hôpital psychiatrique l'est-il plus ? Le développement des troubles mentaux parmi les détenus ne vient-il pas en partie d'une plus grande sensibilité du monde médical et d'un diagnostic plus fréquent ? Peu se souciaient de la santé mentale des détenus de la Conciergerie au XIXème siècle. Ce qui ne signifie pas qu'il ne faille pas s'en soucier aujourd'hui. Mais il me semble qu'il ne faut pas perdre de vue qu'il n'est ni statistiquement ni humainement anormal que 80% des détenus souffrent de problèmes psychologiques.

06 janvier 2007

Le petit cadeau du samedi midi : it's Wir sind Helden Time !

Grosse tartine de clips cette semaine, pour l'un des meilleurs groupes allemand du moment, qui commence même à se faire entendre outre-Rhin. Ils ne sont pas encore au niveau de Nena pour les ventes, mais gagnent à être connus !

Guten Tag, où comment gâcher sa vie à force de toujours courir après un truc mieux qu'on ne trouve jamais



Aurélie, l'histoire d'une petite Française qui débarque à Berlin et ne comprend rien aux méthodes de drague allemandes


Denkmal, l'hymne des Erasmus de Vienne en 2003


Gekommen um zu bleiben


Nur ein Wort


Et pour terminer, Von hier an blind, le single de leur dernier CD, dont ils ont fait une version française que vous avez peut-être entendue sur les ondes par chez-nous...

Silence, ça pousse !

Pour Noël, en dehors de mon réveil-moulin à café, j'ai eu des tas de chouettes cadeaux, dont notamment un jardin d'aromatiques. C'est joli comme nom, hein, "jardin d'aromatiques" ? Je trouve que les mecs du marketing, ils ont été vachement forts. Parce que ça respire la poésie et le naturel, comme nom de produit. C'est parfait pour tenter le citadin en mal de verdure (mais qui n'aime pas la campagne parce qu'il n'y a rien à faire et que ça sent la bouse de vache. Cf. la chanson Rural de Jeanne Cherhal).

J'ai donc tout fait comme ils disaient : j'ai mis la terre dans les petits pots, j'ai planté mes graines, j'ai remis un peu de terre, j'ai arrosé et j'ai attendu. Ce matin, pendant que mon café se péparait tout seul dans ma machine (ce que la technologie ne fait pas pour nous quand même...), j'ai découvert que les premières pousses étaient sorties : les pots de coriandre, persil et thym ont pleins de petits trucs vert très pâle qui sortent de la terre. Le miracle de la nature en somme.

Un instant, j'ai presque compris ma maman qui aime tant le jardinage. C'est vrai, c'est assez magique de voir que, grâce à la merveilleuse organisation bien huilée de la nature et grâce à notre petit coup de pouce, il peut se développer des choses pareilles. On se sent quasi-spécial élu de Dieu quand on réussit à créer quelque chose à partir de quasiment rien. Je présume que l'effet doit être à peu près le même pour les artistes, les vrais, qui réussissent à faire d'un morceau de tissu et de tubes de gouache une véritable oeuvre.

Mais mon goût pour le jardinage trouve rapidement ses limites. Quand on arrive à Oléron au printemps après un hiver de jachère, il faut tout couper, tout ramasser, tout tailler, tout désherber. Comme je suis une grosse feignasse, après avoir taillé un mètre de haie, moi, j'ai mal aux bras. Après avoir ramassé la moitié du tas de branchages de la dite haie, j'ai mal au dos. Après avoir taillé un quart de pied de lavande à genoux par terre dans les gravillons, j'ai mal aux genoux. Après avoir mis de nouveaux tuteurs aux rosiers, j'ai les mains toutes piquées. Je n'ai rien fait eet j'ai mal partout.

Mais il y a la pire : les gants de jardinage. C'est insupportable, ça sent très mauvais, et il y a TOUJOURS de la terre au fond. Je DETESTE la sensation que ça engendre quand on enfile ses gants (déjà que les gants en plastique quand il fait chaud, c'est très moyen comme sensation) et que l'on sent distinctement la terre s'enfoncer sous les ongles lorsque les doigts touchent le bout de ceux des gants. Brrrrrrrr, rien que d'y penser...

J'ai cru avoir trouvé la parade : je me suis achetée mes propres gants de jardinage, pour moi rien qu'à moi, en me jurant bien que ceux-là ne sentiraient jamais mauvais et que leur intérieur ne connaîtrait jamais le sens du mot "terre". Hélas, trois fois hélas, c'est le genre de promesse qu'il est impossible de tenir dans une maison familiale qui voit défiler des dizaines de personnes chaque année, et devant lesquelles j'aurais eu du mal à assumer le post-it "ce sont mes gants, merci de ne pas y toucher". Pour des gants de jardinage ??! Complètement tapée la cousine...

Donc je n'ai pas laissé de post-it, et je n'ai pas remporté mes gants à Paris. Je les ai laissés là-bas, où tout est neuf et tout est sauvage, et à mon séjour suivant, ils étaient plein de terre au fond et ils sentaient mauvais comme des gants de jardinage.

Mais avec ce jardin d'aromatiques pour urbains, point besoin de gants de jardinage, ni de courber le dos, ni de s'agenouiller. J'ai presque honte que cela soit si facile. Ca pousse tout seul, presque sans moi, sans effort. Je me suis créée un nouveau besoin, comme le veut la société de consommation, et je n'attends plus que d'avoir mes premières feuilles de basilic frais "maison". Avec un peu de chance, ma cuisine ressemblera bientôt à la forêt de basilic qui envahissait le studio de Leonardo à Nancy !

05 janvier 2007

Wishlist

J'ai ajouté une nouvelle catégorie dans ma colonne de gauche, les "choses totalement dispensables mais qui amélioreraient nettement mon quotidien". Une Wishlist en bon français quoi. Pourquoi donc ?

Après cette période de Noël, on ne peut pas vraiment dire que je sois en manque de cadeaux. Donc ce n'est pas un sous-entendu lourdingue pour dire "allez-y, gâtez moi comme une princesse, je me sens délaissée". C'est une liste surtout pour moi, pour me rappeler de ce qui me ferait plaisir quand j'ai envie de participer au dynamisme de l'économie française.

Et si au passage, ça peut m'éviter de recevoir comme cadeau un réveil-moulin à café à Noël l'année prochaine, ça serait faire d'une pierre deux coups. (En réalité, le réveil en question ne fait pas réellement moulin à café, il se contente d'être constitué d'un mécanisme rotatif qui fait tellement de bruit qu'on dirait un aspirateur... Moyen pour s'endormir).

Mais pourquoi ne pas faire comme tout le monde une vraie Wishlist d'amazon ? Si si, je sais faire. Mais cela suppose que je révèle au grand jour nom, prénom, adresse et âge de mon poisson rouge. Même si le web n'est pas tout à fait anonyme, je ne préfère pas prendre le risque de voir débarquer dans mon salon mes fans en furie (humhum).

L'autre raison, c'est que... ces listes ne sont pas fiables. Je ne vais pas sortir une fumisterie de théorie du complot. Les bonshommes verts n'ont pas débarqué sur Terre, je suis au courant. Mais si jamais vous êtes un habitué d'Amazon, si vous y avez un compte, et si vous cliquez sur la wishlist de quelqu'un, vous tombez sur la vôtre... J'ai ainsi cru un instant que j'avais trouvé l'homme de ma vie en cliquant sur la liste d'un ami : je ne soupçonnais pas que ce jeune homme avait EXACTEMENT les mêmes goûts que moi et voulait EXACTEMENT les mêmes choses... dans le même ordre. Forcément, c'était MA liste et non la sienne. Je vous éviterai donc ce genre de malentendus. C'est toujours décevant de croire qu'on a rencontré son alter ego alors que ce n'était que son ego.

Et puis au moins, maintenant, vous pourrez me dire que j'ai des goûts de chiotte en connaissance de cause.

Dernière ponte

Après être restée inactive pendant très longtemps pour madmoizelle.com, j'ai enfin repris ma plume cybernétique pour écrire quelque chose. Und zwar : un article promis depuis le mois de septembre (humhum) à Fab sur les femmes en politique.

Comme d'habitude, il y a des choses que j'aime bien et d'autres que je n'aime pas. J'aurais en particulier aimé pouvoir plus expliquer que simplement décrire. Mais je ne suis pas doctorante en sociopsychologie, donc il y a des choses qui m'échappent très largement.

Mais si ça vous dit, allez donc le lire et revenez en causer ici ! Je suis sure que vous avez un avis éclairé sur la question :-)

04 janvier 2007

Le jour où ma vie a failli se finir

Plus je repense à cet épisode de ma vie, et plus je me dis que je suis heureuse d'être là où je suis aujourd'hui. Avec un tout petit peu moins de chance, je serais soit en prison, soit morte (ou un légume).

Vacances 2005, un rêve éveillé, plus d'un mois d'oisiveté totale à Oléron. Je découvre ma passion pour l'équitation et pour un certain jeune homme (affaire classée sans suite), je passe des journées à me faire dorer la pilule lascivement sur le sable chaud.

Charles arrive dans l'île, et mon rythme de vie change quelque peu. Avec lui et ses acolytes, ma tournée-découverte des boîtes oléronnaises, réputées pour leur chaude ambiance et leurs DJ renommés, commence. Celui qui conduit, c'est celui qui ne boit pas. En l'occurrence, moi. Juste un peu, en début de soirée, et après, c'est jus d'orange ou coca, sans rhum dedans.

Le jeudi soir, sortie au Moulin (j'aurais volontiers mis un petit lien pour que vous puissiez apprécié la hype du lieu, mais ils n'ont pas de site internet tellement c'est pour les VIP qui aiment se cacher). Les garçons avaient leur vélo pour rentrer et moi, la grosse voiture familiale. Programme sans alcool donc. Enfin presque. Si peu. Rien du tout.

Je pars vers 2 ou 3 heures du matin, me paume un peu sur les petites routes oléronnaises en sortant du port du Douhet. Je me retrouve à St Georges, pas du tout ma route. Je tournicote un peu. Ce que le hasard ne fait pas quand même. Ces quelques minutes qui auraient pu tout changer.

Je finis par me remettre sur les rails sans GPS, je reconnais la grande route nationale qui traverse l'île et me permettra de rentrer chez moi. A cette heure-ci, il n'y a personne. Enfin presque. Si peu. Rien du tout.

Je croise quelques voitures. Je me force à respecter les limitations de vitesse. 90 km/h alors que j'ai quasiment la route pour moi. C'est tentant... Et puis non, la dernière fin de soirée nous a montré que les gendarmes affectionaient particulièrement se poster pas très loin des hot spots (hinhinhin) de la vie nocturne touristique à l'heure des sorties de boîte. Je garde donc le pied léger. Mais 90 km/h quand même.

D'un seul coup, dans mes phares, je vois surgir quelque chose du bas côté. Quelqu'un. Un homme. Tout va très vite. Je vois qu'il a une barbe et une chemise bariolée. Il se jette sur ma voiture. Sous ma voiture. A côté de ma voiture. Enfin il est là, et il saute vers moi. Ca se passe en un millième de seconde.

Je fais un écart sans même réfléchir, pour l'éviter. Sans regarder si quelqu'un arrive en face. Ou si quelqu'un me double par la gauche. Il n'y avait personne. 2 secondes plus tard, tout était fini, on ne voyait plus rien et je tremblais comme une feuille, incrédule.

Je n'avais pas rêvé, il y avait bien quelqu'un qui avait vraiment eu l'air de se jeter sous mes roues, d'attendre que je sois là pour bondir de son fossé. Est-ce que je devais m'arrêter ? S'il m'a sauté dessus de la sorte, c'est peut-être qu'il a besoin d'aide ? Toute seule, à 3 heures, sur une route plutôt déserte, alors qu'un mec venait de... de... je ne sais même pas ce qu'il a fait, j'ai décidé de ne pas m'arrêter. Ma seule certitude, c'est que je l'avais évité.

J'étais presque arrivée chez moi. J'ai continué en respirant bien fort par le ventre comme ils apprennent en cours de chant à la Starak, trop en état de choc pour pleurer. Je venais d'avoir la peur de ma vie, sans que ça ne soit qu'une simple expression. Je me suis arrêtée dans le jardin. J'ai repensé à ce qui venait de se passer de façon si confuse. J'ai appelé mes amis les gendarmes pour leur expliquer que "quelqu'un" semblait être sur le bord de la nationale. Qu'il avait peut-être besoin d'aide. Que je l'avais évité mais que j'avais eu le sentiment qu'il avait essayé de se jeter sous mes roues.

La dame au bout du fil, très polie, très patiente m'a écoutée. J'avais envie de lui dire "mais je ne suis pas folle" pour reprendre une expression désormais bien connue. Elle m'a rassurée, m'a dit qu'elle envoyait quelqu'un vérifier. Mais je pense qu'elle ne m'a qu'à moitié crue. Elle n'a pris ni mon nom, ni mon numéro. Je sais, ils ont tout ça de façon automatisée. Mais quand même.

J'ai beaucoup repensé à cette histoire. Le soir même, la nuit même, le lendemain, toute la semaine, et aujourd'hui encore. Je n'arrive toujours pas à m'expliquer ce que fait un piéton barbu en chemise bariolée à 3 heures du matin au bord d'une route nationale. Je n'arrive toujours pas à m'expliquer ce qu'il a vraiment voulu faire. Je n'arrive pas à m'expliquer comment tout a pu finir aussi bien.

Un tout petit verre ou quelques km/h de plus, et j'aurais eu quelques secondes de réflexe en moins. Qu'il ait essayé de se suicider, qu'il ait voulu demander de l'aide, ou qu'il ait été complètement stone, c'est MOI qui étais dans la merde (oui bon, lui aussi s'il était mort mais si c'était son but...). Il y a non seulement ma conscience, qui ne m'aurait plus jamais laissée dormir, et aussi un séjour en prison, que j'imagine inévitable en ces périodes de répression intensive en matière de sécurité routière.

J'imagine les gros titres de la Charente libre le lendemain : "ivre, elle rentre de boîte et tue un innocent". En lisant ce genre ce choses, on imagine toujours la tête que ces ignobles bêtes humaines peuvent avoir. Et on ne les voit jamais avec la nôtre. Boire jusqu'à ne plus pouvoir conduire, quelle sottise, jamais ça n'arriverait.

Pourtant, il suffit de deux verres pour que tout dérape, pour qu'un connard soit au mauvais endroit quand vous y passez. Il suffit que vous ayez accepté finanement ce mojito qui vous tentait tant. Il suffit que vous soyez à 0,52g d'alcool dans le sang, pas très difficile à atteindre pour une nénette de ma corpulence. Il suffit que... et vous êtes foutu.

J'imagine l'interrogatoire de la gendarmerie qui n'en finit pas, pendant que l'homme polytraumatisé agonise quelque part entre l'île et le continent, arrivé trop tard aux urgences de Rochefort. Moi leur affirmant qu'il a délibérément choisi de se faire renverser, et eux pensant que j'ai la ligne de défense la plus débile qu'ils aient jamais entendue. L'homme n'a pas laissé de lettre, sa femme éplorée jure qu'il n'était pas dépressif, et je finis par moisir à Fleury-Mérogis. Tous mes rêves d'avenir qui s'effritent, une quasi-mort.

Mon autre scénario catastrophe quand je veux me faire peur, c'est la voiture en face. Je n'avais jamais fait un écart aussi franc et aussi rapide, je n'avais jamais fait d'écart sans vérifier dans mon rétroviseur intérieur, puis extérieur, puis par un contrôle direct par dessus mon épaule, comme on me l'a appris à l'école de conduite. Là, j'ai tourné le volant, le plus rapidement possible et le plus violemment possible. Je ne voulais pas le tuer p*** de b*** de m***. Et s'il y avait eu une voiture en face ? J'imagine déjà l'état de mes dents après un choc frontal à 90 km/h des deux côtés. J'imagine le coup de fil des gendarmes à mes parents. Légume ou morte, quelle est la différence ? Ah si, pour eux, c'est très différent, mais sur le coup, on n'y pense pas.

Dans la voiture en face, peut-être un mort aussi, encore plus innocent que moi. Là encore, les gros titres du lendemain sur les jeunes inconscients qui prennent le volant. Rien sur l'espère d'énergumène à cause de qui tout cela est arrivé, qui a disparu dans la nature. Personne ne comprend pourquoi je roulais à gauche, moi qui ne suis pas anglaise. L'été d'après, des petites silhouettes noirs bordent la route en face du centre équestre à la hauteur duquel tout s'est passé pour rappeler que "la route tue".

Bien sûr, tout cela est le récit d'un non-évènement. Il n'est finalement rien arrivé. Je n'ai jamais réussi à rentrer dans la gendarmerie le lendemain pour demander s'ils avaient retrouvé celui qui se jetait sous les voitures des gens dans la nuit.

Je ne peux pas m'empêcher de penser que cette nuit-là, Dieu était de mon côté et qu'il m'a beaucoup aidée. En mettant sur ma route des tas de gendarmes les jours précédents (et oui, la peur du gendarme, ça fonctionne pour respecter les limitations de vitesse). Parce que mes minutes d'errance avant de trouver ma route m'ont peut-être permis d'éviter le choc frontal avec un 4X4 doté d'un pare-buffle. Parce que j'ai des amis suffisamment bien pour penser à prendre des boissons sans alcool pour les soirées et éviter les "allez, prends un petit verre, juste un petit verre, ça va pas te tuer !".

Comme dans un caléidoscope, chaque petit élément se met à sa place pour créer une réalité née du hasard. Il suffit de le faire bouger d'un chouïa pour qu'un tout autre motif apparaisse, parfois plus beau mais parfois pas, une autre réalité. La Providence m'a fait cadeau d'une jolie réalité ce soir-là, mais je ne peux m'empêcher de me demander un jour sur deux ce qui se serait passé si... Les autres jours, je me demande ce qu'il pouvait bien foutre à cet endroit, cet inconscient. J'aimerais pouvoir lui dire qu'ON NE FAIT PAS CA AUX GENS p*** de b*** de m*** (bis). Que s'il veut détruire sa vie, il doit le faire sans l'aide de personne. Mais forcément, je suis sure qu'il ne lit pas ce blog.

03 janvier 2007

Vous ne le saviez pas...

Grâce à Damdam, j'ai découvert ce petit test rigolo et lèche-cul comme il faut :


Your results:
You are Wonder Woman

























Wonder Woman
85%
Superman
70%
Spider-Man
65%
Green Lantern
55%
Supergirl
55%
The Flash
50%
Robin
45%
Iron Man
40%
Hulk
30%
Batman
15%
Catwoman
5%
You are a beautiful princess
with great strength of character.


Click here to take the Superhero Personality Quiz



Franchement, la "beautiful princess with great strength of character", j'aime assez ! En réalité, ce qui me plaît le plus, c'est d'être Wonderwoman, l'héroïne de mon enfance, qui me fait encore rêver (la preuve ici).

La question est : m'a-t-elle plu parce qu'elle me ressemblait ou ai-je forgé mon caractère si brillamment révélé par ce test de personnalité en fonction de ce que je regardais à la télé quand j'avais 5 ans ? Si vous aussi vous avez envie qu'on vous dise que vous êtes une magnifique princesse, c'est par ici que ça se passe !

So ne Sch...

Je sais, c'est mal d'être grossière. Et c'est encore plus mal d'être vulgaire. Mais... la journée commence mal. Rien de tragique, mais comme le dirait Stellou, "le chiant quotidien".

Ca commence par un réveil trop tardif, ça continue avec un prof qui oublie de venir faire cours (alors que mon prochain moment d'enrichissement intellectuel scolaire a lieu 9 heures plus tard) et ça finit par un collant Gerbe tu-sais-même-pas-comment-il-est-beau qui est filé on-ne-sait-même-pas-par-qui-ni-par-quoi.

Reprenons paisiblement. Au premier abord, se lever trop tard a un bon côté : on dort un peu plus longtemps. Au second abord, on prend conscience que ces quelques minutes volées ne le sont pas au voisin mais à soi-même. Et qu'il faut les rattraper en se privant soit de café au lait (non), soit de coquetterie (non), soit de démarche lente (oui). Donc avec un grand au café au lait dans le ventre, toute fraîche pomponnée et maquillée, il faut courir. S'ensuit une inutilité flagrante : à quoi sert de prendre le temps de passer sous la douche et sous le pinceau à maquillage si tout est gâché quelques instants plus tard par une course effrenée pour attraper son bus au vol (c'est une image, je ne fume pas avant de partir en cours, je sais que les bus ne volent pas) ?

Le prof qui ne vient pas peut également être une bonne nouvelle : deux heures de plus pour travailler mon concours qui a lieu dans 3 semaines. Mais plusieurs arguments viennent contrebalancer cette constatation. Premièrement, quand je cours, j'aime que ce soit justifié. Deuxièmement, rater ce cours signifie rater l'un des profs les plus sexys que j'aie jamais eus (et commencer l'année sans lui est un déchirement). Troisièmement, j'ai sacrifié deux tickets de bus à cet aller-retour sans objet, n'ayant pas encore reçu ma précieuse carte Imagine R qui équipe tous les étudiants sensés d'Ile-de-France.

Enfin, mon collant filé reste à cette heure l'évènement le plus tragique de la journée. J'espère que vous êtes allés lire l'histoire des bas décadant plus que décadents de Kozlika, recommandée il y a quelques jours. Dans la même veine des crasses féminines que les bas qui tombent, il y a le collant filé. D'une part, je connais peu de choses aussi vulgaires qu'une femme errant dans la ville avec un collant filé. Lorsque j'étais en stage, j'avais - sur les excellents conseils de Cornélia - toujours une paire de collants de rechange (vient le moment où l'on s'interroge : un collant ou des collants ? Une paire de collant ou de collants ? J'aurais mieux fait de parler, comme Kozlika, de mes bas, mais ma jupe fendue m'en empêchant aujourd'hui l'usage, je privilégie le réalisme à la facilité orthographique) dans mon bureau, juste "au cas où". Quoi de plus rageant que d'avoir une balafre de peau au milieu du jersey pour aller voir le Grand Chef ? D'autre part, le drame du collant filé tient aussi à ce qu'un collant filé est le plus souvent immettable, à moins de ruser. Ruser, cela consiste à avoir des collants que l'on peut, en fonction de l'endroit de l'eraflure mortelle, mettre avec certains vêtements et pas d'autres. Aux fesses ? Avec une jupe, même courte, ils seront encore parfaits (mais pas pour un rendez-vous qui risque de dégénérer, bien sûr). A la cuisse ? Avec une jupe longue ou un pantalon, personne n'y verra goutte. Au mollet ? La tâche se complique, il faudra les réserver aux pantalons ou aux jupes mais portées avec des bottes. J'ai ainsi des tas de catégories de collants. Bien évidemment, ne disposant pas encore de la commode magique qui me permettra de ranger mes sous-vêtements dans ma chambre, ils sont pour l'instant tous en vrac dans une petite (hum, grosse) boîte et dans un tiroir, sans que je puisse déterminer autrement que par ma mémoire lequel est portable en fonction de ma tenue du jour. Le drame ultime de mon accident vestimentaire d'aujourd'hui, en dehors du fait que je n'avais pas de collant de rechange, vous apparaîtra immédiatement clair si je vous dis que mon collant était MA-GNI-FIQUE. Un Gerbe de toute beauté, noire avec des fleurs opaque par ci par là qui remontaient jusqu'en haut des cuisses. Une merveille de collant, l'un de mes préférés. Bien sûr, selon ma classification, je peux continuer le mettre avec des pantalons. Mais les fleurs commencent au mollet. Pas de chance.

En relisant, je me suis rendue compte que certains allaient sans doute s'interroger : comment peut-on - en dehors de toute hypothèse un peu olé-olé - filer ses collants sur les fesses ? Je me dois une réponse simple et circonstanciée : en l'enfilant, pardi ! Le collant est l'invention à la fois la plus formidable et la pire qui soit. Mille soins doivent être pris lors de l'enfilage : les ongles doivent être ras, les mains doivent être douces, la moindre irrégularité accrochatrice signant l'arrêt de mort dudit objet. Il faut ensuite tirer, avec douceur, mais persuasion, afin de ne pas avoir la ceinture au niveau des cuisses. Et c'est précisément à cet instant qu'arrive l'égratignure sur les fesses. Plus le collant est beau, plus il est fragile, et un doigt tireur passe vite au travers du précieux tissu trop sensible. Et voilà, en une fraction de seconde, alors que vous ne faisiez qu'enfiler votre collant, vous vous retrouvez avec un machin sans nom filé sur les fesses. Vite vite vite, courir pour attraper le vernis incolore pour limiter les dégâts. Attendre que ça sèche. Se décoller lentement le collant (qui porte à cet instant précis son nom mieux que jamais) de la peau couverte de vernis en se disant que "non, ça ne fait pas mal, ce n'est qu'une impression". Enfiler ses fringues par-dessus et le classer dans la bonne catégorie. Un Mars, et ça repart...