29 septembre 2007

L'Etat, c'est moi !

Ouhou, vous vous dites "ça y est, Coco se prend pour Sarko". Et là, je dis "non, vous n'y êtes pas du tout". Déjà, parce que si je devais me prendre pour quelqu'un que je ne suis pas, je viserais une personne que j'aimerais être, tant qu'à faire (tssssss, je vais me faire ficher fissa par les RG moi, c'est malin). Et puis surtout parce qu'en fait, il faut le voir comme un truc genre si A=B et que B=C, alors A=C, vous voyez (je sais, je suis une bombe en maths).

Donc, on reprend : pour Nietzsche, l'Etat est "le plus froid des monstres froids". Or je SUIS "le plus froid des monstres froids". J'en conclus donc logiquement je suis l'Etat. Si avec ça, on ne voit pas TOUT DE SUITE mon sens du service public et de l'intérêt général, je repars manger des cacahuètes dans mon coin.

Maintenant, reste à vous expliquer pourquoi je suis le plus froid des monstres froids. Hier soir, j'ai vu mon groupe de travail et ma super coach. Mais siiiiii, vous savez, celle qui est trop belle - trop intelligente - trop sympa et qui est censée faire de nous des winners qui déchirent tous les concours administratifs. Et donc hier soir, au programme : grand oral blanc. Je suis donc allée me faire charcuter, et c'était très instructif.

En débriefing, mes deux bourreaux m'ont dit que ce qui était vachement bien, c'est que je ne me laissais pas faire, que je ne m'effondrais pas. Je suis une super warrior que même les tortues Ninja elles n'ont pas une carapace plus solide. Le revers de la médaille, c'est que "je ne me rends pas sympathique". Voire je suis carrément antipathique, ce qui n'est pas vraiment le but. Genre en oral, je suis une mécanique déshumanisée super bien huilée, mais froide, oulala, glacée. Un monstre froid. Voilà, faut que je drague un peu plus mon jury, que je fasse des sourires, que je fasse parfois semblant d'hésiter, et que je respire. C'était vraiment très instructif.

En plus, le jury, il a moyennement apprécié que je corrige une erreur dans ses questions avec un ton de vieille maîtresse d'école. Hum... Parce que le jury, il m'a demandé ce que je pensais de l'installation d'une antenne du Louvre à Dubaï. Et moi j'ai répondu HYPER sèchement "à Abu Dhabi, vous voulez dire ?". J'en conviens, ce n'est pas ultra diplomatique d'humilier publiquement le jury. Mais je n'ai même pas réfléchi avant d'ouvrir la bouche (rien que ça, déjà, c'est mal), c'est sorti presque tout seul. Ma coach, elle dit que dans une situation de stress, on révèle notre vraie nature. La mienne est selon tout vraisemblance le sadisme. C'était vraiment très très instructif.

A part ça, ma coach a mis en place un programme confidentiel appelé "Halte aux quotas de cageots dans les concours administratifs". Un cageot, c'est une fille pas belle, pour situer. Elle nous a dit qu'on lui avait fait rapidement comprendre qu'elle n'avait pas le physique de l'emploi. En même temps, c'est vrai qu'elle a plutôt le physique d'une Miss France, mais qui aurait un truc pétillant dans le regard et qui saurait sourire. Comme elle est sympa et qu'elle culpabilisait un peu d'avoir fait pleurer l'autre fille du groupe qui passait en grand O, elle nous a dit que toutes les deux, on aurait aussi à prouver que le fait de ne pas avoir un physique d'énarque n'empêchait pas de faire l'ENA. J'ai trouvé que c'était un super compliment qui me permettrait de me la péter à mort sur mon blog. Peut-être qu'après, je la prendrai comme psy...

16 commentaires:

CamilleDEssayage a dit…

Bon, si on résume : t'es un monstre froid, sadique et je-sais-tout, avec en plus un physique plus Miss France que cageot énarque, et le cerveau de l'énarque quand même en prime... Ben, je vais vraiment te recruter comme copine bobo-snob personal shopper, moi! :-) ...j'ai de l'ambition pour toi, non?! ;-)

Denys a dit…

Ah, Also sprach Zarathoustra! Toujours sur ma table de chevet (même si en ce moment, c'est plutôt à maintenir ma lampe de chevet qu'il sert...J'ai rien compris, mais je kiffe le style), donc je l'ai réouvert à la page en question pour me souvenir de ce qu'il disait sur l'Etat (bon, du mal évidemment, mais plus précisément). Le chapitre s'intitule " De la nouvelle idole", et un bon moment (outre la citation que tu évoques) est "Ce sont des destructeurs, ceux qui posent des pièges au plus grand nombre et les nomment Etat : ils suspendent au-dessus d'eux un glaive et cent convoitises", ou encore "Mais l'Etat ment dans toutes les langues du bien et du mal; et quoiqu'il dise, il ment - et quoiqu'il ait, il l'a volé".
Gasp... Tu sais quoi : pour exigeante que soit la référence à Nietzsche, hé ben je pense qu'il vaudrait mieux que tu n'en abuses pas au grand oral :-p.
Par ailleurs, ton utilisation éclairée de "la transitivité de la relation égalité" (le langage matheux qui se la pète pour dire A=B et B=C => A=C) m'a rappelé la séance des flagellations où Louis XV explique au Parlement, en substance, que l'Etat, la Loi, le Peuple, c'est lui, alors si ils le font encore chier, hé ben il leur tartera la gueule à la récré. Le texte pris du Lebrun-Carpentier (le seul autre livre en permanence sur ma table de chevet aussi, honnêtement c'est assez incroyable comme coïncidence, parce que si tu avais abordé tout autre sujet, j'aurais du quitter ma chambre pour aller vers la bibliothèque) : "c'est en ma personne seule que réside la puissance souveraine , [...]c'est à moi seul qu'appartient le pouvoir législatif, sans dépendance et sans partage[...].". Mmmmm.
Alors en synthèse : Miss Coco, elle prépare l'ENA (servir l'Etat, la République, oeuvrer à la satisfaction de l'intérêt général...), mais elle est à la fois anar anti-étatiste, et absolutiste (comment ça c'est contradictoire?)...Mouais... Tu leur diras, aussi, que tes ambitions, c'est être reine du monde? ;-)
A part ça j'adore quand tes billets me poussent à rameuter mes connaissances et appellent des références en cascade. Pretty cool.

Ardalia a dit…

Faire semblant d'hésiter ou de réfléchir (quand tu sais déjà quoi faire) ça rassure en effet sur ton humanité (j'ai pratiqué avec succès) et le jury se détend un peu (toujours bon à prendre).
M'est avis (crédiou) que l'humour de ton blog est soluble dans la vraie vie, voire (mais pas plus d'une fois) dans un oral.
Mais bon, si on place tout cela du coté de la générosité, c'est juste que tu es un monstre froide, sadique et totalement égoïste, en quoi tu serais plus l'administration...

Quoi, j'essaie d'aider!!

(peut-être le fait d'avoir dû lutter pour qu'on te regarde dans-les-yeux-j'ai-dis-dans-les-yeux a décidé d'un rapport défensif au monde? polom.)

Mademoiselle Coco a dit…

Camille d'Essayage > oui mais après, je n'aurai plus la surprise de mon cadeau de Noël, si je suis toujours avec toi quand tu shoppes... :-(

Denys > tu veux qu'on joue aux Incollables tant qu'on y est ;-) ? Je retiens ton conseil pour Nietzsche, ainsi que la translation de la relativité de l'égalité, oups, pardon, de la translativité de la relation égalité.

Ardalia > tu déconnes, mais ma coach, elle m'a dit "mets les épaules en arrière, c'est pas grave si on voit tes seins, c'est mieux que d'avoir l'air rabougri". A partça, il doit manquer un mot dans ta phrase sur la générosité non ?

Ardalia a dit…

Euh, "plutôt l'administration"?

C'est fou comme une vanne semble juste bête et méchante et non plus drôle quand il s'agit de l'expliquer ou de la répéter.

Et je ne déconne jamais qu'à moitié!... (woh pitin, le caca!...)

Fab a dit…

Moi ta coach je dis qu'elle se fera canoniser un jour, parce que rien que le fait de penser a une operation "Halte aux quotas de cageots dans les concours administratifs" et tout en sachant qu'elle meme est un canon ca merite bien ca! (faut qu'elle vienne a Londres une fois sa mission achevee en France!)...

Plus serieusement c'est vrai que l'attitude ca se travaille, un coach c'est bien (moi ca m'a servi mais pour l'inverse, j'etais parfois pas assez credible... breeef!)et ca te permet d'avoir du feedback constructif.
En plus je crois qu'elle t'a a la bonne, la coach. Te voila disciple , ma fille!

secondflore a dit…

Dans la même veine il y aurait bien l'idée de ne pas remplacer un ami perdu sur deux... ou d'arrêter les régimes spéciaux (pour le programme "Halte aux quotas... ?)
M'enfin, je dis surtout Bon courage ! ;-)

Tatiana a dit…

c'est vrai que je me suis souvent demandé si dans le service public ils faisaient exprès de prendre des gens moches ou si c'est la fonction qui rendait les gens moches.

Mademoiselle Coco a dit…

Ardalia > je crois qu'il va falloir que je consulte, je passe ma vie à demander aux gens d'expliquer leur vanne. Je crois que mon sens de l'humour, que tu dis soluble dans la vraie vie, a surtout été dissous (je ne sais pas où). A part ça, je sais que tu ne déconnes qu'à moitié, mais bon enfin tu vois quoi.

Fab > à Londres, ce qu'il faut, c'est un programme "Halte aux cageots en minijupe" ou "Halte à la proportionnalité inversée entre le tissu couvrant et les parties raisonnablement à couvrir". Sinon, ma coach, elle nous a TOUS à la bonne (on est 5 dans le groupe), parce qu'elle est formidable ;-)

SecondFlore > ne pas remplacer un ami perdu sur deux ? Encore faut-il perdre des amis pour que ce soit efficace ! Merci pour le courage, je tâcherai d'en avoir s'il le faut !

Tatiana > disons que les qualités requises pour réussir un concours administratifs ne sont pas les mêmes que pour réussir un concours de beauté. Certains diraient même se faire les ongles et des masques, faire du shopping et s'épiler sont des pertes de temps : pendant que tu fais tout ça, le cageot est en train de lire son manuel de Finances publiques. Ce qui fait qu'elle a plus de chances de réussir le concours... Le tout étant de trouver le bon équilibre entre la french manucure et les finances publiques ;-) Sans oublier que la première sélection, la plus rude, se fait à l'écrit. Ce qui empêche le jury de prendre en compte la cageot-attitude !

marie a dit…

moi je sais pourquoi les cageots ont plus de chance que les presque miss-France... c'est tout simplement pour ne pas perturber le dur labeur des vieux fonctionnaires bedonnant....
comment c'est hors sujet...? c'est juste une allusion à du vécu!!!! (quand on a expérimenté le stage dans une des institutions européennes, on se rend vite compte des désagréments causé par être une fille / jeune/pas moche/pas bête!!!!)

TheCélinette a dit…

N'oublie pas de dire à ta coach, que qu'on ne "révèle pas sa vraie nature en période de stress" mais qu'on active le cerveau reptilien qui a pour mission de nous aider à survivre et donc de pulvériser tout ennemi :)

On a tout simplement des réflexes vitaux primaires et la zone de "sociabilisation", de références culturelles est désactivée le temps de la période de stress plus important.

Et oui la physiologie n'est pas encore au service de la diplomatie :)

Mademoiselle Coco a dit…

Marie > peut-être un sujet que j'aborderai plus tard. Bien plus tard... Mais j'en ai aussi, des choses à dire sur le sujet !

TheCélinette > très intéressant... Mais alors, pourquoi mon cerveau reptilien me fait devenir une mégère alors qu'il fait pleurer ma copine ? Et ne me réponds pas que tu as fait droit et pas bio à la fac, hein !

Denys a dit…

Bon, je vais encore passer pour un je ne sais quoi, mais...
Ce discours récurrent sur le physique, le sexe, en matière de concours, administratifs ou non, je trouve ça un tout petit peu ridicule.
Savez-vous qu'à l'X, en filière MP (maths physique), la proportion de filles passant l'écrit (statistiques 2006) est de 17,1%. Cette proportion passe à 10,5% parmi les admissibles (la faute au physique, je présume?), pour remonter à 14,9% parmi les admis.
Nombre de mes camarades de prépa, à mon époque, en avaient tiré des conclusions fort désobligeantes sur l'influence qu'avait la longueur d'une jupe et l'échancrure d'un décolleté sur l'admission des jeunes filles aux écoles d'ingénieur... Réflexions qui ne leur faisaient guère honneur.
Je ne veux pas dire par là qu'il n'y a pas des déséquilibres un peu fort à corriger dans certaines filières (j'ai passé 3 ans à soupirer là-dessus, croyez-moi)... Mais je pense qu'il est contre-productif, ou au moins générateur de frustrations vaines, de se bourrer le mou excessivement sur la façon dont les examinateurs traitent les candidats qui se présentent à eux sur le plan extra-académique. Travaillons les connaissances, et les qualités spécifiques à chaque épreuve (la confiance en soi et l'assurance comptent pour les épreuves de personnalité, ce qui est le cas du Grand O). Mais de grâce, ne commençons pas à faire des "alors, il faut que je sois jolie, parce que cette société macho ne juge les femmes qu'au physique, mais il ne faut pas que je sois trop jolie, sinon, je semble superficielle...". Lire que les examinateurs aux concours administratifs font de la sélection adverse chez les femmes en matière de beauté, juste pour éviter des tentations concupiscentes à leur collègues masculins, ça me fait doucement rigoler, au vu de ce qu'on disait aux concours scientifiques (je rappelle par ailleurs qu'un très grand nombre de hauts fonctionnaires viennent de cette filière, à savoir tous les corps techniques de l'Etat, corps des Mines, des Ponts, des Télécom, du Gref, de l'Armement,... ce qui fait largement plus en volume que le concours externe de l'ENA).
Et puis dans ce cas, on pourrait peut-être alors enfin se poser de sérieuses questions sur la pertinence des épreuves de sélection dans certains concours.

Mademoiselle Coco a dit…

Denys > je ne sais même pas par où commencer pour te répondre, parce que ton commentaire se prête à 1000 réponses différentes (oui, tant que ça). Dans le fond, tu as raison. Je ne disais d'ailleurs par grand-chose de plus que "quand tu te fais les ongles au lieu de bosser tes QI, tu as moins de chances de réussir ton oral". Ce qui revient à ton "travaillons les connaissances".

Toutefois, n'oublie pas que les statistiques honorables de l'X ne sont pas les mêmes qu'à l'ENA. Ce n'est pas capital, mais quand même. Peut-être est-ce dû au fait qu'à l'ENA, en grand O, on n'hésite pas faire remarquer à une candidate (au cas où elle ne serait pas encore au courant) "vous avez une forte poitrine mademoiselle" (véridique). Tentative de déstabilisation comme une autre ? Certes, mais j'en connais d'autres plus fines...

Après, Marie parlait plus des stages que des concours. Et là... oulalala, je te raconterai des choses, un jour, peut-être ! (je sais, je suis la reine du teasing honteux)

Anonyme a dit…

hum, sujet intéressant;
en prépa littéraire nous étions à mon époque +/- 80/85% de filles pour 15/20% de garçons. un seul concours (l'ENS): 50-50% de reçus voire un déséquilibre en faveur des hommes dans les filières prestigieuses comme la philo.
explication ?
(j'ai toujours entendu dire qu'en filière littéraire les filles étaient là par hasard, alors que les garçons, c'était parce qu'ils étaient bons. ah bon)
Clara.be

Mademoiselle Coco a dit…

Clara.be > "le problème des filles en L, c'est que leur plume se laisse emporter par leur romantisme exalté" m'a sorti mon jeune prof de lettres normalien de 2nde. Il a - pas uniquement à cause de ça - activement participé à l'évolution de mes projets professionnels... Les lettres, c'est un peu comme la cuisine : c'est un truc de bonne femme pour la vie de tous les jours, mais l'élite n'est constituée presque que d'hommes ;-)