26 août 2007

Je suis nulle (épisode 1)

Il y a plein de domaines dans lesquelles je suis nulle. Petit aperçu de mes nullités (quatre pour commencer, on va y alller doucement)...

Je suis nulle... en dignité cinématographique. Honnêtement, je ne pleure pas souvent. C'est peut-être parce que je n'ai que de rares raisons de pleurer. Mais je connais des gens (souvent des filles d'ailleurs, ça doit être hormonal) qui aiment se faire pleurer volontairement. Il y a quelques années, j'avais une copine qui pratiquait régulièrement ce qui devait s'apparenter selon elle à un rite de purification : toute seule, dans le noir, chants grégoriens sinistres en fond sonore, elle s'imaginait que ses proches étaient morts, elle détaillait mentalement leur disparition, sa vie sans eux, jusqu'à ce qu'une fontaine de larmes jaillisse de ses yeux pour de longs moments de désespérance injustifiée.

Bref, je n'aime pas pleurer et j'évite tant que je peux. Il n'y a qu'un seul truc qui me fasse vraiment pleurer : la mort. Mais il y a un endroit où je ne peux rien faire contre les larmes : au cinéma. Je suis une véritable mauviette devant un film.

Même devant un film vu, revu et re-revu, je ne peux pas me retenir, je suis une calamité aqueuse. Parle avec elle, Le Patient anglais ou The constant gardener, notamment, sont des tireurs de larmes professionnels. Je ne sais alors plus du tout me tenir, je pleure, je me mouche, j'embête tous mes voisins plus stoïques. En somme : emmenez-moi voir des comédies niaises, si vous craignez l'humiliation publique.

Je suis nulle... en pipi dans la nature. Déjà, psychologiquement, j'ai du mal avec l'idée. A moins d'être seule dans un désert, ce qui n'arrive jamais, puisque je ne vais jamais me promener seule dans le désert. Et puis surtout, physiologiquement, j'en suis incapable.
Je ne suis donc pas vraiment une fille tout-terrain, malgré de nombreux essais tous plus calamiteux les uns que les autres.

En revanche, j'ai compensé ce handicap évident par un endurance à toute épreuve démentant le mythe de la "pisseuse". Mais il faut malgré tout qu'à un moment ou à un autre cesse le trek dans la nature.

Je suis nulle... en allemand de film de guerre. Pourtant, c'est la même langue, ou presque (pour les subtilités, voir ce fameux Klemperer que je suis en train de découvrir), mais je n'y comprends pas un mot.

Est-ce que les acteurs forcent le trait en articulant le moins possible et en hurlant le plus fort possible ? Est-ce que je n'ai appris l'allemand que sortant de bouches tendres et douces ? Est-ce que les mots choisis ne sont plus en usage, par volonté de dénazification linguistique ? Est-ce parce que, le plus souvent, les films de guerre sont joués par des acteurs français ou américains ?

Les seuls Allemands de guerre que je comprenne sont ceux de La grand Vadrouille, et je ne pense pas que ce soit bon signe !

Je suis nulle... en plongeon. Pourtant, j'ai fait de la natation. Tous les étés, quand j'allais chez mes grands-parents à La Rochelle, je prenais des cours de natation le matin, avec une maîtresse-nageuse qui s'appelait Nathalie, qui était toujours très bronzée et très jolie (même si elle avait une sorte de choucroute sur la tête façon caniche décoloré, mais à l'époque, c'était à la mode, la moquette à bouclettes). Mais je n'ai JAMAIS réussi à plonger, malgré tous ses conseils.

A chaque fois, l'alternative n'est pas brillante :

- soit je fais comme on me dit, et mes lunettes de piscine s'en vont, roulant le long de mes joues jusqu'à se coincer sous mon menton. Autant vous dire que je déteste, comme vous l'aurez sans doute deviné, avoir de l'eau dans les yeux. Du coup, avant même de pouvoir faire une longueur, il faut que je fasse le petit chiot avec mes pieds pour garder la tête hors de l'eau le temps de pouvoir faire réintégrer à mes lunettes leur place traditionnelle.

- soit je sauve mes lunettes en plongeant à l'horizontal et en me prenant un plat magistral. Ca fait mal, et après, j'ai la face du corps toute rouge. Le temps que je reprenne mes esprits, j'ai encore perdu du temps, et toute ma dignité.

Je n'ai jamais compris comment faisaient ces gens qui plongent élégamment, prêts à enchaîner immédiatement avec des longueurs, sans connaître l'humiliation du plongeon raté. En revanche, en bombes, je suis très forte.

Assez d'aveux humiliants pour ce soir. La suite de mes nullités au prochain épisode !

9 commentaires:

Amiante a dit…

Preum's!!

Si ça peut te rassurer, question dignité cinématographique, je fais pire. Et pourtant, la plupart du temps, je maudis ma sècheresse lacrymale quand je suis malheureuse.

Donc, chose promise, chose dûe :

Je pleure devant les bandes-annonces, devant n'importe quelle scène un peu mélo de film pris en cours de route (même en plein milieu, même à la fin) et même, même! devant les pubs.

C'est pas bien brillant. Enfin sauf mes yeux et les blagues de mes amis sur cette capacité empathique qui frise le ridicule...

Anna a dit…

Pour faire pipi dans la nature, tu pourrais essayer ça : http://www.freshette.com/photos.html
Je ne l'ai jamais tenté, mais à cahque fois que je suis emmerdée pour trouver un coin tranquille j'y pense !

Mademoiselle Coco a dit…

Amiante > ah ouais, ça me rassure vachement !!!

Anna > yerk !! Là aussi, psychologiquement, j'aurais du mal. Et puis petite question subsidiaire : on le range où après ?? Non, vraiment, je préfère ma solution ! Mais merci quand même pour le tip, ça en intéressera peut-être certaines plus baroudeuses que moi ;-)

Denys a dit…

Pour ce qui est de faire pipi in the wild, on a offert pour son anniversaire à une de mes amies, grande randonneuse en montagne, une combinaison thermolactyle (non, pas un Damart) qui contient le dispositif d'Anna, mais incorporé (built-in), donc pas de problème de rangement. Il y a un petit réservoir, et tout et tout. C'est unisexe, qui plus est, permettant d'abolir une inégalité femme/homme aussi profonde qu'ancestrale :-)
Bien sûr ça ne résout pas le problème en été... Je ne te vois pas te balader dans une petite robe d'été à fleurs avec le pyjama de survie en dessous, lol. Quoique, je ne saisis rien à la hype, mais avec des santiags, ça peut le faire non?
Sur la lacrymalité chronique, ma virilité va en prendre un petit coup (enfin bon vous ne connaissez pas en même temps, donc ranapéter), mais, si je ne vais pas jusqu'au larmes, il m'arrive parfois moi aussi d'avoir les yeux légèrement humides quand j'assiste à ce que j'estime être la tristesse confinant au sublime. L'exemple le plus typique : sans être un pilier d'église (en fait j'y vais plus), depuis ma plus tendre enfance j'ai toujours assisté à la messe du Vendredi Saint. Et je n'ai jamais, jamais, même arrivé à l'âge d'homme, pu entendre, sans en être ému presque aux larmes, la scène du reniement de Saint Pierre. "Pierre se souvint des paroles que le Seigneur lui avait dites: " Avant que le coq chante, tu m'auras renié trois fois". Il sortit, et pleura amèrement"... Je trouve ces larmes absolument déchirantes; toute la faiblesse de notre humaine condition s'y trouve, et je pense qu'on n'a pas besoin d'être le moins du monde chrétien pour en ressentir le caractère poignant; c'est le choc accompagnant la prise de conscience que l'homme n'est jamais à la hauteur de lui-même.
D'ailleurs un de mes grands étonnements est que cette scène n'a jamais été représentée par les peintres (ou alors à mon insu, mais c'est loin d'être impossible) : on est bourré de jugements de Salomon, ou autres fuites en Egypte, mais je n'ai jamais vu un "Saint Pierre pleurant après son reniement" dans aucun musée que j'ai visité (même s'il me semble avoir déjà vu des Reniements de Saint Pierre)... Il faudra que je pallie à ce manquement moi-même plus tard lol.

Anyway j'aime beaucoup quand tu fais ce genre de billets, qui ébauchent à petites touches ta personnalité...

Mademoiselle Coco a dit…

Denys > NAN MAIS CA VA PAS de donner de pareilles idées de cadeau à mes amis qui lisent ce blog ??? Alors les copains, que ce soit clair : je ne suis PAS une randonneuse. Et puis d'abord, ma robe est à pois aujourd'hui, et pas à fleurs !

Le sublime peut m'émouvoir mais jamais me faire pleurer. Il n'y a vraiment que la mort (même de faux gens) qui me fasse pleurer... Mais c'est peut-être parce que je n'ai jamais assisté à une messe de vendredi saint (avec l'encens qui irrite les yeux en prime, ça doit faciliter le travail. Roh... mais non je ne suis pas anti-catholique !!)

Ce genre de billet, ce sont les billets les plus dangereux : quitte ou double à chaque fois ! ;-)

Denys a dit…

pffff... Vu la quantité d'encens brûlée par rapport au volume moyen d'une église, il faudrait avoir le nez sur l'encensoir pour que ça t'arrache une larme, jeune maline! Tu te fais certainement plus pleurer quand tu prépares une bolognaise (je mets de l'oignon moi, pas vous?)!
Je rêve, on me dénie mon droit à chouiner sincèrement, crévindjiou :)
Et pis les pois c'est moche, là!

Mademoiselle Coco a dit…

Denys > sauf que môa, les seules églises que j'aime bien, ce sont les toutes petites églises romanes. TOC ! Et puis bien sûr que si, les pois c'est beau !! Tu l'as même pas vue ma robe à pois. Elle a fait un malheur hier, D'ABORD... ;-) (ou plutôt "lol". Enfin juste pour que tu saches que je ne suis pas agacée, hein)

bluebluelight a dit…

Faire pipi dans la nature , hors de question ! Je suis toujours persuadée que des petites bêtes vont vouloir établir leur camp dans ma .. enfin tu vois .

Mademoiselle Coco a dit…

Bluebluelight > ah non, moi c'est pas ça du tout le problème. Pour le dire très prosaïquement, je ne peux faire autrement que m'arroser des pieds aux fesses... Mais je conçois que ta phobie des petites bêtes dans la... soit un frein aussi puissant !