28 août 2007

Que vous dire ?

Je pourrais vous dire qu'hier, il a fait beau à Paris, ce qui m'a permis de sortir pour la première fois de son placard ma toute nouvelle robe à pois achetée en soldes qui n'avait pas encore vu la lumière du jour. Elle était presque aussi contente que moi, surtout quand "on" m'a dit "ben dis donc, kesssssssssse que t'es jolie !". Je n'ai pas osé avouer que j'avais mis le paquet pour compenser les 2871273 derniers jours, où je ne portais que d'infâmes bas de jogging me servant accessoirement de pyjama avec des débardeurs Petit Bateau. Oui, je pourrais vous raconter ça, mais comme vous n'avez jamais vu ni cette robe ni mes bas de pyjama, vous ne pouvez pas vous imaginer.

Je pourrais vous dire qu'hier, j'ai revu une amie que je n'avais pas vue depuis telllllllllement longtemps qu'on avait telllllllllement de choses à se dire. Je pourrais presque vous retransrire l'intégrale de notre conversation. Mais vous la connaissez encore moins que vous ne me connaissez, cela pourrait donc fortement vous ennuyer. Et comme elle, elle ne vous connaît pas du tout, cela pourrait fortement la gêner.

Je pourrais vous dire qu'hier, j'ai été prendre un verre en afterwork avec un ami qui ne sortait finalement pas du boulot mais de l'enterrement de l'un de ses copains. Je pourrais vous raconter sur un ton larmoyant les souffrances endurées par ce jeune homme, les yeux mouillés de mon ami quand il en parlait, et les platitudes que j'ai étalées pour tenter de le réconforter. Mais je n'ai pas d'actions chez Cleanex (oui, je pense que Kleenex est un jeu de mots qui vient de "clean" et non de Paul Klee, mais je peux me tromper), et vous pourriez trouver que je donne dans le mélo facile.

Je pourrais vous dire que mon fleuriste me fait la gueule de façon à peine voilée. Comme presque toutes les semaines, je suis allée m'acheter quelques bottes pour enlever à mon cocon ce sale air d'appartement mort après 2 mois d'absence. Pendant qu'il me fait mon bouquet, il me demande avec le sourire comment je le veux, mon bouquet. Et si c'est bientôt la rentrée. Et si je suis partie en vacances. Je lui dis que non, pas trop. Il me demande où je suis partie, toujours avec le sourire. Il me demande pourquoi j'ai pris si peu de vacances, si je viens de commencer à travailler. Je lui dis que je prépare un concours pour bientôt. Il me souhaite bon courage, avec le sourire. Et il me demande l'air de rien "mais un concours de quoi, au fait ?". J'ai voulu répondre un concours canin, mais j'ai été trop vite honnête. Le sourire est devenu une porte de prison et il m'a dit au revoir. Je pourrais vous raconter ça, mais vous pourriez penser que j'essaie simplement d'attirer honteusement votre pitié en jouant encore la mal-aimée.

Alors on va dire que je ne vous ai rien dit, d'accord ?

14 commentaires:

TheCélinette a dit…

Répondre concours canin. Voilà le genre d'humour que j'adore (moi je te le dis ;-)

Fab a dit…

Tu fais pas mal de choses finalement du futile a l'utile...
Et ca t'a fait un billet!

Mélina LOUPIA a dit…

D'accord :)
Des bizettes

chevalier de Saint Louis a dit…

joindre le futile à l'agréable, voilà le secret.

Babamam a dit…

Eh! Je veux voir une photo de cette petite robe, moi !

Ardalia a dit…

Je dis qu'à ta place, je demanderai au fleuriste pourquoi euh... ma réponse a eu l'air de ne pas lui plaire, parce que je suis curieuse et peut-être qu'il t'aime bien mais qu'il croit que tu vas le snober désormais, et qu'il se fait un film. Non, en fait, c'est quasi sûr.
Moi je t'aime bien, même quand tu n'a rien à raconter. :-)

Mademoiselle Coco a dit…

TheCélinette > merci ;-)

Fab > la magie des NTIC peut-être ?!

Mélina > j'aime quand tu approuves sans réserve ce que je dis :D

Chev > ou s'arranger pour que tout paraisse agréable, au choix...

Babamam > un jour, peut-être ! Je sais, c'est une fausse réponse. Alors pour compenser, une petite description, ça irait ?

Ardalia > oui mais toi, Ardalia, tu es courageuse et forte. Moi, quand on arrête de me sourire, j'ai envie de m'enfuir en pleurant tellement je pense qu'il y a sans doute une bonne raison à ça. J'exagère à peine : quand on me bat, je tends l'autre joue, en espérant qu'être gentille m'évitera la baffe suivante. Je sais, c'est pas glorieux...

Babamam a dit…

Va pour la description ;-)

Mademoiselle Coco a dit…

Babamam > aloooooors : elle est blanche à pois noirs, en tissu tout léger, avec une taille empire. Les bretelles sont en gros grain noir.Le tissu de la poitrine et de la bande du bas (qui arrive juste en dessous du genou) a un tissu à pois moyens, tandis que le reste de la robe est à gros pois. Voilà :-) (je me doute qu'une photo serait mieux, mais bon... en plus, je n'ai même plus d'appareil photo en ce moment !)

Denys a dit…

...et elle est en soie chamarrée de Cochinchine absoooolument meeerveilleuse :-D
La seule image visuelle que j'ai d'une robe taille empire me provient du tableau du sacre de Napoléon par David. Si j'essaie de mélanger ça avec les pois noirs, ça fait un truc détonnant!
Ne jamais essayer de se représenter une robe; c'est au-dessus des forces des hommes.

Mademoiselle Coco a dit…

Denys > presque !! Quel devin :-) Elle est en effet dans un mélange de coton et soie. Et compte-tenu de son prix modique, je suis prête à parier qu'elle a été fabriquée par un enfant asiatique sous-payé (et encore, s'il était payé). Mais en effet, rien à voir avec Joséphine ! Plutôt euh... Minnie (sans les manches ballons) ?!

Denys a dit…

Faire saigner les doigts menus d'un petit philippin payé 10 cents de l'heure, tout ça pour ressembler à une souris géante , hé ben je ne te félicite pas ;-)

M a dit…

Ne rien dire avec autant de talent, c'est toujours en dire beaucoup sur soi-même. Bon courage pour la semaine qui vient.

Mademoiselle Coco a dit…

Denys > wow, tu sais insérer des balises html... c'te classe ;-) N'empêche, Minnie est vachement plus futée avec sa jolie robe rouge et ses escarpins de midinette que Daisy et son immonde noeud (rose ?) dans les cheveux non ?

M >rolalala, je rougis une fois de plus moi ! Merci pour les encouragements, je raconterai tout (ou presque) !