24 mai 2007

Tu veux faire Sciences Po ? Lis ça d'abord !

Sciences Po, ça fait rêver beaucoup de gens. Vu le nombre de fois où des petits jeunes viennent, par Google interposé, me demander "comment réussir le concours de Sciences Po", "comment réussir l'oral de Sciences Po" ou encore "je veux faire Sciences Po + Comment entrer ?", je me dis qu'il y a pas mal de vocations qui se promènent...

Avant que vous, les jeunes, ne bousilliez votre été à faire une prépa qui ne vous servira pas à grand chose, puisque les prépas d'été sélectionnent de toute façon ceux dont elles sont quasi-sûres qu'ils rentreront (sinon, ça fait baisser les statistiques), je me dois de vous informer de l'HORRIBLE condition que l'institution de la Rue Saint Guillaume réserve à ses enfants. Et pour ce faire, je vais vous décrire rapidement ma situation là maintenant tout de suite :

- je travaille (rien que ça, faut s'y habituer) en bibliothèque en attendant mon cour de 19h15. Ce qui fait une sortie à 21h15, très fréquente à Sciences Po, et pas juste en prepena. De la 1ère à la 5ème année, tu vas enchaîner les matins à 8h et les soirs à 21h15.

- je suis en bibliothèque à la seule place disposant d'une prise pour mon ordinateur. Oui, Sciences Po a beau se vendre comme une wonder-business-school mondiale de l'avenir, la direction n'a pas encore compris qu'un ordinateur, de temps en temps, ça se recharge. Or il se trouve que dans la bibliothèque dans laquelle je me trouve, les seules tables équipées de prise sont le long de la baie vitrée, plein sud, face au soleil l'après-midi. Ma température intérieure doit être de 44° depuis 14h30. J'ai un peu chaud là. Mon cerveau bout. J'en suis à envisager de convertir Sciences Po au naturisme. Mais je ne peux pas trop bouger, rapport à mon ordinateur qui se recharge.

- et puis aussi, j'avoue que comme je suis partie de chez moi à 11h, je commence à avoir envie de faire pipi. J'arrive à battre des records (pour une fille), mais là, après 1 litre d'eau, 1/2 litre de gaspacho et une canette de cola light, ben... comment dire, ça serait bien que j'aille aux toilettes.
Or problème n°1 : Sciences Po accueille 10 fois trop d'étudiants que ce que ne permettent ses possessions immobilières. Cohue, queue partout, piétinement, bruit et le reste sont les conséquences d'une surpopulation à laquelle on ne peut échapper. Pas la peine donc d'espérer aller aux toilettes entre deux cours, la pause de 15 minutes ne suffit pas. Et puis du coup, c'est tout le temps sale. Beurk.
Problème n°2 : vu que les bibliothèques de Sciences Po, c'est Koh Lanta pour survivre, on ne peut RIEN laisser à sa table. Même pour 5 minutes. On m'a déjà volé à différentes reprises une bouteille d'eau, une carte de bibliothèque (ce qui me vaut une exclusion définitive du bâtiment climatisé et me condamne aux places derrière la verrière) et des plans de cours. Pas mon ordinateur, grâce à mon cable antivol (que je n'arrive plus à retrouver depuis 1 semaine...). Ni mon sac, puisque je l'emporte partout. Mais d'autres n'ont pas eu cette chance. Donc aller aux toilettes signifie partir équipée comme pour une randonnée sur le GR20. Avec le risque de ne pas retrouver sa table. A chaque virée sandwich, photocopie ou pipi, je me sens un peu comme Lara Croft. Sauf qu'on n'est pas dans un jeu vidéo, merde quoi !

Si tu as encore envie de faire Science Po malgré ces désagréments matériels, je ne veux pas t'enlever toutes tes illusions, et je t'épargnerai donc le récit des désagréments intellectuels que l'on peut y rencontrer. Mais sache que si tu es une fille et que tu aimes aller aux toilettes, tu vas souffrir :D

19 commentaires:

Mélina LOUPIA a dit…

mademoiselle coco, vous êtes combien dans ton corps?
franchement, plus je te lis et plus je me demande pourquoi j'ai du mal à gérer 3 momes et une maison.
rispeukt.
des bizettes (franchement, 1.5l, c'est pas humain)

Sblab' a dit…

Melina> je te suis a fond !!!
Bon , je vais peut etre envoyer ce post ma filleule de 22 ans en fin de prepa ...

Mademoiselle Coco a dit…

Mélina > tu sais, je crois que même si ce que je fais est relativement exigeant, il reste néanmoins nettement plus simple de se gérer soi-même (et sa vessie) que de gérer trois autres, de préférence de moins de 15 ans ;-). Sinon, 1,5 litres... ma soeur penche pour une double vessie qu'on découvrira le jour où on m'autopsieras (parce que j'aurais été empoisonnée par le KGB)?

Sblab > je râle, je râle, mais ça reste 19 837 fois plus luxueux qu'une fac. Et puis je crois qu'on a de sacrés instruments pour s'en sortir dans la vie professionnelle plus tard (enfin je dis ça trè objectivement et en toute modestie bien sûr :D). N'empêche que prendre en compte l'équipement en toilettes n'est pas inutile !!!

petit chahut a dit…

C'est comment un câble anti-vol pour ordi ??!

Anonyme a dit…

Vivement que tu sois à l'ENA: des prises dans tous les coins, des salles complètement vides, une température ambiante idéale et du personnel plus nombreux que les élèves. Sans compter bien sûr des bibliothécaires légèrement plus serviables qu'à Sciences Po.

Elisabeth a dit…

Premier com sur ce blog que je viens de découvrir...
Pour la question du pipi-time, je peux compatir à ta douleur, puisque dans cette prétendue prestigieuse fac de droit (Assas) à laquelle j'appartiens, nous sommes enclin au même problème de pas assez de temps/salubrité/absence de PQ dès le lundi midi! Et la bibliothèque est un four (inutile de dire que personne ne veut ouvrir les fenêtres au risque de condamner leur brushing à 100000€!)
La fac est une jungle!
Merki pour ces ptits com très sympathiques en tout cas

Mademoiselle Coco a dit…

Petit chahut > http://multimedia.fnac.com/multimedia//images_produits/grandes150/5/4/0/3303170026045.gif
Tu passes ton câble autour d'un truc qui ne bouge pas (poteau de bibliothèque, rampe de fenêtre, etc), tu passes le verrou dans la boucle, tu fais rentrer le petit truc qui dépasse dans le trou prévu à cet effet dans ton ordnateur (en théorie), et tu fermes avec la clef. Pour emporter ton ordi après, il faut emporter le poteau, ça refroidit vite les plus téméraires.

Anonyme (d'Etienne Marcel ? on sait jamais...) > ah ben en voilà une motivation de plus ! Je note pour le grand O... ;-)

Elisabeth > bienvenue ! Oui, la fac est une jungle. Pourquoi donc tout le monde semble regretter "ses années d'étudiant" ???

Antoine a dit…

Sciences Po vu de l'intérieur... Evocateur...

Jamais je n'avais entendu parler de l'école en ces termes et surtout de ce point de vue... Passionnant... Continue surtout...

Antoine

Antoine a dit…

Tiens, au fait...
Ca te dirait une petite interview sur mon blog consacré aux grandes écoles? Ca me dirait bien d'avoir un point de vue original (enfin peut-être) sur Sciences Po...

@+

Antoine

Passe faire un tour sur ledit blog avant de me répondre (enfin si tu veux...)

jesuisoutré a dit…

Chère Coco, permets-moi de me gausser ouvertement de cette pitoyable description de sciences po. Au fur et à mesure de ma lecture, j'ai eu l'impression de lire une jeune fille outrecuidante, n'ayant conscience de la chance qu'elle a d'être dans une des plus prestigieuses écoles françaises. Mais quelle suffisance te permets donc de réduire ce lieu à des viles préoccupations : ne pas pouvoir faire ses besoins dans des latrines parfumées et hygiéniques n'est pas le seul fait de Sciences po, ou bien il faudrait sortir de ton bel appartement, du haut de ta tour d'ivoire; quant aux branchements informatiques, d'une l'ordinateur portable n'est pas une nécessité vitale (le stylo et le papier existent encore, si si), et de deux estime-toi peut-être heureuse d'en posséder un (la preuve est qu'il semble susciter la convoitise de certains usagers de ladite bibliothèque).
Pour finir, ta condescendance me rappelle celle d'un certain Beigbeder...ah pardon il a aussi fait sciences po. Tout s'explique au fond.
Indigné par cet article abject qui a la prétention de "dégoûter" d'éventuels candidats à sciences po, je te salue, tout en lançant une invitation à la méditation, ou à la réflexion, si ces études décidemment excecrables, on n'en doute pas une seconde, ne t'ont pas encore enlevé ces facultés.

Mademoiselle Coco a dit…

Cher jesuisoutré,

je t'en prie, gausse-toi encore et encore. Car figure que s'il y a quelque chose que Sciences Po ne nous apprend mais ne nous enlève pas, c'est l'humour. Et si tu étais moins petit péteux, tu aurais compris qu'il y avait dans cette description apocalytique une pointe d'ironie et donc, bien caché, de l'humour.

Evidemment, je sais que faire Sciences Po est une formidable opportunité. Que je ne dois cependant pas à la chance mais à mon travail. Mais sache que dire ouvertement qu'on est heureux d'avoir fait la meilleure école au monde, qui donne à ses étudiants les outils intellectuels les plus utiles pour s'en sortir dans la vie, ça aussi, ça fait légèrement outrecuidant. Et que garder une once d'esprit critique ne fait jamais de mal. Sciences Po n'est pas une secte, on peut en apprécier de nombreux aspects, tout en déplorant qu'une école qui se veut être exemplaire néglige le confort que je considère comme primaire (même si j'ai entièrement conscience que nous sommes déjà privilégiés par rapport aux étudiants de fac, cela va sans dire. Mais les frais de scolarité sont également loin d'être comparables !). As-tu par hasard déjà fait un tour dans une université nord-américaine ? Où les bibliothèques sont ouvertes nuit et jour, du lundi au dimanche ? Sais-tu que l'on peut mieux faire que ce que fait Sciences Po, et que de ce fait, il n'y a aucune raison de ne pas essayer se satisfaire de ce qui est proposé ? Mais peut-être es-tu marxiste et penses-tu que la concurrence, c'est MAL !

En outre, j'estime de façon très prétentieuse que passer toutes mes journées de 8h à 21h15 dans un endroit me donne le droit et me permet de lui demander un minimum de confort. Pas par préciosité, mais parce que je considère véritablement que pouvoir travailler dans de bonnes conditions est essentielle à la mission de Sciences Po, à laquelle tu sembles accorder tant d'importance. Devoir chercher une place en bibliothèque pendant 1/2 heure est une perte de temps sur le temps travaillé. Devoir manger pendant 5 ans en 10 minutes top chrono tous les midis est stressant et empêche d'avoir ensuite les idées claires dans l'après midi. Ne pas pouvoir pisser empêche de se concentrer (ben si, je suis désolée, j'ai la vessie plus ou moins reliée au cerveau).

En ce qui concerne l'ordinateur, en effet, je suis chanceuse. Sache qu'il me permet également de donner à certains de mes camarades des cours qu'ils auraient ratés. J'espère que cet acte de générosité désintéressé rattrapera mes péchés bassement matérialistes. Il se trouve que je considère aussi que parler de "papier et de crayon" alors que les étudiants de Sciences Po aspirent à de brillantes carrières est illusoire. Tu me rappelles cette amie qui voulait faire de la finance sans même savoir ce qu'était Excel. Un minimum de réalisme ne nuit jamais à la réflexion.

Tu portes visiblement Sciences Po en haute estime. Le fait que tu n'aies pas saisi une seconde l'esprit légèrement décalé de cet article m'attriste donc d'autant plus. Car la dérision, le second degré et l'esprit critique ne sont pas seulement nécessaire dans la vie, mais aussi pour réussir le concours...

moinsoutrémaisdanscecasilfautsexpliquer a dit…

Pour commencer, je tiens à m’éloigner immédiatement de l’image idyllique de laquelle tu sembles vouloir m’entacher. Parler de « La meilleure école du monde » serait effectivement outrecuidant. En revanche, évoquer l’excellence de l’enseignement et la considérable ouverture qu’offre l’école par la suite reviendrait davantage à soutenir l’ambition de sciences po, et partant, répondre « présent » à l’appel des élèves de sciences politiques ne constitue pas, à mon sens, la moindre pédanterie. Pour beaucoup malheureusement, ce que tu considères comme « évident » l’est éminemment moins : le bréviaire de l’étudiant de sciences po « je suis heureux(se) -je fais partie de l’élite française-et c’est à la force de mon labeur acharné que j’y suis parvenu(e)- amen » n’est pas connu de tous. J’ose espérer que tu ne te considères pas au-dessus des visées d’un certain Descoings…et ce n’est pas moi qui invente tout cela, un site entier y est même dédié !
Tout péteux que je puisse être, je n’ai pas eu le privilège de me rendre aux Etats-Unis…Loin d’être marxiste, je n’ai, oh grand jamais, fait l’éloge du système universitaire français. C’est d’ailleurs au même titre que j’encourage avec fermeté le déploiement de la concurrence, tant à l’échelle planétaire, étant entendu que le savoir dans sa quintessence ne saurait être exclusivement délivré sur le sol restreint de l’Oncle Sam, mais aussi, ne pourrait, à l’envi, être le monopole d’une institution à l’échelle nationale. Heureusement que sciences po n’est pas l’unique formation des esprits et que foisonnent d’autres voies diverses et variées !

Tu parles également du confort. Soit. Qui serait assez stupide pour se contenter d’un minimum insalubre, hormis peut-être quelques nostalgiques de l’époque stalinienne ? Il est certain qu’il faille améliorer les lieux de la recherche et de l’enseignement en France, mais, jusqu’à présent, les gouvernements qui se sont succédés, quelles que soient leurs couleurs politiques, semblent avoir choisi la méthode de l’autruche, à l’instar de l’action. Tout de même, n’as-tu pas décidé de demeurer en France ? Qui t’empêchait au fond de partir aux States, d’autant que, comme tu le rappelles, le coût de la scolarité à sciences po n’est pas négligeable ? La critique est un art, mais elle est aussi plus aisée que l’art comme on le sait…


« Il se trouve que je considère aussi que parler de "papier et de crayon" alors que les étudiants de Sciences Po aspirent à de brillantes carrières est illusoire » écris-tu. Bien bien bien : si tu penses réellement que l’ordinateur signe l’arrêt de mort de l’écriture, envoie donc un mail à Jean d’Ormesson, Yves Bonnefoy ou encore Alain-Gérard Slama pour ne citer qu’eux. et puisqu’à tes yeux je suis un créateur de flatulences, laisse-moi te rappeler l’adage : « verba volant, scripta manent » (attention il fallait déceler également de l’humour dans ce qui précèdait)

Tu es désolée que je n’aie pas saisi le « second degré » de l’article à sa juste valeur, et j’en suis profondément affligé, cependant sciences po n’est-il pas le lieu de la nuance et de la contrepartie ? Eléments qui, à y bien chercher, ne figuraient pas dans tes propos. Ta réponse me rassure et me navre en ce qu’il aurait éventuellement fallu commencer l’article par « chanceuse en pleine conscience d’être à sciences po etc... » puis introduire ici le « néanmoins… » ou l’inverse, étant donné (dis-moi si je suis dans l’erreur) qu’on commence toujours par ce sur quoi on est le plus en accord pour terminer selon son avis. Mais ce serait blasphème que de rappeler cela à un étudiant qui s’en fait le chantre.

Pour finir, je me demandais si tu serais arrivée au niveau intellectuel qui autorise à mépriser le cadre dans lequel on a évolué et continue d’évoluer, à l’image d’un Sartre ou d’un Gracq qui avaient refusé pour l’un le prix Nobel de littérature et pour l’autre le prix Goncourt. Si tel est le cas, je te tire ma révérence.

Mademoiselle Coco a dit…

Considérant que, pour nous résumer, tu as lu un billet de mon blog, sans lire le reste vraisemblablement (ce qui n'est pas une accusation mais un constat) ; qu'il s'insère dans un tout ; que je ne passe pas ma vie à parler de l'inconfort des toilettes de scpo ; que je ne considère pas qu'il s'agisse du centre du monde ; qu'il s'agit donc bien d'un détail de l'histoire.

Considérant que lorsque j'écris ici, c'est pour me faire plaisir et non pour faire une dissertation ; que je me contrefous donc ouvertement dans ce cadre des conventions de "la nuance et la contrepartie", ce que je tente bien suffisamment de faire le reste du temps ; que cette insouciance vaut d'autant plus qu'il s'agissait d'un pur billet d'humeur à valeur non-informative (j'en reviens à l'ironie du chapeau).

Considérant que j'ai répondu à l'enquête sur les jeunes diplômés de Sciences Po que j'étais "pleinement satisfaite" de l'enseignement qui m'y a été délivré ; que je fais du prosélytisme et du soutien actif auprès des jeunes souhaitant tenter le concours dans mon entourage ; que parler des toilettes de Sciences Po ne saurait en aucun cas décourager ceux qui sont véritablement motivés pour présenter le concours en septembre.

Je laisse le Conseil libre de décider des conclusions.

Mademoiselle Coco a dit…

A propos, plusoumoinsoutré, regarde un tout petit peu plus haut, dans les commentaires. Tu verras que je n'ai pas tant attendu que ça pour reconnaître les mérites de Sciences Po... Les commentaires aussi font partie du billet !

pax sciencus politicas a dit…

S’il te plaît, avant toute chose, essaie de lire jusqu’au bout ce post (j’en ai fait de même pour toi, et la fameuse « perspective d'ouverture d'esprit et de liberté de parole entière » dont tu te réclames s’est ostensiblement éloignée dans ton discours. Ah j’avoue (mea culpa) que je me suis emporté sur le premier article que j’ai lu de ton blog (je n’avais pas remarqué que c’était un blog en fait). Mais hier je suis allé beaucoup plus loin. Figure-toi que j’ai lu l’article empreint de suffisance intitulé ‘je suis un bloggeur influent’. Sûrement du second degré, que je sais déceler à présent grâce à ton précieux enseignement. Bon, passons. Tout d’abord je dois dire que je me sens flatté de cette dénomination : le « troll », effectivement c’est « drôle » (je me demande à ce propos d’où pourrait venir l’accent transformant « troll » et « drôle » en rimes, certainement pas l’accent parisien en tout cas), mais c’est tout autant « frivole » - dans le même style. Tu m’as trouvé énervé ? C’est avoir décidément mal entendu mes propos. Ton égocentrisme a visiblement pris le dessus, et la moindre critique à l’égard des « sciences potistes » comme tu les appelles te revenait de plein droit, selon toi. Or tu t’es ouvertement méprise. Je voulais seulement mettre en exergue le caractère parfois superficiel qui entoure les éléments de sciences po. Et toi, au lieu de prendre cela à la légère, tu fonces droit dans le panneau, et te justifie sur des choses qui ne te concernent pas nécessairement. Pour tout te dire, cet article me réjouissait en ce qu’il n’était apparemment pas le fruit d’une étudiante de sciences po imbue d’elle-même, ayant gardé son sens critique, et donc pas encore atteinte du « syndrome sciences po » (hypertrophie psychique aiguë supérieure aux autres, qui se mute en tétrapilosectomie). Saute d’humeur, certes. N’escomptes-tu pas qu’il aurait pu en être de même pour ma part, et que mince, zut, flûte, il y aurait entre mes lignes un troisième degré ?…

Je suis content que tu écrives pour le plaisir (je suis sincère), et encore plus que tu ne réalises pas à longueur de journée des dissertations. Par contre je ne peux m’empêcher de répondre à une personne –je le répète- si suffisante et le mieux est encore de te citer, afin de pouvoir après mieux te commenter : « Et puis voir cet aspirant sciences-potiste, qui n'est qu'esprit et a oublié toute contrainte corporelle dans une posture intellectuelle engagée très romantico-exaltée Ariane-Deumienne dont on n'est capable qu'en attendant les résultats du bac après avoir bouffé 8 heures de philosophie fumiste par semaine, mettre tant de coeur à défendre l'école qu'il n'intégrera peut-être jamais, je trouve ça beau et touchant à la fois. J'en ai presque la larme à l'oeil. »
1) On a vu les limites du système cartésien et kantien, trop théoriques et abstraits, mais je rappelle à tout hasard les insuffisances tout aussi avérées des matérialistes et positivistes. Depuis, on a trouvé un intermédiaire entre le corps et l’esprit platoniciens. Je croyais que le manichéisme était plat et obsolète.
2) Sur la supputation d’une attente de résultats du bac : en supposant que je sois effectivement dans ce cas (ce qui est loin d’être vrai, tant du point de vue du bac que de la soi-disant frénésie idéaliste avec laquelle j’aspirerais à ces études) On est libre d’imaginer la situation de la personne se trouvant de l’autre côté de l’écran, mais pas de le rabaisser aussi vilement, or tu places d’emblée ton interlocuteur en situation d’infériorité, et donc tu te places dans une posture de supériorité. Le pire dans tout ça, c’est que tu sembles insinuer que le niveau et type d’études définissent la personnalité, a fortiori l’intelligence. Dommage que tu ne sois pas allée jusqu’au bout de mon second post, vraiment.
3) L’emphase : tant de cœur à défendre sciences po…cite-moi s’il te plaît, il faut que je sache. D’autant que tu n’avais alors lu seulement que ma première réponse brève
4) Je serais curieux de voir avec quelle verve tu obèrerais un visiteur étant par exemple en seconde, mais qui tiendrait un discours bien au-dessus de sa classe…

Ce serait jouer sur les mots, mais permets-moi de te dire que mon pseudo était « moins outré » et non « plus ou moins outré ». L’heure du post pardonne, c’est vrai. Cependant que tu aurais tout de même pu prendre un peu de temps pour lire intégralement mon commentaire. C’est un peu ça la suffisance : inutile d’écouter (ici lire en l’occurrence) jusqu’au bout, j’ai raison de toute façon.

J’attendais justement avec impatience ta réponse, pour voir ta réaction. C’était quitte ou double : soit tu rentrais dans mon jeu ou comme tu l’as fait, tu te détachais de ce que j’avais écrit, ce dans l’indifférence la plus totale car te considérant au-dessus (ou par paresse intellectuelle) ; soit tu reconnaissais certaines nuances à apporter (qui ne sont pas l’exclusivité des dissertations, je pourrai facilement t’en donner l’exemple, et l’actualité quotidienne en est l’illustration même), au lieu de foncer tête baissée dans un dialogue de sourds. Cela me fait réellement rire que cela soit la même personne qui voulait m’apprendre ce qu’étaient humour et ironie !

Sans rancune donc. Et je ne vais pas pourrir ton blog, uniquement parce que nous parlons de la même chose, sommes globalement d’accord à propos de l’école en question (même sur l’ordi et les chiottes), et que tous deux nous sommes laissés emportés dans un plaisant jeu de verbiage planant dans les hautes sphères intellectuelles…le problème est que justement, c’était un jeu.

Vu que tu as incontestablement un statut supérieur au moins du point de vue de ce site, n’étant pour ma part qu’un modeste visiteur et non son géniteur, je te laisse ainsi –sans arrière pensée aucune – conclure honnêtement, comme bon te sembleras ! Aux autres usagers et visiteurs du blog d’en juger : je me tais. [le troll retourne se terrer dans son antre] Car je suis fair-play.

Mademoiselle Coco a dit…

Pax > je vais tenter de répondre point par point (mais plutôt rapidement, si tu le permets).

Sur le post "bloggeur influent" : je l'ai écrit juste après avoir lu ton premier commentaire, qui m'avait fait réellement sourire et non mise hors de moi. Je ne l'aurais pas écrit après ta réponse. Mais je ne l'effacerai pas, par honnêteté intellectuelle (même si tu peux douter de mes réelles intentions).

Troll et drôle : pourquoi parler de rime alors qu'une belle allitération en r et l suffit ?

Sur le fait que je fonce tête baissée : effectivement, j'ai plus vu dans ton premier commentaire un critique de ce que j'écris qu'une communauté d'opinion sur Sciences Po. Donc j'ai foncé, d'autant plus que j'apprécie énormément ce que j'ai également pris pour une joute verbale sans grandes conséquences. Je tâcherai de voir le troisième degré si prochaine fois il y a. Il n'en reste pas moins que je fonce en effet tête baissée dans ce genre de petit jeu. J'essaierai également de prendre plus de recul avant de répondre.

En ce qui concerne ma prétendue supériorité par rapport aux bacheliers : tout ce que j'ai pu écrire était lié au fait que, d'après mon mouchard de blog, tu étais arrivé chez moi en cherchant des conseils pour rentrer à Sciences Po, ce qui est très fréquent. Or chaque fois, je ne peux pas m'empêcher de repenser à moi-même lorsque j'étais dans la même situation, avec un regard un peu cruel : je vois quelqu'un qui se fait une montagne de pas grand-chose, et qui en oublie l'essentiel. J'imagine ces visiteurs dans le même état que moi il y a 6 ans, c'est-à-dire à chercher des "trucs" presque magiques partout, et à en oublier d'apprendre mes cours d'histoire. Si mon ton est condescendant, c'est que je porte un regard assez cruel sur moi-même au même âge. Mais c'est certainement encore un signe de supériorité et d'égocentrisme d'imaginer que les autres vivent cela de la même façon que moi.

Sur ton 2) : si, bien sûr, j'ai lu ton post jusqu'à la fin, je ne vois pas ce qui te laisse supposer le contraire. Sur la supputation de ta situation scolaire, cf. supra. Navrée que mon mouchard (i.e. le truc qui m'indique qui arrive chez moi et comment) ait défailli et m'ait induite en erreur.

Sur ton 3) : l'emphase et le coeur mis à défendre Sciences Po, je le vois dans l'ensemble de ton premier commentaire. En particulier lorsque tu parles d'"une des plus prestigieuses écoles françaises". D'autant que le prestige ne signifie pas nécessairement l'excellence.

Le "plus ou moins outré" : le "plus" se rapportait à ton premier commentaire, le "moins" à ton second. Et je répète que j'ai lu ton commentaire jusqu'au bout.

Pour le reste, sache que je l'avais vu également comme un jeu, un peu exalté sans doute, mais un jeu malgré tout. Les "vrais" trolls, inintéressants, je les vire sans prendre la peine de leur répondre. Si je l'ai fait avec toi, c'est que cela m'a intéressée et amusée. Sans rancune donc, en effet.

leah a dit…

si sa te saoule t'a cas arreter il y en a qui turer pr etre a ta place ...

febowill a dit…

Great post! I wish you could follow up on this topic!

clomid

Anonyme a dit…

J'avoue que je suis une fille et que je passe mon temps à faire pipi :p et que je te comprends parfaitement pour cette raison mais SciencesPo ça a l'air génial et je suis très contente de faire partie des 1A de la rentrée 2011 !