16 décembre 2005

JUHUUUUUUUUUU (youpi, en VO)

Ca y est, pour de vrai, j'ai à nouveau internet A LA MAISON !! En théorie, ça veut dire que je vais essayer d'écrire un peu plus qu'une fois par mois... Car le Auswärtiges Amt est certes équipé d'internet (les Allemands sont des gens aussi modernes que prévoyants), mais pour des raisons que j'ignore (mais que je suppose liées au fait que les diplomates allemands sont aussi prévoyants que parano), le simple fait de taper l'adresse internet de blogger fait systematiquement planter mon ordinateur. Mais cet âge de pierre est derrière moi ! Vive l' accès libre à blogger !

Le problème, c'est que maintenant, je n'ai ni la capacité ni l'envie de faire un résumé de tout ce que j'ai vécu depuis ce paquet de semaines. J'ai fait des tas de choses, j'ai vu des tas de films, j'ai été dans des tas de cafés, j'ai flâné sur tous les marchés de Noël de la ville, j'ai rencontré plein de gens, je n'ai pas vu le temps passer. Donc en très gros, JE VAIS BIEN !!!

Mon stage me plaît vraiment vraiment vraiment beaucoup :

- maintenant que je me suis vraiment complètement faite à mon environnement de travail prussien jusqu'aux boutons de manchette. Mes collègues se lâchent complètement : non seulement ils se sont mis à me sourire de façon régulière et répétée, mais ils commencent aussi presque à rire. Il y en a même un avec qui je passe régulièrement de (pas trop quand même) longues pauses où on essaie toutes les sortes de café du Coffee House en bas du Ministère en parlant de tas de choses passionantes. Une relation normale quoi...

- maintenant que mon projet est définitivement officiellement politiquement lancé. Beaucoup de boulot en perspective donc, mais tres satisfaisant. J'en saurai encore plus mercredi prochain, après mon Zwischenevaluierungsgespräch. Le truc bien, c'est que juste après, je pars 10 jours en vacances, histoire d'oublier toutes les choses désagréables que je vais peut-être avoir à entendre ! So werden Probleme gelöst ! Selon le principe de mon ancien coloc de Vienne, il n'y a pas de problème, il n'y a que de mauvaises décisions et de mauvaises solutions.

- maintenant que j'ai rencontré des gens vraiment bien, qui ne sont pas juste des "Mitpraktikanten" qui passent rapidement dans la vie des autres, au rythme du turn over permanent des stagiaires, et avec qui on ne partage pas grand chose de plus que quelques déjeuners. Non, les gens que j'ai rencontrés sont des gens de valeurs, que j'aimerais vraiment garder autour de moi dans ma vie normale, même au-delà de mes quelques mois de stage. Non non, je ne tombe pas dans le mélo "on est tous amis à la vie à la mort" et "ici j'ai vraiment trouvé une deuxième famille" qui est réservé aux participants des émissions de téléréalité. Je ne parle pas des dizaines de stagiaires qui sont juste dans les mêmes bureaux que moi toute la journée. Je parle des quelques personnes avec qui je passe aussi mes soirées très souvent, des morceaux de week end souvent. Il y a Anne, qui est "so toll" que c'est difficilement descriptible. Il y a Jonas pour qui a été inventée l'expression "il ne faut pas se fier aux apparences" et qui me fait mourir de rire. Il y a aussi Elisa, qui m'appelle pour que je ne la laisse pas boire seule dans ses cocktails dédiés à l'harmonie des relations transatlantiques et avec qui je refais le monde encore un peu plus chancelant qu'il n'était après quelques verres de Sekt. Il y a Sebastian, le philosophe humble dont la culture me fait sentir à la fois minuscule et curieuse de tout. Il y a Cobi, étrange mélange de Berlinoise et Viennoise convaincue dans les deux cas, un shot de bonne humeur à chaque sourire. Bon, ça fait un peu déclaration d'amour publique, mais on ne rit pas. Ce sont des gens qui sont véritablement devenus importants pour moi ces dernières semaines.

Dans un autre genre, il y a aussi mon presque boyfriend américain Paul, avec je me sens tellement à l'aise que je m'étonne moi-même. Meme si on sait tout les deux que c'est pour rire, il réussit malgré tout à me fait me sentir exceptionnelle (au moins à ses yeux) quand il me dit "Sophie, just say a word, and I'm yours, your life will be like this Wham christmas song". J'imagine mal ma vie ressemblant à une chanson gay des années 80, mais bon, tant mieux en fait, parce que juste après, généralement, il me demande pour la 39634ème fois s'il devrait se marier ou pas (pas avec moi, avec sa girlfriend, la vraie, bien sûr). Rien de sérieux donc. Bref, ça me fait du bien sans me prendre la tête, c'est du tout bon, aussi bizarre que ça puisse paraître.



En dehors de mon stage, les soirées restent tout aussi animées malgré la bise hivernale. Je n'ai bien évidemment pas encore eu le temps une seule fois d'ouvrir un bouquin d'économie ou de droit public. Je suis en pleine phase de réflexion sur mon avenir (grand sujet). Et j'imagine chaque jour mille et un stratagèmes pour rester à Berlin, et ce n'est pas mon séjour à Paris (malgré ma merveilleuse soirée au Mondrian, merci aux fidèles !) au mois de novembre qui m'a réellement donné envie de rentrer.

J'ai l'impression que ma vie ici (en particulier, avec un petit v) est exactement ce que j'attends de ma Vie (en général, avec un grand V) et que je n'aurai que difficilement la possibilité de vivre aussi bien à Paris. Et je sais qu'une fois de retour à Paris, il faudra que je me replonge dans les fiches techniques et les exposés, les cours jusqu'à 21h15 et les galops le samedi. Il faudra que j'abandonne l'idée de voir des gens différents tous les soirs, de passer mon dimanche à bruncher pour quelques euros en parlant de tout et de rien, d'aller visiter un musée sur un coup de tête sans penser à ce qui m'attend comme montagne de boulot sur mon bureau. En clair, ça va être moins drôle...

Ca y est, je me laisse moi aussi emportée par la vague berlinoise, qui m'emmène toujours un peu plus loin du rivage bitumée parisien...

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