30 avril 2007

Misère (ou : Tout ça pour ça)

Bon, z'allez encore dire que je m'insurge pour pas grand-chose. Mais tant pis, il faut que je partage...

De temps en temps, pour me détendre et me faire saliver, je vais voir les pianos à vendre sur ebay. Il y a de temps en temps des instruments anciens absolument superbes. Des Pleyel début du siècle, des Gaveau, des Erard, et plein d'autres encore. Très souvent, les prix sont plus que raisonnables, puisque les vendeurs cherchent en majorité à se débarasser d'un bien de famille dont ils ne savent que faire.



On peut ainsi trouver pour quelques centaines d'euro l'une des ces merveilles : un piano art nouveau ou art déco, dans de très beaux bois non vernis, avec un panneau "soleil" et des courbes tout en douceur. Souvent peu entretenus, ces pianos ont besoin d'une révision après achat, mais le plaisir de jouer sur un Erard des années 20... Enfin bref, je m'égare, car le but de ce billet est une fois de plus de râler. Ou plutôt, de m'offusquer.

Parfois, les Pleyel sont vendus à des prix défiant réellement toute concurrence. Pour quelques dizaines d'euro. Je me penche sur ces cas, par curiosité. Et ce que je lis me tord le coeur. "Véritable Pleyel ancien" (jusque là, ça va) "magnifique meuble de décoration" (oui enfin... pas que) "entièrement vidé" (quelle drôle d'idée ! Ont-ils remplacé le mécanisme pour éviter le décalage d'1/2 ton ? Ce serait étrange...) "pour faire un bar". Et là, je m'étouffe. Il y a des gens qui réussissent à dormir après avoir vidé un Pleyel pour en faire une station d'accueil pour bouteilles d'alcool...

Ceci est un cas extrême, mais rencontré plusieurs fois. Plus fréquemment, il n'est fait absolument aucune mention des qualités musicales de l'instrument, du nombre d'octaves, de pédales. Il est simplement dit que c'est "un bel objet de décoration". Je n'aurais vraiment jamais pensé acheter un piano simplement pour décorer un pièce...

Quel est le but recherché ? Animer un salon un peu terne ? Remplir une pièce trop vaste ? Réchauffer une atmosphère ? Ou tout simplement faire croire à ses visiteurs qu'on maîtrise l'objet dans une tentative pitoyable d'impression sociale ?

2 commentaires:

Pascal a dit…

Je ne sais pas si ce sont de bonnes affaires. Même si tu ne payes ce genre de piano que quelques dizaines d'euros, le prix de la restauration risque de dépasser le prix d'un piano neuf ! Au minimum, il faut changer les cordes et les marteaux, au mieux il faut en plus réajuster toute la mécanique. J'ai déjà vu faire mon luthier favori et ses factures atteignent des milliers d'euros...

Sinon, j'approuve pour le reste. Vider un Pleyel ou un Evrard pour en faire un meuble, non mais faut vraiment être cuistre, j'te jure...

Mademoiselle Coco a dit…

En effet, cet aspect est capital !!! D'où l'intérêt de ne se pencher que sur les instruments dont les propriétaires précisent qu'ils sont "jouables", vantant leurs mérites musicaux et techniques, et non pas leur simple fonction décorative. Et ne jamais acheter sans avoir essayé auparavant.

Parce que tu as tout à fait raison Pascal, les fameuses "trois touches ébréchées et un marteau à remplacer" peuvent s'avérer ruineux... Mais peut-on vraiment comparer le prix d'un Gaveau art déco et d'un Yamaha neuf ? Ne serait-ce que pour l'apport décoratif, il n'y a pas de comparaison possible ;-)