04 mars 2007

Déformation technologique

Même si la technologie, parfois, c'est nul, ben des fois, c'est bien aussi. C'est nul quand, comme chez moi hier soir, votre ordinateur chéri décide de faire sa mauvaise tête et de ne plus s'allumer, sans aucune raison valable. Or, pour un préparationnaire qui prend TOUS ses cours sur ordinateur, il n'y a guère que le poignet cassé la veille de l'épreuve qui soit pire qu'une défaillance informatique.

Mais parfois, la technologie, c'est drôlement pratique. Et je rêve de pouvoir faire la même chose dans la vraie vie que dans la vie numérique. Par exemple, qui n'a jamais voulu faire "pomme Z" (pour les ringards qui n'ont pas de Mac, "ctrl Z", ou pour ceux encore plus ringards qui n'ont toujours pas compris le système des raccourcis de clavier "annuler" ou "revenir en arrière") ??? Il y a des tas de fois où je me dis "zut, allez, pomme Z". Ah ben non, ça ne marche pas. Et mon huile pré-shampoing haute hydratation reste désespérément sur mes cheveux lorsque sonne à ma porte un ami passé à l'improviste. Ou mon SMS compromettant part au mauvais destinataire contre vents et marées. Ah, tous ces moments où on aimerait pouvoir faire "annuler" sans aucune conséquence.

Mais ces situations restent, heureusement, rares. Celles dans lesquelles j'aimerais faire "pomme F" sont en revanche beaucoup plus nombreuses. "Pomme F", c'est chercher. C'est très pratique : on entre un mot, on fait entrée, et on le trouve. Bien évidemment, j'aimerais pouvoir faire "pomme F" pour les notes sur dossier, quand je suis certaine d'avoir vu une allusion à tel décret mais impossible de retrouver où. En général, en me rendant compte que c'est impossible, je soupire d'agacement, tout en reconnaissant que depuis qu'ils se sont habitués au "pomme F", mes neurones ont sacrément ramolli.

Je regrette encore plus mon "pomme F" quand je cherche un objet. Au choix : mes clefs juste avant de partir (alors que je suis en retard), ma pince à épiler (alors qu'un indésirable me nargue), mon portable (alors qu'il sonne). En ce moment, c'est un carton de livres que je cherche. Un de ces innombrables cartons de livres déménagés de Nancy il y a plus de 3 ans, mais un que je n'ai jamais déballé chez mes parents par manque de place, et que je n'ai pas emporté avec moi dans mes autres déménagements par manque de nécessité absolue. C'est en tout cas ce que sa disparition me laisse présumer. Maintenant que je m'installe pour de bon (j'aime en tous cas à le croire), j'aimerais retrouver tous mes livres. J'ai vidé la bibliothèque dans ma chambre de petite fille, et il me manque toujours certains exemplaires. Un Beigbeder, des Cohen, des Duras, un Bukowski, un Kourouma, des ... Or le carton est introuvable.

Je serais traumatisée de l'avoir égaré quelque part dans le déménagement. C'est incroyable le nombre de choses que l'on perd dans les déménagements, alors qu'il ne s'agit que de transporter tout d'un point à un autre. Mais il en manque toujours une partie à l'appel. Piqué sur le trottoir ? Abandonné dans la cage d'escalier ? Toujours est-il que je suis légèrement fétichiste du livre, à ma façon : je déteste lire un livre qui n'est pas à moi, que je ne puisse pas triturer, retourner, casser, je déteste ne pas avoir mes livres sous la main, même s'ils ne me servent à rien. Pas seulement parce que du coup, ma nouvelle bibliothèque a l'air bien vide, mais surtout parce qu'ils sont une petite partie de moi, qu'ils m'ont formée et qu'ils appartiennent donc à mon salon autant que des photos ou des cartes d'amis.

Malgré cette disparition qu'un petit "pomme Z" réparerait si vite, je suis contente. Grâce à mon modèle psychique légèrement déviant, il m'en faut peu pour être heureuse : j'ai rangé tous mes livres par collection, puis, au sein de chaque collection, par ordre alphabétique d'auteur. J'ai également rangé mes CD par ordre alphabétique de compositeurs, en mettant la musique classique à gauche et la moins classique à droite. Mais il va falloir que j'arrête les frais, les deux côtés se rejoignent presque. Et pour ceux qui se ferait du souci à propos de ma psychorigidité : la réunion ne se fait absolument pas au milieu, et je ne trouve pas ça grave. Je ne suis donc que très moyennement atteinte. Mais quand même, ma bibliohtèque toute rangée, qu'est-ce-que c'est beau...

4 commentaires:

Mélina LOUPIA a dit…

J'ai un Beigbeder ou deux si ça peut apaiser la crise...
Pour le reste, je suis une ringuarde, mon petit PC a plein de touches magiques qui minilisent ma vigilance. Un peu comme quand il me faut écrire en vrai, avec un vrai Bic et sur un vrai cahier, ça devient une petite torture.
Alors que faire?
Se laisser prendre par le tourbillon ou aller à contre-courant?
(J'ai pris ta note à l'envers...)
Bizettes

Mademoiselle Coco a dit…

Merci pour la proposition, mais ce ne sont pas des livres à lire que je cherche, mais les miens, déjà lus à ma façon ;-)

Je vais retourner la cave lors de mon prochain séjour chez mes parents...

Sven a dit…

Je partage ton envie de pouvoir faire "pomme Z" dans la vraie vie!

D'ailleurs, quand je passais de tres longues heures au travail il y a 2 ans, je me rappelle d'un soir ou j'avais verse du jus d'orange a cote et j'etais convaincu de pouvoir faire "undo" tout simplement.

Mademoiselle Coco a dit…

Voilà Sven, c'est exactement ça : "tout simplement"...