31 mai 2007

If I were a doctor...

J'aurais vraiment beaucoup aimé être médecin. Je crois que ça aurait parfaitement satisfait mon besoin impérieux et permanent de me sentir utile. En réalité, je voulais être sage-femme (après avoir voulu être prof de français). Mais en 4ème, mon prof de biologie m'a dit que "avec mes capacités", c'était dommage de ne pas être médecin (ben oui, mais je fais quoi si mon truc c'est d'être sage-femme ? C'est déshonorant ou quoi ??). Or pour faire médecine, il fallait faire S, et moi, j'étais littéreraire. Avec ces différents éléments, j'ai choisi d'opter à nouveau pour le professorat. Finalement abandonné un peu plus tard, suite à ma rencontre avec un prof de français et de latin normalien complètement asocial.

C'est dingue l'influence que mes profs ont pu avoir sur moi et sur mes choix d'orientation. Parce qu'après avoir abandonné l'idée de triturer la virgule pendant des heures, au risque de devenir socialement aussi inadaptée que mon prof de français de 2nde (25 ans, et déjà une lavallière), je me suis dit qu'être prof d'allemand, ça devait être très bien aussi. Mais lorsque j'en ai parlé à ma prof d'allemand, je suis redescendue sur terre. "Jamais vous ne pourrez réussir Normale Sup", m'a-t-elle assené, avec son accent des plus germaniques. La preuve : MÊME son fils parfaitement bilingue car franco-allemand n'avait pas réussi. Si ça ce n'était pas de la preuve irréfutable...

A l'époque, je l'ai crue naïvement. Aujourd'hui, j'aimerais aller lui expliquer qu'il ne suffit pas de connaître sa grammaire allemande par coeur pour entrer à Normale. Et que prévenir un élève qu'une voie est difficile n'est pas la même chose que de le décourager définitivement (et sans fondement). J'aurais peut-être (sans doute) raté Normale. Je n'aurais jamais découvert les joies des Finances publiques (snif snif snif). Mais elle n'avait pas le droit de me dire que "jamais" je n'aurai le concours. Rien que pour ça, avec le recul, je la déteste et me demande quel plaisir sadique elle a pu prendre en me sortant son jugement définitif et tranchant. Voulait-elle venger l'injustice criante de son fils ? "Puisque lui n'a pas été pris, plus personne ne pourra faire Normale"...

Bref, je ne regrette rien non rien de rien, et revenons-en à nos médecins. Si j'avais été médecin, il y a deux choses que j'aurais adorées. Enfin, je présume que les médecins le font, puisque dans Grey's Anatomy, ils le font :
- devoir enfourcher un patient pour lui faire un massage cardiaque alors que des petits internes bodybuildés poussent le charriot. On doit un peu se sentir comme sur une piste de luge d'été, ça doit être merveilleux au niveau sensations.
- mettre la main dans un gant en latex talqué et étiré par les soins d'une gentille infirmière, l'entendre claquer, puis le retirer d'un geste las mais soulagé à la fin d'une opération très longue et très compliquée. Le bonheur.

Le seul problème, c'est que mon seuil de tolérance au dégueu-dégueu est très très très bas. Rien que de penser à un morceau de doigt qui pendouille dans le vide après avoir rencontré un taille-haie me fait frémir. Ce n'est pas tant la vue du sang que l'empathie qui me pose problème : dès que j'entends parler d'un vague bobo, j'imagine très bien la douleur, le ressenti du pauvre mec coupé en deux (même si le deuxième morceau est beaucoup beaucoup beaucoup plus petit que le morceau principal). J'en ai l'estomac qui fait un salto arrière avant de se tordre en deux. Il paraît qu'on s'habitue, mais bon, passer mes 3 premières années d'études à aller vomir 3 fois par cours, non merci...

J'ai une amie qui est infirmière. Et qui n'aime QUE les urgences. Parce qu'il se passe toujours quelque chose. Et que ce sont souvent les cas les plus intéressants. Je ne lui demande JAMAIS de me parler de son boulot, étant donné qu'elle est capable de s'enthousiasmer pour des choses que je préfère ne même pas vous raconter (mais lisez donc le livre de Ron). J'admire sa capacité de résistance autant que je l'envie.

Je suis en fait un peu comme un plombier qui adorerait l'idée d'aider les gens à réparer leurs fuites, mais qui serait aquaphobe. Ou d'un boulanger qui n'aimerait pas le contact avec la pâte, ce truc mou et informe. Ou d'un diplomate qui aurait le mal du pays. Finalement, je suis sans doute beaucoup plus faite pour les Finances publiques...

6 commentaires:

M a dit…

...et, manifestement, l'écriture.

Mélina LOUPIA a dit…

Et si tu es allergique au laiton?
Des bizettes, oué, je sais, tu peux taper.

Mademoiselle Coco a dit…

M > roh bah merci !

Mélina > nan, j'adorerais apprendre le letton... Comment ça c'était pas la question ? Et puis je suis pour la non-violence virtuelle sinon.

Aurélien a dit…

Le service de l'Etat, que diable! Il n'y a que ça de vrai.

Ardalia a dit…

J'ai adoré le livre de Ron! Il y a une super description de biiip qui a adhèré au biiip d'un biiiip, et ça s'est biiiip gravement alors du biiiiip s'est formé et...

Boooooh, si on ne peut plus rire! ;-)

Mademoiselle Coco a dit…

Aurélien > servir l'autre, c'est un peu servir l'Etat !

Ardalia > je vois TRES BIEN de quelle scène tu parles ;-) Exactement le genre de celles que... euh... je préfère ne pas voir en vrai. Surtout qu'il y a les odeurs en plus !