22 avril 2007

Scènes volées d'un dimanche électoral

1. Le pépé et la racaille

Dans le train, un pépé visiblement un peu perdu s'installe en face de moi. Il parle tout seul, il marmonne, il se met à chantonner, doucement, puis à tue-tête. Je suis intolérante, et ça m'a énervée. Mais en fait, ce qui m'énerve le plus est de voir qu'on est si peu de chose en vieillissant. Qu'on peut devenir un pépé un peu perdu qui chante tout seul dans un train de banlieue. Je déteste voir en face que le temps diminue les êtres à ce point. Malgré mes soucis existentiels, il chante toujours.

Arrive un "jeune de banlieue", comme il faut dire. Du genre à avoir sa fausse casquette Vuitton mise sur le côté, des énoooooooormes faux diamants aux oreilles, du bling bling autour du cou, et le pantalon de jogging remonté sur un mollet. J'avais l'impression d'être dans un vrai clip de rap, d'autant plus que j'avais le son : son lecteur MP3 crachait des morceaux de R&B dans tout le wagon, je l'ai entendu arriver avant de le voir. Je suis intolérante, ça m'a énervée. Mais ce qui m'a encore plus crispée, c'est quand il s'est assis à deux sièges de moi et qu'il a commencé à siffler et à "chanter" avec voie genre de fausset, un peu Justin Timberlake castré vous voyez.

Le pépé, perdu dans ses pensées, ne se rendait même pas compte qu'il chantait. Alors prendre conscience du futur Gérard La Haine de la scène rap française... De son côté, le jeune musicien talentueux se détruisait tellement les tympas qu'il n'entendait même pas le pépé. J'ai arrêté trois secondes d'être crispée pour sourire. Mais juste après, j'ai bien évidemment repris mon petit air pincée de la fille qui aimerait bien lire son journal tranquille, histoire de ne pas trahir ma réputation de niaiseuse hautaine. Mais maintenant, je peux dire que j'ai vécu pour de vrai l'une de ces pubs RTL "Vivre ensemble".


2. La passion politique de la jeunesse

Deux petits jeunots, sans doute pas encore le droit de vote, dans la rue : "Putainnnnn, mais tu peux pas dire ça, c'est pas possible !!" "Nan mais attends, t'as regardé le score ou quoi ? Tu débarques là !" "Arrête, moi aussi je me suis renseigné" "Bah pourquoi tu dis n'importe quoi alors ? Tu crois que les Français vont gober ça ?". Ca continue, un échange vif et animé sur la politique, comme seuls les jeunes semblent encore en avoir entre amis. Je redescends sur terre : "Mais putain, ça marche pas comme ça le foot !!!".


3. Malentendu

Je débarque du train 2 heures après les résultats électoraux. Sur le parvis, un militant me tend déjà un tract pour le 2nd tour. Un coup d'oeil rapide, et les mots "Ségolène" en haut à gauche, et "Royal" dans le slogan me sautent aux yeux. Je regarde le militant avec chaleur en lui disant que c'est bien qu'ils soient déjà là à préparer le 6 mai. "Faut bien, c'est important" qu'il me répond. Dans le bus, je jette un coup d'oeil au prospectus. Et merde, je me suis encore faite avoir par le collectif "Pas les Royal"...

1 commentaire:

Myriam a dit…

lol ces énorme ça :)
dis, chou, quand estce qu'on se voit pour me consoler de la perte de François ?