17 décembre 2006

... et facta est lux

En faisant les premières Zimtsterne de ma vie hier, j'ai pensé à un super truc qu'il fallait absolument inventer. Bon, ça existe peut-être déjà, mais je n'ai rien vu de tel alors que je flâne régulièrement au rayon idoine. Un truc tout con, mais qui rendrait la vie (domestique) beaucoup plus simple.

Alors si tu es ingénieur, ingénieux et inventeur, fais moi signe pour que toi et moi devenions riches ensemble. J'ai l'idée, mais pas la technique... Et je veux bien commercialiser dans les pays germanophones, qui devraient être les plus intéréssés.

16 décembre 2006

Le petit cadeau du samedi midi : it's Mia Time !

Mein hungriges Herz



Es ist was es ist

Hypocrisie, quand tu nous tiens...

Les relations parfois intimes entre presse et monde politique ne sont pas un fait nouveau. Après tout, le milieu professionnel est le premier lieu de rencontre des couples, d'après les sondages de la Sofres. Or puisqu'il est plutôt difficile aux hommes politiques de draguer dans l'Hémicycle, faute de cibles intéressantes, je comprends qu'ils cherchent ailleurs. Or quoi de plus tentant qu'une jeune et jolie journaliste ?

Ce qui est nouveau, c'est que cela fasse débat et pose problème. Le préjugé généralement accepté désormais est qu'une femme qui partage la vie privée d'un homme public n'a plus aucun sens critique. En somme, la mise en couple sonne le glas de sa cervelle : lobotomisée, elle est contrainte de partager celle de son aimé de façon inéluctable. Comme s'il était impossible de ne pas être systématiquement d'accord au sein d'un couple.

L'autre présupposé est que l'amour a REVELE ces femmes à la conscience politique. Pages vierges de toute conviction la veille, elles le virent, rougirent, pâlirent à sa vue et PAF, d'un coup d'un seul, elles ont trouvé la foi politique. Harry Roselmack n'ayant - à ma connaissance - aucune liaison avec Roselyne Bachelot, n'a sans doute aucun avis personnel sur la campagne présidentielle. En revanche, s'il couchait avec MAM, il est certain qu'il perdrait du jour au lendemain toute objectivité.

Après Béatrice Schönberg, c'est à présent au tour de Marie Drucker de faire les frais de cette chasses aux sorcières, qui a étrangement trouvé sa place sur le service public audiovisuel. Le nouveau magazine pour ménagères de moins de 50 ans décérébrées Bon week a jugé utile de publier des photos de cette dernière avec son ministre chéri. Au moins, le nouveau venu dans le paysage journalistique (je parle du magazine, bien entendu) aura réussi à enfin faire parler de lui autrement que pour sa médiocrité. Car soyons clairs, le message de Bon week pour recruter ses lectrices est basique : "Tu en as marre de ta vie de merde, de tes enfants mal élevés (par ta faute) qui te claquent la porte au nez et de ton mari qui ne te regardent même plus (par ta faute) ? Evade-toi avec la vie des stars !". Ils partent de loin et on comprend qu'ils aient eu besoin d'un sacré coup de pouce pour vendre quelques numéros de plus.

Que ce magazine ait pris la décision "d'éclairer le débat public" et "d'informer la société" avec sa révélation est facilement compréhensible du point de vue financier. Ce qui l'est moins est leur hypocrisie flagrante quant aux conséquences anticipées de leur geste. S'ils ont fait tout ça, c'est uniquement pour rendre à Marie Drucker la vie plus facile, pour qu'elle arrête de se cacher, pour qu'elle puisse enfin être heureuse au grand jour ! Et bien évidemment, personnne n'a voulu la mettre dans l'embarras, loin d'eux cette idée. Il suffit de lire l'éditorial de la rédactrice en chef, Nadia Le Brun, qui ne doit être étouffée ni par la bonne conscience ni par la bonne foi :

La rumeur dont bruissait le Tout-Paris politico-médiatique est avérée! [Monsieur X] et la présentatrice du Soir 3, Marie Drucker, semblent filer le parfait amour. [Monsieur X] et la nièce de Michel Drucker viennent même de passer un tendre week-end à Barcelone, s'embrassant sous les yeux des passants... Cette nouvelle soulève la question des liaisons entre pouvoir et médias, dès lors qu'une journaliste connue et un membre du gouvernement tombent amoureux. Béatrice Schönberg, épouse du ministre de l'Emploi Jean-Louis Borloo, a dû mettre entre parenthèses sa carrière de présentatrice du J.T. pendant toute la campagne présidentielle, au prétexte que sa vie privée pourrait nuire à son objectivité journalistique. Avant elle, Anne Sinclair avait démissionné de 7 sur 7. Marie devra-t-elle aussi laisser son fauteuil du Soir 3, pour continuer à aimer librement son ministre ? Ce n'est pas ce que l'on souhaite à une femme. Encore moins à une femme amoureuse...


Mais bien sûr, on y croit à tes espoirs de Sainte-Nitouche-du-languedeputage !

Aéroport mon amour

J'aime beaucoup observer les gens. Des inconnus, dont j'imagine la vie pendant quelques instants. J'ai commencé à pratiquer ce sport intellectuel (mouais, "intellectuel" est peut-être un peu exagéré, je vous l'accorde) en prenant le train pour aller au lycée. Tous les jours, un wagon remplis d'inconnus prêts à être déchiffrés n'attendait que moi et mon imagination débordante.

Mon endroit préféré pour m'adonner à cette activité relativement inutile ? Les aéroports, qui sont des lieux fascinants pour imaginer la vie des autres. Il y a plein de gens exotiques à regarder, leur fantasmer des existences hors du commun à l'autre bout du monde, deviner d'où ils viennent et où ils vont, tenter de comprendre ce qu'ils se racontent en langue étrange.

Pour moi, la magie des aéroports, c'est aussi d'aller au duty free me mettre du parfum avant de prendre l'avion et de polluer l'environnement olfactif des mes heureux voisins. Traîner, lire les journaux, en prenant un café. Regarder le tableau des départs et me demander où j'aimerais partir. J'adore cette ambiance hors du temps, hors du monde, et l'impression d'être anonyme mais pas perdue. J'ai le sentiment, quand j'attends mon avion, de n'avoir rien que pour moi des heures volées, durant lesquelles j'ai moralement le droit de ne rien faire, au vu et au su de tout le monde.

Evidemment, mon amour pour les aéroports est inversement proportionnel à ma fréquence de fréquentation. Si jamais je devais, comme Myriam, me lever 3 jours par semaine à 4 heures du matin pour sauter dans le premier avion de la journée, passer quelques heures éreintantes dans une ville et revenir claquée le soir même, j'aimerais sans doute beaucoup moins cela. Il n'y a rien de tel que l'exceptionnel pour vous faire apprécier les choses.

13 décembre 2006

Gagne un Futur Papa les doigts dans le nez (mais essuie les avant de cliquer)

Plus ça va et plus la date de sortie de Futur Papa approche. Chic, chic, chic.

En attendant, pour les très grands impatients, les très grands radins ou les très grands fauchés, vous pouvez d'ores et déjà prier Zeus pour qu'il se mette de votre côté : 10 exemplaires de Futur Papa sont à gagner sur madmoizelle.com !

Et si je vous dis qu'en plus de ça, il vous sera personnellement dédicacé par [le nouveau stagiaire de] Fab en personne, je suis certaine que vous êtes déjà en train de remplir les petits champs obligatoires et de demander à votre mari de vous tromper pour mettre toutes les chances de votre côté, petite maline.

Je vous préviens malgré tout que si vous gagnez et pas moi, je risque d'être de mauvaise humeur. Quoi que, MOI de toute façon, je pourrai toujours me le faire dédicacer, mon exemplaire ;-)

Frayeur

On devient vite con. Je m'en suis rendu compte hier. Enfin, je m'en suis à nouveau rendu compte hier. J'ai toujours plus ou moins méprisé intellectuellement les gens qui regardent 30 millions d'amis, parlent à leur chien comme s'il était leur enfant, présentent leur chat dans les concours de beauté et vous racontent que leur lama domestique est très stressé depuis le changement d'heure. Je n'ai pas l'âme animalo-sensible. Je fais partie des méchants humanidés qui considèrent que les animaux sont là pour nous servir. Que s'ils ont des poils, c'est pour qu'on puisse avoir chaud. Et que s'ils ont de la chair, c'est pour qu'on puisse la manger. Et que s'ils ont envie qu'on les traite mieux, ils n'ont qu'à apprendre à parler pour nous le faire savoir.

A côté de ça, je murmure à l'oreille de mes chevaux (enfin non, je n'ai pas une écurie au Champ de Mars, je parle de ceux que je monte) et j'ai le sentiment qu'ils aiment drôlement ça et qu'ils comprennent presque tout. Je trouve certes que le combat pour les droits des animaux n'est pas ce qu'il y a de plus prioritaire au monde, mais que faire souffrir des animaux inutilement alors que d'autres solutions existent n'est pas normal. Et puis surtout, surtout... il y a Kierkegaard. Avant lui, il y a eu Vilnius que j'ai voulu enterrer dans les règles de l'art sous le cerisier dans le jardin de Sciences Po au lieu de le jeter bêtement dans les toilettes comme tout le monde me disait de le faire.

Mais hier, c'est à cause de Kierkegaard que je me suis sentie un peu con, virant incidieusement Mémé-à-son-caniche (car dire caniche-à-sa-mémère est un abus de langage : c'est la Mémé qui vit pour le caniche et non l'inverse). Hier, Kierkegaard n'allait pas très bien. Il nageait sur le dos ou sur le côté, il avait l'air très anxieux (voilà, là, ça commence à déraper... Nan mais vous avez déjà vu un poisson rouge de 2 neurones être anxieux vous ?). Il ne mangeait plus depuis deux jours. Je ne voyais absolument pas quoi faire pour lui, j'étais désemparée. Son eau était propre, à bonne température, il avait de quoi manger, mais ça n'allait pas.

Ce matin, il était dans le même état. Enfin, dès que j'ai allumé la lumière. Avant, il était tout calme. Une fois la lumière allumée et moi, inquiète, le regard plongé dans le sien pour essayer de comprendre ce qui lui arrivait, il recommençait à se tortiller dans tous les sens. S'il avait pu parler, il aurait sans doute hurlé de douleur. A moins qu'il ne soit bon comédien : j'éteins la lumière, il redevient normal. Je rallume, il se retortille. J'ai décidé de partir malgré tout remplir mon cerveau, sans pouvoir m'empêcher au moins une fois par heure (oui bon, ça va, je sais, j'aurais dû dire à chaque instant mais ce n'est pas le cas, j'ai une vie bien occupée moi...) de me demander s'il n'était pas précisément en train de mourir

Entre temps, je me suis renseignée, et il paraît évident qu'il a des troubles de la vessie natatoire (comment ça vous n'en avez rien à foutre de la vie de mon poisson rouge ?). C'est un problème récurrent chez les poissons japonais, donc la prochaine fois, je ne panique pas. Il faut que je lui donne des daphnies (déjà fait) ou des petits morceaux de salade, brocolis ou épinards pochés et il se remettra sans problème.

D'ailleurs, ce soir, il pète la forme. Joyeux, heureux, joueur, il remange et je suis toute contente. Pas de doute, je suis devenue baba, comme je l'étais de Vilnius. On peut prendre toutes les précautions intellectuelles que l'on veut, l'affectif règne... Bientôt, peut-être, une interview à 30 millions d'amis ?

PS / vous pouvez dire que je deviens neuneu hein, je m'en fiche... Je le sais déjà...

Histoire de filles

Aujourd'hui, plutôt que de me lamenter sur mon sort, je vous propose deux histoires de filles à aller lire chez les autres. Chez des autres qui ne manquent ni de style ni d'autodérision.

D'une part, ma keupine Myriam se prend des vents sans rien avoir demandé à personne et finit la nuit à l'hôtel avec le malotru en tout bien tout honneur.

D'autre part, Kozlika - que je ne connais pas mais qui a l'air d'avoir un tas de choses à raconter - fait tout son possible pour rester digne en toute circonstance, ce qui n'est pas toujours chose facile.

Ahlalalalala, moi je dis : on n'est pas aidée !

07 décembre 2006

Mes petites pilules roses

Depuis dix jours, je crache mes poumons à qui mieux-mieux (au passage : mais que veut dire cette expression ??!). Ce n'est pas très grave, j'ai l'habitude, ça me rappelle mon enfance, quand j'étais malade un jour sur deux. En fait, j'avais un programme bien réglé : jusqu'à mon année de CM1, j'allais à l'école lundi et mardi. Mardi soir, je commençais à être malade (parce que le lundi, on avait piscine). Mercredi, jeudi et vendredi, j'étais malade. Je retournais le samedi à l'école, histoire de récupérer les cours, les devoirs et de revoir les copines avant le week-end. Et la semaine suivante, on recommençait.

Ne pleurez pas dans les chaumières, je crois que ce rythme me convenait assez bien. De toute façon, je m'ennuyais à l'école. Quand je restais la maison avec mes angines, je buvais du lait chaud au miel dans lequel je trempais des boudoirs. J'apprenais la vie en regardant Amour, gloire et beauté emmitouflée dans des édredons. Quand je revenais à l'école, les copines me faisaient un briefing rapide de tout ce qui s'était passé en mon absence. Gertrude et Josette ont fait la paix et Marcel a même embrassé Simone sur la bouche et tout le monde s'est moqué d'eux après. Alors Simone a pleuré et Marcel a tapé Georges parce que c'est lui qui l'a dit à tout le monde. Les cours de récré, en fait, c'est exactement comme Amour, gloire et beauté, les seins refaits en moins.

En ce moment, forcément, je trouve ça moins drôle d'être malade. J'ai raté plein de cours qu'il faut que je rattrape, j'ai embêté toute une salle de théâtre par mes bruits disgracieux, j'ai passé des heures à dormir sans être plus reposée qu'avant. En somme, j'ai perdu mon temps tout en étant un nuisible social. Bingo.

Comme j'allais mieux, j'ai décidé de revenir sur les bancs des amphis. Bon, ça allait mieux, mais je n'étais pas encore sauvée complètement, ce qui m'a valu une remarque assassine d'une charmante voisine de cours. "Nan mais quand on ne peut pas s'empêcher de faire de bruit, au moins on s'abstient de venir emmerder les autres hein. Si tu peux pas t'arrêter de tousser, tu restes chez toi et tu viens pas faire chier." C'est sûr que demander comme ça, je ne pouvais que suivre son conseil...

Au cours suivant, je sors mes petites pilules roses qui devraient miraculeusement me permettre de redevenir une compagnie sonore presque agréable. La nana, qui n'avait donc pas dû être si gênée que ça, s'était remise à côté de moi. Elle me défie du regard, les yeux brillants de la griserie de la victoire, et me sort "ah bah enfin, tu te décides à faire quelque chose".

Je ne sais pas pourquoi, mais à cet instant précis, j'ai eu envie de la titiller. Je ne l'ai jamais particulièrement appréciée, sans la connaître vraiment, mais là, je me suis sentie pousser une vocation soudaine de perversité. J'ai pris mon air le plus profond, et je lui ai dit, d'un ton faussement gêné "ah ça ? Non, en fait, c'est juste que si je ne les prends pas, j'ai envie de tuer des gens", tout en lui faisant un grand sourire angélique.

Je pensais qu'elle me dirait "pauvre conne" et qu'elle se retournerait, bien décidée à me détester jusqu'à la fin de ses jours. Mais cette dinde... elle m'a crue... Elle a murmuré "Oh je suis vraiment désolée", d'un air mi-apitoyé mi-effrayé. Faut quand même en tenir une sacrée couche non ? Maintenant, je choisirai mieux les gens à qui je veux faire des blagues...

05 décembre 2006

"Es gibt doch andere Paare !"

Ca y est, je suis fichée par ma prof d'allemand comme "conservatrice potentiellement homophobe". Si elle savait qu'Amazon me fiche dans la catégorie "tellement homophile qu'elle est sans doute lesbienne"...

En pleine traduction, je teste la possibilité de traduire "parité" par Gleichstellung au lieu de Parität. Dans le texte original, il s'agissait de la parité de la France et de l'Allemagne dans la direction d'EADS (vous comprendrez qu'on a un peu dévié du sujet original).

"Oui, mais Gleichstellung" mais dit-elle en langue germanique "c'est pour un couple, entre l'homme et la femme". "Justement", je lui répond, "LA grande question du couple franco-allemand, c'est toujours de savoir qui fait l'homme et qui fait la femme !" (ouais bon, on m'excusera, il était tôt hein). Et là, elle me sort : "es gibt doch andere Paare !" d'un air mi-outré mi-coquin.

Je comprenais chaque mot de la phrase, je comprenais la phrase dans son ensemble, mais impossible de voir ce qu'elle voulait dire par là... Je la regarde, l'air interrogatif. Elle a dû prendre ça pour un air de "Heidi découvre la ville et la vie", parce qu'elle m'a répété "Ja, es gibt andere Paare !". Je ne comprends toujours pas. L'explication de texte arrive : "na, das sind aber nicht immer Männer und Frauen, oder ?". Ah bah oui bien sûr, si c'est CA qu'elle veut dire.

Mais elle m'a regardée comme si elle venait de me révéler l'existence de l'homosexualité. Et comme il est quand même difficile de vivre aujourd'hui en phase avec son époque sans être au courant de cette "chose", quelqu'un qui la découvrirait subitement à 23 ans ne pourrait être qu'un extrêmiste social-conservateur qui aurait refoulé toute conscience des pratiques sexuelles autres qu'hétérosexuelles. Je comprends que ça me rende antipathique.

Rien à voir avec tout ça, mais un peu quand même : je me demande si je ne suis pas en train de me faire draguer par une nana. On ne s'est vues que trois fois, et à chaque fois, j'ai l'impression qu'elle voit le Messie apparaître. Elle a 30 ans, elle est SUPER sympa, extrêmement chaleureuse et très tactile. J'ai eu l'impression de devenir sa meilleure amie du monde entier en 5 minutes trop chrono. Pour l'instant, c'est drôle. Peut-être qu'elle est juste par nature sympathique et que je psychotte complètement.

04 décembre 2006

Good old times

Ce soir, à la télé, il y a 4 mariages un enterrement, le type parfait de film qu'on a vu 12 fois, à 12 âges différents, donc de 12 façons différentes. Ce film a vraiment marqué ma jeunesse. Il a marqué ma découverte de l'humour anglais soft ("Scarlett, tu es aveugle, elle a l'air d'une immonde meringue") et de Hugh Grant.

D'ailleurs, à chaque fois que je revois ce film, cela me fait une occasion de plus de pleurer la jeunesse perdue de Hugh Grant. Je sais, ça arrive à tout le monde de vieillir, et dans le genre, à lui plutôt moins qu'aux autres. C'est vrai, il est plutôt bien conservé. Chaque fois, je trouve Andie McDowell aussi indémodable et aussi infroissable depuis 20 ans. Merci L'Oréal. Chaque fois, je me délecte de la froideur cynique de Kristin Scott Thomas.

Bien sûr, chaque fois, le film est un peu plus daté que la fois précédente. Les robes sont de plus en plus ridicules à mes yeux. Les lunettes géantes de Hugh sont d'une ringardise inommable. Et pourtant, le charme agit toujours. Parce que j'ai gardé ma mentalité de pauvre teenager romantique à 3 kopek ?

30 novembre 2006

What a difference a day make

Non, la différence, ce n'est pas toi. Mais je trépigne d'impatience, je n'en peux plus d'attendre, et ce pour trois raisons aussi valables les unes que les autres. Demain, je retrouve Andreas (1ère bonne raison) pour aller voir Quartett (2ème bonne raison) avec Isabelle Huppert (3ème bonne raison). Je CREVE d'envie d'aller voir cette pièce depuis une éternité. Et demain, ça va devenir réalité.

J'ai toujours adoré Isabelle Huppert, depuis que je l'ai vraiment découverte, magistrale, dans Merci pour le chocolat de Chabrol. Je l'avais déjà vue avant, mais sans lui prêter plus d'attention que cela, pauvre jeunette que j'étais. J'ai ensuite apprécié son audace quand j'ai entendu qu'elle jouerait dans l'adaptation de l'oeuvre rugueuse d'Elfriede Jelinek, La Pianiste. Elle dégage une telle force dans tous ses rôles, elle n'hésite pas à endosser les plus détestables, avec son air toujours un peu las de la vie, si hautain et si touchant à la fois. Et demain soir, dans moins de 24 heures, je vais la voir jouer devant mes yeux pour la première fois.

La mise en scène - du moins ce que j'ai pu en voir - semble faire de cette pièce une véritable oeuvre d'art. La mise en scène ne met pas seulement en valeur le texte, elle en est le véritable support, elle participe autant que lui à la valeur de l'oeuvre.


En un mot : j'ai hâte !

Let's celebrate ("We are the rennes")

Je vous avais déjà parlé de mon impatience à commencer à préparer Noël. Je me suis un peu calmée. Enfin, j'ai réussi à me calmer en commençant à préparer Noël. Comme le disait Oscar Wilde, le meilleur moyen de résister à la tentation, c'est d'y céder. J'ai déjà ma guirlande pour le sapin. Encore quelques trucs à accrocher, et je serai bonne.

Mais je ne suis pas la seule à trépigner.



Noël, les traditions, la fête des enfants, la messe de minuit... Tout ça quoi...

28 novembre 2006

Le nouveau James Bond

Certains y verront peut-être une explication flagrante à mon célibat (ben oui, c'est évident, je suis trop difficile), mais je dois dire que je suis TRES déçue par le nouveau James Bond, Daniel Craig dans la "vraie vie" (ces gens-là vivent-ils parfois dans la vraie vie ?).

Je passerai sur son visage... En dehors du fait qu'il ressemble à J. R. (les anciens lecteurs savent ce qu'il y avait ici avant et que je ne peux plus laisser aujourd'hui), ce qui n'est pas nécessairement un compliment, je suis bien consciente que "des goûts et des couleurs" etc.


Mon avis sur la question, c'est qu'il n'est quand même pas SUPER BEAU. Sur la photo - et j'avoue en toute honnêteté intellectuelle que je ne l'ai pas choisie pour rien - il a même franchement l'air d'un troll, non ?

Mais passons directement à corps.


Certain(e)s bavent déjà, je le sais. Mais pas moi. On dirait un bestiau de corrida, et je ne parle du torreador. Alors que James Bond, c'est la classe, la distinction, le raffinement, et pas une masse de muscle gonflé en salle. James est fin, élégant, élancé, délicat. Décidément, tout fout le camp. Si même James Bond devient une caricature d'Américain body-buildé et perd tout son charme discret (mais présent humhum)... où va le monde ?

Sacrée nana

Héhé, ça y est, ma revue sur Adrienne Pauly est en ligne. Bonus : je voulais vous mettre ici-même la vidéo de son clip, pour que vous fassiez découvrir à vos petites oreilles plus ou moins velues son son, mais vous l'avez déjà sur l'article. Il est bien ce Fab quand même...

En plus, j'ai eu la chance d'aller l'interviouver (retranscription en cours, ça arrive). Et j'ai eu la chance que ça se passe vachement bien. Je l'ai vue à Taratata le soir-même, et j'ai encore plus mesuré ma chance. Parce que tout simplement, quand ça la fait chier de répondre, elle ne répond pas. Enfin par monosyllabe, ce qui ne facilite pas vraiment l'entretien. Le Nagui, il avait l'air tout ballot face à elle. Et puis MOI, et ben elle a répondu à toutes mes questions et avec le sourire en plus. Je devais être bénie des Dieux ce jour-là.

En tout cas, revêche ou pas en interview, moi, j'adore son album. Alors je ne peux que vous recommander d'aller faire un tour sur l'article pour l'écouter quelques instants.

26 novembre 2006

NAN, quand même pas ?!

Pour la première fois de ma vie, un homme m'a laissé sa place dans le bus tout à l'heure. J'apprécie ce geste de savoir vivre qui se perd. N'empêche que.. pourquoi moi ? Il y avait un paquet d'autres femmes autour de nous, et je n'étais pas la plus âgée, et de loin.

Oui mais... il m'a vue, comme on le fait souvent dans le bus, sans vraiment regarder. Puis son regard s'est à nouveau posé sur moi. Enfin, sur... mon ventre. Puis une deuxième fois. Puis une troisième fois, de façon insistante. Et LA, il m'a proposé de m'asseoir à sa place.

Dès lors, plusieurs possibilités :

- j'ai une perception déformée de mon corps, je ne me rends pas compte que je suis ventripotente, limite obèse.

- il faut désormais que je m'abstienne de me nourrir lorsque je vais chez mes parents (j'en rentrais, si ça peut constituer une circonstance atténuante)

- mon nouveau manteau ne me va vraiment pas et j'aurais mieux fait de le laisser sur son portant.

Et s'il avait tout simplement besoin de lunettes ou d'un peu moins de savoir-vivre ?

25 novembre 2006

A la demande d'Olenka...

Et bah voilà, suffit de demander (je ne pensais pas que ça existerait, mais en fait si... Je vais de surprise en surprise avec Katerine !)


Alors je sais que je n'ai pas été souvent en France ces dernières années, mais j'aimerais quand même bien qu'on m'explique les épisodes que j'ai ratés...

24 novembre 2006

C'était mieux avant, ma bonne dame

Dans ma prime jeunesse (enfin plutôt dans la seconde)* dans le temps où j'écoutais Oüi Fm dès que je pouvais, Katerine était le summum de la branchitude alternative. Là, je viens de tomber sur lui à la Starak. On m'explique ce qui se passe ??


* Dans ma prime jeunesse, j'écoutais Fun Radio et parfois même un peu Skyrock. Jusqu'à ce que je découvre mes profondes racines de babacool-qui-aime-le-gros-rock-qui-tâche.

23 novembre 2006

Les oeuvres de Sara

Grâce à nos retrouvailles autour des lasagnes ultra-italiennes de Tina, j'ai pu retrouver sa soeur Sara, que je ne vois qu'épisodiquement mais toujours avec plaisir, depuis que Tina et moi nous sommes rencontrées sur les bancs du temple en pleine crise d'adolescence, il y a 10 ans.

Forcément, en une décennie, on change un peu. Mais en 10 ans, Sara n'a pas changé, elle a évolué plus que nous, elle s'est révélée, elle est devenue elle-même, une vraie artiste. Ecole prestigieuse, travaux impeccables, un style vraiment à elle, une patte que j'apprends petit à petit à reconnaître et que j'ai tout de suite apprécié.

Ce soir, j'ai été faire un tour sur son site, où elle présente ses oeuvres que je trouve tout simplement fascinantes. Bien évidemment, j'ai un petit (gros) faible pour la série "L'âme et la danse", parce que cette danseuse évanescente et sensuelle n'est pas n'importe qui. Et que la voir sublimée comme ça m'émeut et m'aide à apprécier encore plus le travail artistique derrière.




Bien sûr, je ne peux que vous encourager à aller voir tout ce qu'elle fait. C'est tout simplement magnifique.

J'ai la joie de vous annoncer l'arrivée dans mon foyer de...

... KIERKEGAARD ! Après une longue et douloureuse période de deuil, j'ai réussi à me remettre suffisamment du départ de Vilnius l'heureux émigré de Lituanie pour le remplacer. Pas dans mon coeur, mais dans son bocal. Enfin, en réalité, j'ai même racheté un bocal, étant donné que le précédent était aux normes lituaniennes mais certainement pas européennes.





Oui, je sais, c'est vraiment le plus beau. Mais je dois avouer que malgré son nom plus que prometteur (j'ai toujours rêvé d'avoir un danois chez moi...), je crois bien que ses capacités intellectuelles sont plus réduites que celles de Vilnius. Comme quoi, malgré tout ce que peuvent dire les parents, on compare toujours.

Afin de lui éviter la mort violente qu'a connue son prédecesseur, j'ai convaincu la Reine Mère de rester le plus loin possible de son bocal quand elle sera chez moi. Comme le dirait Sarkozator, quand la prévention ne suffit plus, seule vaut la répression. En prenant les délinquants à la source, on leur évite de devenir des serial killers de poisson rouge. J'ai le sentiment du devoir accompli, maintenant que Kierkegaard peut dormir sur ses deux nageoires.

free music

13 novembre 2006

Generation gap...

Je suis à nouveau pour quelques jours chez Papa-Maman, en attendant que des touristes canadiennes n'en puissent plus de Paris et repartent à Montréal en libérant mon appartement. Du coup, je fais de l'observation anthopologique... de mes parents. Et oui, ils arrivent encore à m'étonner.

Ce matin, alors que j'émergeais à peine au-dessus de mon bol de café au lait (note bien, admirateur anonyme : pas la peine de m'inviter à rester dormir chez toi si je n'ai pas de café au lait le lendemain matin), quand le téléphone familial a sonné. Mon père répond et revient dans la cuisine excité comme un gamin, pire que moi le jour où on m'a dit que j'irai passer une journée à Disneyland (quand j'avais 10 ans, pas avant-hier).

Le programme, c'était qu'il me déposait rapidement à la gare, moi courageuse travailleuse, et qu'après, il filait retrouver son copain Michel. Michel est sympa, mais ce n'était pas la cause de la grande excitation du matin. Non, si mon pôpa avait des étoiles dans les yeux et des fourmis dans les jambes, c'est parce qu'il allait faire un tour en... vélosolex avec son pote, qui depuis 2-3 ans a laissé tomber le conseil en entreprise pour se lancer dans la réparation de Solex. Ce qui était au départ un passe-temps de quinqua nostalgique est devenu une vrai bizness à plein temps.

Donc Papa allait monter sur un vélosolex. Or dans la mythologie familiale, Papa et les Solex, c'est toute une histoire. En 1966, avec une bourse Zelidja, il avait fait le tour de l'Allemagne du Nord au Sud, et surtout d'Ouest en Est, derrière le Mur de Berlin. Il avait fait un très beau rapport prémonitoire dans lequel il affirmait que l'assouplissement des relations entre les deux Allemagnes ainsi que les facilités accordées aux familles séparées par le Mur créeraient petit à petit une dynamique de détente qui permettrait un réglement pacifique de la question interallemande. Un truc qui avait de la gueule quoi.

Donc en 1966, il parcourait l'Allemagne en Solex. L'année d'après, il a fait les pays nordiques. L'histoire ne dit pas si c'était avec le même Solex ou non. En tout cas, normalement, le Solex, il maîtrise, même s'il n'en a pas refait depuis.

Ce matin, en tenant ma petit sacoche avec tous mes cours, je pensais à mon père en train de faire le fou en Solex avec son copain dans la forêt. Et je me suis dit que ça avait du bon de vieillir...

09 novembre 2006

Ta mère en string et Fab à la télé

Le "Ta mère en string" n'a rien à voir avec ce qui va réellement se passer, contrairement à "Fab à la télé". Si j'ai dit "ta mère en string", c'est uniquement pour attirer un peu plus de pervers sur mon blog (le "bordel de cul" a déjà beaucoup http://beta.blogger.com/img/gl.link.gif et les fétichistes du pied et des sandales sont toujours aux abonnés présents) et parce que j'adore cette expression, que j'ai malheureusement trop rarement l'occasion d'utiliser. J'aimerais tellement rencontrer le petit merdeux qui a lancé la mode de cette injure plus que parfaite, le "ta mère en string" qui a ensuite contaminé cour de récré après cour de récré presque toute la France. Peut-être même la Navarre.

Mais revenons-en à Fab. Demain matin, il y aura sa tête dans ma télé, à 9h, sur la Cinquième, dans les Maternelles, pour parler de Futur papa le livre. Moi j'ai hâte de voir ça, et je suis sure que vous aussi. Pour les fainéants qui travaillent et ne sont pas étudiants, ça se regarde aussi sur internet.

Bon tout ça fait un peu "je linke donc je suis", mais ça vaut vraiment le coup :-) Et bientôt je vous prouverai que je peux exister - bloggement parlant - par moi-même. Si si.

06 novembre 2006

Ron et les autres

Ron, c'est une vraie star des blogs. C'est marrant comme même dans la fausse vie il y a aussi une hiérarchie sociale qui s'installe, aussi implacable que dans la vraie vie. Comme quoi, on ne peut pas s'empêcher de classer. Le point commun entre tous les blogueurs aristocratiques ? Ils passent à la télé pour parler d'eux, donc de leur blog, donc de leur bouquin. Ils sont lus chaque jour par des milliers de gens de partout, qu'ils ne connaissent pas et qui ne les connaissent pas. On parle d'eux dans les journaux, donc encore plus de gens viennent lire leurs aventures... Donc on parle encore plus d'eux, etc.

Dans les stars de la blogosphère (celles dont j'ai déjà entendu parler), il y a :

- Loïc Le Meur. Lui, c'est celui qui donne par l'intermédiaire du blog de Vinvin d'excellents cours de Kama Sutra en chemise vichy (les cours en chemise vichy, pas le Kama Sutra) pendant le congrès de l'UMP... Malheureusement, Vinvin a, dans un élan destructeur, supprimé ce grand moment de coaching par blog interposé. En vrai, je ne vais jamais lire son blog, parce qu'il parle de tas de trucs super obscurs à mes yeux. Lui, c'est un vrai geek. Et là j'utilise un mot dont j'ignore presque le sens. A vrai dire, je connais son sens, au minimum celui que MOI je lui donne. De là à ce que ce soit réellement le sens communément accepté... Tout ça pour dire : quand il parle d'internet, il sait ce qu'il raconte. Et ça me passe largement au-dessus de la tête.

- Vinvin justement, ou plutôt Cyril. C'est avec lui que tout a commencé, même s'il ne le sait pas vraiment. C'est avec lui que j'ai pris goût aux blogs. A ceux des autres je veux dire. C'est le premier blog non-nombriliste (j'entends par là "qui peut être lu avec délectation même par des inconnus" comme... moi par exemple) et bien écrit qui me soit passé sous les yeux. C'est lui qui faisait Bonjour America mais j'en ai déjà parlé plein de fois alors maintenant j'arrête.

- Bien sûr, il y a F(ab)utur Papa dont on ne peut même plus lire le blog parce que ça va devenir un livre... Si ça c'est pas la classe... Avec ça, on peut se permettre toutes les affusions manuelles qu'on veut hein... Avec Fab, je me sens à moitié une star de la blogosphère moi aussi, puisque je le connais en vrai. Et c'est bien connu, quand tu connais une star, t'en es une à moitié aussi. Alors pour cet immense service, Fab : MERCI !

Et puis il y a Ron. Lui aussi son blog va devenir un livre, mais on peut continuer à le lire en ligne malgré tout. Ron, je l'ai découvert à la fois complètement et pas du tout par hasard (je sais, c'est difficile à comprendre, mais c'est la réalité). Malgré sa staritude incontestable, je n'avais jamais entendu parler de lui. Et un jour, j'ai installé le Post-it magique de Damdam, qui permet de savoir pourquoi et comment les zinconnus débarquent sur le blog de quelqu'un qu'ils ne connaissent pas (ben oui, ce sont des zinconnus).

J'ai installé ce petit truc vers la fin septembre. Et là, Ron l'Infirmier apparaissait régulièrement dans mes "meilleurs référents". Curieuse comme une fouine, je suis allée voir ce que ça pouvait bien être. Et là, j'ai découvert l'univers merveilleux de Ron. Je ne vous dis rien, allez voir par vous-mêmes, vous ne serez pas déçus.

J'ai essayé de comprendre le lien entre Ron et moi. J'étais certaine de ne pas le connaître (depuis que j'ai vu sa tête, je confirme) mais... OH... AH... IH... OH... le grand prêtre des blogs m'avait linkée en date du 25 septembre, quel honneur ! Mon seul regret est de ne pas avoir installé mon post-it avant pour évaluer l'impact de Ron : quelle puissance cet homme a-t-il sur la blogosphère ? Je n'ai pu mesurer que les résidus après la première semaine, qui sont déjà conséquents (non, on ne parle pas de chiffres à table... Et puis ça ferait trop rigoler les vrais stars des blogs mes petits chiffres minables).

Pourquoi je parle de Ron aujourd'hui ? Parce que je viens de lire une de ces notes dont il a le secret, qui m'a rappelé le mariage de mon cousin, dont j'ai failli ressortir mariée une demi-douzaine de fois (croyez Ron, ce n'est pas une caricature, c'est la vérité). Et puis je me suis dit que Myriam apprécierait l'histoire du Libanais. Alors quand on peut faire d'une pierre deux coups tout en répandant la bonne parole...

Comme l'Histoire se répète...

En faisant des petites recherches pour comprendre ce que Platon peut bien faire dire à Socrate sur les cordonniers dans son Protagoras (capital, si si), je viens de trouver un petit truc intéressant sur infologisme.com :

"Il n'est pas rare qu'Athènes, puissance impérialiste, impose manu militari, aux cités alliées en droit mais vassales en fait, des institutions démocratiques copiées sur les siennes."

Bizarrement, ça m'a rappelé quelque chose. Ca a fait tilt, et je ne sais même pas pourquoi... Je dois avoir l'esprit mal placé.

Aaaaaaaaaah, la démocratie athénienne si pure et si parfaite, esclavagiste et holiste, presque totalitaire, voulait donc imposer son modèle aux autres, et était pour celà contrainte à faire la guerre. Epuisée, ruinée, exsangue et inégalitaire, Athènes a fini par se faire battre par Sparte puis absorber par les Macédoniens (qui font moins les fiers aujourd'hui, mais c'est une autre histoire).

Au fait, vous saviez que la démocratie n'était pas née à Athènes mais sur l'île de Chios et qu'on l'appelait délicatement et poétiquement la "démocratie chiote". Bien sûr, les puristes me feront sans doute remarquer que l'on dit "kiote" et non "chiotte", mais dans ce cas, ma blague tombe à plat, alors merci de vous abstenir de tout commentaire. Tout ça me fait penser à une inscription régulièrement griffonnée sur les murs de latrines de Sciences Po : "Merci de laisser l'Etat dans les toilettes où vous l'avez trouvé". Au moins, ceux-là ne passeront pas l'ENA... La boucle est bouclée.

05 novembre 2006

Veggie

Hier, j'ai fait un truc extrêmement alternatif à ma petite échelle : j'ai été dîner dans un resto végétarien, entraînée par Olivia et Pierre. Je m'imaginais un menu plein de légumes, il était surtout plein de "seitan", ce substitut de viande à base de gluten de blé. Je n'ai pas vraiment été convertie, même si j'étais plutôt contente de ne pas manger de viande.

Je n'ai jamais été une véritable carnivore : côtes de boeuf et rôtis de sanglier peuvent dormir en paix à mes côtés. Mais je ne suis pas non plus franchement végétarienne : j'aime la viande qui n'a pas trop le goût de viande, le poulet, la dinde, le poisson, ces choses-là. La seule exception à cette liste plutôt cohérente est le tartare de boeuf (certains diraient "filet américain") dont je raffole. Bref, je suis quand même un peu plus carnivore que végétarienne, même si je peux me nourrir uniquement de quinoa aux légumes et de blé au pesto pendant des semaines.

Grâce à son blog, il y a déjà quelques temps, Sven m'a appris que notre corps n'était pas fait pour digérer de la viande plus d'une à deux fois par semaine. Ainsi, elle passe de 2 à 3 jours dans notre intestin (rien que ça m'a confortée dans mes pratiques alimentaires). En gros, manger de la viande tous les jours crée de sacrés embouteillages. En repensant à tout ça, j'étais très contente d'avoir été dîné dans un resto végétarien.

Les proprios sont baba-cools à souhait. A la deuxième visite, on doit avoir droit à son thème astral solaire, lunaire et martien. A la troisième, peut-être un massage relaxant du plexus. Je n'ose même pas imaginer la quatrième...

En quittant le restaurant, j'ai reluqué les magazines à disposition : un journal de petites annonces pour faire des rencontres "entre veggies", des pubs pour des cours de cuisine bio et végétarienne, un tract d'une association pour les animaux abandonnés. Un vrai pêle-mêle de clichés.

La principale conclusion de cette soirée, c'est que nous ne sommes pas sortables. Olivia a parlé avec une vive émotion du gigot dominical ("HHHHHHMMMMMMM, un BON GIGOT, ça c'est bon !!"). Heureusement, nos voisins de table visiblement plus orthodoxes que nous étaient néerlandais. Quant à moi, j'avais un blouson avec des (vrais) poils d'animal au bout de la capuche. Quand j'ai vu les tracts pour les droits des animaux, j'ai eu envie de m'enfoncer sous terre pour mon outrecuidance. Dieu merci, les végétariens sont les membres d'une secte ouverte et tolérante.

01 novembre 2006

Noël ici et ailleurs

Ce sont les vacances de la Toussaint (enfin pas pour moi, mais pour un tas de gens, si... Allez, pleurez un bon coup sur mon sort, merci de compatir) et je pense déjà à Noël.

Je pense à Noël parce qu'à Berlin et à Vienne, tout le monde y pense déjà. On commence à installer les marchés de Noël, à acheter les décorations, à cuisiner des Plätzchen en famille. Bientôt, les rues sentiront le vin chaud et les marrons chauds, on se tapera les mains l'une contre l'autre pour se réchauffer, on écoutera des chorales chanter des Adventsgesänge. Il y une ambiance inimitable, un mélange de chaleur humaine et de froid météologique, de lumières douces et de nuit tôtive (mouais, tard/tardive dont tôt/tôtive.. logique non ?).

Je ne sais pas comment décrire ce doux sentiment de tradition immuable sans prendre le ton de Jean-Pierre Pernaud parlant du petit marché rustique de Saint-Didier-des-Monts... Je ne connais pas le marché de Noël de Strasbourg, mais d'après tout ce que j'ai pu entendre à son sujet, rien à voir avec un vrai marché de Noël dans les règles de l'art, la faute à la commercialisation. Il paraît même qu'ils y vendent des jouets fabriqués en Chine... la faute à la mondialisation. Elle est partout celle-là. Mais en tous cas, un vrai marché de Noël, c'est magique. L'Avent dans son ensemble est magique dans ces pays.

Au risque de m'enfoncer dans ma Pernaudisation, la principale différence que je vois entre Noël ici et là-bas réside dans le fait que nos cousins les Germains (hinhin) donnent un vrai sens à Noël. Car ici aussi, on commence à sentir que Noël arrive : les pubs pour figurines Batman et jeux de société débiles se multiplient. Il va y avoir sous peu des dizaines de faux Pères Noël bedonnant et rougeauds hantant les rues. Les promotions sur le foie gras vont également fleurir. Je trouve qu'on a complètement perdu la magie de Noël et de son sens originel, perdu dans une frénésie d'achats compulsifs frisant l'hystérie collective... Je déteste Noël en France, je l'adore en Allemagne.

Même si pour moi l'aspect religieux est important, ce n'est même pas ça le principal. L'Avent est dans toutes les familles outre-rhin (enfin celles que je connais...), même les plus férocement athées, un véritable moment de partage en famille, l'occasion de se retrouver. L'année dernière à Berlin, la pause déjeuner de tous les lundis à partir de mi-novembre étaient dédiées aux concours de gâteau : chacun apportait les Plätzchen préparés selon une recette familiale centenaire et immuable (chaque grand-mère ayant bien évidemment LA seule et unique recette véritable, la meilleure) et il fallait tous les goûter pour décerner la palmes des meilleures Zimtsterne, Anisplätzchen, ou Vanillekipferl. Les 4 bougies de l'Adventskranz, la préparation des petits gâteaux traditionnels pendant un mois, les calendriers de l'Avent, tout ça participe à une ambiance qui me manque déjà.

En même temps, rien ne m'empêche de transplanter ces traditions au coeur de Paris, mais ce qui en fait la vraie magie est le partage, la communauté. Et puis faire à moi toute seule un marché de Noël, ça va être difficile. En revanche, je suis bien décidée à m'acheter une couronne de l'Avent avec 4 bougies (ça se trouve en France ???), à m'acheter mon premier sapin de Noël et le décorer avec des décorations choisies par moi-même, et à faire quelques fournées de Weihnachtsgebäck. Bienvenue au Sophienchristkindlmarkt !

29 octobre 2006

A Weana Hochzeit

Hier, j'étais presque à Vienne pour quelques heures. J'ai partagé avec mon amie Charlotte, ma coloc de l'époque bénie d'Erasmus, un grand moment : son mariage avec le Viennois ramené dans ses bagages en sus de son mémoire d'histoire sur les Habsbourg.

Les mariages d'amis, c'est toujours un moment inoubliable. Mais là, encore plus, étant donné que j'ai activement assisté aux prémices de leur relation, de coaching en débriefing, de rendez-vous en rapprochements. On en passé des soirées toutes les deux dans notre salon seventies à peser le pour et le contre, à décortiquer le moindre mot. L'allemand aussi à ses nuances, et je pense pouvoir raisonnablement pouvoir situer le tournant de leur histoire à notre discussion sur la signification de "Bussi" et "Busserl" qui veut dire "petit bisous" en autrichien. Je maintenais que c'était un signe positif, elle pensait que ce n'était qu'une "bise" neutre. Comme quoi, des destins individuels ne tiennent pas à grand chose...

La mariée était bien évidemment magnifique, les copines étaient glamour, le marié respirait le bonheur, les témoins ont assuré, les parents étaient fiers. Pour moi, ça a surtout été l'occasion de retrouvailles émues, façon réunion d'anciens combattants, et de me replonger dans l'ambiance de mon année à l'étranger. A cheval entre l'Autriche et la France, la soirée a vu se succéder les valses viennoises, qui ont confirmé que les locaux dansent nettement mieux que les Français, les rocks consensuels, du 100% Falco (Vienna Calling... OHEHO oh Vienna Calling), etc. Un vrai pot pourri.

Quelques courbatures en plus et quelques centimètres de pied en moins, je me dis que l'Union européenne a du bon quand même. Et qu'avoir des amis comme ça, c'est drôlement chouette.

free music


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27 octobre 2006

Brassens à la vie à la mort

Vous voulez savoir ce que je pense de Brassens ? Et ben c'est !

26 octobre 2006

Juste une mise au point

Comme les sociologues commençaient à sentir leurs volumes de vente sur les bouquins portant sur les métrosexuels baisser, ils se sont dit qu'il fallait réagir, d'autant plus que Noël approchant, leur porte-monnaie devait être réapprovisionné avant que la liste de leur progéniture n'arrive chez leur banquier. Du coup, ils nous ont pondu l'übersexuel.

Mon idée n'est pas du tout de critiquer (ou pas) cette théorie ce soir. Pour ce que j'en sais, chacun fait ce qu'il veut, tant qu'il laisse les autres tranquilles. En revanche, j'aimerais beaucoup qu'on m'explique le pourquoi du comment de la choucroute : pourquoi a-t-on d'un seul coup un terme germanique pour parler de ce phénomène de société tellement idnéniable que je ne sais pas exactement ce que c'est censé vouloir dire concrètement.

Bien évidemment, je ne suis pas contre les termes allemands. Mais celui me fait hurler de rire à chaque fois qu'il est utilisé par un journaliste. Ca permet tout de suite de faire des petites catégories comme je les aime (je sais, c'est mal de mettre les gens dans des cases mais moi, j'aime bien) :

- les béats inconscients pour commencer. Alors eux, ça s'appellerait des oversexuals, des sopra-sessuale, des over-seksueel, ou même, soyons fous, des sursexuels, ils ne se rendraient compte de rien. Un mot, c'est un mot, et basta. Ne cherchant pas à savoir d'où il sort, ils ne connaissent ni son origine ni sa signification originelle. Ca évite de se poser trop de questions, après avoir maudit l'erreur d'impression qui leur a mis deux petits points bizarres et sans intérêt au-dessus du u. Enfin du ü. Enfin on se comprend quoi. Pour eux, aucune typologie de prononciation n'est possible, c'est du grand n'importe quoi.

- les "je crois que je sais parler allemand et je veux me la péter mais en fait non". Ces journalistes croient pouvoir prononcer ce mot correctement mais ont oublié la moitié de leur allemand appris sur les bords du Neckar avec une écolo baba cool qui buvait du thé au fenouil dans les années 80. Ceux-là se rappellent bien qu'il y a un truc bizarre avec le u en allemand. Ah oui, c'est vrai faut dire "ou" et pas "u". Du coup, ils tentent le "oubeurzeksuel". La motivation y est, il y a même le "s" qui se transforme en "z". Et le "ber" en "beur". Mais ce n'est pas encore ça.

- les journalistes conscients de leurs faiblesses et consciencieux. Sachant comme Socrate qu'ils ne savaient rien, ils se sont renseignés. Et ont capté que le "ü" se dit "u", tout bêtement. En revanche, pour le reste, on repassera. Ce qui donne au final "Hubert-sexuel". Et pour connaître un certain nombre d'Hubert (surreprésentation numérique sur les bancs de Boutmy... Une véritable anomalie statistique), je vous assure qu'ils n'ont rien de sexuel, ni d'übersexuel d'ailleurs.

Je sais, je suis perfide, et la critique est facile. Alors pour qu'elle soit un peu constructive, petite leçon de prononciation. Übersexuel, ça se dit "u" comme "hululer", "beur" comme "beurre demi-sel", "zexe" comme "sexe avec un z au début", "ou" comme "oublier" et "el" comme "aileron". Ce qui donne donc u-beurre-zexe-ou-aile. Merci pour lui.

23 octobre 2006

Gegen die Wand

N'oubliez pas d'allumer vos petites télés ce soir sur Arte pour regarder ça :



et préparez-vous à recevoir une bonne claque dans la figure. Mais parfois, ça fait du bien !

Ségolène Ségolène Ségolène !

Bon, il fallait bien que je me mette à en parler à un moment ou à un autre. Alors voilà, ça y est, j'inaugure : Ségolène met les pieds dans mon blog. Oh, je ne vais pas dire grand-chose sur le sujet, étant difficilement en mesure d'apporter une quelconque pierre à l'édifice, en dehors de 2 éléments qui m'ont marquée ces derniers jours.

D'abord, il y a cette histoire du Rainbow Warrior. Marrant comme on ressort les vieilles chaussettes sales pour les laver au moment où tout le monde avait oublié qu'elles existaient. Jusqu'à il y a peu, on avait trop la flemme pour mettre une lessive en route, mais là, maintenant tout a changé, on a envie de grand ménage de printemps.

Encore plus marrant, ça alors quel hasard, TF1 diffuse ce soir un téléfilm sur le sujet. C'est dingue les coïncidences non ? Attention, je ne dis pas que TF1 a choisi de sortir ce téléfilm maintenant pour nuire à Ségo. En revanche, sans vouloir être une maniaque du complot, je me demande si cette histoire aurait tant intéressé il y a quelques semaines, avant que des citoyens bien intentionnés n'aient décidé de faire toute la lumière sur la participation du frérot dans l'opération... Moi j'dis ça, j'dis rien...

L'autre réflexion, c'est à propos de son idée (de Ségo, j'veux dire) de jurys citoyens pour juger l'action des élus. Mais ce qu'il faut lui dire, à Ségo, c'est que ça existe déjà, et que ça s'appelle le VOTE !! Et oui, le principe de la démocratie, c'est de toucher en botte les sales pourris et les incompétents. Ségo n'a rien inventé. Et j'aimerais bien savoir quelle légitimité représentative auraient ces quelques citoyens placés au-dessus des autres pour pouvoir juger à ma place d'électrice les dirigeants politiques. Donc je reste persuadée que le vote est le meilleur des tribunaux citoyens pour juger les hommes politiques. Après, que les citoyens ne le fassent pas correctement est une autre histoire.

En effet, j'ai toujours été sidérée de voir que les Français crient si facilement au scandale ("Tous pourris" étant à peu près la seule position politique partagée de tous bords. Cf l'article 60% des Français jugent les élus corrompus) tout en votant tranquillement le lendemain pour ces mêmes élus. Qui a permis à Balkany de revenir à la tête de la mairie de Levallois dès le premier tour après avoir été condamné à plusieurs reprises ? Qui a permis à Jacques Chirac de passer à travers les mailles du filet judiciaire dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris en l'élisant "aux plus hautes fonctions de l'Etat" ? Ben c'est nous, tout benêts qu'on est (quand je dis, ça ne veut pas dire vouzémoi hein, je précise). Je vais arrêter là avec mes exemples qui n'apportent pas grand chose. Mais une chose est sûre : on a les dirigeants qu'on mérite.

20 octobre 2006

J'ai envie de...

J'ai envie de tout et son contraire en ce moment.

J'ai envie de brioche grillée au nutella et de crêpes Suzette (merci Charles !!!), mais aussi d'ascèse et de légèreté. J'ai envie de séances acharnées de travail et de puissance intellectuelle décuplée, mais aussi de lecture de Biba et de matage de DVD débiles au lit. J'ai envie de solitude et de société. J'ai envie de boums déjantées et de dîners pépères. J'ai envie de minijupes et de burka (enfin non, quand même pas, mais presque).

En fait, j'ai surtout envie de fermer ce blog. A vrai dire, pas réellement le fermer, mais le protéger, le mettre sous cloche. Sans vouloir jouer à la nouvelle star des blogs (d'autres s'en chargent pour moi ;-) !! ), mon post-it express me prouve tous les jours que de plus en plus de parfaits inconnus tombent ici plus ou moins par hasard et je me sens de moins en moins libre d'écrire ce que je veux. Si vous en faites partie, ne le prenez pas mal, mais j'ai du mal à raconter la même chose à mes amis et à tout le monde.

Ce n'est pas la mauvaise influence de Vinvin, mais je me demande moi aussi ce que signifie ce blog aujourd'hui à mes yeux. J'ai commencé à y écrire un peu parce que les copains le faisait depuis longtemps, un peu pour donner de mes nouvelles depuis la Teutonie et un peu sans savoir pourquoi. Ma poignée d'amis qui connaissaient l'adresse me lisaient de temps en temps, et ça me suffisait largement. Par un phénomène surnaturel mais très normal sur internet, certains, sont tombés par hasard et sont visiblement restés, laissant même parfois des commentaires, parfois même pour le meilleur.

D'abord un peu grisée par ce succès ("WOW, 616 personnes ayant visité mon profil !!" "WOW, plus de 80 visiteurs aujourd'hui" - je sais, certains vont rire de ces scores ridiculement bas, mais bon, nous n'avons pas les mêmes valeurs...), je me sens désormais de plus en plus contrainte par ces visiteurs anonymes. Quand je découvre que des lecteurs zanonymes me côtoient parfois tous les jours sur les bancs de mon école (non M le Maudit, ne te sens pas visé), sans que je les connaisse pour autant, je me sens d'un seul coup toute nue. Et si j'aimais vraiment le naturisme, je changerais tout simplement de plage à Oléron plutôt que de blogger.

Donc j'ai voulu mettre un mot de passe, mais Blogger ne permet pas de le faire. De ce fait, je vais sans doute changer d'adresse de blog, chercher un hébergeur qui me permette de mettre un mot de passe. Pour avoir tout ça, il faudra m'écrire. Si vous n'avez pas l'adresse mail, c'est ballot, mais ça veut dire que vous ne pourrez pas lire mon prochain blog.

Comme le disent les Télétubbies depuis si longtemps : "il est temps de se dire au revoiiiiiir"...

Aime-toi toi même et Dove t'aimera

Dans la lignée de ce que fait The Bodyshop depuis des années et Dove depuis quelques mois, une petite vidéo qui ne fait de mal à personne (merci Fab !) :


Finalement, ptête bien que je pourrais être mannequin avec tout ça. Mouarf mouarf mouarf...

16 octobre 2006

Mauviette ?

Je n'y suis pas allée à ce p*** de concours à une place. Après longues hésitations, j'ai considéré que l'investissement en temps et en énergie était trop important pour un résultat plus qu'incertain. Enfin plutôt certain d'ailleurs. Le seul et unique poste offert ne m'aurait pas fait peur si je m'étais sentie prête, ce qui n'était absolument pas le cas. Du coup, aller plancher 5 heures par jour pendant 7 jours en enfilade en ayant peur de la copie blanche chaque matin m'emballait peu.

Je n'arrive toujours pas à savoir si j'ai été lâche et paresseuse ou si j'ai été raisonnable à ne pas courir plusieurs lièvres à la fois. Mon seul regret après avoir pris cette décision est d'avoir sacrifié à un concours que je ne passerai jamais une virée shopping avec Cornélia. J'espère que tu ne m'en voudras pas (trop).

Du coup, j'ai repris le chemin des cours ce matin avec mon premier corso d'italien depuis plus de 3 ans... La reprise a été un peu rude mais tout passe tellement mieux avec un vrai Romain qui a l'air de parler italien même quand il parle français. Très indulgent avec moi, il m'a assuré pouvoir me remettre à niveau avec un peu (voire plus) de travail de mon côté. Je me sens rouillée mais motivée. On verra ce que ça donnera dans 6 mois.

11 octobre 2006

Blague dans le sac

J'ai un ami que j'apprécie beaucoup. Je sais que l'apprécie vraiment beaucoup parce que j'accepte même ses défauts. L'un de ses plus gros défauts, c'est d'affectionner les expressions ringardes telles que "blague dans le sac" qu'il sort à la place de "sans rire" ou "plaisanterie à part" avec le plus grand sérieux du premier degré. Au final, c'est ce qui fait aussi son charme.

Si je vous parle des blagues dans le sac ce soir, c'est parce que j'ai aujourd'hui fait un petit stock de blagues grâce à mon tout nouveau tout pas beau prof d'économie. Du coup, ce sont des blagues d'énarques. Mais enfin, ça vous fera quand même certainement rire, puisque c'est de la blague d'énarque fanatique d'autodérision.

1. L'histoire de l'énarque et du train
La seule différence entre un train et un énarque, c'est que le train, quand il déraille, il s'arrête/

2. Le lapin et le serpent
Il était une fois un petit lapin qui jouait à colin-maillard avec un serpent. Le serpent met le foulard en premier sur ses petits yeux de serpent. Avec ses petites mains de serpent, il tâte le lapin et dit "oh, tu es tout mou, tout chaud, et tu as une petite queue, tu es un lapin !". Le lapin prend son tour de foulard, il trouve le serpent et le tripote "oh, tu es dur, froid et tu n'as pas de queue, tu es un énarque !".

3. Zut, il en a sorti plein d'autres, mais je ne me rappelle pas de tout... Mais je suis sure qu'il en aura des comme ça pendant les 10 mois à venir.

En revanche, il nous a par avance excusées (je mets "ées" à la fin parce qu'il ne s'adressait qu'aux filles) de nos éventuelles absences "en cas de rendez-vous chez le coiffeur ou la manucure". Les mecs, eux, ont le droit de rater son cours pour un rencard.

Qu'est-ce qu'on se marre en prepena...

10 octobre 2006

Anecdote à valeur générale ?

Comme dans tous transports en commun de France, de Navarre et du monde entier, la RATP réserve dans ses bus quelques places "prioritaires" à des gens qui étaient auparavant peu identifiés. Ils étaient également peu identifiables. Tant et si bien que je ne savais jamais si je devais vraiment céder ma place assise à cette dame grisonnante ou non depuis que je me suis faite insulter par une dame que je jugeais suffisamment âgée pour qu'elle ait le droit de s'asseoir et qui se jugeait trop jeune pour avoir cette faveur. En somme, ces places prioritaires étaient pour moi de vraies tortures sources d'incidents diplomatiques en puissance.

Désormais, la liste de la RATP est nettement plus claire, affichée au-dessus des places en question, avec une hiérarchie stricte entre les différentes catégories de prioritaires. Debour à ne rien faire (plein de jeunes seniors dynamiques profitaient de leur droit à l'assis-attitude), j'ai donc découvert avec intérêt la hiérarchie établie par la régie des transports parisiens.

En première place, les invalides et mutilés de guerre. En même temps, ils ne sont pas nombreux, mais de là à les mettre en première place... Les femmes enceintes arrivent en 6ème position. Innocemment, j'ai pensé tout bas qu'on en était donc là : on pense d'abord à ceux qui ont défendu la patrie - riche et noble cause si l'en est - par le passé avant de penser à celles qui assurent la nation de demain.

Bon, très honnêtement, je ne sais pas ce que ça fait d'être enceinte. Je n'en ai pas la moindre idée. Mais mon bon sens me fait dire qu'avec ça, on a bien mérité une petite place assise dans le bus. Parce que quand même, être enceinte, ça revient - au bout de quelques mois - à se trimballer perpétuellement avec 3 bouteilles de lait dans le ventre. Mine de rien, ça pèse ces petites bêtes-là.

Et avec tout ça, un mec peut se pointer avec un bout de doigt en moins et, sous prétexte qu'il l'a perdu à Verdun, à Constantine ou à Lang Son, revendiquer la place de cette dame :


Ceci n'est pas une vraie femme. Ceci est une sculpture. C'est de l'art. C'est Ron Mueck qui l'a fait et sa maman doit être très fière de lui aujourd'hui. Alors on l'applaudit bien fort.

Alors je ne sais pas, peut-être que je fais du jeunisme anti-vieux, peut-être que je fais du pacifisme anti-militaire, peut-être que je fais du féminisme radical. Ou peut-être que cette petite anecdote ratpienne montre que le principal problème de la France est dans la définition et la hiérarchisation de ses priorités.

08 octobre 2006

Bordel de cul

J'avais déjà parlé des hasards, de ceux auxquels on ne prête aucune intention, de ceux qu'on provoque, de ceux qu'on surinterprète.

Mais il y a aussi les hasards dont on se passerait bien, notamment ceux du dimanche matin, au Franprix du coin. Un enchaînement de circonstances qui vous amène à rencontrer un copain de conf COMME PAR HASARD au rayon le plus sensible du magasin. L'innocent se contente de saisir un paquet de mouchoirs tandis que ma main est sur l'étalage du dessus en train d'attraper un paquet de...


Il aurait pu faire semblant de ne pas me voir, me dire bonjour au rayon suivant, celui des yaourts par exemple. Mais non, il a fallu qu'il veuille me dire bonjour à CE moment-là. Pire, il a voulu entamer une discussion sympathique et polie. La politesse le dimanche matin avec un paquet rose de Nana dans les mains, ça relève plus du supplice que de la communication entre êtres humains.

Pour ne pas en rester là, il a voulu me présenter sa copine. Nous étions repartis pour une séance supplémentaire, j'avais tiré la queue du Mickey du small talk.

Si j'avais fait des catégories pour mon blog (ce que je ne sais lamentablement pas faire), j'aurais classé ce post dans la catégorie "hasards injustes et humiliants". Ou peut-être que je fais tout un plat de pas grand-chose...

EDIT : ça y est, j'ai créé des catégories. Mais créer une catégorie juste pour un poste, c'est naze. J'attends le prochain "hasard injuste et humiliant".

03 octobre 2006

Centrifugeuse à idées

Il y a des gens qui tombent par hasard sur mon blog en tapant dans Google "équitation + fantasme", "besace militaire", "blog pied fétichisme en sandale", "anatomie" ou encore "problématique de l'uniforme". C'est vraiment très instructif ce post-it express (oui, c'est grâce à lui que je sais ça).

Je crois que je vais me mettre un nouveau défi : caser les mots les plus impossibles histoire de voir comment j'égare les gens à la recherche de choses étranges sur le web... "piqûre de vipère dans l'oreille", "perle de chat", "chocolat vert", femme castrat", "fétichisme de l'éponge à vaisselle", "tong pour yorkshire", "église de la sainte et pure prostituée". Vous avez des idées ?

30 septembre 2006

Adieu (pour pas longtemps)

De déjeuner d'adieu en pot d'adieu en dîner d'adieu en coup de fil d'adieu, il fallait bien que ça finisse par arriver : demain, je l'accompagnerai à la gare et je lui dirai adieu pour de vrai, et surtout pour pas longtemps, je l'espère.

Demain, elle partira avec ses 37 valises contenant toute sa vie vers d'autres horizons. L'excuse officielle, c'est d'aller conquérir (commercialement, s'entend) l'Allemagne. L'excuse officieuse, c'est de me permettre d'avoir un pied-à-terre supplémentaire chez nos amis teutons. J'avais déjà une chambre d'ami à Berlin dont j'ai déjà largement abusé (et où j'envoie de grosses bises), j'en aurai désormais une à Munich.

Et pourtant, même si cette perspective de week ends pleins de neige, de Dirndl, de bière, de Würstchen, de Zwetschgenknödel, de sauna et de nuits passées à bavasser m'enchante, Paris va me paraître bien vide, malgré tous ceux qui restent.

Après un premier contact difficile entre elle et moi (pour elle), je crois que j'ai réussi à tellement bien me rattraper qu'on ne peut plus imaginer ne pas s'appeler pour se raconter scoops, joies, peines, vagues à l'âme, doutes et projets. Ensemble, on écrit, on se marre, on commente nos vis respectives, on a des débats existentiels, on se demande si faire l'otarie dans le métro est bien raisonnable, on s'encourage mutuellement.

En quelques années, elle est devenue bien plus qu'une copine de passage. Enfin, je crois (si tu laisses un commentaire pour dire que tout ça n'est que balivernes, tu vas manger des dents demain matin sur le quai de la gare de Lyon, je te préviens. Et oui, c'est ça aussi l'amitié !!).

Du coup, je bénis les compagnies low cost, les gentils opérateurs de téléphonie qui ont inventé les appels gratuits illimités vers l'étranger, l'inventeur de Skype et de la webcam. Et en même temps, je n'arrive pas à me rendre compte. Je n'y crois pas encore. Je n'arrive pas à savoir comment ça va s'organiser, ma vie ici sans elle.

A vrai dire, je l'ai bien cherché : je l'ai encouragée à partir, à saisir cette chance unique. Elle aurait sans doute pris la même décision sans moi, mais le fait est que je l'ai soutenue dans ce choix, et je suis aujourd'hui aux premières loges pour voir les conséquences de mon travail de propagande : plus de Myriam à Paris. Je n'ai que ce qu'elle mérite.

En même temps, on ne cesse de nous répéter que nous vivons dans un monde où la distance ne compte plus. On va voir ça... Et gare à ceux qui le prétendent si c'est faux.

Néanmoins : Alles gute ! Et je viendrai voir moi-même si les Munichois te traitent en princesse comme il se doit.

(k)

27 septembre 2006

... it is time to leave the Closet

Grâce à une autre cocoblogueuse que je ne connais ni d'Eve ni d'Adam, mais qui a un blog assez délirant, je viens de découvrir une star danoise, Tomboy.

Ce jeune auteur-compositeur (hinhin) qui ne donne pas vraiment dans le rock indépendant vient de sortir un single OK2BGAY qui porte bien son nom. Son site est encore plus rose que le rose que j'aime, et Tomboy évolue dans un monde magique où le superhéros Gayman fait sortir du placard les petits garçons qui aiment les petites voitures violettes et roses, où les hétéros sont indécrottablement rasoir et glauques, et où les chiens gays font des crottes roses à paillettes (qui sentent certainement le Malabar).

Une petite visite sur son site s'impose en cas de vague de pensées grises. Le monde de Ken et Barbie est incroyablement déprimant et terriblement conformiste à côté de celui de Tomboy. Il y a notamment une série de fonds d'écran du plus grand kitsch !

Ca ne fera pas forcément avancer le monde, mais Tomboy m'a fait bien rire et après tout, dire "it's okay to be gay" peut aussi faire avancer le monde. Le problème, c'est que ceux à qui ça plaira le savent déjà...

25 septembre 2006

La zoologie appliquée aux relations internationales

En direct live de mon cours de relations internationales :

"Il ne fait jamais bon se retrouver entre deux masses. Les éléphants, qu'ils se battent ou qu'ils fassent l'amour, ce n'est jamais bon pour les fourmis. Vous êtes la Pologne, coincée entre l'Allemagne et la Russie, bad news".

23 septembre 2006

Renaud et Delerm

En clin d'oeil à l'allusion de Renaud à Vincent Delerm dans sa chanson Les bobos, le label Tôt ou tard (dont mon blog est depuis longtemps un vecteur publicitaire de premier plan, personne ne sera surpris) vient de préparer quelques petits spots marrants, surtout quand on aime l'un et/ou l'autre de ces deux chanteurs :









Voilà, c'était le petit plaisir du soir à partager... et tant pis pour ceux qui n'aiment pas Vincent Delerm (et ils sont nombreux).

Régression

Pour des raisons qu'il serait ici trop long d'expliquer, je (re)vis de façon provisoire chez mes parents depuis une semaine, et ce pour encore deux jours. Ce séjour a des allures d'aller-simple vers le passé. En effet, je ne suis pas restée chez mes parents aussi longtemps depuis... bien longtemps justement. Depuis 5 ans, je pratique plutôt le retour version week end, et encore, peu souvent. De plus, c'est la première fois depuis que j'ai quitté le domicile familial à mon entrée en prépa que j'y habite en période "scolaire". Donc ma dernière expérience de ce que je suis en train de vivre actuellement date de la Terminale...

Ainsi, je m'entends parfois dire des choses qui ne sont pas sorties de ma bouche depuis mon bac. Du style "bon, je vais préparer mon sac pour demain matin". Pour moi, cette phrase est indubitablement liée à la besace militaire taguée au tipex par les copines que j'arborais lorsque je fréquentais les bancs de la 2nde 1. Après, j'ai versé dans le Eastpack noir légèrement customisé (mais par mes soins cette fois). Mais malgré le changement de sac au milieu de ma Première, tous les soirs, le problème restait le même : il fallait préparer son sac pour le lendemain. Mettre le bouquin d'histoire-géo et d'anglais, retirer celui de maths et de physique, et ne pas oublier de laisser le bouquin de philo, qui pèse toujours trop lourd pour ce qu'il contient.

Maintenant, quand je prépare mon sac, il y a peu près toujours la même chose que la veille (d'où le fait que je ne dis plus jamais "bon, je vais préparer mon sac pour demain matin" en temps normal, et que je mets cette sortie verbale récente sur le compte unique d'un geste rélfexe conditionné par mon environnement). J'y glisse parfois un sandwich ou une salade, une barre de chocolat, voire mon petit déjeuner, mais plus souvent le matin, au dernier moment, et non la veille au soir (et oui, si je suis obligée d'emporter mon petit-déjeuner, c'est que je n'ai pas eu le temps de le manger avant de partir, donc que je suis pressée, cqfd). Et je ne fourre plus tout ça dans un sac cool et customisé sans forme qui se met sur les épaules. Maintenant, je suis une grande fille avec des sacs à main qui se portent au bout du bras et qui ne sont jamais assez grands pour tout y mettre. Malgré toutes ces différences, dimanche dernier, vers 22h, j'ai dit "bon, je vais préparer mon sac pour demain matin" comme si je n'avais jamais arrêté de le dire.

Autre régression : ma maman qui me demande depuis une semaine de façon tout aussi réflexe "tu veux que je te réveille à quelle heure demain ?". Avant, elle venait, fraîche et pimpante, me tirer du lit à l'heure dite (6h30 à l'époque, je me demande encore comment je faisais). J'arrivais dans la cuisine où tout était prêt pour le petit-déjeuner : toasts qui n'avaient plus qu'à être toastés, beurre qui n'avait plus qu'à être étalé, confiture qui n'avait plus qu'à être dégustée, chocolat déjà chaud qui n'avait plus qu'à être bu. Un matin familial classique en somme (enfin, classique pour des enfants pachas comme moi).

Cette semaine, j'ai eu droit tous les soirs à la même question rituelle. La réponse variait, mais le lendemain matin, la réalité était toujours la même et m'amenait nécessairement à la même conclusion : tout fout le camp. Systématiquement, je me levais avant ma maman (donc heureusement que je ne compte plus sur elle pour venir me tirer du lit). J'arrivais ainsi la première dans la cuisine, devenue par la force des choses la seule et unique responsable matinale de mon baquet vital de café au lait. Tant que j'y suis, je prépare aussi la théière parentale, et je mets la table. Quand tout est prêt, c'est désormais moi qui viens porter la bonne parole : "le thé est prêt", de cette voix enjouée et guillerette censée accélérer la mise à la verticale des autres (mais qui en réalité énerve toujours beaucoup). En quelques années, je suis devenue la grande prêtresse du petit-déjeuner familial. Entre temps, j'ai arrêté de manger le matin, ça simplifie la tâche.

Pour avoir encore plus l'impression de rentrer dans mon ancienne vie comme on rentre dans de vieilles chaussures faites à notre pied, j'ai recommencé - plus par nécessité que par réel engouement - à prendre tous les matins et tous les soirs les trains des banlieusards qui vont travailler à Paris. J'ai très vite renoué avec mes réflexes ancestraux :
- bien se positionner sur le quai pour avoir une porte en face du nez quand le train s'arrêtera
- réussir à rentrer parmi les premiers dans le wagon sans paraître impolie (parce que bon hein quand même) ni écraser des petites mémés qui choisissent toujours les heures de pointe pour voyager
- en l'absence récurrente de place assise, s'installer tant bien que mal et abandonner toute vélléité de lecture, on se cultivera plus tard
- repérer sur le quai (dans ce cas de figure, seule la prévention a prouvé son utilité) le(s) potentiel(s) malodorant(s) pour éviter de se retrouver pendant 40 mn pile-poil (ahahahahaha, c'est le cas de le dire) sous l'aisselle se situant à l'orgine du bras s'aggripant à la poignée du haut. Si vous êtes gentils, peut-être que je vous raconterai un peu plus loin comment je me suis fait piéger par une femme enceinte au visage innocent mais à l'odeur présente mercredi dernier.
- prévoir toujours au moins 30 minutes de battement parce que la SNCF n'a pas encore que pour nous faire préférer LE train, il faudrait avant toute chose que LES TRAINS arrivent à l'heure.
- se retenir de maudire les désespérés qui trouvent nettement plus drôles de dire adieu au monde en se jetant sous un train et en paralysant par la même occasion la moitié des bienheureux travailleurs franciliens désireux de rentrer chez eux et retrouver leur famille après une journée de dur labeur.
- courir pour attraper le dernier train de 15h avant le prochain, 1h30 plus tard (Dieu que c'est pratique le métro toutes les deux minutes...)
- ne pas prévoir de lire le journal, personne n'a suffisamment d'envergure libre autour de lui pour ouvrir les bras, ni même les allonger devant lui. Heureusement, il y a de très bons bouquins de poche.

Bref, tout un tas de petits détails que j'avais oubliés en 5 ans de luxe suprême et que vivent des millions de gens tous les jours : les charmes discrets de la banlieue parisienne, le prix à payer pour habiter juste à côté de la forêt, loin de la pollution du périphérique et dans un appartement familial (voire une maison, le rêve) faisant plus de 30 m2. L'inconfort des wagons toujours trop petits, le stress obsessif de ne pas rater son train, la fatigue de se lever nettement plus tôt, la nécessité d'arriver toujours 1/2 heure trop tôt (mais le jour où le train est vraiment en retard, on n'arrive de toutes façons pas à l'heure), c'est tout ça le charme du Transilien. J'avais oublié tout ça. Cette piqûre de rappel est la bienvenue, histoire que je savoure un peu la chance que j'ai de ne pas (encore ?) être obligée de le faire tous les matins pendant 40 ans.

Ma dernière régression a été tout à fait involontaire, mais ça a été la plus forte en émotions (bon, j'exagère légèrement). Mes parents ont fait partie des 2 millions de foyers qui se sont l'année dernière équipés d'un décodeur TNT, dont je n'ai découvert les attraits que très récemment (mardi soir, vers 19h30, pour être précise). J'ai ainsi pu me rendre compte que ma maman était quelqu'un de fort original, puisqu'elle est une fan inconditionnelle de la Chaîne parlementaire, comme environ moins de 0,02% des Français. Je suis très fière d'elle. Mais ce n'est pas là que réside ma régression. Un soir, en rentrant avec les neurones en compote, j'ai allumé la télé et suis tombée, sur une chaîne TNTienne quelconque, sur... Hartley Coeur à vif. LE CHOC.

Choc esthétique pour commencer : les héros de mon adolescence, que j'admirais pour leur beauté, leur coolitude et leur look, étaient comment dire... légèrement ridicules. Le total look années 90, les cheveux dans les yeux, un peu de grunge à gauche et à droite saupoudré, les chouchous dans les cheveux, et les baskets énormes au pied. D'un seul coup, je n'ai plus du tout eu envie de leur ressembler. Je me sentais comme lorsqu'on feuillette un vieil album photo, à moitié attendri par ces souvenirs émus, à moitié honteux des déguisements dont on s'est volontairement affublé.

Choc émotionnel ensuite : j'avais l'impression de retrouver une vieille bande de copains. Vous savez, les gens dont on ne se rappelle pas "activement", mais qu'on n'oublie jamais. "Ah oui, c'est vraiiiiii, Rose était enceinte". On ne pense jamais à eux, mais le jour où on les retrouve, on se rappelle immédiatement de tas de choses. Des cheveux gominés de Costa, des chorégraphies de Katharina, de la prof de littérature et de sa liaison sulfureuse avec un élève (enfin, je crois me rappeler... mais je ne suis plus tout à fait sure), du proviseur qu'on aurait tous aimé avoir... Drazic, qui représentait mon fantasme masculin absolu, n'était pas encore arrivé au lycée dans l'épisode que j'ai vu. Comme je me dis parfois à propos des mes "ex" du collège, j'aimerais bien le revoir, savoir quelle tête il a maintenant. Est-ce qu'il me plairait toujours ? J'imagine, et je me dis que finalement, non, c'est mieux de rester sur ma dernière impression.

Lundi soir, fin de la semi-régression. Pour résumer le fond de ma pensée, abandonner Hartley Coeur à vif pour Grey's anatmoy ne peut être qu'une perspective réjouissante, même si la nostalgie peut parfois être un brin attendrissante.

13 septembre 2006

Auto-happy birthday !

Et oui, aujourd'hui, mon blog a un an, tralalalalala :D



En même temps, je n'ai pas toujours été constante dans mon activité bloggesque, mais une date clef comme ça est malgré tout l'occasion d'un petit bilan. Je ne suis pas encore Loïc Le Meur, hein, mais je peux déjà dire que :

- je n'aurais jamais pensé prendre autant de plaisir à écrire lorsque j'ai commencé. Je le voyais avant tout comme un "carnet de voyage" pour raconter mon séjour à Berlin. Il est, à mes yeux, devenu bien plus que ça.

- je n'aurais jamais cru que j'y passerai (volontairement) autant de temps. C'est devenu un moment de détente et de divertissement (quasi au sens pascalien du terme, huhuhu... en tous cas, en terme de "je me détourne de mon travail parce que je sature", c'est certain, et c'est bien).

- je n'aurais jamais pensé que des hasards tels que ceux qui m'ont conduite à Fab et à madmoizelle puissent exister, et je m'en réjouis un peu plus chaque jour. S'il ne restait que ça de mon blog, ce hasard justifierait à lui seul l'existence de mon blabla presque quotidien.

En un an, j'ai déménagé 3 fois, j'ai découvert 3 capitales européennes (qui ne sont pas toujours celles dans lesquelles j'ai déménagé), j'ai fait 9 exposés, 10 dissertations et 8 fiches techniques, j'ai rencontré plein de gens que je n'oublierai pas de sitôt, j'ai fait des choses passionantes et d'autres barbantes, j'ai appris à faire une mayonnaise mousseline de façon infaillible, j'ai obtenu mon premier diplôme universitaire, j'ai appris le dosage parfaite du vodka sunrise et j'ai pris - au bas mot - 365 douches et une dizaine de bains. Voilà une année bien remplie.

07 septembre 2006

Je crois que j'ai compris

Aujourd'hui, je crois que j'ai compris pourquoi le jeune homme avec le polo de rugby de l'épreuve d'économie a fondu en larmes en ouvrant le sujet. En effet, pour ce nouveau jour de réjouissance, il avait revêtu un t-shirt qui ne m'était pas inconnu : la carte de l'Europe de nuit (avec les lumières... bon, bref, c'est difficile à expliquer) côté pile. "Rêves d'Europe" côté face. Ce t-shirt, je le connais car je l'ai moi aussi depuis que j'ai participé au voyage de diplomation de Sciences Po à Bruxelles en juillet 2003. A part quelques très rares exceptions dont je faisais partie, ce micro-séjour était réservé aux nouveaux diplômés. Donc pour en revenir au jeune homme, je parie à 1000 contre 1 qu'il en est à sa troisième tentative. La dernière. La der des der. Tout s'explique. En même temps, la troisième fois, on doit commencer à tout connaître non ? Je préfèrerais ne jamais savoir.

06 septembre 2006

L'ENA, joies et peines

J'ai écrit un petit article pour madmoizelle intitulé "La rentrée, joies et peines", parce que c'est de saison. Mais ce soir, je vais plutôt vous raconter "L'ENA, joies et peines".

J'ai passé le plus gros, quantitativement (3 épreuves sur 5, "ça, c'est fait") et qualitativement (ne restent plus que mes deux matières préférées, celles qui ne se révisent pas. Quelle grosse feignasse...) et je crois que désormais, je peux déjà en tirer une petite synthèse.

Ce que j'ai appris de ces premiers jours, outre le chemin pour l'année prochaine, c'est que finalement, c'est mine de rien pas mal crevant de se concentrer pendant 5 heures plusieurs jours d'affilée. Ca n'a l'air de rien, mais la lassitude gagne petit à petit les organismes et les neurones. Quand j'ai reçu mon sujet cet après-midi, je me suis dit "alleeeeez, c'est reparti pour un tour" en n'ayant réellement aucune envie de recommencer comme la veille et comme l'avant-veille à ne faire que réfléchir intensément pour ensuite gratter gratter et encore gratter ma copie. C'est peut-être parce que je n'ai pas suffisamment utilisé ma matière grise cet été, elle est toute surprise, elle a des courbatures.

J'ai aussi découvert à quel point ces concours étaient psychologiquement inhumains. Personnellement, je ne suis pas trop atteinte, n'ayant pas passé 12 heures par jour enfermée dans une bibliothèque sans fenêtre pendant tout l'été et j'étais donc sans grandes illusions. Et quand j'ai vu les sujets de droit et d'économie tomber, j'ai pris la chose avec philosophie. Mais ce n'est pas le cas de tout le monde, notamment de ceux qui ont travaillé comme des bestiaux depuis un voire deux ans. Et parfois, il suffit d'un sujet un peu farfelu pour perdre pied. Un rang devant moi, sur ma droite, il y a un jeune homme qui a l'air bien solide, les épaules carrées recouvertes d'un polo de rugby. Et bah quand il a ouvert le sujet d'économie hier, il a fondu en larmes, ça m'a fait tout bizarre (à lui aussi sans doute). J'imaginais ce mec qui voyait le fruit d'heures passées, frustré, à son bureau pendant que ses potes faisaient la fête s'envoler en quelques secondes. Peut-être que je serai dans le même état l'année prochaine quand ils me demanderont d'écrire sur la domanialité publique. Tellement de travail pour rien, ou quasiment rien... Un petit sujet qui fait appel à un millième des connaissances accumulées pendant des mois...

Ma dernière remarque, pour l'instant, est qu'il faut définitivement que je me trouve un masseur privé pour l'année prochaine. Oui, je veux un kiné qui fasse comme avec André Agassi sur les terrains de tennis, qui m'accompagne dans la salle d'examens, qui me masse le dos avant, pendant et après les épreuves, histoire que j'arrête de faire inutilement craquer mes vertèbres sous le nez de mon voisin de derrière.


(C'est dingue quand même les photos qu'on peut trouver sur internet...)

04 septembre 2006

Premier jour

Cette année, visiblement, on passe l'ENA en chemise chambray bleu claire (parfois avec col blanc quand on veut quand même faire un peu minet du VIème), jean brut cigarette (oui, pour garçon aussi) et Converse blanches. Je ne dis pas que tout le monde soit habillé comme ça hein, mais en gros, 1/10ème a l'uniforme intégral, et la moitié à de 1 à 2 des éléments de l'uniforme. J'ai hâte de voir à quoi on ressemblera l'année prochaine.

En dehors de l'uniforme, peu d'attraits esthétiques dans le hall Albinoni du Crit, où planchent un paquet de centaines d'aspirants énarques. J'ai l'impression d'avoir passé 5 heures dans un hall d'aéroport sous-terrain, sans les duty free pour aller se parfumer à outrance avant de monter dans l'avion. C'est tout gris et tout marron (et pas du tout marrant) avec des néons qui donnent mauvaise mine. Néanmoins, la Défense, c'est nettement moins glauque que la Maison des examens d'Arcueil.

Je ne parlerai pas sujet, problématique, tout ça, parce que vous risquez de bâiller sévère sinon. Mais pour l'instant, je ne suis ni pleine d'espoir ni pleine de désespoir. Vivement jeudi et les Questions sociales, que je rigole un coup !

03 septembre 2006

Vacance de post(e)

Ce n'est pas que le changement va être rude, étant donné que mon activité littéreuse a été plus que réduite ces derniers temps. Mais là, ça y est, c'est officiel, je joins ma bulle d'asocialisme profond en dehors du monde réel pour 5 jours.

Si vous êtes à Lourdes, merci d'aller faire un tour pour moi dans la grotte humide afin que le jury ait oublié tout sujet de droit public relatif à la domanialité publique, aux contrats administratifs et à la responsabilité de la puissance publique. Pour l'économie, la liste serait trop longue.

Quand je réémergerai dans la vraie vie, ça me ferait plaisir de vous voir (non, je ne pars pas à Koh-Lanta même si parfois, je me dis que ça doit quand même être bien là-bas).