Affichage des articles dont le libellé est Moi Moi Je. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Moi Moi Je. Afficher tous les articles

21 janvier 2008

Couper le contact

Si tu es un minimum dégourdi du cervelet, tu auras remarqué depuis longtemps déjà que ce n'est pas franchement la Fête à la maison ici. Les derniers posts sont rares et nuls. Quand ils ont un peu de contenu, ils ne sont ni intéressants ni drôles. Le reste du temps, je te renvoie sans ménagement sous des cieux plus cléments.

Je crois que tout ça n'est pas juste lié au fait qu'en ce moment, je suis fort occupée, à essayer de devenir bilingue en italien en 2 semaines (et encore, ça, c'est le plus facile), et à démêler des questions existentielles telles que "vais-je ou non chez le coiffeur maintenant ou dans 2 mois ?". D'habitude, même quand je cours après le temps, lorsque j'ai envie et quelque chose à raconter, je trouve toujours quelques minutes pour les taper.

Non, là, je me sens juste vide, et de plus en plus engluée. Engluée dans un truc qui n'a pas de nom : le fait que ce blog n'est plus aussi anonyme qu'au début, et qu'il aurait mieux valu qu'il en soit autrement. Le fait que certains savent maintenant qui se cache derrière Mademoiselle Coco, ce qui m'empêche d'écrire toujours ce que je veux. Le fait que certains pensent me connaître intimement alors qu'il n'en est rien. Le fait que d'autres pensent normal que... que... voilà, je n'arrive même pas à terminer cette phrase par peur de blesser Machine et Bidule.

Sur plus ou moins tous les blogs que je lis se trouvent des messages comparables à celui-ci. Une sorte de crise d'adolescence du blog. Une bonne vieille crise qu'on dépasse, ou pas. Vu de l'extérieur, ça fait lever un sourcil perplexe et critique. Genre "oskour, mon nombre explosif de lecteurs m'est monté à la tête, je suis une star, donc je souffre". Déjà, je ne suis pas du tout une star. Et puis je ne souffre pas de façon démesurée. Mais je ne frétille plus intellectuellement à l'idée d'écrire un post (et ça se voit), et certaines choses me mettent de plus en plus mal à l'aise.

Donc aujourd'hui, j'ai juste envie de couper le contact. Et vu que j'ai encore cette liberté, je le fais de façon d'autant plus déterminée que nul n'est irremplaçable. Surtout pas sur la blogosphère.

12 janvier 2008

Y a pas de justice en ce bas monde

Vous voulez que je sois sincère avec vous ? Et bien le sport, c'est rien que de la nazerie. Pendant 3 mois, vous suez sang et eau pour réussir à garder le sourire pendant (et après) une séance de torture en bonne et due forme. Vous commencez à vous dire que vous pourriez quitter les cours pour débutants et passer au niveau supérieur. Et là, c'est le drame : vous arrêtez deux petites semaines pour cause de trêve des confiseurs.

Et quand vous reprenez, c'est comme si vous n'en aviez jamais fait de votre vie. J'ai l'impression qu'on a fait du papier mâché (mais siiiiiii rappelez-vous, en maternelle : le papier journal haché que l'on mélange à de l'eau pour faire des scultpures immondes avec une bouillie informe) avec tous mes muscles.

Je vous vois tout de suite venir, bande de mauvaises langues. Vous êtes prêts à vous attaquer sans vergogne à moi et à ma prétendue superficialité en me soupçonnant simplement d'avoir trop intensivement arpenté les trottoirs des rues commerçantes depuis mercredi matin. Et bien non, même pas. Je me suis achetée les chaussures les plus sublimes de la terre, et basta.

Je ne vous les montrerai même pas tellement elles sont belles, vous pourriez me reconnaître immédiatement en me croisant dans le métro tellement elles sont inimitables. Je sais, il commence à y avoir beaucoup de "tellement" dans cette phrase, mais je n'en reviens toujours pas que ces beautés m'appartiennent.

Depuis le mois de septembre j'ai un micro-orgasme visuel en les voyant dans la vitrine, et elles sont maintenant dans mon placard (autant vous dire que pour mon petit coeur, il faudrait que j'évite d'ouvrir trop souvent mon placard, parce qu'elles me font toujours le même effet). Si tu es un homme et que tu ricanes derrière ton écran, imagine juste que je parle d'un iPhone, d'une Audi TT (même si la nouvelle est moins belle que la première) ou d'un jet privé (qui t'appartiendrait à toi et non à Bolloré et que même pas en rêve tu le prêterais aux copains).

Bon, donc finalement, il y a peut-être quand même une justice en ce bas monde : ma patience et ma raisonnabilité (ben oui, on dit comment sinon ?) ont été récompensées. Pour le reste, j'ai toujours l'impression que Bruce Lee m'a cassé 6 briques sur le ventre. Mais ça va passer, hein, non ?

10 janvier 2008

Sur le livre du visage

J'avais dit haut et fort "Facebook, moi, JAMAIS !" d'un ton résolu. Bon... Seuls les bêbêtes campent sur leurs positions. Donc : ça y est, je me suis fait finalement piéger comme tout le monde, je suis désormais sur le livre du visage. Pour l'instant, je trouve ça très très drôle.

Evidemment, première chose que j'aie faite : aller voir ce que sont mes (innombrables, bien sûr) exs devenus. C'est un peu le but ultime de Facebook non ?

Au lycée, J. voulait devenir cinéaste d'art et d'essai, écoutait du reggae "fuck la société", et je l'avais accompagné à Clignancourt se faire des dreads au goudron. Désormais, il travaille en banque d'affaire new-yorkaise et est rasé de près, après avoir fait une grande université américaine. En même temps, j'aurais dû m'en douter : au retour de son coiffeur afro, il n'avait pas assumé les dreads toutes collantes, et sa mère avait passé la soirée à essayer de lui démêler les cheveux à coup d'eau bouillante et d'après-shampoing Ultradoux.

L., est désormais en couple avec un jeune homme délicieux. Bon, je le savais déjà et depuis très longtemps. Pas l'ombre d'un choc en vue. En fait, je n'aurais même pas pensé à le considérer comme un ex, mais c'est lui qui a indiqué à Monsieur Facebook que nous nous connaissions car "we dated for a short while and still get along great". Ca m'a fait mourir de rire, et énormément flattée. Ensuite, je me suis dit que les gens allaient peut-être penser que j'avais été la dernière avant le premier, celle qui l'avait fait basculer du côté obscur de la force. Ca m'a fait encore plus rire.

Q., le petit malin, ne met même pas qu'il est "in relationship", alors que je sais très bien que c'est le cas (à moins que les choses n'aient changé... mmmmh, à vérifier !), et A., lui, est toujours "in relationship", le con.

Les autres, il faut que je leur demande d'être mes amis pour voir leur profil. Dieu que c'est frustrant ! Il y en un qui a mis une photo sur laquelle il a l'air plus miam que j'amais. Et comme une nullarde, j'hésite et je n'ose pas. Je me sens aussi cruche que lors de la première fois où je devais les appeler.

Sinon, ça m'a permis de prendre enfin des nouvelles de copains à qui je devais écrire depuis 6 mois, au bas mot. C'est un peu plus constructif.

04 janvier 2008

Je sais je sais

Oui, je sais que je suis rien qu'une grosse feignasse qu'écrit jamais rien. Mais d'abord, je n'ai pas eu internet pendant longtemps, ensuite je n'avais pas envie de vous parler de Noël ou de vous présenter mes voeux, enfin je n'avais pas vraiment le temps. D'ailleurs, le temps, je ne l'ai toujours pas, alors je passe juste comme ça, faire signe rapidement.

Je ne manque pas de choses à raconter :
- Séville, ses orangers, son soleil, ses siestes partout et tout le temps, et son architecture mudéjar ;
- Berlin, sa neige, mes Berlinois préférés et ses réveillons qui me réconcilient avec les réveillons ;
- les supermarchés allemands et la tête (et l'odeur) de ma valise quand je reviens de Teutonie en me prenant pour Germania ;
- Air France et son organisation de merde, mes charmants voisins de voyage bruyants et encombrants, et le plaisir de se la péter avec les journaux internationaux ;
- et tous les autres sujets promis depuis des lustres (pourquoi je suis une fille "en fait", les questions insolubles, le questionnaire de Noël d'Ashley tout périmé maintenant, etchétéra).

Mais je n'y peux rien, je bosse moi. Beaucoup même. J'ai un mois devant moi pour influencer radicalement le cours de ma vie, et je ne compte pas laisser passer cette chance. Et travailler, ça prend du temps, c'est fou.

Sans compter qu'en ce moment, je vis à deux, et que vivre à deux aussi prend du temps mine de rien. Ce matin, record battu : levée à 8h, je suis arrivée en bibliothèque à 10h30. Certes, 10h30, après un rapide passage chez Starbucks pour faire passer le goût de mon mauvais café sans lait du petit déjeuner, mais je vous rappelle que le Café au rond vert est en face de chez moi et que j'ai pris mon Latte Crème brûlée à emporter. D'ailleurs, je préfère le White Moccaccino, c'est certain. Bref : je ne comprends pas comment ça s'explique, mais à deux, je fais les choses plus lentement.

En bonus, les plus belles recherches de la dernière heure : "crème Nuxe pour gonfler les mains" (pour éviter que ton alliance ne tombe ?), "restaurant manger le monstre" (bon appétit d'ogre), et "anne-sophie OR béber OR gambas OR merlan OR létiz OR coco OR élo" (tes amies s'appellent vraiment Gambas et Merlan ?).

Je sais, cette note n'a ni début ni fin, mais en même temps, quoi que je fasse, vous ne serez pas content parce que je ne vous aurai pas souhaité une très belle année 2008. Qu'est-ce que j'y peux, franchement...

20 décembre 2007

Violences domestiques

Je crois que je rêve un peu, mais j'ai l'impression que si je prétendais être une femme battue, on pourrait presque me croire. Loin de moi l'idée de faire semblant, surtout que je ne vois pas qui accuser [ironie]sinon, EVIDEMMENT, je ne me priverais pas de le faire[/ironie]. Je dis ça parce que les preuves corporelles sont là. Je suis loin de vivre dangeureusement, mais je suis couverte de bleus, de petites cicatrices, et de brûlures (ceci n'est pas une annonce de plan).

Je ne sais pas comment je me débrouille, mais je me cogne partout et tout le temps. On ne peut pourtant pas dire que j'aie un corps démesurément grand et encombrant. Et pourtant... Mes pieds rencontrent trop souvent ceux des tables, des chaises et des lits. Mes jambes se prennent dans toute sorte de choses improbables, allant du tuyau d'aspirateur au hublot de la machine à laver. Mes hanches butent sur les tables, les bureaux, les plans de travail et les tables de nuit. J'ai même réussi à me faire un bleu sur le dessus de la main après s'être fait violemment rencontrer mon métacarpe et le coin d'une table de bistrot (à jeun). Bilan : il ne se passe pas un jour sans que je sois couverte de bleus, plus ou moins petits, plus ou moins nombreux, mais bien présents. C'est vachement classe. Maintenant que je fais du vélo, j'enrichis ma collection de bleus : mettre ma béquille avec le tibia me fait un bleu, même en deouceur et à travers mes bottes et mon jean. Ué, je sais, n'est pas Princesse au petit pois qui veut, ça demande de sacrées compétences...

Les cicatrices ben... enfin je ne vais pas vous raconter ma vie corporelle intime. Mais dans le cadre de ma fausse plainte pour violence domestique, j'aimerais quand même fournir une nouvelle preuve. A savoir mon trou dans la cuisse (là, je remonte vachement mes stats avec quelques mots, la vie est magique). J'ai un vrai trou dans ma vraie cuisse gauche. Un trou creusé à l'acide. Là, tout de suite, ma fausse plainte prend une dimension dramatique, non ? Vous ne commencez pas à me trouver un petit air de Souad la brûlée vive (le lien, c'est juste pour que vous situiez, pas pour que vous achetiez, "je ne suis pas folle vous savez") ? Si vous voulez simuler une violence domestique sur une cuisse innocente, la méthode est simple : faites un long voyage en voiture et laissez votre vieux walkman avec ses vieilles piles posé sur vos cuisses. Si vous avez de la chance, vous allez vaguement sentir un tout petit filet liquide couler de votre walkman. Vu que vous êtes en terminale L, vous ne comprenez pas ce qu'il se passe (si si, je suis sure que j'aurais réagi plus vite si j'avais écouté ma prof de maths de seconde et que j'avais choisi S. Comme quoi... à quoi ça tient la vie, hein Maurice !). Vu que vous ne comprenez rien et que vous ne voyez rien de probant, vous repoussez votre walkman. Un peu après, ça commence à brûler sévère. Après les 6 heures de route réglementaires, c'est bon, vous avez un trou dans la cuisse. Si vous aussi vous avez fait L et que vous voulez comprendre, c'est simple : la pile a eu le mal de mer et a vomi tout son quatre-heures sur mon jean et donc sur ma peau. Je ne sais pas ce qu'il y a dans les piles, mais ça fait des cratères dans la peau. Je crois que je bats Souad non, avec cette histoire horrible de la violence moderne dans nos sociétés sur-technologisées ?

Quant aux brûlures, c'est simple : je n'y peux absolument RIEN si la résistance de mon four se précipite sur mes mains dès que j'ouvre la porte d'icelui (le four). La main gauche a toutes les faveurs d'icelle (la résistance). Franchement, dans le cadre de ma fausse plainte, je pense que je pourrais faire passer ça pour des brûlures de cigarette, appliquées consciencieusement à quelques centimères d'écart les unes des autres, un peu partout. Dieu merci, j'ai toujours mon Baume des Pyrénées à portée de main brûlée. Dans la porte du frigo, pour être précise, ça soulage encore plus. Le seul problème, c'est que je n'ai jamais su écrire Pyrénées depuis l'école primaire. Méditerranée je commence à savoir, mais Pyrénées, je n'y arrive pas. Il faut nécessairement que j'aille sur Wikipédia pour être sûre. Alors si vous voulez bien, c'est la dernière fois que je vous parle des Pyrénées et de son baume.

Donc en gros, j'ai des bleus comme si je faisais de la lutte libre tous les 4 matins, des cicatrices comme si j'étais un vieux détenu, et des brûlures comme si je refusais de mettre des maniques avant de plonger les mains dans mon four sous prétexte que ça me fait tout renverser. La question est : ma plainte pour violences domestiques est-elle recevable ?

12 décembre 2007

Ca, ça, ça... et puis ça aussi.

Difficile de trouver un fil conducteur entre :

- la mort de Kierkegaard, hier matin, entouré des siens (enfin, de la sienne quoi, moi). Alors que Vilnius a été tendrement enterré en compagnie mondaine dans le jardin de Sciences Po, Kierkegaard a rejoint les égoûts de Paris. Heureusement qu'il n'était plus là pour se voir lui-même...

- l'absence de réponse à cette question fondamentale qui m'a torturée toute la journée, journée passée dans une bibliothèque qui n'a plus le chauffage depuis 2 semaines donc glaciale : "mais pourquoi suis-je frileuse ?". Je pensais avoir fait le nécessaire en enfilant ce matin un gros pull col roulé en laine, un gilet en laine, un graaaaaaaaand pashmina, et - détail glamour - un collant sous mon jean. Même avec tout ça et mon manteau d'hiver, j'ai été profondément congelée. Mais POURQUOI les filles ne sont-elles pas irriguées comme tout le monde ?! Enfin, comme les garçons, quoi... En même temps, toutes les filles ne sont pas des serpents à sang froid comme moi, puisque l'une d'elle avait une robe-débardeur en coton sans rien en-dessous (portée avec des bottes en caoutchouc, pour le détail). J'ai vérifié, ce n'était pas juste pour aguicher l'étudiant studieux, elle n'avait pas le moins du monde la chair de poule, alors qu'il devait faire dans les 15°, à vue de pieds gelés. Ca existe les perfusions d'eau bouillante ?

- j'ai senti aujourd'hui très distinctement un garçon parfumé à l'eau de toilette "Pêche de Provence" d'Yves Rocher. Je passerais sur le choix d'Yves Rocher, après tout, chacun sa vie. J'ai moi-même porté ce parfum pendant quelques mois, absolument ravie et fière de ce cadeau de fââââââââmme que ma cousine m'avait offert pour mon onzième anniversaire. Je présume que je vais passer pour une grande snob (mais en même temps, oui, je suis une snob du parfum : si un Eau jeune ne coûte pas le même prix qu'un Guerlain, ce n'est pas juste pour payer la musique de Muse dans la pub), mais passés 13 ans, ça le fait moyen. Mieux vaut sentir bon le savon sobre que mauvais le parfum cheap. Bon, tout ça pour dire : certes, je me considère comme relativement ouverte sur les questions de genre, mais là, j'ai malgré tout été surprise de ce choix somme toute très féminin. Je soupçonne à vrai dire sa petite amie d'avoir voulu marqué son territoire. Il est certain qu'avec un tel sillage, il ne risque pas beaucoup d'émoustiller. Mais si c'est un choix libre et individuel, il atteint l'un des buts de tout grand nez : rendre celui qui porte la fragrance inoubliable.

- je vais faire voeu de silence. Il faut que j'arrête de parler en société, je fais trop de gaffes. Les gens font des choses gentilles - voire adorables - pour me faire plaisir, et je détruis en 3 mots tous leurs efforts. Alors que je ne parle pas de LEURS choses gentilles, évidemment, sauf que je suis la seule à le savoir, et qu'ils le prennent logiquement pour eux. Ca a commencé à la fête d'anniversaire de mes 8 ans avec toutes mes copines. Au moment de déballer mon dernier cadeau, j'ai dit bien distinctement "ohlala, j'espère que c'est pas ENCORE un stylo !" (euh oui, c'est une remarque de petite peste pourrie gâtée, mais pour ma défense, j'avais déjà reçu 2 stylos en cadeau dans la même après-midi). Et naturellement, le dernier cadeau était un stylo. En plus, c'était un très joli stylo. Christelle était déconfite, j'étais dans mes minuscules souliers. J'ai eu beau lui dire plein de fois que ça me faisait très plaisir, elle était définitivement blessée, et ça se comprenait aisément. Je croyais qu'avec le temps, je saurais être suffisamment raisonnable pour contrôler le flot de paroles quittant mon gosier, mais visiblement non. Deux magnifiques bourdes dans ce genre en 10 jours, avec des gens à qui j'avais juste envie de dire sincèrement MERCI. Et je pense que ce n'est pas le message qu'ils ont retenu.

Peut-être que demain, je vais vous raconter comment ça fait quand je vais en soirée.

26 novembre 2007

Mouais

Je sais, ce blog serait bien plus drôle si je vous parlais de ma vie sexuelle. Et encore, ce n'est pas sûr. Disons que si j'écrivais au moins des billets de temps en temps, ça serait bien.

Pour l'instant, j'essaie de mobiliser toute ma motivation pour travailler. Autant vous dire que je déploie de nombreux efforts pour pas grand-chose, parce que la motivation, elle a un peu fait pschitt.

Il suffit de passer un vrai week-end normal pour se rendre compte que faire une prepena, c'est vraiment avoir une vie de con. Je me suis dit que je pourrais peut-être essayer de ne pas travailler le week-end cette année. Mais ça ne résout pas les problèmes des galops systématiques du samedi matin, qui ont tendance à gâcher à eux seuls la fin de semaine.

Il suffit de regarder un peu les relevés de notes des copains pour se rendre compte que ces concours ne suivent aucune logique et que le travail n'est pas nécessairement la clef du succès. Mon propre cas n'est pas celui que je peux analyser avec le plus d'objectivité (même si je trouve, aussi objectivement que possible, bizarre d'avoir 3,5 dans une matière où je n'ai pas eu moins de 12 toute l'année). En revanche, je sais qui, parmi mes amis, avait réellement toutes les chances de l'avoir, et a au final des notes bien pourries, et même plus mauvaises que celles de l'année dernière. Je sais qu'on peut avoir dans la même matière 15 une année, et 6 l'année suivante, le tout en ayant acquis bien plus de méthode et de connaissances. Je sais qu'on peut rater un concours à quelques centièmes. Je sais qu'on peut être sur liste complémentaire une année, et même pas admissible l'année suivante. Je sais que le travail ne fait que la moitié des résultats, et que c'est déprimant.

Il suffit d'assister à certains oraux de l'ENA pour se dire que les épreuves écrites ne permettent pas toujours de sélectionner les meilleurs. Afin de préserver l'anonymat des candidats et d'éviter de me faire lyncher publiquement, je ne m'étendrai pas sur le sujet, mais je suis ressortie effarée de ce que j'ai vu et entendu. Je sais que le stress rend les gens cons, moi la première (genre en oubliant de façon passagère le nom de pape de Joseph Ratzinger). Mais le stress fait partie des règles du jeu, et il y a quand même des bornes aux limites à ne pas dépasser, non mais. J'ai eu l'impression qu'on m'enfonçait un poignard dans le coeur pendant 2 fois 30 minutes, et je n'ai pas pu m'empêcher de penser "tout ça pour ça"...

A part ça, je ne suis pas du tout déprimée. Je ne déprime pas, je glande. C'est différent. La prochaine fois, je répondrai aux gens qui veulent que je leur raconte ma vie de superhéroïne et que j'épelle mon nom.

On est loin de ma vie sexuelle avec tout ça, j'en conviens. En même temps, Marie-Chantal l'a bien dit : on ne peut pas baiser et cuisiner. Or je viens de mettre en ligne une nouvelle recette.

(Je sais, la morale de l'histoire est elliptique et n'a rien à voir avec la choucroute. Problème global de motivation. Y compris pour trouver une fin démente à ce billet ô combien réjouissant)

20 novembre 2007

Va falloir qu'on m'explique

Bon, quand j'écris une note, ça se bouscule pas franchement au portillon, mais quand je ne ponds plus rien pendant des jours pour cause d'overbookage, il y a un raz-de-marée de lecteurs. Nan mais dites-le, hein, si vous préférez que je glande. Non, je ne fais pas la tête mais je cherche à vous comprendre, c'est tout.

A part ça, je découvre les joies de Paris à vélo. La semaine dernière, c'était un peu (beaucoup) Noël avant l'heure dans ma tête. Mes parents m'ont apporté un vieux vélo pour que je puisse résister et prouver que j'existe malgré la grève. Et franchement, j'étais aussi excitée que si le Père Noël venait de m'apporter un tricycle rose à paillettes. J'ai voulu l'essayer immédiatement dans la cour de mon immeuble. Bref, c'était chouette.

Mon papa a dû bricoler tout plein desssus, et moi, j'ai fait "assitante de Mac Gyver" comme métier (mon meilleur rôle). Il dit "joint" et je lui tends le joint. Il dit "tournevis bleu" et je lui dis "ben non je l'ai pas, il est dans ta poche". Il me tend un vis, et je la laisse tomber entre mes doigts, alors après on cherche partout accroupis pour trouver la perverse enfuie. Vous voyez, on rigole bien.

Il m'a mis un joli panier devant, il a fait une révision complète, il a déplacé la sonnette pour qu'elle soit accessible à un jet de pouce (mais depuis, j'ai perdu le dessus de la sonnette, ce qui la fait tinter, la faute à un nid de poule), il m'a offert un nouvel antivol qu'on dirait une Ferrari (grise) et surtout, surtout... un gilet jaune fluo à bandes réflechissantes pour qu'on me voie la nuit. Il y a quelques petites choses que j'aimerais vivre avant de finir comme une crêpe. Avec un tel équipement, je me suis lancée.

La première fois, j'ai trouvé ça génial le vélo. Il faisait beau, les couloirs de bus étaient tout à moi, et j'ai gagné un temps fou.

La deuxième fois, j'ai découvert qu'à vélo, je ne pouvais pas prendre le même chemin qu'à pied. Après 5 sens interdits, j'ai réussi à tourner à droite. Avant de retomber sur une nouvelle série de sens interdits. Au bout de 4 sens interdits, j'étais complètement perdue. J'ai mis 45 minutes pour revenir chez moi, alors que je n'avais eu besoin que de 10 minutes pour faire l'aller. J'ai regardé en rentrant mon trajet, et j'ai fait un très bel escargot pour rejoindre mon point d'arrivée.

La troisième fois, j'ai dû me rendre à l'évidence que la vie de cycliste était nettement moins agréable sans couloir de bus. Il y a les voitures qui me hurlent dans les pneus parce que je refuse obstinément d'aller rouler tout au bord de la route, là, dans le caniveau où il y a toutes les feuilles mortes détrempées qui font scouitch-scouitch-flip-gliiiiiiss (je sais, je vais vachement bien l'onomatopée de la feuille). Avant de monter vraiment sur un vélo à Paris, j'avais très peur des automobilistes, persuadée qu'ils n'hésiteraient pas à me rouler dessus. La vérité, c'est que les plus dangereux sont :
- les autres cyclistes ("euh... tu veux qu'on te remette les petites roues là ou quoi ?")
- les scooters (je pense qu'ils se vengent des queues de poisson des automobilistes en faisant la même chose aux cyclistes : on est tous le plus petit de quelqu'un)
- et les piétons (si tu ne risques pas de leur faire mal, ranafoute de regarder avant de traverser).

La quatrième fois, j'ai réalisé que le vélo, de nuit et sous la pluie, est une activité nettement moins épanouissante que prévu.

N'empêche, je crois que je suis conquise par le vélo : je n'attends plus le bus et je mets deux fois moins de temps pour aller en cours. Mais il va encore falloir que je résolve quelques petits problèmes :
- dénicher une nouvelle sonnette (qui jouerait Aretha Franklin, ça serait chouette)
- faire fonctionner ma dynamo qui ne touche toujours pas la roue
- trouver où caser mon ordinateur pour qu'il soit en sécurité et ne jaillise pas hors du panier au premier dos-d'âne
- réussir à concilier vélo et jupe

12 novembre 2007

Week end

Ces derniers jours ont été très chargés, et pourtant, je n'ai rien fait. Mais j'ai quand même fait plein de choses, dont certaines étaient relativement décoiffantes.

Pour commencer, j'ai fait dépenser à une amie une somme folle d'argent dans les boutiques samedi ET dimanche (vive le Cour St Emilion). C'est vraiment l'une de mes occupations préférées : la joie jouissive du shopping sans la douleur porte-monnaitesque qui la suit en général. Comme elle était très contente de ses achats, j'en déduis que nous étions dans une win-win situation.

Ensuite, j'ai de façon tout à fait involontaire croqué à pleine dent dans un chili. D'habitude, dans le tom kha ghai (la délicieuse soupe thaïlandaise au coco, au poulet, à la citronnelle et à d'autres choses), j'enlève les piments avant de servir. Je laisse la citronnelle, le galanga, le basilic thaï, les feuilles de keffir et les chilis "infuser" pendant la cuisson, et je sers sans. Sauf que le filtre à café dans lequel étaient mes trucs à infuser s'est lâchement déchiré. Et voilà comment on a l'impression d'avoir un coup de napalm dans la bouche, alors qu'on ne s'attendait à rien. C'est une expérience intéressante, mais que je ne suis pas prête à refaire immédiatement. C'est bien simple, j'ai peur de mon tom kha ghai maintenant. J'ai une nouvelle vision de l'existence : "la vie, c'est comme un tom kha ghai ; ce n'est bon que quand c'est un peu épicé, mais quand tu tombes sur un chili, t'es mal".

Pour continuer dans les expériences culinaires, j'ai vécu une grande déception. L'une de mes drogues gastronomiques favorites est le pesto à la sicilienne de Barilla, que Leonardo - touché bien avant moi par cette dangereuse monomanie - m'a fait découvrir il y a quelques années. J'ai à peine eu le temps d'en devenir dépendante (du pesto), qu'il est devenu impossible de le trouver en supermarché. Le site de Barilla dit : "Le Pesto alla Siciliana Barilla unit dans une alliance au goût délicat deux des saveurs les plus typiques de la tradition méditerranéenne: le crémeux de la ricotta (fromage doux au lait de vache ou de brebis) et la pulpe de tomates. Ces goûts sont relevés et mis en valeur par le parfum des noix, des pignons, du basilic et du fromage Grana Padano (qui ressemble au Parmigiano). Vous apporterez sur votre table toute la saveur de la cuisine italienne." Comme je ne peux plus "apporter sur ma table toute la saveur de la cuisine italienne" et que je suis frustrée, j'ai décidé de prendre les choses en main et de faire moi-même mon pesto à la sicilienne. La déception est la suivante : le pesto maison, c'est bon, mais quand même moins bon que le pesto à la sicilienne industriel de Barilla. Il lui manque quelque chose, mais quoi ?

Pendant que je croquais dans un chili lance-flammes, on regardait Ma Mère, adaptation cinématographique par Christophe Honoré du roman de Bataille. Après, vu qu'on n'était toujours pas dégoûtées de la vie, on a enchaîné avec La Pianiste. On s'est qu'on était quand même drôlement normales, quoi que cela puisse signifier. On a aussi pu constater que nos parents étaient assez exceptionnels de normalité aussi. Et on s'est demandées comment Isabelle Huppert pouvait aussi admirablement bien jouer des rôles de tapées sans sombrer elle-même dans la folie.

Pour finir, j'ai essayé un truc dément au royaume du superflu dimanche après-midi, c'était ça. Mon amie a dû me tirer de force pour que je quitte l'engin de délices. En réalité, c'est faux, elle était aussi scotchée que moi sur son fauteuil à elle, c'est la fonction "percussion" qui m'a éjectée hors du truc. Menfin sauf quand le fauteuil se prend pour le masseur des Bronzés (culture, quand tu nous tiens), c'est tout simplement divin. L'impression qu'un vrai masseur avec des vraies mains humaines s'occupe de tout mon dos est inoubliable. D'un autre côté, c'est un peu flippant de voir que la différence entre l'humain et le mécanique est si mince (mais ça ne vaut que pour les chaises massantes).

A part ça, j'ai aussi fait des trucs vachements classiques. Genre une dissertation samedi matin sur la morale et la politique. De quoi me mettre de bonne humeur, en somme.

07 novembre 2007

Les déesses du stade

Ce matin, je suis retournée faire du sport. J'ai bien souffert, ce dont je conclus que c'était efficace. J'ai eu l'impression d'être une grosse gourdasse incapable de coordonner ses bras (lestés de 4 kg d'haltères, quand même) et ses jambes (entravées par un élastique). Mais à la fin, le prof bodybuildé qui sait comment fidéliser la clientèle m'a dit que "j'avais été très bien". Il a ajouté "si si, je vous assure, je vous ai répérée, vous étiez très bien". Du coup, je lui ai dit "à la semaine prochaine" alors que je m'étais promise de ne jamais revenir. Ah, la faiblesse de l'esprit...

Ensuite, je suis rentrée dans une nouvelle dimension, puisque j'ai franchi la porte des vestiaires. Dimanche dernier, j'étais rentrée fissa pour me doucher chez moi. Cette fois-ci, j'ai rentabilisé le déplacement en enchaînant avec un sauna et une bonne douche. Franchement, ce n'est pas plus mal.

Je ne vais pas vous dire à quel point le sauna est une chose au moins aussi merveilleuse que le hammam. Je raffole de ce genre de trucs. En Allemagne, où les gens sont très libres de leur corps (si tu ne comprends pas ce que je raconte, c'est que la Freikörperkultur ou FKK et son impact historique et philosophique te sont inconnus), j'ai toujours eu un peu de mal à aller au sauna où tout le monde est tout nu. En France, les gens gardent leur maillot. Mais finalement, je me suis rangée à l'avis des Allemands : les maillots en synthétique sont des nids à bactéries, alors c'est un peu sale. Du coup, ni l'un ni l'autre ne me plaît. Ce que je préfère encore, c'est aller chez ma copine finlandaise qui a un sauna chez elle, comme ça, on est tranquilles.

Sauf que là, je n'étais pas chez elle. Et que je mourrais d'envie d'entrer dans le sauna. Mais je n'ai même pas eu à me faire violence. Parce que les vestiaires du club de sport, c'est un peu la fête de la fesse à l'air. Et que moi, quand il y a de l'ambiance à une fête, je me laisse facilement emporter.

Surtout que voir comment sont faites les vraies femmes sans vêtement, c'est plutôt rassurant. Y a des femmes du monde qui disent que dans de telles circonstances, il n'y a que des bombasses à poil. J'ai trouvé que c'était loin d'être le cas. Mais c'est sans doute lié à l'horaire : le matin à 10h, il y a plus de retraitées que de jeunes cadres dynamiques.

Ni une ni deux, je me suis retrouvée sans l'ombre d'une hésitation à déambuler en société entre le sauna, les douches et mon casier en tenue d'Eve, comme si j'avais fait ça toute ma vie. Conclusions :
- le sauna, c'est mieux sans maillot
- se changer en public, c'est plus pratique quand on ne se contorsionne pas pour cacher son petit doigt de pied tout en enfilant son soutif
- les vestiaires, c'est quand même bien que ça ne soit pas mixte
- le sport, c'est comme un lavage de cerveau, ça vous change complètement.

02 novembre 2007

Ma vie est palpitante

Hier, je voulais aller m'inscrire là où je vais faire du sport, maintenant que je suis certaine d'être à Paris pour encore au moins un an. Et puis finalement, des amis m'ont appelée pour savoir si je pouvais venir les aider à lessiver et peindre les murs de leur nouveau nid d'amour. J'étais toute contente d'avoir une occupation saine, altruiste et physique. Vu mon état ce matin, je me dis que ça vaut bien une séance d'abdo-bras-fessiers cette histoire.

Du coup, le soir, pour me remercier, ils m'ont offert le champagne. Franchement, je n'ai jamais autant bu de champagne en si peu de temps que depuis que je ne suis pas admissible. Remarquez, peut-être que les admissibles en boivent encore plus souvent que moi, mais dans ce cas, ils doivent être pétés 20h sur 24, ce qui ne doit pas être optimal pour les révisions. Les gens trouvent tous d'excellentes raisons pour considérer que ma non-admissibilité n'est pas un obstacle à la consommation de bulles. Comme dirait l'autre, je me plains pas, je constate.

A part ça, j'ai découvert deux choses absolument bouleversantes hier. D'une part, je suis perdue : le Nicolas (le marchand de vin) juste en face de chez moi va incessamment sous peu être remplacé par un Starbucks Coffee. Un Starbucks qui fait du mocca blanc et sur lequel je tombe dès que j'ouvre ma porte. Le rêve quoi. Mais quand j'ai vu les jolis panneaux verts, j'ai surtout pris peur. Vais-je savoir me retenir ? Suspense.

D'autre part, pour la première fois de ma vie, j'ai fraudé dans le métro. Je ne suis pas un parangon de vertu, mais avec une carte Imagine R, c'est un peu difficile de frauder, vu que tu es en règle partout et tout le temps. Voilà. Sauf qu'hier soir, après mes 4 coupes de champ, j'ai pris le métro dans une station où la signalisation n'est pas claire du tout (encore moins claire que je ne l'étais moi-même). Il y a deux lignes, mais j'avais beau regarder partout, je n'en voyais qu'une. Bon en fait, il faut passer sur le quai de la première ligne pour accéder à la seconde, sauf que ce n'est pas indiqué. Enfin si, mais il n'y a pas le nom de la ligne, juste ceux des deux terminus. Or moi, les terminus de ligne de métro, je ne les connais pas par coeur, donc je n'ai pas compris le truc. Du coup, je suis ressortie de la station, pensant que le champ' m'avait brouillé l'esprit et que je m'étais plantée de station de métro. Et pas du tout. Donc je suis redescendue sous terre. Sauf que mon pass Navigo avait déjà été validé et ne voulait plus passer. Logique. Du coup, telle une petite voyoute, j'ai enjambé le tourniquet (je sais, je suis une méga-rebelle) et je me suis glissée sur le côté de la porte. Et là, franchement, je n'ai pu en tirer qu'une seule conclusion : frauder dans le métro, c'est réellement TROP facile. Le tourniquet est enjambable même quand on n'est pas danseuse de french cancan. Et on peut se glisser le long de la porte juste derrière sans aucun effort. Ok, il faut se mettre de profil, mais c'est un effort auquel j'étais prête à consentir. Je me demande presque s'il n'est pas moins galère d'enjamber le tourniquet que de chercher ma carte Imagine R au fond de mon sac de randonnée (autrement appelé "sac à main en milieu urbain hostile").

Je vous avais bien dit que ma vie était palpitante.

30 octobre 2007

"T'es sûre que tu vas bien ?"

Visiblement, je prends un peu trop bien mon échec. Ca laisse penser que :

- je serre les dents, "mais c'est pas la peine si c'est pour faire une méga-dépression dans 3 mois"
- en réalité, je n'en avais rien à foutre
- je SAVAIS que j'allais rater
- je n'ai pas VRAIMENT envie de réussir.

Ce qui me rend triste, c'est de savoir que je risque fort de ne pas faire l'ENA avec celui avec qui j'en rêve depuis notre entrée ensemble à Sciences Po. Nous ne serons selon toute vraisemblance pas camarades de promo. Un vieux rêve qu'il faut oublier, parce que lui aura cette année la réussite qu'il mérite.

Ce qui est difficile, c'est d'avoir l'impression de stagner, d'en rester au même point depuis 2 ans, et de n'être "pas entrée dans l'Histoire" pour reprendre les propos de notre Président. Attendez, je ne rêve pas de devenir un personnage "historique", mais simplemenet d'avancer dans ma vie, "connaître le progrès". J'aimerais pouvoir avoir quelque chose à répondre quand on me demande "alors, quoi de neuf ?". En général, rien de neuf : je prépare mes concours, et basta. Je n'ai pas de safari en Irlande à raconter, ni de visites culturelles aux Galapagos. Encore moins de grands projets de déménagement ou d'évolution professionnelle. Je suis toujours avant un concours, après un autre, en attente de résultats ou d'oraux. J'aimerais avoir des choses à raconter et de grandes nouvelles à annoncer de temps en temps, mais pour ça, il faudra attendre encore un peu. Encore un peu plus.

Oui, je vais bien. Ca ne veut pas pour autant dire que je ne suis pas déçue, que je suis soulagée de ne pas avoir à me frotter au jury en chair et en os, ou que j'étais partie perdante. J'y ai cru, tout en ayant conscience que j'avais plus de chances de ne pas avoir le concours que de l'avoir (c'est statistique).

J'ai envie de réussir, mais je sais que si je n'y arrive pas, ça ne veut pas dire que je ne vaux rien, ni que ma vie est finie. Il y a une vie sans l'ENA, qui peut même être radieuse. Ceci est un message non-subliminal à la personne arrivée hier sur mon blog via "je ne suis pas admissible à l'ENA et je veux mourir". C'est sûr qu'à côté, je vais très bien...

Enfin, j'ai encore une tentative l'année prochaine, que je compte bien utiliser. Je n'ai pas dit mon dernier mot.

28 octobre 2007

Vérité

C'est dingue comme je me sens mieux quand la nuit fait une heure de plus... Pourquoi ça ne peut pas être tout le temps comme ça ?

Rien à voir mais :



et sa version revue et corrigée,intéressante :



(Benjamin Biolay, Dans la Merco-Benz)

26 octobre 2007

Comme avant Noël

Voilà, depuis quelques jours un peu, et depuis ce matin beaucoup, je me sens comme juste avant Noël. Quand les cadeaux sont déjà sous le sapin, et qu'on n'a plus qu'à déterminer si on a le gros, le petit, ou le "c'est l'attention qui compte". Ces satanés résultats vont bien finir par tomber, à force de les attendre avec tant de conviction. La patience n'est vraiment pas mon trait de caractère le plus prononcé, ça se confirme.

Depuis plusieurs années, alors que cette liste me laissait relativement indifférente, l'ENA publiait généralement les résultats avant leur date officielle de sortie, le vendredi. Pleine d'espoir, je clique donc sur "actualiser la page courante" de façon répétée depuis ce matin.

Mais parfois, au lieu d'actualiser, je clique sur le lien, mais mal, parce que je suis une gourde. Ce qui m'a, au passage, valu quelques micro-crises cardiaques. Il suffit de ne pas cliquer sur le bon lien, une page différente de d'habitude s'affiche, on y croit très fort, et finalement non. On a juste affiché involontairement sur la liste des internes.

Je crois que c'est ce soir que l'émission Popstars se termine et que le jury forme l'équipe gagnante. Pourquoi mon jury à moi ne ferait pas pareil, hein ?

(Si tu es un lecteur assidu, tu remarqueras la métaphore filée et subtile depuis plusieurs mois sur le thème de Popstars et des concours administratifs. Je sais, c'est pas terrible...)

(Et si tu te demandes comment je connais le calendrier de Popstars, je vais te le dire : à partir de lundi prochain, à l'horaire habituel de Popstars, y a un truc de mannequins en herbe, d'où ma déduction, hein.)

24 octobre 2007

Démocratie participative

Bon, je vois qu'en ce moment, je vous déçois un peu. J'écris des trucs pas très intéressants et pas très drôles (alors que d'habitude, évidemment, ce que j'écris est d'un comique désopilant et d'un intérêt indubitable). Mais franchement, j'ai un petit passage à vide de l'inspiration.

Alors voilà, dites-moi de quoi vous avez envie que je vous parle, et si j'en ai envie moi aussi (oui, c'est la démocratie participative ici, pas la dictature du peuple, nanmého), je saisirai le sujet au bond. Peut-être que comme ça, j'arriverai à vous faire plaisir.

(Je sais, ça fait un peu appel désespéré, mais même pas honte)

(Avec ça, Wikio va encore me classer dans les blogs politiques. N'imp...)

22 octobre 2007

Tomber de rideau

Vendredi soir, je suis allée au théâtre. En réalité, je devais travailler, mais étant donné que l'ensemble de ma journée s'était déroulée à l'inverse de mes plans, j'ai fait une entorse supplémentaire à mes prévisions lorsqu'on m'a gracieusement et gentiment offert une place. La pièce étant mauvaise et mal interprétée, j'ai relativisé la générosité de cette offrande à la sortie de la représentation.

Je vais rarement au théâtre, et je me suis rappelée pourquoi. Je trouve la programmation généralement assez navrante : entre du théâtre de boulevard battu et rebattu, des grands classiques vus et revus, et du théâtre ultra-contemporain où "moins tu comprends, mieux c'est", j'ai du mal à me motiver. A moins de se tenir très au courant de ce qui se passe (au risque d'ailleurs de tomber dans le travers 3), il est à mes yeux très difficile de bien tomber.

A ce problème de départ s'ajoute ma consternation face à la médiocrité générale de la prestation des comédiens. Je sais que je ne vais pas me faire que des amis en disant cela. Je sais que c'est un métier difficile et parfois ingrat. Mais raison de plus : si les places sur scène sont chères (pour les comédiens, je ne parle pas encore en spectatrice), ceux qui les occupent devraient être d'autant meilleurs ! Or souvent, j'ai l'impression d'assister à un mauvais spectacle de fin d'année, avec des monologues débités sans vie et des dialogues articulés à l'extrême. Mais bon Dieu, ce n'est quand même pas infaisable de réciter sans déclamer ni ânonner comme on débite des déclinaisons latines !

Je suis donc le plus souvent déçue. Evidemment, ce n'est pas le cas lorsque je vais voir Huppert au théâtre de l'Odéon. Et comme je suis un mouton, je ne suis alors pas la seule à accourir. En revanche, la salle où j'ai passé ma soirée de vendredi était aux trois quarts vide. Matérialisation de la "crise du monde de la culture" dirons les uns. Conséquence logique d'un mauvais spectacle, selon moi.

Jusque là, je n'ai rien découvert vendredi dernier. En revanche, j'ai été surprise par le public... pour le moins dissipé. Peut-être était-ce lié à la piètre qualité de la pièce, mais je n'en suis même pas certaine. Les gens arrivaient en retard, se levaient, changeaient de place, partaient pisser (en faisant 3 fois le tour de la salle pour trouver les toilettes), parlaient, trituraient des sachets en plastique. Ils ont confondu cinéma et théâtre ou quoi ? Je n'excuse pas plus le manque de respect des amateurs de salles obscures, mais au moins, ils n'offensent pas les acteurs qui ne les voient pas. J'en suis restée bouche-bée.

Cerise sur le sundae : je pense que le directeur de cette merveilleuse salle de théâtre fait des économies de chauffage, ou qu'il compte en vain sur la chaleur humaine pour chauffer. La salle était glaciale, ce qui ne favorisait pas l'enthousiasme. Mon angine se réjouit quant à elle d'y avoir trouvé un terrain propice pour se développer et être désormais au mieux de sa forme. Nan vraiment, une formidable soirée !

21 octobre 2007

Sigmund le farceur (bis)

Quand on voyage dans mon inconscient, ça peut soit faire peur, soit faire rire... J'ai très envie de dormir là maintenant tout de suite, mais je commence à avoir un peu peur de mon Moi dormant. Bien évidemment, si tu as lu Freud, tu sais que mon Moi dormant est en réalité mon Ça. Mais tu ne vas pas commencer à chipoter, je ne suis pas d'humeur.

La nuit dernière, mon Ça a pensé que je serais touchée de sa tendre attention. Il m'a fait rêver que je demandais à Bernard Laporte himself de rédiger pour moi un billet pour mon blog, pour vous annoncer que je n'étais pas admissible.

Nan mais franchement, Bernard Laporte... En même temps, je prends des gens compétents, tu remarqueras. Je ne lui ai pas demandé de me remplir ma déclaration de revenus. Vu que je n'ai malheureusement pas de revenus, ça serait vite fait de toute manière.

Je n'ai aucune idée de ce que Bernard racontait, mais LUI, il savait sacrément bien parler de la défaite et de la suite. Surtout de l'échec en réalité. On n'a pas dit que j'étais obligée d'avoir des rêves prémonitoires non plus, hein.

La seule bonne nouvelle ? Son billet ne ressemblait pas à la lettre de Guy Môquet...

17 octobre 2007

Maraboutée

Là... là... je crois que ça devient pathologique. J'aimerais vraiment savoir qui joue à la poupée vaudou avec moi. Ou plutôt : avec mon téléphone. Vous vous rappelez du jeune homme au prénom suranné ? Disons que c'est plus ou moins reparti comme en 40 niveau dragouille.

Sauf qu'il faut tempérer tout cela avec les éléments suivants : on est tous les deux la tête sous l'eau en pleine préparation d'écrits et d'oraux, donc on ne peut pas dire que les rencontres soient fréquentes ni rapprochées. OK, j'enjolive un peu la situation en parlant carrément de dragouille, ce n'est pas si net que ça. Quand on se voit une fois par mois, ça n'aide pas à faire avancer les choses non plus. Menfin bref, le contact a été repris quoi.

Et là, je suis certaine que tu te demandes, lecteur, ce que mon téléphone portable a bien pu inventer pour me pourrir la vie. Ben je vais te le dire : il ne me dit plus quand j'ai des messages sur mon répondeur. Tu vas même avoir droit à une confidence : tu n'as pas idée du côté pratique de la chose dans le circuit de ton téléphone qui te met au courant qu'appeler ta messagerie serait une bonne idée.

Le jeune homme sus-cité m'a appelée jeudi dernier pour prendre de mes nouvelles et me proposer un truc. Sauf que j'étais en plein concours, et que donc (va savoir pourquoi) je n'ai pas répondu. J'avais même pensé à éteindre mon portable, sans quoi j'aurais été définitivement exclue de l'épreuve. Je veux bien faire des efforts, mais il y a des limites à tout hein. Donc : téléphone éteint, aucune trace de l'appel. Et en l'absence du précieux message informatif de mon répondeur, je n'ai eu son message qu'aujourd'hui, tout à fait par hasard. Quasiment une semaine, ça fait un peu tard pour répondre, d'après les règles du protocole du téléphone portable.

De toute façon, jeudi, je ne pouvais pas. Et pour qu'on trouve un moment libre en commun, ça repousse aux vacances de Noël environ, alors c'est pas dramatique hein. Menfin bon, quand même, j'aimerais que mes appareils technologique arrêtent de me trahir.

15 octobre 2007

Arithmétique

Mon destin est malheureusement de devenir un éléphanteau à force de manger sans pouvoir dépenser mes calories. Je vous explique :


- d'un côté, ma future salle de sport ne veut pas de moi. Nan mais je rêve, j'arrive même à me prendre des rateaux par des gens qui sont supposés être presque prêts à me payer pour que je vienne les voir. Disons que ça ne s'est pas tout à fait passé comme ça.

Déjà, ils ne veulent pas me faire de tarif préférentiel alors qu'ils sont plus chers que leur voisin. Mon expérience me faisait dire que les salles de sport sont prêtes à tout pour vous faire signer, et bien... non. Adam Smith et les mérites de la concurrence peuvent aller voir sur un autre manège si la queue du Mickey est plus grande.

Parce qu'en plus de tout ça, l'assurance mutation chèrement payée ne couvre pas le cas dans lequel vous sautez au plafond de joie après avoir réussi un concours nécessitant un déménagement en province. Donc ils vont devoir se passer de ma présence dans leurs locaux, avant que je ne change d'avis dans quelques semaines.

Voilà pourquoi il va falloir que je stocke mes calories sur moi pendant tout l'hiver (et ne me dites pas qu'il y a d'autres façons de faire du sport, je le sais, mais je n'ai pas envie).


- d'un autre côté, je viens de découvrir que Monoprix vendait enfin TOUT ce qui est nécessaire à la réalisation de mes plats thaïs préférés. Avant, il me manquait toujours quelque chose, mais plus maintenant : citronnelle, galanga, basilic thaï et feuille de kaffir. L'introuvable est désormais à deux stations de métro ! J'ai failli faire un feu de joie au milieu des rayons, mais j'ai vu que le vigile ne semblait pas avoir un sens de l'humour - ni de la gastronomie - si développé.

Mais pour fêter ces perspectives culinaires en rentrant chez moi, j'ai fait des panna cotta (oui, je bouffe pour me réjouir à l'avance de futures ripailles, qu'est-ce qui vous échappe ?). Sauf qu'en vrai, les panna cotta, c'est normalement pour recevoir mon groupe de coachés demain chez moi. Mais que nous sommes 5 et que, c'est étrange, j'en ai fait spontanément pour 8. Il n'y a plus qu'à espérer que personne ne voudra se resservir demain, parce que là, l'appel de l'amande crémeuse et de la framboise acidulée a été plus fort. Mais j'en ai laissé une pour chacun demain, ne vous imaginez surtout pas que je suis une goinfre déraisonnable.

Donc l'équation est ainsi : des + d'un côté, sans - de l'autre. Cela fait donc bien des + au final.

Embajada de utopia

Je sais pas vous, mais moi, j'ai passé un week end formidable de glande absolue, mais culturel quand même. J'ai beaucoup et bien mangé (retour au bercail familial oblige), j'ai dormi plus en deux jours que sur l'ensemble de la semaine passée, et j'ai été écouter un concert de musique baroque dans un cadre esssspoustouflant.

Mais maintenant, fini de rigoler, une montagne de travail m'attend. Donc je vais m'arrêter là, mais en vous laissant en bonne compagnie, und zwar (j'adore cette expression en allemand, qui est fort pratique : vous dites un truc vague, après vous mettez "und zwar" et vous détaillez), und zwar, disais-je donc, celle de Kevin Johansen.

Injustement méconnu, le monsieur est un vrai Américain, mais dans le sens continental du terme. Né en Alsaka d'un couple américano-argentin, sa vie est l'histoire d'une longue descente vers le Sud : quelques années en Californie puis en Argentine (bon après, il a fait un séjour à New York, ce qui plombe mon approche géographique descendante implacable). Du coup, sa musique, tantôt en anglais tantôt en espagnol, est teintée de toutes ces influences.

Et puis j'aime aussi follement sa voix si douce à écouter, le fait qu'il soit encore sexy même vêtu d'un improbable costume andin que même les joueurs de flûte de pan de la RATP n'en voudraient pas, et son autodérision quand il joue au latin lover qui montre ses biceps. Assez parlé, je vous laisse avec lui et, dans l'ordre, Sur o no sur, Daisy et Anoche soñé contigo.