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10 janvier 2008

Sur le livre du visage

J'avais dit haut et fort "Facebook, moi, JAMAIS !" d'un ton résolu. Bon... Seuls les bêbêtes campent sur leurs positions. Donc : ça y est, je me suis fait finalement piéger comme tout le monde, je suis désormais sur le livre du visage. Pour l'instant, je trouve ça très très drôle.

Evidemment, première chose que j'aie faite : aller voir ce que sont mes (innombrables, bien sûr) exs devenus. C'est un peu le but ultime de Facebook non ?

Au lycée, J. voulait devenir cinéaste d'art et d'essai, écoutait du reggae "fuck la société", et je l'avais accompagné à Clignancourt se faire des dreads au goudron. Désormais, il travaille en banque d'affaire new-yorkaise et est rasé de près, après avoir fait une grande université américaine. En même temps, j'aurais dû m'en douter : au retour de son coiffeur afro, il n'avait pas assumé les dreads toutes collantes, et sa mère avait passé la soirée à essayer de lui démêler les cheveux à coup d'eau bouillante et d'après-shampoing Ultradoux.

L., est désormais en couple avec un jeune homme délicieux. Bon, je le savais déjà et depuis très longtemps. Pas l'ombre d'un choc en vue. En fait, je n'aurais même pas pensé à le considérer comme un ex, mais c'est lui qui a indiqué à Monsieur Facebook que nous nous connaissions car "we dated for a short while and still get along great". Ca m'a fait mourir de rire, et énormément flattée. Ensuite, je me suis dit que les gens allaient peut-être penser que j'avais été la dernière avant le premier, celle qui l'avait fait basculer du côté obscur de la force. Ca m'a fait encore plus rire.

Q., le petit malin, ne met même pas qu'il est "in relationship", alors que je sais très bien que c'est le cas (à moins que les choses n'aient changé... mmmmh, à vérifier !), et A., lui, est toujours "in relationship", le con.

Les autres, il faut que je leur demande d'être mes amis pour voir leur profil. Dieu que c'est frustrant ! Il y en un qui a mis une photo sur laquelle il a l'air plus miam que j'amais. Et comme une nullarde, j'hésite et je n'ose pas. Je me sens aussi cruche que lors de la première fois où je devais les appeler.

Sinon, ça m'a permis de prendre enfin des nouvelles de copains à qui je devais écrire depuis 6 mois, au bas mot. C'est un peu plus constructif.

29 novembre 2007

WonderCoco

Oops, she did it again ! Camille d'Essayage a recommencé à me prendre pour une cible (facile) afin que je raconte ma vie de super-héroïne. Le problème, c'est que je manque d'imagination, freinée dans cet exercice par mon admiration sans borne pour Wonderwoman, qui a bercé mon enfance. Mais le but n'est pas de parler de ce qui existe, mais d'inventer. Alors je vais essayer...

Quel serait votre surnom de super héroïne ?

Ben... WonderCoco, en hommage à Lynda Carter

Votre super pouvoir secret ?

Faire tomber les garçons amoureux de moi rien qu'en y pensant (je sais, c'est un super pouvoir très égoïste, mais il faut bien penser à soi de temps en temps)

Votre combinaison et accessoires distinctifs ?

J'hésite entre une sublime robe fourreau noire qui se transformerait en combinaison ultra-confortable lorsque je devrais entrer en action, et une cape rose à paillettes. Je crois que je vais rester sur la robe fourrreau, histoire de préserver les apparences du bon goût.

Votre devise qui fait mouche quand vous triomphez des super vilains ?

"Hinhin, t'aurais jamais cru que je te rattraperais avec mes talons aiguilles, hein ? BEN SIIIII !!" (l'élément important est le "ben si" final, évidemment)

Que feriez-vous de vos journées si vous aviez le pouvoir de dédoublement ?

Je redeviendrais une super amie qui aurait le temps de penser aux anniversaires, de préparer des petits gâteaux pour le thé, de répondre aux mails et de soutenir ceux qui en ont besoin, tout en travaillant non-stop pour moi.

Votre combat au quotidien pour sauver l’humanité ?

J'essaie de faire chier les autres le moins possible, dans chaque action que j'entreprends.

Qu’entendriez-vous si vous aviez le pouvoir de lire dans les pensées de votre patron ?

"Mais pourquoi ai-je donc refusé sa candidature ?" (venant donc de celui qui a refusé de devenir mon patron)

Votre talon d’Achille ?

J'ai du mal à supporter qu'on ne m'aime pas. Même de la part de gens que moi je n'apprécie pas.

Avec quel super héros vous auriez aimé avoir une super aventure ?

Aucun. La combinaison intégrale moulante me laisse de marbre. Dr Mamour, ça compte ?

A quelle époque auriez-vous aimé vous téléporter ?

Ben, comment je peux savoir si c'est mieux avant ou après que maintenant, puisque je n'ai connu ni l'un ni l'autre ?! Bon allez, on va dire Berlin dans les années 20.

Je sais que tout cela n'a ni queue ni tête, qu'il n'y a aucune logique entre ma tempo-transportation à Berlin et ma cape rose, ni entre ma devise et mes pouvoirs. Je suis une mauvaise super-héroïne, il me semble...

02 septembre 2007

Les blagues de Sigmund

A la grande surprise de mon entourage, à l'exception de ceux qui me connaissent vraiment, je vais bien. Je vais très bien. Je dors normalement, je mange normalement, je ne suis pas angoissée. Mais la nuit, le copain Sigmund doit bien se marrer.

Après avoir rêvé de sujets complètement farfelus ("L'administration française et l'Histoire", en droit public, ou encore "Liberté, égalité, fraternité" en économie : ce ne sont pas thèmes inintéressants, mais je préfererais avoir des choses légèrement plus classiques), après avoir cauchemardé de copies rendues en ayant oublié de traiter la moitié du sujet, cette nuit a été magistrale.

J'ai toujours eu du mal à dire non. Pour ne pas déroger à la règle, je n'ai donc pas réussi à refuser lorsque Virginie Eflira m'a demandé de présenter La nouvelle star à sa place, pour le samedi soir même. A deux jours du concours, rien de plus facile. Un micro, une tenue à paillettes et hop, me voilà transformée en reine du prime-time.

Sauf qu'en plus de mes dernières révisions et de la préparation de mon premier show télévisuel, j'avais le mariage d'une amie et une mission type Cat's eyes à accomplir dans l'après-midi sur un quad rouge.

J'ai fini par dire à la production d'M6 que pour cette fois-ci, ça pourrait aller, mais qu'il faudrait que Virginie reprenne sa place la semaine prochaine. Quel drame, personne ne comprenait. Mais bien sûr, quand je leur ai expliqué que je passais l'ENA lundi, ils ont tous été soudainement pleins de compréhension et m'ont libérée.

Je vous jure, c'est crevant des nuits aussi bien remplies !

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16 août 2007

Et ils gouvernent le monde...

Le jour est grave : le King est mort depuis 30 ans aujourd'hui même. J'en vois qui ricanent au fond, et je ne dirais pas mieux que Baba : "Je vous demande de vous arrêter". Je sais que ça fait moyennement "up market" comme aveu, mais voilà, parmi tous mes goûts musicaux limite, Elvis Presley est un incontournable. En même temps, je ne peux pas dire que je sois vraiment triste qu'il soit mort, étant donné que je n'aime que les chansons de ses débuts.

Les Américains aiment aussi beaucoup Elvis. J'ai entendu que grâce à lui et à son service militaire en Allemagne, les Etats-Unis avaient évité une vague massive - que dis-je ! un tsunami - de désertions à la fin des années 50. Ca, c'est juste histoire de situer de façon elliptique le mythe Elvis dans l'histoire américaine contemporaine.

Hier, j'ai aussi lu que 17% des Américains croyaient que le King n'était pas mort. Dans un autre article, le chiffre est de 7%. On va donc dire 10% pour faire une moyenne pondérée.

Les Américains sont de grands fans des histoires de complot. Dans L'Obsession du complot, Frédéric Charpier montre que les théories du complot "sont le triste révélateur du délitement des sociétés qui ne savent plus faire la part entre la fiction et la réalité : elles ont renoncé à l'esprit critique pour le fantasme et l'irrationnalité". En cours de "Religion(s) in America", mon prof nous avait expliqué l'origine quasi-théologique de cette fascination américaine pour le complot, mais humhum, je ne m'en rappelle plus.

Donc 10% selon mes estimations personnelles (absolument pas scientifiques) des Américains (ça fait quand même 30 millions de personnes) croient qu'Elvis est toujours vivant et se promène aux quatre coins du monde, incognito, sans rien dire à personne. "Pour vivre heureux, vivons cachés" serait devenu sa nouvelle maxime.

Sauf que parfois, Elvis, il craque et va se manger un hamburger dans un fast-food. C'est généralement dans ces lieux qu'il est aperçu régulièrement. Toujours en train de manger un hamburger, jamais des ailes de poulet ou des ribs. Cet article canadien rapporte les faits et les preuves plus ou moins farfelues avancées par les illuminés de la thèse du complot. Ca vaut la lecture (j'aime beaucoup la thèse de la réincarnation en oiseau ou celle de la poupée de cire).

Mais ne nous abandonnons pas là-dessus : grâce à Kenders, j'ai des lecteurs audio sur mon blog !! Plus un seul billet muet, désormais. La souffrance commence aujourd'hui...

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13 août 2007

Si con... mais si bon !

Merci Kenders de m'avoir fait sortir du Conseil d'Etat pendant quelques minutes... Ca casse pas deux oreilles à un Télétubby, mais ça fait du bien :D

30 juin 2007

Je suis un bloggeur influent

La preuve ? J'ai eu mon premier troll. En fait, j'en ai déjà eu d'autres, mais des trolls plutôt inoffensifs, qui viennent juste poster pour faire leur pub genre "regarde ce nouveau blog que je viens de découvrir comme il est trop génial de la mort qui tue sa race totalement déchirée".

Le troll de la journée n'est pas comme ça. On pourrait considérer - dans une perspective d'ouverture d'esprit et de liberté de parole entière - qu'il ne fait que donner humblement son avis de façon argumentée. Bon, il se trouve que pour donner son avis, il est OBLIGE de dire à quel point je suis vilaine. Mais nous parlions liberté entière de parole. Alors je vais dire que ce n'est pas là que réside son trollisme.

Ce troll me réjouit à un point que vous ne pouvez pas imaginer. Pas seulement pour la marque de notoriété que cela me donne, mais parce que ce troll est DRÔLE (zavez remarqué comme "troll" et "drôle" ça va ensemble ?). Et oui, je ne suis décidément rien qu'une vilaine Cruella, je suis du genre à me réjouir de voir les autres s'embourber ouvertement dans leur connerie. Et je trouve savoureux de voir quelqu'un s'énerver sur un sujet dont il n'a pas compris le second degré.

Et puis voir cet aspirant sciences-potiste, qui n'est qu'esprit et a oublié toute contrainte corporelle dans une posture intellectuelle engagée très romantico-exaltée Ariane-Deumienne dont on n'est capable qu'en attendant les résultats du bac après avoir bouffé 8 heures de philosophie fumiste par semaine, mettre tant de coeur à défendre l'école qu'il n'intégrera peut-être jamais, je trouve ça beau et touchant à la fois. J'en ai presque la larme à l'oeil.

21 mai 2007

Et les soirées de l'Ambassadeur sont toujours une réussite !

J'ai oublié de vous raconter un truc GE-NIAL, une soirée entre amis passée la semaine dernière grâce à l'ingéniosité de Myriam (enfin, je crois).

Donc on va dire que c'est Myriam (en vrai, c'est peut-être Juliette) qui avait trouvé un petit café du côté des Gobelins, l'Oya Café (25 rue de la Reine Blanche pour les curieux), qui propose une formule intéressante et à mes yeux complètement novatrice. En fait, il paraît que ça existe depuis longtemps, mais que voulez-vous, Coco est jeune et Coco découvre régulièrement le monde. Donc le principe : pour 6 euros, vous avez une boisson non alcoolisé et... une partie de jeu de société.

Il y en 250 dans la boutique, pour la plupart étrangers. Le maître des lieux est également maître de jeu : vous lui racontez ce que vous aimez, ce que vous attendez du jeu et le temps que vous avez, il vous propose l'un de ses jeux, en explique les règles et court à votre rescousse à la moindre hésitation.

On lui a expliqué en 3 mots ce qu'on voulait (j'ai dit que j'avais un problème de connexion neuronale lorsqu'il s'agissait de comprendre des règles de jeu de société et que je n'avais pas toute la nuit devant moi, les autres qu'ils voulaient rire). Et on est tombé sur Time's up.

Une découverte pour nous tous, qui nous a fait passer un excellent moment. A force d'éclater de rire et de hurler à travers le café, on a dû perturber ceux qui s'adonnaient à des jeux nettement plus intellectuels et stratégiques. C'était vraiment un moment très sympa passé avec Adalbert (que son côté plus polonais et britannique que français n'a pas empêché d'apprécier et de participer), Juliette et Myriam, qui devrait nous laisser des répliques d'annales.

Je vous conseille donc autant ce café que ce jeu. Et je pense bien que nous y retournerons pour partager une autre séquence de franche rigolade.

20 mai 2007

Come on baby... do the locomotion !

De plus en plus souvent, je vais passer le week end chez mes parents. Ce qui était rarissime avant est devenu nettement plus régulier. J'y vais recharger mes batteries (socialisation, sommeil, bons repas, petits soins "je me prends pour un Pacha"), bronzer quand il y a du soleil, et bien travailler. J'y ai en effet une ardeur à la tâche qui me fait parfois défaut à Paris. Hier soir, il a fallu moults insistances maternelles pour que je quitte mon bureau pour rejoindre mon lit.

Mais le moment culminant de ce week end familial a été la séance de danse du samedi soir. Ah non, n'allez pas croire que je suis allée en boîte au milieu des Beaucerons montés à la ville. Je suis restée chez moi, et ça a eu lieu avant le dîner, comme dans les maisons de retraite.

Pour des raisons longues à expliquer et inutiles à savoir, il FALLAIT que j'apprenne à danser le madison. Et ce ne sont pas les souvenirs de ma mère qui allaient m'aider. Donc je suis allée fureter sur internet, où l'on trouve vraiment tout. Et quelques essais et quelques fous rires plus tard avec ma maman, Locomotion de Little Eva à fond en bonde sonore, nous maîtrisions parfaitement ce pas typique des années 60.

J'adorerais vous faire une démonstration, mais je préfère vous laisser imaginer : je sais danser le madison...

En dehors de cette anecdote des plus intéressantes (comment ? Vous osez en douter ?!), je vous encourage à aller voir les photos du week end de Sven, qui prouvent, si cela était nécessaire, qu'il peut faire nettement plus beau chez les Vikings que chez nous !

14 mai 2007

Et toi, tu fais quoi dans la vie ?

Immanquablement, les présentations en société commencent par prénom, parfois nom, activité principale. Or, comme vous l'avez peut-être compris, mon activité principale à moi est de préparer l'ENA. Et visiblement, ce n'est pas super glamour à l'extérieur de l'enceinte de la rue Saint Guillaume.

J'en ai déjà un peu parlé ici, mais je confirme : une prepena, ça ruine votre vie sociale. Les gens deviennent vraiment bizarres une fois qu'ils savent ce que vous faites de vos journées. Je n'imagine même pas leur tête face à un vrai énarque...

Les médecins réagissent plutôt bien. "Ah, c'est intéressant ! Bon, je vais vous donner quelques vitamines en plus". Après, ils sont persuadés que je suis stressée et que c'est pour ça que j'ai mal à la tête, au ventre, au dos, ou au petit orteil. Non non, je ne suis pas stressée, promis. Et j'aimerais que vous me soigniez comme si j'étais une patiente "normale". Ils ont tous du mal à croire qu'on puisse préparer l'ENA et être zen, ce qui me vaut en général comme prescription principale "et surtout, détendez-vous !". Mais pivoine, je SUIS détendue. Enfin, je l'étais, jusqu'à ce que je vienne vous voir.

Après, il y a les coiffeurs, qui en restent muets, estomaqués. Parfois, ils ajoutent un compatissant "oh, ça doit être difficile...". J'aimerais leur dire que non, préparer l'ENA n'est vraiment pas difficile, mais que l'avoir, en revanche, l'est. Je me retiens à chaque fois, pour ne pas les rendre encore plus muets. Quoique j'apprécie en réalité grandement les coiffeurs taciturnes. Mais c'est une autre histoire.

Surtout, il y les soirées avec des non-prepénarques. Parce que parfois, il faut bien sortir de sa réserve naturelle, histoire d'avoir l'impression d'être un ours blanc au zoo. Si vous êtes la seule personne à préparer l'ENA de la soirée, vous pouvez être certain d'être scruté sous toutes les coutures comme une bête sauvage sortie de son milieu. Il s'agit souvent pour les autres de leur première confrontation avec un représentant de votre espèce, et cela les intrigue grandement. Ou pas.

Le plus magistral que j'aie vécu date d'il y a quelques mois. Il y avait un nombre impressionnant de dindes à cette soirée. Des filles à papa devenu riche trop vite pour acquérir en même temps le bon goût qui sied à l'aisance matérielle. Des blondasses décolorées aux rires chevalins, avec des bagues clinquantes et des jupes trop courtes. Qui avaient fait de "hautes études" dans des boîtes à diplôme dont le seul critère d'entrée est la feuille de paie de papa et ses relations.

J'ai voulu être prudente, me sentant en milieu hostile. Quand la première dinde m'a demandé ce que je faisais dans la vie, j'ai sobrement répondu que j'étais à Sciences Po. Elle m'a regardé en écarquillant les yeux, a hurlé un très distingué "OH PUTAIN, mais y a des intellos ici, ça calme" et s'est cassée aussi vite que ses bottes de pouffe à talons aiguille le lui permettaient. Mon intégration n'était pas vraiment bien partie. J'ai évité de rajouter que je préparais l'ENA, je pense qu'on m'aurait envoyé au coin dans la chambre pour me punir de ne pas être fun et de casser l'ambiance.

Le grand classique, c'est aussi la soirée de jeunes cadres dynamiques. Qui aiment tant baver sur la fiscalité française bien trop lourde et les fonctionnaires, si fainéants et incapables que c'en est la honte du pays. Ils déblatèrent pendant une dizaine de minutes. Enchaînent parfois avec les énarques, tous des incapables évidemment. Je bois du petit lait. Car il y en a toujours un, soudain, qui pense à me demander ce que je fais. Et je leur explique donc que je travaille très dur en ce moment pour devenir une paresseuse incapable surpayée. J'adore le moment où ils se décomposent, en se demandant comment rattraper le coup. En général, je les remercie pour leurs critiques constructives qui devraient me permettre d'éviter tous ces écueils si j'ai un jour la chance de devenir fonctionnaire, et je pars me servir un verre, en essayant de me trouver de nouveaux copains. Pas parce que je refuse tout contact avec le groupe précédent, mais parce que eux ont tout à coup du mal à me regarder en face et à continuer leur conversation.

Pour finir ce tour d'horizon, il y a aussi les gens qui trouvent ça très drôle de jouer à Questions pour un champion ou qui te prennent pour le Quid. Une question tordue leur passe par la tête pendant la soirée ? "On va aller demander à Coco, elle prépare l'ENA, elle doit savoir ça". Et là commence la séance de torture, toujours initiée par "Dis moi, toi qui prépares l'ENA, tu peux m'expliquer pourquoi...". J'adore passer des grands O en soirée... D'ailleurs, on devrait faire ça plus souvent, parce que ça met une ambiance... de folie... Est-ce qu'on fait chier les X de la même façon ? "Dis, toi qui est polytechnicien, tu peux me dire quel est exactement la réaction chimique qui fait que les bulles de certains champagnes sont plus fines que d'autres ?"

Tout cela n'empêche heureusement pas mes nombreux amis non-prepénarques qui me connaissent depuis longtemps de continuer à m'apprécier (enfin je crois) et à m'inviter à leurs soirées. Le problème, ce sont toujours les gens que l'on vient de rencontrer. Alors aujourd'hui je vais faire ma Princesse Diana : "mais nous sommes des gens normaux ! N'avons-nous pas droit nous aussi à une vie normale et à l'indifférence ?" ;-)

08 avril 2007

Size no longer matters...

Soulagement chez les peuples européens : c'est le Parlement européen qui le dit, "Size no longer matters in the EU".

Ils ont de l'humour à Strasbourg...

25 mars 2007

09 mars 2007

Conseils de style

Mon père a quelque fois des inspirations étranges en matière de style. La preuve avec ce petit dialogue téléphonique frais d'une dizaine de minutes :

"- Alors, tu fais quoi ce week-end ?
- S'il fait aussi beau que la météo le dit, je pense que je vais aller me promener au Champ de Mars demain matin...
- Ah oui, c'est une bonne idée ! Tu mets ton jogging rose, des colliers et hop..."

Je m'imagine déjà, gambadant telle Candy, au milieu du Champ de Mars demain matin. Surtout, quand on va faire un jogging, ne pas oublier SES colliers, voilà ce qu'il faut retenir du stylisme paternel. Parfois, il dit VRAIMENT n'importe quoi. Et je crois qu'il ne rigolait même pas. Ou alors très involontairement.

Afin de dissiper tout doute : je n'ai pas de jogging rose. Enfin si mais non. C'est-à-dire que j'ai un bas de jogging urbain vieux rose très joli qui me sert de bas de pyjama, parce que les vrais pyjamas sont tous moches. Et j'ai aussi un vrai jogging anciennement gris chiné qui a malheureusement rencontré une chemise rouge dans le lave-linge, et est devenu rose tyrien. Et que je cantonne du coup également au rôle de bas de pyjama.

En revanche, j'ai une très belle tenue de sport, qui est noire et rose, mais pas du tout du genre Barbie, plutôt très chic vous voyez. Le genre de tenue de sport que vous pouvez mettre pour aller chercher votre pain (et je vous assure que pour que MOI, je vous dise que vous pouvez la mettre pour autre chose que pour faire du sport, c'est que c'est vrai).

En réalité, la seule chose qui me manque, ce sont des baskets. Mais lundi soir, je vais chez Décathlon l'ami de mes moments sportifs, histoire de faire fonctionner l'économie française et les mains des petits mineurs philippins exploités. Et qui sait, peut-être ont-ils aussi des colliers de sport, pour faire plaisir à mon papa ?

Nouvelles du front

Cet après-midi, au détour d'un cours mortellement ennuyeux par son simplisme, je retrouve avec plaisir et papotages une amie disparue dans les limbes de la préparation des oraux ces six derniers mois.

Le retour pour elle est difficile. Un tour d'horizon. Elle scrute, elle reprend contact du regard avec ceux qu'elle avait quittés en octobre. Et conclut, résignée :

"Pffff... j'ai vraiment l'impression d'être revenue à Mocheland !"

07 mars 2007

Comment préparer un oral

Aujourd'hui, quelques conseils de méthodologie, principalement destinés aux candidates, qui ont, statistiquement parlant, beaucoup moins de chances que ces messieurs d'être admises à un concours tel que celui de l'ENA. Je dis bien statistiquement : d'1/3 d'amissibles, on passe à un 1/4 d'admises. Je ne m'étendrai pas sur les raisons de cette hécatombe antiproportionnelle, d'autres (Duru-Bellat et Mosconi en particulier) l'expliquent mieux que moi.

Là, je vais faire semblant que je suis une pro de l'oral, alors qu'en réalité, je n'en sais rien encore. Je n'en ai pas passé énormément, ils étaient tous sans grande importance, mais ils se sont toujours tous bien déroulés. Forte de cette expérience, je vais vous raconter comment je fais.

Premier constat : pour un oral, si vous avez raisonnablement travaillé, vous avez les mêmes connaissances que tous les autres candidats, ni plus, ni moins. Il va donc falloir se différencier autrement. En particulier en évitant d'être stressé. Aussi, vous veillerez la veille du grand jour à ne pas réviser. Ca ne sert à rien, et il vaut mieux passer la journée :

- à s'épiler. Ca défoule et ça fait toujours mieux de ne pas arriver en yeti. Le jury évite ainsi de croire que vous êtes devenue asociale ou ermite (mot que je ne sais jamais écrire correctement à cause de La Gloire de mon père). Il apprécie que vous ayez encore du temps pour ce genre de futilités et que vous soyez sans doute suffisamment soignées pour prendre une douche tous les jours. Et puis être épilée permet accessoirement de se mettre en jupe. Et la jupe et la meilleure amie de la femme non ? En outre, je recommande vivement l'épilation à la barbare (pardon, à la cire), histoire qu'à côté de ça, l'oral qui vous attend vous semble être une partie de plaisir. Ca aide à relativiser.

- à se faire des masques, pour ne pas avoir de cernes. Rien de pire que de donner l'impression qu'on s'est tuée à la tâche, surtout si la prestation est moyenne... Pour peu que le jury soit tenté de dire "tout ça pour ça ??"... Et puis, attirer la compassion d'un jury est absolument inutile, même (surtout) si vous vous mettez à pleurer. Avec une tête d'enterrement, vous réussirez au mieux à leur faire pitié, et personne n'a envie de recruter quelqu'un qui fait pitié, surtout pour l'avoir comme collègue 2 mois plus tard. A mon tout premier oral à Sciences Po, je m'étais mis du fard à paupière violet sous les yeux pour faire croire à mon prof que j'avais travaillé sans relâche, et ça n'avait que très peu fait avancer le schmilblick...

- à choisir une tenue. Ou plusieurs. De préférence avec un public, c'est plus drôle. Comme le dirait Anaik, chez moi, c'est tombé comme par hasard sur mes parents. J'aurais bien pris l'avis de Brad aussi, mais il était occupé ailleurs. Bref. Choisir une tenue option "beau temps" et une "mauvais temps". Vérifier que vous avez bien une paire de collants impeccables (d'où l'intérêt de le faire quelques jours avant l'oral, histoire de pouvoir passer chez Monop si jamais ce n'était pas le cas). Vérifier également que vous avez une paire de bas de rechange (plus facile à enfiler que des collants dans des toilettes douteuses), à toujours avoir sur soi en cas d'incident. Ben oui, arriver à un oral avec un collant filé, c'est franchement l'un des pires trucs qui puisse arriver. Pire que de ne rien savoir sur le sujet je pense. Parce qu'avec un collant, pas moyen d'improviser...

- se faire une manucure. L'un des seuls trucs que voit vraiment le jury, ce sont les mains. S'il n'est pas question de se la jouer à l'italienne en faisant du vent pour rien, la communication passe néanmoins mieux en les bougeant un peu. Ca peut même être un atout pour faire passer ses idées. Autant éviter donc les ongles rongés, le vernis écaillé ou criard, les doigts bouffés. Je sais, tout le monde n'est pas comme moi, mais si je suis un jour juré, les ongles rongés n'auront aucune chance avec moi : il faut bien un critère de sélection non ?

- appeler quelques copines (s'il vous reste encore du temps). Cf. post d'hier, vous comprendrez pourquoi.

Maintenant que vous êtes épilées, que vous avez des collants prêts pour le lendemain, de jolies mains itou itou, ne faites plus rien, vous pourriez vous abîmer. Non, même réviser, c'est trop dangereux : le papier, ça coupe.

Alors évidemment, les féministes vont me sauter dessus : alors comme ça une nana, si elle veut réussir, doit séduire son jury par son minois plutôt que par ses mots ? Ben oui, désolée, mais arrêtons d'être hypocrites. Un oral, c'est entièrement subjectif, et l'allure générale compte de façon non-négligeable. Et puisque les filles, ainsi que j'ai pu l'observer, pêchent par rapport aux garçons par leur incertitude naturelle, il faut bien qu'elles compensent.

En effet, pour caricaturer, un mec en oral peut vous sortir une énormité, mais avec tellement d'assurance que le jury ne pense pas une seconde à remettre sa parole en doute. A l'inverse, une fille prend souvent un ton précautionneux, même pour dire des choses vraies et intelligentes. Les jurés s'engouffrent dans la brêche et la déstabilisent en lui demandant simplement "êtes-vous sûre ?". Elle réfléchit, hésite, s'enfonce elle-même. Alors dans cette guerre sans pitié, moi je dis : "chacun ses atouts". Et j'en ai eu récemment la confirmation : "quand vous ne savez pas, il suffit que vous souriiez pour qu'on oublie vos hésitations" m'a dit l'un de mes examinateurs (blancs). Tous les moyens sont bons.

En revanche, les objecteurs de bon sens ne manqueront pas de faire remarquer que ça marche peut-être moins bien pour un jury féminin. Je réponds d'abord qu'il est rare qu'un jury soit entièrement féminin. Et que d'autre part, un membre féminin du jury sera aussi sensible qu'un homme sur des ongles rongés, voire plus non ?

Bien sûr, je ne suis qu'à moitié sérieuse. En revanche, l'idée qu'on ne se différencie pas, à un oral, par ses seules connaissances est pour moi une certitude absolue. Reste maintenant à chacun à trouver sa façon, épilation ou non, de se démarquer !

05 mars 2007

Coïncidence, distorsion des faits, ou sacré sens de l'humour ?

Lu dans Le Monde ("Le deuil du troupeau", sur les agriculteurs dont les troupeaux ont été abattus lors de la crise de la vache folle et de la fièvre aphteuse du mouton) :

"Avec ses codes-barres dans les oreilles, Tolérance mâchouille de la paille aux côtés de Ségolène et de Cécilia. C'est la seule survivante du troupeau de vaches laitières de Laurent et Jean-François Hardy, éleveurs aux Ressuintes (Eure-et-Loir)."


Cécilia et Ségolène mâchouillant l'herbe du même pré, je ne sais pas pourquoi, mais ça ne m'inspire pas le terme "tolérance"...

Ma question est : l'agriculteur a-t-il eu une vision prémonitoire ou une bonne dose d'humour ? Ou le journaliste a-t-il modifié le nom des bêtes pour leur anonymat, "par souci de protection de la vie privée" ?

18 février 2007

La coquetterie n'a pas d'âge

Ma maman trouve qu'on trouve toujours quelque part de quoi rire, même dans les situations les plus douloureuses. Je suis entièrement d'accord avec elle, surtout quand elle me raconte que l'entreprise de pompes funèbres qui s'est occupée de ma grand-mère a ses locaux dans une ancienne boîte de nuit (oui, moi je trouve ça cocasse). Ou que le monsieur des pompes funèbres lui a très sérieusement expliqué que, lorsque le financement des obsèques n'était pas assuré par la famille, ils pouvaient prendre de l'argent sur tous les comptes du défunt, sauf le Plan Epargne Logement. Pourtant, dans le genre logement, la dernière demeure est celle dans laquelle on est certain de passer le plus de temps... Etrange !

Aujourd'hui encore, j'ai pu vérifier le dicton maternel. J'ai été déjeuner chez mes parents pour qu'ils ne soient pas tous seuls, étant donné que ma grand-mère venait auparavant déjeuner tous les dimanches midis chez nous. J'en ai profité pour aller chez elle et faire le tri de quelques affaires, puisqu'il faut désormais vider entièrement son appartement.

Les prémices de ce boulot titanesque m'ont permis de découvrir que ma grand-mère avait de la crème anti-cellulite (sans doute pour les fois où elle montrait ses cuisses à son médecin adoré), du gloss "Brillance effet glamour" (pour aller à ses meetings de l'UMP) et des réserves de blush et de fond de teint suffisantes pour tenir un siège sans défraîchir (ni défaillir). A côté, même mon placard de salle-de-bain ressemble à un magasin d'Etat polonais au mois de novembre...

Un conseil : si vous aviez des actions dans les crèmes anti-cellulite, vendez, leur CA risque de chuter de façon magistrale ces prochains jours !

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09 janvier 2007

De comment tu comprends que parfois t'es grave bis (emprunt libre)

Myriam racontait il y a déjà quelques semaines comment elle était arrivée au bureau à 7h30 un beau matin, ayant omis de prendre en compte le changement d'heure. Déjà que 8h30, c'est tôt, alors 7h30, n'en parlons pas...

De mon côté, moi aussi je comprends "que parfois j'suis grave". J'ai débarqué ce matin comme une fleur avec une heure de retard. Enfin d'ailleurs, non, je n'ai pas débarqué, puisqu'arriver en cours à 9h-et-des-poussières au lieu de 8h, ça le fait moyen. Donc j'attends que la bibliothèque ouvre en me disant que je suis vraiment à côté de la plaque.

Avoir cours à 8 heures, ça signifie mettre le réveil à 7h en misant sur un sprint dans mes préparatifs. Douche express, habillage express, maquillage express (éventuellement finitions dans le bus, non je n'ai pas honte), café pris dans ma tasse Starbucks dans le bus. Faut bien viser, mais c'est faisable.

Aujourd'hui, je n'ai pas cillé quand j'ai vu 8h11 inscrit sur mon réveil. J'avais pris 10 minutes de rab, il était maintenant temps de me secouer. Je n'ai pas cillé quand j'ai entendu El Kabbach, je me suis simplement dit qu'il était temps de partir. Et quand j'ai vu en sortant qu'il faisait grand jour, j'ai pensé que décidément, on sentait bien que les jours rallongeaient depuis le 21 décembre et qu'il y avait du printemps dans l'air.

Tout ce monde dans les rues, c'est incroyable pour une heure si tôtive ! J'étais légèrement en retard, 5 à 10 minutes au plus, rien d'impardonnable. Peut-être que les habitués du bus des environs de 7h40 avaient eu le précédent. C'est qu'on finit par les reconnaître, les gens qui prennent le bus avant 8h. A cette heure-ci, il faut avoir une bonne raison, et ce sont souvent les mêmes. Le papa et ses deux petites filles, qui lui ressemblent tellement qu'il a dû les faire tout seul, qui vont à la crèche pour les unes, au bureau pour l'autre. Le cadre stressée qui doit être au boulot de 8h à 23h. La Sri Lankaise qui va faire des ménages. Mais là, personne.

Afin de savoir si je suis très en retard ou juste un peu retard, c'est-à-dire pour adapter ma mine à l'arrivée dans la salle de cours en fonction de ma position plus ou moins honteuse, je m'arrête 2 secondes devant la pharmacie, qui indique l'heure. 9h08 ? Zut, je suis vraiment en retard. Moment d'hésitation. 9h08 ? "oh les cons, eux aussi ont oublié le changement d'heure" me dis-je en pensant à Myriam. Mais bon, eux n'ont pas l'excuse du premier lundi après le changement d'heure, ça commence à dater tout ça.

Soudain, je comprends. 8h11, c'était déjà bien trop tard pour aller en cours à 8h, mais cette pensée ne m'a pas effleurée le moindre instant. J'avais UNE HEURE de retard. Une heure et des poussières. Pourtant, je le jure, c'était un cours d'allemand, j'étais motivée. Mais complètement à côté de la plaque...

03 janvier 2007

Vous ne le saviez pas...

Grâce à Damdam, j'ai découvert ce petit test rigolo et lèche-cul comme il faut :


Your results:
You are Wonder Woman

























Wonder Woman
85%
Superman
70%
Spider-Man
65%
Green Lantern
55%
Supergirl
55%
The Flash
50%
Robin
45%
Iron Man
40%
Hulk
30%
Batman
15%
Catwoman
5%
You are a beautiful princess
with great strength of character.


Click here to take the Superhero Personality Quiz



Franchement, la "beautiful princess with great strength of character", j'aime assez ! En réalité, ce qui me plaît le plus, c'est d'être Wonderwoman, l'héroïne de mon enfance, qui me fait encore rêver (la preuve ici).

La question est : m'a-t-elle plu parce qu'elle me ressemblait ou ai-je forgé mon caractère si brillamment révélé par ce test de personnalité en fonction de ce que je regardais à la télé quand j'avais 5 ans ? Si vous aussi vous avez envie qu'on vous dise que vous êtes une magnifique princesse, c'est par ici que ça se passe !

17 décembre 2006

La baffe

Fab, il n'est pas juste bloggueur et papa. Il travaille aussi dans la comm' comme tous les gens hype. Du coup, quand il sort un livre, ben... il comm' (unique). Et ça donne ça :







07 décembre 2006

Mes petites pilules roses

Depuis dix jours, je crache mes poumons à qui mieux-mieux (au passage : mais que veut dire cette expression ??!). Ce n'est pas très grave, j'ai l'habitude, ça me rappelle mon enfance, quand j'étais malade un jour sur deux. En fait, j'avais un programme bien réglé : jusqu'à mon année de CM1, j'allais à l'école lundi et mardi. Mardi soir, je commençais à être malade (parce que le lundi, on avait piscine). Mercredi, jeudi et vendredi, j'étais malade. Je retournais le samedi à l'école, histoire de récupérer les cours, les devoirs et de revoir les copines avant le week-end. Et la semaine suivante, on recommençait.

Ne pleurez pas dans les chaumières, je crois que ce rythme me convenait assez bien. De toute façon, je m'ennuyais à l'école. Quand je restais la maison avec mes angines, je buvais du lait chaud au miel dans lequel je trempais des boudoirs. J'apprenais la vie en regardant Amour, gloire et beauté emmitouflée dans des édredons. Quand je revenais à l'école, les copines me faisaient un briefing rapide de tout ce qui s'était passé en mon absence. Gertrude et Josette ont fait la paix et Marcel a même embrassé Simone sur la bouche et tout le monde s'est moqué d'eux après. Alors Simone a pleuré et Marcel a tapé Georges parce que c'est lui qui l'a dit à tout le monde. Les cours de récré, en fait, c'est exactement comme Amour, gloire et beauté, les seins refaits en moins.

En ce moment, forcément, je trouve ça moins drôle d'être malade. J'ai raté plein de cours qu'il faut que je rattrape, j'ai embêté toute une salle de théâtre par mes bruits disgracieux, j'ai passé des heures à dormir sans être plus reposée qu'avant. En somme, j'ai perdu mon temps tout en étant un nuisible social. Bingo.

Comme j'allais mieux, j'ai décidé de revenir sur les bancs des amphis. Bon, ça allait mieux, mais je n'étais pas encore sauvée complètement, ce qui m'a valu une remarque assassine d'une charmante voisine de cours. "Nan mais quand on ne peut pas s'empêcher de faire de bruit, au moins on s'abstient de venir emmerder les autres hein. Si tu peux pas t'arrêter de tousser, tu restes chez toi et tu viens pas faire chier." C'est sûr que demander comme ça, je ne pouvais que suivre son conseil...

Au cours suivant, je sors mes petites pilules roses qui devraient miraculeusement me permettre de redevenir une compagnie sonore presque agréable. La nana, qui n'avait donc pas dû être si gênée que ça, s'était remise à côté de moi. Elle me défie du regard, les yeux brillants de la griserie de la victoire, et me sort "ah bah enfin, tu te décides à faire quelque chose".

Je ne sais pas pourquoi, mais à cet instant précis, j'ai eu envie de la titiller. Je ne l'ai jamais particulièrement appréciée, sans la connaître vraiment, mais là, je me suis sentie pousser une vocation soudaine de perversité. J'ai pris mon air le plus profond, et je lui ai dit, d'un ton faussement gêné "ah ça ? Non, en fait, c'est juste que si je ne les prends pas, j'ai envie de tuer des gens", tout en lui faisant un grand sourire angélique.

Je pensais qu'elle me dirait "pauvre conne" et qu'elle se retournerait, bien décidée à me détester jusqu'à la fin de ses jours. Mais cette dinde... elle m'a crue... Elle a murmuré "Oh je suis vraiment désolée", d'un air mi-apitoyé mi-effrayé. Faut quand même en tenir une sacrée couche non ? Maintenant, je choisirai mieux les gens à qui je veux faire des blagues...