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08 janvier 2008

Einkauf

Il y a une petite émission sur Arte que j'aime beaucoup : Ce qui me manque / Was mir fehlt (private joke : "j'ai le droit d'élever mon blog dans le bilinguisme si je veux !" d'abord). En quelques minutes, des expatriés racontent ce qui leur manque irrémédiablement de leur pays natal. C'est souvent très instructif : on découvre que les Anglais mettent des couvertures à leur théière, que les Tchèques font de la purée bien plus facilement que nous grâce à une grille spéciale, ou encore que les Suédoises ont des pulls d'allaitement. Un vrai tour de l'Europe par ses petites spécialités, qui montre bien que l'unification du marché communautaire n'est pas encore parfaite, et que parfois, c'est tant mieux !

De mon côté, ce n'est pas la France qui me manque quand je suis en Allemagne, mais l'inverse. Rien de mon pays natal ne semble indispensable à mon bonheur lorsque je vis hors de l'Hexagone. Le saucisson ? Je m'en fiche. Le camembert ? Bof, je ne suis pas addict. La baguette ? Ben oui mais non. Je n'en mange quaisment jamais quand je suis ici, alors pourquoi en vouloir quand je suis là-bas. La blanquette de veau ? Tout à fait faisable ailleurs qu'à Paris. Le vin ? Je n'aime que le vin blanc, et les vins allemands et autrichiens se tiennent très bien de ce côté-là. Et c'est comme ça pour tout : je trouve toujours au mieux un remplaçant qui me plaît plus, au pire une parade.

A l'inverse, je ne peux pas aller en Allemagne ou en Autriche sans faire un petit tour par le supermarché, afin de remplir ma valise de choses diverses et variées introuvables en France (ou qui n'ont pas le même goût malgré tous mes efforts d'imagination).

Voilà à quoi ressemblait le contenu de ma valise en rentrant de Berlin :


Revue de détails :

- Les zestes de citron et d'orange de Dr Oetker

Des petites sachets ultra-pratiques quand on a une soudaine envie de cake au citron ou de crêpes Suzette sans avoir d'agrume à portée de main. J'observe avec attention la percée de Dr Oetker sur le marché français, espérant voir bientôt apparaître TOUS leurs produits en France (et pas seulement leurs pizzas que personne ne comprend pourquoi les Allemands ils feraient de meilleures pizzas que les autres).


- Du dentifrice au citron


Je suis un peu citrono-maniaque, en effet. Et dans le dentifrice, c'est divin. En tout cas, bien meilleur que ces horribles trucs à la menthe qui m'arrachent la bouche à chaque brossage trois- minutes- sinon- c'est- la- carie- assurée (en même temps, je n'ai jamais eu de carie, ça doit être vrai quelque part). Et du dentifrice au citron, je n'en ai vu qu'en Allemagne et en Autriche pour l'instant (Schlecker, Rossman, DM, Bipa, mes amours : des supermarchés entièrement dédiés aux produits d'hygiène et de beauté, un rêve !).

- Du Philadelphia

Bon, je suis un peu frustrée, parce qu'il ne restait plus que du Balance, alors que le Philadelphia - comme tant d'autres choses - plus c'est gras plus c'est bon... Encore un exemple parfait d'un produit qu'on devrait sans problème pouvoir trouver en France (ne serait-ce que pour me permettre plus facilement de faire des cheese-cakes à tomber), et qui n'a toujours pas passé la frontière. On peut savoir pourquoi ?!


- La junk food à l'allemande

Je n'en suis pas particulièrement fière, mais je suis fan des Fertiggerichte de Maggi, ces infâmes poudres auxquelles il suffit de rajouter de l'eau et de laisser mijoter pour avoir l'Allemagne à sa table (quand on choisit la gamme "Wirsthaus"). Ca a tout pour déplaire aux nutritionnistes : c'est gras (de mauvaises graisses), salé (trop) et ça n'a aucun intérêt nutritif. Mais que c'est bon (et pas cher), surtout en laissant bien bien réduire, et en rajoutant - pour la légèreté - une cuiller à soupe de crème juste avant de servir, et un gros tas de parmesan dans l'assiette. La meilleure de toute, c'est la Nudelpfanne "Försterin". Mais en l'absence de cette dernière chez Kaiser's le 2 janvier au matin, je me suis rabattue sur les Spätzle au fromage et aux oignons. Avalée ce soir au demeurant : miam !

- Du pavot moulu

Dieu merci, on trouve du pavot en France. Mais pas de pavot moulu. Il faut donc avoir un moulin à pavot pour pouvoir faire tout ce que le pavot permet de faire de meilleur, en particulier les Mohnstollen, Mohnkuchen et Mohnschnitte. Je vais donc désormais, avec mes deux sacs de pavot moulu, pouvoir m'adonner aux joies de la pâtisserie et faire plein de gâteaux qui laissent tout plein de très chics morceaux de pavot bien noirs entre les dents.

- Du Fencheltee

Le Fencheltee, c'est de la tisane au fenouil, romantiquement appelée "tisane anti-prouts" par une amie. Ce n'est pas pour ses propriétés bienfaisantes pour le système digestif que j'adore cette tisane, mais pour son goût anisé très doux. Pour résumer, on pourrait dire que c'est la version allemande et saine ("gesund", concept très important et bien plus large que "sain" en réalité) du pastis. J'étais en grand manque depuis plusieurs mois, et me voilà bien équipée désormais. Attention, ces deux paquets ne sont pas identiques. Sauras-tu retrouver les 7 erreurs qui se sont glissées dans l'image ? Un indice : le meilleur des deux est celui du dessous.

- Du Schwarzwälder Schinken

Je sais, il y en a chez Monoprix. Mais pour oser dire ça, il faut n'avoir JAMAIS goûté de VRAI Schwarzwälder Schinken, ce jambon cru délicieusement épicé au genévrier et à la coriandre puis fumé au sapin, qui n'a la goût d'aucun autre. Il est servi très finement tranché, ce qui rajoute encore à sa délicatesse et - rondelle de citron sur le coca-light - sur une petite barquette en carton qui lui donne sa dernière touche de chic. Oui, le jambon en Allemagne, c'est tout un poème.

- Du Müllermilch à la banane

Je ne sais pas combien de fois le Müllermilch à la banane, sorte de milk shake onctueux, a pu me servir de petit déjeuner durant mon stage. Les horaires fort tôtifs de mon service étant résolument incompatibles avec mon rythme biologique, je n'avais bien souvent le temps le matin que de me doucher et de m'habiller avant de partir ventre à terre pour espérer arriver à temps pour la réunion de 8h du matin. Le Müllermilch n'était avalé qu'après la réunion, au calme dans mon bureau. Mmmmm, que de bons souvenirs ! Juste du lait, du sucre de raisin et de la banane. Le premier qui me suggère de le remplacer par du Yop, je lui crache dans sa bouteille pour offense caractérisée...


- Des petits pains d'épices de Noël en soldes

Déçue de ne pas pouvoir trouver de Marzipanstollen (ces sortes de grandes brioches aux fruits confits fourrés à la pâte d'amande, recouverts de sucre glace pour représenter le Christ dans ses langes), je me suis rabattue sur ces petits pains d'épices tout moelleux, cachés sous une croûte craquante de glaçage et reposant sur un socle de chocolat. Autant vous dire que Prosper et ses tranches sèches ne fait pas le poids face à ça. Ils ont disparu en une après-midi à la bibliothèque.

- Le pesto à la sicilienne Barilla

Pour finir, un truc fondamentalement pas allemand, mais que je ne trouve plus en France : le fameux pesto à la sicilienne de Barilla. J'ai fait des provisions me permettant de tenir un siège. J'ai tellement hâte à l'idée de ma prochaine soirée pâtes !!





Et encore, j'ai oublié de photographier mes délicieux Grießpudding nature de Landliebe : juste de la semoule fine, du lait, un peu de crème et de sucre, et c'est divin. Si Landliebe pouvait s'implanter en France, je serais au comble de la joie d'ailleurs. Allez, venez, c'est chouette par chez nous !
Outre ces petits détails, je tiens à vous dire que j'apprécie fortement votre imagination débordante et votre tendance naturelle à la surinterprétation : je vous dis que je vis provisoirement à deux, et vous en déduisez que je suis revenue de Berlin avec un chevalier teuton (non, je ne me lancerai pas dans le jeu de mot graveleux en rajoutant "qui nique", vous ne me prendrez pas en flagrant délit de vulgarité, franchement, quelle idée), avec qui je vivrais maritalement à la vitesse de l'éclair. Je tiens à démentir. Les Berlinois, je préfère aller les voir chez eux (entre autres pour les raisons évoquées ci-dessus).

18 décembre 2007

Teasing

En ce moment, je ne raconte pas ma vie, vu que ma vie consiste à faire du droit consulaire et le ménage. Et je me dis que dans ces cas là, vous préférez que je m'abstienne.

Bon, pour être honnête, j'ai aussi passé le week end à préparer Noël gastronomiquement parlant : je n'ai fait que manger, histoire que mon estomac puisse s'entraîner en douceur à ce qui l'attend la semaine prochaine. Cétait vraiment du pré-Noël puisque j'ai été sélectionnée par la maman de deux amis d'enfance pour venir tester le repas du réveillon. J'ai donné mon accord pour l'ensemble du menu. Et dimanche, on a été manger les boulettes chez ma tante. En fait, s'il n'y avait que les boulettes, ça aurait largement été, mais il y a avait des TAS de choses dont j'ai oublié le nom, genre un tajine aux pruneaux, de la purée de patates douces, des artichauts et plein d'autres choses. Miam (même si j'ai cru que j'allais exploser).



La prochaine fois que j'ai un peu de temps, je vous expliquerai pourquoi je suis une fille "en fait".

08 décembre 2007

A part ça

Je crois que je peux le dire sans qu'elle démente publiquement et humilieusement ici même : je me suis fait une nouvelle copine. Dit comme ça, on pourrait croire que ça relève de l'exploit, alors que je pense pouvoir très modestement dire que je ne suis pas un ours asocial incapable de nouer des contacts avec mes prochains. Cependant, étant donné que je n'ai même pas le temps de voir mes amis déjà existants, ou si peu, je ne ressens pas nécessairement le besoin de m'en faire de nouveaux.

Sauf que bon, je suis tellement un anti-ours que j'ai en réalité besoin d'un minimum vital de contact humain dans la journée. Et ces derniers temps, j'avais du mal à remplir mon quota quotidien de bavardage. La joie du redoublant est en effet d'être un Rémi sans ami.

L'année dernière, je savais que j'allais retrouver en amphi Alphonse, Léonie et Gérard, ce qui me réjouissait toujours au plus haut point, même lorsqu'il s'agissait d'un cours de finances publiques. Evidemment, mes amis ne portent pas ces noms, c'est juste pour donner un peu de vivant à cette description. Et puis j'ai un peu plus de 3 amis, je tiens à la souligner. Bref. Ces contacts avec le monde des humains étaient d'une part absolument nécessaires à mon développement personnel, et d'autre part très utiles pour me motiver à aller en cours.

Cette année, Alphonse a eu son concours, Léonie révise chez elle et Gérard a jeté l'éponge. Or j'ai besoin de voir, lorsque j'arrive dans la chaleureuse bibliothèque de Sciences Po, des visages souriants et sympathiques. Sinon, je reste chez moi, et je travaille moins bien.

Ma nouvelle copine est dans le même cas que moi. Avec elle, on peut parler de la nomenclature M14 juste avant de se demander si "la Starak est vraiment nulle cette année ou si c'est juste nous qui vieillissons". Ca me convient très bien.

Si c'était une relation amoureuse, je crois que je me dirais que "tout ça va un peu vite", vu qu'on a déjà passé toute une journée ensemble du matin jusqu'au soir, en finissant par un merveilleux McDo-ciné (le dernier Fatih Akin, De l'autre côté, que je recommande) en sortant de cours. Mais comme ce n'est pas une relation amoureuse et que je suis "juste" une copine - le "juste" est important ("ceci est une private joke en milieu socialisé, c'est insupportable". Comprenne qui pourra !), tout va bien, et elle ne risque pas de partir en courant la prochaine fois en me disant qu'elle est engagemento-phobique.

Tout ça pour dire que vendredi, entre deux cours, lassées des sandouiches du Crous, on s'est offert un petit plaisir : une vraie pause déjeuner. La vraie pause déjeuner se distingue de la fausse pause déjeuner par :
- un environnement calme et plaisible, propice à la détente, et comble du comble, chauffé
- un dejeuner correct et équilibré, qui dure plus de 6 minutes 21 (café compris)
- un vrai café qui n'a pas le goût de plastique en poudre

Nous avons trouvé que Lina's était un endroit parfait pour répondre à ces exigences. J'y ai mis les pieds pour la deuxième fois de ma vie, et je ne regrette pas. La ciabatta grillée figues-chèvre-speck-roquette est divine, sans parler de leur tiramisu à la mangue et au speculoos. Naturellement, ce n'est pas le même prix que le Crous. Mais en sortant de chez Lina's, j'avais l'impression d'avoir vraiment fait une pause dans ma journée, ce qui n'a (presque) pas de prix.

Je crois que je vais arrêter les Pringles afin de faire un virement de crédits vers le poste de dépense Lina's (bien sûr que les crédits-Pringles sont fongibles au sein du programme "Alimentation"). Oui, j'ai un peu révisé mes Finances publiques et j'aime le montrer...

16 novembre 2007

Lancement

L'idée me trottait depuis longtemps dans la tête. Est venue se greffer là-dessus la proposition de Denys ici-même (oui, quand je vous fais faire des devoirs de vacances, j'ai l'air de m'en foutre complètement après, mais en fait, pas du tout. C'est juste qu'il me faut le temps d'y réfléchir).

Voilà donc Mademoiselle Cocotte, mon blog culinaire, avec une première recette, bientôt suivie de nombreuses autres. Si vous n'aimez pas cuisiner mais appréciez lorsque je raconte ma vie, vous pouvez aller y faire un tour, car je suis aussi bavarde là-bas qu'ici (on n se refait pas).

Les recettes sont toutes testées (par moi) et approuvées (par d'autres que moi). Ce sont parfois des originalités nées dans ma caboche, mais il s'agit le plus souvent de recettes piochées ça et là et plus ou moins modifiées. J'indique évidemment dans ce cas qui en est l'auteur premier.

Il faut encore que je trouve le moyen de faire de jolies et alléchantes photos, parce que pour l'instant, c'est pas ça...

Si vous êtes tentés, tout se passe ici !

12 novembre 2007

Week end

Ces derniers jours ont été très chargés, et pourtant, je n'ai rien fait. Mais j'ai quand même fait plein de choses, dont certaines étaient relativement décoiffantes.

Pour commencer, j'ai fait dépenser à une amie une somme folle d'argent dans les boutiques samedi ET dimanche (vive le Cour St Emilion). C'est vraiment l'une de mes occupations préférées : la joie jouissive du shopping sans la douleur porte-monnaitesque qui la suit en général. Comme elle était très contente de ses achats, j'en déduis que nous étions dans une win-win situation.

Ensuite, j'ai de façon tout à fait involontaire croqué à pleine dent dans un chili. D'habitude, dans le tom kha ghai (la délicieuse soupe thaïlandaise au coco, au poulet, à la citronnelle et à d'autres choses), j'enlève les piments avant de servir. Je laisse la citronnelle, le galanga, le basilic thaï, les feuilles de keffir et les chilis "infuser" pendant la cuisson, et je sers sans. Sauf que le filtre à café dans lequel étaient mes trucs à infuser s'est lâchement déchiré. Et voilà comment on a l'impression d'avoir un coup de napalm dans la bouche, alors qu'on ne s'attendait à rien. C'est une expérience intéressante, mais que je ne suis pas prête à refaire immédiatement. C'est bien simple, j'ai peur de mon tom kha ghai maintenant. J'ai une nouvelle vision de l'existence : "la vie, c'est comme un tom kha ghai ; ce n'est bon que quand c'est un peu épicé, mais quand tu tombes sur un chili, t'es mal".

Pour continuer dans les expériences culinaires, j'ai vécu une grande déception. L'une de mes drogues gastronomiques favorites est le pesto à la sicilienne de Barilla, que Leonardo - touché bien avant moi par cette dangereuse monomanie - m'a fait découvrir il y a quelques années. J'ai à peine eu le temps d'en devenir dépendante (du pesto), qu'il est devenu impossible de le trouver en supermarché. Le site de Barilla dit : "Le Pesto alla Siciliana Barilla unit dans une alliance au goût délicat deux des saveurs les plus typiques de la tradition méditerranéenne: le crémeux de la ricotta (fromage doux au lait de vache ou de brebis) et la pulpe de tomates. Ces goûts sont relevés et mis en valeur par le parfum des noix, des pignons, du basilic et du fromage Grana Padano (qui ressemble au Parmigiano). Vous apporterez sur votre table toute la saveur de la cuisine italienne." Comme je ne peux plus "apporter sur ma table toute la saveur de la cuisine italienne" et que je suis frustrée, j'ai décidé de prendre les choses en main et de faire moi-même mon pesto à la sicilienne. La déception est la suivante : le pesto maison, c'est bon, mais quand même moins bon que le pesto à la sicilienne industriel de Barilla. Il lui manque quelque chose, mais quoi ?

Pendant que je croquais dans un chili lance-flammes, on regardait Ma Mère, adaptation cinématographique par Christophe Honoré du roman de Bataille. Après, vu qu'on n'était toujours pas dégoûtées de la vie, on a enchaîné avec La Pianiste. On s'est qu'on était quand même drôlement normales, quoi que cela puisse signifier. On a aussi pu constater que nos parents étaient assez exceptionnels de normalité aussi. Et on s'est demandées comment Isabelle Huppert pouvait aussi admirablement bien jouer des rôles de tapées sans sombrer elle-même dans la folie.

Pour finir, j'ai essayé un truc dément au royaume du superflu dimanche après-midi, c'était ça. Mon amie a dû me tirer de force pour que je quitte l'engin de délices. En réalité, c'est faux, elle était aussi scotchée que moi sur son fauteuil à elle, c'est la fonction "percussion" qui m'a éjectée hors du truc. Menfin sauf quand le fauteuil se prend pour le masseur des Bronzés (culture, quand tu nous tiens), c'est tout simplement divin. L'impression qu'un vrai masseur avec des vraies mains humaines s'occupe de tout mon dos est inoubliable. D'un autre côté, c'est un peu flippant de voir que la différence entre l'humain et le mécanique est si mince (mais ça ne vaut que pour les chaises massantes).

A part ça, j'ai aussi fait des trucs vachements classiques. Genre une dissertation samedi matin sur la morale et la politique. De quoi me mettre de bonne humeur, en somme.

15 octobre 2007

Arithmétique

Mon destin est malheureusement de devenir un éléphanteau à force de manger sans pouvoir dépenser mes calories. Je vous explique :


- d'un côté, ma future salle de sport ne veut pas de moi. Nan mais je rêve, j'arrive même à me prendre des rateaux par des gens qui sont supposés être presque prêts à me payer pour que je vienne les voir. Disons que ça ne s'est pas tout à fait passé comme ça.

Déjà, ils ne veulent pas me faire de tarif préférentiel alors qu'ils sont plus chers que leur voisin. Mon expérience me faisait dire que les salles de sport sont prêtes à tout pour vous faire signer, et bien... non. Adam Smith et les mérites de la concurrence peuvent aller voir sur un autre manège si la queue du Mickey est plus grande.

Parce qu'en plus de tout ça, l'assurance mutation chèrement payée ne couvre pas le cas dans lequel vous sautez au plafond de joie après avoir réussi un concours nécessitant un déménagement en province. Donc ils vont devoir se passer de ma présence dans leurs locaux, avant que je ne change d'avis dans quelques semaines.

Voilà pourquoi il va falloir que je stocke mes calories sur moi pendant tout l'hiver (et ne me dites pas qu'il y a d'autres façons de faire du sport, je le sais, mais je n'ai pas envie).


- d'un autre côté, je viens de découvrir que Monoprix vendait enfin TOUT ce qui est nécessaire à la réalisation de mes plats thaïs préférés. Avant, il me manquait toujours quelque chose, mais plus maintenant : citronnelle, galanga, basilic thaï et feuille de kaffir. L'introuvable est désormais à deux stations de métro ! J'ai failli faire un feu de joie au milieu des rayons, mais j'ai vu que le vigile ne semblait pas avoir un sens de l'humour - ni de la gastronomie - si développé.

Mais pour fêter ces perspectives culinaires en rentrant chez moi, j'ai fait des panna cotta (oui, je bouffe pour me réjouir à l'avance de futures ripailles, qu'est-ce qui vous échappe ?). Sauf qu'en vrai, les panna cotta, c'est normalement pour recevoir mon groupe de coachés demain chez moi. Mais que nous sommes 5 et que, c'est étrange, j'en ai fait spontanément pour 8. Il n'y a plus qu'à espérer que personne ne voudra se resservir demain, parce que là, l'appel de l'amande crémeuse et de la framboise acidulée a été plus fort. Mais j'en ai laissé une pour chacun demain, ne vous imaginez surtout pas que je suis une goinfre déraisonnable.

Donc l'équation est ainsi : des + d'un côté, sans - de l'autre. Cela fait donc bien des + au final.

20 août 2007

The Real Life

Plus je travaille de la tête, plus j'ai envie de faire des choses de mes mains (roh arrêtez avec vos interprétations salaces). Je présume que l'inverse serait également vrai, mais n'est pas d'actualité.

Entre deux fournées d'arrêts du Tribunal administratif de Sainte Firmine les Brouettes, je me défoule comme je peux. Aujourd'hui, cannelés au programme. En fait, il y en a déjà eu hier, mais la première série a été dévorée avant même que je pense à prendre une photo.


Pour l'instant, ils sont plus beaux que bons, il leur manque un je ne sais quoi de texture. A travailler... Mais réussir ENFIN à faire quelque chose de productif, dont les résultats sont concrets et visibles (pour une fois), est suffisamment satisfaisant pour la journée.

Tout ça me rappelle la dialectique du maître et de l'esclave, ce qui n'est pas du tout bon signe. Je me fais moi-même peur parfois, par sursauts de lucidité. Je ne dirais pas que toute la vie peut être décryptée à travers le prisme d'une préparation à l'ENA (voilà la preuve que j'ai encore deux neurones sains). Mais quand on a la tête dans la guidon, la tentation est grande de ne tout interpréter que sous cet angle. (Vous voyez, là, ne serait-ce qu'en écrivant le mot "tentation", je visualise involontairement la partie de mon cours de culture générale sur la tentation de Saint Antoine, la Thébaïde, l'acédie, le récit de Flaubert et le tableau de Bosch. Je me persécute moi-même, ce qui est le début des ennuis).

A une amie qui m'expliquait que le père de son copain était un vrai gougnafier, je me suis entendue lui répondre que c'était parfaitement normal : le coût d'entrée dans la gougnafitude est élevé, mais le coût marginal de chaque gougnaferie est décroissant. Il est donc normal que le gougnafier le soit généralement en excès. C'est rarement les paroles de réconfort attendus par la personne qui vous parle. Je crois bien que c'est à cause de ce genre de propos que les autres étudiants de Sciences Po nous regardent toujours de façon un peu bizarre.

Avec 2 cm de recul, je crois que la principale qualité pour préparer un concours, quel qu'il soit, est la capacité à la schizophrénie tout en restant sain d'esprit. Savoir différencier le "moi qui prépare le concours" (qui ne vivra que 1, 2 voire 3 ans, et qui ne doit absolument pas sortir du placard, car il est insortable) et l' "autre moi" (en général, celui qui vit avant et après la préparation, mais doit surtout rester bien présent pendant la préparation, au risque de n'être définitivement remplacé par le "moi préparationnaire"). Et à votre avis, là, c'est lequel de mes deux moi qui vous parle ?!

18 août 2007

Le monstre, c'est moi !

Hier soir, j'ai été au restaurant. Et comme 9 fois sur 10 quand je vais dans un bistrot parisien, j'ai pris un steak tartare, en digne cro-magnonne qui a perdu la guerre du feu. Or comme chacun le sait, le tartare, ce n'est bon qu'avec des frites (ou à la rigueur des petites pommes grenailles toutes fondantes sautées avec leur peau).

Mais, lorsque le serveur est venu prendre notre commande, il a cru bon de s'informer de mes désirs culinaires : "Avec une salade, le tartare ?". Surprise et angoissée, je lui demandai la voix chevrotante : "Vous n'avez pas de frites ?"

A mon grand soulagement, il me confirma que, dans la plus pure tradition, la maison proposait bien des frites faites maison avec son tartare. La mine réjouie, je confirmai mon choix pour ces petites choses délicieuses. Il m'interroge à nouveau : "Alors, mi-frites, mi-salade ?".

Je sentai que mon destin allait être contrarié. Poliment mais fermement, je lui répondis que "non, que des frites !". "Que des frites ?" reprit-il en écho, me regardant comme si je venais de me transformer en Schtroumpfette sur sa banquette. "Oui, QUE DES FRITES !". Incrédule, il nota mon choix si étrange.

Je ne dois pas avoir la tête de quelqu'un qui mange des frites. Ou alors c'est la première fois qu'il voit une fille manger des frites. Et QUE des frites. Ne pas faire une crise pour avoir une salade verte "avec la vinaigrette à part". Je n'en sais rien, mais j'ai eu le sentiment d'être très modestement, à l'echelle de ce monsieur, la pomme de Newton.

Euh dites, vous mangez bien des frites aussi vous ??!

01 juillet 2007

Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis (ou : je sers le Kapital sans même qu'on me l'ait demandé)

Hier, j'ai été un peu folle, je suis allée me jeter dans la gueule du loup des grands magasins parisiens, le premier samedi des soldes. Une vraie folle, je sais. D'autant plus qu'il n'y avait aucune nécessité, puisque j'ai fait tous mes achats programmés entre 9h25 et 9h45 le mercredi matin, avant de débarquer comme une fleur à mon concours blanc avec de faux airs de Pretty Woman chargée de paquets. Donc c'était juste pour faire plaisir à ma maman (hum, on va dire ça).

J'ai fait un détour par le rayon lingerie du Printemps. Arrêtez immédiatement de fantasmer, je suis repartie aigrie et frustrée, les mains vides. Mais ma petite séance d'essayage m'a permis de voir que Frusi, dont j'ai déjà parlé ici en étant très très méchante, ne reculait devant rien. Ils cueillent la femme en détresse, au pire moment de sa faiblesse psychologique (alors qu'elle se rend compte que vraiment, dans ce string "sexy chic" elle ressemble à un filet de porc roumain fourré au fromage) pour lui suggérer de se mettre à la glace light. Et oui, dans toutes les cabines d'essayage figurait une grande affiche proclamant "qu'il n'était pas difficile de se sentir belle devant une glace" (remarquez le jeu de mot). J'ai trouvé ça très bas. Et je me suis dit que décidément, j'avais bien eu raison de leur taper dessus.

Mais voilà, le matraquage intensif a aussi ses bons côtés et j'ai pu moi aussi succomber aux sirènes du marketing. Ma faiblesse psychologique après mes essayages de lingerie n'a rien à voir avec ça. Mais il se trouve que, alors qu'il faisait environ 45° dans le magasin haussmannien dans lequel j'étais depuis 2 heures, PAR LE PLUS GRAND DES HASARDS, juste à côté du rayon des collants que j'affectionne tant (et hop, 38 fétichistes du collant de plus en visite quotidienne) se trouvait un stand Frusi (ils sont partout je vous dis. Limite si je ne crie pas au complot de la CIA) qui distribuait leurs produits magiques tout frais. Alors j'ai goûté, en me disant que je mourrai moins bête, et peut-être moins bornée.

Et bien figurez-vous que malgré tout ce que j'ai pu dire avant (et je n'ai malheureusement pas été payée entre temps par Miko pour vous dire ça), c'est super bon. Pour de vrai. J'ai goûté la saveur fruits rouges, en regrettant de ne pas pouvoir choisir "mangue-framboise" étant donné que ce sont un peu mes deux fruits préférés concentrés dans un seul truc. Mais déjà, fruits rouges, c'était tellement bon que je me demande même si moi, Coco, je ne vais pas céder à la tentation de la glace light lors de mes prochaines commissions (j'adore utiliser ce genre de mots, ahahahaha). Pas parce qu'elle est light, mais parce qu'elle est bonne.

Alors M. et Mme. Miko (je suis pour la parité), je suis désolée pour la mauvaise pub que je vous ai autrefois faite, elle était totalement injustifiée. Je n'aime toujours pas l'idée qu'une femme doive manger des graines d'oiseau pour rester belle pendant que son homme mange du camembert entre potes, mais bon, il faut avouer que Frusi n'a pas du tout le goût de graines d'oiseau.

(En même temps, si au lieu de tirer la tronche en lisant mon billet, vous aviez proposé de m'envoyez un paquet de Frusi pour que je puisse dire ce que je viens de dire, vous ne devriez pas mon revirement de bord au hasard de ma présence totalement imprévisible dans un grand magasin bondé. J'aimerais telllllllllllement que le grand Kapital m'achète parfois...)

(Non, je n'ai vraiment pas été payée pour raconter ça. J'ai juste pensé que par honnêteté intellectuelle, je me DEVAIS moralement de le partager avec vous. Farpaitement.)

04 juin 2007

Surprenant


Bon, je crache sur les Frusi, mais peut-être que c'est bon au final. Là, je découvre quelque chose... d'intéressant. Des amis allemands m'ont apporté des "Knusprige Erdbeeren", un truc étrange de chez eux : des fraises séchées enrobées de chocolat au lait.

Le premier contact se fait avec le chocolat au lait, classique. Puis on croque et là, c'est très étrange. Ca ressemble à du polystyrène très acide. C'est relativement rebutant. On termine malgré tout sa bouchée car on ne crache pas en société. Et là, le plus surprenant arrive : finalement c'est bon, très bon.

A peine a-t-on avalé la dernière bouchée qu'on rêve d'en reprendre une autre. Et l'étrange phénomène se répète : au début, c'est immonde, puis c'est délicieux. Après 3 ou 4 fraises, la saturation gagne, et le mystère n'est toujours pas percé. Mais c'est une expérience pour le moins intéressante, voire palpitante. Ca me rappelle un peu ces Malabar (ou sucettes, je ne sais même pas) dont le coeur recèle une potion ultra-chimique qui crépite sur la langue. Une expérience à faire, mais pas nécessairement à refaire !

Que c'est bon d'être une femme (mais pas tout le temps)

En mal de bénéfices, l'industrie agroalimentaire est contrainte chaque jour à plus d'inventivité pour continuer à pouvoir nous mettre de l'huile de palme partout et qu'on paie pour ça. La dernière trouvaille ? Un truc pour femmes, pour vraies femmes, celles qui sont à la fois gourmandes (oui, la femme gourmande, épanouie, sensuelle, vous voyez quoi) et soucieuses de leur ligne (faudrait pas pousser la gourmandise jusqu'à avoir des formes hein, l'éléphant sensuel, on s'en tape). Tout est rose, violet, avec des coeurs et des petites fleurs dans le logo. Déjà, ça part mal. Les produits qui ciblent les femmes m'énervent la plupart du temps, et je trouve leur pub niaise une fois sur deux.

Le produit en question ? Frusi. Je vous copie-colle la présentation de la marque, Miko : "Alors, voici Frusì, une délicieuse idée toute simple. Frusì, c’est un dessert glacé unique à base de yaourt, avec de beaux morceaux de fruits, et du muesli croquant. Mmm, un délice qui nous fait sentir fabuleusement bien !" Rien que ça, ça me coupe l'envie. Tu es une femme, donc tu dois faire attention à ta ligne, donc tu dois t'abstenir de manger de la VRAIE glace. En revanche, des fruits congelés (trop bon non ? Quoi, vous n'avez JAMAIS dévoré de gourmandise des fruits Picard encore dans leur sachet ??!), du yaourt congelé (ce qui n'a RIEN à avoir avec une crème glacée) et de DELICIEUX morceaux de céréales, quel PLAISIR intense !!! J'en salive à l'avance. Nan mais franchement, si j'ai envie de me faire un petit plaisir, ce n'est pas ce genre de plaisir dont j'ai envie. Et me dire que je devrais me contenter, parce que je suis une femme et que donc je dois faire attention à ma ligne, de ce genre de plaisir me démoralise encore plus que de me priver d'un vrai plaisir. Plutôt sauter le carré (oui, bon, la tablette) de chocolat blanc que de devoir me contenter de ça.

Mais ça continue : "Quand on se rappelle que les fruits sont une source en vitamine C (et un petit pot de Frusì offre 50% de l’Apport Journalier Recommandé), le yaourt un délicieux moyen d’augmenter notre apport en calcium et que les céréales complètes sont riches en fibres…il y a de quoi se sentir encore merveilleusement mieux !" On passe rapidement sur "tu es une femme" = "tu es constipée" = "tu dois manger des fibres", qui est quand même LE truc auquel n'importe qui pense quand il a envie d'une petite glace non ? Et puis c'est tellement plus fun de manger un Frusi qu'un bol d'All-Bran (quoique...) !

Pour finir : "Surtout quand on sait qu’un délicieux petit pot de Frusì ne contient que quelques 114 malheureuses petites calories, 3 minuscules grammes de matières grasses et est exempt de conservateurs, colorants, arômes artificiels et autre édulcorant." Franchement, ces malheureuses calories, à quoi bon les compter, si elles sont si tristes que ça ? Moi, je n'aime pas les calories dépressives, de peur que ça ne soit contagieux. Mais au fait, des calories déprimées et de minuscules grammes de graisse pèsent-ils moins lourds que des calories heureuses et des grammes géants ?


J'adore le moment où elle dit "une glace qui permettra à toutes les femmes de se sentir Frusi". C'est donc ça qui me manquait tant dans ma vie ?!

Je n'ai pas envie de manger une glace "raisonnable". Soit j'en mange une - bonne, géante, grasse, sucrée, pleine de crème et de caramel - soit je n'en mange pas. Pourtant, je reconnais que la communication de Frusi est ultra soignée : le design du site est sobre mais sympa, féminin sans être trop gnan-gnan. Mais vraiment, le fait que ce genre de produit déprimant soit réservé aux femmes me le rend encore plus antipathique. Remarquez, je n'aime pas plus les pubs qui réservent le saucisson, le camembert et les chips aux mecs. Après, j'ai l'impression que toutes ces bonnes choses sont outrancieusement grossière entre mes mains et sur mes papilles. Avec tout ça, vous reprendrez bien un peu de glace pleine de crème au caramel au beurre salé non ?

01 mai 2007

Ceci n'est pas un blog culinaire (Coco aux fourneaux)

Après la délicieuse soirée d'hier soir entre amis, je me vois dans l'obligation de partager quelques recettes. Et pourquoi pas ici, plutôt que par mail ? J'aurais ADORE faire des photos, mais tout a été englouti avant même que je pense à sortir mon appareil (et puis comme je bavassais au salon, j'ai fait brûler les tartelettes, aussi... mais juste le bord, hein !).

Pour commencer, tarte aux tomates, mozzarella et aubergines : faire cuire à feu moyen TRES longtemps (d'une demie-heure à une heure, en remuant régulièrement) 2 aubergines coupées en cubes, 1 mozzarella 1/2 coupée en cubes (mais garder la deuxième moitié, dans le centre de la mozzarella pour faire de belles tranches ensuite) et deux boîtes de tomates concassées, avec 1 bonne cuiller à soupe de pesto et 1 cuiller à café de sucre + sel et poivre. Quand tout est complètement caramélisé, garnir une pâte feuilletée piquée dans le fond, répartir les tranches de mozzarelle restantes sur le dessus et enfourner à 220° jusqu'à ce que tout soit bien gratiné mais pas brûlé. Donc abstenez-vous d'aller parler avec vos invités dans les 3 dernières minutes.

Ensuite, tagine d'agneau aux abricots sans plat à tagine. On peut croire que c'est très long à faire, mais en fait pas du tout. Ca prend juste deux jours, mais pas non-stop... La veille, faire revenir dans une bonne rasade d'huile d'olive 2 oignons émincés. Enlever les oignons et faire revenir 1 à 2 souris d'agneau par personne à feu vif sur tous les côtés pendant 5 minutes. Rajouter les oignons, 2 gousses d'ail entières, de la cannelle, du mélange 5 épices, et 1 cuiller à café de miel par souris. Mouiller à hauteur et faire mijoter à feu très doux et à couvert aussi longtemps que possible. Réserver la viande dans un plat, faire réduire la sauce à feu très vif pendnat 1/4 d'heure environ, puis mettre la sauce dans un récipient. Attendre que tout ait bien refroidi, et zou, tout ça au frigo pour la nuit. Quelques heures avant le dîner, dégraisser la sauce en enlevant la couche dure (très) épaisse sur le dessus. Remettre le reste de la sauce à feu doux, rajouter la viande, et remettre à mijoter à feu très doux et couvert jusqu'au dîner, en arrosant de temps en temps la viande du dessus du jus. 10 minutes avant de servir, rajouter quelques abricots secs et au moment de servir, une bonne dose de coriandre ciselée, pour ceux qui aiment.

Avec ça, je préconise la consommation de courgettes à la Marraine (oui, parce qu'en fait, c'est la recette de ma marraine. Il existe aussi un riz à la Marraine, et le premier qui dit que c'est con comme titre de recette, ben c'est çui qui dit qui est...) : Faire revenir dans de l'huile d'olive 1 courgette par personne, épluchée et coupée en rondelles assez épaisses pendant quelques minutes à feu très vif (pour qu'elles ne ramollissent pas). A la fin de la cuisson, saler, poivrer, ajouter de la menthe ciselée, une bonne poignée de raisins secs, des pignons de pin préalablement dorés à la poêle et un bon trait de jus de citron pour déglacer la poêle.

Pour terminer, des petites panna cotta toutes roses (à la rose et aux framboises, donc). Beurrer des petits ramequins et y disposer 1 bonne poignée de framboises. Faire ramollir 1 feuille de gélatine par personne dans de l'eau froide. Porter à ébullition 10cl de crème liquide légère par personne avec 10g de sucre par personne. Dès que ça bouillone légèrement, enlever du feu, rajouter 1 cuiller à soupe d'eau de rose par personne et quelque gouttes de colorant alimentaire rouge. En fouettant, ajouter une à une les feuilles de gélatine. Verser dans les ramequins. Mettre au frais pendant une nuit. Servir bien frais, démoulé, avec un coulis de framboise. Si vous vous demande "comment qu'on démoule ?", je dirais : au feeling. Bon, d'accord, j'explique : vous passez la lame d'un couteau sur les bords délicatement, puis vous essayez de démouler. Si ça ne marche pas, vous dégainez votre arme magique léguée par votre grand-mère, la "spatule à démoulage super efficace mais dont je ne connais pas le nom". Un truc souple et long qui va chercher la panna cotta dans le fond du ramequin sans la mettre en charpie. Sinon, j'a lu sur quelques blogs qu'on pouvait tremper le fond du ramequin dans de l'eau chaude, mais je n'ai pas essayé... Quoi qu'il en soit, démouler avant le repas, car ça peut être un peu long...

Avec tout ça, vous avez un menu spécial anti-toxoplasmose pour femme enceinte (en prenant des framboises congelées, puisque les cacas de chat contaminés ne résistent pas à la congélation...). C'est pas merveilleux ça ? Et visiblement, même les hommes non-enceints apprécient également.

19 avril 2007

Le problème avec les fondants au chocolat...

Le problème avec les fondants au chocolat, c'est qu'une fois cuits, il faut attendre qu'ils aient tiédi avant de les manger... Trop dur...

free music


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17 décembre 2006

... et facta est lux

En faisant les premières Zimtsterne de ma vie hier, j'ai pensé à un super truc qu'il fallait absolument inventer. Bon, ça existe peut-être déjà, mais je n'ai rien vu de tel alors que je flâne régulièrement au rayon idoine. Un truc tout con, mais qui rendrait la vie (domestique) beaucoup plus simple.

Alors si tu es ingénieur, ingénieux et inventeur, fais moi signe pour que toi et moi devenions riches ensemble. J'ai l'idée, mais pas la technique... Et je veux bien commercialiser dans les pays germanophones, qui devraient être les plus intéréssés.

05 novembre 2006

Veggie

Hier, j'ai fait un truc extrêmement alternatif à ma petite échelle : j'ai été dîner dans un resto végétarien, entraînée par Olivia et Pierre. Je m'imaginais un menu plein de légumes, il était surtout plein de "seitan", ce substitut de viande à base de gluten de blé. Je n'ai pas vraiment été convertie, même si j'étais plutôt contente de ne pas manger de viande.

Je n'ai jamais été une véritable carnivore : côtes de boeuf et rôtis de sanglier peuvent dormir en paix à mes côtés. Mais je ne suis pas non plus franchement végétarienne : j'aime la viande qui n'a pas trop le goût de viande, le poulet, la dinde, le poisson, ces choses-là. La seule exception à cette liste plutôt cohérente est le tartare de boeuf (certains diraient "filet américain") dont je raffole. Bref, je suis quand même un peu plus carnivore que végétarienne, même si je peux me nourrir uniquement de quinoa aux légumes et de blé au pesto pendant des semaines.

Grâce à son blog, il y a déjà quelques temps, Sven m'a appris que notre corps n'était pas fait pour digérer de la viande plus d'une à deux fois par semaine. Ainsi, elle passe de 2 à 3 jours dans notre intestin (rien que ça m'a confortée dans mes pratiques alimentaires). En gros, manger de la viande tous les jours crée de sacrés embouteillages. En repensant à tout ça, j'étais très contente d'avoir été dîné dans un resto végétarien.

Les proprios sont baba-cools à souhait. A la deuxième visite, on doit avoir droit à son thème astral solaire, lunaire et martien. A la troisième, peut-être un massage relaxant du plexus. Je n'ose même pas imaginer la quatrième...

En quittant le restaurant, j'ai reluqué les magazines à disposition : un journal de petites annonces pour faire des rencontres "entre veggies", des pubs pour des cours de cuisine bio et végétarienne, un tract d'une association pour les animaux abandonnés. Un vrai pêle-mêle de clichés.

La principale conclusion de cette soirée, c'est que nous ne sommes pas sortables. Olivia a parlé avec une vive émotion du gigot dominical ("HHHHHHMMMMMMM, un BON GIGOT, ça c'est bon !!"). Heureusement, nos voisins de table visiblement plus orthodoxes que nous étaient néerlandais. Quant à moi, j'avais un blouson avec des (vrais) poils d'animal au bout de la capuche. Quand j'ai vu les tracts pour les droits des animaux, j'ai eu envie de m'enfoncer sous terre pour mon outrecuidance. Dieu merci, les végétariens sont les membres d'une secte ouverte et tolérante.

17 mai 2006

Michel et Augustin

Il était une fois une petite Coco bien décidée à ne pas se laisser bouffer par la morosité ambiante de la rue Saint Guillaume, et en particulier de sa sordide cybercafète. Melle Coco était aussi bien décidée à aller claquer plein d'argent pour pas grand chose, juste un déjeuner avalé en moins de deux (heures). Melle Coco a donc décidé d'aller faire quelques emplettes à la Grande Epicerie de Paris.

Ouais, je sais, ça fait super bourge-snob-prouteproute, la petite étudiante qui préfère le Bon Marché au resto U. J'assume. Surtout que ça ne m'arrive pas souvent, et c'était uniquement pour raisons thérapeutiques, pour lutter contre un indescriptible et irrépressible coup de ras-le-bol. Et je dois dire que ma petite automédicamentation (sandiwch pain polaire-duo de saumon mariné au fromage frais... Tant qu'à aller à la Grande Epicerie, autant ne pas se priver...) a été assez efficace. Mais là ou VRAIMENT, j'ai sauvé ma journée, c'est quand j'ai commencé à flâner dans les rayons.

Vraiment, j'adore ce concept de magasins où l'on arrive à nous faire croire que faire les courses (pas faire du shopping, faire les courses, remplir le panier de la ménagère de moins de 50 ans, aller aux commissions tout ça quoi) peut être un moment de pur plaisir, de détente, "là où tout n'est que luxe, calme et volupté". Le BM n'a pas failli à sa réputation et n'a pas déçu mes attentes. Car soudain (enfin, lentement, rappelez-vous, je flâne, puisque c'est un moment de détente blablabla etc), donc soudain lentement, je tombe sur un petit coin de tête de gondole (toi même). Et là, des petites boîtes marrantes, pleines de couleur, qui ont l'air remplies de bonnes choses : les petits sablés tout ronds tout beaux de Michel et Augustin.

Je regarde. Le format est pas mal, ça me ferait juste mon petit dessert. Et puis ça a l'air franchement bon. Surout les petits là, de la gauche. "Pavot vanille", tout ce que j'aime. Je craque. J'en mets dans mon petit panier de ménagère de moins de 50 ans. Et là, après mon sandwich pain polaire (sérieusement, le meilleur de ma vie), je craque pour ma petite folie, mes petits sablés tout ronds tout beaux. Je croque. Mmmmmmmhhhhhhhhmmmmmmm, ça croustille, mais on ne se casse pas les dents. Ca a le goût de bon. Divin même. Et voilà comment en deux croques, j'ai été conquise.



Et hier, plongée (en théorie) dans mon exposé de droit parlementaire (pas le même que ce soir, un autre, il faut varier les plaisirs), je cherchais quelques menues distraction. Souvenir ému de ce moment de grâce culinaire, je cherche Michel et Augustin sur internet. Et là, je dois dire, le site est absolument génial. Les mecs racontent leur petite histoire assez incroyable, proposent de venir arroser leur bananier, expliquent qu'ils ont découvert les jugos naturales en Amérique du Sud en 1997, disent tout sur tout et sur rien et sur rien du tout (oups, petite rayure du disque).

Et là, je vois un truc qui fait tilt dans ma petite cervelle : si on a des idées de recettes, des choses qu'on aimerait manger, des petits sablés inédits qu'on voudrait partager, il n'y a qu'à leur écrire. Alors déjà, je dois dire qu'en termes de marketing, les mecs, ils sont SUPER forts. Normal, c'était leur boulot à la base. Mais là, me faire croire que moi, la groupie de base, je pourrais non seulement participer activement à leur bizness mais en plus, peut-être, devenir leur copine, ça me donne envie de me baffrer de petits sablés matin midi et soir et nuit et goûter et et et. Je compte même plus les points, ils ont gagné.

Et bah moi, je leur ai écrit du coup. Comme ça, si c'est juste un coup marketing mais qu'en fait ils n'en ont rien à faire des autres, je les aurai un peu emmerdés à encombrer leur boîte mail avec mes conneries. Et si ce n'est pas juste du marketing (moi j'y crois à fond), alors je rêve déjà. Je leur ai proposé 3 idées de nouveaux petits sablés. Si ça les intéresse, je me mets au boulot. Dans ma cuisine, à jouer à l'apprentie-sorcière. Je me Bree-van-de-Kampiserai encore plus que d'habitude. Je resterai face à mon four jusqu'à ce que j'aie trouvé la recette miracle, le pass pour rentrer dans leur tribu qui me fait fantasmer. Et puis peut-être que ça va tellement bien marcher que jamais je ne passerai l'ENA parce que je serai nommée chef-nouveaux-sablés d'ici le mois de septembre prochain et que bientôt je pourrai passer mes journées à faire des petits gâteaux plutôt que du droit public.

Bon, allez, assez rêvassé, l'efficacité du juge administratif m'attend. Et en plus, ils ne m'ont pas encore répondu...