Affichage des articles dont le libellé est La famille y'a qu'ça d'vrai. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est La famille y'a qu'ça d'vrai. Afficher tous les articles

31 juillet 2007

"Et toi, t'as un amoureux ?" (ou : Les conseils de drague de ma cousine)

Ma cousine a 8 ans et est très inquiète de savoir que je n'ai pas d'amoureux. En même temps, c'est légèrement compréhensible quand on sait qu'elle, elle en a eu 3 différents en 2 semaines de colonie de vacances. Forcément, je suis un peu à la ramasse à côté d'elle. Mais elle a décidé de me prendre en main :

"- Tu sais, sur la TNT, il y a une émission. Il y a un garçon et il fait défiler 5 filles et à la fin il en choisit une. Et parfois, c'est une fille qui choisit un garçon. Ou alors même parfois, un garçon qui choisit un garçon ou une fille qui choisit une fille, parce qu'ils sont homosexuels, tu vois.
- Oui, je vois. (NDLR : ne JAMAIS avouer que je vois très bien q'elle parle de Next que j'ai légèrement évoqué ici, étant donné qu'il allait falloir la convaincre juste après que ce sont des conneries sans nom qu'elle ne devrait plus jamais regarder)
- Ce serait bien pour toi non ?
- Mais je n'ai pas besoin d'aller dans une émission de télé pour trouver un amoureux voyons !
- Mais NOOOOOON, pas pour trouver un amoureux, mais pour voir comment on fait !"

Dieu merci, cette petite a sauvé sa tête quelques heures plus tard, en apportant la preuve formelle que, contrairement aux apparences, elle ne me voyait pas comme la vieille cousine solitaire et incasable.

Lors de la promenade du soir, en mon absence (mais 1. La vérité sort toujours de la bouche des enfants, et 2. Les propos rapportés sont absolument exacts), elle a confié son inquiétude à ma maman :

" - Dis, Tata, tu es sure qu'elle n'a pas d'amoureux Coco ?
- Oh tu sais, peut-être qu'elle ne nous dit pas tout, elle a le droit d'avoir des secrets aussi.
- Parce que tu sais, je trouve ça VRAIMENT bizarre qu'elle n'ait pas d'amoureux : belle comme elle est, intelligente comme elle est et gentille comme elle, elle devrait en avoir PLEIN !".

Bon, tempérons les choses : à son âge, on confond encore "avoir une jolie robe qui tourne" et "être belle" (et j'ai un tas de jolies robes qui tournent). Pour l'intelligence, j'ai juste cherché à faire naître en elle l'amour de l'Etat et du service de l'intérêt général en lui expliquant les bases du droit administratif (à sa demande, je précise, pour qu'on ne me prenne pas pour une tortionnaire). Et pour finir, ma gentillesse se limitait le plus souvent à lui donner son goûter, à faire semblant de manger ses gâteaux de plage et ses spaghettis de sable, et à lui faire ses couettes et ses nattes le matin. N'empêche que ça rattrape bien la première partie de l'histoire.

free music


-

05 juin 2007

"J'aurai le monde sous le bras"

Les gens se rencontrent presque tous de façon banale : au bureau en pole position, dans un mariage en pole position moins 1. Mes parents ont fait beaucoup plus original, et c'est une histoire que j'aime beaucoup.

Mes parents se sont croisés en Afrique. Mais pas au même moment. Mon père était prof à l'ENA de Brazzaville (ouais, je sais, ça fait super classe, mais ça ne suffit pas à faire de moi une fille d'énarque, ce qui augmenterait mes chances statistiques de réussite au concours). Ma mère avait suivi sa meilleure copine partie rendre visite à son fiancé au Togo. C'était la grande époque de la coopération : tous les jeunes diplômés de France partaient dans l'Afrique qui expérimentait l'indépendance depuis une décade.

Ils n'y étaient pas au même moment, mais leur route a croisé celle d'un ami commun. Qui avait de photos à transmettre. Je ne sais jamais si mon père devait donner ces photos à ma mère ou l'inverse. Le fait est que ces deux inconnus se sont donnés rendez-vous un soir devant l'église de Saint Germain des Prés. Et là arrive le passage de l'histoire que je préfère.

Comme signe de reconnaissance, mon père avait joué la franchise : "je suis un peu chauve et j'aurai le Monde sous le bras". Si j'aime ce moment particulier, c'est parce que j'ai mis des années (mais vraiment des années, peut-être une bonne quinzaine) à comprendre que mon père n'avait pas réellement cherché à se faire passer pour un super héros.

En effet, durant toute mon enfance et bien au-delà, j'ai cru que mon père avait promis à ma mère non pas d'avoir le Monde, mais d'avoir le monde sous le bras. Le vrai monde, vous voyez. De même qu'on dit que l'avenir est à ceux qui se lèvent tôt, on peut très bien avoir le monde sous le bras, pensais-je. J'ai d'abord cru qu'il avait vraiment eu le monde sous le bras, un vague relent d'Oedipe ne me permettant pas de douter que mon père soit réellement un superhéros. J'ai ensuite cru que c'était une belle métaphore, censée impressionnée ma mère. Un air de dire "moi, je suis un sacré mec poulette, tu vas voir ce que tu vas voir". Et puis un jour, j'ai dû me résoudre à l'explication la plus probable, qui était qu'il avait ce stupide journal coincé sous le coude.

Bon après, l'histoire est plus floue. Il l'a invitée à prendre un verre. Je crois qu'il a un peu dû batailler, d'après ce que m'a subrepticement révélé une de leurs amies de toujours. N'empêche que je suis certaine que le fait d'avoir le monde sous le bras a été déterminant. Parce que moi, je serais vachement impressionnée par un superhéros, surtout s'il sacrifie son slip moulant et sa cape pour l'occasion.

free music


-

20 mai 2007

Come on baby... do the locomotion !

De plus en plus souvent, je vais passer le week end chez mes parents. Ce qui était rarissime avant est devenu nettement plus régulier. J'y vais recharger mes batteries (socialisation, sommeil, bons repas, petits soins "je me prends pour un Pacha"), bronzer quand il y a du soleil, et bien travailler. J'y ai en effet une ardeur à la tâche qui me fait parfois défaut à Paris. Hier soir, il a fallu moults insistances maternelles pour que je quitte mon bureau pour rejoindre mon lit.

Mais le moment culminant de ce week end familial a été la séance de danse du samedi soir. Ah non, n'allez pas croire que je suis allée en boîte au milieu des Beaucerons montés à la ville. Je suis restée chez moi, et ça a eu lieu avant le dîner, comme dans les maisons de retraite.

Pour des raisons longues à expliquer et inutiles à savoir, il FALLAIT que j'apprenne à danser le madison. Et ce ne sont pas les souvenirs de ma mère qui allaient m'aider. Donc je suis allée fureter sur internet, où l'on trouve vraiment tout. Et quelques essais et quelques fous rires plus tard avec ma maman, Locomotion de Little Eva à fond en bonde sonore, nous maîtrisions parfaitement ce pas typique des années 60.

J'adorerais vous faire une démonstration, mais je préfère vous laisser imaginer : je sais danser le madison...

En dehors de cette anecdote des plus intéressantes (comment ? Vous osez en douter ?!), je vous encourage à aller voir les photos du week end de Sven, qui prouvent, si cela était nécessaire, qu'il peut faire nettement plus beau chez les Vikings que chez nous !

09 avril 2007

Le lièvre allemand et les cloches françaises

Je crois que j'ai vraiment de chouettes parents. Je dis "je crois", parce que pour ce genre de choses, il est vraiment difficile de comparer. Enfin sauf quand on est adolescente et que la mère de Marie est nécessairement la meilleure mère au monde parce qu'elle est tellement plus cool que la nôtre. Et puis 5 ans plus tard, on se dit que finalement, c'était peut-être bien que la nôtre n'ait pas passé ses après-midis jardinage à prendre soin de nos pieds de cannabis... Maintenant, je suis moins tentée de comparer.

Hier, c'était Pâques et j'étais touuuuuuuute seuuuuuuule. Commencez à pleurer maintenant, c'est le bon moment. Je m'explique : Pâques est pour moi une vraie fête familiale, que je n'ai passée qu'une fois toute seule dans ma vie (et puis finalement non, je m'étais trouvée une famille de subsitution pour la journée), et qui a plus d'importance que Noël. Parce qu'à Noël, j'aimerais finalement échapper à la famille, avec ses tablées de 25 et enfants capricieux qui braillent dès l'entrée. Mais Pâques, c'est différent. Il n'y a pas 37659 trucs à préparer, on est en famille restreinte, et depuis que je suis toute petite, ça donne lieu à d'incroyables chasses aux cloches. J'assume d'ailleurs parfaitement le fait que mes parents continuent à cacher mes cloches de Pâques dans le jardin ou le salon familial.

Oui, mais cette année, ils sont très loin. Je me suis dit que j'allais au moins essayer d'aller au culte, mais mes copines parpaillotes étaient chez leurs parents ELLES. Et je déteste aller au culte toute seule. Du coup, j'ai fait partie des 0,0034% de la population française ayant assisté au culte rentransmis sur Présence Protestante. J'attends les remerciements personnalisés de France 2 pour ce soutien à leurs programmes du dimanche matin. J'ai eu l'impression de faire un truc vachement transgressif tellement c'était original... Et puis assister au culte depuis son lit en pyjama, c'est franchement pas si mal que ça !

Mais en réalité, là n'est pas l'important. L'important, c'est que quand mes parents m'ont appelée au petit matin (pour leur fuseau horaire), ils m'ont demandé innocemment si les cloches étaient passées. J'ai trouvé qu'enfoncer le clou à ce point n'était pas très malin de leur part. Mais après, ils m'ont dit "tu es sûre ?" et puis "regarde peut-être dans le salon...". Et effectivement, les cloches de Pâques étaient passées dans mon salon, il y a 3 semaines, juste avant qu'ils ne partent. Avec des oeufs en chocolat et une petite carte de Pâques. Et à ce moment précis, je n'en ai plus rien eu à faire d'être toute seule ou pas pour Pâques, parce qu'en vrai, je n'étais pas du tout abandonnée... A quoi ça tient, pour des parents, d'être dénoncés ou non à l'assistance sociale !

09 mars 2007

Conseils de style

Mon père a quelque fois des inspirations étranges en matière de style. La preuve avec ce petit dialogue téléphonique frais d'une dizaine de minutes :

"- Alors, tu fais quoi ce week-end ?
- S'il fait aussi beau que la météo le dit, je pense que je vais aller me promener au Champ de Mars demain matin...
- Ah oui, c'est une bonne idée ! Tu mets ton jogging rose, des colliers et hop..."

Je m'imagine déjà, gambadant telle Candy, au milieu du Champ de Mars demain matin. Surtout, quand on va faire un jogging, ne pas oublier SES colliers, voilà ce qu'il faut retenir du stylisme paternel. Parfois, il dit VRAIMENT n'importe quoi. Et je crois qu'il ne rigolait même pas. Ou alors très involontairement.

Afin de dissiper tout doute : je n'ai pas de jogging rose. Enfin si mais non. C'est-à-dire que j'ai un bas de jogging urbain vieux rose très joli qui me sert de bas de pyjama, parce que les vrais pyjamas sont tous moches. Et j'ai aussi un vrai jogging anciennement gris chiné qui a malheureusement rencontré une chemise rouge dans le lave-linge, et est devenu rose tyrien. Et que je cantonne du coup également au rôle de bas de pyjama.

En revanche, j'ai une très belle tenue de sport, qui est noire et rose, mais pas du tout du genre Barbie, plutôt très chic vous voyez. Le genre de tenue de sport que vous pouvez mettre pour aller chercher votre pain (et je vous assure que pour que MOI, je vous dise que vous pouvez la mettre pour autre chose que pour faire du sport, c'est que c'est vrai).

En réalité, la seule chose qui me manque, ce sont des baskets. Mais lundi soir, je vais chez Décathlon l'ami de mes moments sportifs, histoire de faire fonctionner l'économie française et les mains des petits mineurs philippins exploités. Et qui sait, peut-être ont-ils aussi des colliers de sport, pour faire plaisir à mon papa ?

18 janvier 2007

Désordres

Il y a un truc qu'il faut que je vous dise. J'aimerais essayer d'extérioriser un bon coup, peut-être que ça me guérira. Ce n'est pas bien grave, assez discret, et pas handicapant socialement. En gros, je suis dyslexique.
En fait, je ne sais pas si je suis vraiment dyslexique. Je n'ai jamais été diagnostiquée par un spécialiste de la question ni rien. Je n'ai même pas été suivie, puisque je n'ai pas eu de difficultés dans l'apprentissage de la lecture ou de l'écriture, ce qui est en théorie le premier signal d'alarme. Mais dans ma vie de tous les jours, je me rends bien compte que j'ai un léger problème.

La dernière fois, je pensais que c'était une bonne idée d'aller me promener un peu, histoire de glâner quelques macarons chez le sublime pâtissier pas trop loin de chez moi. Les pomme-cannelle sont aussi originaux que savoureux. Mais juste à côté de la boutique de gourmandises colorées, il y a une maroquinerie. Forcément, quand j'ai vu marqué "maroquinerie", j'ai traversé la rue. C'est vrai : macaron et maroquinerie, c'est proche quand même. Quand j'ai vu tous les sacs, j'ai eu un moment d'incompréhension et j'ai réalisé. Je réalise vite maintenant, parce que je suis habituée. Mais je ne peux m'empêcher de me dire que je suis sacrément cruche.

Mais il n'y a pas que les lettres, il y a aussi les chiffres. Et là, ça commence à m'embêter un peu plus. Pour moi, il n'y a, au premier abord, aucune différence entre 124 et 142. Après, en faisant attention, en me concentrant vraiment, j'arrive à voir la différence. Je sais même - je sais, je suis un peu Einstein dans mes bons jours - que 124 est inférieur à 142. Mais à la première lecture, je mélange tout.

Cette confusion dans les chiffres est plus problématique, notamment quand j'essaie de me mettre en tête des résolutions du Conseil de Sécurité. Je ne VOIS pas la différence entre la résolution 1373 et la résolution 1737. Alors j'apprends par coeur "résolution 1373 = sanctions contre l'Iran" / "résolution 1373 = sanctions contre l'Iran" / "résolution 1373 = sanctions contre l'Iran" / "résolution 1373 = sanctions contre l'Iran" / "résolution 1373 = sanctions contre l'Iran" / "résolution 1373 = sanctions contre l'Iran" jusqu'à ce que ça rentre. Toute fière de moi, je me rends compte qu'en réalité, ce n'est pas la 1373 mais la 1737. On prend les mêmes et on recommence.

Ces désordres internes m'ont également valu quelques secondes d'émotion à la réception de résultats dernièrement. Afin d'ôter toute information intéressante de ce post, je vais prendre des chiffres absolument fantaisistes. Je reçois donc mon relevé de notes, je l'ouvre et le mot "admissible" me saute aux yeux. Ce n'était pas possible, j'avais bien regardé la liste, et j'étais certaine de ne pas avoir été dessus, sans même en être étonnée. Je lis la phrase en entier : "Le dernier admissible a obtenu 3175 points". Je remonte pour voir mes résultats : j'ai justement obttenu 3175 points. HEIN ??? QUOI ??? NON !!!! Je vérifie après avoir respiré un grand coup... Ah, j'en étais sûre : je n'ai Dieu merci que 3157 points. On peut se dire qu'après tout, la différence entre 3175 et 3157 est faible. Mais parfois, ça change une vie.

D'où je tiens ça ? J'ai ma petite idée : ma môman est exactement pareil. C'est une gauchère, elle en a tous les travers en ce qui concerne la latéralisation, et j'en ai hérité. Attention, je ne dis pas que les gauchers sont moins doués que les autres. La preuve en est que ma mère est 10 fois plus douée de sa main gauche que ma soeur (droitière) de sa main droite. On peut être gaucher et adroit, comme on peut être droitier et gauche. Mais à son époque, être gaucher n'était toujours pas très bien vu et on l'a un peu perturbée en voulant la faire changer de main. Aujourd'hui encore, bonjour les dégâts.

Morale de l'histoire : attendons de voir si ma confession résoud mes problèmes.

11 janvier 2007

Chaud ou froid ?

Comme toutes les mères (un peu juives sur les bords), la mienne est extrêmement douée pour vous faire croire que vous adoptez de vous-même sa position, alors que vous n'étiez à la base pas d'accord. Vous pensez être doté de raison et d'esprit critique ? Qu'importe, vous en serez dépouillé à l'instant où vous émettrez une opinion discordante, jusqu'à ce que vous vous ralliiez de façon naturelle à la conviction maternelle.

Avec le temps toutefois, je dois dire que les ficelles sont de plus en plus grosses (disons plutôt que j'ai acquis avec l'expérience de sérieuses loupes) et ces tactiques manipulatrices marchent de moins en moins. Je vous livre le classique des grands classiques, le bien connu "tu fais comme tu veux ma chérie. Moi, je te dis juste ce que j'en pense. Et ce que je pense, c'est que je ne ferais pas comme toi. Mais tu es LIBRE, c'est TOI qui choisis". Vous pouvez dire adieu à votre libre-arbitre au moment où ces paroles sont prononcées.

Il y a aussi le bien connu "ah" que seules les membres féminins de notre famille savent décoder dans toute sa subtilité : "ah" d'étonnement, "ah" dubitatif, "ah" pragmatique, "ah" estomaqué, j'en passe et des meilleurs. Un exemple ? "Maman, j'ai trouvé une superbe table bassse pour l'appartement. Elle est comme ci, comme ça et comme çou. Une merveille !". Diatribe enflammée à laquelle est simplement répondu "ah", qui signifie peu ou prou "tu fais comme tu veux ma chérie. Moi je te dis... etc" mais en un plus sadique. Parce que rien n'est dit, on ne peut ni répondre ni argumenter. Notre choix a simplement rencontré la désapprobation maternelle.

Il faut ensuite soit savoir se plier systématiquement, soit partir très loin (ma soeur), soit vivre avec cette largesse dans la distribution de conseils, sans culpabilité outrancière ou presque (moi). Je l'avoue, parfois, le remord me ronge un peu. Et je regrette même de temps en temps mon entêtement lorsque, comme prédit par l'autorité maternelle sus-citée, en effet, les jardinières sur le rebord de la chambre, ça ne prend pas (pas assez ou trop de soleil), que le gâteau au micro-onde c'est dégueu, que cette robe me fait la silhouette de Bécassine ou que ma nouvelle couleur de cheveux me donne des airs d'Yvette Horner. [Note au lecteur : tout ceci n'est bien évidemment que pure fiction. Je ne me suis jamais teint les cheveux en roux... en noir bleuté en revanche, humhum, oui, mais j'étais jeune et rebelle]

Toute la difficulté réside en réalité à distinguer l'abus d'autorité et le conseil en or plein de bon sens de quelqu'un qui a nettement plus vécu que moi, et qui sait donc des tas de choses que je ne sais pas. Le dernier conseil en date ? "Ma chérie, quand tu déferas ton sapin et qu'il y aura plein d'aiguilles sur ton plancher, enlève d'abord le plus gros à la balayette, sans quoi ton aspirateur risque de se boucher". C'est con hein comme conseil, mais je n'y aurais pas pensé. Et comment elle sait ça ma maman ? Parce que quand elle était un peu plus jeune et un peu moins expérimentée, elle s'est retrouvée un soir avec mon père à faire du désenvoûtement ménager dans le salon pour que les aiguilles du sapin libèrent enfin le conduit de l'aspirateur.

Il faut donc apprendre à écouter quand il le faut et à marquer son opposition lorsque ça vaut le coup. Sans quoi, la position - quel que soit l'extrême à laquelle elle se situe - est suicidaire. D'un côté, ne rien écouter, c'est se priver d'une mine incroyable de petits renseignements qui libèrent le quotidien. D'un autre côté, toujours aquiescer est dangereux en terme d'intégrité psychique à laquelle toute personne humaine a droit.

Toutefois, il existe des "cas limites", où on ne sait pas si on ferait mieux d'écouter ou pas. Ainsi, pour Noël, j'ai reçu une très jolie petite gravure ancienne, que je vais faire encadrer. Bon, là, ça se corse un peu, parce que plutôt que de payer la peau du cou un artisan qui me fera ça aux petits oignons, je préfère demander à ma maman, championne toutes catégories pour ce genre de travaux. Mais qui dit demander son aide dit nécessairement écouter, voire prendre en compte, ses conseils. La marie-louise est en cause. Pour les jeunots n'ayant jamais fait d'encadrement autrement qu'avec des posters Playboy dans des cadres Kikéla, une marie-louise est un morceau de carton coloré plus ou moins travaillé qui entoure le sujet encadré. C'est en gros ce qu'il y a entre le cadre et ce qui est encadré, vous situez ?

J'exprime donc mon intérêt pour les modèles gris bleuté, selon moi du meilleur effet avec le ciel menaçant de la gravure. "Tu fais comme tu veux ma chérie, mais si j'étais toi, je prendrais plutôt des teintes chaudes, dans les ocres". C'est vrai, une marie-louise ocre irait aussi très bien. Mais justement, vous allez rire, ça me rappelle un peu trop ma mère les ocres. Pour elle, déco rime avec chaud. J'ai grandi dans l'ocre. Hors de question de mettre un soupçon de couleur froide. Et le gris bleuté, c'est froid. Mon goût pour les ambiances gustaviennes s'est donc développé en dehors de toute influence familiale, en dehors d'une réaction psychanalytique communément appelée "rejet".

En dehors de son goût personnel et subjectif (donc de faible valeur argumentative) pour les couleurs chaudes, ma maman a ajouté un argument de poids : "et puis tout le reste est dans des couleurs chaudes chez toi". Hum, oui, mais JUSTEMENT, un peu de rupture, un soupçon de changement, une miette de contraste, ça ne ferait pas de mal non ? Surtout dans l'entrée, soyons francs...

En dehors du fait que, souvent, le chaud-froid, ça fait mal aux dents, j'apprécie hautement la chose. Que celui qui n'a jamais mangé de moelleux au chocolat avec une boule de glace à la vanille, ou même une crème glacée caramel au beurre salé sur un lit de pommex au four, me jette la première pierre. C'est bon, le chaud-froid en cuisine ! Mais est-ce une si bonne idée en déco ? Dois-je camper sur mes positions ou me plier à la sagesse du dinosaure ? Et une malheureuse gravure peut-elle ruiner l'admirable équilibre de chaleur qui règne chez moi.

Je m'affirme donc pour le chaud-froid, elle me regarde de son oeil qui veut dire "tu verras bien que j'ai raison" en me disant "de toutes façons, il faut voir avec la gravure", façon de repousser discrètement le problème à plus tard. Gagnera ou gagnera pas ? Et si jamais, c'est vraiment mieux avec des couleurs chaudes, perdrai-je la face et mon entêtement ?

Au final, n'a-t-on pas tous presque la même mère ? Quand je demande autour de moi, il semble que le fameux "tu fais ce que tu veux ma chérie etc." soit un invariant maternel. Pour ceux qui ne voient pas exactement de quoi je parle, il faut absolument que vous alliez voir ça ou Comment devenir une mère juive en 10 leçons, si possible avec votre mère, ça sera plus drôle. Vous avez deux jours...

13 novembre 2006

Generation gap...

Je suis à nouveau pour quelques jours chez Papa-Maman, en attendant que des touristes canadiennes n'en puissent plus de Paris et repartent à Montréal en libérant mon appartement. Du coup, je fais de l'observation anthopologique... de mes parents. Et oui, ils arrivent encore à m'étonner.

Ce matin, alors que j'émergeais à peine au-dessus de mon bol de café au lait (note bien, admirateur anonyme : pas la peine de m'inviter à rester dormir chez toi si je n'ai pas de café au lait le lendemain matin), quand le téléphone familial a sonné. Mon père répond et revient dans la cuisine excité comme un gamin, pire que moi le jour où on m'a dit que j'irai passer une journée à Disneyland (quand j'avais 10 ans, pas avant-hier).

Le programme, c'était qu'il me déposait rapidement à la gare, moi courageuse travailleuse, et qu'après, il filait retrouver son copain Michel. Michel est sympa, mais ce n'était pas la cause de la grande excitation du matin. Non, si mon pôpa avait des étoiles dans les yeux et des fourmis dans les jambes, c'est parce qu'il allait faire un tour en... vélosolex avec son pote, qui depuis 2-3 ans a laissé tomber le conseil en entreprise pour se lancer dans la réparation de Solex. Ce qui était au départ un passe-temps de quinqua nostalgique est devenu une vrai bizness à plein temps.

Donc Papa allait monter sur un vélosolex. Or dans la mythologie familiale, Papa et les Solex, c'est toute une histoire. En 1966, avec une bourse Zelidja, il avait fait le tour de l'Allemagne du Nord au Sud, et surtout d'Ouest en Est, derrière le Mur de Berlin. Il avait fait un très beau rapport prémonitoire dans lequel il affirmait que l'assouplissement des relations entre les deux Allemagnes ainsi que les facilités accordées aux familles séparées par le Mur créeraient petit à petit une dynamique de détente qui permettrait un réglement pacifique de la question interallemande. Un truc qui avait de la gueule quoi.

Donc en 1966, il parcourait l'Allemagne en Solex. L'année d'après, il a fait les pays nordiques. L'histoire ne dit pas si c'était avec le même Solex ou non. En tout cas, normalement, le Solex, il maîtrise, même s'il n'en a pas refait depuis.

Ce matin, en tenant ma petit sacoche avec tous mes cours, je pensais à mon père en train de faire le fou en Solex avec son copain dans la forêt. Et je me suis dit que ça avait du bon de vieillir...

27 octobre 2006

Brassens à la vie à la mort

Vous voulez savoir ce que je pense de Brassens ? Et ben c'est !

27 août 2006

Charmante

Aujourd'hui, ma maman m'a appelée depuis le bord de mer pour m'encourager dans mes révisions. Et ma maman, elle est franchement trop forte pour ça (hinhin). Vous allez voir ça.

Je lui faisais part une fois de plus de mes doutes métaphysiques et je lui racontais comment Charles m'avait bien fait prendre conscience de tas de choses élémentaires mardi dernier (merci encore !). En un mot, je la prépare (je ME prépare ?) à un échec certain.

Et là, toute mère normale aurait sans doute dit (autant par aveuglement maternel que par volonté d'apaisement) : "ne t'inquiète pas ma chérie, au pire, tu l'auras l'année prochaine". Mais la mienne m'a dit très calmement : "tu sais ma chérie, si ça se trouve, tu le n'auras jamais. C'est même probable."

Au moins, on peut dire que je n'ai pas la pression de mes parents sur le dos...

10 juin 2006

La nuit où je m'ai suicider

Cette nuit, j'ai rêvé que je me suicidais. Comme ça, sans raison. Je devais juste m'ennuyer un après-midi chez moi. Alors je me suis plantée un couteau dans le poumon, pas loin du coeur. Je visualise encore très bien où c'était, pile entre deux côtes. Ca ne faisait pas franchement mal, mais j'étais très très très faftiguée à force de me vider de mon sang. Et je restais allongée bien tranquille en attendant que ça se passe.

Enfin, jusqu'à ce que je me décide de me lever pour vivre ma vie normalement, pépère. Bien fatiguée toujours, mais pépère. J'avais une grande chemise de bûcheron (réminescence de la discussion avec Anne et Julien mercredi soir...) que je gardais fermée en croisant mes bras, pour qu'on ne voit pas tout ce sang. Et tout mon petit monde continuait à vivre comme d'habitude.

Heureusement, mon Papa Superman a fini par se dire que quand même, peut être que ça vaudrait le coup d'aller à l'hôpital. Ma mère n'en avait visiblement rien à cirer et trouvait ça légèrement exagéré d'aller déranger un gentil médecin type Carter pour si peu. Pfffffffff, merci Papa d'avoir insisté ! Du coup, je me suis réveillée vivante, j'étais bien contente. Il n'y avait pas de sang partout. Là aussi j'étais contente parce que bon, jouer les conchita, j'avais moyennement envie. Et je suis rassurée sur l'amour que me porte mon papa. Ouf. En dehors de ça, je préfère ne pas trop analyser, on ne sait jamais ce qu'on va trouver quand on commence à chercher.

Edit : pas la peine de venir chercher les couteaux chez moi, je n'ai vraiment pas envie de me suicider.
Edit 2 : Myriam aussi fait des rêves très bizarres, d'abord
Edit 3 : non, les rêves ne révèlent pas toujours des choses que l'on n'ose pas assumer
Edit 4 : j'en ai fait un pire mais je refuse de le raconter par écrit, beaucoup trop compromettant