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10 janvier 2008

Sur le livre du visage

J'avais dit haut et fort "Facebook, moi, JAMAIS !" d'un ton résolu. Bon... Seuls les bêbêtes campent sur leurs positions. Donc : ça y est, je me suis fait finalement piéger comme tout le monde, je suis désormais sur le livre du visage. Pour l'instant, je trouve ça très très drôle.

Evidemment, première chose que j'aie faite : aller voir ce que sont mes (innombrables, bien sûr) exs devenus. C'est un peu le but ultime de Facebook non ?

Au lycée, J. voulait devenir cinéaste d'art et d'essai, écoutait du reggae "fuck la société", et je l'avais accompagné à Clignancourt se faire des dreads au goudron. Désormais, il travaille en banque d'affaire new-yorkaise et est rasé de près, après avoir fait une grande université américaine. En même temps, j'aurais dû m'en douter : au retour de son coiffeur afro, il n'avait pas assumé les dreads toutes collantes, et sa mère avait passé la soirée à essayer de lui démêler les cheveux à coup d'eau bouillante et d'après-shampoing Ultradoux.

L., est désormais en couple avec un jeune homme délicieux. Bon, je le savais déjà et depuis très longtemps. Pas l'ombre d'un choc en vue. En fait, je n'aurais même pas pensé à le considérer comme un ex, mais c'est lui qui a indiqué à Monsieur Facebook que nous nous connaissions car "we dated for a short while and still get along great". Ca m'a fait mourir de rire, et énormément flattée. Ensuite, je me suis dit que les gens allaient peut-être penser que j'avais été la dernière avant le premier, celle qui l'avait fait basculer du côté obscur de la force. Ca m'a fait encore plus rire.

Q., le petit malin, ne met même pas qu'il est "in relationship", alors que je sais très bien que c'est le cas (à moins que les choses n'aient changé... mmmmh, à vérifier !), et A., lui, est toujours "in relationship", le con.

Les autres, il faut que je leur demande d'être mes amis pour voir leur profil. Dieu que c'est frustrant ! Il y en un qui a mis une photo sur laquelle il a l'air plus miam que j'amais. Et comme une nullarde, j'hésite et je n'ose pas. Je me sens aussi cruche que lors de la première fois où je devais les appeler.

Sinon, ça m'a permis de prendre enfin des nouvelles de copains à qui je devais écrire depuis 6 mois, au bas mot. C'est un peu plus constructif.

04 janvier 2008

Je sais je sais

Oui, je sais que je suis rien qu'une grosse feignasse qu'écrit jamais rien. Mais d'abord, je n'ai pas eu internet pendant longtemps, ensuite je n'avais pas envie de vous parler de Noël ou de vous présenter mes voeux, enfin je n'avais pas vraiment le temps. D'ailleurs, le temps, je ne l'ai toujours pas, alors je passe juste comme ça, faire signe rapidement.

Je ne manque pas de choses à raconter :
- Séville, ses orangers, son soleil, ses siestes partout et tout le temps, et son architecture mudéjar ;
- Berlin, sa neige, mes Berlinois préférés et ses réveillons qui me réconcilient avec les réveillons ;
- les supermarchés allemands et la tête (et l'odeur) de ma valise quand je reviens de Teutonie en me prenant pour Germania ;
- Air France et son organisation de merde, mes charmants voisins de voyage bruyants et encombrants, et le plaisir de se la péter avec les journaux internationaux ;
- et tous les autres sujets promis depuis des lustres (pourquoi je suis une fille "en fait", les questions insolubles, le questionnaire de Noël d'Ashley tout périmé maintenant, etchétéra).

Mais je n'y peux rien, je bosse moi. Beaucoup même. J'ai un mois devant moi pour influencer radicalement le cours de ma vie, et je ne compte pas laisser passer cette chance. Et travailler, ça prend du temps, c'est fou.

Sans compter qu'en ce moment, je vis à deux, et que vivre à deux aussi prend du temps mine de rien. Ce matin, record battu : levée à 8h, je suis arrivée en bibliothèque à 10h30. Certes, 10h30, après un rapide passage chez Starbucks pour faire passer le goût de mon mauvais café sans lait du petit déjeuner, mais je vous rappelle que le Café au rond vert est en face de chez moi et que j'ai pris mon Latte Crème brûlée à emporter. D'ailleurs, je préfère le White Moccaccino, c'est certain. Bref : je ne comprends pas comment ça s'explique, mais à deux, je fais les choses plus lentement.

En bonus, les plus belles recherches de la dernière heure : "crème Nuxe pour gonfler les mains" (pour éviter que ton alliance ne tombe ?), "restaurant manger le monstre" (bon appétit d'ogre), et "anne-sophie OR béber OR gambas OR merlan OR létiz OR coco OR élo" (tes amies s'appellent vraiment Gambas et Merlan ?).

Je sais, cette note n'a ni début ni fin, mais en même temps, quoi que je fasse, vous ne serez pas content parce que je ne vous aurai pas souhaité une très belle année 2008. Qu'est-ce que j'y peux, franchement...

08 décembre 2007

A part ça

Je crois que je peux le dire sans qu'elle démente publiquement et humilieusement ici même : je me suis fait une nouvelle copine. Dit comme ça, on pourrait croire que ça relève de l'exploit, alors que je pense pouvoir très modestement dire que je ne suis pas un ours asocial incapable de nouer des contacts avec mes prochains. Cependant, étant donné que je n'ai même pas le temps de voir mes amis déjà existants, ou si peu, je ne ressens pas nécessairement le besoin de m'en faire de nouveaux.

Sauf que bon, je suis tellement un anti-ours que j'ai en réalité besoin d'un minimum vital de contact humain dans la journée. Et ces derniers temps, j'avais du mal à remplir mon quota quotidien de bavardage. La joie du redoublant est en effet d'être un Rémi sans ami.

L'année dernière, je savais que j'allais retrouver en amphi Alphonse, Léonie et Gérard, ce qui me réjouissait toujours au plus haut point, même lorsqu'il s'agissait d'un cours de finances publiques. Evidemment, mes amis ne portent pas ces noms, c'est juste pour donner un peu de vivant à cette description. Et puis j'ai un peu plus de 3 amis, je tiens à la souligner. Bref. Ces contacts avec le monde des humains étaient d'une part absolument nécessaires à mon développement personnel, et d'autre part très utiles pour me motiver à aller en cours.

Cette année, Alphonse a eu son concours, Léonie révise chez elle et Gérard a jeté l'éponge. Or j'ai besoin de voir, lorsque j'arrive dans la chaleureuse bibliothèque de Sciences Po, des visages souriants et sympathiques. Sinon, je reste chez moi, et je travaille moins bien.

Ma nouvelle copine est dans le même cas que moi. Avec elle, on peut parler de la nomenclature M14 juste avant de se demander si "la Starak est vraiment nulle cette année ou si c'est juste nous qui vieillissons". Ca me convient très bien.

Si c'était une relation amoureuse, je crois que je me dirais que "tout ça va un peu vite", vu qu'on a déjà passé toute une journée ensemble du matin jusqu'au soir, en finissant par un merveilleux McDo-ciné (le dernier Fatih Akin, De l'autre côté, que je recommande) en sortant de cours. Mais comme ce n'est pas une relation amoureuse et que je suis "juste" une copine - le "juste" est important ("ceci est une private joke en milieu socialisé, c'est insupportable". Comprenne qui pourra !), tout va bien, et elle ne risque pas de partir en courant la prochaine fois en me disant qu'elle est engagemento-phobique.

Tout ça pour dire que vendredi, entre deux cours, lassées des sandouiches du Crous, on s'est offert un petit plaisir : une vraie pause déjeuner. La vraie pause déjeuner se distingue de la fausse pause déjeuner par :
- un environnement calme et plaisible, propice à la détente, et comble du comble, chauffé
- un dejeuner correct et équilibré, qui dure plus de 6 minutes 21 (café compris)
- un vrai café qui n'a pas le goût de plastique en poudre

Nous avons trouvé que Lina's était un endroit parfait pour répondre à ces exigences. J'y ai mis les pieds pour la deuxième fois de ma vie, et je ne regrette pas. La ciabatta grillée figues-chèvre-speck-roquette est divine, sans parler de leur tiramisu à la mangue et au speculoos. Naturellement, ce n'est pas le même prix que le Crous. Mais en sortant de chez Lina's, j'avais l'impression d'avoir vraiment fait une pause dans ma journée, ce qui n'a (presque) pas de prix.

Je crois que je vais arrêter les Pringles afin de faire un virement de crédits vers le poste de dépense Lina's (bien sûr que les crédits-Pringles sont fongibles au sein du programme "Alimentation"). Oui, j'ai un peu révisé mes Finances publiques et j'aime le montrer...

12 novembre 2007

Week end

Ces derniers jours ont été très chargés, et pourtant, je n'ai rien fait. Mais j'ai quand même fait plein de choses, dont certaines étaient relativement décoiffantes.

Pour commencer, j'ai fait dépenser à une amie une somme folle d'argent dans les boutiques samedi ET dimanche (vive le Cour St Emilion). C'est vraiment l'une de mes occupations préférées : la joie jouissive du shopping sans la douleur porte-monnaitesque qui la suit en général. Comme elle était très contente de ses achats, j'en déduis que nous étions dans une win-win situation.

Ensuite, j'ai de façon tout à fait involontaire croqué à pleine dent dans un chili. D'habitude, dans le tom kha ghai (la délicieuse soupe thaïlandaise au coco, au poulet, à la citronnelle et à d'autres choses), j'enlève les piments avant de servir. Je laisse la citronnelle, le galanga, le basilic thaï, les feuilles de keffir et les chilis "infuser" pendant la cuisson, et je sers sans. Sauf que le filtre à café dans lequel étaient mes trucs à infuser s'est lâchement déchiré. Et voilà comment on a l'impression d'avoir un coup de napalm dans la bouche, alors qu'on ne s'attendait à rien. C'est une expérience intéressante, mais que je ne suis pas prête à refaire immédiatement. C'est bien simple, j'ai peur de mon tom kha ghai maintenant. J'ai une nouvelle vision de l'existence : "la vie, c'est comme un tom kha ghai ; ce n'est bon que quand c'est un peu épicé, mais quand tu tombes sur un chili, t'es mal".

Pour continuer dans les expériences culinaires, j'ai vécu une grande déception. L'une de mes drogues gastronomiques favorites est le pesto à la sicilienne de Barilla, que Leonardo - touché bien avant moi par cette dangereuse monomanie - m'a fait découvrir il y a quelques années. J'ai à peine eu le temps d'en devenir dépendante (du pesto), qu'il est devenu impossible de le trouver en supermarché. Le site de Barilla dit : "Le Pesto alla Siciliana Barilla unit dans une alliance au goût délicat deux des saveurs les plus typiques de la tradition méditerranéenne: le crémeux de la ricotta (fromage doux au lait de vache ou de brebis) et la pulpe de tomates. Ces goûts sont relevés et mis en valeur par le parfum des noix, des pignons, du basilic et du fromage Grana Padano (qui ressemble au Parmigiano). Vous apporterez sur votre table toute la saveur de la cuisine italienne." Comme je ne peux plus "apporter sur ma table toute la saveur de la cuisine italienne" et que je suis frustrée, j'ai décidé de prendre les choses en main et de faire moi-même mon pesto à la sicilienne. La déception est la suivante : le pesto maison, c'est bon, mais quand même moins bon que le pesto à la sicilienne industriel de Barilla. Il lui manque quelque chose, mais quoi ?

Pendant que je croquais dans un chili lance-flammes, on regardait Ma Mère, adaptation cinématographique par Christophe Honoré du roman de Bataille. Après, vu qu'on n'était toujours pas dégoûtées de la vie, on a enchaîné avec La Pianiste. On s'est qu'on était quand même drôlement normales, quoi que cela puisse signifier. On a aussi pu constater que nos parents étaient assez exceptionnels de normalité aussi. Et on s'est demandées comment Isabelle Huppert pouvait aussi admirablement bien jouer des rôles de tapées sans sombrer elle-même dans la folie.

Pour finir, j'ai essayé un truc dément au royaume du superflu dimanche après-midi, c'était ça. Mon amie a dû me tirer de force pour que je quitte l'engin de délices. En réalité, c'est faux, elle était aussi scotchée que moi sur son fauteuil à elle, c'est la fonction "percussion" qui m'a éjectée hors du truc. Menfin sauf quand le fauteuil se prend pour le masseur des Bronzés (culture, quand tu nous tiens), c'est tout simplement divin. L'impression qu'un vrai masseur avec des vraies mains humaines s'occupe de tout mon dos est inoubliable. D'un autre côté, c'est un peu flippant de voir que la différence entre l'humain et le mécanique est si mince (mais ça ne vaut que pour les chaises massantes).

A part ça, j'ai aussi fait des trucs vachements classiques. Genre une dissertation samedi matin sur la morale et la politique. De quoi me mettre de bonne humeur, en somme.

02 novembre 2007

Ma vie est palpitante

Hier, je voulais aller m'inscrire là où je vais faire du sport, maintenant que je suis certaine d'être à Paris pour encore au moins un an. Et puis finalement, des amis m'ont appelée pour savoir si je pouvais venir les aider à lessiver et peindre les murs de leur nouveau nid d'amour. J'étais toute contente d'avoir une occupation saine, altruiste et physique. Vu mon état ce matin, je me dis que ça vaut bien une séance d'abdo-bras-fessiers cette histoire.

Du coup, le soir, pour me remercier, ils m'ont offert le champagne. Franchement, je n'ai jamais autant bu de champagne en si peu de temps que depuis que je ne suis pas admissible. Remarquez, peut-être que les admissibles en boivent encore plus souvent que moi, mais dans ce cas, ils doivent être pétés 20h sur 24, ce qui ne doit pas être optimal pour les révisions. Les gens trouvent tous d'excellentes raisons pour considérer que ma non-admissibilité n'est pas un obstacle à la consommation de bulles. Comme dirait l'autre, je me plains pas, je constate.

A part ça, j'ai découvert deux choses absolument bouleversantes hier. D'une part, je suis perdue : le Nicolas (le marchand de vin) juste en face de chez moi va incessamment sous peu être remplacé par un Starbucks Coffee. Un Starbucks qui fait du mocca blanc et sur lequel je tombe dès que j'ouvre ma porte. Le rêve quoi. Mais quand j'ai vu les jolis panneaux verts, j'ai surtout pris peur. Vais-je savoir me retenir ? Suspense.

D'autre part, pour la première fois de ma vie, j'ai fraudé dans le métro. Je ne suis pas un parangon de vertu, mais avec une carte Imagine R, c'est un peu difficile de frauder, vu que tu es en règle partout et tout le temps. Voilà. Sauf qu'hier soir, après mes 4 coupes de champ, j'ai pris le métro dans une station où la signalisation n'est pas claire du tout (encore moins claire que je ne l'étais moi-même). Il y a deux lignes, mais j'avais beau regarder partout, je n'en voyais qu'une. Bon en fait, il faut passer sur le quai de la première ligne pour accéder à la seconde, sauf que ce n'est pas indiqué. Enfin si, mais il n'y a pas le nom de la ligne, juste ceux des deux terminus. Or moi, les terminus de ligne de métro, je ne les connais pas par coeur, donc je n'ai pas compris le truc. Du coup, je suis ressortie de la station, pensant que le champ' m'avait brouillé l'esprit et que je m'étais plantée de station de métro. Et pas du tout. Donc je suis redescendue sous terre. Sauf que mon pass Navigo avait déjà été validé et ne voulait plus passer. Logique. Du coup, telle une petite voyoute, j'ai enjambé le tourniquet (je sais, je suis une méga-rebelle) et je me suis glissée sur le côté de la porte. Et là, franchement, je n'ai pu en tirer qu'une seule conclusion : frauder dans le métro, c'est réellement TROP facile. Le tourniquet est enjambable même quand on n'est pas danseuse de french cancan. Et on peut se glisser le long de la porte juste derrière sans aucun effort. Ok, il faut se mettre de profil, mais c'est un effort auquel j'étais prête à consentir. Je me demande presque s'il n'est pas moins galère d'enjamber le tourniquet que de chercher ma carte Imagine R au fond de mon sac de randonnée (autrement appelé "sac à main en milieu urbain hostile").

Je vous avais bien dit que ma vie était palpitante.

28 août 2007

Que vous dire ?

Je pourrais vous dire qu'hier, il a fait beau à Paris, ce qui m'a permis de sortir pour la première fois de son placard ma toute nouvelle robe à pois achetée en soldes qui n'avait pas encore vu la lumière du jour. Elle était presque aussi contente que moi, surtout quand "on" m'a dit "ben dis donc, kesssssssssse que t'es jolie !". Je n'ai pas osé avouer que j'avais mis le paquet pour compenser les 2871273 derniers jours, où je ne portais que d'infâmes bas de jogging me servant accessoirement de pyjama avec des débardeurs Petit Bateau. Oui, je pourrais vous raconter ça, mais comme vous n'avez jamais vu ni cette robe ni mes bas de pyjama, vous ne pouvez pas vous imaginer.

Je pourrais vous dire qu'hier, j'ai revu une amie que je n'avais pas vue depuis telllllllllement longtemps qu'on avait telllllllllement de choses à se dire. Je pourrais presque vous retransrire l'intégrale de notre conversation. Mais vous la connaissez encore moins que vous ne me connaissez, cela pourrait donc fortement vous ennuyer. Et comme elle, elle ne vous connaît pas du tout, cela pourrait fortement la gêner.

Je pourrais vous dire qu'hier, j'ai été prendre un verre en afterwork avec un ami qui ne sortait finalement pas du boulot mais de l'enterrement de l'un de ses copains. Je pourrais vous raconter sur un ton larmoyant les souffrances endurées par ce jeune homme, les yeux mouillés de mon ami quand il en parlait, et les platitudes que j'ai étalées pour tenter de le réconforter. Mais je n'ai pas d'actions chez Cleanex (oui, je pense que Kleenex est un jeu de mots qui vient de "clean" et non de Paul Klee, mais je peux me tromper), et vous pourriez trouver que je donne dans le mélo facile.

Je pourrais vous dire que mon fleuriste me fait la gueule de façon à peine voilée. Comme presque toutes les semaines, je suis allée m'acheter quelques bottes pour enlever à mon cocon ce sale air d'appartement mort après 2 mois d'absence. Pendant qu'il me fait mon bouquet, il me demande avec le sourire comment je le veux, mon bouquet. Et si c'est bientôt la rentrée. Et si je suis partie en vacances. Je lui dis que non, pas trop. Il me demande où je suis partie, toujours avec le sourire. Il me demande pourquoi j'ai pris si peu de vacances, si je viens de commencer à travailler. Je lui dis que je prépare un concours pour bientôt. Il me souhaite bon courage, avec le sourire. Et il me demande l'air de rien "mais un concours de quoi, au fait ?". J'ai voulu répondre un concours canin, mais j'ai été trop vite honnête. Le sourire est devenu une porte de prison et il m'a dit au revoir. Je pourrais vous raconter ça, mais vous pourriez penser que j'essaie simplement d'attirer honteusement votre pitié en jouant encore la mal-aimée.

Alors on va dire que je ne vous ai rien dit, d'accord ?

20 août 2007

Alleluja ! (message personnel)

Pour célébrer ton retour à la maison dans la joie et l'allégresse qu'il mérite, un tout petit souvenir qui, je l'espère te fera sourire (les autres, pitié, n'écoutez pas... C'est une private joke de soirées étudiantes !)

free music


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09 août 2007

Les homos de ma vie

J'aurais pu vous faire la litanie des hommes de ma vie, mais ils sont bien moins intéressants que les homos de ma vie. Je crois que j'en ai toujours été entourée, le sachant plus ou moins. Je ne sais pas qui a inventé le concept de "fille à pédé", plus joliment appelé "Babycake" chez Armistead Maupin. Mais pas de doute, je crois que j'en suis.

Le tout premier chronologiquement, c'est le meilleur ami de ma tante. Qu'on appelle tonton alors qu'on sait très bien qu'ils ne sont qu'amis. Dont je ne m'étais jamais demandée pourquoi il venait toujours passer Noël avec nous, parfois avec l'un de ses amis. Le Noël de mes 12 ans, alors que je commençais à comprendre que les garçons du même âge que moi devenaient chaque jour plus inintéressants et que je craignais que cela ne leur dure la vie, il était venu avec "son ami". L'un de ses étudiants, qui avait une vingtaine d'années donc. Et qui avait beaucoup parlé avec moi. De Roméo et Juliette, l'oeuvre shakespearienne, et du film qui venait juste de sortir. De Leonardo Di Caprio. Bref, d'un tas de choses fascinantes. Surtout sortant de la bouche d'un garçon. Je découvrai que loin de la cour du collège et avec quelques années de plus, les garçons pouvaient être sensibles et intelligents, et raconter des choses qui intéressent les filles. On ne m'avait jamais caché que ce faux oncle était en fait une tante (désolée, cette expression est affreuse, mais la tentation du jeu de mot lourdaud était trop forte, je m'excuse platement) mais on ne l'avait jamais non plus verbalisé ouvertement, tant cela paraissait évident. Je savais sans savoir.

Le deuxième commençait à avoir un fin duvet sur la lèvre supérieure et à tâtonner dans les méandres de la vie lorsque je l'ai connu. Nous nous sommes retrouvés tous les étés durant 5 ans, entre 11 et 15 ans. A 11 ans, nous avons passé l'été à nous amuser comme larrons en foire. A 12 ans, il m'a demandé si je voulais sortir avec lui, puis m'a assuré, comme j'hésitais retenue par je-ne-sais-quoi, que finalement, c'était sans doute mieux que je dise non. Il a dit "au moins, j'aurai essayé" en ayant l'air de parler pour lui et non pour moi. A 13 ans, je ne sais plus. A 14 ans, son plus grand drame était de n'être jamais sorti avec une fille. J'étais devenue officiellement sa "Madame de Conseil", surnom dont je restai ensuite affublée ironiquement devant le succès de mes recommandations. Il fallait que je l'aide. J'ai passé une semaine à compiler tous les magazines féminins de la maison pour lui faire un best-of de conseils de drague, tapé sur ordi, en vraie professionnelle. A 15 ans, il me remerciait sincèrement de l'avoir aidé à y voir clair. Il utiliserait mes conseils à bon escient, mais sur les garçons désormais. J'ai été la première à le savoir, et je le dis pour la première fois.

Le troisième était un camarade de collège. Le seul de la classe de 4ème qui soit vraiment beau. Le seul aussi à aimer Mylène Farmer, dont j'ignorais encore la symbolique. Le seul qui n'avait pas encore mué. Le seul qui ait des choses intéressantes à raconter. Le seul qui aimait lire. Le seul qui écoutait autant qu'il aimait être écouté. Le seul qui faisait semblant de s'intéresser aux filles sans jamais les draguer, pendant que ses congénères ne faisaient que draguer les filles sans jamais s'intéresser à elles. Il rêvait d'être comédien. J'ai découvert récemment, en prenant le métro un soir, qu'il avait réussi. Tête d'affiche. Il est encore plus beau.

Le quatrième, ah le quatrième... Beau comme un Dieu latin, avec un prénom qui disait tout. Je venais de quitter le domicile parental, ma vie s'ouvrait devant moi. J'avais déjà entendu parler de lui avant même de le rencontrer. On m'avait vanté sa beauté, oubliant de me dire qu'il était aussi adorable. Trop adorable. Dans les 2 premières semaines, il m'a successivement invitée au cinéma, invitée à dîner chez lui au milieu de sa forêt de basilic, et a passé une journée entière à aider mes parents et moi à vider la camionette contenant alors "toute" ma vie : un canapé, un fauteuil, des livres, un lit et un tas monstrueux de babioles dans des cartons. Qui aurait fait ça pour mes beaux yeux ? Il ne l'a même pas fait pour ça. Il ne l'a fait que par pure gentillesse totalement désintéressée. Et j'ai cru avoir trouvé mon preux chevalier (j'évite le "Prince charmant", pour ne pas énerver Denys). Quelques jours plus tard, il révélait dans des circonstances tout à fait peu agréables, ni pour lui ni pour moi, qu'il n'aimait que les garçons. Je me suis consolée en faisant de lui un ami, à qui je dois bien des choses.

Le cinquième, ah le cinquième... J'ai appris par des bruits de couloir qu'il était Polonais. Je l'ai abordé dans un amphi en lui vantant les mérites de la Pologne, en m'alourdissant sur l'amour que je portais à son pays. Une admiration sincère pour un pays dans lequel j'avais passé 2 semaines quelques années auparavant, et dont l'histoire me passionnait. Juliette, celle qui allait aussi devenir mon amie et ma complice, assise juste à côté, et qui le connaissait mieux que moi, m'a glissé la phrase qui devait être mon assurance-vie : "En fait, il DETESTE la Pologne". J'étais mal partie. De toute façon, tout était mal parti. Alors pour me rattraper, je lui ai présenté mon n°4 et j'ai joué à la mère juive par MSN interposé, avec Juliette. En fait, ça, c'est l'histoire officielle. L'histoire officieuse est qu'ils se seraient sans aucun doute tout aussi bien débrouillés sans nous, puisqu'ils continuent à s'en sortir sans nous.

Bien sûr, il y en a eu d'autres. On ne fréquente pas impunément les filiaires littéraires. 1 mec hétéro sur 37 élèves dans ma classe de terminale. Mais eux, ce sont ceux qui ont compté pour moi et qui y sont toujours des êtres à part. Pas parce qu'ils sont homos, mais parce qu'ils sont eux.

free music


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21 mai 2007

Et les soirées de l'Ambassadeur sont toujours une réussite !

J'ai oublié de vous raconter un truc GE-NIAL, une soirée entre amis passée la semaine dernière grâce à l'ingéniosité de Myriam (enfin, je crois).

Donc on va dire que c'est Myriam (en vrai, c'est peut-être Juliette) qui avait trouvé un petit café du côté des Gobelins, l'Oya Café (25 rue de la Reine Blanche pour les curieux), qui propose une formule intéressante et à mes yeux complètement novatrice. En fait, il paraît que ça existe depuis longtemps, mais que voulez-vous, Coco est jeune et Coco découvre régulièrement le monde. Donc le principe : pour 6 euros, vous avez une boisson non alcoolisé et... une partie de jeu de société.

Il y en 250 dans la boutique, pour la plupart étrangers. Le maître des lieux est également maître de jeu : vous lui racontez ce que vous aimez, ce que vous attendez du jeu et le temps que vous avez, il vous propose l'un de ses jeux, en explique les règles et court à votre rescousse à la moindre hésitation.

On lui a expliqué en 3 mots ce qu'on voulait (j'ai dit que j'avais un problème de connexion neuronale lorsqu'il s'agissait de comprendre des règles de jeu de société et que je n'avais pas toute la nuit devant moi, les autres qu'ils voulaient rire). Et on est tombé sur Time's up.

Une découverte pour nous tous, qui nous a fait passer un excellent moment. A force d'éclater de rire et de hurler à travers le café, on a dû perturber ceux qui s'adonnaient à des jeux nettement plus intellectuels et stratégiques. C'était vraiment un moment très sympa passé avec Adalbert (que son côté plus polonais et britannique que français n'a pas empêché d'apprécier et de participer), Juliette et Myriam, qui devrait nous laisser des répliques d'annales.

Je vous conseille donc autant ce café que ce jeu. Et je pense bien que nous y retournerons pour partager une autre séquence de franche rigolade.

20 mai 2007

Come on baby... do the locomotion !

De plus en plus souvent, je vais passer le week end chez mes parents. Ce qui était rarissime avant est devenu nettement plus régulier. J'y vais recharger mes batteries (socialisation, sommeil, bons repas, petits soins "je me prends pour un Pacha"), bronzer quand il y a du soleil, et bien travailler. J'y ai en effet une ardeur à la tâche qui me fait parfois défaut à Paris. Hier soir, il a fallu moults insistances maternelles pour que je quitte mon bureau pour rejoindre mon lit.

Mais le moment culminant de ce week end familial a été la séance de danse du samedi soir. Ah non, n'allez pas croire que je suis allée en boîte au milieu des Beaucerons montés à la ville. Je suis restée chez moi, et ça a eu lieu avant le dîner, comme dans les maisons de retraite.

Pour des raisons longues à expliquer et inutiles à savoir, il FALLAIT que j'apprenne à danser le madison. Et ce ne sont pas les souvenirs de ma mère qui allaient m'aider. Donc je suis allée fureter sur internet, où l'on trouve vraiment tout. Et quelques essais et quelques fous rires plus tard avec ma maman, Locomotion de Little Eva à fond en bonde sonore, nous maîtrisions parfaitement ce pas typique des années 60.

J'adorerais vous faire une démonstration, mais je préfère vous laisser imaginer : je sais danser le madison...

En dehors de cette anecdote des plus intéressantes (comment ? Vous osez en douter ?!), je vous encourage à aller voir les photos du week end de Sven, qui prouvent, si cela était nécessaire, qu'il peut faire nettement plus beau chez les Vikings que chez nous !

13 décembre 2006

Frayeur

On devient vite con. Je m'en suis rendu compte hier. Enfin, je m'en suis à nouveau rendu compte hier. J'ai toujours plus ou moins méprisé intellectuellement les gens qui regardent 30 millions d'amis, parlent à leur chien comme s'il était leur enfant, présentent leur chat dans les concours de beauté et vous racontent que leur lama domestique est très stressé depuis le changement d'heure. Je n'ai pas l'âme animalo-sensible. Je fais partie des méchants humanidés qui considèrent que les animaux sont là pour nous servir. Que s'ils ont des poils, c'est pour qu'on puisse avoir chaud. Et que s'ils ont de la chair, c'est pour qu'on puisse la manger. Et que s'ils ont envie qu'on les traite mieux, ils n'ont qu'à apprendre à parler pour nous le faire savoir.

A côté de ça, je murmure à l'oreille de mes chevaux (enfin non, je n'ai pas une écurie au Champ de Mars, je parle de ceux que je monte) et j'ai le sentiment qu'ils aiment drôlement ça et qu'ils comprennent presque tout. Je trouve certes que le combat pour les droits des animaux n'est pas ce qu'il y a de plus prioritaire au monde, mais que faire souffrir des animaux inutilement alors que d'autres solutions existent n'est pas normal. Et puis surtout, surtout... il y a Kierkegaard. Avant lui, il y a eu Vilnius que j'ai voulu enterrer dans les règles de l'art sous le cerisier dans le jardin de Sciences Po au lieu de le jeter bêtement dans les toilettes comme tout le monde me disait de le faire.

Mais hier, c'est à cause de Kierkegaard que je me suis sentie un peu con, virant incidieusement Mémé-à-son-caniche (car dire caniche-à-sa-mémère est un abus de langage : c'est la Mémé qui vit pour le caniche et non l'inverse). Hier, Kierkegaard n'allait pas très bien. Il nageait sur le dos ou sur le côté, il avait l'air très anxieux (voilà, là, ça commence à déraper... Nan mais vous avez déjà vu un poisson rouge de 2 neurones être anxieux vous ?). Il ne mangeait plus depuis deux jours. Je ne voyais absolument pas quoi faire pour lui, j'étais désemparée. Son eau était propre, à bonne température, il avait de quoi manger, mais ça n'allait pas.

Ce matin, il était dans le même état. Enfin, dès que j'ai allumé la lumière. Avant, il était tout calme. Une fois la lumière allumée et moi, inquiète, le regard plongé dans le sien pour essayer de comprendre ce qui lui arrivait, il recommençait à se tortiller dans tous les sens. S'il avait pu parler, il aurait sans doute hurlé de douleur. A moins qu'il ne soit bon comédien : j'éteins la lumière, il redevient normal. Je rallume, il se retortille. J'ai décidé de partir malgré tout remplir mon cerveau, sans pouvoir m'empêcher au moins une fois par heure (oui bon, ça va, je sais, j'aurais dû dire à chaque instant mais ce n'est pas le cas, j'ai une vie bien occupée moi...) de me demander s'il n'était pas précisément en train de mourir

Entre temps, je me suis renseignée, et il paraît évident qu'il a des troubles de la vessie natatoire (comment ça vous n'en avez rien à foutre de la vie de mon poisson rouge ?). C'est un problème récurrent chez les poissons japonais, donc la prochaine fois, je ne panique pas. Il faut que je lui donne des daphnies (déjà fait) ou des petits morceaux de salade, brocolis ou épinards pochés et il se remettra sans problème.

D'ailleurs, ce soir, il pète la forme. Joyeux, heureux, joueur, il remange et je suis toute contente. Pas de doute, je suis devenue baba, comme je l'étais de Vilnius. On peut prendre toutes les précautions intellectuelles que l'on veut, l'affectif règne... Bientôt, peut-être, une interview à 30 millions d'amis ?

PS / vous pouvez dire que je deviens neuneu hein, je m'en fiche... Je le sais déjà...

30 novembre 2006

What a difference a day make

Non, la différence, ce n'est pas toi. Mais je trépigne d'impatience, je n'en peux plus d'attendre, et ce pour trois raisons aussi valables les unes que les autres. Demain, je retrouve Andreas (1ère bonne raison) pour aller voir Quartett (2ème bonne raison) avec Isabelle Huppert (3ème bonne raison). Je CREVE d'envie d'aller voir cette pièce depuis une éternité. Et demain, ça va devenir réalité.

J'ai toujours adoré Isabelle Huppert, depuis que je l'ai vraiment découverte, magistrale, dans Merci pour le chocolat de Chabrol. Je l'avais déjà vue avant, mais sans lui prêter plus d'attention que cela, pauvre jeunette que j'étais. J'ai ensuite apprécié son audace quand j'ai entendu qu'elle jouerait dans l'adaptation de l'oeuvre rugueuse d'Elfriede Jelinek, La Pianiste. Elle dégage une telle force dans tous ses rôles, elle n'hésite pas à endosser les plus détestables, avec son air toujours un peu las de la vie, si hautain et si touchant à la fois. Et demain soir, dans moins de 24 heures, je vais la voir jouer devant mes yeux pour la première fois.

La mise en scène - du moins ce que j'ai pu en voir - semble faire de cette pièce une véritable oeuvre d'art. La mise en scène ne met pas seulement en valeur le texte, elle en est le véritable support, elle participe autant que lui à la valeur de l'oeuvre.


En un mot : j'ai hâte !

23 novembre 2006

Les oeuvres de Sara

Grâce à nos retrouvailles autour des lasagnes ultra-italiennes de Tina, j'ai pu retrouver sa soeur Sara, que je ne vois qu'épisodiquement mais toujours avec plaisir, depuis que Tina et moi nous sommes rencontrées sur les bancs du temple en pleine crise d'adolescence, il y a 10 ans.

Forcément, en une décennie, on change un peu. Mais en 10 ans, Sara n'a pas changé, elle a évolué plus que nous, elle s'est révélée, elle est devenue elle-même, une vraie artiste. Ecole prestigieuse, travaux impeccables, un style vraiment à elle, une patte que j'apprends petit à petit à reconnaître et que j'ai tout de suite apprécié.

Ce soir, j'ai été faire un tour sur son site, où elle présente ses oeuvres que je trouve tout simplement fascinantes. Bien évidemment, j'ai un petit (gros) faible pour la série "L'âme et la danse", parce que cette danseuse évanescente et sensuelle n'est pas n'importe qui. Et que la voir sublimée comme ça m'émeut et m'aide à apprécier encore plus le travail artistique derrière.




Bien sûr, je ne peux que vous encourager à aller voir tout ce qu'elle fait. C'est tout simplement magnifique.

J'ai la joie de vous annoncer l'arrivée dans mon foyer de...

... KIERKEGAARD ! Après une longue et douloureuse période de deuil, j'ai réussi à me remettre suffisamment du départ de Vilnius l'heureux émigré de Lituanie pour le remplacer. Pas dans mon coeur, mais dans son bocal. Enfin, en réalité, j'ai même racheté un bocal, étant donné que le précédent était aux normes lituaniennes mais certainement pas européennes.





Oui, je sais, c'est vraiment le plus beau. Mais je dois avouer que malgré son nom plus que prometteur (j'ai toujours rêvé d'avoir un danois chez moi...), je crois bien que ses capacités intellectuelles sont plus réduites que celles de Vilnius. Comme quoi, malgré tout ce que peuvent dire les parents, on compare toujours.

Afin de lui éviter la mort violente qu'a connue son prédecesseur, j'ai convaincu la Reine Mère de rester le plus loin possible de son bocal quand elle sera chez moi. Comme le dirait Sarkozator, quand la prévention ne suffit plus, seule vaut la répression. En prenant les délinquants à la source, on leur évite de devenir des serial killers de poisson rouge. J'ai le sentiment du devoir accompli, maintenant que Kierkegaard peut dormir sur ses deux nageoires.

free music

05 novembre 2006

Veggie

Hier, j'ai fait un truc extrêmement alternatif à ma petite échelle : j'ai été dîner dans un resto végétarien, entraînée par Olivia et Pierre. Je m'imaginais un menu plein de légumes, il était surtout plein de "seitan", ce substitut de viande à base de gluten de blé. Je n'ai pas vraiment été convertie, même si j'étais plutôt contente de ne pas manger de viande.

Je n'ai jamais été une véritable carnivore : côtes de boeuf et rôtis de sanglier peuvent dormir en paix à mes côtés. Mais je ne suis pas non plus franchement végétarienne : j'aime la viande qui n'a pas trop le goût de viande, le poulet, la dinde, le poisson, ces choses-là. La seule exception à cette liste plutôt cohérente est le tartare de boeuf (certains diraient "filet américain") dont je raffole. Bref, je suis quand même un peu plus carnivore que végétarienne, même si je peux me nourrir uniquement de quinoa aux légumes et de blé au pesto pendant des semaines.

Grâce à son blog, il y a déjà quelques temps, Sven m'a appris que notre corps n'était pas fait pour digérer de la viande plus d'une à deux fois par semaine. Ainsi, elle passe de 2 à 3 jours dans notre intestin (rien que ça m'a confortée dans mes pratiques alimentaires). En gros, manger de la viande tous les jours crée de sacrés embouteillages. En repensant à tout ça, j'étais très contente d'avoir été dîné dans un resto végétarien.

Les proprios sont baba-cools à souhait. A la deuxième visite, on doit avoir droit à son thème astral solaire, lunaire et martien. A la troisième, peut-être un massage relaxant du plexus. Je n'ose même pas imaginer la quatrième...

En quittant le restaurant, j'ai reluqué les magazines à disposition : un journal de petites annonces pour faire des rencontres "entre veggies", des pubs pour des cours de cuisine bio et végétarienne, un tract d'une association pour les animaux abandonnés. Un vrai pêle-mêle de clichés.

La principale conclusion de cette soirée, c'est que nous ne sommes pas sortables. Olivia a parlé avec une vive émotion du gigot dominical ("HHHHHHMMMMMMM, un BON GIGOT, ça c'est bon !!"). Heureusement, nos voisins de table visiblement plus orthodoxes que nous étaient néerlandais. Quant à moi, j'avais un blouson avec des (vrais) poils d'animal au bout de la capuche. Quand j'ai vu les tracts pour les droits des animaux, j'ai eu envie de m'enfoncer sous terre pour mon outrecuidance. Dieu merci, les végétariens sont les membres d'une secte ouverte et tolérante.

29 octobre 2006

A Weana Hochzeit

Hier, j'étais presque à Vienne pour quelques heures. J'ai partagé avec mon amie Charlotte, ma coloc de l'époque bénie d'Erasmus, un grand moment : son mariage avec le Viennois ramené dans ses bagages en sus de son mémoire d'histoire sur les Habsbourg.

Les mariages d'amis, c'est toujours un moment inoubliable. Mais là, encore plus, étant donné que j'ai activement assisté aux prémices de leur relation, de coaching en débriefing, de rendez-vous en rapprochements. On en passé des soirées toutes les deux dans notre salon seventies à peser le pour et le contre, à décortiquer le moindre mot. L'allemand aussi à ses nuances, et je pense pouvoir raisonnablement pouvoir situer le tournant de leur histoire à notre discussion sur la signification de "Bussi" et "Busserl" qui veut dire "petit bisous" en autrichien. Je maintenais que c'était un signe positif, elle pensait que ce n'était qu'une "bise" neutre. Comme quoi, des destins individuels ne tiennent pas à grand chose...

La mariée était bien évidemment magnifique, les copines étaient glamour, le marié respirait le bonheur, les témoins ont assuré, les parents étaient fiers. Pour moi, ça a surtout été l'occasion de retrouvailles émues, façon réunion d'anciens combattants, et de me replonger dans l'ambiance de mon année à l'étranger. A cheval entre l'Autriche et la France, la soirée a vu se succéder les valses viennoises, qui ont confirmé que les locaux dansent nettement mieux que les Français, les rocks consensuels, du 100% Falco (Vienna Calling... OHEHO oh Vienna Calling), etc. Un vrai pot pourri.

Quelques courbatures en plus et quelques centimètres de pied en moins, je me dis que l'Union européenne a du bon quand même. Et qu'avoir des amis comme ça, c'est drôlement chouette.

free music


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11 octobre 2006

Blague dans le sac

J'ai un ami que j'apprécie beaucoup. Je sais que l'apprécie vraiment beaucoup parce que j'accepte même ses défauts. L'un de ses plus gros défauts, c'est d'affectionner les expressions ringardes telles que "blague dans le sac" qu'il sort à la place de "sans rire" ou "plaisanterie à part" avec le plus grand sérieux du premier degré. Au final, c'est ce qui fait aussi son charme.

Si je vous parle des blagues dans le sac ce soir, c'est parce que j'ai aujourd'hui fait un petit stock de blagues grâce à mon tout nouveau tout pas beau prof d'économie. Du coup, ce sont des blagues d'énarques. Mais enfin, ça vous fera quand même certainement rire, puisque c'est de la blague d'énarque fanatique d'autodérision.

1. L'histoire de l'énarque et du train
La seule différence entre un train et un énarque, c'est que le train, quand il déraille, il s'arrête/

2. Le lapin et le serpent
Il était une fois un petit lapin qui jouait à colin-maillard avec un serpent. Le serpent met le foulard en premier sur ses petits yeux de serpent. Avec ses petites mains de serpent, il tâte le lapin et dit "oh, tu es tout mou, tout chaud, et tu as une petite queue, tu es un lapin !". Le lapin prend son tour de foulard, il trouve le serpent et le tripote "oh, tu es dur, froid et tu n'as pas de queue, tu es un énarque !".

3. Zut, il en a sorti plein d'autres, mais je ne me rappelle pas de tout... Mais je suis sure qu'il en aura des comme ça pendant les 10 mois à venir.

En revanche, il nous a par avance excusées (je mets "ées" à la fin parce qu'il ne s'adressait qu'aux filles) de nos éventuelles absences "en cas de rendez-vous chez le coiffeur ou la manucure". Les mecs, eux, ont le droit de rater son cours pour un rencard.

Qu'est-ce qu'on se marre en prepena...

30 septembre 2006

Adieu (pour pas longtemps)

De déjeuner d'adieu en pot d'adieu en dîner d'adieu en coup de fil d'adieu, il fallait bien que ça finisse par arriver : demain, je l'accompagnerai à la gare et je lui dirai adieu pour de vrai, et surtout pour pas longtemps, je l'espère.

Demain, elle partira avec ses 37 valises contenant toute sa vie vers d'autres horizons. L'excuse officielle, c'est d'aller conquérir (commercialement, s'entend) l'Allemagne. L'excuse officieuse, c'est de me permettre d'avoir un pied-à-terre supplémentaire chez nos amis teutons. J'avais déjà une chambre d'ami à Berlin dont j'ai déjà largement abusé (et où j'envoie de grosses bises), j'en aurai désormais une à Munich.

Et pourtant, même si cette perspective de week ends pleins de neige, de Dirndl, de bière, de Würstchen, de Zwetschgenknödel, de sauna et de nuits passées à bavasser m'enchante, Paris va me paraître bien vide, malgré tous ceux qui restent.

Après un premier contact difficile entre elle et moi (pour elle), je crois que j'ai réussi à tellement bien me rattraper qu'on ne peut plus imaginer ne pas s'appeler pour se raconter scoops, joies, peines, vagues à l'âme, doutes et projets. Ensemble, on écrit, on se marre, on commente nos vis respectives, on a des débats existentiels, on se demande si faire l'otarie dans le métro est bien raisonnable, on s'encourage mutuellement.

En quelques années, elle est devenue bien plus qu'une copine de passage. Enfin, je crois (si tu laisses un commentaire pour dire que tout ça n'est que balivernes, tu vas manger des dents demain matin sur le quai de la gare de Lyon, je te préviens. Et oui, c'est ça aussi l'amitié !!).

Du coup, je bénis les compagnies low cost, les gentils opérateurs de téléphonie qui ont inventé les appels gratuits illimités vers l'étranger, l'inventeur de Skype et de la webcam. Et en même temps, je n'arrive pas à me rendre compte. Je n'y crois pas encore. Je n'arrive pas à savoir comment ça va s'organiser, ma vie ici sans elle.

A vrai dire, je l'ai bien cherché : je l'ai encouragée à partir, à saisir cette chance unique. Elle aurait sans doute pris la même décision sans moi, mais le fait est que je l'ai soutenue dans ce choix, et je suis aujourd'hui aux premières loges pour voir les conséquences de mon travail de propagande : plus de Myriam à Paris. Je n'ai que ce qu'elle mérite.

En même temps, on ne cesse de nous répéter que nous vivons dans un monde où la distance ne compte plus. On va voir ça... Et gare à ceux qui le prétendent si c'est faux.

Néanmoins : Alles gute ! Et je viendrai voir moi-même si les Munichois te traitent en princesse comme il se doit.

(k)

19 août 2006

Magistral (court hommage)

Hier, j'ai reçu un mail de ma TopCop C. (dont je tairai le nom par respect pour sa vie publique) qui rentrait de vacances. J'aime bien les mails de C. car ils sont toujours aussi drôles que pleins d'esprit et joliment tournés. Sa plume n'est qu'une de ses nombreuses qualités, mais quelle qualité. J'attendais donc son récit touristique avec grande impatience. Je l'imaginais bronzée et sentant bon le sable chaud. Des vacances en amoureux, du camping sauvage dans la nature sicilienne, et voilà à quoi auraient pu ressembler les photos de vacances C. et M. :




























































Mais dans son mail, C. me confiait son demi-désespoir :

La Sicile, c'était formidable. (...) On était parti avec M. pour y faire du camping mais on a oublié la tente alors on a fait les clodos.


Moi je dis, partir faire du camping et oublier sa tente, c'est tout simplement magistral, et ça mérite bien un petit billet, en hommage à toutes les qualités de C. autres que son sens inné de l'organisation.

28 juillet 2006

Boudiou d'boudiou

Rolalalalah, ce que ça fait long comme temps que je n'ai pas écrit... Bah voilà, c'est la conséquence directe de mon ardeur renouvelée au travail. J'ai réussi à m'y remettre après ma douce semaine de glande berlinoise, et du coup, je ne m'arrête même plus pour écrire mon petit post quotidien. A vrai dire, j'ai découvert le plaisir du travail en bibliothèque (climatisée) entourée de gens tout à fait recommandables (pour différentes raisons, je m'expliquerai - peut-être - plus tard.

Donc Berlin, c'était bien. J'ai fait exactement ce que je voulais, c'est-à-dire me reposer, flâner, bronzer et surtout voir mes amis restés là-bas, à commencer par Cornélia et Michael. Leur accueil aussi royal que la première fois m'a presque donné
envie de rester aussi longtemps que la dernière fois (reine de l'incruste, bonjour !) mais j'ai su, cette fois-ci être plus raisonnable. Les voilà avec d'autres amis lors d'un picnic urbano-champêtre au coucher du soleil (oui, on ne voit rien, je sais, c'est nul. Mais je croyais sincèrement qu'avec le flash, ça allait faire moche... C'est en se trompant qu'on apprend)



J'ai aussi revu Anne et Sebastian, ambiance Parlement vs. campus berlinois (je suis plus forte pour les photos de jour) :




Et j'ai aussi revu mon chef et mes collègues, mais comme je ne suis quand même pas fétichiste, je ne les ai pas pris en photo.

Et puis comme la vie, ce n'est pas que du plaisir, Michael, Cornélia et moi avons enfourché notre vélo (chacun le sien, c'est plus pratique, sauf pour moi) pour aller visiter l'ancienne prison secrète de la Stasi, les services secrets de l'Allemagne de l'Est. Tout est encore "en état" et ce sont des anciens détenus qui font les visites à travers ce bâtiment qui, visiblement, n'a pas inspiré le Club Med pour les GO et les GM. Des photos ne rendent que très partiellement compte de l'impression qui s'en dégage dans son ensemble. Juste une d'une salle d'interrogatoire comme il y en avait des centaines, dans lesquelles les agents de la Stasi mettaient en oeuvre tous les enseignements détournés de la psychiatrie qu'ils avaient acquis durant leur solide formation pour apprendre à utiliser au mieux la torture psychologique.



Hohenschönhausen est vraiment une visite à faire quand on va à Berlin. A bon entendeur...

Et depuis mon retour, je travaille comme un brave petit soldat, en essayant de ne pas me laisser détruire le moral par le fait que le concours du Ministère des Affaires étrangères ne propose cette année qu'une place (normalement, c'était 2... presque un jeu d'enfant... mais 1, ça devient juste) et que l'autre concours du MAE était reporté sine die. J'essaie de me dire que ça a un sens de travailler tout l'été dans une bibliothèque pour "ça" en me convaincant que "tout ce qui est fait ne sera plus à faire" pour le jour, en 2093, où les Ministères ouvriront à nouveau toutes grandes leurs portes. Et puis, "il y a une vie en dehors des concours". D'ailleurs, ma décision est prise, si l'Etat ne veut pas de moi, j'envoie mon CV à toutes les entreprises françaises ayant un quelconque lien avec le secteur public en Allemagne : certains disent "la France, on l'aime ou on la quitte". Je me dis que si elle ne m'aime pas (enfin, les jurys de ses concours toutt du moins), moi aussi j'ai le droit de partir. Perspective réjouissante.