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19 décembre 2007

"What a feeling !"

Ben voilà, ce soir, c'est tout ce que j'ai envie de dire : "What a feeling"...

14 décembre 2007

Relax... take it easy !

Bon, si tu es comme moi et que tu attends les résultats de l'ENA qui tombent aujourd'hui, je te propose une petite écoute. Déjà que je suis excitée comme une puce depuis ce matin alors que je ne suis qu'indirectement concernée, j'imagine l'état de ceux qui le sont pour de vrai.

Respire un grand coup et chante toi aussi avec conviction "relax, take it easy... for there is nothing that we can do !".




PS / si tu as le coeur qui palpite parce que tu attends les résultats de l'ENM ou de l'INET, clique et tu sauras, ils sont en ligne depuis longtemps (au moins 2 jours, c'est dire).

08 décembre 2007

A part ça

Je crois que je peux le dire sans qu'elle démente publiquement et humilieusement ici même : je me suis fait une nouvelle copine. Dit comme ça, on pourrait croire que ça relève de l'exploit, alors que je pense pouvoir très modestement dire que je ne suis pas un ours asocial incapable de nouer des contacts avec mes prochains. Cependant, étant donné que je n'ai même pas le temps de voir mes amis déjà existants, ou si peu, je ne ressens pas nécessairement le besoin de m'en faire de nouveaux.

Sauf que bon, je suis tellement un anti-ours que j'ai en réalité besoin d'un minimum vital de contact humain dans la journée. Et ces derniers temps, j'avais du mal à remplir mon quota quotidien de bavardage. La joie du redoublant est en effet d'être un Rémi sans ami.

L'année dernière, je savais que j'allais retrouver en amphi Alphonse, Léonie et Gérard, ce qui me réjouissait toujours au plus haut point, même lorsqu'il s'agissait d'un cours de finances publiques. Evidemment, mes amis ne portent pas ces noms, c'est juste pour donner un peu de vivant à cette description. Et puis j'ai un peu plus de 3 amis, je tiens à la souligner. Bref. Ces contacts avec le monde des humains étaient d'une part absolument nécessaires à mon développement personnel, et d'autre part très utiles pour me motiver à aller en cours.

Cette année, Alphonse a eu son concours, Léonie révise chez elle et Gérard a jeté l'éponge. Or j'ai besoin de voir, lorsque j'arrive dans la chaleureuse bibliothèque de Sciences Po, des visages souriants et sympathiques. Sinon, je reste chez moi, et je travaille moins bien.

Ma nouvelle copine est dans le même cas que moi. Avec elle, on peut parler de la nomenclature M14 juste avant de se demander si "la Starak est vraiment nulle cette année ou si c'est juste nous qui vieillissons". Ca me convient très bien.

Si c'était une relation amoureuse, je crois que je me dirais que "tout ça va un peu vite", vu qu'on a déjà passé toute une journée ensemble du matin jusqu'au soir, en finissant par un merveilleux McDo-ciné (le dernier Fatih Akin, De l'autre côté, que je recommande) en sortant de cours. Mais comme ce n'est pas une relation amoureuse et que je suis "juste" une copine - le "juste" est important ("ceci est une private joke en milieu socialisé, c'est insupportable". Comprenne qui pourra !), tout va bien, et elle ne risque pas de partir en courant la prochaine fois en me disant qu'elle est engagemento-phobique.

Tout ça pour dire que vendredi, entre deux cours, lassées des sandouiches du Crous, on s'est offert un petit plaisir : une vraie pause déjeuner. La vraie pause déjeuner se distingue de la fausse pause déjeuner par :
- un environnement calme et plaisible, propice à la détente, et comble du comble, chauffé
- un dejeuner correct et équilibré, qui dure plus de 6 minutes 21 (café compris)
- un vrai café qui n'a pas le goût de plastique en poudre

Nous avons trouvé que Lina's était un endroit parfait pour répondre à ces exigences. J'y ai mis les pieds pour la deuxième fois de ma vie, et je ne regrette pas. La ciabatta grillée figues-chèvre-speck-roquette est divine, sans parler de leur tiramisu à la mangue et au speculoos. Naturellement, ce n'est pas le même prix que le Crous. Mais en sortant de chez Lina's, j'avais l'impression d'avoir vraiment fait une pause dans ma journée, ce qui n'a (presque) pas de prix.

Je crois que je vais arrêter les Pringles afin de faire un virement de crédits vers le poste de dépense Lina's (bien sûr que les crédits-Pringles sont fongibles au sein du programme "Alimentation"). Oui, j'ai un peu révisé mes Finances publiques et j'aime le montrer...

26 novembre 2007

Mouais

Je sais, ce blog serait bien plus drôle si je vous parlais de ma vie sexuelle. Et encore, ce n'est pas sûr. Disons que si j'écrivais au moins des billets de temps en temps, ça serait bien.

Pour l'instant, j'essaie de mobiliser toute ma motivation pour travailler. Autant vous dire que je déploie de nombreux efforts pour pas grand-chose, parce que la motivation, elle a un peu fait pschitt.

Il suffit de passer un vrai week-end normal pour se rendre compte que faire une prepena, c'est vraiment avoir une vie de con. Je me suis dit que je pourrais peut-être essayer de ne pas travailler le week-end cette année. Mais ça ne résout pas les problèmes des galops systématiques du samedi matin, qui ont tendance à gâcher à eux seuls la fin de semaine.

Il suffit de regarder un peu les relevés de notes des copains pour se rendre compte que ces concours ne suivent aucune logique et que le travail n'est pas nécessairement la clef du succès. Mon propre cas n'est pas celui que je peux analyser avec le plus d'objectivité (même si je trouve, aussi objectivement que possible, bizarre d'avoir 3,5 dans une matière où je n'ai pas eu moins de 12 toute l'année). En revanche, je sais qui, parmi mes amis, avait réellement toutes les chances de l'avoir, et a au final des notes bien pourries, et même plus mauvaises que celles de l'année dernière. Je sais qu'on peut avoir dans la même matière 15 une année, et 6 l'année suivante, le tout en ayant acquis bien plus de méthode et de connaissances. Je sais qu'on peut rater un concours à quelques centièmes. Je sais qu'on peut être sur liste complémentaire une année, et même pas admissible l'année suivante. Je sais que le travail ne fait que la moitié des résultats, et que c'est déprimant.

Il suffit d'assister à certains oraux de l'ENA pour se dire que les épreuves écrites ne permettent pas toujours de sélectionner les meilleurs. Afin de préserver l'anonymat des candidats et d'éviter de me faire lyncher publiquement, je ne m'étendrai pas sur le sujet, mais je suis ressortie effarée de ce que j'ai vu et entendu. Je sais que le stress rend les gens cons, moi la première (genre en oubliant de façon passagère le nom de pape de Joseph Ratzinger). Mais le stress fait partie des règles du jeu, et il y a quand même des bornes aux limites à ne pas dépasser, non mais. J'ai eu l'impression qu'on m'enfonçait un poignard dans le coeur pendant 2 fois 30 minutes, et je n'ai pas pu m'empêcher de penser "tout ça pour ça"...

A part ça, je ne suis pas du tout déprimée. Je ne déprime pas, je glande. C'est différent. La prochaine fois, je répondrai aux gens qui veulent que je leur raconte ma vie de superhéroïne et que j'épelle mon nom.

On est loin de ma vie sexuelle avec tout ça, j'en conviens. En même temps, Marie-Chantal l'a bien dit : on ne peut pas baiser et cuisiner. Or je viens de mettre en ligne une nouvelle recette.

(Je sais, la morale de l'histoire est elliptique et n'a rien à voir avec la choucroute. Problème global de motivation. Y compris pour trouver une fin démente à ce billet ô combien réjouissant)

30 octobre 2007

"T'es sûre que tu vas bien ?"

Visiblement, je prends un peu trop bien mon échec. Ca laisse penser que :

- je serre les dents, "mais c'est pas la peine si c'est pour faire une méga-dépression dans 3 mois"
- en réalité, je n'en avais rien à foutre
- je SAVAIS que j'allais rater
- je n'ai pas VRAIMENT envie de réussir.

Ce qui me rend triste, c'est de savoir que je risque fort de ne pas faire l'ENA avec celui avec qui j'en rêve depuis notre entrée ensemble à Sciences Po. Nous ne serons selon toute vraisemblance pas camarades de promo. Un vieux rêve qu'il faut oublier, parce que lui aura cette année la réussite qu'il mérite.

Ce qui est difficile, c'est d'avoir l'impression de stagner, d'en rester au même point depuis 2 ans, et de n'être "pas entrée dans l'Histoire" pour reprendre les propos de notre Président. Attendez, je ne rêve pas de devenir un personnage "historique", mais simplemenet d'avancer dans ma vie, "connaître le progrès". J'aimerais pouvoir avoir quelque chose à répondre quand on me demande "alors, quoi de neuf ?". En général, rien de neuf : je prépare mes concours, et basta. Je n'ai pas de safari en Irlande à raconter, ni de visites culturelles aux Galapagos. Encore moins de grands projets de déménagement ou d'évolution professionnelle. Je suis toujours avant un concours, après un autre, en attente de résultats ou d'oraux. J'aimerais avoir des choses à raconter et de grandes nouvelles à annoncer de temps en temps, mais pour ça, il faudra attendre encore un peu. Encore un peu plus.

Oui, je vais bien. Ca ne veut pas pour autant dire que je ne suis pas déçue, que je suis soulagée de ne pas avoir à me frotter au jury en chair et en os, ou que j'étais partie perdante. J'y ai cru, tout en ayant conscience que j'avais plus de chances de ne pas avoir le concours que de l'avoir (c'est statistique).

J'ai envie de réussir, mais je sais que si je n'y arrive pas, ça ne veut pas dire que je ne vaux rien, ni que ma vie est finie. Il y a une vie sans l'ENA, qui peut même être radieuse. Ceci est un message non-subliminal à la personne arrivée hier sur mon blog via "je ne suis pas admissible à l'ENA et je veux mourir". C'est sûr qu'à côté, je vais très bien...

Enfin, j'ai encore une tentative l'année prochaine, que je compte bien utiliser. Je n'ai pas dit mon dernier mot.

29 octobre 2007

Après la défaite, le coaching de Laporte est mis en cause

(Note préliminaire à ma vraie coach : non, ton coaching n'est pas remis en cause !)

Je vous l'avais dit, je n'hésiterais pas à faire appel à Bernard Laporte pour m'aider dans cette tâche. Voici donc un petit article du Nouvel Obs revu et corrigé pour coller à la situation. Modifications en italique. C'est parti !


Au lendemain de la défaite de Coco à l'écrit de l'ENA, les choix de la candidate sont remis en question.

- Pierre Villepreux, ancien sélectionneur de l'Ecole nationale d'administration : "Je n'ai pas cerné le projet de vie professionnelle. On s'est trompé de stratégie. Il faut un candidat qui maintienne ses convictions. Pas quelqu'un qui pique à droite, à gauche. Je n'attaque personne, je constate." (Le Parisien, lundi 15 octobre)

- Emile Ntamak, entraîneur de l'équipe des futurs énarques : La candidate avait toutes les armes. La stratégie était cautionnée par les professeurs. On avait une volonté de ne pas prendre de risques". (Le Parisien, lundi 15 octobre)

- Olivier Magne, ancien énarque : "On a travaillé contre-nature. On n'avait pas de style de révision bien défini. Samedi, on révisait dix minutes comme les Normaliens, puis on revenait dix minutes à du technico-mémorisation." (Le Parisien, lundi 15 octobre)

- Pierre Berbizier, ancien sélectionneur d'énarques : "La candidate a gaspillé. Je fais partie de ceux qui ont dénoncé depuis longtemps des dysfonctionnements intellectuels." (Le Parisien, lundi 15 octobre)

- Bernard Lapasset, président de l'Association des anciens élèves de l'Ecole nationale d'administration : "Je ne comprends pas la manière dont elle a fait ses écrits. Quand on compose en droit public, on ne compose pas comme en économie. On compose comme en droit public et on cite de la jurisprudence". (Le Parisien, dimanche 14 octobre)

- Frédéric Michalak, un concurrent malheureux : "ça se joue à rien, une erreur, un manque de chance. Les autres candidats ont su quoi faire pour nous faire chier, nous retarder (...) pour que notre dissertation ne se mette pas en place. Le concours de la semaine dernière nous a marqués moralement et physiquement. On n'est pas là le jour J. Les grands champions sont là le jour J. On n'a pas voulu vraiment être champions aujourd'hui. (...) Il fallait préparer autrement, oui, on aurait pu y arriver avec un peu plus d'ambitions, en travaillant plus les matières principales. On a aussi manqué de fraîcheur (...)." (Déclaration, dimanche 14 octobre)

- Sébastien Chabal, un autre candidat ayant rencontré l'échec : "On n'a pas eu la bonne stratégie. je pense qu'on aurait peut-être dû travailler un peu plus, mais sur le coup, si je fais une bonne introduction, on dit que c'était bien. Ca ne tient à rien. Il n'y a pas grand-chose à dire. On est déçus. Je n'ai même pas envie de parler du concours. On va souhaiter aux admissibles d'aller au bout." (Déclaration, dimanche 14 octobre)

- Laurent Perrin, journaliste au Parisien qui donne une note de 2/10 à Mademoiselle Coco : "La candidate n'a pas vu que les héros de Strasbourg étaient à bout de souffle. (...) Bien malin celui qui peut déchiffrer la stratégie élaborée pour vaincre des candidats aux connaissances simplistes" (Le Parisien, dimanche 14 octobre)

- Erwan Le Duc, journaliste au Monde.fr : "Difficile de ne pas regretter la frilosité tactique d'une candidate qui n'a jamais déployé ses ailes. Difficile de ne pas pointer du doigt l'incapacité de Coco à répondre au défi tactique imposé. Difficile de ne pas voir dans ce balbutiement intellectuel contre-nature et improductif une épine plantée dans les semelles des concurrents". (Le Monde.fr, dimanche 14 octobre)

- Christian Jaurena, journaliste à L'Equipe : "Les regrets vont être éternels. Pas sur le mérite des admissibles d'avoir maté leurs adversaires, mais sur le plan de révision, choisi, buté et obtus (...)". (L'Equipe, dimanche 14 octobre)

- Michel Dalloni, journaliste à L'Equipe : "Face aux autres candidats (...), dont elle cherche à s'inspirer, Mademoiselle Coco n'aura finalement pas pu rivaliser. Peut-être n'avait-elle pas besoin de puiser son inspiration ailleurs que dans ses propres racines. C'est finalement la grande leçon d'hier : les admissibles ont vaincu parce qu'ils n'ont jamais renoncé à être eux-mêmes". (L'Equipe, dimanche 14 octobre)

- Olivier Joly, journaliste au JDD : "Mademoiselle Coco n'a jamais été aussi menacée que par elle-même. C'était déjà le cas il y a quatre ans. Mais à l'époque, sa stratégie était trop ambitieuse. Celle d'hier ne l'était pas assez. Ce n'est pas un progrès". (JDD, dimanche 14 octobre)

- Laurent Benezech, ancien élève de l'ENA : Il y a deux raisons à la défaite, la forme physique et "la mauvaise exploitation de ses capacités par la candidate. A la fois parce qu'on a décidé une stratégie de révision en juillet, qui est contraire à tout ce qu'on a fait précédemment. Quelle que soit la qualité des neurones de Mademoiselle Coco, ils ne peuvent pas répondre en trois jours de préparation à une demande de la candidate. (...) il y avait une très grande qualité dans ce groupe de neurones. Il a seulement été mal géré". (L'equipe.fr, dimanche 14 octobre)

Au milieu de cette forêt de critiques, une lueur d'encouragement :

- Guy Novès, manager de la prepena de Sciences Po : "Je soutiens Mademoiselle Coco, elle n'était pas loin de la vérité. A quelques points près, elle aurait pu devenir une icône. Elle a mis en place une énorme organisation de préparation sur laquelle elle pourra s'appuyer dans l'année qui vient." (Le Parisien, lundi 15 octobre)



Bon donc voilà, je ne suis pas admissible. Je ne songe pas à me suicider, mais plutôt à rebondir. Commencer à préparer dans la sérénité mes oraux du Quai d'Orsay pour assurer comme une bête si je suis admissible. Attendre mes notes de l'ENA pour voir si j'étais à un cheveux de Bernard Laporte ou à un chignon d'Amy Winehouse de la réussite. Et en attendant, je vais pouvoir laisser parler mon côté de sadique castratrice en faisant passer des oraux blancs cruels à mes amis plus brillants que moi. Chouette !

26 octobre 2007

Comme avant Noël

Voilà, depuis quelques jours un peu, et depuis ce matin beaucoup, je me sens comme juste avant Noël. Quand les cadeaux sont déjà sous le sapin, et qu'on n'a plus qu'à déterminer si on a le gros, le petit, ou le "c'est l'attention qui compte". Ces satanés résultats vont bien finir par tomber, à force de les attendre avec tant de conviction. La patience n'est vraiment pas mon trait de caractère le plus prononcé, ça se confirme.

Depuis plusieurs années, alors que cette liste me laissait relativement indifférente, l'ENA publiait généralement les résultats avant leur date officielle de sortie, le vendredi. Pleine d'espoir, je clique donc sur "actualiser la page courante" de façon répétée depuis ce matin.

Mais parfois, au lieu d'actualiser, je clique sur le lien, mais mal, parce que je suis une gourde. Ce qui m'a, au passage, valu quelques micro-crises cardiaques. Il suffit de ne pas cliquer sur le bon lien, une page différente de d'habitude s'affiche, on y croit très fort, et finalement non. On a juste affiché involontairement sur la liste des internes.

Je crois que c'est ce soir que l'émission Popstars se termine et que le jury forme l'équipe gagnante. Pourquoi mon jury à moi ne ferait pas pareil, hein ?

(Si tu es un lecteur assidu, tu remarqueras la métaphore filée et subtile depuis plusieurs mois sur le thème de Popstars et des concours administratifs. Je sais, c'est pas terrible...)

(Et si tu te demandes comment je connais le calendrier de Popstars, je vais te le dire : à partir de lundi prochain, à l'horaire habituel de Popstars, y a un truc de mannequins en herbe, d'où ma déduction, hein.)

21 octobre 2007

Sigmund le farceur (bis)

Quand on voyage dans mon inconscient, ça peut soit faire peur, soit faire rire... J'ai très envie de dormir là maintenant tout de suite, mais je commence à avoir un peu peur de mon Moi dormant. Bien évidemment, si tu as lu Freud, tu sais que mon Moi dormant est en réalité mon Ça. Mais tu ne vas pas commencer à chipoter, je ne suis pas d'humeur.

La nuit dernière, mon Ça a pensé que je serais touchée de sa tendre attention. Il m'a fait rêver que je demandais à Bernard Laporte himself de rédiger pour moi un billet pour mon blog, pour vous annoncer que je n'étais pas admissible.

Nan mais franchement, Bernard Laporte... En même temps, je prends des gens compétents, tu remarqueras. Je ne lui ai pas demandé de me remplir ma déclaration de revenus. Vu que je n'ai malheureusement pas de revenus, ça serait vite fait de toute manière.

Je n'ai aucune idée de ce que Bernard racontait, mais LUI, il savait sacrément bien parler de la défaite et de la suite. Surtout de l'échec en réalité. On n'a pas dit que j'étais obligée d'avoir des rêves prémonitoires non plus, hein.

La seule bonne nouvelle ? Son billet ne ressemblait pas à la lettre de Guy Môquet...

12 octobre 2007

Ce soir ou jamais (mais demain ça va aussi)

Plus je la regarde, et plus j'aime l'émission de Taddeï Ce soir ou jamais. Je sais, ça fait 732 fois que je le martèle, mais je n'y peux rien, "l'actualité vue par la culture", je trouve ça brillant sans être hermétique.

Déjà, il y a le vague sentiment (extrêmement narcissique et indubitablemet personnel, j'en conviens) de toute puissance quand on comprend quelque chose qu'on n'aurait pas compris il y a de cela quelques mois. Toute puissance, je vais un peu loin. Mais entendre parler d'Ulrich Beck de façon elliptique, sans imaginer un instant qu'il puisse s'agir d'un cycliste ou d'un pilote de formule 1, me fait croire que je n'ai pas perdu mon temps l'année dernière. Que l'année que tout le monde voit comme celle de l'horreur a avant tout été une année d'apprentissage et d'enrichissement intellectuel pour moi. Et qu'après tout, je m'en satisfais pleinement.

En outre, avoir commencé à m'endormir (mais pas complètement) devant l'émission de je-sais-même-plus-quand-c'était m'a donné de sérieux instruments pour répondre aujourd'hui en moins de 10 minutes top chrono à la question "la bombe démographique représente-t-elle un réel danger ?" en allemand. Ni le temps de réfléchir ni le temps de faire un brouillon, j'ai craché tout ce qu'il me restait d'encre, d'énergie et de souvenirs. Evidemment, je suis aussi peu contente de moi que quelqu'un qui a rédigé un essai (le nom de la rédaction en langue étrangère, complètement idiot d'ailleurs, car tout le monde s'attend à ce que vous fassiez autre chose qu'une simple tentative) en 10 minutes. Mais rien que pour ça Frédéric, je te remercie et je te resterai fidèle.

Enfn, Ce soir ou jamais ne serait pas parfait sans cette petite touche finale, le parasol en papier sur le cocktail, que représente le morceau de musique en clôture d'émission. Et justement, l'une de mes chanteuses bien aimées du moment est passée sur France 3. Il s'agit de la Québecoise (? Je crois ! Canadienne francophone anyway) Terez Montcalm, qui a un grain de voix bien particulier qui ne s'oublie pas.

La chanson n'est pas la plus optimiste de la Terre pour vous souhaiter un bon week end. Mais les "Sweet dreams" sont ce à quoi je rêve depuis déjà si longtemps. Mon programme du week end au vert est essentiellement de dormir, pour arrêter de ne penser qu'à ça et finir de me débarasser de mes microbes. Alors, que votre programme soit proche du mien ou non, bon week end à tous !

09 octobre 2007

Bref

C'est dingue, mais je n'ai vraiment rien à vous raconter aujourd'hui. Comme le disent les finalistes d'Intervilles, "j'ai tout donné" (je suis certaine qu'il y en a bien un qui a sorti un truc dans le genre), donc je n'ai plus rien dans la caboche.

Enfin, restons réalistes : j'ai donné tout ce que je pouvais, c'est-à-dire pas grand-chose. Mais moins vous avez à donner et plus c'est difficile de le donner, vous voyez. L'effort a donc été important.

Si jamais, vous, vous avez une idée de comment "adapter les outils militaires aux nouvelles menaces", je vous serais reconnaissante de ne pas m'en faire part dans les commentaires. Je risquerais de me maudire comme je le fais déjà depuis hier pour la culture générale (pivoine, je n'ai MÊME PAS pensé aux Indigènes de la République, alors que je ne connais qu'eux, nom d'un Vishnou...).

Ah si, j'ai quand même un truc à vous dire, et ça me laisse sur les moignons. Je viens de passer une heure au téléphone avec une amie. Je prends des nouvelles de son coeur et du jeune homme avec qui elle est depuis maintenant près de deux mois. Enfin, elle PENSE qu'elle est avec lui, parce qu'il n'a toujours pas admis qu'ils avaient une relation (or, en toute impartialité, je vous assure qu'ils ont une relation).

Lui, il est du genre à vivre au jour le jour (j'avais écrit "du jour au lendemain" avant de me rendre compte que ça n'avait aucun sens), et à dire "on verra bien". Hier, lovée dans ses bras, elle lui a dit qu'elle était bien avec lui. Juste ça. En tant que juge impartial, je déclare que c'était relativement anodin.

Vous savez ce que ce grand romantico-bohême-indécis de 29 ans lui a répondu ? "Il n'y a rien qui me dérange chez toi" ("mich stört nichts an dir" en VO). Oui, il lui a vraiment dit ça en réponse à son "je suis bien avec toi". Et il a ajouté, comme si c'était déjà trop engageant comme déclaration, "sauf que parfois, tu n'es pas impeccablement rasée". Il a osé dire ça à celle qui est la bombe sexuelle la plus bombesque que je connaisse. Juste après, il lui a demandé s'ils brunchaient ensemble dimanche, comme tout non-couple ayant une non-relation qui se respecte. Moi je dis : je comprends que les Allemands aient un taux de fécondité proche du néant.

08 octobre 2007

Amel, tu fais chier (putain) !

C'est très étrange, mais j'ai l'impression que mes histoires de concours vous intéressent. Non vraiment, c'est un mystère pour moi, je ne vois pas ce qu'il y a de fascinant là-dedans. Mais bon, c'est vous qui décidez, hein.

Donc aujourd'hui, je me suis relancée dans la course. Et je suis furieuse contre moi. "Être français", c'était le sujet. Et j'ai fait n'importe quoi. Enfin non, fopadékoné, j'ai quand même deux parties, deux sous-parties et deux sous-sous-partie, une intro et une conclusion. N'empêche que je ne suis vraiment pas contente de moi, sur un sujet très classique, qui compte coeff 7.

Pendant les 4 heures de l'épreuve, j'ai eu Amel Bent dans la tête avec son titre "Français nouveau", dont je n'ai d'ailleurs jamais entendu que le refrain. Franchement, quatre mots de refrain pendant 4 heures, alors qu'on a déjà la tête en pastéque - sans les pépins - malgré les 4 Doliprane, ça gave.

Le bon côté des choses, c'est qu'il y a 12 places cette année, c'est royal. S'il y en avait eu autant l'année dernière, j'aurais été admissible, mais il n'y avait que 8 places. Avec des si blablabla, je sais. Mais je ne peux pas m'empêcher de le ressasser. Voilà à quoi ça tient une carrière : deux ou trois places de plus ou de moins.

Donc si je ne l'ai pas cette année, c'est que j'aurais loupé une chance énorme, peut-être la chance de ma vie (je sais, je commence à parler comme un candidat de Popstars, et alors ?). Et je m'en veux donc encore plus d'avoir raté la culture G. Du coup, je ne sais pas si le nombre de places est vraiment une bonne nouvelle : si ça me permet de passer, ce sera une bonne nouvelle. Si je le rate malgré ce nombre faramineux de postes proposés, je repenserai trèèèèèès longtemps à cette épreuve ratée. Pourtant, c'est exactement le genre de choses auquel je n'ai pas particulièrement envie de repenser.

06 octobre 2007

Je vais bien, tout va bien...

Hum. Récapitulons :

- j'ai un concours dans deux jours pour lequel je ne me sens vraiment pas prête. Moins que l'année dernière en tout cas, ce qui est un comble (voire une honte).

- je suis balaaaaaaaaaaaadeeuh (oui, complètement balaaaaaaaaaaaadeeuh), avec la désagréable impression que mon cerveau se liquéfie et s'écoule inéluctablement dans mes sinus, ce qui ne permet pas une réflexion sereine et efficace. On va bien s'amuser en culture G lundi.

- je n'ai plus de connexion internet chez moi, ce qui tombe naturellement à pic (en même temps, ce n'est jamais le bon moment pour ce genre de choses).

Compte-tenu de ces éléments, il se peut bien que je disparaisse momentanément. Voire définitivement, si NoufTelecom s'obstine à vouloir me faire avoir une crise d'apoplexie.

29 septembre 2007

L'Etat, c'est moi !

Ouhou, vous vous dites "ça y est, Coco se prend pour Sarko". Et là, je dis "non, vous n'y êtes pas du tout". Déjà, parce que si je devais me prendre pour quelqu'un que je ne suis pas, je viserais une personne que j'aimerais être, tant qu'à faire (tssssss, je vais me faire ficher fissa par les RG moi, c'est malin). Et puis surtout parce qu'en fait, il faut le voir comme un truc genre si A=B et que B=C, alors A=C, vous voyez (je sais, je suis une bombe en maths).

Donc, on reprend : pour Nietzsche, l'Etat est "le plus froid des monstres froids". Or je SUIS "le plus froid des monstres froids". J'en conclus donc logiquement je suis l'Etat. Si avec ça, on ne voit pas TOUT DE SUITE mon sens du service public et de l'intérêt général, je repars manger des cacahuètes dans mon coin.

Maintenant, reste à vous expliquer pourquoi je suis le plus froid des monstres froids. Hier soir, j'ai vu mon groupe de travail et ma super coach. Mais siiiiii, vous savez, celle qui est trop belle - trop intelligente - trop sympa et qui est censée faire de nous des winners qui déchirent tous les concours administratifs. Et donc hier soir, au programme : grand oral blanc. Je suis donc allée me faire charcuter, et c'était très instructif.

En débriefing, mes deux bourreaux m'ont dit que ce qui était vachement bien, c'est que je ne me laissais pas faire, que je ne m'effondrais pas. Je suis une super warrior que même les tortues Ninja elles n'ont pas une carapace plus solide. Le revers de la médaille, c'est que "je ne me rends pas sympathique". Voire je suis carrément antipathique, ce qui n'est pas vraiment le but. Genre en oral, je suis une mécanique déshumanisée super bien huilée, mais froide, oulala, glacée. Un monstre froid. Voilà, faut que je drague un peu plus mon jury, que je fasse des sourires, que je fasse parfois semblant d'hésiter, et que je respire. C'était vraiment très instructif.

En plus, le jury, il a moyennement apprécié que je corrige une erreur dans ses questions avec un ton de vieille maîtresse d'école. Hum... Parce que le jury, il m'a demandé ce que je pensais de l'installation d'une antenne du Louvre à Dubaï. Et moi j'ai répondu HYPER sèchement "à Abu Dhabi, vous voulez dire ?". J'en conviens, ce n'est pas ultra diplomatique d'humilier publiquement le jury. Mais je n'ai même pas réfléchi avant d'ouvrir la bouche (rien que ça, déjà, c'est mal), c'est sorti presque tout seul. Ma coach, elle dit que dans une situation de stress, on révèle notre vraie nature. La mienne est selon tout vraisemblance le sadisme. C'était vraiment très très instructif.

A part ça, ma coach a mis en place un programme confidentiel appelé "Halte aux quotas de cageots dans les concours administratifs". Un cageot, c'est une fille pas belle, pour situer. Elle nous a dit qu'on lui avait fait rapidement comprendre qu'elle n'avait pas le physique de l'emploi. En même temps, c'est vrai qu'elle a plutôt le physique d'une Miss France, mais qui aurait un truc pétillant dans le regard et qui saurait sourire. Comme elle est sympa et qu'elle culpabilisait un peu d'avoir fait pleurer l'autre fille du groupe qui passait en grand O, elle nous a dit que toutes les deux, on aurait aussi à prouver que le fait de ne pas avoir un physique d'énarque n'empêchait pas de faire l'ENA. J'ai trouvé que c'était un super compliment qui me permettrait de me la péter à mort sur mon blog. Peut-être qu'après, je la prendrai comme psy...

05 septembre 2007

En passant

Bon, juste comme ça pour le plaisir, parce que je trouve ça vraiment trop savoureux : "La décision est souvent l'art d'être cruel à temps". Voilà, c'était le sujet d'aujourd'hui. 5 heures pour commenter, je me suis bien amusée.

Grâce à mon copain internet, je peux même savoir maintenant que cette jolie phrase est d'Henry Becque, "célèbre" dramaturge français du XIXème siècle. Et qu'il ne parlait vraisemblablement pas réforme de l'Etat en disant cela, mais plutôt relations extra-conjugales, à en croire ses autres citations.

Il a notamment écrit "L'élite, c'est la canaille". J'aurais trouvé cela absolument divin. Si seulement le jury avait eu l'audace...

EDIT / contrairement à mes prédictions, les sujets exacts des épreuves ont l'air d'intéresser certains. Donc si vous cherchez les sujets 2007 de l'ENA du concours externe, les voici les voilà :
- droit public : L'emprise de la construction européenne sur le droit public français
- économie : Une politique industrielle est-elle encore possible dans l'Union européenne ?
- culture G : cf. supra.

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04 septembre 2007

Aaaaaaaaaaaah bah ça va mieux...

Voilà, le gros morceau est passé. Pour moi, le gros morceau, c'est l'économie, parce que beurk beurk bouh bouh. Ce n'est pas que je n'aime pas ça, mais disons que l'économie ne m'aime pas. Comme la philosophie en terminale, j'apprécie moyennement de passer du 7 au 17 version montagnes russes sans comprendre pourquoi. Le problème de l'économie est que c'est une science molle qui se prend pour une science dure. C'est à peu près aussi relou que le beauf de la boîte qui se prend pour un beau gosse, vous situez ? Bon, donc aujourd'hui, c'était l'économie, et je n'ai pas séché devant ma copie. Même que je ne pense pas avoir dit trop de conneries. J'ai le coeur un peu plus léger qu'hier donc. Vodka sunrise pour fêter ça !

Sauf que... ben je n'ai pas réussi à remplir ma mission de statistiques toilettesques. J'apprécie beaucoup votre participation active, vos pistes de réflexion, vos propositions et vos hypothèses. Mais je n'ai rien pu vérifier... Je n'étais plus du tout placée au même endroit, impossible de surveiller les allers et venues des gens sans me faire un torticolis. J'étais beaucoup trop devant, et je n'ai pu dénoncer personne. Voyons voir ce que demain nous réservera.

Autre drame intersidéral : j'avais oublié de mettre mon stick à lèvres sur ma table. Heureusement, après deux heures à souffrir en silence, j'ai osé demander à la charmante mémé chargée de me fliquer si je pouvais le prendre dans mon sac, et elle m'a dit OUI. Depuis, je la regarde d'un autre oeil.

L'année dernière, j'avais fait un petit topo sur la mode de l'année pour le concours. Là, je ne vois pas. Pas de grande tendance de fond, rien. Alors soit je suis moins observatrice (oui, j'ai un peu plus de choses à écrire que l'année dernière, donc moins de loisirs durant les épreuves), soit les profils sont plus diversifiés.

En revanche, j'ai pu voir qu'une fois les sujets distribués, les candidats ont tendance à oublier qu'ils sont entourés d'autres humains. Ca me touche aussi, puisque je n'hésite pas, comme aujourd'hui, à m'entortiller les cheveux autour d'un stylo pour me faire un chignon avec lequel je n'oserais pas sortir le reste du temps. Mais... de là à mettre les doigts dans son nez, franchement...

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03 septembre 2007

Encourageant

Grâce à mon espion de poche, je suis en mesure de vous dire qu'au moins une personne pense avoir vraiment raté son épreuve de droit public. Ce soir, à 21h49, quelqu'un est arrivé ici en cherchant sur Gogole "rater l'ENA". C'est génial, je suis classée troisième pour cette requête, honnêtement, ça remonte le moral...

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Moi, ma vie, mon oeuvre

Mais non, lecteur, je ne vais pas te gratifier d'une copie de ma copie. Déjà parce que je tiens à ce que tu restes. Et puis aussi (surtout) parce que j'ai la flemme de la taper. Ah, j'oubliais que je l'avais rendue (heureusement, remarque). Donc lecteur, je vais te parler de moi, ma vie et mon oeuvre sans te faire souffrir l'oeuvre.

Résumons :

- ça y est, il est désormais scientifiquement prouvé que je suis (momentanément) asociale. L'année dernière, je traînais après les épreuves et je parlais avec les copains. Aujourd'hui, je suis arrivée en fausse star qui se la pète (comprenez : avec mes lunettes noires sur le nez). J'ai croisé un (vague) copain qui a commencé à s'avancer vers moi, je lui ai fait un signe de la main et un mini-sourire syndical, et j'ai continué ma route, fendant l'air, imperturbable.
En cherchant ma place, j'ai gracieusement distribué deux-trois bonjours lointains, et quelques bises expédiées.
Et j'ai réussi à finir suffisamment tôt pour m'enfuir à toute vitesse avant la fin de l'épreuve et du quart d'heure fatidique précédant la fin de l'épreuve et durant lequel on n'a plus le droit de bouger. Je suis rentrée chez moi sans mot dire à personne, et je suis très contente. Pas fière de moi, mais contente.

- je t'ai pas dit, lecteur, mais c'est un peu la lose dans ma vie depuis quelques jours. Enfin juste dans ma vie esthétique, donc ça reste modéré. Y en a qui bossent leurs cours, pour se préparer un concours. Moi, je confonds toujours concours administratif et concours de beauté, ce qui fait que ma principale préparation (dans les derniers jours, faut pas pousser Geneviève dans les orties non plus) se déroule principalement dans ma salle de bains.
Sauf que là, je voulais tellement être prête que ma peau a eu un peu du mal à suivre. Je ne me suis jamais fait autant de gommages, masques et autres soins. Sauf que, humm, mon tout nouveau super extra chouette masque chauffant exfoliant qui devait me rendre sublime a été le coup de grâce. Depuis vendredi soir, je souffre, surtout de la joue droite.
Après avoir macéré sous du Cétavlon pendant deux jours, je viens de passer à la pharmacie acheter la crème que tout le monde ou presque m'a conseillée. Etalée en couche épaisse, la crème fait son effet (en tout cas, je l'espère) pendant que j'essaie d'oublier qu'elle sent vaguement la bouse de vache.
Pour rattraper cette révélation anti-glamour puissance 10, sache que je suis depuis hier soir épilée de plus près que jamais, même des zones qui selon toute vraisemblance ne me serviront absolument à rien dans les jours qui viennent. Le fling rapido presto dans les toilettes de la salle de concours n'a pas l'air à la mode cette année.

- vu que je suis épilée (bravo, tu suis bien lecteur, je suis très satisfaite de toi), j'aurais pu mettre ma jolie robe, pas celle à pois, mais une autre, très jolie aussi. Sauf que ce matin, il pleuvait des vaches et des cochons.
Et il a suffi que je mette le nez dehors pour voir qu'en fait, il faisait beau (pour une fois que c'est dans ce sens...). Moi je dis : tout a été fait pour que ma journée soit pourrie.

- le sujet aussi était pourri d'ailleurs : bateau de chez bateau. "More boat you die" comme disent les Anglais (ou peut-être "boater you die" ?). Ce qui avantage ceux qui n'ont pas vraiment travaillé sans permettre à ceux qui ont vraiment travaillé de faire la différence. Je n'ai vraiment pas aimé. Mais bon, je ne suis pas non plus là pour me faire plaisir, on est d'accord. N'empêche, j'aurais bien aimé mettre ma robe (si tu comprends plus rien, c'est pas grave).

EDIT / j'avais oublié un petit détail :

- j'ai remarqué que certains candidats allaient très souvent aux toilettes. 3 ou 4 fois en 5 heures, ça fait beaucoup non ? Surtout que ce n'était que des garçons, réputés pour leur endurance rénale. Alors soit ils auraient dû prendre du riz à midi au lieu de s'avaler le sachet de pruneaux, soit je suis une grosse parano et ils avaient des antisèches dans le calbute. Je sais, je vois le mal partout, mais ça me semble quand même louche. Demain, Inspecteur Coco aura les yeux fixés sur la porte des toilettes avec statistiques de précision à l'appui. Allez, montrez-moi que j'ai tort de voir le mal partout et qu'il y a une autre explication bien plus plausible.

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30 août 2007

Nuisible

J'en étais à peu près certaine : mettre le petit orteil dans la bibliothèque de Sciences Po à moins d'une semaine de l'échéance fatidique du concours me ferait sans aucun doute rencontrer un nuisible. Pardon, un co-préparationnaire.

Il existe en réalité deux types de personnes de ma connaissance sur qui je peux tomber en ce moment à la bibliothèque : ceux qui sont sympas et ceux qui ne le sont pas. Il faut fuir les deux.

Les premiers parce que ce sont mes amis, et que j'ai donc envie de leur parler, ce à quoi je peux facilement passer la journée. Je les apprécie, mais ils nuisent fortement à ma productivité. Je sais, c'est moche de parler comme ça, mais c'est la vérité. Si je vais à la bibliothèque, ce n'est pas pour socialiser.

Les seconds parce qu'ils sont nuisibles. Ils sont en général flippés et trouvent très rassurant de communiquer leur angoisse aux autres. A moi par exemple. Heureusement, j'ai une grande faculté autistique avec ces derniers. Mais je suis toujours atterrée de voir qu'ils s'épanouissent si librement.

Hier, j'y suis allée à reculons, en regardant le bout de mes chaussures pour n'en croiser aucun. Mais un individu de la deuxième catégorie m'est tombé dessus malgré mes tentatives désespérées pour lui échapper. Et il a été égal à lui-même :

"Tiens, salut, ça va ?" (avec voix des Inconnus dans Auteuil, Neuilly, Passy, traînante sur les voyelles, vous situez ?) "Alors, t'es prête ?"

"Ah ouais, tu travailles sur CE bouquin ? Nan parce que moi, tu vois, je le trouve un peu jargonneux... Il parle beaucoup pour ne rien dire, NON ?!"

"Et sinon, en droit public, tu as lu quoi ? Ah bon ? j'avais trouvé qu'il avait vraiment BEAUCOUP de lacunes... Y a des pans ENTIERS du programme qui n sont pas traités. Mais bon, si ça te suffit..."

Il a fini par partir, pensant avoir craché suffisamment de venin pour me démoraliser jusqu'à la fin de la semaine prochaine.

Vous pensez que j'exagère, que j'invente cette histoire, qu'il ne peut y avoir d'idiots pareils. Et pourtant si ! Mais le meilleur, c'est que je crois qu'il a cru que sa pathétique technique avait marché...


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24 août 2007

Vivement

Ca y est, c'est officiel, j'ai hâte d'être le 3 septembre. Je commence légèrement à tourner en rond. Ce n'est pas que je connaisse tout sur le bout des doigts, mais comme ce n'est pas ce que j'apprendrai maintenant qui y changera quelque chose...

Donc je tourne en rond, en lisant 2-3 cours par jour, en essayant de dormir avant 2 heures du matin, en chantant Joe Dassin vautrée dans mon lit, en brodant et me disant que je ferai mieux d'aller me promener. Non, je ne me sens pas prête, mais je crois qu'on ne l'est jamais.

Maintenant, j'ai hâte d'y être. Sauf que - comble du désespoir - le centre d'examen a changé. Alors que moi, j'y étais allée l'année dernière quasi-exclusivement pour repérer le chemin, la meilleure table, les conditions climatiques et tout le reste ! Tout ça pour rien... Je crois que c'est un complot.

Néanmoins, l'exercice de l'année dernière m'a permis de confirmer que les Petits écoliers n'étaient pas un goûter approprié pour les examens (une vague histoire de tâche de chocolat, heureusement faite sur mon brouillon et non sur ma copie).

Bon allez, je retourne m'occuper les mains en écoutant Joe...

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20 août 2007

The Real Life

Plus je travaille de la tête, plus j'ai envie de faire des choses de mes mains (roh arrêtez avec vos interprétations salaces). Je présume que l'inverse serait également vrai, mais n'est pas d'actualité.

Entre deux fournées d'arrêts du Tribunal administratif de Sainte Firmine les Brouettes, je me défoule comme je peux. Aujourd'hui, cannelés au programme. En fait, il y en a déjà eu hier, mais la première série a été dévorée avant même que je pense à prendre une photo.


Pour l'instant, ils sont plus beaux que bons, il leur manque un je ne sais quoi de texture. A travailler... Mais réussir ENFIN à faire quelque chose de productif, dont les résultats sont concrets et visibles (pour une fois), est suffisamment satisfaisant pour la journée.

Tout ça me rappelle la dialectique du maître et de l'esclave, ce qui n'est pas du tout bon signe. Je me fais moi-même peur parfois, par sursauts de lucidité. Je ne dirais pas que toute la vie peut être décryptée à travers le prisme d'une préparation à l'ENA (voilà la preuve que j'ai encore deux neurones sains). Mais quand on a la tête dans la guidon, la tentation est grande de ne tout interpréter que sous cet angle. (Vous voyez, là, ne serait-ce qu'en écrivant le mot "tentation", je visualise involontairement la partie de mon cours de culture générale sur la tentation de Saint Antoine, la Thébaïde, l'acédie, le récit de Flaubert et le tableau de Bosch. Je me persécute moi-même, ce qui est le début des ennuis).

A une amie qui m'expliquait que le père de son copain était un vrai gougnafier, je me suis entendue lui répondre que c'était parfaitement normal : le coût d'entrée dans la gougnafitude est élevé, mais le coût marginal de chaque gougnaferie est décroissant. Il est donc normal que le gougnafier le soit généralement en excès. C'est rarement les paroles de réconfort attendus par la personne qui vous parle. Je crois bien que c'est à cause de ce genre de propos que les autres étudiants de Sciences Po nous regardent toujours de façon un peu bizarre.

Avec 2 cm de recul, je crois que la principale qualité pour préparer un concours, quel qu'il soit, est la capacité à la schizophrénie tout en restant sain d'esprit. Savoir différencier le "moi qui prépare le concours" (qui ne vivra que 1, 2 voire 3 ans, et qui ne doit absolument pas sortir du placard, car il est insortable) et l' "autre moi" (en général, celui qui vit avant et après la préparation, mais doit surtout rester bien présent pendant la préparation, au risque de n'être définitivement remplacé par le "moi préparationnaire"). Et à votre avis, là, c'est lequel de mes deux moi qui vous parle ?!