Ca, ça, ça... et puis ça aussi.
Difficile de trouver un fil conducteur entre :
- la mort de Kierkegaard, hier matin, entouré des siens (enfin, de la sienne quoi, moi). Alors que Vilnius a été tendrement enterré en compagnie mondaine dans le jardin de Sciences Po, Kierkegaard a rejoint les égoûts de Paris. Heureusement qu'il n'était plus là pour se voir lui-même...
- l'absence de réponse à cette question fondamentale qui m'a torturée toute la journée, journée passée dans une bibliothèque qui n'a plus le chauffage depuis 2 semaines donc glaciale : "mais pourquoi suis-je frileuse ?". Je pensais avoir fait le nécessaire en enfilant ce matin un gros pull col roulé en laine, un gilet en laine, un graaaaaaaaand pashmina, et - détail glamour - un collant sous mon jean. Même avec tout ça et mon manteau d'hiver, j'ai été profondément congelée. Mais POURQUOI les filles ne sont-elles pas irriguées comme tout le monde ?! Enfin, comme les garçons, quoi... En même temps, toutes les filles ne sont pas des serpents à sang froid comme moi, puisque l'une d'elle avait une robe-débardeur en coton sans rien en-dessous (portée avec des bottes en caoutchouc, pour le détail). J'ai vérifié, ce n'était pas juste pour aguicher l'étudiant studieux, elle n'avait pas le moins du monde la chair de poule, alors qu'il devait faire dans les 15°, à vue de pieds gelés. Ca existe les perfusions d'eau bouillante ?
- j'ai senti aujourd'hui très distinctement un garçon parfumé à l'eau de toilette "Pêche de Provence" d'Yves Rocher. Je passerais sur le choix d'Yves Rocher, après tout, chacun sa vie. J'ai moi-même porté ce parfum pendant quelques mois, absolument ravie et fière de ce cadeau de fââââââââmme que ma cousine m'avait offert pour mon onzième anniversaire. Je présume que je vais passer pour une grande snob (mais en même temps, oui, je suis une snob du parfum : si un Eau jeune ne coûte pas le même prix qu'un Guerlain, ce n'est pas juste pour payer la musique de Muse dans la pub), mais passés 13 ans, ça le fait moyen. Mieux vaut sentir bon le savon sobre que mauvais le parfum cheap. Bon, tout ça pour dire : certes, je me considère comme relativement ouverte sur les questions de genre, mais là, j'ai malgré tout été surprise de ce choix somme toute très féminin. Je soupçonne à vrai dire sa petite amie d'avoir voulu marqué son territoire. Il est certain qu'avec un tel sillage, il ne risque pas beaucoup d'émoustiller. Mais si c'est un choix libre et individuel, il atteint l'un des buts de tout grand nez : rendre celui qui porte la fragrance inoubliable.
- je vais faire voeu de silence. Il faut que j'arrête de parler en société, je fais trop de gaffes. Les gens font des choses gentilles - voire adorables - pour me faire plaisir, et je détruis en 3 mots tous leurs efforts. Alors que je ne parle pas de LEURS choses gentilles, évidemment, sauf que je suis la seule à le savoir, et qu'ils le prennent logiquement pour eux. Ca a commencé à la fête d'anniversaire de mes 8 ans avec toutes mes copines. Au moment de déballer mon dernier cadeau, j'ai dit bien distinctement "ohlala, j'espère que c'est pas ENCORE un stylo !" (euh oui, c'est une remarque de petite peste pourrie gâtée, mais pour ma défense, j'avais déjà reçu 2 stylos en cadeau dans la même après-midi). Et naturellement, le dernier cadeau était un stylo. En plus, c'était un très joli stylo. Christelle était déconfite, j'étais dans mes minuscules souliers. J'ai eu beau lui dire plein de fois que ça me faisait très plaisir, elle était définitivement blessée, et ça se comprenait aisément. Je croyais qu'avec le temps, je saurais être suffisamment raisonnable pour contrôler le flot de paroles quittant mon gosier, mais visiblement non. Deux magnifiques bourdes dans ce genre en 10 jours, avec des gens à qui j'avais juste envie de dire sincèrement MERCI. Et je pense que ce n'est pas le message qu'ils ont retenu.
Peut-être que demain, je vais vous raconter comment ça fait quand je vais en soirée.

