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14 janvier 2008

Les titres, c'est nul

Je ne sais pas ce qu'il se passe en vous quand vous pensez à votre prof d'histoire-géo de terminale, mais moi, j'ai autant d'estime que d'affection pour elle. Et je suis émue. Surtout depuis que vendredi, elle nous a quittés après une maladie foudroyante.

Je ne lui dois pas tout, mais je lui dois beaucoup, et je lui disais à chaque fois que je la voyais quand je rentrais chez mes parents. Elle ne m'a pas juste appris Dien-Bien-Phû et la réforme agraire au Brésil. Si je suis là où je suis aujourd'hui, et si je suis qui je suis aujourd'hui, c'est vraiment grâce à elle.

Elle était fascinante, et m'a fait découvrir ce que pouvait vraiment être l'Histoire au-delà d'une suite de chapitres à apprendre dans un bouquin. Elle m'a appris l'exigence intellectuelle, la volonté d'aller toujours plus loin, et à faire des dissertations problématisées. Le jour du concours de Sciences Po, du haut de mes 17 ans, je n'aurais pas été loin sans les armes qu'elle m'avait fait développer en un an. Grâce à elle, j'ai eu 16 en histoire et 15 en géographie, et j'ai rejoint la rue Saint Guillaume (en revanche, je ne remercie pas mon horrible prof de philo pour mon 11 au bac et au concours). Sans elle, j'aurais fait une école de commerce quelconque, et je serais en train de vendre des lessives à des familles qui ne font jamais de tâches sur leurs vêtements. Donc quand je dis que je ne serais pas là sans elle, c'est pour de vrai.

Mais elle m'a appris bien d'autres choses, moins scolaires mais tout aussi nécessaires. Le sens critique pour commencer. Grâce à elle, désormais, quand je lis une tribune de BHL sur le conflit israélo-palestinien, j'arrive à faire la part des choses. Avant elle, je croyais un peu tout. Pour moi, BHL = intellectuel = ne peut qu'avoir raison. Je n'avais pas encore vraiment compris que les "intellectuels" étaient souvent autoproclamés, n'avaient pas la science infuse, et n'étaient pas toujours d'accord (et qu'ils ne peuvent logiquement tous avoir raison). J'ai découvert qu'il n'y avait, dans beaucoup de domaines, pas une vérité, mais différentes façons de voir la vérité. Je n'ai toujours pas perdu toute ma navrante naïveté, mais je me soigne. Réussir à lire un article de journal avec un oeil critique est indispensable, et me servira toute ma vie.

Elle m'a aussi appris qu'avoir des convictions et les défendre étaient une bonne chose. Oui, ses cours étaient engagés, et ce n'est en théorie pas le rôle d'un professeur que d'éduquer politiquement ses élèves. Mais peut-on faire de l'Histoire sans se mouiller et sans proposer une vision certes biaisée, mais vivante des évènements ? Ce n'était pas son rôle, mais elle le remplissait à merveille. Avoir un professeur qui sortait des sentiers battus des cours lisses et propres a sans doute été le plus enrichissant de tout.

Très égoïstement, j'aurais aimé qu'elle tienne quelques semaines de plus, le temps, peut-être, que je puisse lui annoncer une très bonne nouvelle. Pouvoir lui dire que cette fois-ci, j'étais vraiment arrivée à destination, toujours grâce à elle. Je ne pourrai jamais lui dire, mais en même temps, ce n'est pas le principal. Elle était bien plus qu'une prof d'histoire-géo...

26 novembre 2007

Mouais

Je sais, ce blog serait bien plus drôle si je vous parlais de ma vie sexuelle. Et encore, ce n'est pas sûr. Disons que si j'écrivais au moins des billets de temps en temps, ça serait bien.

Pour l'instant, j'essaie de mobiliser toute ma motivation pour travailler. Autant vous dire que je déploie de nombreux efforts pour pas grand-chose, parce que la motivation, elle a un peu fait pschitt.

Il suffit de passer un vrai week-end normal pour se rendre compte que faire une prepena, c'est vraiment avoir une vie de con. Je me suis dit que je pourrais peut-être essayer de ne pas travailler le week-end cette année. Mais ça ne résout pas les problèmes des galops systématiques du samedi matin, qui ont tendance à gâcher à eux seuls la fin de semaine.

Il suffit de regarder un peu les relevés de notes des copains pour se rendre compte que ces concours ne suivent aucune logique et que le travail n'est pas nécessairement la clef du succès. Mon propre cas n'est pas celui que je peux analyser avec le plus d'objectivité (même si je trouve, aussi objectivement que possible, bizarre d'avoir 3,5 dans une matière où je n'ai pas eu moins de 12 toute l'année). En revanche, je sais qui, parmi mes amis, avait réellement toutes les chances de l'avoir, et a au final des notes bien pourries, et même plus mauvaises que celles de l'année dernière. Je sais qu'on peut avoir dans la même matière 15 une année, et 6 l'année suivante, le tout en ayant acquis bien plus de méthode et de connaissances. Je sais qu'on peut rater un concours à quelques centièmes. Je sais qu'on peut être sur liste complémentaire une année, et même pas admissible l'année suivante. Je sais que le travail ne fait que la moitié des résultats, et que c'est déprimant.

Il suffit d'assister à certains oraux de l'ENA pour se dire que les épreuves écrites ne permettent pas toujours de sélectionner les meilleurs. Afin de préserver l'anonymat des candidats et d'éviter de me faire lyncher publiquement, je ne m'étendrai pas sur le sujet, mais je suis ressortie effarée de ce que j'ai vu et entendu. Je sais que le stress rend les gens cons, moi la première (genre en oubliant de façon passagère le nom de pape de Joseph Ratzinger). Mais le stress fait partie des règles du jeu, et il y a quand même des bornes aux limites à ne pas dépasser, non mais. J'ai eu l'impression qu'on m'enfonçait un poignard dans le coeur pendant 2 fois 30 minutes, et je n'ai pas pu m'empêcher de penser "tout ça pour ça"...

A part ça, je ne suis pas du tout déprimée. Je ne déprime pas, je glande. C'est différent. La prochaine fois, je répondrai aux gens qui veulent que je leur raconte ma vie de superhéroïne et que j'épelle mon nom.

On est loin de ma vie sexuelle avec tout ça, j'en conviens. En même temps, Marie-Chantal l'a bien dit : on ne peut pas baiser et cuisiner. Or je viens de mettre en ligne une nouvelle recette.

(Je sais, la morale de l'histoire est elliptique et n'a rien à voir avec la choucroute. Problème global de motivation. Y compris pour trouver une fin démente à ce billet ô combien réjouissant)

03 octobre 2007

Auto-promotion

Ah ben non, je ne sors pas de single. Je ne sors pas de livre non plus. Je ne vais jouer dans aucun film. Mais j'ai quand même quelque chose à vous vendre ! Et en plus, c'es gratuit ! Elle est pas belle la vie ?

Je suis sure que sans oser l'avouer à personne, vous aimeriez qu'on vous explique la théorie du Choc des civilisations. Vous en rêvez presque autant que de comprendre ce qu'est au juste le chiisme. Surtout si c'est moi qui vous explique tout. Je vous connais bien, vous savez...

Alors pour Huntington, c'est ici. Et pour les chiites, c'est là (les spécialistes de la question - suivez mon regard nach Osten - sont bien évidemment plus qu'autorisés à me taper sur les doigts par mail si j'ai fait des erreurs ou des approximations).

Comment ça, "c'est plus drôle quand je raconte mes pires bourdes de drague" ??! Bande de fainéants !

13 juin 2007

"En langage maternel français et non autrement"

Il y a plein de tics verbaux qui m'énervent profondément. Des incorrections qui confinent à l'absurde parfois. En vrac :

- je n'aime pas les gens qui disent puzzle en prononçant "peuzle" (voire "peulz") au lieu de "peuzeule"

- je n'aime pas les gens qui disent "entre parenthèses" alors qu'ils veulent dire "entre guillemets". Merde quoi, ce n'est pas du tout pareil de mettre quelque chose entre parenthèses et entre guillemets.

- je n'aime pas les gens qui disent "malgré que", quoiqu'il semble qu'il s'agisse d'une formule tout à fait acceptable en vieux français. Mais si vous voulez parler comme Molière, il faut le faire jusqu'au bout.

- je n'aime pas les gens qui ne savent pas choisir entre "au niveau de" et "sur le plan" et qui les amalgament en "au plan". "Au plan économique", "au plan des idées", "au plan politique", "au plan international"... Non mais ça suffit maintenant !

"L'incorrection du langage n'est pas seulement une faute contre le langage même : elle fait encore du mal aux âmes" a dit Platon (mais si c'est vrai, j'y étais). Je ne suis linguistiquement pas irréprochable, loin de là. J'ai même dû une fois aller chercher dans le dictionnaire un mot que je ne comprenais dans un mail écrit pas un ami allemand qui parle mieux ma langue que moi. J'ai tellement honte que je préfère ne même pas dire de quel mot il s'agit... Mais j'espère, malgré cette humiliation, ne pas faire trop de mal au langage et aux âmes.

Ce qui me froisse le plus dans les glissements que je viens d'évoquer, ce n'est pas l'incorrection. Je ne veux pas dénoncer par snobisme intellectuel la "France qui parle mal". Je veux m'insurger contre ceux qui pensent parler bien en parlant mal (ou l'inverse), et qui se gargarisent de leurs égarements sémantiques.

Les "au plan de" fourmillent dans les rapports officiels, sur le site de l'Education nationale, ou dans mon livre d'économie internationale. Les absurdes "entre parenthèses" sortent de la bouche de mes profs. Ils utilisent ces expressions en mode automatique, persuadés qu'elles sont pleines de style, alors qu'elles les enfoncent. A se demander parfois comment ils ont pu réussir un concours dont le jury est parfois tatillon : j'ai ainsi appris en lisant leurs divers rapports qu'on ne dit pas "internet" mais "l'Internet". On est finalement tous l'incorrect d'un autre...

07 juin 2007

Femme de

Si jamais j'ai un jour la chance de remplir le champ "hobbies" de la petite fiche de renseignement pour l'oral de l'ENA, le jury va bien rigoler avec mes airs de vieille victorienne. Puisqu'il ne faut jamais mentir sur ses passions, et puisque le jury dit qu'il n'y a pas de mauvaises passions, je ne vois aucune raison de ne pas les renseigner sur mes vrais passe-temps : la cuisine (parce que c'est bon) et la broderie (parce que c'est beau). Tout de suite, vous comprenez mieux le côté victorien du truc, je suis sure.

J'ai indéniablement un côté victorien. Mais à quel point ? Parce que bon, je râle contre les glaces dégueulasses spéciales femmes. Et quand je vois la boîte de mon fer à passer, je bondis. En fait, tout est parti de là. Ce soir, j'ai sorti l'engin, qui n'avait pas pris l'air depuis un sacré bout de temps. Oui, je suis une grande défenderesse du courant artistique du minimalisme ménager quand ça touche au repassage. Je trouve qu'il y a vraiment très peu de choses qui ont besoin d'un coup de fer, quand on fait tout sécher sur des cintres. Mais ceci n'est qu'un prétexte : en vérité, je suis un flemmarde du fer.

Du coup, je vois peu mon carton de fer à repasser. Mais ce soir, il fallait que je couse le col de ma robe pour samedi, et donc que je dégaine mon sabre-vapeur. Sur la jolie photo pleine de violet lilas parme clair (ultra-viril, hein), il y a au premier plan un tas de 4 chemises d'homme, repassées au carré. Et au deuxième plan, une femme qui s'en va, après avoir bien accompli cette corvée (pardon, cette tâche ménagère). Et ça me titille légèrement.

Pourtant, je sais que vu de l'extérieur, je suis le genre de filles plus ou moins faites pour être "femmes de". La première fois qu'on me l'a dit, j'avais 18 ans et je ne connaissais même pas l'expression. Fin de soirée, entre copains. On divaguait sur nos avenirs plus ou moins certains à 4. Et soudain, l'un de mecs a lâché "toi, de toute façon, tu seras une parfaite femme de". Ce à quoi les autres avaient aquiescé plus vite que leur ombre. J'en avais été profondément vexée, comprenant que cet ami ne me jugeait pas suffisamment brillantt pour réussir par moi-même. Or dans sa bouche, il s'agissait d'un véritable compliment.

Ensuite, il y a eu ce prof. J'avais deux ans de plus. Il était diplomate, et je m'étais ouverte à lui de mes quelques ambitions en la matière. Il m'avait fait découvrir de nouveaux horizons, en me précisant que si jamais je ne réussissais pas les concours du Quai, il existait une autre voie vers la diplomatie, beaucoup moins difficile et assez méconnue : le mariage. "Les bonnes femmes de diplomate sont rares vous savez". Ce qu'un autre professeur m'a confirmé quelques années plus tard, sans avoir toutefois les mêmes perspectives pour moi : tous ses jeunes collaborateurs, sur le point de partir pour leur première affectation en Afrique pour 3 à 6 ans, étaient désespérés, contraints de partir seuls, n'ayant trouvé l'âme soeur en France avant leur mutation. Si vous avez raté le concours, il y a donc une session de rattrapage.

Femme de, une vague sur laquelle ma soeur surfe avec délectation. Etant donné que nous vivons loin l'une de l'autre, on photographie à peu près tout ce qu'on peut pour se l'envoyer par mail régulièrement, histoire de se tenir au courant de nos vies en images. Nouvelles chaussures, dernier meuble chiné, réalisation artistique du week end, balcon rénové, et tout le reste. Forcément, j'ai un peu moins de choses qu'elle à lui envoyer, étant donné que je lui épargne mes copies de concours blanc. Mais la semaine dernière, après avoir dévalisé Monceau Fleurs, je lui ai envoyé la photo de mes réalisations florales. Et sa réponse a été implacable : "décidément, tu feras une très bonne femme d'ambassadeur".

"Femme de"... Tout un programme !

17 mai 2007

Avec un peu de retard...

... mais toujours autant d'actualité. Pour ne pas verser dans la dénonciation pure et simple, j'ai choisi la vidéo intitulée "Norah Jones - My dear country" et non pas "Sarkozy élu président", pourtant exactement la même...

Pour ceux qui voudraient faire du karaoké, voici les paroles :

T'was Halloween and the ghosts were out,
And everywhere they'd go, they shout,
And though I covered my eyes I knew,
They'd go away.

But fear's the only thing I saw,
And three days later 'twas clear to all,
That nothing is as scary as election day.

But the day after is darker,
And darker and darker it goes,
Who knows, maybe the plans will change,
Who knows, maybe he's not deranged.

The news men know what they know, but they,
Know even less than what they say,
And I don't know who I can trust,
For they come what may.

'cause we believed in our candidate,
But even more it's the one we hate,
I needed someone I could shake,
On election day.

But the day after is darker,
And deeper and deeper we go,
Who knows, maybe it's all a dream,
Who knows if I'll wake up and scream.

I love the things that you've given me,
I cherish you my dear country,
But sometimes I don't understand,
The way we play.

I love the things that you've given me,
And most of all that I am free,
To have a song that I can sing,
On election day.


Enjoy !

08 mai 2007

Bête et (pas trop) méchant

Trouvé ici :


Voilà, je ne veux pas faire de la politique comme je l'ai vue faite, et comme j'en ai été dégoûtée. En faisant niark niark niark, en disant que "les autres" en face ne peuvent être que cons, débiles et diaboliques pour ne pas avoir les mêmes idées que celles qu'on défend. En ne laissant pas parler ceux du même parti qui ont une opinion divergente. En jetant dehors manu militari les représentants des courants minoritaires dont on craint qu'ils ne soient là que pour "noyeauter" le mouvement lors des réunions stratégiques. C'est tout ce que j'ai détesté et que j'ai fui en claquant la porte de mon parti (très discrétement, j'ai juste arrêté d'aller aux réunions).

Alors cette petite affiche va à l'encontre de tout ça. Je me suis convaincue qu'il fallait juger Sarkozy sur ses actes à venir et non sur ses propos de campagne, qui ont nécessairement été pensés pour recruter un électorat, et ne sont donc peut-être pas entièrement à l'image de ses convictions profondes. Il y a une rhétorique de l'élection : les discours sont parfois loin des actes.

En théorie, j'attends donc de voir. Juger dans quelques mois, m'indigner quand il sera temps de m'indigner. Pas par principe, mais en réaction à un élément concret. Pas de procès d'intention. Certains diront que le dossier à charge était déjà bien trop lourd, j'ai envie de lui accorder le bénéfice du doute, pour le juger à partir du 17 mai, en vertu du principe de non-rétroactivité. J'ai déjà jugé son action avant son élection, en ne votant pas pour lui. Remettons aujourd'hui les compteurs à zéro en le faisant bénéficier de la présomption d'innocence.

Néanmoins, quand j'ai vu cette affiche, je n'ai pas pu résister... Ma clémence ne vaut qu'à partir du 17...

01 mai 2007

Groumpf (je ne suis pas féministe mais...)

Bon, ça y est, c'est reparti pour un tour d'indignation, en live cette fois-ci. Entendu il y a 2 minutes, dans un reportage du Journal de France 2 sur les indécis : "moi, c'est certain, je vais voter sur le base du débat de demain soir !" dit le mari. "Et vous Madame, sur quelle base allez-vous voter ?" demande le journaliste. Et cette cruche répond, la bouche en coeur, "sur la base de mon mari", en éclatant de rire, pour bien montrer que bon, hein, c'est une blague.

C'est exactement pour cette raison que le droit de vote a été refusé pendant des décennies aux femmes. C'est exactement pour cette raison que même la gauche française a exclu d'accorder le droit de vote aux femmes tout au long du XXème siècle : une femme qui n'aurait pas reçu l'éducation nécessaire à l'exercice de son libre-arbitre voterait comme son mari ou comme son curé. Ce qui n'est pas en soi idiot comme raisonnement, mais aurait dû conduire à l'émancipation intellectuelle des femmes plutôt qu'à leur exclusion de la sphère civique. "Puisque seule une citoyenne éduquée peut accomplir son devoir raisonnablement, formons les citoyennes" aurait été une meilleure réponse...

La France a été parmi les derniers pays à accepter que ses citoyennes puissent exercer tous leurs droits. Et 60 ans plus tard, il se trouve encore quelque part en France des cruchottes pour affirmer en regardant bien droit la caméra qu'elles mettront dans l'urne le même bulletin que leur mari, quel qu'il soit. Je suis atterrée...

23 avril 2007

STA-GIAIRE EN CO-LERE, etc.

Les stages, c'est nul : on est exploité, pas toujours formé, rarement payé, et notre travail n'est reconnu à sa juste valeur que lorsqu'il n'y a aucune possibilité d'embauche derrière. Dans l'administration, c'est encore mieux : vous êtes quasiment obligé de payer pour faire un stage (dans les faits, c'est réel en ambassade, puisque tout est à votre charge, y compris les billets d'avion pour Lima, Calcutta ou Canberra), vous savez que jamais vous ne serez embauché derrière, même si on vous dit que vous êtes bien meilleur que la majorité des énarques passés avant vous sur votre poste, même si vous couchez, même si vous soudoyez, puisqu'il faut passer par le concours. "On aimerait tellement vous garder, mais juridiquement, c'est vraiment impossible" est un grand classique qui fait du bien au moral du stagiaire et ne coûte pas un kopek à l'administration. Vu comme ça, le stage est un entubage collectif.

Et pourtant... pourtant... mes différents stage sont les meilleurs souvenirs de ma scolarité. Enfin pas trop le premier, alors que j'y ai gagné mon premier salaire. Mais cela tient sans doute au fait que :
- j'habitais dans un HLM glauque de la banlieue désertique de Francfort
- avec un coloc égyptien de 45 ans qui faisait tout pour qu'on croie qu'il était terroriste, y compris "je vends ma voiture, ma télé, mes meubles, pour me payer un billet d'avion pour aller prendre des cours pendant 3 semaines aux Etats-Unis" et "je reçois le courrier de plein d'amis qui n'ont pas d'adresse. Dès que le facteur voit un nom arabe qu'il ne connaît pas, il sait que c'est pour moi" ou "Si X appelle, dis lui qu'il ne doit pas te laisser de message et n'écris rien nulle part"... Si vous vous dites que je suis pleine de préjugée et parano, rappelez-vous juste qu'on était le premier été depuis le 11 septembre et que les journaux allemands parlaient à tour de bras des cellules de Francfort et d'Hambourg. Et puis que de toute façon, oui, j'étais parano parce que j'aurais aimé vous y voir, seule à 18 ans, dans un milieu hostile (si si, c'était hostile...). En même temps, oui, c'est légèrement exagéré comme réaction. Parce qu'avec le recul, je doute que le membre d'une cellule terroriste sous-loue une chambre de son appart comme ça... Hum...
- la salle de bain était équipée d'un tapis de poils moelleux et dense
- l'appartement du dessus était habité par un voisin raciste alcoolique qui menaçait toutes les nuits, en hurlant à travers les murs, de venir défoncer notre porte pour venir "casser la gueule de ce sale macaque" (j'ai appris plein de vocabulaire en allemand ces nuits-là), alors que mon propriétaire était justement parti prendre ses cours aux Etats-Unis pour trois semaines.
- mes supérieurs hiérarchiques s'étaient creusés les méninges pendant des mois pour me trouver une occupation, et que leurs recherches n'avaient pas été très fructueuses. Deux mois pour écrire deux petites notes sur la gestion du changement et sur les structures matricielles, ça fait beaucoup
- j'étais entourée de collègues très sympathiques mais tous âgés de plus de 50 ans, qui parlaient jardinage et meilleur conservatoire de la région pour leurs enfants au déjeuner. Et le déjeuner avait lieu à 11h du matin, en 25 minutes chrono.
Comme on dit : "c'était bien... mais pas top".

Mais après, il y a eu les autres stages, dans des domaines qui m'intéressaient nettement plus. Des stages ouverts sur le monde, où j'avais très prétentieusement l'impression d'être à ma place et de servir à quelque chose. C'est tellement plus gratifiant que de passer sa journée à apprendre par coeur des cours... J'ai eu des collègues sympathiques et d'autres qu'on a envie de défenestrer. J'ai eu des tâches passionnnantes et des tâches parfois ingrates. J'ai eu des journées de travail acharné (j'adore rester travailler très tard le soir, en petits comités. C'est toujours dans ces moments que l'ambiance est la meilleure, qu'on fait véritablement connaissance avec ses collègues, et donc que les meilleures idées se font jour) et d'autres où je n'avais rien d'autre à faire que d'avancer mon mémoire pour l'université ou lire Le Monde en ligne. J'ai fait parfois des bourdes et parfois du très bon boulot. Mais à chaque fois, ce qui fait le stage, ce sont les stagiaires :-)

Je vais lire de temps en temps avec nostalgie le blog de cette jeune fille qui a à peu près le même parcours que moi et dont les récits me rappellent tellement ma vie viennoise et berlinoise. Un stage, en administration, à l'étranger, avec plein de stagiaires français et européens. C'est un peu Erasmus, mais pas tout à fait. Ca y ressemble, mais on n'y fait pas la même chose. Ce ne sont pas les récits de soirée qui font les anciens combattants, mais le récit des réunions de service difficiles du lendemain matin de la soirée. Les anecdotes sur les collègues défenestrables et horripilants. Les sous-entendus sur l'Ambassadeur Durand qui bon, entre nous, sait surtout déléguer... (et encore, là, c'est du soft :D).

Dans les stages en administration, où les stagiaires sont toujours très nombreux car gratuits et compétents, ceux-ci sont le plus souvent en caste. Ils déjeunent ensemble, vont aux réunions ensemble, travaillent ensemble. Et les contacts avec les chefs sont assez limités. En tout cas, limités à la sphère strictement professionnelle.

Quand on passe de l'autre côté du miroir, dans la vraie vie active, on est bien content de voir que notre productivité mérite rémunération. On est content de savoir qu'on n'est pas là, en théorie, juste pour 4 mois, et qu'on sera ensuite immédiatement remplacé par notre clone (mêmes études, mêmes qualifications, mêmes résultats, même bureau, mêmes stylos) et oublié aussi vite dans l'esprit de nos anciens collègues. Et pourtant, la vie active a ce défaut majeur qu'on ne peut plus traîner avec les stagiaires, sauf à accepter le soupçon lourd de jeunisme aigu. Pourtant, pour avoir bien observé la cantine de mon ancien Ministère, il apparaissait clairement que la table des stagiaires était celle où l'on rigolait le plus et où on ne faisait pas que parler travail.

Je ne sais pas si je serai à nouveau stagiaire un jour ou non. Mais si ce n'est pas le cas, je sais que je continuerai à regretter ces grandes tablées et ses discussions enflammées qui font des exploités les collaborateurs les plus heureux du ministère !

22 avril 2007

Scènes volées d'un dimanche électoral

1. Le pépé et la racaille

Dans le train, un pépé visiblement un peu perdu s'installe en face de moi. Il parle tout seul, il marmonne, il se met à chantonner, doucement, puis à tue-tête. Je suis intolérante, et ça m'a énervée. Mais en fait, ce qui m'énerve le plus est de voir qu'on est si peu de chose en vieillissant. Qu'on peut devenir un pépé un peu perdu qui chante tout seul dans un train de banlieue. Je déteste voir en face que le temps diminue les êtres à ce point. Malgré mes soucis existentiels, il chante toujours.

Arrive un "jeune de banlieue", comme il faut dire. Du genre à avoir sa fausse casquette Vuitton mise sur le côté, des énoooooooormes faux diamants aux oreilles, du bling bling autour du cou, et le pantalon de jogging remonté sur un mollet. J'avais l'impression d'être dans un vrai clip de rap, d'autant plus que j'avais le son : son lecteur MP3 crachait des morceaux de R&B dans tout le wagon, je l'ai entendu arriver avant de le voir. Je suis intolérante, ça m'a énervée. Mais ce qui m'a encore plus crispée, c'est quand il s'est assis à deux sièges de moi et qu'il a commencé à siffler et à "chanter" avec voie genre de fausset, un peu Justin Timberlake castré vous voyez.

Le pépé, perdu dans ses pensées, ne se rendait même pas compte qu'il chantait. Alors prendre conscience du futur Gérard La Haine de la scène rap française... De son côté, le jeune musicien talentueux se détruisait tellement les tympas qu'il n'entendait même pas le pépé. J'ai arrêté trois secondes d'être crispée pour sourire. Mais juste après, j'ai bien évidemment repris mon petit air pincée de la fille qui aimerait bien lire son journal tranquille, histoire de ne pas trahir ma réputation de niaiseuse hautaine. Mais maintenant, je peux dire que j'ai vécu pour de vrai l'une de ces pubs RTL "Vivre ensemble".


2. La passion politique de la jeunesse

Deux petits jeunots, sans doute pas encore le droit de vote, dans la rue : "Putainnnnn, mais tu peux pas dire ça, c'est pas possible !!" "Nan mais attends, t'as regardé le score ou quoi ? Tu débarques là !" "Arrête, moi aussi je me suis renseigné" "Bah pourquoi tu dis n'importe quoi alors ? Tu crois que les Français vont gober ça ?". Ca continue, un échange vif et animé sur la politique, comme seuls les jeunes semblent encore en avoir entre amis. Je redescends sur terre : "Mais putain, ça marche pas comme ça le foot !!!".


3. Malentendu

Je débarque du train 2 heures après les résultats électoraux. Sur le parvis, un militant me tend déjà un tract pour le 2nd tour. Un coup d'oeil rapide, et les mots "Ségolène" en haut à gauche, et "Royal" dans le slogan me sautent aux yeux. Je regarde le militant avec chaleur en lui disant que c'est bien qu'ils soient déjà là à préparer le 6 mai. "Faut bien, c'est important" qu'il me répond. Dans le bus, je jette un coup d'oeil au prospectus. Et merde, je me suis encore faite avoir par le collectif "Pas les Royal"...

21 avril 2007

Petit rappel

Je ne voudrais surtout pas donner de consigne de vote, hein, même si ceux qui ont bien lu le billet d'avant-avant auront compris que s'ils pouvaient éviter Sarko et Le Pen, ça m'arrangerait (je pourrais parler du vicomte vendéen, mais je préfère concentrer le message sur le prioritaire).

Non, je ne vous dirais pas quoi faire. Parce que déjà, vous n'en feriez qu'à votre tête. Je vous connais. Et que si vous ne savez toujours pas pour qui voter la veille du scrutin, étant donné le nombre qui n'est que trop élevé de candidats, et de l'ensemble de l'échiquier politique représenté, c'est que vous faites votre mauvaises tête.

Franchement, allez voir à quoi ressemblent des élections en Afghanistan (je vous évite l'Irak, vous remarquerez), et revenez me dire dans le blanc des yeux que la démocratie française est en panne, que l'élite politique ne vaut rien, et que notre système institutionnel est pourri. Venez me dire que personne ne trouve grâce à vos yeux.

Au passage, on vote certes pour un candidat, mais aussi pour un parti et un programme. Le présidentialisme de la Vème République ne doit pas faire oublier que nous ne sommes pas, malgré tout, dans un exercice personnel du pouvoir. Les Ministres sont des gens qui comptent aussi. La majorité au Parlement aussi (je sais, j'anticipe). Bref, un seul être ne peut tout changer. Il donne une impulsion, une ligne directrice, mais ne fait pas la pluie et le beau temps sur la France selon son bon vouloir.

Ceci étant dit, venons au fait : en 2002, lors de ce jour grandiose qui vit l'extrême-droite accéder au second tour, l'absention avait atteint le taux record de 28,4%. Ce qui signifiait que 11 millions d'électeurs n'étaient pas allés voter. Je ne veux pas leur faire la morale et leur dire que tout est de leur faute. Je voudrais juste rappeler que 195 000 voix séparaient Lionel Jospin de Jean-Marie Le Pen. Et que donc, quand on dit qu'une voix ne compte pour rien dans une démocratie de plus de 40 millions d'électeurs inscrits, on fait preuve de mauvaise foi.

Faites ce que vous voulez de votre bulletin, mais mettez-le là où il doit aller : aux urnes, citoyens !

06 avril 2007

Et maintenaaaaaaant... que vais-je faiiiiiire ?

Bon, le moment est grave, j'ai besoin de votre aide. Ou plutôt de vos conseils. Il faudrait que vous me disiez très franchement, à l'aide du petit Blog-It ci-contre si vous, vous iriez plutôt à la Starak ou à Pop-Stars. Non, ne fuyez pas, c'est très sérieux.

Je vous explique la situation, pour que vous vous mettiez dans la peau de moi-même, avec quelques légères modifications, histoire que l'identification soit plus aisée. Donc voilà, votre rêve depuis des années est de devenir chanteuse façon Céline Dion, star internationale, à l'organe unanimement salué par le public. Pour les garçons, identifiez-vous à Patrick Fiori si vous préférez.

En toute logique, vous aspirez donc à rentrer à la Starak, pépinière à talents de stars et à stars de talents bien connue. Le hic, c'est que pour l'instant, vous n'avez pas été sélectionné(e) à la Starak. Et là, Pop-Stars vous dit qu'il veut bien vous prendre, et que vous serez la/le grand(e) gagnant(e). Enfin, avec les autres du groupe (pour les innocents, la différence majeure entre la Starak et Pop-Stars, en dehors du fait que ça ne passe pas sur la même chaîne, c'est que l'émission Pop-Stars monte des groupes, tandis que la Starak fait des stars individuelles).

Et à Pop-Stars, ce qu'on vous propose, c'est d'être batteur. Le côté positif, c'est que c'est dans la musique, ce dont vous avez toujours rêvé, avec les fans, les studios d'enregistrement, la composition de chefs d'oeuvre, les tournées, les groupies (mais qui préfèrent toutes le chanteur du groupe). Le côté négatif, c'est que votre truc, ce n'est pas du tout la batterie, mais le chant. Et que vous n'avez pas envie de taper dans des caisses toute votre vie. A la rigueur, ça pourrait peut-être vous permettre de fonder un autre groupe dans lequel vous serez chanteur, dans quelques années, quand vous vous serez fait des relations dans le chaud-biz. Et puis c'est bien connu, le batteur n'a jamais son mot à dire sur les chansons et tout le reste.

Le truc, c'est que rien ne vous assure que vous aurez un jour l'immense chance, si vous dites non maintenant à Pop-Stars, de rentrer au château de Dammarie-lès-Lys. Et alors là, il faudra trouver autre chose : prof de sport, charcutière, coiffeuse, ou peut-être banquière. D'ailleurs, ça ne vous dérangerait pas forcément, d'être charchutière. Ce n'est pas votre rêve d'enfance, mais ça a aussi des avantages par rapport à la vie de stars de la chanson française.

Alors vous, qu'est-ce que vous feriez , vous : Pop-Stars ou l'hypothétique Starak ? Rendez-vous sur le blog-it...

25 mars 2007

Scotchée


Je deviens la prudence par excellence en ce moment. Tant et si bien que j'ai décidé de doter mon nouvel ordinateur d'une petite protection, au cas où. En même temps, il ne risque plus grand chose, puisque maintenant, j'hésite presque à l'utiliser tellement j'ai peur de l'abîmer... Mais bon, la sérénité n'a pas de prix.

J'ai donc décidé de devenir cliente de iSkin, THE fabriquant de serviettes hygiéniques en silicone pour ordinateurs (on se comprend). Pour ceux qui ne comprendraient pas, regardez la jolie image à gauche, vous verrez ce dont je parle.

Le truc, c'est que ça coûte beaucoup moins cher aux Etats-Unis et au Canada ces petites bêtes-là. Ca alors, ça combe bien, mes parents y sont pile poil en ce moment. Je vais sur le site d'iSkin, je regarde les revendeurs, j'appelle celui qui est au pied de la tour où travaille ma soeur (la vie est bien faite).

Je vous rappelle, au cas où le changement d'heure vous aurait été fatal, que nous sommes dimanche soir. Bon, donc dimanche soir moins 6 heures (soit 15h et des poussières là-bas), j'ai quelqu'un au téléphone en 4 secondes. J'avoue que j'ai presque été surprise, étant donné mon expérience avec TNT qui a dû m'occuper une bonne centaine de minutes la semaine dernière. Mais là, non, rien à voir. Dimanche après-midi, il y a un conseiller clientièle (pas neuneu) pour vous répondre dans la seconde qui suit votre appel. Je suis déjà conquise.

Je souhaitais simplement savoir si le magasin en question faisait bien le produit que je cherchais et si, éventuellement (mais je ne voudrais pas trop en demander surtout, pour ne pas déranger) il était en stock. Même pas eu à demander, mon conseiller clientèle avait vérifié pour moi avant même que je pose la question.

Et avant même que cette autre idée saugrenue me vienne à l'esprit, il me proposait de me le mettre de côté. "Ben oui mais euh... je ne sais pas si ma soeur pourra passer demain...". Mais pas de problème voyons, il le garde une semaine de côté pour moi. Même plus si je veux. Je commençai à douter sérieusement : ne serais-je pas piégée dans un "Surprise sur prise par téléphone" ???

Point du tout. En 5 minutes, c'était plié. J'ai un code de réservation, je viens quand je veux et quand je peux. Le monsieur a été aimable, clair, et efficace. Ben ça alors... ça fait un sacré bout de temps que je n'avais pas vu ça.

Je ne suis jamais la dernière pour dire qu'il y a des trucs qui ne vont pas dans la société canadienne (et nord-américaine en général). Mais il faut bien reconnaître que, quand le capitalisme permet aux gens d'avoir un meilleur service et d'avoir à faire à des gens agréables et compétents, c'est quand même sacrément plaisant et je suis archi-pour. Si vous ne voyez pas le lien entre le capitalisme et la sympathie des employés, repensez à vos dernière virée shopping durant vos vacances en Slovaquie ou en Pologne.

D'ailleurs, pas besoin d'aller un Ukraine pour ça. La France est déjà pas mal. Le jour où une hotline non-surtaxée fonctionnera un dimanche et permettra d'être mis ultra-rapidement en relation avec une personne compétente et aimable, qu'on me fasse signe. Ahhhh, le bon vieux capitalisme à la française... Qu'est-ce qui se marreront mes petits enfants quand je leur raconterai comment c'était, la France, dans ma jeunesse !

Ne vous méprenez pas, ce n'est pas pour autant que je vais voter Bayrou, hein. Nan mais vous pensez un peu aux chatons ou quoi là ???

23 février 2007

Mais pourquoi donc ?

J'avoue que je serais très reconnaissante à la personne qui pourrait m'expliquer pourquoi, dans le sujet consacré aux Enfants de Don Quichotte dans le 19/20 de France 3 ce soir, on voyait Augustin Legrand, initiateur du mouvement, décharger des caisses pleines de nouvelles tentes, sur lesquelles étaient aposés de grands autocollants jaunes fluo "TV OPERATION" ???????

Remarquez bien que, si la question porte bien à la base sur ces fameux autocollants, elle touche également au pourquoi du comment du besoin de nouvelles tentes...

Pour vérifier que je n'ai pas eu d'hallucination visuelle, il faut aller ici puis cliquer sur "Les SDF campent toujours Canal Saint-Martin" (en attendant quelques heures que France 3 ait eu le temps de charger la vidéo, ce qui n'est pas encore le cas).

J'ai toujours été sceptique quant au mouvement des Enfants de Don Quichotte, sorti de nulle part du jour au lendemain, laissant une désagréable impression de malaise elle aussi sortie d'on ne sait où. Ce soir, je m'interroge principalement sur cet autocollant (c'est l'avantage d'être en week end de détente, on peut se poser des questions peu existentielles).

23 janvier 2007

Vautrage

jlqp avait beau me dire hier "on ne peut pas rater un concours de la fonction publique quand on aime Joe Dassin", j'ai le malheur de vous annoncer que si, on peut. Enfin, rien n'est encore joué, mais il y a comme qui dirait de fortes présomptions.

Hier j'étais légère (mais pas court vêtue pour une fois, fait froid). Je me disais que je n'avais pas révolutionné la pensée moderne, mais après tout, ce n'est pas ce qu'on nous demande. J'ai eu l'impression de faire un devoir acceptable.

Ce matin, tout a basculé, et j'aurais presque envie de pleurer si j'étais cyclothymique (ou sous Duphaston). Mais ce n'est pas le cas, donc je serre les dents, en espérant que ça soit rattrapable. Je vais quand même expliquer ce qui m'est arrivé, parce que nom-de-D***-de-p*****-de-b*****-de-m**** (c'est l'injure préféré de mon papa quand il bricole. Quand il utilise son marteau ou sa scie, il a toujours besoin de beaucoup jurer, ça l'aide. Et ça énerve beaucoup maman, parce que "quand même, ça ne fait pas très chic. Tu pourrais au moins jurer en chuchotant". Ben non, jurer en chuchotant, c'est comme chanter I will survive à jeun et en fredonnant).

Les faits : les programmes des concours de la fonction publique, c'est toujours énorme, voire sans fin. Mais ceux du Quai d'Orsay sont selon moi particulièrement énormes. Par exemple, ce matin, j'avais Questions internationales, mon grand dada habituellement (je vais peut-être changer d'avis). Le programme de QI (pour les intimes) c'est : le droit international public (rien que ça, c'est beaucoup), l'histoire diplomatique depuis 1914 (là encore, ça pèse) et en gros, ce qui passe dans le monde en ce moment (la Chine, les ONG, la Corée du Nord et celle du Sud, le trafic de drogue, le Canal de Beagles, les mafias, le Nakhitchevan, l'environnement, l'OSCE, Guantanamo, le Traité constitutionnel européen, tout tout tout et plein d'autres choses encore). En gros, il y a un bon gros programme. Mais ce n'est pas grave, j'aime ça.

Certes, mais parfois, c'est tellement énorme qu'il faut faire des choix. Tout le monde fait des choix. On mise sur des sujets, en se disant que vraiment, "ça" a toutes les choses de tomber. Cette année, j'avais misé sur la prolifération (nucléaire mais pas seulement), les espaces / les flux / les migrations / les ressources, la justice pénale internationale, la gestion des identités, principalement. Et puis il y avait les impasses : l'environnement était trop casse-gueule et pas assez juridique pour valoir le coup d'une dissert de 4 heures, les problématiques régionales ne tombent jamais, la notion de conflit est aussi trop réductrice. Et puis les Nations-Unies, ça aussi on pouvait passer. Ohlala, ne croyez pas que c'est inintéressant, ni même que je pense que ça ne vaille pas la peine d'être vu. Les Nations-Unies, c'est vrai que c'est TRES important. Seulement... seulement, ça fait déjà 2 fois de suite que ça tombe. 2 fois, c'est déjà statistiquement quasi-improbable, alors trois fois... je me marre tellement ce serait comique et inédit. Ahahahahahahah.

Sauf qu'hier soir, j'ai eu un doute. En culture générale, hier, notre sujet portait sur la mémoire nationale, l'Etat tout ça. Or l'histoire / la mémoire, ça faisait pile-poil la troisième fois qu'ils le ressortaient. Forcément, ce n'est pas ce que j'avais le plus travaillé. J'aurais aimé recaser ce bouquin de Ricoeur sur les Commissions Réconciliation et Vérité de l'Afrique du Sud, mais je ne me rappelais plus du titre (La mémoire, l'histoire, l'oubli pour les curieux). J'ai essayé de tirer ce qu'il me restait de Eichmann à Jérusalem : trop peu pour faire une citation qui ne fasse pas "je ne sais pas de quoi je parle mais je le mets quand même parce que ça fait toujours chic de citer Arendt". J'avais des souvenirs de choses que j'aurais voulu mettre mais qui ne servaient à rien car trop imprécis. Mais j'avais d'autres choses à dire, ma hotte n'est jamais vide. Ce n'était pas tragique, juste un tout petit peu énervant. Et puis on nous répète tout le temps que trop de références tue la référence...

Donc hier soir, j'ai douté : et s'ils faisaient pareil pour les Questions internationales ? Impensable non ? Le programme est tellement vaste qu'il faudrait vraiment être débile pour reprendre 3 ans de suite le même thème. J'ai donc relu la prolifération avec force et courage.

Et ce matin, quand j'ai retourné mon sujet, le mot "Nations-Unies" m'a tout de suite sauté aux yeux. La dernière fois que j'ai bossé à fond le thème, c'était en juin dernier. J'ai rassemblé mes dents et mes connaissances, et je me suis lancée. Bien sûr, j'ai réussi à écrire quelque chose. Bien sûr, j'ai tenu mes 4 heures, 2 parties, 2 sous-parties, accroches, définition des termes du sujet, problématique, annonce de plan. Bien sûr, parce que tout ça est très bien huilé maintenant. Et puis sur les Nations-Unies, toute personne se cultivant un minimum et lisant de temps en temps les journaux a quelque chose à dire.

Le problème, c'est que ceux qui ont conçu ce sujet (et manquent cruellement d'originalité) attendent largement autre chose de ma copie qu'un article du Monde avec ses imprécisions, ses floutages artistiques ("1969 ou 1971 ? début des années 70, en espérant que ça passe !"), ses grossieretés intellectuelles. Ca donne un peu envie de pleurer de rage d'avoir travaillé autant, pendant si longtemps, pour se faire couillonner de la sorte.

Vous me direz, si j'avais vraiment travaillé comme une malade, je n'aurais fait aucune impasse, absolument aucune, j'aurais été aussi incollable que sur la BLU-82 "daisy cutter" (ah ça, je peux en parler tant que vous voulez). C'est vrai, je n'aurais pas dû faire d'impasse. Mais bien que ce soit le propre des concours à sujet unique, je trouve ça toujours terriblement frustrant de passer des heures, des jours, des semaines, des mois et pour certains des années à bosser un programme tellement lourd que tout n'est pas dans Wikipédia, pour se retrouver à parler d'un millionième du programme. Parfois, ce millionième, vous le maîtrisez sur le bout des doigts, parfois pas. C'est de toute façon toujours un peu injuste.

Le côté rassurant c'est : tout le monde (mis à part les insouciants complets qui ne regardent jamais les annales) est dans le même cas que moi, personne ne pensait voir ce sujet tomber une fois encore. Le côté pas rassurant c'est : je ne pense pas avoir fait foncièrement mieux que les gros glandeurs qui n'ont rien foutu d'autre que de lire Courrier international et n'ont aucune idée de ce qu'est la BLU-82 ni même le régime 93+2. Mais ça, personne ne nous demandait d'en parler, bien sûr.

Monsieur le correcteur, si jamais vous passez par ici en vous promenant, ne croyez surtout pas que je ne vous aime pas, hein, c'était juste histoire d'écrire un billet. Et NON, vous n'êtes pas débile, et NON, vous ne manquez pas d'originalité. :D

Bande de pinioufs !

18 décembre 2006

Le micro et le fil

Nouveau prof de Finances publiques aujourd'hui. Chemise disco et cravate assortie, il est presque funky. La crâne gris et dégarni rattrape l'impression. Et soudain, Maritie et Gilbert sont en face de moi.

Il refuse de monter sur l'estrade, préfère descendre dans la fosse aux lions faire son one-man-show. "Micro tenu du bout des doigts, en éloignant le fil d'un geste du bras", il se prend pour Sardou.

Malgré tous ces efforts, rien n'arrive à rendre ses propos intéressants. Belle tentative pourtant.

17 décembre 2006

... et facta est lux

En faisant les premières Zimtsterne de ma vie hier, j'ai pensé à un super truc qu'il fallait absolument inventer. Bon, ça existe peut-être déjà, mais je n'ai rien vu de tel alors que je flâne régulièrement au rayon idoine. Un truc tout con, mais qui rendrait la vie (domestique) beaucoup plus simple.

Alors si tu es ingénieur, ingénieux et inventeur, fais moi signe pour que toi et moi devenions riches ensemble. J'ai l'idée, mais pas la technique... Et je veux bien commercialiser dans les pays germanophones, qui devraient être les plus intéréssés.

16 octobre 2006

Mauviette ?

Je n'y suis pas allée à ce p*** de concours à une place. Après longues hésitations, j'ai considéré que l'investissement en temps et en énergie était trop important pour un résultat plus qu'incertain. Enfin plutôt certain d'ailleurs. Le seul et unique poste offert ne m'aurait pas fait peur si je m'étais sentie prête, ce qui n'était absolument pas le cas. Du coup, aller plancher 5 heures par jour pendant 7 jours en enfilade en ayant peur de la copie blanche chaque matin m'emballait peu.

Je n'arrive toujours pas à savoir si j'ai été lâche et paresseuse ou si j'ai été raisonnable à ne pas courir plusieurs lièvres à la fois. Mon seul regret après avoir pris cette décision est d'avoir sacrifié à un concours que je ne passerai jamais une virée shopping avec Cornélia. J'espère que tu ne m'en voudras pas (trop).

Du coup, j'ai repris le chemin des cours ce matin avec mon premier corso d'italien depuis plus de 3 ans... La reprise a été un peu rude mais tout passe tellement mieux avec un vrai Romain qui a l'air de parler italien même quand il parle français. Très indulgent avec moi, il m'a assuré pouvoir me remettre à niveau avec un peu (voire plus) de travail de mon côté. Je me sens rouillée mais motivée. On verra ce que ça donnera dans 6 mois.

25 septembre 2006

La zoologie appliquée aux relations internationales

En direct live de mon cours de relations internationales :

"Il ne fait jamais bon se retrouver entre deux masses. Les éléphants, qu'ils se battent ou qu'ils fassent l'amour, ce n'est jamais bon pour les fourmis. Vous êtes la Pologne, coincée entre l'Allemagne et la Russie, bad news".

07 septembre 2006

Je crois que j'ai compris

Aujourd'hui, je crois que j'ai compris pourquoi le jeune homme avec le polo de rugby de l'épreuve d'économie a fondu en larmes en ouvrant le sujet. En effet, pour ce nouveau jour de réjouissance, il avait revêtu un t-shirt qui ne m'était pas inconnu : la carte de l'Europe de nuit (avec les lumières... bon, bref, c'est difficile à expliquer) côté pile. "Rêves d'Europe" côté face. Ce t-shirt, je le connais car je l'ai moi aussi depuis que j'ai participé au voyage de diplomation de Sciences Po à Bruxelles en juillet 2003. A part quelques très rares exceptions dont je faisais partie, ce micro-séjour était réservé aux nouveaux diplômés. Donc pour en revenir au jeune homme, je parie à 1000 contre 1 qu'il en est à sa troisième tentative. La dernière. La der des der. Tout s'explique. En même temps, la troisième fois, on doit commencer à tout connaître non ? Je préfèrerais ne jamais savoir.