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08 janvier 2008

Einkauf

Il y a une petite émission sur Arte que j'aime beaucoup : Ce qui me manque / Was mir fehlt (private joke : "j'ai le droit d'élever mon blog dans le bilinguisme si je veux !" d'abord). En quelques minutes, des expatriés racontent ce qui leur manque irrémédiablement de leur pays natal. C'est souvent très instructif : on découvre que les Anglais mettent des couvertures à leur théière, que les Tchèques font de la purée bien plus facilement que nous grâce à une grille spéciale, ou encore que les Suédoises ont des pulls d'allaitement. Un vrai tour de l'Europe par ses petites spécialités, qui montre bien que l'unification du marché communautaire n'est pas encore parfaite, et que parfois, c'est tant mieux !

De mon côté, ce n'est pas la France qui me manque quand je suis en Allemagne, mais l'inverse. Rien de mon pays natal ne semble indispensable à mon bonheur lorsque je vis hors de l'Hexagone. Le saucisson ? Je m'en fiche. Le camembert ? Bof, je ne suis pas addict. La baguette ? Ben oui mais non. Je n'en mange quaisment jamais quand je suis ici, alors pourquoi en vouloir quand je suis là-bas. La blanquette de veau ? Tout à fait faisable ailleurs qu'à Paris. Le vin ? Je n'aime que le vin blanc, et les vins allemands et autrichiens se tiennent très bien de ce côté-là. Et c'est comme ça pour tout : je trouve toujours au mieux un remplaçant qui me plaît plus, au pire une parade.

A l'inverse, je ne peux pas aller en Allemagne ou en Autriche sans faire un petit tour par le supermarché, afin de remplir ma valise de choses diverses et variées introuvables en France (ou qui n'ont pas le même goût malgré tous mes efforts d'imagination).

Voilà à quoi ressemblait le contenu de ma valise en rentrant de Berlin :


Revue de détails :

- Les zestes de citron et d'orange de Dr Oetker

Des petites sachets ultra-pratiques quand on a une soudaine envie de cake au citron ou de crêpes Suzette sans avoir d'agrume à portée de main. J'observe avec attention la percée de Dr Oetker sur le marché français, espérant voir bientôt apparaître TOUS leurs produits en France (et pas seulement leurs pizzas que personne ne comprend pourquoi les Allemands ils feraient de meilleures pizzas que les autres).


- Du dentifrice au citron


Je suis un peu citrono-maniaque, en effet. Et dans le dentifrice, c'est divin. En tout cas, bien meilleur que ces horribles trucs à la menthe qui m'arrachent la bouche à chaque brossage trois- minutes- sinon- c'est- la- carie- assurée (en même temps, je n'ai jamais eu de carie, ça doit être vrai quelque part). Et du dentifrice au citron, je n'en ai vu qu'en Allemagne et en Autriche pour l'instant (Schlecker, Rossman, DM, Bipa, mes amours : des supermarchés entièrement dédiés aux produits d'hygiène et de beauté, un rêve !).

- Du Philadelphia

Bon, je suis un peu frustrée, parce qu'il ne restait plus que du Balance, alors que le Philadelphia - comme tant d'autres choses - plus c'est gras plus c'est bon... Encore un exemple parfait d'un produit qu'on devrait sans problème pouvoir trouver en France (ne serait-ce que pour me permettre plus facilement de faire des cheese-cakes à tomber), et qui n'a toujours pas passé la frontière. On peut savoir pourquoi ?!


- La junk food à l'allemande

Je n'en suis pas particulièrement fière, mais je suis fan des Fertiggerichte de Maggi, ces infâmes poudres auxquelles il suffit de rajouter de l'eau et de laisser mijoter pour avoir l'Allemagne à sa table (quand on choisit la gamme "Wirsthaus"). Ca a tout pour déplaire aux nutritionnistes : c'est gras (de mauvaises graisses), salé (trop) et ça n'a aucun intérêt nutritif. Mais que c'est bon (et pas cher), surtout en laissant bien bien réduire, et en rajoutant - pour la légèreté - une cuiller à soupe de crème juste avant de servir, et un gros tas de parmesan dans l'assiette. La meilleure de toute, c'est la Nudelpfanne "Försterin". Mais en l'absence de cette dernière chez Kaiser's le 2 janvier au matin, je me suis rabattue sur les Spätzle au fromage et aux oignons. Avalée ce soir au demeurant : miam !

- Du pavot moulu

Dieu merci, on trouve du pavot en France. Mais pas de pavot moulu. Il faut donc avoir un moulin à pavot pour pouvoir faire tout ce que le pavot permet de faire de meilleur, en particulier les Mohnstollen, Mohnkuchen et Mohnschnitte. Je vais donc désormais, avec mes deux sacs de pavot moulu, pouvoir m'adonner aux joies de la pâtisserie et faire plein de gâteaux qui laissent tout plein de très chics morceaux de pavot bien noirs entre les dents.

- Du Fencheltee

Le Fencheltee, c'est de la tisane au fenouil, romantiquement appelée "tisane anti-prouts" par une amie. Ce n'est pas pour ses propriétés bienfaisantes pour le système digestif que j'adore cette tisane, mais pour son goût anisé très doux. Pour résumer, on pourrait dire que c'est la version allemande et saine ("gesund", concept très important et bien plus large que "sain" en réalité) du pastis. J'étais en grand manque depuis plusieurs mois, et me voilà bien équipée désormais. Attention, ces deux paquets ne sont pas identiques. Sauras-tu retrouver les 7 erreurs qui se sont glissées dans l'image ? Un indice : le meilleur des deux est celui du dessous.

- Du Schwarzwälder Schinken

Je sais, il y en a chez Monoprix. Mais pour oser dire ça, il faut n'avoir JAMAIS goûté de VRAI Schwarzwälder Schinken, ce jambon cru délicieusement épicé au genévrier et à la coriandre puis fumé au sapin, qui n'a la goût d'aucun autre. Il est servi très finement tranché, ce qui rajoute encore à sa délicatesse et - rondelle de citron sur le coca-light - sur une petite barquette en carton qui lui donne sa dernière touche de chic. Oui, le jambon en Allemagne, c'est tout un poème.

- Du Müllermilch à la banane

Je ne sais pas combien de fois le Müllermilch à la banane, sorte de milk shake onctueux, a pu me servir de petit déjeuner durant mon stage. Les horaires fort tôtifs de mon service étant résolument incompatibles avec mon rythme biologique, je n'avais bien souvent le temps le matin que de me doucher et de m'habiller avant de partir ventre à terre pour espérer arriver à temps pour la réunion de 8h du matin. Le Müllermilch n'était avalé qu'après la réunion, au calme dans mon bureau. Mmmmm, que de bons souvenirs ! Juste du lait, du sucre de raisin et de la banane. Le premier qui me suggère de le remplacer par du Yop, je lui crache dans sa bouteille pour offense caractérisée...


- Des petits pains d'épices de Noël en soldes

Déçue de ne pas pouvoir trouver de Marzipanstollen (ces sortes de grandes brioches aux fruits confits fourrés à la pâte d'amande, recouverts de sucre glace pour représenter le Christ dans ses langes), je me suis rabattue sur ces petits pains d'épices tout moelleux, cachés sous une croûte craquante de glaçage et reposant sur un socle de chocolat. Autant vous dire que Prosper et ses tranches sèches ne fait pas le poids face à ça. Ils ont disparu en une après-midi à la bibliothèque.

- Le pesto à la sicilienne Barilla

Pour finir, un truc fondamentalement pas allemand, mais que je ne trouve plus en France : le fameux pesto à la sicilienne de Barilla. J'ai fait des provisions me permettant de tenir un siège. J'ai tellement hâte à l'idée de ma prochaine soirée pâtes !!





Et encore, j'ai oublié de photographier mes délicieux Grießpudding nature de Landliebe : juste de la semoule fine, du lait, un peu de crème et de sucre, et c'est divin. Si Landliebe pouvait s'implanter en France, je serais au comble de la joie d'ailleurs. Allez, venez, c'est chouette par chez nous !
Outre ces petits détails, je tiens à vous dire que j'apprécie fortement votre imagination débordante et votre tendance naturelle à la surinterprétation : je vous dis que je vis provisoirement à deux, et vous en déduisez que je suis revenue de Berlin avec un chevalier teuton (non, je ne me lancerai pas dans le jeu de mot graveleux en rajoutant "qui nique", vous ne me prendrez pas en flagrant délit de vulgarité, franchement, quelle idée), avec qui je vivrais maritalement à la vitesse de l'éclair. Je tiens à démentir. Les Berlinois, je préfère aller les voir chez eux (entre autres pour les raisons évoquées ci-dessus).

12 octobre 2007

Ce soir ou jamais (mais demain ça va aussi)

Plus je la regarde, et plus j'aime l'émission de Taddeï Ce soir ou jamais. Je sais, ça fait 732 fois que je le martèle, mais je n'y peux rien, "l'actualité vue par la culture", je trouve ça brillant sans être hermétique.

Déjà, il y a le vague sentiment (extrêmement narcissique et indubitablemet personnel, j'en conviens) de toute puissance quand on comprend quelque chose qu'on n'aurait pas compris il y a de cela quelques mois. Toute puissance, je vais un peu loin. Mais entendre parler d'Ulrich Beck de façon elliptique, sans imaginer un instant qu'il puisse s'agir d'un cycliste ou d'un pilote de formule 1, me fait croire que je n'ai pas perdu mon temps l'année dernière. Que l'année que tout le monde voit comme celle de l'horreur a avant tout été une année d'apprentissage et d'enrichissement intellectuel pour moi. Et qu'après tout, je m'en satisfais pleinement.

En outre, avoir commencé à m'endormir (mais pas complètement) devant l'émission de je-sais-même-plus-quand-c'était m'a donné de sérieux instruments pour répondre aujourd'hui en moins de 10 minutes top chrono à la question "la bombe démographique représente-t-elle un réel danger ?" en allemand. Ni le temps de réfléchir ni le temps de faire un brouillon, j'ai craché tout ce qu'il me restait d'encre, d'énergie et de souvenirs. Evidemment, je suis aussi peu contente de moi que quelqu'un qui a rédigé un essai (le nom de la rédaction en langue étrangère, complètement idiot d'ailleurs, car tout le monde s'attend à ce que vous fassiez autre chose qu'une simple tentative) en 10 minutes. Mais rien que pour ça Frédéric, je te remercie et je te resterai fidèle.

Enfn, Ce soir ou jamais ne serait pas parfait sans cette petite touche finale, le parasol en papier sur le cocktail, que représente le morceau de musique en clôture d'émission. Et justement, l'une de mes chanteuses bien aimées du moment est passée sur France 3. Il s'agit de la Québecoise (? Je crois ! Canadienne francophone anyway) Terez Montcalm, qui a un grain de voix bien particulier qui ne s'oublie pas.

La chanson n'est pas la plus optimiste de la Terre pour vous souhaiter un bon week end. Mais les "Sweet dreams" sont ce à quoi je rêve depuis déjà si longtemps. Mon programme du week end au vert est essentiellement de dormir, pour arrêter de ne penser qu'à ça et finir de me débarasser de mes microbes. Alors, que votre programme soit proche du mien ou non, bon week end à tous !

11 octobre 2007

On dirait que tu serais un téléspectateur et que moi je serais un programme télé

Juste pour vous dire que ce soir, sur Arte, à 20h40, passe le superbe (mais pas très tendre) film d'Amos Gitaï Kadosh. C'est un film que je n'ai pour l'instant vu que par petits bouts, mais que j'ai hâte de voir enfin en entier, après avoir lu le roman qu'Eliette Abécassis - co-scénariste - en a tiré, La Répudiée.

Ah, vous voulez connaître l'histoire, et vous vous attendez à ce que, comme tout bon programme télé, je vous mette un petit résumé ? Et bien (merci Allociné) :

Meir et Rivka sont maries depuis dix ans. Ils s'aiment passionnement mais n'ont pas d'enfants ce qui n'est pas du gout du rabbin qui demande a Meir de repudier sa femme et d'epouser Haya pour assurer sa descendance. Malka, la soeur de Rivka, est amoureuse de Yaakov mais ce dernier a choisi de vivre en dehors de la communaute juive orthodoxe, au rand dam du rabbin. Malka va donc epouser Yossef, son fidele assistant. Si Rivka demenage et sombre lentement dans la solitude, Malka trouve une autre issue: la rebellion.

Si vous pensez que c'est du Barbara Cartland à la sauce cacher, vous allez vous en prendre plein la figure. Et c'est exactement ce que j'aime dans le cinéma : qu'un film me laisse suffoquée et me choque. Kadosh y arrive à merveille.

18 septembre 2007

Achetez-moi

Je crois que je l'ai déjà dit, mais j'adore la pub, je suis une fan de pub. Le jour le plus triste de ma vie (non, je ne fais pas dans le mélo facile) a été le premier dimanche soir sans Culture Pub sur M6, l'une des premières émissions de grands que j'aie eu le droit de regarder. J'aime la pub, mais que la bonne. Autant je suis capable de passer des heures à regarder de bonnes pubs, autant je n'hésite pas à zapper de chaîne en chaîne pour y échapper quand elles sont mauvaises.

Ce soir, j'ai pu voir la nouvelle pub pour Coco Mademoiselle. En soi, ça me laisse de marbre, contrairement aux apparences. D'autant plus que, comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire, je ne suis pas du tout béate d'admiration devant la nouvelle égérie de la marque, Keira Nightley. Donc en fait, aucun intérêt à mes yeux. Sauf que j'ai enfin découvert la musique de la pub, qui m'amène un nombre innombrable - oui, c'est possible - de visiteurs depuis 3 jours. Tout le monde veut savoir qui chante. Alors honnêtement, je n'en sais rien. Mais je ne sais pas non plus ce qui fascine tant que ça dans cette musique. Si vous arrivez ici en cherchant son titre ou son interprète, bienvenue, mais je ne vous serai d'aucune utilité (et expliquez moi donc ce qui vous plaît tant dans cette BO) !

Ce qu'il y a de formidable, c'est que j'avais bien l'intention de vous parler d'une deuxième pub. Mais le temps de piapiater sur Keira et l'absence de bouleversitude de la musique de la nouvelle pub Coco Mademoiselle, et bien j'ai oublié de quelle publicité il pouvait s'agir. Il paraît que le pub profite de notre "temps de cerveau disponible". Je crois que mon cerveau est en indisponibilité chronique, je suis même incapable de me souvenir des pubs qui ont défilé. Et ne me racontez pas des histoires de message subliminal (je suis bien au-dessus de ça, moi, voyons !).

free music


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Overdose

Je crois que je fais une sarkozyte aiguë : trop de trop tue le trop, comme le disait Lucky Luke. Et là, j'ai la preuve que c'est trop (en fait, je le sais depuis longtemps) : la rentrée de Ce soir (ou jamais), l'une de mes émissions préférées, que je retrouve ce soir avec tant de plaisir.

Le thème : "Qu'est-ce qu'un chef ?". Très souvent, les sujets ressemblent vraiment à des sujets de dissertation de culture générale de concours administratifs. Il faut sans doute voir là une des raisons de mon intérêt pour cette émission.

Pour parler de ce qu'est un chef jadis et naguère, aujourd'hui et maintenant, ici et là-bas, il y a entre autres, assis sur le canapé de Taddei, Dominique de Villepin. En le voyant, j'ai eu une bouffée de bonheur. J'ai été sincèrement heureuse de le voir apparaître sur mon écran de télévision, pour une autre raison que pour l'Affaire. Redevenu brillant et charmeur depuis qu'il a quitté le pouvoir, il parle avec de grands gestes, fascine. Les autres semblent fades et inintéressants à côté de lui, à l'exception notable de Winock.

Il dit "pour être un grand chef en France, il faut que ça se termine mal : Napoléon, De Gaulle...". Il parle de la "peur de sa propre disparition". J'aimerais tellement pouvoir ne pas penser au CPE, à ce moment-là. A-t-il bien fait d'entrer en politique et de mettre les mains dans le cambouis ? Ses mains de diplomate aristocrate ne sont-elles pas trop longues et son esprit trop fin pour ce genre de travail ? Je ne sais toujours pas s'il y a gagné, et si nous y avons gagné. Tout comme la réputation de grand chef ne s'acquiert avec le temps, seule l'histoire (et peut-être un gain substantiel en esprit critique de mon côté) le dira . Toujours est-il que je trouve son apparition télévisuelle réconfortante, en ces temps... à vous de choisir l'adjectif qui vous convient.

29 mai 2007

Choc

Deux chocs face à la télé dans le week-end : dimanche soir, devant l'excellent reportage d'Enquête exclusive (M6) sur "l'Amérique traumatisée". Un voyage en Irak et aux Etats-Unis, parmi les soldats rescapés et les familles endeuillées, rappelant que 3 000 soldats américains ont été sacrifiés pour pas grand-chose, sans compter les milliers de victimes irakiennes.

Au mois d'avril dernier, 3 soldats étaient enterrés chaque jour aux Etats-Unis. Sans verser dans le larmoyant ou le sensationnalisme, ce reportage faisait aussi la lumière sur les difficultés rencontrées pour les journalistes souhaitant parler de ce conflit en d'autres termes que ceux de Fox News : il est formellement interdit aux journalistes de filmer les corps ou les cercueils. Ce qu'on ne voit pas n'existe pas. Simple et efficace.

Ceux qui pensent que les démocraties sont moins à même de faire la guerre pour des raisons d'acceptabilité publique seront déçus : même une démocratie, celle qui se veut la première mondiale, manipule et filtre l'information, comme au bon vieux temps des lettres censurées des Poilus.

Mais dans ce voyage au coeur de l'Amérique, d'autres choses m'ont frappée. Le fait notamment que, bien que le Sud des Etats-Unis aient aboli la ségrégation raciale depuis plusieurs décennies, l'enterrement d'un soldat afro-américain ne rassemble que des Noirs. Le melting-pot est-il si efficace que ça ?

Pour ceux que ça intéresse, rediffusion le jeudi 31 mai à 00h50, toujours sur M6.

Et histoire de ne pas taper dans l'anti-américanisme primaire en oubliant de faire son propre mea culpa, j'ai rééquilibré la balance lundi soir avec un reportage de Daniel Schneidermann sur France 5, Jour de pendaison au village - une épuration à retardement.

1945, Cusset, petit village français près de Vichy, deux hommes sont lynchés en public. L'un des deux sera pendu par les pieds, et le peuple attendra sa mort avec avidité et fascination. Des policiers sont présents, mais ne font rien, de peur de ne déclencher une nouvelle vague de violence, contre eux cette fois-ci. Un jour de cruauté ordinaire pour une France ordinaire.

Une foule en délire, deux hommes traînés comme des sacs de pommes de terre, des coups, des cris de joie qui accompagnent une agonie... Une barbarie moderne pour répondre à une autre barbarie. Saisissant. Les deux reportages d'ailleurs. Vous remarquerez d'ailleurs que j'ai bien du mal à formuler des phrases grammaticalement correcte et complète pour en parler. Ca vaut sacrément le coup d'oeil.

23 mai 2007

Parfois, la vie, c'est trop pourri

Je sais bien qu'il y a des gens qui sont en train de mourir du SIDA en ce moment au Ghana voire à l'hôpital Saint Antoine, mais quand même (ou plutôt : raison de plus), la vie, parfois, c'est trop pourri.

C'est quoi le problème ? Ben déjà, j'ai mal à la tête. Et ça m'arrive de plus en plus en plus en plus souvent. A force de regarder mon écran, à force d'être assise vertèbres tassées, à force de travailler, à force de mettre mes lentilles une fois par mois parce que bon "c'est un peu con de gâcher un paquet alors que je vais juste à la bibliothèque", à force d'être sous le climatiseur de la bibliothèque, à force de manger des paninis aux 4 fromages du Crous, à force de ne pas assez dormir. Un peu tout ça à la fois je pense. M. Propofan est devenu mon meilleur ami, ma bouée de sauvetage, ma drogue. Rien que de penser que bientôt je vais pouvoir en prendre un et je me sens mieux. C'est peut-être pour ça que, dans mes souvenirs, il y avait indiqué "risque de conduite addictive" ou un truc dans le genre sur la notice.

En fait, le VRAI problème de la journée, c'est que de reprendre mes cours est non seulement long, chiant et fastidieux (d'où le supra), mais me permet aussi de me rendre compte qu'il me manque des trucs. J'ai passé mon année à ne rater aucun cours, et je me retrouve avec de la dentelle de Calais dans mes notes. Je ne comprends pas. J'enrage de ne pas savoir pourquoi "Que doit-on attendre de l'Etat ?" s'arrête au II. B., surtout que maintenant, il faut que je me mette à la chasse aux notes d'un aimable autre. J'aurais mieux fait de prendre une année sabbatique à ce rythme-là.

Mais tout ça, ce n'est rien comparé au VRAI de VRAI problème de la journée : je crois bien que Grey's anatomy a repris ce soir, et j'ai raté ça... Un drame intersidéral contemporain parfait non ? Et puis vu que TF1 est super fort pour les rediffusions de Chasseurs, pêcheurs, naturistes et traditionnalistes, et de Ma Life, c'est trop un truc à vivre, et de On dirait que tu serais le curé et que je te dirais mes secrets devant la caméra, ben forcément, il ne reste plus de place pour rediffuser à un autre moment les aventures de Dr Mamour.

Nan, vraiment, la vie, c'est trop pourri.

03 mai 2007

Anxiogène

Non, je ne vais pas vous parler du débat de ce soir, dont j'ai pensé plein de choses, mais pas qu'il était anxiogène.

Je déteste la nouvelle série médicale à la mode de TF1, Dr House. Autant j'ai immédiatement accroché à Grey's Anatomy (mais c'était sur prescription de ma prof d'anglais), autant là, je n'aime pas.

Déjà, et je crois que c'est censé être l'originalité de la série qui fait qu'elle se démarque des autres et qu'on en devient fan tout de suite, je déteste le héros éponyme, antipathique au possible. Je sais que faire d'un antihéros un héros héroïque bien qu'il soit antipathique est LE truc révolutionnaire de la série. Mais moi, je suis indécrottable, il me faut du rêve et des gentils héros, il me faut du Dr Mamour qui sauve le monde et a une morale d'amish.

Et lui, le Dr House - outre le fait qu'il ait un nom ridicule... Dr Lamaison, nan mais on se fout de qui ? - est méchant, misanthrope, prétentieux, méprisant, irrespectueux et indélicat. OK, il est super bon et il sauve des vies. Mais des pourris qui font des choses bien juste parce qu'ils savent bien le faire, c'est monnaie courante. Et c'est considérer les autres comme un moyen et non comme une fin, ce qui est très mal selon Kant ("Agis de telle sorte que tu traites l'humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen", Fondements de la métaphysique des mœurs. C'est aussi beau qu'une suite pour violoncelle seul de Bach...)

En outre, cette série est hautement anxiogène pour une hypocondriaque légère comme moi. Son fond de commerce réside dans des pathologies incroyables que personne ne saurait diagnostiquer, mis à part le fameux Dr House qu'on a envie de baffer. Du coup, des gens qui arrivent à l'hôpital avec une légère migraine se retrouvent avec un triple cancer en phase terminale et un pneumothorax (je n'ai aucune idée de ce qu'est un penumothorax, ni même que ce soit réellement une pathologie), qui n'ont d'ailleurs rien à voir avec la migraine.

La série parle des trucs les plus horribles et improbables qui puissent arriver à un corps humain, et il y a des choses que je préfère ne pas savoir. Parce que dans Grey's Anatomy, les pathologies sont horribles, mais leurs propriétaires les ont bien méritées. Alors que là, ça touche n'importe qui : vous arrivez presque en forme à l'hôpital, et en 3 minutes (avant le générique du début), vous êtes dans le pire état possible. Je sais, la vraie vie, c'est comme ça, et pas comme dans Grey's Anatomy. Mais je ne regarde justement pas une série pour voir la vraie vie. Le truc qui revient tous les jours et qui parle de la vraie vie, ça s'appelle un journal télé.

Rajoutez à ça que j'ai cru, dans un élan de vaine naïverie (si si, ça existe comme mot à Cocoland), qu'M6 allait nous passer la deuxième saison de Desperate Housewives alors que ces radins ne font que rediffuser une saison déjà vue et revue et disponible en DVD depuis des années, et vous comprendrez que je sois une déçue des séries... Y en a qui ne croient plus en la politique, et moi, ce sont les séries. Vivement qu'un candidat meilleur que les autres me redonne goût aux séries... (et non, Verliebt in Berlin ne compte pas).

08 mars 2007

Deux de perdues, un de retrouvé !

J'aime vraiment bien le "nouveau" format des soirées de France 3, avec une tranche d'actualité intelligente, le plus souvent dépouillée des faits divers fanfaronnant et des résultats sportifs en première page, coincée entre deux tranches de Taddéi qui me fait bosser la culture G. Malgré cela, ça faisait un bout de temps que je n'avais pas regardé le Soir 3. Tellement longtemps que je n'ai même pas assisté au départ de Marie Drucker, dont j'ai déjà regretté et critiqué la disparition temporaire.

Mais le journal de ce soir me réserve une agréable surprise. A sa place : Louis Laforge, le dernier gendre idéal du Service public audiovisuel. Et mon goût pour les gendres idéaux ne se dément pas : je l'aime décidément beaucoup. Je le classe dans le même panier de la sexytude que le présentateur de Capital, période post-Chain (je précise), dont j'ai oublié le nom, parce que quand il passe à la télé, ce n'est pas son nom que je regarde...

Louis, il a tout : les yeux bleus, la petite vague rebelle-mais-pas-trop, le costard chic mais pas tape-à-l'oeil, la cravate de bon goût et assortie à la chemise. L'intérêt, c'est le tout, évidemment. Parce que Cauet aussi est blond aux yeux bleus (enfin, blond, faut encore deviner), et il ne me fait absolument pas le même effet. Dingue non ?

Le seul défaut de Louis, c'est qu'il commence à avoir la coupe PPDA, avant le brushing couvrant le dessus avec le dessus. Rien de tragique hein, mais petit à petit, l'oiseau fait son nid (ailleurs, sur une tête où il y a encore des cheveux).

Tiens, il faudrait que je regarde un peu qui remplace Schönberg... Peut-être une autre bonne surprise ?!

13 janvier 2007

Pourquoi les séries policières américaines sont toujours meilleures...

Les Experts (Miami, Las Vegas, New York et sans doute bientôt Milwaukee-les-Vaches), NCIS, Numbers, Crossing Jordan, Dernier recours, FBI portés disparus, et la liste est encore longue : les séries policières américaines ont envahi nos écrans et plaisent à la folie. Mais pourquoi préfère-t-on Grissom à Julie Lescaut, Jack Malone à Navarro ou encore Horatio Caine au Commissaire Moulin ?

Je ne penche pas pour la thèse de l'admiration béate du voisin américain, mais plutôt pour une explication rationnelle en trois points pour expliquer cette supériorité évidente des policiers américains sur leurs homologues français.

En premier lieu, les Américains sont beaucoup plus riches que nous, du coup, leurs laboratoires sont pleins de machines magiques qui travaillent quasiment toutes seules. De cet état de fait, je tire deux conséquences :
- ça donne l'occasion de faire des tas de trucs hallucinants comme des reconstitutions faciales à partir d'un demi-millimètre d'os nasal en décomposition ou des analyses de tissu directement reliées avec la base de données de tous les fabriquants textiles du monde depuis 1923 qui permet de dire à quelle heure et quel jour le méchant a acheté son blouson, vous voyez ce que je veux dire.
- comme les machines marchent toutes seules, ça laisse PLEIN de temps aux acteurs - pardon : aux policiers - pour faire autre chose. Ainsi, ils peuvent coucher ensemble, aller à la plage, coucher ensemble, faire la cuisine, coucher ensemble. Bref, ça donne lieu à une véritable intrigue inter-personnelle au-delà du travail de jugeotte policière. Les gens pensent qu'ils ressemblent presque à ceux de la vraie vie et sont contents de pouvoir voir deux-trois paires de nichons (au début, j'avais écrit juste "nichons", et je me suis dit que les gens n'aimaient en fait pas voir 3 nichons, ça les met toujours mal à l'aise) entre une autopsie et une fusillade. Bref, l'intrigue est ENRICHIE, car le but du progrès technique est de libérer l'homme de son labeur aliénant, d'abord.

En second lieu, les Américains ont un problème, ou plutôt deux, qui s'appellent CIA et FBI. C'est incroyable, mais ces deux-là ne peuvent pas s'entendre. Il y a toujours des rivalités entre chefs, entre services, entre agents. Du coup, ça pimente l'intrigue. Si jamais les méchants ne tirent pas sur les agents, il y a toujours une petite chance qu'ils se tirent les uns sur les autres, pour se libérer d'une vieille rancoeur, l'affaire du siècle chipée par le bureau d'à-côté. Du coup, on ne sait jamais très bien qui est qui et on reste jusqu'au bout en espérant comprendre pourquoi la brune a craché au visage du grand blond (mais peut-être finiront-ils malgré tout par coucher ensemble, cf. supra).

En dernier lieu, les Américains ont cette merveilleuse chose qu'est le port d'arme légal prévu par le Deuxième Amendement de la Constitution (et accessoirement soutenu par la National Rifle Association). Environ 200 millions d'armes à feu circulent entre les mains de particuliers aux Etats-Unis (rappelons à toutes fins utiles que l'Amérique est peuplée de 300 millions d'âmes). Par un calcul mathématique tout simple, vous comprendrez qu'une enquête ouvre beaucoup plus de pistes aux Etats-Unis qu'en France : pour tirer sur quelqu'un, il faut avoir une arme à feu, et moins c'est courant, moins vous avez de suspects (et donc de suspense). Une fusillade en centre-ville ? Toute la ville ou presque peut être coupable aux Staïetes. Vous faites la même chose en France et vous êtes certain qu'ils vont choper dans le quart d'heure le seul et unique détenteur de fusil du département, le chasseur. Pas étonnant que la vie de Corinne Touzet soit moins palpitante.

En somme, pour redonner vie aux séries françaises, il faudrait doter la Justice de plus de moyens (côté répression), renforcer la rivalité à mort entre Gendarmerie et Police nationale et distribuer gratuitement des armes à feu à 40 millions de Français. Ca me rappelerait presque le programme d'un certain candidat...

[EDIT : petit oubli fâcheux] J'ai pris conscience que j'avais oublié un élément central dans mon analyse ô combien scientifique et réfléchie : le fédéralisme américain. Avec notre bon vieux centralisme jacobin, quand un mec fait une connerie à Marseille, on voit tout de suite qu'il a déjà fait de la prison à Verdun et qu'il s'est marié à Saint Brieuc. Aux Etats-Unis, en général, les policiers découvrent à le 44ème minute (après la coupure de pub) que le zozo en question, qui a tué sa femme en l'étouffant avec une brosse à dent dans le Nebraska, s'était déjà marié dans le Michigan il y a 6 ans. Crime suprême, il est donc polygame. Enfin, il était, puisqu'il est maintenant veuf. La question est : a-t-il tué sa femme pour se mettre en conformité avec la loi ? Mais je m'égare. En effet, le fédéralisme américain permet de cacher plein de vilaines choses aux policiers, ce qui leur complique la tâche et nous arrange bien, toujours dans un souci d'optimisation suspensielle. En fait, les Etats-Unis, c'est un peu comme l'Union européenne maintenant, quand on met quatre ans à se rendre compte entre policiers belges et policiers français qu'on parle peut-être du même méchant monsieur qui enlève de jolies blondinettes à la sortie des écoles.

25 novembre 2006

A la demande d'Olenka...

Et bah voilà, suffit de demander (je ne pensais pas que ça existerait, mais en fait si... Je vais de surprise en surprise avec Katerine !)


Alors je sais que je n'ai pas été souvent en France ces dernières années, mais j'aimerais quand même bien qu'on m'explique les épisodes que j'ai ratés...

24 novembre 2006

C'était mieux avant, ma bonne dame

Dans ma prime jeunesse (enfin plutôt dans la seconde)* dans le temps où j'écoutais Oüi Fm dès que je pouvais, Katerine était le summum de la branchitude alternative. Là, je viens de tomber sur lui à la Starak. On m'explique ce qui se passe ??


* Dans ma prime jeunesse, j'écoutais Fun Radio et parfois même un peu Skyrock. Jusqu'à ce que je découvre mes profondes racines de babacool-qui-aime-le-gros-rock-qui-tâche.

23 octobre 2006

Gegen die Wand

N'oubliez pas d'allumer vos petites télés ce soir sur Arte pour regarder ça :



et préparez-vous à recevoir une bonne claque dans la figure. Mais parfois, ça fait du bien !

22 juin 2006

"Les enfants sont formidaaaaaaaaaables"

Comme ça, ce matin, en me levant avant de partir à mon partiel, sans savoir pourquoi, d'un seul coup, je me suis rappelée que quand j'étais petite (je veux dire, vraiment petite, gamine quoi), je crevais d'envie d'aller chez Jaques Martin l'Ecole des Fans. Tiens, rien qu'en écrivant le nom, je me rappelle maintenant aussi que j'avais beaucoup de mal à comprendre ce nom, l'Ecole des Fans, étant donné que je confondais les Fans de Antenne 2 avec les fânes de radis.

Bref. Donc j'avais envie d'aller chanter le dimanche après-midi devant la France entière. Mais j'avais beaucoup d'ambition quand j'étais petite (enfin, gamine) vu que je voulais aussi être Miss France et j'aurais aussi bien aimé aller à Fort Boyard (stigmate de semaines de vacances passées chez Papi-Mamie à La Rochelle, nostalgie) et SURTOUT au Club Dorothée (eh, je parle de quand j'étais VRAIMENT petite OK ?).

J'étais une parfaite petite victime de la télé de mon époque. Alors je n'imagine pas aujourd'hui, je crois que je tannerais mes parents pour faire tous les trucs de téléréalité. Genre je me trouverais un amoureux de CE1 rien que pour pouvoir postuler pour l'Île de la tentation. A moins que je décide de rester indépendante et d'envoyer ma photo à Opération Séduction. Bien évidemment, je voudrais aussi sans doute faire la Starak et la Nouvelle Star.

Je plains les parents d'aujourd'hui, ils doivent en avoir du boulot pour convaincre leurs chers rejetons qu'ils ne peuvent pas participer à n'importe quelle émission télévisuelle. Dieu merci, les miens ont tenu bon. Comme ça, aucune image de moi à 5 ans 1/2 en train de m'époumoner faux sur des chansons de Michelle Torr. Parce que moi, je chante vraiment vraiment mais alors vraiment faux. Parfois, il faut vraiment savoir être reconnaissant vis-àvis de ses parents.

14 juin 2006

Du bist Deutschland !

Un peu de prosélytisme pour changer. On parle beaucoup de l'Allemagne en ce moment. Il y a le foot et ce qu'il y a autour. Je voudrais en parler un peu différemment. On leur reproche ce qu'on admire chez d'autres. Des bordels en Allemagne, c'est de mauvaus goût, c'est honteux, c'est inadmissible. Des vitrines rouges à Amsterdam, c'est joyeux, c'est festif, c'est ouvert d'esprit. Parce que quand c'est pour les amateurs de foot, c'est plus sale que pour les touristes fumeurs de shit ? Qu'on ne se méprenne pas, je ne fais pas l'apologie de la prostitution. Je voudrais juste attirer l'attention sur le principe "2 poids 2 mesures" toujours appliqué à l'Allemagne.

Pourtant, moi, l'Allemagne, je l'aime bien. Je l'aime même. Je crois bien que je pourrais passer ma vie avec elle. J'en parlais avec un de mes anciens amoureux (enfin, disons que moi j'étais amoureuse) allemands à midi en salle informatique de Sciences Po. Lui ne rentrerait pour rien au monde en Allemagne, il veut rester en France. Et moi, je partirais bien une fois pour toutes, bien qu'il soit peu vraisemblable que je me fasse XXX depuis 2 ans pour préparer des concours français pour finir par tout plaquer et aller vivre à Chtoutegarthe.

Je ne dis pas ça juste parce que snif snif Miri Mia s'en va. Et que je me rends compte de la chance qu'elle a. Et surtout de la chance que les Allemands ont de l'accueillir bientôt. Je dis ça parce que je suis fière de l'Allemagne. Je suis fière de ce que sont les Allemands. J'ai la naïveté des étrangers, tout le monde il est beau tout le monde il est gentil. Au moins, de l'autre côté du Rhin, lees chauvins débiles ne sont pas si nombreux qu'ici. Le pays bouge, n'hésite pas à bouger et en est fier. Et il y fait bon vivre.

Du coup, j'adore la campagne de pub "Du bist Deutschland". Ils appellent ça "Mutmacher-Kampagne". Et je trouve ça très réussi. Cette pub m'émeut. Je n'y peux rien, je ressens une vague fibre (non-patriotique) qui résonne en moi sans que je sache d'où elle sort. Cette pub me donne envie de pouvoir dire "oui, moi aussi". Sauf que non, moi, je ne suis pas Deutschland. Dommage.

Bien évidemment, une campagne disant aux Allemands qu'ils peuvent être fiers de ce qu'ils sont et de ce qu'ils font, ça ne plaît pas à tout le monde. Pourtant, de multiples précautions ont été prises : par exemple, une image rappelant très nettement une scène du film évènement de l'année en Allemagne, Sophie Scholl - die letzten Tage, sigles antinazis bien évidents, une voix off qui dit qu'une personne peut changer beaucoup de choses.

Ca c'est l'image du film :


L'image de la pub montre des étudiants nombreux, qui jettent des papiers en portant des pancartes portant des signes nazis barrés. Genre : on a appris de l'histoire, ça ne recommencera pas.



Une autre image, au Mémorial pour les Juifs d'Europe assassinés, à Berlin. Un monsieur, qui semble être handicapé mental léger, une catégorie de la population qui a aussi été victime de la solution finale allemande, au milieu du Mémorial. "Du bist von allem ein Teil" dit-il. On n'oublie pas, mais on avance.





Enfin bref, le spot est loin d'être bêtement nationaliste, bien au contraire. Et pourtant, en cherchant des petites images pour égayer ce post, je suis tombée sur des photos que je n'ai même pas envie de mettre. Des parodies de la campagne. Hitler en fond qui dit "du bist Deutschland" avec sa moustache de pervers et autres sympathieusetés. Je ne dis pas que les Allemands devraient aussi être fiers de leur histoire grâce à cette campagne. Mais dire que les Allemands ne peuvent toujours prétendre à être une nation normalisée, qui fait des choses bien aussi, comme les autres, je n'arrive pas à comprendre. Pour vous faire votre propre idée, le spot est , sans sous-titre malheureusement.

Et ceux qui voudraient vraiment battre en brèche leurs idées reçues sur l'Allemagne, je vous conseille très très très vivement de regarder ça. Une bonne petite émission que je ne connaissais pas et qui dresse un portrait très intéressant de l'Allemagne d'aujourd'hui. On voit même Berlin, nOSTtalgie !