23 avril 2007

STA-GIAIRE EN CO-LERE, etc.

Les stages, c'est nul : on est exploité, pas toujours formé, rarement payé, et notre travail n'est reconnu à sa juste valeur que lorsqu'il n'y a aucune possibilité d'embauche derrière. Dans l'administration, c'est encore mieux : vous êtes quasiment obligé de payer pour faire un stage (dans les faits, c'est réel en ambassade, puisque tout est à votre charge, y compris les billets d'avion pour Lima, Calcutta ou Canberra), vous savez que jamais vous ne serez embauché derrière, même si on vous dit que vous êtes bien meilleur que la majorité des énarques passés avant vous sur votre poste, même si vous couchez, même si vous soudoyez, puisqu'il faut passer par le concours. "On aimerait tellement vous garder, mais juridiquement, c'est vraiment impossible" est un grand classique qui fait du bien au moral du stagiaire et ne coûte pas un kopek à l'administration. Vu comme ça, le stage est un entubage collectif.

Et pourtant... pourtant... mes différents stage sont les meilleurs souvenirs de ma scolarité. Enfin pas trop le premier, alors que j'y ai gagné mon premier salaire. Mais cela tient sans doute au fait que :
- j'habitais dans un HLM glauque de la banlieue désertique de Francfort
- avec un coloc égyptien de 45 ans qui faisait tout pour qu'on croie qu'il était terroriste, y compris "je vends ma voiture, ma télé, mes meubles, pour me payer un billet d'avion pour aller prendre des cours pendant 3 semaines aux Etats-Unis" et "je reçois le courrier de plein d'amis qui n'ont pas d'adresse. Dès que le facteur voit un nom arabe qu'il ne connaît pas, il sait que c'est pour moi" ou "Si X appelle, dis lui qu'il ne doit pas te laisser de message et n'écris rien nulle part"... Si vous vous dites que je suis pleine de préjugée et parano, rappelez-vous juste qu'on était le premier été depuis le 11 septembre et que les journaux allemands parlaient à tour de bras des cellules de Francfort et d'Hambourg. Et puis que de toute façon, oui, j'étais parano parce que j'aurais aimé vous y voir, seule à 18 ans, dans un milieu hostile (si si, c'était hostile...). En même temps, oui, c'est légèrement exagéré comme réaction. Parce qu'avec le recul, je doute que le membre d'une cellule terroriste sous-loue une chambre de son appart comme ça... Hum...
- la salle de bain était équipée d'un tapis de poils moelleux et dense
- l'appartement du dessus était habité par un voisin raciste alcoolique qui menaçait toutes les nuits, en hurlant à travers les murs, de venir défoncer notre porte pour venir "casser la gueule de ce sale macaque" (j'ai appris plein de vocabulaire en allemand ces nuits-là), alors que mon propriétaire était justement parti prendre ses cours aux Etats-Unis pour trois semaines.
- mes supérieurs hiérarchiques s'étaient creusés les méninges pendant des mois pour me trouver une occupation, et que leurs recherches n'avaient pas été très fructueuses. Deux mois pour écrire deux petites notes sur la gestion du changement et sur les structures matricielles, ça fait beaucoup
- j'étais entourée de collègues très sympathiques mais tous âgés de plus de 50 ans, qui parlaient jardinage et meilleur conservatoire de la région pour leurs enfants au déjeuner. Et le déjeuner avait lieu à 11h du matin, en 25 minutes chrono.
Comme on dit : "c'était bien... mais pas top".

Mais après, il y a eu les autres stages, dans des domaines qui m'intéressaient nettement plus. Des stages ouverts sur le monde, où j'avais très prétentieusement l'impression d'être à ma place et de servir à quelque chose. C'est tellement plus gratifiant que de passer sa journée à apprendre par coeur des cours... J'ai eu des collègues sympathiques et d'autres qu'on a envie de défenestrer. J'ai eu des tâches passionnnantes et des tâches parfois ingrates. J'ai eu des journées de travail acharné (j'adore rester travailler très tard le soir, en petits comités. C'est toujours dans ces moments que l'ambiance est la meilleure, qu'on fait véritablement connaissance avec ses collègues, et donc que les meilleures idées se font jour) et d'autres où je n'avais rien d'autre à faire que d'avancer mon mémoire pour l'université ou lire Le Monde en ligne. J'ai fait parfois des bourdes et parfois du très bon boulot. Mais à chaque fois, ce qui fait le stage, ce sont les stagiaires :-)

Je vais lire de temps en temps avec nostalgie le blog de cette jeune fille qui a à peu près le même parcours que moi et dont les récits me rappellent tellement ma vie viennoise et berlinoise. Un stage, en administration, à l'étranger, avec plein de stagiaires français et européens. C'est un peu Erasmus, mais pas tout à fait. Ca y ressemble, mais on n'y fait pas la même chose. Ce ne sont pas les récits de soirée qui font les anciens combattants, mais le récit des réunions de service difficiles du lendemain matin de la soirée. Les anecdotes sur les collègues défenestrables et horripilants. Les sous-entendus sur l'Ambassadeur Durand qui bon, entre nous, sait surtout déléguer... (et encore, là, c'est du soft :D).

Dans les stages en administration, où les stagiaires sont toujours très nombreux car gratuits et compétents, ceux-ci sont le plus souvent en caste. Ils déjeunent ensemble, vont aux réunions ensemble, travaillent ensemble. Et les contacts avec les chefs sont assez limités. En tout cas, limités à la sphère strictement professionnelle.

Quand on passe de l'autre côté du miroir, dans la vraie vie active, on est bien content de voir que notre productivité mérite rémunération. On est content de savoir qu'on n'est pas là, en théorie, juste pour 4 mois, et qu'on sera ensuite immédiatement remplacé par notre clone (mêmes études, mêmes qualifications, mêmes résultats, même bureau, mêmes stylos) et oublié aussi vite dans l'esprit de nos anciens collègues. Et pourtant, la vie active a ce défaut majeur qu'on ne peut plus traîner avec les stagiaires, sauf à accepter le soupçon lourd de jeunisme aigu. Pourtant, pour avoir bien observé la cantine de mon ancien Ministère, il apparaissait clairement que la table des stagiaires était celle où l'on rigolait le plus et où on ne faisait pas que parler travail.

Je ne sais pas si je serai à nouveau stagiaire un jour ou non. Mais si ce n'est pas le cas, je sais que je continuerai à regretter ces grandes tablées et ses discussions enflammées qui font des exploités les collaborateurs les plus heureux du ministère !

22 avril 2007

Scènes volées d'un dimanche électoral

1. Le pépé et la racaille

Dans le train, un pépé visiblement un peu perdu s'installe en face de moi. Il parle tout seul, il marmonne, il se met à chantonner, doucement, puis à tue-tête. Je suis intolérante, et ça m'a énervée. Mais en fait, ce qui m'énerve le plus est de voir qu'on est si peu de chose en vieillissant. Qu'on peut devenir un pépé un peu perdu qui chante tout seul dans un train de banlieue. Je déteste voir en face que le temps diminue les êtres à ce point. Malgré mes soucis existentiels, il chante toujours.

Arrive un "jeune de banlieue", comme il faut dire. Du genre à avoir sa fausse casquette Vuitton mise sur le côté, des énoooooooormes faux diamants aux oreilles, du bling bling autour du cou, et le pantalon de jogging remonté sur un mollet. J'avais l'impression d'être dans un vrai clip de rap, d'autant plus que j'avais le son : son lecteur MP3 crachait des morceaux de R&B dans tout le wagon, je l'ai entendu arriver avant de le voir. Je suis intolérante, ça m'a énervée. Mais ce qui m'a encore plus crispée, c'est quand il s'est assis à deux sièges de moi et qu'il a commencé à siffler et à "chanter" avec voie genre de fausset, un peu Justin Timberlake castré vous voyez.

Le pépé, perdu dans ses pensées, ne se rendait même pas compte qu'il chantait. Alors prendre conscience du futur Gérard La Haine de la scène rap française... De son côté, le jeune musicien talentueux se détruisait tellement les tympas qu'il n'entendait même pas le pépé. J'ai arrêté trois secondes d'être crispée pour sourire. Mais juste après, j'ai bien évidemment repris mon petit air pincée de la fille qui aimerait bien lire son journal tranquille, histoire de ne pas trahir ma réputation de niaiseuse hautaine. Mais maintenant, je peux dire que j'ai vécu pour de vrai l'une de ces pubs RTL "Vivre ensemble".


2. La passion politique de la jeunesse

Deux petits jeunots, sans doute pas encore le droit de vote, dans la rue : "Putainnnnn, mais tu peux pas dire ça, c'est pas possible !!" "Nan mais attends, t'as regardé le score ou quoi ? Tu débarques là !" "Arrête, moi aussi je me suis renseigné" "Bah pourquoi tu dis n'importe quoi alors ? Tu crois que les Français vont gober ça ?". Ca continue, un échange vif et animé sur la politique, comme seuls les jeunes semblent encore en avoir entre amis. Je redescends sur terre : "Mais putain, ça marche pas comme ça le foot !!!".


3. Malentendu

Je débarque du train 2 heures après les résultats électoraux. Sur le parvis, un militant me tend déjà un tract pour le 2nd tour. Un coup d'oeil rapide, et les mots "Ségolène" en haut à gauche, et "Royal" dans le slogan me sautent aux yeux. Je regarde le militant avec chaleur en lui disant que c'est bien qu'ils soient déjà là à préparer le 6 mai. "Faut bien, c'est important" qu'il me répond. Dans le bus, je jette un coup d'oeil au prospectus. Et merde, je me suis encore faite avoir par le collectif "Pas les Royal"...

21 avril 2007

Petit rappel

Je ne voudrais surtout pas donner de consigne de vote, hein, même si ceux qui ont bien lu le billet d'avant-avant auront compris que s'ils pouvaient éviter Sarko et Le Pen, ça m'arrangerait (je pourrais parler du vicomte vendéen, mais je préfère concentrer le message sur le prioritaire).

Non, je ne vous dirais pas quoi faire. Parce que déjà, vous n'en feriez qu'à votre tête. Je vous connais. Et que si vous ne savez toujours pas pour qui voter la veille du scrutin, étant donné le nombre qui n'est que trop élevé de candidats, et de l'ensemble de l'échiquier politique représenté, c'est que vous faites votre mauvaises tête.

Franchement, allez voir à quoi ressemblent des élections en Afghanistan (je vous évite l'Irak, vous remarquerez), et revenez me dire dans le blanc des yeux que la démocratie française est en panne, que l'élite politique ne vaut rien, et que notre système institutionnel est pourri. Venez me dire que personne ne trouve grâce à vos yeux.

Au passage, on vote certes pour un candidat, mais aussi pour un parti et un programme. Le présidentialisme de la Vème République ne doit pas faire oublier que nous ne sommes pas, malgré tout, dans un exercice personnel du pouvoir. Les Ministres sont des gens qui comptent aussi. La majorité au Parlement aussi (je sais, j'anticipe). Bref, un seul être ne peut tout changer. Il donne une impulsion, une ligne directrice, mais ne fait pas la pluie et le beau temps sur la France selon son bon vouloir.

Ceci étant dit, venons au fait : en 2002, lors de ce jour grandiose qui vit l'extrême-droite accéder au second tour, l'absention avait atteint le taux record de 28,4%. Ce qui signifiait que 11 millions d'électeurs n'étaient pas allés voter. Je ne veux pas leur faire la morale et leur dire que tout est de leur faute. Je voudrais juste rappeler que 195 000 voix séparaient Lionel Jospin de Jean-Marie Le Pen. Et que donc, quand on dit qu'une voix ne compte pour rien dans une démocratie de plus de 40 millions d'électeurs inscrits, on fait preuve de mauvaise foi.

Faites ce que vous voulez de votre bulletin, mais mettez-le là où il doit aller : aux urnes, citoyens !

19 avril 2007

Le problème avec les fondants au chocolat...

Le problème avec les fondants au chocolat, c'est qu'une fois cuits, il faut attendre qu'ils aient tiédi avant de les manger... Trop dur...

free music


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C'est décidé, je n'irai pas à Pop-Stars. J'ai rempli ma lettre de non-acceptation, elle est dans mon sac, je n'ai plus qu'à penser à l'envoyer, pour faire le bonheur du premier sur liste complémentaire.

Je vois que vous êtes globalement d'accord avec moi, puisque vous n'avez été que 3 à m'encourager à prendre cette voie-là. En même temps, je remarque aussi que vous n'en avez rien à foutre de mon bonheur, puisque vous pensez majoritairement que je devrais devenir boulangère (mais Fab a peut-être voté plusieurs fois, j'aurais mieux fait de mettre charcutière...) et pas aller à la Starak. Mais la Starak, c'est mon rêve mes petits biquets. Et vous n'en avez rien à faire de mes rêves... Je suis très déçue...

Tout ça, c'est juste parce que vous voulez que je vous apporte les croissants le matin. Ou des sucettes au cola (les bleus de Pierrot). Mais ça ne marche pas comme ça la vie. Vous n'allez pas réussir à me faire plier. Non, je ne deviendrai pas esclave de ce sondage (on dirait du Pascal Obispo voire du Florent Pagny voire du Francis Lalanne, j'adore).

Bon, ça fait quand même bizarre de dire non à Pop-Stars. J'ai hésité à les appeler, pour voir s'ils n'étaient pas prêts à tout pour me garder, négocier encore un peu. Mais non, c'est non. Il y a des règles, il faut les respecter. Et puisqu'elles ne me conviennent pas, je renonce. N'est pas Don Quichotte qui veut.

Rendez-vous dans quelques mois pour savoir si ce choix aura été payant...

18 avril 2007

Le rouge aux joues

Aujourd'hui, je suis le "blog du jour" chez Camille d'essayage, un joli blog de nénette qui cause fringues, décos, voyages et problèmes existentiels. Et ben... je suis vachement flattée !!! Merci Camille (zavez vu, en plus, elle a une particule, ça tape encore plus non ?!)

Comment tu t'appelles ? C'est quoi ton nom ?

Ah comme j'aimerais, une fois de plus, savoir mettre des petits lecteurs audio portables pour que vous vous mettiez en fond sonore cette chanson de Mathieu Boogaerts. Mais je ne sais toujours pas faire. Et puis de toute façon, je n'ai pour l'instant aucune musique sur mon nouvel ordinateur. Et étant donné que Julien m'a assurée qu'on pouvait transférer les données de mon iPod vers mon ordinateur (même si chez Apple, ils disent le contraire), je préfère, avant qu'il ne soit rentré du Congo, ne rien faire qui pourrait compromettre mes chances de retrouver toute ma musique.

EDIT / ça y est, je sais faire : le lecteur est à la fin du billet :D

Tout ça parler de quelque chose qui n'a rien à voir : moi. Enfin mon nom. Mademoiselle Coco quoi. Parce qu'on me demande "mais au fait pourquoi ?". Parce que certains croient que ce nom est né avec ce blog, et du coup ne comprennent pas pourquoi mon adresse mail est paramétrée avec mon vrai nom (et non, je ne me créerai pas d'énième boîte spéciale, j'en ai déjà bien trop).

Mademoiselle Coco est née un jour de printemps nancéien, lorsque j'ai découvert que mon compte hotmail au nom de Télétubby avait été désactivé. En même temps, ce n'était pas plus mal, il y a un âge où il faut savoir dire adieu aux marionnettes débiles pour enfants anglais et aux "grôôôôôôôôôôôs câliiiiiiiiiiiiins" qu'ils se font à la fin. On n'a pas tous les jours 13 ans, et il faut savoir passer à autre chose.

Mademoiselle Coco parce que c'était le parfum d'Agathe, parce que mes camarades m'avaient aimablement qualifiée un soir dans la bibilothèque d'un "Gauche n°5" qui me plaisait beaucoup. Et pour bien d'autres raisons encore que j'ai oubliées. Ca remonte maintenant à une demie-décennie.

Mademoiselle Coco a existé avant ce blog, pas sûre qu'elle existe après. Le nom en tout cas. Parce que contrairement à d'autres, Mademoiselle Coco, c'est moi. Ce n'est pas parce que ce n'est pas mon nom que je suis une autre ici. Mais il y a forcément un moment où ça va ma saouler, ce pseudo gnangnan bècebège, qui va quand on a 18 ans, mais qui se ridiculise vite, comme une robe peut se démoder plus vite qu'une autre.

De la même façon qu'à 18 ans, j'en avais assez d'avoir un nom de télétubby, mais que j'avais la flemme de le changer (envoyer à tous mes contacts ma nouvelle adresse, refaire ma liste de contacts MSN, apprendre un nouveau mot de passe... la fainéantise s'accroche à tout ce qu'elle trouve sur son passage), je sens que Mademoiselle Coco va un jour valdinguer. Et toutes les personnes qui ont eu cette adresse bloggesque par des moyens fallacieux et qui se reconnaîtront (oui, toi, là-bas, à côté de ta cheminée, et toi, là-bas, à côté de ton taille-haie de bord de mer) seront bien eues. Nananananèèèèreuh !!!

Je pourrais faire comme si je m'appelais à Elise, comme j'en rêvais quand j'étais petite (à cause de la Lettre à...) ou Katharina (pour ressembler à la patineuse Witt que j'idolâtrais), mais maintenant, je préfère largement le mien). Ou alors Marie-Chantal, mais je volerais à Michael et Cornélia leur choix de prénom n°1, ça ne serait pas très fair-play. Ou peut-être Beverley pour montrer que je suis blonde, bronzée et dans le coup (et j'enlèverai le deuxième "e" pour qu'on comprenne bien qu'il faut dire Béveurli et pas Béveurlait). Ou Cruella, parce que la nuit je mange des petits enfants (ou des chats en cas de crise de la natalité). Ou peut-être Gérard, parce qu'en réalité, je suis un homme (mais qui aime quand même le rose, sinon, c'est pas drôle !!).

En fait la nom n'a aucune importance. Enfin pour moi. Il n'est pas censé représenter quelque chose. J'aurais pu appeler ce blog Kinder Surprise ou Martine va à la mer, ça n'aurait rien changé, il y aurait la même chose dedans.

Voilà, je pense que la chanson de Mathieu Boogaerts arrive sa fin. Enfin tout dépend si vous l'avez dans votre ordinateur, si vous l'avez mise en mode play en lisant le début du billet, et si vous lisez à une vitesse normale. Ca fait beaucoup de si...

free music


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15 avril 2007

A mon tour d'être de retour

H
O
L
I
D
A
Y
S

... FIN

Et oui, il n'y a pas que Ron qui tente le retour gagnant, il y a moi aussi. Plus modeste certes. Je rentre juste de vacances. Une petite semaine à me faire brûler le rôti sur des chaises longues dans le jardin de mes parents en faisant la sieste, et de bonnes journées de travail productif (grâce aux siestes). Je suis, à ma moindre échelle, bronzée et mon nez s'est couvert de ces tâches de rousseur que j'aime tant. Bref, c'était l'été, et je suis rechargée à fond pour les mois qui viennent.

Pour tous les gens qui ont essayé d'entrer en contact avec moi ces derniers temps : désolée de ne pas avoir répondu, je suis toujours un peu hors-circuit quand je vais chez mes parents. Je débranche mon portable, je ne regarde plus mes mails 10 fois par jour. Ajoutez à cela que je n'ai pas pu installer internet sur mon nouvel ordinateur (le modem est trop vieux pour que Sagem puisse imaginer qu'un consommateur avec un tel équipement puisse avoir un ordinateur si récent...), et vous comprendrez mon silence.

Me revoilà donc dans le siècle...

09 avril 2007

He's back !


Si vous me lisez depuis quelques temps, vous savez qui il est. La bonne nouvelle du jour, c'est qu'il revient et rouvre son blog, fermé pour l'hiver, depuis déjà bien trop longtemps...

Le zouzpanse est désormais entier : les histoires d'hôpital vont-elles reprendre ? Si non, quel sera le contenu du blog nouveau ? Et que racontera le 2ème bouquin de Ron ? Que de questions palpitantes...

On ne doit pas être assez intelligents...

Samedi soir, je suis allée au cinéma avec Pierre et Olivia. Nos bacs + 19 (à nous trois réunis) n'ont pas réussi à venir à bout de Golden door, ce film sur les immigrants italiens du début du XXème siècle. Quand je lis les critiques de la presse intellectualiste, je m'interroge.

Télérama parle d'abord d'une "longue et fascinante séquence d’ouverture, où deux hommes gravissent une colline pareille à un immense tas de rochers, chacun tenant une pierre entre ses dents". Quand vous êtes dans la salle, ça donne en effet deux mecs, mi-hommes mi-bêtes, qui gravissent une montagne pieds nus, avec une pierre entre les dents, pendant une dizaine de minutes. Que ce soit long est indubitable, que ce soit fascinant est plus discutable.

Cette scène inaugurale est à l'image de tout le film : tellement lent et tellement hermétique qu'on a attendu jusqu'à la fin le début du film, avec cette désagréable impression d'être pris pour des cons. Cette façon d'affirmer insidieusement "si vous ne comprenez pas, c'est que vous êtes trop bêtes et que nous n'appartenons pas au même monde culturel" m'insupporte. Ce snobisme pseudo-art-et-essaitiste, c'est du foutage de gueule.

J'avais ressenti la même chose après avoir vu Caché de Haneke l'année dernière : le drame sans dénouement, les questions non élucidées, et le réalisateur qui affirme goguenard que "lui même ne comprend pas son film", "lui même ne connaît pas les réponses". Si j'avais eu envie de me plonger dans des considérations métaphysiques, j'aurais saisi un Heidegger en VO, pas été au cinéma.

Alors oui, il y a quelques passages surréalistes un peu plus réussis. Mais ils sont très rares et ne sauvent pas le film. Même Charlotte Gainsbourg n'arrive pas à créer cette petite étincelle qui nous permettrait de penser qu'on n'a pas complètement perdu notre soirée.

J'aime être remuée quand je sors d'une salle de ciné. La seule émotion qui m'ait envahie samedi soir était la colère d'avoir lâché 9€ pour ça. Et de voir que les journalistes bobos se gargarisent de leurs cris d'admiration béate pour ce nouveau chef d'oeuvre du cinéma italien en rajoute une couche.

Pour revenir à Golden door : il n'y a pas de scénario, il n'y a que des questions restant inexpliquées, il y a de loooooooooongs plans statiques qui n'apportent rien (les 10 minutes sur le mec qui renifle le genou d'une femme, faudra m'expliquer l'intérêt de la scène par rapport au "sens particulièrement inspiré de la composition picturale et au lyrisme subjuguant" dont parle Le Nouvel Obs).

Néanmoins, je vous recommande vivement, en cas de dîner mondain, d'exprimer avec force enthousiasme votre admiration profonde pour ce film. Vous passeriez dans le cas contraire pour l'un de ces cul-terreux, si admirablement dépeints comme de vulgaires bestiaux par Emanuele Crialese, incapables du moindre sens artistique.

Finalement, c'est un peu comme l'art contemporain. Si vous osez affirmer quelques doutes sur la pertinence artistique de la nana qui vend ses tampax usagés comme oeuvres d'art, vous passez tout simplement pour un bouseux sans aucune perspective esthétique. Vous n'avez tout simplement "rien compris à l'art et au geste". Oui, le geste intellectuel est très important, c'est un MANIFESTE, une rébellion silencieuse mais puissante, voyez-vous... Dire que peindre un carré noir est à la portée de tout le monde ne se fait pas non plus. Parce que si vous, vous le faites, vous ne ferez que peindre un carré noir. Alors que l'artiste, lui, peint l'absurdité et la modernité, l'absence de sens et le trop-plein de sens, la vie et la mort. C'est en somme très différent...

N'ayant pas su saisir toute la subtilité magistrale et la beauté intemporelle de ce film, nous sommes allés boire un cocktail pour nous consoler et enterrer nos prétentions intellectuelles. Et ça, c'était très bien... On doit être plus corporel que spirituel...

Le lièvre allemand et les cloches françaises

Je crois que j'ai vraiment de chouettes parents. Je dis "je crois", parce que pour ce genre de choses, il est vraiment difficile de comparer. Enfin sauf quand on est adolescente et que la mère de Marie est nécessairement la meilleure mère au monde parce qu'elle est tellement plus cool que la nôtre. Et puis 5 ans plus tard, on se dit que finalement, c'était peut-être bien que la nôtre n'ait pas passé ses après-midis jardinage à prendre soin de nos pieds de cannabis... Maintenant, je suis moins tentée de comparer.

Hier, c'était Pâques et j'étais touuuuuuuute seuuuuuuule. Commencez à pleurer maintenant, c'est le bon moment. Je m'explique : Pâques est pour moi une vraie fête familiale, que je n'ai passée qu'une fois toute seule dans ma vie (et puis finalement non, je m'étais trouvée une famille de subsitution pour la journée), et qui a plus d'importance que Noël. Parce qu'à Noël, j'aimerais finalement échapper à la famille, avec ses tablées de 25 et enfants capricieux qui braillent dès l'entrée. Mais Pâques, c'est différent. Il n'y a pas 37659 trucs à préparer, on est en famille restreinte, et depuis que je suis toute petite, ça donne lieu à d'incroyables chasses aux cloches. J'assume d'ailleurs parfaitement le fait que mes parents continuent à cacher mes cloches de Pâques dans le jardin ou le salon familial.

Oui, mais cette année, ils sont très loin. Je me suis dit que j'allais au moins essayer d'aller au culte, mais mes copines parpaillotes étaient chez leurs parents ELLES. Et je déteste aller au culte toute seule. Du coup, j'ai fait partie des 0,0034% de la population française ayant assisté au culte rentransmis sur Présence Protestante. J'attends les remerciements personnalisés de France 2 pour ce soutien à leurs programmes du dimanche matin. J'ai eu l'impression de faire un truc vachement transgressif tellement c'était original... Et puis assister au culte depuis son lit en pyjama, c'est franchement pas si mal que ça !

Mais en réalité, là n'est pas l'important. L'important, c'est que quand mes parents m'ont appelée au petit matin (pour leur fuseau horaire), ils m'ont demandé innocemment si les cloches étaient passées. J'ai trouvé qu'enfoncer le clou à ce point n'était pas très malin de leur part. Mais après, ils m'ont dit "tu es sûre ?" et puis "regarde peut-être dans le salon...". Et effectivement, les cloches de Pâques étaient passées dans mon salon, il y a 3 semaines, juste avant qu'ils ne partent. Avec des oeufs en chocolat et une petite carte de Pâques. Et à ce moment précis, je n'en ai plus rien eu à faire d'être toute seule ou pas pour Pâques, parce qu'en vrai, je n'étais pas du tout abandonnée... A quoi ça tient, pour des parents, d'être dénoncés ou non à l'assistance sociale !

08 avril 2007

Size no longer matters...

Soulagement chez les peuples européens : c'est le Parlement européen qui le dit, "Size no longer matters in the EU".

Ils ont de l'humour à Strasbourg...

07 avril 2007

Aux imbéciles les fesses moulées

En attendant de savoir si je vais aller à Pop-Stars ou à la Starak (pour ceux qui prendraient tout ça en route, euh... il ne s'agit pas VRAIMENT de ces émissions, c'était une métaphore filée. Etant donné que je chante environ comme les soeurs de Cendrillon dans le dessin animé de Disney, je préfère éviter de me retrouver dans les bêtisiers), je dois dire que j'hésite sur un autre point.

Il n'y a encore pas si longtemps, Charles, Gaël et moi étions formels : le slim ne passerait pas par nous. La problématique pour les filles et les garçons est différente. Pour les garçons, c'est quasi tout le temps ridicule. Je n'ai encore jamais rencontré aucun garçon dont la morphologie se soit accordée avec son jean slim. Les adolescents sont tous tellement gringalets qu'on dirait des sortie de squelettes. Ou alors ils sont un peu boulots. Et dans ce dernier cas, ils cumulent les handicaps, puisqu'ils tentent en général de rendre leur slim plus seyant en le portant en baggy. Je n'arrête pas de croiser des jeunots-boulots qui portent des trucs ultra-moulants, dont le fond leur arrive à mi-cuisses, laissant dépasser un caleçon bariolé digne des années 90 les plus folles.

Pour les filles, je crois qu'il faut tout simplement un corps de déesse pour que ça soit flatteur. Et aussi un sacré bon goût, la moindre faute étant immédiatement sanctionnée, en particulier les erreurs chaussuresques. Rien de pire que de ressembler à Minnie : jambes de moineau et énoooooooormes pieds... Je pense que tout le monde sera d'accord pour dire que les ballerines sont l'accessoire INDISPENSABLE du slim, or je ne peux vraiment pas porter de ballerines. J'ai beau trouver ça absolument charmant et incontournable, il vaut mieux ne même pas y penser : mes pieds sont ainsi faits que je perds toutes mes chaussures au premier pas (Cendrillon me revoilà) si elles n'ont pas un truc quelconque qui les attachent fermement à mes jambes. D'où mon amour des bottes, difficilement assumable en été.

Pour toutes ces raisons et encore plein d'autres, j'avais pensé ne jamais m'acheter de slim. Et puis soudainement, l'idée m'est venue que si je ne voulais pas finir mémère avant l'heure, il fallait peut-être que j'arrête de m'habiller comme il y a 3 ans (oui, à notre époque, tout va plus vite). Je ne sais pas si c'est le printemps, la nécessité vitale de me sentir à nouveau sexy, l'habitude m'ayant gagnée, l'envie de voir une petite lueur d'intérêt dans des yeux masculins quand je me balade, l'idée que les informations muy agradables transmises par ma balance ce matin ne devaient pas restées sans suite, le fait que peut-être mes chaussures noires vintage des vraies années 80 iraient en fait très bien avec un slim... J'y pense de plus en plus souvent, sans en devenir obsédée malgré tout. On va mettre la moyenne à 1 fois par jour, en toute honnêteté.

Il me reste encore à passer la barre fatidique de la cabine d'essayage. Car je reste persuadée qu'il faut un corps de déesse. Ou alors un jean TRES TRES TRES bien coupé. Demain, j'irais peut-être traîner dans deux ou trois boutiques, histoire de prouver que seuls les imbéciles ne changent pas d'avis.

06 avril 2007

Et maintenaaaaaaant... que vais-je faiiiiiire ?

Bon, le moment est grave, j'ai besoin de votre aide. Ou plutôt de vos conseils. Il faudrait que vous me disiez très franchement, à l'aide du petit Blog-It ci-contre si vous, vous iriez plutôt à la Starak ou à Pop-Stars. Non, ne fuyez pas, c'est très sérieux.

Je vous explique la situation, pour que vous vous mettiez dans la peau de moi-même, avec quelques légères modifications, histoire que l'identification soit plus aisée. Donc voilà, votre rêve depuis des années est de devenir chanteuse façon Céline Dion, star internationale, à l'organe unanimement salué par le public. Pour les garçons, identifiez-vous à Patrick Fiori si vous préférez.

En toute logique, vous aspirez donc à rentrer à la Starak, pépinière à talents de stars et à stars de talents bien connue. Le hic, c'est que pour l'instant, vous n'avez pas été sélectionné(e) à la Starak. Et là, Pop-Stars vous dit qu'il veut bien vous prendre, et que vous serez la/le grand(e) gagnant(e). Enfin, avec les autres du groupe (pour les innocents, la différence majeure entre la Starak et Pop-Stars, en dehors du fait que ça ne passe pas sur la même chaîne, c'est que l'émission Pop-Stars monte des groupes, tandis que la Starak fait des stars individuelles).

Et à Pop-Stars, ce qu'on vous propose, c'est d'être batteur. Le côté positif, c'est que c'est dans la musique, ce dont vous avez toujours rêvé, avec les fans, les studios d'enregistrement, la composition de chefs d'oeuvre, les tournées, les groupies (mais qui préfèrent toutes le chanteur du groupe). Le côté négatif, c'est que votre truc, ce n'est pas du tout la batterie, mais le chant. Et que vous n'avez pas envie de taper dans des caisses toute votre vie. A la rigueur, ça pourrait peut-être vous permettre de fonder un autre groupe dans lequel vous serez chanteur, dans quelques années, quand vous vous serez fait des relations dans le chaud-biz. Et puis c'est bien connu, le batteur n'a jamais son mot à dire sur les chansons et tout le reste.

Le truc, c'est que rien ne vous assure que vous aurez un jour l'immense chance, si vous dites non maintenant à Pop-Stars, de rentrer au château de Dammarie-lès-Lys. Et alors là, il faudra trouver autre chose : prof de sport, charcutière, coiffeuse, ou peut-être banquière. D'ailleurs, ça ne vous dérangerait pas forcément, d'être charchutière. Ce n'est pas votre rêve d'enfance, mais ça a aussi des avantages par rapport à la vie de stars de la chanson française.

Alors vous, qu'est-ce que vous feriez , vous : Pop-Stars ou l'hypothétique Starak ? Rendez-vous sur le blog-it...

05 avril 2007

L'ENA est morte, vive l'ESP !

Suite aux mails de mon fan club (merci à son membre pour l'instant unique qui se reconnaîtra s'il passe par là), voici ce que je pense de la proposition de Bayrou de supprimer l'ENA : au-delà d'une fumisterie dénoncée par Silence des lois (paragaphe Bayrou), c'est injuste. Il y a tous les jours à côté de moi en amphi des gens qui travaillent depuis le CP pour devenir énarque. Et à 6 mois de la réussite, du triomphe, du sacre, ils n'ont plus aucune autre perspective que de devenir "esperque" ou un "espien". Ca claque nettement moins. Sacrifier des générations entières d'ambitieux, tout ça pour une petite ambition présidentielle. 100 contre 1, ça ne fait pas le poids ?

Plus sérieusement, je ne nie pas que l'ENA aurait besoin d'un coup de plumeau. A commencer par le concours d'entrée : tant que le jury souverain s'obstinera à choisir des singes savants sans savoir ce qu'ils ont dans le ventre et dans le coeur, l'ENA continuera à produire des générations de gens brillantissimes mais inadaptés. Cela ne concerne bien évidemment qu'une minorité, mais qui est la plus visible (qui a dit que les minorités visibles n'avaient pas accès à l'ENA ?).

L'ENA n'est pas une école, c'est avant tout le marchepied vers la fonction publique. Et quand l'Etat s'engage, c'est pour 80 ans (oui, il faut aussi compter la retraite). Autant être sûr qu'on mise sur le bon cheval (même si la problématique est différente du billet d'hier).

J'ai récemment passé un oral et je tiens à rassurer tout le monde : on ne m'a jamais demandé pourquoi j'avais envie d'occuper les fonctions pour lesquelles je postulais. On ne m'a jamais demandé quelles étaient les qualités que je pensais avoir pour occuper avec brio ce poste. On ne m'a jamais demandé pourquoi je me sentais faite pour ce métier. On m'a demandé les noms des Secrétaires généraux des Nations Unies, qui étaient les représentants de la négritude, ce que je pensais de la "juste mémoire" de Ricoeur et mille autres choses encore dignes de Julien Lepers. Mais sur mes compétences et mes motivations, rien. Et cela vaut pour tous les concours administratifs, l'ENA et les autres.

Il existe néanmoins de très bons énarques. Et critiquer les énarques comme s'ils n'étaient qu'un est stupide. D'ailleurs, la plupart des critiques émises sur l'ENA sont stupides. J'entendais notamment hier Philippe de Villiers, lui-même énarque (oui, TOUS les énarques ne sont irréprochables), affirmant sans sourciller : "l'ENA, ce sont 2 ans de formation purement théorique à l'issue desquels on est catapulté directement Directeur général de l'administration". Pour les novices, un DGA est, dans un ministère, le grand chef de tout ce qui est administratif : ressources humaines, affaires financières, achat de stylos en gros, etc. Un poste vaguement à responsabilité en somme. Si j'arrête 3 secondes l'ironie, c'est le Grand Schtroumpf juste après le Ministre et son Directeur de Cabinet.

Dans la phrase de de Villiers, on repère immédiatement deux conneries monumentales (et il ne faut jamais dire de conneries quand on critique quelque chose, sinon, on perd immédiatement toute crédibilité) :
- la formation se fait pour plus de la moitié de la scolarité en stage. Pour en avoir parlé avec plusieurs énarques, je ne considère définitivement pas qu'être de permanence le 24 décembre, le 25 décembre, le 31 décembre, le 1er janvier, les dimanches et les jours fériés pour garder une préfecture soit une formation théorique pépère.
- un énarque débute sa carrière dans un ministère en tant qu'administrateur civil, avec tout au plus une demie-douzaine de personnes sous ses ordres. Ce qui est bien loin du DGA, poste pour lequel il faut attendre environ 30 ans de carrière.

Le problème principal que je vois dans toutes les critiques de l'ENA et des énarques est en fait une critique des élites, si répandue chez les Français, pasionaria de l'égalitarisme (cf. Le peuple et les Gros de Pierre Birnbaum : les Français détestent par essence le plus riche et le plus intelligent qu'eux, puisqu'il ne peut devoir tout cela qu'à une duperie-spoliation).

On reproche aux énarques de n'avoir aucun lien avec la réalité ? Quel golden boy en a ? Je ne dis pas qu'il est normal qu'un énarque ignore le montant du SMIC. Mais franchement, quel énarque sérieux - en dehors des caricatures qui hantent les discussions bon ton des bien pensants travaillant dans le privé et détestant par réflexe les fonctionnaires - ne connaît pas le montant du SMIC ? Et si jamais l'énarque ne connaît pas le prix d'un billet de bus, c'est parce que, comme tout étudiant, il a une Carte Imagine'R. Et non parce qu'il ne sait pas ce qu'est la vraie vie. Certes, il n'a pas forcément vécu son enfance dans une HLM à Outreaux, mais peut-on lui reprocher et l'inverse serait-il souhaitable ?

Et à niveau égal dans le privé, QUI a ce fameux "sens des réalités" ? Mes amis travaillant en banque d'affaire londonienne et voyant défiler des comptes à six 0 savent-ils ce qu'est la vraie vie ? Mes amis passant 10 heures dans leur bureau pour faire du conseil en restructuration ont-ils la moindre idée de ce que vit la secrétaire dont ils s'apprêtent à supprimer le poste ? Mes amis qui font du lobbying à Bruxelles ont-ils la moindre idée de ce que vit cette fameuse Mme Michu quand son fils lui dit qu'il veut partir en Erasmus à Cork ? Non, et personne ne pense à dénoncer leur incompétence notoire pour cette raison. Alors pourquoi les énarques concentrent-ils toute la haine de la France, eux qui ne rêvent que de la servir depuis leur plus tendre enfance ?

Le problème de l'énarque est qu'il concentre deux tares : il fait partie de l'élite, et il est fonctionnaire. Le fonctionnaire est incompétent et paresseux. Or faire partie de l'élite quand on est incompétent et paresseux est carrément inadmissible, on est d'accord.

Je suis certaine que les trois quarts des gens qui critiquent les énarques n'en ont jamais côtoyés. S'ils l'avaient fait, ils auraient vu qu'en dehors des exceptions mal recrutées par un jury trop porté sur la faculté à citer Cicéron dans le texte plutôt qu'à la capacité de réaction face à une mise en situation coriace, on n'est rarement énarque par hasard. J'estimerais personnellement le taux d'erreur manifeste de recrutement à 5%. Demandez aux polytechniciens, aux normaliens ou aux pompiers s'ils ne pensent pas que parmi leurs congénères, 1 sur 20 n'est pas totalement à sa place et racontez moi leurs réponses...

S'ils avaient côtoyé des énarques, ils sauraient que ceux-ci n'ont ni chauffeur, ni abonnement aux compagnies de taxi. Mes profs arrivent essouflés en vélo, en scooter ou en métro. S'ils avaient côtoyé des énarques, ils sauraient que faire l'ENA ne consiste pas uniquement à porter un titre prestigieux, mais aussi à se tuer à la tâche même une fois rentré pour sortir bien classé. La vie à l'ENA m'apparaît d'ailleurs encore plus monacale depuis que j'ai regardé ce reportage de Complément d'enquête (à la fin).

En somme, il faudra toujours trouver une façon de sélection et de former les élites administratives. Dire que les critiques faites à l'ENA sont stupides ne signifie pas que cette institution est parfaite. Elle a des défauts, mais j'attends pour me prononcer sur sa suppression qu'on me propose mieux. Et avant de faire la révolution, la réforme du concours d'entrée me semble être une priorité (et je ne dis évidemment pas ça parce que je suis incapable de citer Cicéron dans le texte...).

Peut-être qu'un jour, l'ENA recrutera des gens qui ne savent pas qui est Robert le Pieux mais qui n'hésitent pas à chanter Joe Dassin pour remonter le moral de leurs amis et sont capables de gérer une situation de crise sans avoir envie de pleurer "parce qu'on ne comprend rien" (spécial kassdédi. Comme dirait Martin : "ceci est une private joke en milieu socialisé, c'est insupportable").

Je sais, savoir chanter du Joe Dassin ne sert à rien pour bien servir l'intérêt général. Mais savoir qui est Robert le Pieux non plus...

Edit : pour mettre fin également à la supposée richesse incommensurable des énarques, je précise que la rémunération moyenne à la sortie de Sciences Po (donc de TOUS les élèves, pas uniquement des énarques, qui ne sont qu'une minorité) tourne autour de 3 000 à 3 500 € selon les sources. Durant les 2 ans 1/2 de leur formation (qui, je le rappelle, se fait pour plus de la moitié en stage), les énarques reçoivent eux environ 1 300 € de traitement. A la sortie, les plus chanceux - et surtout les plus bosseurs sortis dans le premier quart de la promo - pourront atteindre les 2 800 €, peut-être 3 000 (mais difficile d'obtenir des chiffres officiels sur la question...). Si des énarques dans la salle veulent bien confirmer ou infirmer, avec une approche teintée d'expérience, je leur en serais reconnaissante :-) Donc plus de deux ans après avoir quitté Sciences Po, admettons que le salaire moyen de l'énarque soit à 2 500 €. A votre avis, à combien s'élève le salaire moyen d'un ancien élève ayant commencé à 3 000 et ayant deux ans d'expérience ?

03 avril 2007

Mea culpa et autoflagellation publique préservative

Je tiens ici à présenter en public mes plus plates excuses à tous les internautes qui tombent ici en espérant sincèrement trouver des conseils judicieux sur "trouver un mari", "comment préparer un oral", "miser + bon cheval", "prononcer Hubert sexuel" ou encore "comment enfiler ses collants"

Précisons les choses : malgré la noblesse de vos interrogations existentielles, vous ne trouverez ici que des conseils foireux. Je n'ai pas encore trouvé de mari, je ne suis pas encore certaine d'être bonne en oral (et n'aurai peut-être jamais l'occasion de le savoir), je n'ai jamais joué au PMU, je ne sais pas ce qu'est un Hubert sexuel (ceux que je connais sont résolument dépourvus de ce genre de chose), et moi aussi, il m'arrive de filer mes collants.

Suite au commentaire (qui m'a beaucoup fait rire) de Pascal en réaction à mon précédent billet, voilà tout ce que j'ai pu trouver sur Louis Lafforge jeune. Le problème étant qu'il n'est pas suffisamment vieux pour qu'on fasse vraiment la différence entre les photos de lui jeune et celles de maintenant. En fait, il est encore jeune. Mais moins qu'avant, comme nous tous. J'ai donc choisi celle qui me semblait la plus... représentative (bien que je sois encore persuadée qu'il avait un peu plus de cheveu avant...) :


Au cas où vous auriez cru à la sincérité de ma flagellation : il ne s'agit bien évidemment que d'une pure façade destinée à m'éviter tout procès pour publicité mensongère voire préudice moral. Il n'en reste pas moins qu'il s'agit de conseils foireux, mais depuis quand doit-on s'excuser pour ce genre de choses ?!

02 avril 2007

Miser sur le bon cheval

Non, vous n'allez pas lire un énième billet de blog sur Equus et Daniel Radcliff. Ce soir, un bon conseil pour toutes celles qui sont à la recherche de leur futur mari. Pour certains, l'idée même de chercher un mari semble désuète. Mais l'observation attentive d'un amphi à Sciences Po ne permet pas d'en douter : il s'agit bien d'un investissement important en temps et en énergie, qui en accapare quelques unes.

Je suis personnellement très loin de ça. Mais pour celles qui se sentent concernées, ma petite pierre à l'édifice du bonheur de l'humanité résidera pour aujourd'hui dans ce secret : l'important, les filles, est de miser sur le bon cheval. Celui qui est le bon maintenant (en général plutôt facile à repérer) mais surtout plus tard, beaucoup plus tard.

Bien évidemment, je ne parlerai pas ici de caractère, chose beaucoup trop subtile pour une écervelée comme moi. Je me concentrerai donc sur l'essentiel (oh ça va hein, on ne peut pas parler du Darfour tous les jours non plus) : le physique.

Et là, vous pensez tout de suite que miser sur le bon cheval consiste à éviter la catastrophe désormais bien connue sous le nom de Fat Tom.

Je vous explique. A 25 ans, vous vous mariez avec lui, M. TopGun en personne. Forcément, vous êtes fiérote, toutes les copines vous l'envie, vous pensez que cette fois-ci, c'est bon, vous pouvez foncer tête baissée vers 50 ans de bonheur conjugal. En même temps, je peux comprendre, c'est un peu comme trouver une combinaison intégrale en cachemire au prix d'un string en polyester. Une seconde après, si on hésite, c'est la copine qui l'emporte. Alors on ne réfléchit pas, et on fonce.


Quelques années plus tard, on se rend compte qu'on est avec une saucisse sur pattes devenu totalement hystérique et embrigadé dans une secte :



Mauvaise pioche...


Et puis il y a celles qui savent vraiment tirer leur épingle du jeu. J'aimerais que vous, dans la salle, vous leviez bien haut le bras si vous donner 10 peanuts au monsieur ci-contre. (Les mecs peuvent jouer aussi). Levez le bras bien haut que je puiss voir.

Ben voilà, c'est bien ce que je pensais, il n'y en a pas une qui soit intéressée. Faut dire qu'un petit gringalet avec les yeux à moitié fermés et la coupe choucroute, ça ne tenterait pas même Eve (la pecheresse originelle de la Genèse, hein, pas ma copine Eve au nom de laquelle je ne veux pas du tout m'exprimer sans son accord sur la question).



Oui, mais voilà... voilà quoi ? Et bien j'aimerais maintenant que les mêmes me disent si le monsieur à droite, là, les tenterait plus. Allez-y, vous pouvez cliquer pour agrandir, histoire de bien vous informer avant de vous engager.

Ah bah oui, là, c'est la forêt équatoriale de bras pour le Dr Mamour. Hinhinhin, et c'est là qu'on rigole : comme dirait un grand penseur de notre temps, "la droite et la gauche, c'est la même chose". Enfin, le même. Patrick Dempsey en personne, jeune et moins jeune.



Vous ne me croyez pas ? Et voici deux autres avant-après sur le vrai bon cheval sur qui miser :


Dommage pour Katie Holmes, et félicitations à la femme de Patrick Dempsey, qui a (voix mélodramatique type téléfilm de l'après-midi sur M6) "su voir le diamant taillé sous le morceau de pierre brute".

Souvent, je me dis qu'à force de langudeputer sur le physique de mes petits camarades de prepena, j'en oublie que sous l'un d'eux se cachent sans doute un Dr Mamour en puissance. D'ailleurs, si ce n'était pas le cas, pourquoi quasi-tous nos profs, anciens préparationnaires eux-mêmes, sont aujourd'hui de forts sexys jeunes hommes (mariés, je précise, pour couper court à tout fantasme ayant pour cadre Boutmy) ?? Il faut bien, pour une question de logique statistique, que eux aussi aient été moches avant de devenir beaux. Ou alors je suis tombée sur une mauvaise année...

Mesdemoiselles, demain, en allant faire votre marché du Prince Charmant dans un amphi, autour de la machine à café, ou depuis une terrasse de resto, pensez très fort à Patrick Dempsey et à Tom Cruise en regardant autour de vous...

01 avril 2007

La réalisation du ouikènde

Fab a bien travaillé ce week-end : étant donné que "ce que Femme veut, Dieu le veut", il n'a pas résisté et a concrétisé une de mes rêveries élaborées sous la douche (c'est un endroit où je pense beaucoup...). Je suis donc très fière de pouvoir vous présenter en son nom la nouvelle rubrique de madmoiZelle.com "Je veux comprendre".

Le but ? Si vous allez voir, vous lirez que l'idée de cette nouvelle rubrique est de "présenter de façon précise, exacte mais pas prise de tête les grands thèmes de l'actualité, dont les journalistes parlent souvent sans expliquer le fond du problème. Cette rubrique est tout simplement là pour comprendre ce qui se passe chez nous et dans le monde, de la prolifération nucléaire à la dette publique, en passant par la crise du Darfour...".

D'ailleurs, le Darfour est le premier sujet traité, mais il y en aura d'autres. Plein d'autres. J'ai déjà une liste bien remplie, qui va me permettre de réviser utile. C'est fascinant de voir à quel point il est intéressant de se pencher suffisamment sur un sujet pour être capable de l'expliquer clairement à Mademoiselle Toulemonde, qui ne s'appelle pas nécessairement Odette, qui n'y connaît que ce qu'elle a entendu en regardant David Pujadas.

Forcément, si vous êtes un spécialiste du Darfour, vous allez trouvez ça simpliste voire simplificateur. C'est un peu le but, mais je promets en toute bonne foi que j'ai essayé de ne pas dire de conneries et de vérifier systématiquement mes sources. Menfin bon, je ne suis pas non plus allée sur place samedi soir pour voir ce qu'il s'y passait. Alors si vous êtes darfourologue et absolument pas d'accord avec ma vision des choses, j'écouterai avec attention vos remarques ;-)

30 mars 2007

In ze teeth

Parfois, on n'attend rien de personne et on reçoit un peu trop d'un coup. Quand je suis dans le bus, je suis du genre revêche. Je sais, c'est mal, mais la mémé qui m'adresse la parole pour partager avec moi son opinion sur le temps qu'il fait m'insupporte. Si je choisis de prendre le bus plutôt que le métro, c'est principalement pour le luxe relatif que celui-ci offre : presque une bulle de calme et d'apaisement, dans laquelle j'ai le temps de rêvasser en regardant par les fenêtres. C'est comme ça : moi, dans le bus, je me détends. Et les pipelettes solitaires qui cherchent à m'inclure dans leurs divagations de comptoir me détournent de ce noble objectif.

D'ailleurs, je parle de mémé, parce qu'il est statistiquement prouvé par mes propres observations que la population bussesque est majoritairement méméresque. Mais les hommes aussi causent. Il y a ceux qui vous informent de l'arrêt auquel ils descendront, comme ça, pour vous tenir au courant. Il y a ceux qui vous disent d'où ils viennent, où ils vont et pourquoi. Et puis il y a ceux qui s'adressent à vous. Enfin à moi.

"C'est frappant comme vous ressemblez à ma fille" me sort-il, me sortant moi de ma rêverie. Cela explique peut-être pourquoi ce sexagénaire me reluque depuis 10 minutes. Je lève la tête et un sourcil, et lance un poli "ah bon" qui signifiait nettement "qu'est-ce que ça peut me faire ?".

Je ne suis pas asociale, mais :
- si son but était de me révéler l'existence d'une jumelle inconnue, abandonnée comme moi par notre mère et adoptée par une autre famille, je préférais ne pas être au courant
- si son but était de me draguer, je trouvais que le fait de souligner qu'il pourrait être mon père était très peu finaude
- s'il souhaitant enchaîner sur "elle est morte l'été dernier et me manque beaucoup", je préférais fuir avant le déluge.
Je sais, tout ça ne respire pas l'amour du prochain. Mais la suite m'a donné raison : tous les prochains ne méritent pas d'être aimés.

Il continue, pas découragé : "Ce qui est incroyable, c'est que vous avez exactement le même regard qu'elle. Parfois très doux, et parfois très froid, très hautain..." BING BANG BOUM, dans tes dents Jean. "Ce n'est pas une critique", qu'il ajoute, pour se dédouaner. "Mais c'est vrai... très froid, très hautain" rajoute-t-il une couche.

J'arrivai à mon arrêt, j'ai réuni ma dignité et j'ai quitté ma place en lui disant au revoir, de mon plus beau regard hautain. Mais depuis, je m'interroge : et s'il avait raison ? Et si je donnais vraiment cette impression aux gens ?

A vrai dire, c'est fort possible. Je vois exactement de quel regard il veut parler : celui de ma mère, qui n'est pas du tout hautaine. C'est juste qu'elle regarde parfois comme ça, "avec l'air sévère" dixit l'un de mes amis. Et moi aussi je regarde comme ça, quand un inconnu me regarde. Généralement, ça le dissuade de continuer, et c'est exactement le but recherché.

Certaines filles ne peuvent pas vivre sans le regard des autres, de préférence masculins. Moi, quand on me regarde, je me dis que c'est parce que "quelque chose" cloche, que j'ai du rouge à lèvre sur le nez, du persil dans les oreilles ou du caca de pigeon dans les cheveux. Forcément, je préfère quand on ne me regarde pas, et mon regard qui tue est là pour dissuader.

Mais visiblement, ils deviennent un peu trop automatiques mes yeux revolver... de façon complètement inconsciente. Je mentirais si je disais que j'ai oublié cette remarque aussitôt entendue. J'y repense, en me demandant s'il a raison ou s'il vaut mieux que je fasse comme si je n'avais rien entendu. Alors est-ce que je donne trop d'importance à un ringard de bus, ou bien est-ce là le début d'une réflexion salvatrice pour mon capital sympathie ?

[Edit] : je n'y pensais même plus, mais j'ai trouvé une solution. Mardi soir, je me suis achetée les lunettes de soleil de la saison. Avec ça, impossible de voir mes yeux. Et le premier qui dit que ça fait encore plus crâneuse que le regard hautain, je vais lui montrer ce que ça donne une fille qui se la pète, en le tuant de mes yeux revolver...

28 mars 2007

On attrape pas les mouches avec du vinaigre

A en écouter mes amis, les garçons ne s'attrapent pas avec de l'esprit, de l'humour ou un décolleté, mais avec du vinaigre. Si je fais la somme des différents conseils qui me sont prodigués par les reines de la drague ou leurs cibles masculines, une nana irrésistible se doit :

1. d'être un peu chieuse. Une béni-oui-oui, ça n'a rien d'attirant. La nana gentille, pas hystérique, pas capricieuse n'est qu'une vague limande sans intérêt. Il paraît que le caprice, c'est "avoir du caractère". La fille pas chieuse est facilement soupçonnée de ne pas avoir de personnalité. Et si elle était juste polie ?

2. d'être un peu conne. Une nana qui sait tout sur tout, ça énerve. Faut pas être niaise non plus, mais juste montrer quand même que sans lui, on ne vaut pas grand-chose.

3. d'être un peu fragile. "Moi femme faible avoir besoin de grande épaule homme fort pour avancer dans la vie". Toujours assurer nuirait gravement à la confiance en lui de l'Homme.

Or moi, grande spécialiste, je conteste cette vision des choses. Parce qu'il faut bien se mettre en tête que :

1 bis. Seules les vraies irrésistibles peuvent se permettre d'être chieuses. Chez les autres, ça ne fait qu'un défaut de plus. A l'extrême rigueur, ça donne encore un petit charme pour l'être enamouré, mais pour les Autres (qui continuent d'exister malgré la récente mise en couple, je le rappelle), c'est juste insupportable. Si vous continuez à penser qu'être chieuse était une qualité, c'est que vous n'avez jamais personnellement expérimenté l'enfer que représente une petite copine chieuse au bras de l'un de vos amis.

2 bis. Le célibat contraint à devenir forte et intelligente. D'ailleurs, légère niaiserie et faille, même combat : le but est de montrer à l'Homme qu'il est indispensable. Or quand on a justement dû s'en dispenser par la force des choses, il a bien fallu apprendre à un moment ou un autre à faire toute seule. Hier soir, j'ai gagné le surnom de Mac Gyver en réussissant à ouvrir au tournevis une boîte de cirage sur laquelle s'acharnaient deux copains sans succès depuis 2 jours. Mac Gyver, c'est sympa mais pas super glamour, j'en conviens. Alors je comprends que ça ne soit pas un bon départ dans la vie, de savoir ouvrir les boîtes de cirage. Mais n'empêche que c'est bien pratique d'avoir un ouvreur automatique chez soi, non ? Bon, d'accord, je m'enfonce. Il faut quand même dire que le célibattantisme n'est que très rarement une posture revendicative, mais une nécessité contingente liée à l'instinct de survie en milieu hostile. Vouloir / devoir s'en sortir toute seule n'implique pas nécessairement une volonté d'extermination des mâles, devenus inutiles. Je vous assure que quand j'ai arrosé mon ordinateur de café, j'aurais adoré pouvoir appeler un esprit masculin cartésien et rassurant.

3 bis. Tout ca veut quand même dire que ce qui prime n'est pas ce qui fait qu'il est agréable, ou non, de vivre au quotidien avec quelqu'un pendant 50 ans, mais l'image de soi qu'on renvoie à l'autre. "Je ne t'aime pas pour toi, grosse chieuse niaise et faible que je ne supporte plus, je t'aime parce que tu me fais me sentir fort, beau et intelligent". M'étonne pas qu'un mariage sur trois finisse en divorce.

Tout ça pourrait sentir un peu le rance, mais en fait non. Promis juré je ne suis pas aigrie. Ca me fait plutôt sourire en réalité. J'adore observer les couples en train de se former, l'étincelle qui est plus ou moins là... Je trouve ça fascinant d'obeserver des gens qui font attention au moindre de leur geste, et qui en disent à travers cela encore plus que s'ils se comportaient normalement. Et puis finalement, toujours la même question : qu'est-ce qui fait que là, ça marche ou pas ?

Finalement, certainement pas le fait d'être une chieuse ou non. Souvent, pendant les rendez-vous, les nanas se tripotent les cheveux. Ca veut dire à la fois "Est-ce que je suis belle ?" et "Mon Dieu, que je suis stressée, j'ai besoin d'un doudou". Demandez à un mec ce qu'il en pense : si la nana lui plaît, il trouvera ça adorable ; si elle ne lui plaît pas, il trouvera ça énervant. Alors à quoi ça tient ? A de la chimie ? A la chance ? Aux phéromones ? A notre cerveau primitif ? Aux hormones ? A un jugement rationnel analysant coûts et bénéfices ? A l'horloge biologique ? Au hasard ?

26 mars 2007

Finalement, le sport, ce n'est pas si mal que ça

Il y a quelques semaines, j'affichais au grand jour le conflit irréconciliable entre le sport et moi. Finalement, j'ai presque changé d'idée.

La semaine dernière, j'ai été voir au Ministère des Sports et de la Jeunesse un cousin maternel énarque, chargé par la famille de m'aider à y voir clair dans mon avenir, façon "Madame Irma cause au coin du feu". C'était très instructif. Non seulement pour les conseils qu'il m'a donnés, mais aussi pour l'intérêt de l'observation anthropologique que j'ai pu réaliser dans le hall d'entrée du Ministère. Une réalité saute immédiatement aux yeux : le Ministère a l'air de recruter plus d'anciens sportifs que d'énarques. Si vous vous demandez comme je sais ça, dites vous bien que les premiers font tout simplement deux fois la largeur d'épaules des seconds. La différence est assez nette.

Mais passons, ce n'est qu'un détail (qui prouve néanmoins que, d'une part, le sport sert à quelque chose, et que, d'autre part, l'épreuve de sport du concours de l'ENA est une vaste fumisterie qui ne sert à rien d'autre qu'à emmerder les élèves, à défaut de permettre de recruter des vrais sportifs). L'intérêt, c'est que, inspirée par cette rencontre, par l'ambiance du Ministère (Eurosport en boucle dans le hall d'entrée) et par les sirènes du marketing, je me suis engouffrée dans le Décathlon judicieusement situé juste à côté du Ministère sus-cité.

J'en suis ressortie avec ce que je visais depuis si longtemps, un article que je n'avais pas acheté depuis le collège, un modèle à la fois confortable et presque élégant (le côté rose et argenté voyez vous).

Tous les jours, je croise des gens qui pensent avoir l'air plus malin, plus chic ou plus riche en se baladant avec des sacs en papier de grandes marques, mais tellement éculés que leur propriétaire est plus pathétique qu'autre chose. Je pense qu'en sortant de chez Décathlon avec mon sac, j'étais à peu près aussi fière (pour pas grand-chose) que ces snobs du sac en papier de luxe mais miteux.

Le lendemain matin, après une verticalisation tôtive et avec un beau temps en perspective, je me dis que ma nouvelle acquisition est définitivement digne d'être inaugurée. Sans collier ni jogging rose, je suis partie en mode "marche rapide". Oui, je voulais arriver vivante à ma destination finale, là où je voulais vraiment courir un peu. Or, étant donné que je n'ai pas tenté de courir depuis 5 ans, j'y suis allée mollo. Et si j'avais attaqué direct sur le jogging, je n'aurais jamais réussi à atteindre le parc où je voulais commencer à narguer Christine Aron. [En fait, ce n'est pas du tout ça. Je suis une sportive ultra-chevronnée qui avance masquée, et je voulais juste éviter de me claquer un muscle en me lançant sans échauffement.]

Une fois arrivée sur place, je commence à trotter doucement. Je sens arriver dans mon dos un groupe de rapides, qui me prennent en tenaille pour me dépasser en moins de deux. Je trouve la manoeuvre peu élégante : on n'est pas obligé de me mettre ma médiocrité sous le nez de cette façon...

Oui, mais... à peine dépassée, je remarque que, si la manoeuvre n'est pas élégante, le groupe de rapides en petits shorts ne manquent quant à lui pas de charme. Je lève la tête (je regardais mes pieds, bien sûr) pour découvrir que ce sont mes voisins les sapeurs pompiers. Je leur trouve soudain toutes les excuses du monde pour avoir osé me dépasser. A peine commençaient-ils à s'éloigner qu'un deuxième groupe de pompiers me dépasse, en cyclistes moulants cette fois-ci (moins plaisants). Un troisième (en shorts). A ma gauche, un autre petit groupe prend le chemin de traverse. Je peux faire un arrêt cardiaque en toute tranquillité, je suis bien entourée.

Finalement, j'ai appris que :
- 9 heures était l'heure du jogging pour les pompiers
- mes baskets sont tout à fait ce qu'il me fallait
- aller se bouger les fesses par un grand soleil n'est pas si désagréable que ça
- il faut vraiment que je recommence si je veux un jour réussir à appeler ça "jogging" sans rougir devant l'exagération éhontée de mes performances

Mais là, ben... il fait trop froid. Mais bien sûr. Et quand il fait froid, ça brûle les bronches et tout et tout. Et même pour toute une caserne, ça ne vaut pas le coup !

PS / ne vous méprenez pas, loin de moi l'idée du fantasme de l'uniforme... Ce que j'apprécie chez les pompiers n'est pas du tout leur statut mais leur stature. Nuance !

25 mars 2007

Scotchée


Je deviens la prudence par excellence en ce moment. Tant et si bien que j'ai décidé de doter mon nouvel ordinateur d'une petite protection, au cas où. En même temps, il ne risque plus grand chose, puisque maintenant, j'hésite presque à l'utiliser tellement j'ai peur de l'abîmer... Mais bon, la sérénité n'a pas de prix.

J'ai donc décidé de devenir cliente de iSkin, THE fabriquant de serviettes hygiéniques en silicone pour ordinateurs (on se comprend). Pour ceux qui ne comprendraient pas, regardez la jolie image à gauche, vous verrez ce dont je parle.

Le truc, c'est que ça coûte beaucoup moins cher aux Etats-Unis et au Canada ces petites bêtes-là. Ca alors, ça combe bien, mes parents y sont pile poil en ce moment. Je vais sur le site d'iSkin, je regarde les revendeurs, j'appelle celui qui est au pied de la tour où travaille ma soeur (la vie est bien faite).

Je vous rappelle, au cas où le changement d'heure vous aurait été fatal, que nous sommes dimanche soir. Bon, donc dimanche soir moins 6 heures (soit 15h et des poussières là-bas), j'ai quelqu'un au téléphone en 4 secondes. J'avoue que j'ai presque été surprise, étant donné mon expérience avec TNT qui a dû m'occuper une bonne centaine de minutes la semaine dernière. Mais là, non, rien à voir. Dimanche après-midi, il y a un conseiller clientièle (pas neuneu) pour vous répondre dans la seconde qui suit votre appel. Je suis déjà conquise.

Je souhaitais simplement savoir si le magasin en question faisait bien le produit que je cherchais et si, éventuellement (mais je ne voudrais pas trop en demander surtout, pour ne pas déranger) il était en stock. Même pas eu à demander, mon conseiller clientèle avait vérifié pour moi avant même que je pose la question.

Et avant même que cette autre idée saugrenue me vienne à l'esprit, il me proposait de me le mettre de côté. "Ben oui mais euh... je ne sais pas si ma soeur pourra passer demain...". Mais pas de problème voyons, il le garde une semaine de côté pour moi. Même plus si je veux. Je commençai à douter sérieusement : ne serais-je pas piégée dans un "Surprise sur prise par téléphone" ???

Point du tout. En 5 minutes, c'était plié. J'ai un code de réservation, je viens quand je veux et quand je peux. Le monsieur a été aimable, clair, et efficace. Ben ça alors... ça fait un sacré bout de temps que je n'avais pas vu ça.

Je ne suis jamais la dernière pour dire qu'il y a des trucs qui ne vont pas dans la société canadienne (et nord-américaine en général). Mais il faut bien reconnaître que, quand le capitalisme permet aux gens d'avoir un meilleur service et d'avoir à faire à des gens agréables et compétents, c'est quand même sacrément plaisant et je suis archi-pour. Si vous ne voyez pas le lien entre le capitalisme et la sympathie des employés, repensez à vos dernière virée shopping durant vos vacances en Slovaquie ou en Pologne.

D'ailleurs, pas besoin d'aller un Ukraine pour ça. La France est déjà pas mal. Le jour où une hotline non-surtaxée fonctionnera un dimanche et permettra d'être mis ultra-rapidement en relation avec une personne compétente et aimable, qu'on me fasse signe. Ahhhh, le bon vieux capitalisme à la française... Qu'est-ce qui se marreront mes petits enfants quand je leur raconterai comment c'était, la France, dans ma jeunesse !

Ne vous méprenez pas, ce n'est pas pour autant que je vais voter Bayrou, hein. Nan mais vous pensez un peu aux chatons ou quoi là ???

Apple, bon pour tout

22 mars 2007

Les goûts changent (mais pas toujours)

Il y a onze ans, jour pour jour et sans doute heure pour heure (grosso modo), j'embrassais mon premier garçon. Enfin le premier vrai qui comptait. J'avais 12 ans, et comme à cet âge-là, tout est passionné, il comptait depuis notre rencontre, soit 4 jours plus tôt.

C'était à la boum de fin de classe de mer à Cancale. Il s'appelait Matthieu, il m'avait invitée à danser un slow sur Gangsta's Paradise de Coolio (et oui, 1996 en force) et pendant notre danse, j'avais pu sentir dans son cou la douce effluve du Brut de Fabergé dont il s'était aspergé.

Notre merveilleuse histoire d'amour-pour-toujours a duré une petite semaine. J'ai ensuite passé des nuits à pleurer en écoutant Coolio et en me rappelant de son parfum. Aujourd'hui, ni cette mauvaise reprise de Stevie Wonder ni Fabergé ne m'émeuvent plus, et auraient même plutôt tendance à me faire fuir.

Heureusement, tous mes goûts ne changent pas. Je sors tout juste d'une soirée ciné avec Anne. Bravant les critiques médiocres et mes craintes d'être déçue, j'ai été voir avec elle Ensemble c'est tout, tiré du roman éponyme d'Anna Gavalda dont j'ai déjà parlé rapidement ici et aussi là.

Pour la première fois de ma vie, je trouve que le film est presque aussi bien qu le livre. Il manque bien un tout petit truc, le sens du détail encore plus raffiné, mais qui est tout simplement impossible à rendre au cinéma. Etant donné les contraintes et mes attentes, je dirais que Claude Berri est parvenu à atteindre un optimum tout à fait parétien. En bref : je recommande.

Les acteurs sont bons, les morceaux choisis sont judicieux, les images sont belles. On peut dire ce qu'on veut, qu'Anne Gavalda, "ce n'est pas de la grande littérature" (avec petit air de dédain de celui qui sait de quoi il parle), je trouve qu'avoir le pouvoir de rendre les gens un peu plus légers et un peu plus heureux réclame un sacré talent. Chacun de ses livres est une petite pépite. Et je n'ai absolument aucune honte à faire cohabiter les romans d'Anna Gavalda avec les poèmes de Neruda ou les réflexions tordues de Kerikegaard.

Que les gens qui n'aiment que la grande littérature continuent à s'emmerder sans moi en se forçant à lire des pavés insipides mais reconnus. Et qu'ils s'attaquent plutôt à Marc Lévy...

Glouglouglou

Voilà, ça ne se voit pas, mais ce billet est révolutionnaire, presque autant que l'Oulipo en son temps. Ce qui change ? Je l'écris depuis mon NOUVEL ordinateur, le MacBook qui a un nom de hamburger, mais c'est pas grave.

Alors voilà, vous pensez que je suis du genre à ne pas pouvoir résister aux sirènes de la technologie et de la consommation et que j'ai bazardé l'ancien G4 rien que pour le plaisir de la nouveauté. Et bien vous me connaissez alors bien mal.

Parce que figurez-vous que quand mes parents m'ont offert un lecteur de mp3 il y a de cela 6 ans, j'ai dû aller demander à ma soeur, qui est - elle - une vraie spécialiste de la tendance et de la modernité, ce que c'était et à quoi ça servait, avant de pouvoir me réjouir de mon cadeau. Dans le genre aficionada de la technologie, on fait mieux...

Non, j'aurais vraiment bien gardé mon iBook encore quelques années. Surtout qu'il allait bien. Enfin, jusqu'à ce que je partage avec lui mon baquet de café au lait, que j'avais exceptionnellement décidé il y a deux semaines de prendre dominicalement au lit, en lisant Le Monde sur internet.

A l'aune de cette expérience, il s'avère que :

  • le café est un liquide soumis aux lois de la gravité, qui tombe particulièrement vite quand un ordinateur est en dessous)
  • les ordinateurs n'aiment pas tant que ça le café (surtout 1/2 litre, sucré et au lait)
  • le futur inventeur de la combinaison intégrale étanche pour ordinateur fera fortune
  • les informaticiens n'ont décidément aucune âme ("ah bah là, il est mort de chez mort hein ! On peut rien faire..." balancé 3 secondes après avoir ouvert la bête, c'est rude à entendre)
  • le MacBook est vraiment très chouette mais plus grand que le G4, ce qui est fort dommage : il ne rentre pas dans mon sac à main. Mais après tout, on a vu pire pendant la guerre.
  • les livreurs de chez TNT sont les êtres humains les moins aptes à remplir leur mission de tous les gens qui travaillent sur Terre
  • ne pas avoir d'ordinateur pendant 2 semaines m'a confirmé qu'on était vraiment coupé du monde sans ces petites bêtes. C'est officiel, je suis dépendante.

Donc si jamais vous avez envie d'un nouvel ordinateur mais que vous ne savez pas comment le dire, je viendrai prendre un petit verre chez vous, et je vous garantis un engin neuf dans la semaine qui suit. Efficacité à toute épreuve, frais y afférents à la charge du client.

10 mars 2007

Soutenez la paix dans le monde !

Bon, en fait, comme chacun le sait, dès que les Allemands et les Français commencent à se chamailler, ça dégénère grave. Là, avec EADS, la Constitution européenne et tout le reste, on ne nage pas dans le bonheur. Il est donc de votre devoir de citoyen d'aider le monde à échapper à une 3ème Guerre mondiale.

Pour cela, rien de plus simple. Voici un petit questionnaire sur la perception du cinéma allemand en France. Il y a des jeunes gens qui tentent de promouvoir les films teutons dans les salles parisiennes, et que vos réponses aideraient grandement à refaire de la France et de l'Allemagne les meilleures amies du monde (comment ça il n'y a aucune rapport entre la politique étrangère et le cinéma ??).

Ce questionnaire ne s'adresse bien évidemment ni aux germanophones germains (les "native speakers" quoi ; les "apprenants" peuvent, eux, en revanche) ni aux heureux expatriés en Allemagne. En revanche, si vous êtes provinciaux, vous êtes visiblement les bienvenus ;-)

Komankonfè ? Alors, vous copiez-collez ce questionnaire dans un fichier Word, vous répondez aux questions sans mentir, même si vous avez honte, vous enregistrez votre document et vous l'envoyez en PJ à l'adresse cineallemandenfrance@yahoo.fr.

Perception du cinéma allemand en France

1. Selon vous, existe-t-il aujourd’hui un « cinéma allemand » ?
Oui
Non

2. Le cinéma allemand pour vous, c’est plutôt :
Fritz Lang
Fassbinder
Wenders
Fatih Akin
Tom Tykwer

3. Avez-vous été voir un film allemand cette année ?
Oui
Non

4. Comment aviez-vous connu ce film ?
Presse écrite
TV/radio
Bouche à oreille
autres

5. L’atmosphère d’un film allemand est en général :
pesante
captivante
joyeuse
ennuyeuse
comique
psychologique
autres

6. Hésitez-vous à aller voir un film parce qu’il est allemand ?
Oui
Non

7. La VO en allemand est-elle un obstacle ?
Oui
Non

8. Quels mots associez-vous à l’Allemagne ?
Industrie
Discipline
Dynamisme
Bière et saucisse
Austérité
Nazisme
Culture
Autres

9. J’habite :
Paris
la Province

10. J’ai appris l’allemand/ je parle allemand :
oui
non

Merci de votre contribution à la paix dans le monde !

09 mars 2007

Conseils de style

Mon père a quelque fois des inspirations étranges en matière de style. La preuve avec ce petit dialogue téléphonique frais d'une dizaine de minutes :

"- Alors, tu fais quoi ce week-end ?
- S'il fait aussi beau que la météo le dit, je pense que je vais aller me promener au Champ de Mars demain matin...
- Ah oui, c'est une bonne idée ! Tu mets ton jogging rose, des colliers et hop..."

Je m'imagine déjà, gambadant telle Candy, au milieu du Champ de Mars demain matin. Surtout, quand on va faire un jogging, ne pas oublier SES colliers, voilà ce qu'il faut retenir du stylisme paternel. Parfois, il dit VRAIMENT n'importe quoi. Et je crois qu'il ne rigolait même pas. Ou alors très involontairement.

Afin de dissiper tout doute : je n'ai pas de jogging rose. Enfin si mais non. C'est-à-dire que j'ai un bas de jogging urbain vieux rose très joli qui me sert de bas de pyjama, parce que les vrais pyjamas sont tous moches. Et j'ai aussi un vrai jogging anciennement gris chiné qui a malheureusement rencontré une chemise rouge dans le lave-linge, et est devenu rose tyrien. Et que je cantonne du coup également au rôle de bas de pyjama.

En revanche, j'ai une très belle tenue de sport, qui est noire et rose, mais pas du tout du genre Barbie, plutôt très chic vous voyez. Le genre de tenue de sport que vous pouvez mettre pour aller chercher votre pain (et je vous assure que pour que MOI, je vous dise que vous pouvez la mettre pour autre chose que pour faire du sport, c'est que c'est vrai).

En réalité, la seule chose qui me manque, ce sont des baskets. Mais lundi soir, je vais chez Décathlon l'ami de mes moments sportifs, histoire de faire fonctionner l'économie française et les mains des petits mineurs philippins exploités. Et qui sait, peut-être ont-ils aussi des colliers de sport, pour faire plaisir à mon papa ?

Nouvelles du front

Cet après-midi, au détour d'un cours mortellement ennuyeux par son simplisme, je retrouve avec plaisir et papotages une amie disparue dans les limbes de la préparation des oraux ces six derniers mois.

Le retour pour elle est difficile. Un tour d'horizon. Elle scrute, elle reprend contact du regard avec ceux qu'elle avait quittés en octobre. Et conclut, résignée :

"Pffff... j'ai vraiment l'impression d'être revenue à Mocheland !"

08 mars 2007

Deux de perdues, un de retrouvé !

J'aime vraiment bien le "nouveau" format des soirées de France 3, avec une tranche d'actualité intelligente, le plus souvent dépouillée des faits divers fanfaronnant et des résultats sportifs en première page, coincée entre deux tranches de Taddéi qui me fait bosser la culture G. Malgré cela, ça faisait un bout de temps que je n'avais pas regardé le Soir 3. Tellement longtemps que je n'ai même pas assisté au départ de Marie Drucker, dont j'ai déjà regretté et critiqué la disparition temporaire.

Mais le journal de ce soir me réserve une agréable surprise. A sa place : Louis Laforge, le dernier gendre idéal du Service public audiovisuel. Et mon goût pour les gendres idéaux ne se dément pas : je l'aime décidément beaucoup. Je le classe dans le même panier de la sexytude que le présentateur de Capital, période post-Chain (je précise), dont j'ai oublié le nom, parce que quand il passe à la télé, ce n'est pas son nom que je regarde...

Louis, il a tout : les yeux bleus, la petite vague rebelle-mais-pas-trop, le costard chic mais pas tape-à-l'oeil, la cravate de bon goût et assortie à la chemise. L'intérêt, c'est le tout, évidemment. Parce que Cauet aussi est blond aux yeux bleus (enfin, blond, faut encore deviner), et il ne me fait absolument pas le même effet. Dingue non ?

Le seul défaut de Louis, c'est qu'il commence à avoir la coupe PPDA, avant le brushing couvrant le dessus avec le dessus. Rien de tragique hein, mais petit à petit, l'oiseau fait son nid (ailleurs, sur une tête où il y a encore des cheveux).

Tiens, il faudrait que je regarde un peu qui remplace Schönberg... Peut-être une autre bonne surprise ?!

07 mars 2007

Comment préparer un oral

Aujourd'hui, quelques conseils de méthodologie, principalement destinés aux candidates, qui ont, statistiquement parlant, beaucoup moins de chances que ces messieurs d'être admises à un concours tel que celui de l'ENA. Je dis bien statistiquement : d'1/3 d'amissibles, on passe à un 1/4 d'admises. Je ne m'étendrai pas sur les raisons de cette hécatombe antiproportionnelle, d'autres (Duru-Bellat et Mosconi en particulier) l'expliquent mieux que moi.

Là, je vais faire semblant que je suis une pro de l'oral, alors qu'en réalité, je n'en sais rien encore. Je n'en ai pas passé énormément, ils étaient tous sans grande importance, mais ils se sont toujours tous bien déroulés. Forte de cette expérience, je vais vous raconter comment je fais.

Premier constat : pour un oral, si vous avez raisonnablement travaillé, vous avez les mêmes connaissances que tous les autres candidats, ni plus, ni moins. Il va donc falloir se différencier autrement. En particulier en évitant d'être stressé. Aussi, vous veillerez la veille du grand jour à ne pas réviser. Ca ne sert à rien, et il vaut mieux passer la journée :

- à s'épiler. Ca défoule et ça fait toujours mieux de ne pas arriver en yeti. Le jury évite ainsi de croire que vous êtes devenue asociale ou ermite (mot que je ne sais jamais écrire correctement à cause de La Gloire de mon père). Il apprécie que vous ayez encore du temps pour ce genre de futilités et que vous soyez sans doute suffisamment soignées pour prendre une douche tous les jours. Et puis être épilée permet accessoirement de se mettre en jupe. Et la jupe et la meilleure amie de la femme non ? En outre, je recommande vivement l'épilation à la barbare (pardon, à la cire), histoire qu'à côté de ça, l'oral qui vous attend vous semble être une partie de plaisir. Ca aide à relativiser.

- à se faire des masques, pour ne pas avoir de cernes. Rien de pire que de donner l'impression qu'on s'est tuée à la tâche, surtout si la prestation est moyenne... Pour peu que le jury soit tenté de dire "tout ça pour ça ??"... Et puis, attirer la compassion d'un jury est absolument inutile, même (surtout) si vous vous mettez à pleurer. Avec une tête d'enterrement, vous réussirez au mieux à leur faire pitié, et personne n'a envie de recruter quelqu'un qui fait pitié, surtout pour l'avoir comme collègue 2 mois plus tard. A mon tout premier oral à Sciences Po, je m'étais mis du fard à paupière violet sous les yeux pour faire croire à mon prof que j'avais travaillé sans relâche, et ça n'avait que très peu fait avancer le schmilblick...

- à choisir une tenue. Ou plusieurs. De préférence avec un public, c'est plus drôle. Comme le dirait Anaik, chez moi, c'est tombé comme par hasard sur mes parents. J'aurais bien pris l'avis de Brad aussi, mais il était occupé ailleurs. Bref. Choisir une tenue option "beau temps" et une "mauvais temps". Vérifier que vous avez bien une paire de collants impeccables (d'où l'intérêt de le faire quelques jours avant l'oral, histoire de pouvoir passer chez Monop si jamais ce n'était pas le cas). Vérifier également que vous avez une paire de bas de rechange (plus facile à enfiler que des collants dans des toilettes douteuses), à toujours avoir sur soi en cas d'incident. Ben oui, arriver à un oral avec un collant filé, c'est franchement l'un des pires trucs qui puisse arriver. Pire que de ne rien savoir sur le sujet je pense. Parce qu'avec un collant, pas moyen d'improviser...

- se faire une manucure. L'un des seuls trucs que voit vraiment le jury, ce sont les mains. S'il n'est pas question de se la jouer à l'italienne en faisant du vent pour rien, la communication passe néanmoins mieux en les bougeant un peu. Ca peut même être un atout pour faire passer ses idées. Autant éviter donc les ongles rongés, le vernis écaillé ou criard, les doigts bouffés. Je sais, tout le monde n'est pas comme moi, mais si je suis un jour juré, les ongles rongés n'auront aucune chance avec moi : il faut bien un critère de sélection non ?

- appeler quelques copines (s'il vous reste encore du temps). Cf. post d'hier, vous comprendrez pourquoi.

Maintenant que vous êtes épilées, que vous avez des collants prêts pour le lendemain, de jolies mains itou itou, ne faites plus rien, vous pourriez vous abîmer. Non, même réviser, c'est trop dangereux : le papier, ça coupe.

Alors évidemment, les féministes vont me sauter dessus : alors comme ça une nana, si elle veut réussir, doit séduire son jury par son minois plutôt que par ses mots ? Ben oui, désolée, mais arrêtons d'être hypocrites. Un oral, c'est entièrement subjectif, et l'allure générale compte de façon non-négligeable. Et puisque les filles, ainsi que j'ai pu l'observer, pêchent par rapport aux garçons par leur incertitude naturelle, il faut bien qu'elles compensent.

En effet, pour caricaturer, un mec en oral peut vous sortir une énormité, mais avec tellement d'assurance que le jury ne pense pas une seconde à remettre sa parole en doute. A l'inverse, une fille prend souvent un ton précautionneux, même pour dire des choses vraies et intelligentes. Les jurés s'engouffrent dans la brêche et la déstabilisent en lui demandant simplement "êtes-vous sûre ?". Elle réfléchit, hésite, s'enfonce elle-même. Alors dans cette guerre sans pitié, moi je dis : "chacun ses atouts". Et j'en ai eu récemment la confirmation : "quand vous ne savez pas, il suffit que vous souriiez pour qu'on oublie vos hésitations" m'a dit l'un de mes examinateurs (blancs). Tous les moyens sont bons.

En revanche, les objecteurs de bon sens ne manqueront pas de faire remarquer que ça marche peut-être moins bien pour un jury féminin. Je réponds d'abord qu'il est rare qu'un jury soit entièrement féminin. Et que d'autre part, un membre féminin du jury sera aussi sensible qu'un homme sur des ongles rongés, voire plus non ?

Bien sûr, je ne suis qu'à moitié sérieuse. En revanche, l'idée qu'on ne se différencie pas, à un oral, par ses seules connaissances est pour moi une certitude absolue. Reste maintenant à chacun à trouver sa façon, épilation ou non, de se démarquer !

06 mars 2007

Les copines

S'il y a bien un truc, en plus des escarpins à talon, pour lequel je suis drôlement contente d'être une fille, c'est pour les copines. Parce que j'ai beau savoir qu'il existe de magnifiques amitiés entre garçons, personne ne pourra me faire croire que c'est aussi chouette qu'entre filles. D'ailleurs, si les garçons ont du mal à comprendre "ce qu'on peut bien encore avoir à se raconter" quand on s'appelle pour la 3ème fois dans la semaine (ou de la journée), c'est qu'ils ratent forcément quelque chose.

Avec Myriam, vendredi soir, on était bien d'accord pour dire que c'était quand même un truc typiquement masculin que de passer du temps ensemble sans parler ou presque. Vous avez sans doute déjà vu des mecs assis les uns à côté des autres sans parler, juste pour le plaisir d'être ensemble. Ou alors parlant de trucs totalement pas personnels du tout qu'on se demande comment ils font pour s'y intéresser. C'est pas que, nous, on dise des choses plus intéressantes. Mais au moins, ça nous concerne. C'est superficiel, certes, mais personnel.

Les copines, avant toute chose, ça sert à rigoler. Comme quand Myriam me raconte son dernier concept (Myriam, elle est vachement forte pour inventer des concepts sociologiques) : le "lolito sporteuf"©. Le lolito, c'est l'équivalent de la lolita mais avec un zizi qui dépasse. Un jeune homme tout juste post-pubère, qui s'est débarassé de ses boutons et de sa voix de castrat, mais reste vaguement jeune chiot tout fou, mais malgré tout déjà terriblement sexy. Ce qu'on admet avec une pointe de culpabilité "parce que quand même, il pourrait presque être ton fils". Et le sporteuf, c'est une contraction savante de "sportif surfeur qui fait la teuf". Tout ça pour dire qu'une fois que vous vous êtes racontées tout ça avec votre copine, y a pleiiiiiiiiin de temps qui est passé, on a les zygomatiques tout musclés et on a encore plus envie de parler derrière.

Les copines, ça sert aussi à consoler. Une vraie copine, c'est quelqu'un qui est capable de vous dire "en fait, t'as pas du tout les yeux marrons, ils sont totalement verts !". Même si vous savez que pour ça, il vous faut payer le prix d'avoir les yeux (marrons) totalement explosés par vos lentilles, c'est une excellente compensation. C'est aussi quelqu'un qui vous dit, après que vous lui ayiez raconté votre dernière bourde de Pierre Richard de la drague (l'huile pré-shampoing ultra-nourrissante copieusement étalée dans la chevelure 5 minutes avant qu'un bellâtre ne passe chez vous à l'improviste), "oui mais ça valait le coup, tes cheveux sont magnifiques".

Qu'on ne se méprenne pas sur ces deux derniers exemples, mes amies ne sont pas juste là pour me passer de la pommade, mais si elles ne le font pas, qui le ferait en toute objectivité ? Quoi "elles ne sont pas objectives" ??? M'en fous d'abord. Parce que c'est mes copines et que moi je fais pareil pour elles.

On a peut-être l'air de papoter de tout et de rien, mais parfois, on parle de choses très sérieuses aussi. De nos vies et de ses orientations fondamentales (les copines, ça conseille très bien), de nos vraiment gros problèmes et de leurs solutions possible (les copines, ça a souvent les idées plus claires que vous), de nos doutes fondamentaux et de nos angoisses (les copines, ça rassure comme des chefs). Et dans ces cas-là, le papotage superficiel des 3/4 du temps a largement préparé le terrain pour des discussions nettement moins superficielles. Etre une copine, c'est attendre des résultats de quelqu'un d'autre avec l'estomac tout noué et sentir un soulagement immense quand les résultats sont bons. Avoir une copine, c'est savoir que quelqu'un est là, plus ou moins loin, à être de tout coeur avec vous quand il y a un problème.

Je ne sais pas comment les mecs survivent à ces périodes difficiles sans les heures passées au téléphone pour exorciser, en parler jusqu'à ce que ça soit passé, que le problème se soit éclairci ou allégé. Quand je parle de périodes difficiles, je ne veux pas dire "j'ai un rencart dans deux heures et ma robe magique qui me fait ressembler à Penelope Cruz est au pressing".

Et même quand ça va bien d'ailleurs. J'ai un ami qui, lorsqu'il a écrit à l'un de ses meilleurs amis pour lui dire qu'il allait être papa (le truc vaguement important dans une vie quand même) n'a eu de réaction du copain en question que quelques semaines plus tard... Bien sûr, ce n'est pas lui qui me l'a raconté, mais sa femme, avec qui je passe des heures au téléphone à avoir des conversations de filles (et avec qui, justement, je parlais de l'amitié masculine, et elle aussi était d'accord. Dingue non ?!)... Et ça ne veut absolument pas dire qu'ils ne sont pas vraiment amis, au contraire. Mon père aussi est capable de ne pas appeler son meilleur ami pendant 6 mois, et quand il l'a au téléphone après tout ce temps, il ne reste pas plus d'un quart d'heure. Il n'y a aucun lien entre les sentiments et leur manifestation.

Je suis certaine qu'il y a des filles qui fonctionnent comme les garçons, et qu'il y a des garçons qui parlent pendant des heures avec leurs potes de trucs ultra-intimes. Mais quand même, la vie sans coups de fil qui durent des heures, sans thé-papotage superficiel, je crois que je trouverais ça vraiment trop ennuyeux pour valoir le coup...

05 mars 2007

Coïncidence, distorsion des faits, ou sacré sens de l'humour ?

Lu dans Le Monde ("Le deuil du troupeau", sur les agriculteurs dont les troupeaux ont été abattus lors de la crise de la vache folle et de la fièvre aphteuse du mouton) :

"Avec ses codes-barres dans les oreilles, Tolérance mâchouille de la paille aux côtés de Ségolène et de Cécilia. C'est la seule survivante du troupeau de vaches laitières de Laurent et Jean-François Hardy, éleveurs aux Ressuintes (Eure-et-Loir)."


Cécilia et Ségolène mâchouillant l'herbe du même pré, je ne sais pas pourquoi, mais ça ne m'inspire pas le terme "tolérance"...

Ma question est : l'agriculteur a-t-il eu une vision prémonitoire ou une bonne dose d'humour ? Ou le journaliste a-t-il modifié le nom des bêtes pour leur anonymat, "par souci de protection de la vie privée" ?

04 mars 2007

Déformation technologique

Même si la technologie, parfois, c'est nul, ben des fois, c'est bien aussi. C'est nul quand, comme chez moi hier soir, votre ordinateur chéri décide de faire sa mauvaise tête et de ne plus s'allumer, sans aucune raison valable. Or, pour un préparationnaire qui prend TOUS ses cours sur ordinateur, il n'y a guère que le poignet cassé la veille de l'épreuve qui soit pire qu'une défaillance informatique.

Mais parfois, la technologie, c'est drôlement pratique. Et je rêve de pouvoir faire la même chose dans la vraie vie que dans la vie numérique. Par exemple, qui n'a jamais voulu faire "pomme Z" (pour les ringards qui n'ont pas de Mac, "ctrl Z", ou pour ceux encore plus ringards qui n'ont toujours pas compris le système des raccourcis de clavier "annuler" ou "revenir en arrière") ??? Il y a des tas de fois où je me dis "zut, allez, pomme Z". Ah ben non, ça ne marche pas. Et mon huile pré-shampoing haute hydratation reste désespérément sur mes cheveux lorsque sonne à ma porte un ami passé à l'improviste. Ou mon SMS compromettant part au mauvais destinataire contre vents et marées. Ah, tous ces moments où on aimerait pouvoir faire "annuler" sans aucune conséquence.

Mais ces situations restent, heureusement, rares. Celles dans lesquelles j'aimerais faire "pomme F" sont en revanche beaucoup plus nombreuses. "Pomme F", c'est chercher. C'est très pratique : on entre un mot, on fait entrée, et on le trouve. Bien évidemment, j'aimerais pouvoir faire "pomme F" pour les notes sur dossier, quand je suis certaine d'avoir vu une allusion à tel décret mais impossible de retrouver où. En général, en me rendant compte que c'est impossible, je soupire d'agacement, tout en reconnaissant que depuis qu'ils se sont habitués au "pomme F", mes neurones ont sacrément ramolli.

Je regrette encore plus mon "pomme F" quand je cherche un objet. Au choix : mes clefs juste avant de partir (alors que je suis en retard), ma pince à épiler (alors qu'un indésirable me nargue), mon portable (alors qu'il sonne). En ce moment, c'est un carton de livres que je cherche. Un de ces innombrables cartons de livres déménagés de Nancy il y a plus de 3 ans, mais un que je n'ai jamais déballé chez mes parents par manque de place, et que je n'ai pas emporté avec moi dans mes autres déménagements par manque de nécessité absolue. C'est en tout cas ce que sa disparition me laisse présumer. Maintenant que je m'installe pour de bon (j'aime en tous cas à le croire), j'aimerais retrouver tous mes livres. J'ai vidé la bibliothèque dans ma chambre de petite fille, et il me manque toujours certains exemplaires. Un Beigbeder, des Cohen, des Duras, un Bukowski, un Kourouma, des ... Or le carton est introuvable.

Je serais traumatisée de l'avoir égaré quelque part dans le déménagement. C'est incroyable le nombre de choses que l'on perd dans les déménagements, alors qu'il ne s'agit que de transporter tout d'un point à un autre. Mais il en manque toujours une partie à l'appel. Piqué sur le trottoir ? Abandonné dans la cage d'escalier ? Toujours est-il que je suis légèrement fétichiste du livre, à ma façon : je déteste lire un livre qui n'est pas à moi, que je ne puisse pas triturer, retourner, casser, je déteste ne pas avoir mes livres sous la main, même s'ils ne me servent à rien. Pas seulement parce que du coup, ma nouvelle bibliothèque a l'air bien vide, mais surtout parce qu'ils sont une petite partie de moi, qu'ils m'ont formée et qu'ils appartiennent donc à mon salon autant que des photos ou des cartes d'amis.

Malgré cette disparition qu'un petit "pomme Z" réparerait si vite, je suis contente. Grâce à mon modèle psychique légèrement déviant, il m'en faut peu pour être heureuse : j'ai rangé tous mes livres par collection, puis, au sein de chaque collection, par ordre alphabétique d'auteur. J'ai également rangé mes CD par ordre alphabétique de compositeurs, en mettant la musique classique à gauche et la moins classique à droite. Mais il va falloir que j'arrête les frais, les deux côtés se rejoignent presque. Et pour ceux qui se ferait du souci à propos de ma psychorigidité : la réunion ne se fait absolument pas au milieu, et je ne trouve pas ça grave. Je ne suis donc que très moyennement atteinte. Mais quand même, ma bibliohtèque toute rangée, qu'est-ce-que c'est beau...