05 avril 2007

L'ENA est morte, vive l'ESP !

Suite aux mails de mon fan club (merci à son membre pour l'instant unique qui se reconnaîtra s'il passe par là), voici ce que je pense de la proposition de Bayrou de supprimer l'ENA : au-delà d'une fumisterie dénoncée par Silence des lois (paragaphe Bayrou), c'est injuste. Il y a tous les jours à côté de moi en amphi des gens qui travaillent depuis le CP pour devenir énarque. Et à 6 mois de la réussite, du triomphe, du sacre, ils n'ont plus aucune autre perspective que de devenir "esperque" ou un "espien". Ca claque nettement moins. Sacrifier des générations entières d'ambitieux, tout ça pour une petite ambition présidentielle. 100 contre 1, ça ne fait pas le poids ?

Plus sérieusement, je ne nie pas que l'ENA aurait besoin d'un coup de plumeau. A commencer par le concours d'entrée : tant que le jury souverain s'obstinera à choisir des singes savants sans savoir ce qu'ils ont dans le ventre et dans le coeur, l'ENA continuera à produire des générations de gens brillantissimes mais inadaptés. Cela ne concerne bien évidemment qu'une minorité, mais qui est la plus visible (qui a dit que les minorités visibles n'avaient pas accès à l'ENA ?).

L'ENA n'est pas une école, c'est avant tout le marchepied vers la fonction publique. Et quand l'Etat s'engage, c'est pour 80 ans (oui, il faut aussi compter la retraite). Autant être sûr qu'on mise sur le bon cheval (même si la problématique est différente du billet d'hier).

J'ai récemment passé un oral et je tiens à rassurer tout le monde : on ne m'a jamais demandé pourquoi j'avais envie d'occuper les fonctions pour lesquelles je postulais. On ne m'a jamais demandé quelles étaient les qualités que je pensais avoir pour occuper avec brio ce poste. On ne m'a jamais demandé pourquoi je me sentais faite pour ce métier. On m'a demandé les noms des Secrétaires généraux des Nations Unies, qui étaient les représentants de la négritude, ce que je pensais de la "juste mémoire" de Ricoeur et mille autres choses encore dignes de Julien Lepers. Mais sur mes compétences et mes motivations, rien. Et cela vaut pour tous les concours administratifs, l'ENA et les autres.

Il existe néanmoins de très bons énarques. Et critiquer les énarques comme s'ils n'étaient qu'un est stupide. D'ailleurs, la plupart des critiques émises sur l'ENA sont stupides. J'entendais notamment hier Philippe de Villiers, lui-même énarque (oui, TOUS les énarques ne sont irréprochables), affirmant sans sourciller : "l'ENA, ce sont 2 ans de formation purement théorique à l'issue desquels on est catapulté directement Directeur général de l'administration". Pour les novices, un DGA est, dans un ministère, le grand chef de tout ce qui est administratif : ressources humaines, affaires financières, achat de stylos en gros, etc. Un poste vaguement à responsabilité en somme. Si j'arrête 3 secondes l'ironie, c'est le Grand Schtroumpf juste après le Ministre et son Directeur de Cabinet.

Dans la phrase de de Villiers, on repère immédiatement deux conneries monumentales (et il ne faut jamais dire de conneries quand on critique quelque chose, sinon, on perd immédiatement toute crédibilité) :
- la formation se fait pour plus de la moitié de la scolarité en stage. Pour en avoir parlé avec plusieurs énarques, je ne considère définitivement pas qu'être de permanence le 24 décembre, le 25 décembre, le 31 décembre, le 1er janvier, les dimanches et les jours fériés pour garder une préfecture soit une formation théorique pépère.
- un énarque débute sa carrière dans un ministère en tant qu'administrateur civil, avec tout au plus une demie-douzaine de personnes sous ses ordres. Ce qui est bien loin du DGA, poste pour lequel il faut attendre environ 30 ans de carrière.

Le problème principal que je vois dans toutes les critiques de l'ENA et des énarques est en fait une critique des élites, si répandue chez les Français, pasionaria de l'égalitarisme (cf. Le peuple et les Gros de Pierre Birnbaum : les Français détestent par essence le plus riche et le plus intelligent qu'eux, puisqu'il ne peut devoir tout cela qu'à une duperie-spoliation).

On reproche aux énarques de n'avoir aucun lien avec la réalité ? Quel golden boy en a ? Je ne dis pas qu'il est normal qu'un énarque ignore le montant du SMIC. Mais franchement, quel énarque sérieux - en dehors des caricatures qui hantent les discussions bon ton des bien pensants travaillant dans le privé et détestant par réflexe les fonctionnaires - ne connaît pas le montant du SMIC ? Et si jamais l'énarque ne connaît pas le prix d'un billet de bus, c'est parce que, comme tout étudiant, il a une Carte Imagine'R. Et non parce qu'il ne sait pas ce qu'est la vraie vie. Certes, il n'a pas forcément vécu son enfance dans une HLM à Outreaux, mais peut-on lui reprocher et l'inverse serait-il souhaitable ?

Et à niveau égal dans le privé, QUI a ce fameux "sens des réalités" ? Mes amis travaillant en banque d'affaire londonienne et voyant défiler des comptes à six 0 savent-ils ce qu'est la vraie vie ? Mes amis passant 10 heures dans leur bureau pour faire du conseil en restructuration ont-ils la moindre idée de ce que vit la secrétaire dont ils s'apprêtent à supprimer le poste ? Mes amis qui font du lobbying à Bruxelles ont-ils la moindre idée de ce que vit cette fameuse Mme Michu quand son fils lui dit qu'il veut partir en Erasmus à Cork ? Non, et personne ne pense à dénoncer leur incompétence notoire pour cette raison. Alors pourquoi les énarques concentrent-ils toute la haine de la France, eux qui ne rêvent que de la servir depuis leur plus tendre enfance ?

Le problème de l'énarque est qu'il concentre deux tares : il fait partie de l'élite, et il est fonctionnaire. Le fonctionnaire est incompétent et paresseux. Or faire partie de l'élite quand on est incompétent et paresseux est carrément inadmissible, on est d'accord.

Je suis certaine que les trois quarts des gens qui critiquent les énarques n'en ont jamais côtoyés. S'ils l'avaient fait, ils auraient vu qu'en dehors des exceptions mal recrutées par un jury trop porté sur la faculté à citer Cicéron dans le texte plutôt qu'à la capacité de réaction face à une mise en situation coriace, on n'est rarement énarque par hasard. J'estimerais personnellement le taux d'erreur manifeste de recrutement à 5%. Demandez aux polytechniciens, aux normaliens ou aux pompiers s'ils ne pensent pas que parmi leurs congénères, 1 sur 20 n'est pas totalement à sa place et racontez moi leurs réponses...

S'ils avaient côtoyé des énarques, ils sauraient que ceux-ci n'ont ni chauffeur, ni abonnement aux compagnies de taxi. Mes profs arrivent essouflés en vélo, en scooter ou en métro. S'ils avaient côtoyé des énarques, ils sauraient que faire l'ENA ne consiste pas uniquement à porter un titre prestigieux, mais aussi à se tuer à la tâche même une fois rentré pour sortir bien classé. La vie à l'ENA m'apparaît d'ailleurs encore plus monacale depuis que j'ai regardé ce reportage de Complément d'enquête (à la fin).

En somme, il faudra toujours trouver une façon de sélection et de former les élites administratives. Dire que les critiques faites à l'ENA sont stupides ne signifie pas que cette institution est parfaite. Elle a des défauts, mais j'attends pour me prononcer sur sa suppression qu'on me propose mieux. Et avant de faire la révolution, la réforme du concours d'entrée me semble être une priorité (et je ne dis évidemment pas ça parce que je suis incapable de citer Cicéron dans le texte...).

Peut-être qu'un jour, l'ENA recrutera des gens qui ne savent pas qui est Robert le Pieux mais qui n'hésitent pas à chanter Joe Dassin pour remonter le moral de leurs amis et sont capables de gérer une situation de crise sans avoir envie de pleurer "parce qu'on ne comprend rien" (spécial kassdédi. Comme dirait Martin : "ceci est une private joke en milieu socialisé, c'est insupportable").

Je sais, savoir chanter du Joe Dassin ne sert à rien pour bien servir l'intérêt général. Mais savoir qui est Robert le Pieux non plus...

Edit : pour mettre fin également à la supposée richesse incommensurable des énarques, je précise que la rémunération moyenne à la sortie de Sciences Po (donc de TOUS les élèves, pas uniquement des énarques, qui ne sont qu'une minorité) tourne autour de 3 000 à 3 500 € selon les sources. Durant les 2 ans 1/2 de leur formation (qui, je le rappelle, se fait pour plus de la moitié en stage), les énarques reçoivent eux environ 1 300 € de traitement. A la sortie, les plus chanceux - et surtout les plus bosseurs sortis dans le premier quart de la promo - pourront atteindre les 2 800 €, peut-être 3 000 (mais difficile d'obtenir des chiffres officiels sur la question...). Si des énarques dans la salle veulent bien confirmer ou infirmer, avec une approche teintée d'expérience, je leur en serais reconnaissante :-) Donc plus de deux ans après avoir quitté Sciences Po, admettons que le salaire moyen de l'énarque soit à 2 500 €. A votre avis, à combien s'élève le salaire moyen d'un ancien élève ayant commencé à 3 000 et ayant deux ans d'expérience ?

03 avril 2007

Mea culpa et autoflagellation publique préservative

Je tiens ici à présenter en public mes plus plates excuses à tous les internautes qui tombent ici en espérant sincèrement trouver des conseils judicieux sur "trouver un mari", "comment préparer un oral", "miser + bon cheval", "prononcer Hubert sexuel" ou encore "comment enfiler ses collants"

Précisons les choses : malgré la noblesse de vos interrogations existentielles, vous ne trouverez ici que des conseils foireux. Je n'ai pas encore trouvé de mari, je ne suis pas encore certaine d'être bonne en oral (et n'aurai peut-être jamais l'occasion de le savoir), je n'ai jamais joué au PMU, je ne sais pas ce qu'est un Hubert sexuel (ceux que je connais sont résolument dépourvus de ce genre de chose), et moi aussi, il m'arrive de filer mes collants.

Suite au commentaire (qui m'a beaucoup fait rire) de Pascal en réaction à mon précédent billet, voilà tout ce que j'ai pu trouver sur Louis Lafforge jeune. Le problème étant qu'il n'est pas suffisamment vieux pour qu'on fasse vraiment la différence entre les photos de lui jeune et celles de maintenant. En fait, il est encore jeune. Mais moins qu'avant, comme nous tous. J'ai donc choisi celle qui me semblait la plus... représentative (bien que je sois encore persuadée qu'il avait un peu plus de cheveu avant...) :


Au cas où vous auriez cru à la sincérité de ma flagellation : il ne s'agit bien évidemment que d'une pure façade destinée à m'éviter tout procès pour publicité mensongère voire préudice moral. Il n'en reste pas moins qu'il s'agit de conseils foireux, mais depuis quand doit-on s'excuser pour ce genre de choses ?!

02 avril 2007

Miser sur le bon cheval

Non, vous n'allez pas lire un énième billet de blog sur Equus et Daniel Radcliff. Ce soir, un bon conseil pour toutes celles qui sont à la recherche de leur futur mari. Pour certains, l'idée même de chercher un mari semble désuète. Mais l'observation attentive d'un amphi à Sciences Po ne permet pas d'en douter : il s'agit bien d'un investissement important en temps et en énergie, qui en accapare quelques unes.

Je suis personnellement très loin de ça. Mais pour celles qui se sentent concernées, ma petite pierre à l'édifice du bonheur de l'humanité résidera pour aujourd'hui dans ce secret : l'important, les filles, est de miser sur le bon cheval. Celui qui est le bon maintenant (en général plutôt facile à repérer) mais surtout plus tard, beaucoup plus tard.

Bien évidemment, je ne parlerai pas ici de caractère, chose beaucoup trop subtile pour une écervelée comme moi. Je me concentrerai donc sur l'essentiel (oh ça va hein, on ne peut pas parler du Darfour tous les jours non plus) : le physique.

Et là, vous pensez tout de suite que miser sur le bon cheval consiste à éviter la catastrophe désormais bien connue sous le nom de Fat Tom.

Je vous explique. A 25 ans, vous vous mariez avec lui, M. TopGun en personne. Forcément, vous êtes fiérote, toutes les copines vous l'envie, vous pensez que cette fois-ci, c'est bon, vous pouvez foncer tête baissée vers 50 ans de bonheur conjugal. En même temps, je peux comprendre, c'est un peu comme trouver une combinaison intégrale en cachemire au prix d'un string en polyester. Une seconde après, si on hésite, c'est la copine qui l'emporte. Alors on ne réfléchit pas, et on fonce.


Quelques années plus tard, on se rend compte qu'on est avec une saucisse sur pattes devenu totalement hystérique et embrigadé dans une secte :



Mauvaise pioche...


Et puis il y a celles qui savent vraiment tirer leur épingle du jeu. J'aimerais que vous, dans la salle, vous leviez bien haut le bras si vous donner 10 peanuts au monsieur ci-contre. (Les mecs peuvent jouer aussi). Levez le bras bien haut que je puiss voir.

Ben voilà, c'est bien ce que je pensais, il n'y en a pas une qui soit intéressée. Faut dire qu'un petit gringalet avec les yeux à moitié fermés et la coupe choucroute, ça ne tenterait pas même Eve (la pecheresse originelle de la Genèse, hein, pas ma copine Eve au nom de laquelle je ne veux pas du tout m'exprimer sans son accord sur la question).



Oui, mais voilà... voilà quoi ? Et bien j'aimerais maintenant que les mêmes me disent si le monsieur à droite, là, les tenterait plus. Allez-y, vous pouvez cliquer pour agrandir, histoire de bien vous informer avant de vous engager.

Ah bah oui, là, c'est la forêt équatoriale de bras pour le Dr Mamour. Hinhinhin, et c'est là qu'on rigole : comme dirait un grand penseur de notre temps, "la droite et la gauche, c'est la même chose". Enfin, le même. Patrick Dempsey en personne, jeune et moins jeune.



Vous ne me croyez pas ? Et voici deux autres avant-après sur le vrai bon cheval sur qui miser :


Dommage pour Katie Holmes, et félicitations à la femme de Patrick Dempsey, qui a (voix mélodramatique type téléfilm de l'après-midi sur M6) "su voir le diamant taillé sous le morceau de pierre brute".

Souvent, je me dis qu'à force de langudeputer sur le physique de mes petits camarades de prepena, j'en oublie que sous l'un d'eux se cachent sans doute un Dr Mamour en puissance. D'ailleurs, si ce n'était pas le cas, pourquoi quasi-tous nos profs, anciens préparationnaires eux-mêmes, sont aujourd'hui de forts sexys jeunes hommes (mariés, je précise, pour couper court à tout fantasme ayant pour cadre Boutmy) ?? Il faut bien, pour une question de logique statistique, que eux aussi aient été moches avant de devenir beaux. Ou alors je suis tombée sur une mauvaise année...

Mesdemoiselles, demain, en allant faire votre marché du Prince Charmant dans un amphi, autour de la machine à café, ou depuis une terrasse de resto, pensez très fort à Patrick Dempsey et à Tom Cruise en regardant autour de vous...

01 avril 2007

La réalisation du ouikènde

Fab a bien travaillé ce week-end : étant donné que "ce que Femme veut, Dieu le veut", il n'a pas résisté et a concrétisé une de mes rêveries élaborées sous la douche (c'est un endroit où je pense beaucoup...). Je suis donc très fière de pouvoir vous présenter en son nom la nouvelle rubrique de madmoiZelle.com "Je veux comprendre".

Le but ? Si vous allez voir, vous lirez que l'idée de cette nouvelle rubrique est de "présenter de façon précise, exacte mais pas prise de tête les grands thèmes de l'actualité, dont les journalistes parlent souvent sans expliquer le fond du problème. Cette rubrique est tout simplement là pour comprendre ce qui se passe chez nous et dans le monde, de la prolifération nucléaire à la dette publique, en passant par la crise du Darfour...".

D'ailleurs, le Darfour est le premier sujet traité, mais il y en aura d'autres. Plein d'autres. J'ai déjà une liste bien remplie, qui va me permettre de réviser utile. C'est fascinant de voir à quel point il est intéressant de se pencher suffisamment sur un sujet pour être capable de l'expliquer clairement à Mademoiselle Toulemonde, qui ne s'appelle pas nécessairement Odette, qui n'y connaît que ce qu'elle a entendu en regardant David Pujadas.

Forcément, si vous êtes un spécialiste du Darfour, vous allez trouvez ça simpliste voire simplificateur. C'est un peu le but, mais je promets en toute bonne foi que j'ai essayé de ne pas dire de conneries et de vérifier systématiquement mes sources. Menfin bon, je ne suis pas non plus allée sur place samedi soir pour voir ce qu'il s'y passait. Alors si vous êtes darfourologue et absolument pas d'accord avec ma vision des choses, j'écouterai avec attention vos remarques ;-)

30 mars 2007

In ze teeth

Parfois, on n'attend rien de personne et on reçoit un peu trop d'un coup. Quand je suis dans le bus, je suis du genre revêche. Je sais, c'est mal, mais la mémé qui m'adresse la parole pour partager avec moi son opinion sur le temps qu'il fait m'insupporte. Si je choisis de prendre le bus plutôt que le métro, c'est principalement pour le luxe relatif que celui-ci offre : presque une bulle de calme et d'apaisement, dans laquelle j'ai le temps de rêvasser en regardant par les fenêtres. C'est comme ça : moi, dans le bus, je me détends. Et les pipelettes solitaires qui cherchent à m'inclure dans leurs divagations de comptoir me détournent de ce noble objectif.

D'ailleurs, je parle de mémé, parce qu'il est statistiquement prouvé par mes propres observations que la population bussesque est majoritairement méméresque. Mais les hommes aussi causent. Il y a ceux qui vous informent de l'arrêt auquel ils descendront, comme ça, pour vous tenir au courant. Il y a ceux qui vous disent d'où ils viennent, où ils vont et pourquoi. Et puis il y a ceux qui s'adressent à vous. Enfin à moi.

"C'est frappant comme vous ressemblez à ma fille" me sort-il, me sortant moi de ma rêverie. Cela explique peut-être pourquoi ce sexagénaire me reluque depuis 10 minutes. Je lève la tête et un sourcil, et lance un poli "ah bon" qui signifiait nettement "qu'est-ce que ça peut me faire ?".

Je ne suis pas asociale, mais :
- si son but était de me révéler l'existence d'une jumelle inconnue, abandonnée comme moi par notre mère et adoptée par une autre famille, je préférais ne pas être au courant
- si son but était de me draguer, je trouvais que le fait de souligner qu'il pourrait être mon père était très peu finaude
- s'il souhaitant enchaîner sur "elle est morte l'été dernier et me manque beaucoup", je préférais fuir avant le déluge.
Je sais, tout ça ne respire pas l'amour du prochain. Mais la suite m'a donné raison : tous les prochains ne méritent pas d'être aimés.

Il continue, pas découragé : "Ce qui est incroyable, c'est que vous avez exactement le même regard qu'elle. Parfois très doux, et parfois très froid, très hautain..." BING BANG BOUM, dans tes dents Jean. "Ce n'est pas une critique", qu'il ajoute, pour se dédouaner. "Mais c'est vrai... très froid, très hautain" rajoute-t-il une couche.

J'arrivai à mon arrêt, j'ai réuni ma dignité et j'ai quitté ma place en lui disant au revoir, de mon plus beau regard hautain. Mais depuis, je m'interroge : et s'il avait raison ? Et si je donnais vraiment cette impression aux gens ?

A vrai dire, c'est fort possible. Je vois exactement de quel regard il veut parler : celui de ma mère, qui n'est pas du tout hautaine. C'est juste qu'elle regarde parfois comme ça, "avec l'air sévère" dixit l'un de mes amis. Et moi aussi je regarde comme ça, quand un inconnu me regarde. Généralement, ça le dissuade de continuer, et c'est exactement le but recherché.

Certaines filles ne peuvent pas vivre sans le regard des autres, de préférence masculins. Moi, quand on me regarde, je me dis que c'est parce que "quelque chose" cloche, que j'ai du rouge à lèvre sur le nez, du persil dans les oreilles ou du caca de pigeon dans les cheveux. Forcément, je préfère quand on ne me regarde pas, et mon regard qui tue est là pour dissuader.

Mais visiblement, ils deviennent un peu trop automatiques mes yeux revolver... de façon complètement inconsciente. Je mentirais si je disais que j'ai oublié cette remarque aussitôt entendue. J'y repense, en me demandant s'il a raison ou s'il vaut mieux que je fasse comme si je n'avais rien entendu. Alors est-ce que je donne trop d'importance à un ringard de bus, ou bien est-ce là le début d'une réflexion salvatrice pour mon capital sympathie ?

[Edit] : je n'y pensais même plus, mais j'ai trouvé une solution. Mardi soir, je me suis achetée les lunettes de soleil de la saison. Avec ça, impossible de voir mes yeux. Et le premier qui dit que ça fait encore plus crâneuse que le regard hautain, je vais lui montrer ce que ça donne une fille qui se la pète, en le tuant de mes yeux revolver...

28 mars 2007

On attrape pas les mouches avec du vinaigre

A en écouter mes amis, les garçons ne s'attrapent pas avec de l'esprit, de l'humour ou un décolleté, mais avec du vinaigre. Si je fais la somme des différents conseils qui me sont prodigués par les reines de la drague ou leurs cibles masculines, une nana irrésistible se doit :

1. d'être un peu chieuse. Une béni-oui-oui, ça n'a rien d'attirant. La nana gentille, pas hystérique, pas capricieuse n'est qu'une vague limande sans intérêt. Il paraît que le caprice, c'est "avoir du caractère". La fille pas chieuse est facilement soupçonnée de ne pas avoir de personnalité. Et si elle était juste polie ?

2. d'être un peu conne. Une nana qui sait tout sur tout, ça énerve. Faut pas être niaise non plus, mais juste montrer quand même que sans lui, on ne vaut pas grand-chose.

3. d'être un peu fragile. "Moi femme faible avoir besoin de grande épaule homme fort pour avancer dans la vie". Toujours assurer nuirait gravement à la confiance en lui de l'Homme.

Or moi, grande spécialiste, je conteste cette vision des choses. Parce qu'il faut bien se mettre en tête que :

1 bis. Seules les vraies irrésistibles peuvent se permettre d'être chieuses. Chez les autres, ça ne fait qu'un défaut de plus. A l'extrême rigueur, ça donne encore un petit charme pour l'être enamouré, mais pour les Autres (qui continuent d'exister malgré la récente mise en couple, je le rappelle), c'est juste insupportable. Si vous continuez à penser qu'être chieuse était une qualité, c'est que vous n'avez jamais personnellement expérimenté l'enfer que représente une petite copine chieuse au bras de l'un de vos amis.

2 bis. Le célibat contraint à devenir forte et intelligente. D'ailleurs, légère niaiserie et faille, même combat : le but est de montrer à l'Homme qu'il est indispensable. Or quand on a justement dû s'en dispenser par la force des choses, il a bien fallu apprendre à un moment ou un autre à faire toute seule. Hier soir, j'ai gagné le surnom de Mac Gyver en réussissant à ouvrir au tournevis une boîte de cirage sur laquelle s'acharnaient deux copains sans succès depuis 2 jours. Mac Gyver, c'est sympa mais pas super glamour, j'en conviens. Alors je comprends que ça ne soit pas un bon départ dans la vie, de savoir ouvrir les boîtes de cirage. Mais n'empêche que c'est bien pratique d'avoir un ouvreur automatique chez soi, non ? Bon, d'accord, je m'enfonce. Il faut quand même dire que le célibattantisme n'est que très rarement une posture revendicative, mais une nécessité contingente liée à l'instinct de survie en milieu hostile. Vouloir / devoir s'en sortir toute seule n'implique pas nécessairement une volonté d'extermination des mâles, devenus inutiles. Je vous assure que quand j'ai arrosé mon ordinateur de café, j'aurais adoré pouvoir appeler un esprit masculin cartésien et rassurant.

3 bis. Tout ca veut quand même dire que ce qui prime n'est pas ce qui fait qu'il est agréable, ou non, de vivre au quotidien avec quelqu'un pendant 50 ans, mais l'image de soi qu'on renvoie à l'autre. "Je ne t'aime pas pour toi, grosse chieuse niaise et faible que je ne supporte plus, je t'aime parce que tu me fais me sentir fort, beau et intelligent". M'étonne pas qu'un mariage sur trois finisse en divorce.

Tout ça pourrait sentir un peu le rance, mais en fait non. Promis juré je ne suis pas aigrie. Ca me fait plutôt sourire en réalité. J'adore observer les couples en train de se former, l'étincelle qui est plus ou moins là... Je trouve ça fascinant d'obeserver des gens qui font attention au moindre de leur geste, et qui en disent à travers cela encore plus que s'ils se comportaient normalement. Et puis finalement, toujours la même question : qu'est-ce qui fait que là, ça marche ou pas ?

Finalement, certainement pas le fait d'être une chieuse ou non. Souvent, pendant les rendez-vous, les nanas se tripotent les cheveux. Ca veut dire à la fois "Est-ce que je suis belle ?" et "Mon Dieu, que je suis stressée, j'ai besoin d'un doudou". Demandez à un mec ce qu'il en pense : si la nana lui plaît, il trouvera ça adorable ; si elle ne lui plaît pas, il trouvera ça énervant. Alors à quoi ça tient ? A de la chimie ? A la chance ? Aux phéromones ? A notre cerveau primitif ? Aux hormones ? A un jugement rationnel analysant coûts et bénéfices ? A l'horloge biologique ? Au hasard ?

26 mars 2007

Finalement, le sport, ce n'est pas si mal que ça

Il y a quelques semaines, j'affichais au grand jour le conflit irréconciliable entre le sport et moi. Finalement, j'ai presque changé d'idée.

La semaine dernière, j'ai été voir au Ministère des Sports et de la Jeunesse un cousin maternel énarque, chargé par la famille de m'aider à y voir clair dans mon avenir, façon "Madame Irma cause au coin du feu". C'était très instructif. Non seulement pour les conseils qu'il m'a donnés, mais aussi pour l'intérêt de l'observation anthropologique que j'ai pu réaliser dans le hall d'entrée du Ministère. Une réalité saute immédiatement aux yeux : le Ministère a l'air de recruter plus d'anciens sportifs que d'énarques. Si vous vous demandez comme je sais ça, dites vous bien que les premiers font tout simplement deux fois la largeur d'épaules des seconds. La différence est assez nette.

Mais passons, ce n'est qu'un détail (qui prouve néanmoins que, d'une part, le sport sert à quelque chose, et que, d'autre part, l'épreuve de sport du concours de l'ENA est une vaste fumisterie qui ne sert à rien d'autre qu'à emmerder les élèves, à défaut de permettre de recruter des vrais sportifs). L'intérêt, c'est que, inspirée par cette rencontre, par l'ambiance du Ministère (Eurosport en boucle dans le hall d'entrée) et par les sirènes du marketing, je me suis engouffrée dans le Décathlon judicieusement situé juste à côté du Ministère sus-cité.

J'en suis ressortie avec ce que je visais depuis si longtemps, un article que je n'avais pas acheté depuis le collège, un modèle à la fois confortable et presque élégant (le côté rose et argenté voyez vous).

Tous les jours, je croise des gens qui pensent avoir l'air plus malin, plus chic ou plus riche en se baladant avec des sacs en papier de grandes marques, mais tellement éculés que leur propriétaire est plus pathétique qu'autre chose. Je pense qu'en sortant de chez Décathlon avec mon sac, j'étais à peu près aussi fière (pour pas grand-chose) que ces snobs du sac en papier de luxe mais miteux.

Le lendemain matin, après une verticalisation tôtive et avec un beau temps en perspective, je me dis que ma nouvelle acquisition est définitivement digne d'être inaugurée. Sans collier ni jogging rose, je suis partie en mode "marche rapide". Oui, je voulais arriver vivante à ma destination finale, là où je voulais vraiment courir un peu. Or, étant donné que je n'ai pas tenté de courir depuis 5 ans, j'y suis allée mollo. Et si j'avais attaqué direct sur le jogging, je n'aurais jamais réussi à atteindre le parc où je voulais commencer à narguer Christine Aron. [En fait, ce n'est pas du tout ça. Je suis une sportive ultra-chevronnée qui avance masquée, et je voulais juste éviter de me claquer un muscle en me lançant sans échauffement.]

Une fois arrivée sur place, je commence à trotter doucement. Je sens arriver dans mon dos un groupe de rapides, qui me prennent en tenaille pour me dépasser en moins de deux. Je trouve la manoeuvre peu élégante : on n'est pas obligé de me mettre ma médiocrité sous le nez de cette façon...

Oui, mais... à peine dépassée, je remarque que, si la manoeuvre n'est pas élégante, le groupe de rapides en petits shorts ne manquent quant à lui pas de charme. Je lève la tête (je regardais mes pieds, bien sûr) pour découvrir que ce sont mes voisins les sapeurs pompiers. Je leur trouve soudain toutes les excuses du monde pour avoir osé me dépasser. A peine commençaient-ils à s'éloigner qu'un deuxième groupe de pompiers me dépasse, en cyclistes moulants cette fois-ci (moins plaisants). Un troisième (en shorts). A ma gauche, un autre petit groupe prend le chemin de traverse. Je peux faire un arrêt cardiaque en toute tranquillité, je suis bien entourée.

Finalement, j'ai appris que :
- 9 heures était l'heure du jogging pour les pompiers
- mes baskets sont tout à fait ce qu'il me fallait
- aller se bouger les fesses par un grand soleil n'est pas si désagréable que ça
- il faut vraiment que je recommence si je veux un jour réussir à appeler ça "jogging" sans rougir devant l'exagération éhontée de mes performances

Mais là, ben... il fait trop froid. Mais bien sûr. Et quand il fait froid, ça brûle les bronches et tout et tout. Et même pour toute une caserne, ça ne vaut pas le coup !

PS / ne vous méprenez pas, loin de moi l'idée du fantasme de l'uniforme... Ce que j'apprécie chez les pompiers n'est pas du tout leur statut mais leur stature. Nuance !

25 mars 2007

Scotchée


Je deviens la prudence par excellence en ce moment. Tant et si bien que j'ai décidé de doter mon nouvel ordinateur d'une petite protection, au cas où. En même temps, il ne risque plus grand chose, puisque maintenant, j'hésite presque à l'utiliser tellement j'ai peur de l'abîmer... Mais bon, la sérénité n'a pas de prix.

J'ai donc décidé de devenir cliente de iSkin, THE fabriquant de serviettes hygiéniques en silicone pour ordinateurs (on se comprend). Pour ceux qui ne comprendraient pas, regardez la jolie image à gauche, vous verrez ce dont je parle.

Le truc, c'est que ça coûte beaucoup moins cher aux Etats-Unis et au Canada ces petites bêtes-là. Ca alors, ça combe bien, mes parents y sont pile poil en ce moment. Je vais sur le site d'iSkin, je regarde les revendeurs, j'appelle celui qui est au pied de la tour où travaille ma soeur (la vie est bien faite).

Je vous rappelle, au cas où le changement d'heure vous aurait été fatal, que nous sommes dimanche soir. Bon, donc dimanche soir moins 6 heures (soit 15h et des poussières là-bas), j'ai quelqu'un au téléphone en 4 secondes. J'avoue que j'ai presque été surprise, étant donné mon expérience avec TNT qui a dû m'occuper une bonne centaine de minutes la semaine dernière. Mais là, non, rien à voir. Dimanche après-midi, il y a un conseiller clientièle (pas neuneu) pour vous répondre dans la seconde qui suit votre appel. Je suis déjà conquise.

Je souhaitais simplement savoir si le magasin en question faisait bien le produit que je cherchais et si, éventuellement (mais je ne voudrais pas trop en demander surtout, pour ne pas déranger) il était en stock. Même pas eu à demander, mon conseiller clientèle avait vérifié pour moi avant même que je pose la question.

Et avant même que cette autre idée saugrenue me vienne à l'esprit, il me proposait de me le mettre de côté. "Ben oui mais euh... je ne sais pas si ma soeur pourra passer demain...". Mais pas de problème voyons, il le garde une semaine de côté pour moi. Même plus si je veux. Je commençai à douter sérieusement : ne serais-je pas piégée dans un "Surprise sur prise par téléphone" ???

Point du tout. En 5 minutes, c'était plié. J'ai un code de réservation, je viens quand je veux et quand je peux. Le monsieur a été aimable, clair, et efficace. Ben ça alors... ça fait un sacré bout de temps que je n'avais pas vu ça.

Je ne suis jamais la dernière pour dire qu'il y a des trucs qui ne vont pas dans la société canadienne (et nord-américaine en général). Mais il faut bien reconnaître que, quand le capitalisme permet aux gens d'avoir un meilleur service et d'avoir à faire à des gens agréables et compétents, c'est quand même sacrément plaisant et je suis archi-pour. Si vous ne voyez pas le lien entre le capitalisme et la sympathie des employés, repensez à vos dernière virée shopping durant vos vacances en Slovaquie ou en Pologne.

D'ailleurs, pas besoin d'aller un Ukraine pour ça. La France est déjà pas mal. Le jour où une hotline non-surtaxée fonctionnera un dimanche et permettra d'être mis ultra-rapidement en relation avec une personne compétente et aimable, qu'on me fasse signe. Ahhhh, le bon vieux capitalisme à la française... Qu'est-ce qui se marreront mes petits enfants quand je leur raconterai comment c'était, la France, dans ma jeunesse !

Ne vous méprenez pas, ce n'est pas pour autant que je vais voter Bayrou, hein. Nan mais vous pensez un peu aux chatons ou quoi là ???

Apple, bon pour tout

22 mars 2007

Les goûts changent (mais pas toujours)

Il y a onze ans, jour pour jour et sans doute heure pour heure (grosso modo), j'embrassais mon premier garçon. Enfin le premier vrai qui comptait. J'avais 12 ans, et comme à cet âge-là, tout est passionné, il comptait depuis notre rencontre, soit 4 jours plus tôt.

C'était à la boum de fin de classe de mer à Cancale. Il s'appelait Matthieu, il m'avait invitée à danser un slow sur Gangsta's Paradise de Coolio (et oui, 1996 en force) et pendant notre danse, j'avais pu sentir dans son cou la douce effluve du Brut de Fabergé dont il s'était aspergé.

Notre merveilleuse histoire d'amour-pour-toujours a duré une petite semaine. J'ai ensuite passé des nuits à pleurer en écoutant Coolio et en me rappelant de son parfum. Aujourd'hui, ni cette mauvaise reprise de Stevie Wonder ni Fabergé ne m'émeuvent plus, et auraient même plutôt tendance à me faire fuir.

Heureusement, tous mes goûts ne changent pas. Je sors tout juste d'une soirée ciné avec Anne. Bravant les critiques médiocres et mes craintes d'être déçue, j'ai été voir avec elle Ensemble c'est tout, tiré du roman éponyme d'Anna Gavalda dont j'ai déjà parlé rapidement ici et aussi .

Pour la première fois de ma vie, je trouve que le film est presque aussi bien qu le livre. Il manque bien un tout petit truc, le sens du détail encore plus raffiné, mais qui est tout simplement impossible à rendre au cinéma. Etant donné les contraintes et mes attentes, je dirais que Claude Berri est parvenu à atteindre un optimum tout à fait parétien. En bref : je recommande.

Les acteurs sont bons, les morceaux choisis sont judicieux, les images sont belles. On peut dire ce qu'on veut, qu'Anne Gavalda, "ce n'est pas de la grande littérature" (avec petit air de dédain de celui qui sait de quoi il parle), je trouve qu'avoir le pouvoir de rendre les gens un peu plus légers et un peu plus heureux réclame un sacré talent. Chacun de ses livres est une petite pépite. Et je n'ai absolument aucune honte à faire cohabiter les romans d'Anna Gavalda avec les poèmes de Neruda ou les réflexions tordues de Kerikegaard.

Que les gens qui n'aiment que la grande littérature continuent à s'emmerder sans moi en se forçant à lire des pavés insipides mais reconnus. Et qu'ils s'attaquent plutôt à Marc Lévy...

Glouglouglou

Voilà, ça ne se voit pas, mais ce billet est révolutionnaire, presque autant que l'Oulipo en son temps. Ce qui change ? Je l'écris depuis mon NOUVEL ordinateur, le MacBook qui a un nom de hamburger, mais c'est pas grave.

Alors voilà, vous pensez que je suis du genre à ne pas pouvoir résister aux sirènes de la technologie et de la consommation et que j'ai bazardé l'ancien G4 rien que pour le plaisir de la nouveauté. Et bien vous me connaissez alors bien mal.

Parce que figurez-vous que quand mes parents m'ont offert un lecteur de mp3 il y a de cela 6 ans, j'ai dû aller demander à ma soeur, qui est - elle - une vraie spécialiste de la tendance et de la modernité, ce que c'était et à quoi ça servait, avant de pouvoir me réjouir de mon cadeau. Dans le genre aficionada de la technologie, on fait mieux...

Non, j'aurais vraiment bien gardé mon iBook encore quelques années. Surtout qu'il allait bien. Enfin, jusqu'à ce que je partage avec lui mon baquet de café au lait, que j'avais exceptionnellement décidé il y a deux semaines de prendre dominicalement au lit, en lisant Le Monde sur internet.

A l'aune de cette expérience, il s'avère que :

  • le café est un liquide soumis aux lois de la gravité, qui tombe particulièrement vite quand un ordinateur est en dessous)
  • les ordinateurs n'aiment pas tant que ça le café (surtout 1/2 litre, sucré et au lait)
  • le futur inventeur de la combinaison intégrale étanche pour ordinateur fera fortune
  • les informaticiens n'ont décidément aucune âme ("ah bah là, il est mort de chez mort hein ! On peut rien faire..." balancé 3 secondes après avoir ouvert la bête, c'est rude à entendre)
  • le MacBook est vraiment très chouette mais plus grand que le G4, ce qui est fort dommage : il ne rentre pas dans mon sac à main. Mais après tout, on a vu pire pendant la guerre.
  • les livreurs de chez TNT sont les êtres humains les moins aptes à remplir leur mission de tous les gens qui travaillent sur Terre
  • ne pas avoir d'ordinateur pendant 2 semaines m'a confirmé qu'on était vraiment coupé du monde sans ces petites bêtes. C'est officiel, je suis dépendante.

Donc si jamais vous avez envie d'un nouvel ordinateur mais que vous ne savez pas comment le dire, je viendrai prendre un petit verre chez vous, et je vous garantis un engin neuf dans la semaine qui suit. Efficacité à toute épreuve, frais y afférents à la charge du client.

10 mars 2007

Soutenez la paix dans le monde !

Bon, en fait, comme chacun le sait, dès que les Allemands et les Français commencent à se chamailler, ça dégénère grave. Là, avec EADS, la Constitution européenne et tout le reste, on ne nage pas dans le bonheur. Il est donc de votre devoir de citoyen d'aider le monde à échapper à une 3ème Guerre mondiale.

Pour cela, rien de plus simple. Voici un petit questionnaire sur la perception du cinéma allemand en France. Il y a des jeunes gens qui tentent de promouvoir les films teutons dans les salles parisiennes, et que vos réponses aideraient grandement à refaire de la France et de l'Allemagne les meilleures amies du monde (comment ça il n'y a aucune rapport entre la politique étrangère et le cinéma ??).

Ce questionnaire ne s'adresse bien évidemment ni aux germanophones germains (les "native speakers" quoi ; les "apprenants" peuvent, eux, en revanche) ni aux heureux expatriés en Allemagne. En revanche, si vous êtes provinciaux, vous êtes visiblement les bienvenus ;-)

Komankonfè ? Alors, vous copiez-collez ce questionnaire dans un fichier Word, vous répondez aux questions sans mentir, même si vous avez honte, vous enregistrez votre document et vous l'envoyez en PJ à l'adresse cineallemandenfrance@yahoo.fr.

Perception du cinéma allemand en France

1. Selon vous, existe-t-il aujourd’hui un « cinéma allemand » ?
Oui
Non

2. Le cinéma allemand pour vous, c’est plutôt :
Fritz Lang
Fassbinder
Wenders
Fatih Akin
Tom Tykwer

3. Avez-vous été voir un film allemand cette année ?
Oui
Non

4. Comment aviez-vous connu ce film ?
Presse écrite
TV/radio
Bouche à oreille
autres

5. L’atmosphère d’un film allemand est en général :
pesante
captivante
joyeuse
ennuyeuse
comique
psychologique
autres

6. Hésitez-vous à aller voir un film parce qu’il est allemand ?
Oui
Non

7. La VO en allemand est-elle un obstacle ?
Oui
Non

8. Quels mots associez-vous à l’Allemagne ?
Industrie
Discipline
Dynamisme
Bière et saucisse
Austérité
Nazisme
Culture
Autres

9. J’habite :
Paris
la Province

10. J’ai appris l’allemand/ je parle allemand :
oui
non

Merci de votre contribution à la paix dans le monde !

09 mars 2007

Conseils de style

Mon père a quelque fois des inspirations étranges en matière de style. La preuve avec ce petit dialogue téléphonique frais d'une dizaine de minutes :

"- Alors, tu fais quoi ce week-end ?
- S'il fait aussi beau que la météo le dit, je pense que je vais aller me promener au Champ de Mars demain matin...
- Ah oui, c'est une bonne idée ! Tu mets ton jogging rose, des colliers et hop..."

Je m'imagine déjà, gambadant telle Candy, au milieu du Champ de Mars demain matin. Surtout, quand on va faire un jogging, ne pas oublier SES colliers, voilà ce qu'il faut retenir du stylisme paternel. Parfois, il dit VRAIMENT n'importe quoi. Et je crois qu'il ne rigolait même pas. Ou alors très involontairement.

Afin de dissiper tout doute : je n'ai pas de jogging rose. Enfin si mais non. C'est-à-dire que j'ai un bas de jogging urbain vieux rose très joli qui me sert de bas de pyjama, parce que les vrais pyjamas sont tous moches. Et j'ai aussi un vrai jogging anciennement gris chiné qui a malheureusement rencontré une chemise rouge dans le lave-linge, et est devenu rose tyrien. Et que je cantonne du coup également au rôle de bas de pyjama.

En revanche, j'ai une très belle tenue de sport, qui est noire et rose, mais pas du tout du genre Barbie, plutôt très chic vous voyez. Le genre de tenue de sport que vous pouvez mettre pour aller chercher votre pain (et je vous assure que pour que MOI, je vous dise que vous pouvez la mettre pour autre chose que pour faire du sport, c'est que c'est vrai).

En réalité, la seule chose qui me manque, ce sont des baskets. Mais lundi soir, je vais chez Décathlon l'ami de mes moments sportifs, histoire de faire fonctionner l'économie française et les mains des petits mineurs philippins exploités. Et qui sait, peut-être ont-ils aussi des colliers de sport, pour faire plaisir à mon papa ?

Nouvelles du front

Cet après-midi, au détour d'un cours mortellement ennuyeux par son simplisme, je retrouve avec plaisir et papotages une amie disparue dans les limbes de la préparation des oraux ces six derniers mois.

Le retour pour elle est difficile. Un tour d'horizon. Elle scrute, elle reprend contact du regard avec ceux qu'elle avait quittés en octobre. Et conclut, résignée :

"Pffff... j'ai vraiment l'impression d'être revenue à Mocheland !"

08 mars 2007

Deux de perdues, un de retrouvé !

J'aime vraiment bien le "nouveau" format des soirées de France 3, avec une tranche d'actualité intelligente, le plus souvent dépouillée des faits divers fanfaronnant et des résultats sportifs en première page, coincée entre deux tranches de Taddéi qui me fait bosser la culture G. Malgré cela, ça faisait un bout de temps que je n'avais pas regardé le Soir 3. Tellement longtemps que je n'ai même pas assisté au départ de Marie Drucker, dont j'ai déjà regretté et critiqué la disparition temporaire.

Mais le journal de ce soir me réserve une agréable surprise. A sa place : Louis Laforge, le dernier gendre idéal du Service public audiovisuel. Et mon goût pour les gendres idéaux ne se dément pas : je l'aime décidément beaucoup. Je le classe dans le même panier de la sexytude que le présentateur de Capital, période post-Chain (je précise), dont j'ai oublié le nom, parce que quand il passe à la télé, ce n'est pas son nom que je regarde...

Louis, il a tout : les yeux bleus, la petite vague rebelle-mais-pas-trop, le costard chic mais pas tape-à-l'oeil, la cravate de bon goût et assortie à la chemise. L'intérêt, c'est le tout, évidemment. Parce que Cauet aussi est blond aux yeux bleus (enfin, blond, faut encore deviner), et il ne me fait absolument pas le même effet. Dingue non ?

Le seul défaut de Louis, c'est qu'il commence à avoir la coupe PPDA, avant le brushing couvrant le dessus avec le dessus. Rien de tragique hein, mais petit à petit, l'oiseau fait son nid (ailleurs, sur une tête où il y a encore des cheveux).

Tiens, il faudrait que je regarde un peu qui remplace Schönberg... Peut-être une autre bonne surprise ?!

07 mars 2007

Comment préparer un oral

Aujourd'hui, quelques conseils de méthodologie, principalement destinés aux candidates, qui ont, statistiquement parlant, beaucoup moins de chances que ces messieurs d'être admises à un concours tel que celui de l'ENA. Je dis bien statistiquement : d'1/3 d'amissibles, on passe à un 1/4 d'admises. Je ne m'étendrai pas sur les raisons de cette hécatombe antiproportionnelle, d'autres (Duru-Bellat et Mosconi en particulier) l'expliquent mieux que moi.

Là, je vais faire semblant que je suis une pro de l'oral, alors qu'en réalité, je n'en sais rien encore. Je n'en ai pas passé énormément, ils étaient tous sans grande importance, mais ils se sont toujours tous bien déroulés. Forte de cette expérience, je vais vous raconter comment je fais.

Premier constat : pour un oral, si vous avez raisonnablement travaillé, vous avez les mêmes connaissances que tous les autres candidats, ni plus, ni moins. Il va donc falloir se différencier autrement. En particulier en évitant d'être stressé. Aussi, vous veillerez la veille du grand jour à ne pas réviser. Ca ne sert à rien, et il vaut mieux passer la journée :

- à s'épiler. Ca défoule et ça fait toujours mieux de ne pas arriver en yeti. Le jury évite ainsi de croire que vous êtes devenue asociale ou ermite (mot que je ne sais jamais écrire correctement à cause de La Gloire de mon père). Il apprécie que vous ayez encore du temps pour ce genre de futilités et que vous soyez sans doute suffisamment soignées pour prendre une douche tous les jours. Et puis être épilée permet accessoirement de se mettre en jupe. Et la jupe et la meilleure amie de la femme non ? En outre, je recommande vivement l'épilation à la barbare (pardon, à la cire), histoire qu'à côté de ça, l'oral qui vous attend vous semble être une partie de plaisir. Ca aide à relativiser.

- à se faire des masques, pour ne pas avoir de cernes. Rien de pire que de donner l'impression qu'on s'est tuée à la tâche, surtout si la prestation est moyenne... Pour peu que le jury soit tenté de dire "tout ça pour ça ??"... Et puis, attirer la compassion d'un jury est absolument inutile, même (surtout) si vous vous mettez à pleurer. Avec une tête d'enterrement, vous réussirez au mieux à leur faire pitié, et personne n'a envie de recruter quelqu'un qui fait pitié, surtout pour l'avoir comme collègue 2 mois plus tard. A mon tout premier oral à Sciences Po, je m'étais mis du fard à paupière violet sous les yeux pour faire croire à mon prof que j'avais travaillé sans relâche, et ça n'avait que très peu fait avancer le schmilblick...

- à choisir une tenue. Ou plusieurs. De préférence avec un public, c'est plus drôle. Comme le dirait Anaik, chez moi, c'est tombé comme par hasard sur mes parents. J'aurais bien pris l'avis de Brad aussi, mais il était occupé ailleurs. Bref. Choisir une tenue option "beau temps" et une "mauvais temps". Vérifier que vous avez bien une paire de collants impeccables (d'où l'intérêt de le faire quelques jours avant l'oral, histoire de pouvoir passer chez Monop si jamais ce n'était pas le cas). Vérifier également que vous avez une paire de bas de rechange (plus facile à enfiler que des collants dans des toilettes douteuses), à toujours avoir sur soi en cas d'incident. Ben oui, arriver à un oral avec un collant filé, c'est franchement l'un des pires trucs qui puisse arriver. Pire que de ne rien savoir sur le sujet je pense. Parce qu'avec un collant, pas moyen d'improviser...

- se faire une manucure. L'un des seuls trucs que voit vraiment le jury, ce sont les mains. S'il n'est pas question de se la jouer à l'italienne en faisant du vent pour rien, la communication passe néanmoins mieux en les bougeant un peu. Ca peut même être un atout pour faire passer ses idées. Autant éviter donc les ongles rongés, le vernis écaillé ou criard, les doigts bouffés. Je sais, tout le monde n'est pas comme moi, mais si je suis un jour juré, les ongles rongés n'auront aucune chance avec moi : il faut bien un critère de sélection non ?

- appeler quelques copines (s'il vous reste encore du temps). Cf. post d'hier, vous comprendrez pourquoi.

Maintenant que vous êtes épilées, que vous avez des collants prêts pour le lendemain, de jolies mains itou itou, ne faites plus rien, vous pourriez vous abîmer. Non, même réviser, c'est trop dangereux : le papier, ça coupe.

Alors évidemment, les féministes vont me sauter dessus : alors comme ça une nana, si elle veut réussir, doit séduire son jury par son minois plutôt que par ses mots ? Ben oui, désolée, mais arrêtons d'être hypocrites. Un oral, c'est entièrement subjectif, et l'allure générale compte de façon non-négligeable. Et puisque les filles, ainsi que j'ai pu l'observer, pêchent par rapport aux garçons par leur incertitude naturelle, il faut bien qu'elles compensent.

En effet, pour caricaturer, un mec en oral peut vous sortir une énormité, mais avec tellement d'assurance que le jury ne pense pas une seconde à remettre sa parole en doute. A l'inverse, une fille prend souvent un ton précautionneux, même pour dire des choses vraies et intelligentes. Les jurés s'engouffrent dans la brêche et la déstabilisent en lui demandant simplement "êtes-vous sûre ?". Elle réfléchit, hésite, s'enfonce elle-même. Alors dans cette guerre sans pitié, moi je dis : "chacun ses atouts". Et j'en ai eu récemment la confirmation : "quand vous ne savez pas, il suffit que vous souriiez pour qu'on oublie vos hésitations" m'a dit l'un de mes examinateurs (blancs). Tous les moyens sont bons.

En revanche, les objecteurs de bon sens ne manqueront pas de faire remarquer que ça marche peut-être moins bien pour un jury féminin. Je réponds d'abord qu'il est rare qu'un jury soit entièrement féminin. Et que d'autre part, un membre féminin du jury sera aussi sensible qu'un homme sur des ongles rongés, voire plus non ?

Bien sûr, je ne suis qu'à moitié sérieuse. En revanche, l'idée qu'on ne se différencie pas, à un oral, par ses seules connaissances est pour moi une certitude absolue. Reste maintenant à chacun à trouver sa façon, épilation ou non, de se démarquer !

06 mars 2007

Les copines

S'il y a bien un truc, en plus des escarpins à talon, pour lequel je suis drôlement contente d'être une fille, c'est pour les copines. Parce que j'ai beau savoir qu'il existe de magnifiques amitiés entre garçons, personne ne pourra me faire croire que c'est aussi chouette qu'entre filles. D'ailleurs, si les garçons ont du mal à comprendre "ce qu'on peut bien encore avoir à se raconter" quand on s'appelle pour la 3ème fois dans la semaine (ou de la journée), c'est qu'ils ratent forcément quelque chose.

Avec Myriam, vendredi soir, on était bien d'accord pour dire que c'était quand même un truc typiquement masculin que de passer du temps ensemble sans parler ou presque. Vous avez sans doute déjà vu des mecs assis les uns à côté des autres sans parler, juste pour le plaisir d'être ensemble. Ou alors parlant de trucs totalement pas personnels du tout qu'on se demande comment ils font pour s'y intéresser. C'est pas que, nous, on dise des choses plus intéressantes. Mais au moins, ça nous concerne. C'est superficiel, certes, mais personnel.

Les copines, avant toute chose, ça sert à rigoler. Comme quand Myriam me raconte son dernier concept (Myriam, elle est vachement forte pour inventer des concepts sociologiques) : le "lolito sporteuf"©. Le lolito, c'est l'équivalent de la lolita mais avec un zizi qui dépasse. Un jeune homme tout juste post-pubère, qui s'est débarassé de ses boutons et de sa voix de castrat, mais reste vaguement jeune chiot tout fou, mais malgré tout déjà terriblement sexy. Ce qu'on admet avec une pointe de culpabilité "parce que quand même, il pourrait presque être ton fils". Et le sporteuf, c'est une contraction savante de "sportif surfeur qui fait la teuf". Tout ça pour dire qu'une fois que vous vous êtes racontées tout ça avec votre copine, y a pleiiiiiiiiin de temps qui est passé, on a les zygomatiques tout musclés et on a encore plus envie de parler derrière.

Les copines, ça sert aussi à consoler. Une vraie copine, c'est quelqu'un qui est capable de vous dire "en fait, t'as pas du tout les yeux marrons, ils sont totalement verts !". Même si vous savez que pour ça, il vous faut payer le prix d'avoir les yeux (marrons) totalement explosés par vos lentilles, c'est une excellente compensation. C'est aussi quelqu'un qui vous dit, après que vous lui ayiez raconté votre dernière bourde de Pierre Richard de la drague (l'huile pré-shampoing ultra-nourrissante copieusement étalée dans la chevelure 5 minutes avant qu'un bellâtre ne passe chez vous à l'improviste), "oui mais ça valait le coup, tes cheveux sont magnifiques".

Qu'on ne se méprenne pas sur ces deux derniers exemples, mes amies ne sont pas juste là pour me passer de la pommade, mais si elles ne le font pas, qui le ferait en toute objectivité ? Quoi "elles ne sont pas objectives" ??? M'en fous d'abord. Parce que c'est mes copines et que moi je fais pareil pour elles.

On a peut-être l'air de papoter de tout et de rien, mais parfois, on parle de choses très sérieuses aussi. De nos vies et de ses orientations fondamentales (les copines, ça conseille très bien), de nos vraiment gros problèmes et de leurs solutions possible (les copines, ça a souvent les idées plus claires que vous), de nos doutes fondamentaux et de nos angoisses (les copines, ça rassure comme des chefs). Et dans ces cas-là, le papotage superficiel des 3/4 du temps a largement préparé le terrain pour des discussions nettement moins superficielles. Etre une copine, c'est attendre des résultats de quelqu'un d'autre avec l'estomac tout noué et sentir un soulagement immense quand les résultats sont bons. Avoir une copine, c'est savoir que quelqu'un est là, plus ou moins loin, à être de tout coeur avec vous quand il y a un problème.

Je ne sais pas comment les mecs survivent à ces périodes difficiles sans les heures passées au téléphone pour exorciser, en parler jusqu'à ce que ça soit passé, que le problème se soit éclairci ou allégé. Quand je parle de périodes difficiles, je ne veux pas dire "j'ai un rencart dans deux heures et ma robe magique qui me fait ressembler à Penelope Cruz est au pressing".

Et même quand ça va bien d'ailleurs. J'ai un ami qui, lorsqu'il a écrit à l'un de ses meilleurs amis pour lui dire qu'il allait être papa (le truc vaguement important dans une vie quand même) n'a eu de réaction du copain en question que quelques semaines plus tard... Bien sûr, ce n'est pas lui qui me l'a raconté, mais sa femme, avec qui je passe des heures au téléphone à avoir des conversations de filles (et avec qui, justement, je parlais de l'amitié masculine, et elle aussi était d'accord. Dingue non ?!)... Et ça ne veut absolument pas dire qu'ils ne sont pas vraiment amis, au contraire. Mon père aussi est capable de ne pas appeler son meilleur ami pendant 6 mois, et quand il l'a au téléphone après tout ce temps, il ne reste pas plus d'un quart d'heure. Il n'y a aucun lien entre les sentiments et leur manifestation.

Je suis certaine qu'il y a des filles qui fonctionnent comme les garçons, et qu'il y a des garçons qui parlent pendant des heures avec leurs potes de trucs ultra-intimes. Mais quand même, la vie sans coups de fil qui durent des heures, sans thé-papotage superficiel, je crois que je trouverais ça vraiment trop ennuyeux pour valoir le coup...

05 mars 2007

Coïncidence, distorsion des faits, ou sacré sens de l'humour ?

Lu dans Le Monde ("Le deuil du troupeau", sur les agriculteurs dont les troupeaux ont été abattus lors de la crise de la vache folle et de la fièvre aphteuse du mouton) :

"Avec ses codes-barres dans les oreilles, Tolérance mâchouille de la paille aux côtés de Ségolène et de Cécilia. C'est la seule survivante du troupeau de vaches laitières de Laurent et Jean-François Hardy, éleveurs aux Ressuintes (Eure-et-Loir)."


Cécilia et Ségolène mâchouillant l'herbe du même pré, je ne sais pas pourquoi, mais ça ne m'inspire pas le terme "tolérance"...

Ma question est : l'agriculteur a-t-il eu une vision prémonitoire ou une bonne dose d'humour ? Ou le journaliste a-t-il modifié le nom des bêtes pour leur anonymat, "par souci de protection de la vie privée" ?

04 mars 2007

Déformation technologique

Même si la technologie, parfois, c'est nul, ben des fois, c'est bien aussi. C'est nul quand, comme chez moi hier soir, votre ordinateur chéri décide de faire sa mauvaise tête et de ne plus s'allumer, sans aucune raison valable. Or, pour un préparationnaire qui prend TOUS ses cours sur ordinateur, il n'y a guère que le poignet cassé la veille de l'épreuve qui soit pire qu'une défaillance informatique.

Mais parfois, la technologie, c'est drôlement pratique. Et je rêve de pouvoir faire la même chose dans la vraie vie que dans la vie numérique. Par exemple, qui n'a jamais voulu faire "pomme Z" (pour les ringards qui n'ont pas de Mac, "ctrl Z", ou pour ceux encore plus ringards qui n'ont toujours pas compris le système des raccourcis de clavier "annuler" ou "revenir en arrière") ??? Il y a des tas de fois où je me dis "zut, allez, pomme Z". Ah ben non, ça ne marche pas. Et mon huile pré-shampoing haute hydratation reste désespérément sur mes cheveux lorsque sonne à ma porte un ami passé à l'improviste. Ou mon SMS compromettant part au mauvais destinataire contre vents et marées. Ah, tous ces moments où on aimerait pouvoir faire "annuler" sans aucune conséquence.

Mais ces situations restent, heureusement, rares. Celles dans lesquelles j'aimerais faire "pomme F" sont en revanche beaucoup plus nombreuses. "Pomme F", c'est chercher. C'est très pratique : on entre un mot, on fait entrée, et on le trouve. Bien évidemment, j'aimerais pouvoir faire "pomme F" pour les notes sur dossier, quand je suis certaine d'avoir vu une allusion à tel décret mais impossible de retrouver où. En général, en me rendant compte que c'est impossible, je soupire d'agacement, tout en reconnaissant que depuis qu'ils se sont habitués au "pomme F", mes neurones ont sacrément ramolli.

Je regrette encore plus mon "pomme F" quand je cherche un objet. Au choix : mes clefs juste avant de partir (alors que je suis en retard), ma pince à épiler (alors qu'un indésirable me nargue), mon portable (alors qu'il sonne). En ce moment, c'est un carton de livres que je cherche. Un de ces innombrables cartons de livres déménagés de Nancy il y a plus de 3 ans, mais un que je n'ai jamais déballé chez mes parents par manque de place, et que je n'ai pas emporté avec moi dans mes autres déménagements par manque de nécessité absolue. C'est en tout cas ce que sa disparition me laisse présumer. Maintenant que je m'installe pour de bon (j'aime en tous cas à le croire), j'aimerais retrouver tous mes livres. J'ai vidé la bibliothèque dans ma chambre de petite fille, et il me manque toujours certains exemplaires. Un Beigbeder, des Cohen, des Duras, un Bukowski, un Kourouma, des ... Or le carton est introuvable.

Je serais traumatisée de l'avoir égaré quelque part dans le déménagement. C'est incroyable le nombre de choses que l'on perd dans les déménagements, alors qu'il ne s'agit que de transporter tout d'un point à un autre. Mais il en manque toujours une partie à l'appel. Piqué sur le trottoir ? Abandonné dans la cage d'escalier ? Toujours est-il que je suis légèrement fétichiste du livre, à ma façon : je déteste lire un livre qui n'est pas à moi, que je ne puisse pas triturer, retourner, casser, je déteste ne pas avoir mes livres sous la main, même s'ils ne me servent à rien. Pas seulement parce que du coup, ma nouvelle bibliothèque a l'air bien vide, mais surtout parce qu'ils sont une petite partie de moi, qu'ils m'ont formée et qu'ils appartiennent donc à mon salon autant que des photos ou des cartes d'amis.

Malgré cette disparition qu'un petit "pomme Z" réparerait si vite, je suis contente. Grâce à mon modèle psychique légèrement déviant, il m'en faut peu pour être heureuse : j'ai rangé tous mes livres par collection, puis, au sein de chaque collection, par ordre alphabétique d'auteur. J'ai également rangé mes CD par ordre alphabétique de compositeurs, en mettant la musique classique à gauche et la moins classique à droite. Mais il va falloir que j'arrête les frais, les deux côtés se rejoignent presque. Et pour ceux qui se ferait du souci à propos de ma psychorigidité : la réunion ne se fait absolument pas au milieu, et je ne trouve pas ça grave. Je ne suis donc que très moyennement atteinte. Mais quand même, ma bibliohtèque toute rangée, qu'est-ce-que c'est beau...

27 février 2007

Encore une bonne raison

Je viens de trouver encore une bonne raison pour ne pas aller à l'opéra à Paris, malgré mon envie pressante évoquée il y a quelques jours. Pour me tenir malgré tout au courant de ce qui passe en moment, et peut-être même, soyons fous, planifier une soirée culturelle, je suis allée faire un tour sur le site internet de l'Opéra de Paris et de l'Opéra Comique.

D'une part, je ne peux pas matériellement prévoir mes soirées trois mois à l'avance. Or j'aurais volontiers été voir La Juive avec Myriam (je suis sure que tu aurais été partante). Il reste un mois de représentations, et plus que trois soirs avec des places encore en vente. Ca ne laisse pas beaucoup d'alternatives...

D'autre part, sur ces trois soirs encore libres, il ne reste plus que des places à 150 € pour deux soirs, 100 ou 150 € (quel choix !) pour le dernier. Je suis désolée, je ne bosse pas dans la banque d'affaire londonienne comme d'autres...

Alors il est certain que j'ai pris de vraiment mauvaises habitudes à Berlin et à Vienne, mais je réclame le droit de pouvoir aller à l'opéra en me décidant au dernier moment, en étant bien placée, et sans devoir demander un prêt à mon banquier pour l'occasion. C'est VRAIMENT trop demander ???

Le jour où j'ai découvert le String de l'Ambassadeur

Comme promis hier, l'histoire du String de l'Ambassadeur, pour redonner (peut-être) le sourire pour quelques instants à ceux qui ne l'auront pas forcément ce soir mais vers qui vont toutes mes pensées qui traversent le Rhin.

L'histoire du String de l'Ambassadeur... Lorsque j'ai fini mon stage dans la capitale des ruines de l'empire austro-hongrois, mon Ambassadeur a très gentiment organisé un dîner pour mon départ chez lui. Ce dîner, préparé avec soin par son cuisinier qui reste pour moi le maître de la purée à l'huile de truffe, était l'occasion pour mes anciens collègues de marquer leur tristesse inconsolable (Fanny, si tu dis que c'est faux, je ne t'envoie plus aucune offre d'emploi !!) en me couvrant de cadeaux plus somptueux les uns que les autres.

La secrétaire avec qui j'avais passé un certain nombre de pauses café et de soirées endiablées avait racketté tout le poste diplomatique et était allée courir les magasins de la Kärntner Strasse pour trouver petite robe d'été avec laquelle je repartirai de Vienne. J'ai eu des tas de super jolis cadeaux ce soir-là, mais le meilleur restait à venir.

A la fin du dîner, avant de partir de chez M. l'Ambassadeur pour une de mes dernières soirées salsa, mes copines me chuchotent qu'elles ont encore quelque chose pour moi. En grand secret, elles sortent deux petits paquets. "Tu comprends, il restait un peu d'argent, mais devant tout le monde, on a préféré éviter...".

En ouvrant le papier de soie, je découvre un shorty-string en dentelle blanche virginale et un string en dentelle rouge nettement moins virginale. Olé-olé, mais super jolis... et financés pour partie par M. l'Ambassadeur.

Chaque fois que je les enfile, je pense à lui. Et ceux qui l'ont connu doivent se douter qu'il n'est pas, en théorie, l'homme auquel je suis censée penser en enfilant mes strings les plus osés. Mais cette sensation délicieuse de faire un truc résolument subversif à mon échelle me grise pour la journée, en général. Et le "String de l'Ambassadeur" est dorénavant son appellation officielle pour toute la famille. Ce qu'on ne ferait pas pour quelques Ferrero rochers...

Au fait : merci les filles de m'avoir épargné l'ouverture de ces deux cadeaux devant les 10 diplomates ayant sacrifié leur prime mensuelle pour que je puisse me couvrir les fesses (enfin, même pas).

Teasing

Demain, si vous êtes gentils, je vous raconte l'histoire du String de l'Ambassadeur. Soyez sages hein !

23 février 2007

Mais pourquoi donc ?

J'avoue que je serais très reconnaissante à la personne qui pourrait m'expliquer pourquoi, dans le sujet consacré aux Enfants de Don Quichotte dans le 19/20 de France 3 ce soir, on voyait Augustin Legrand, initiateur du mouvement, décharger des caisses pleines de nouvelles tentes, sur lesquelles étaient aposés de grands autocollants jaunes fluo "TV OPERATION" ???????

Remarquez bien que, si la question porte bien à la base sur ces fameux autocollants, elle touche également au pourquoi du comment du besoin de nouvelles tentes...

Pour vérifier que je n'ai pas eu d'hallucination visuelle, il faut aller ici puis cliquer sur "Les SDF campent toujours Canal Saint-Martin" (en attendant quelques heures que France 3 ait eu le temps de charger la vidéo, ce qui n'est pas encore le cas).

J'ai toujours été sceptique quant au mouvement des Enfants de Don Quichotte, sorti de nulle part du jour au lendemain, laissant une désagréable impression de malaise elle aussi sortie d'on ne sait où. Ce soir, je m'interroge principalement sur cet autocollant (c'est l'avantage d'être en week end de détente, on peut se poser des questions peu existentielles).

Le petit cadeau du samedi (en avance) : Aretha Franklin

Aujourd'hui, pour reprendre les bonnes habitudes, un peu de musique sur ce blog. Et pas n'importe qui : Mme Aretha Franklin. Aussi étrange que cela puisse paraître, cette artiste est pour moi intimement liée à Berlin.

Bien évidemment, je connaissais et appréciais avant, mais sans plus. Et puis au tout début de mon séjour berlinois, en traînant au Saturn à côté de la Fernsehturm, un anthologie de la dame en super promo. Un geste machinal et je le mets dans mon panier, sans vraiment savoir pourquoi. Et j'ai passé l'hiver à écouter en boucle sur mon iPod rose. Alors en mémoire de ces temps bénis, voici mon anthologie perso d'Aretha (en me limitant à trois, parce que sinon, ça n'a pas de fin).

Un grand classique :



Un autre tube en live :



Pour finir, ma chanson préférée devant l'Eternel, découverte en écoutant le CD de Saturn :

Respiration

Ce soir, je pars en week-end. Bien sûr, pas à Deauville ou à Cancale, juste chez mes parents. Mais j'ai décidé que, pour la première depuis... pfiou, une éternité... j'allais passer un week-end sans aucun projet de travail. Ca ne signifie pas que je travaille d'arrache-pied toutes les fins de semaine, 18 heures sur 24. Mais même lorsque je ne fais pas grand-chose, je fais toujours un petit truc, qui ne suffit jamais à me donner bonne conscience, puisque j'aurais dû faire plus, mais qui me gâche mon week-end, puisque j'ai travaillé.

Alors que lorsqu'on part l'esprit libéré, en se disant qu'on ne fera de toute façon rien du tout, la perspective est radicalement différente. Je regretterai peut-être cette décision dans un mois, quand j'aurai les résultats de mon concours, en me disant que si j'avais travaillé ne serait-ce que deux heures de plus, j'aurais peut-être su répondre à cette question qui m'a mise dedans (ou plutôt jetée dehors).

Ca me permettra aussi de réfléchir à une question de grande importance : est-ce que j'aime vraiment ce que je fais ? Hier, en écrivant ma note sur la réforme des services de santé au travail, je me suis rendue compte de l'ennui profond que je subissais depuis si longtemps. Dans quasiment tout ce que je fais, je m'ennuie, même dans les matières qui me plaisaient auparavant.

Lorsque j'ai découvert le droit public, j'ai trouvé ça follement intéressant. Enfin certains points, parce que maintenant qu'on parle domanialité publique et montage compexe de partenariat public-privé, je m'ennuie ferme. Les questions sociales aussi me passionnaient. J'en sors maintenant systématiquement avec l'impression que rien ne va, que rien ne pourra jamais aller parfaitement, qu'on est impuissant et que donc à quoi bon...

Est-ce juste un épisode de saturation ? Ou une vraie rupture ? En même temps, vu que ma vie ne peut pas se résumer à écrire dans mon blog et prendre le thé avec des copines (ce que je préfère faire de mon existence), il faudrait que je trouve une occupation qui m'ennuierait moins, tout en me permettant de survivre. Or il y a toujours un truc chiant dans les boulots.

"Le beurre et l'argent du beurre s'il-vous-plaît !" "Et avec ça ?" "La vache laitière, merci !" "Ce sera tout ?" "Ah non, le pré vert aussi..."

21 février 2007

Culturons nous !

Bon, sans doute est-ce parce que je sors de mon épreuve de culture générale et que j'ai réussi à recaser la superbe pièce vue avec ma soeur il y a 2 semaines, Fôrets du très talentueux mais très torturé Wajdi Mouawad, mais là, j'ai une envie irrépressible de culture.

Pas que je sois dégoûtée de la culture le reste du temps, hein, mais parfois, j'ai d'autres priorités que d'y penser, on va dire. Peut-être que c'est comme le jogging : plus on se cultive, plus on a envie de se cultiver... J'ai été deux fois au théâtre en deux semaines, ce qui est (malheureusement) loin de mon quota habituel. Et j'ai déjà envie d'y retourner.

Une fois pour Wajdi donc. Ambiance québecoise, c'est-à-dire avec des gens nus sur scène. Il paraît que c'est systématique. Ca surprend, mais on s'y fait assez vite. J'aimerais bien voir le reste de la tétralogie, mais il faudra que j'attende qu'il revienne en France.

L'autre fois pour Cyrano de Bergerac, qui m'a très moyennement convaincue, même à la Comédie Française. J'ai trouvé l'histoire cucul et pas convaincante. Cyrano n'est qu'un gros nigaud à qui j'ai envie de secouer les puces. Roxane est franchement cruche de se laisser avoir comme ça. Bref, pas de tout mon style de personnages à poigne et de pièce à forte intensité dramatique (en revanche, pour ça, Wajdi est très fort).

Mais là, en ce moment tout de suite, je vais vous dire ce qui me fait rêver : Lakmé. Depuis qu'on l'a raté à Montréal (on ne peut pas être à la fois au théâtre et à l'opéra), je serai prête à vendre le String de l'ambassadeur aux enchères pour y aller (un jour, vous aurez l'explication du "String de l'ambassadeur"). Comme quoi, les besoins, on se les crée vraiment tout seul.

Mais j'ai trouvé de quoi calmer ma lakméite aiguë pour la soirée : le site est moche, mais on peut écouter quasi-tout l'opéra en presque bonne qualité. Ca ne vaut pas un CD ni même des places à l'Opéra Comique, mais ça permet de calmer une boulimie soudaine de Léo Delibes.

J'ai toujours des difficultés à dire que j'aime l'opéra. Parce qu'attention, lorsqu'on se déclare amateur d'opéra, il faut immédiatement tout connaître sur le bout des doigts : les titres, les compositeurs, les librettistes, les plus grands interprètes, les mises en scène inoubliables, les personnages, l'histoire, tout. Or moi, je suis consommatrice d'opéra : j'adore aller à l'opéra, j'adore écouter des opéras, mais je n'apprends pas les livrets par coeur avant d'y aller, je préfère la surprise. Et j'y vais le soir où je peux, et pas en fonction de qui chante ce soir là. C'est ballot, mais comme je ne connais pas la différence en général, je ne choisirais de toute façon pas comme il faut.

Je n'ai jamais été déçue par l'opéra, pas même la première fois, avec ma tante (qui ELLE, est une vraie fan) à 7 ans : La flûte enchantée, c'était drôlement bien choisi, avec des costumes d'oiseaux multicolores dont je me rappelle encore tellement c'était beau. Ah si en fait, une fois j'ai été déçue. Un Donizetti, L'Elisir d'amore, qui portait fort mal son nom étant donné le rencard foireux qu'il avait pour cadre... Mais je suis certaine que cette déception venait plutôt de mon accompagnateur que de l'oeuvre en elle-même.

Cet amour de l'opéra a éclos à Vienne, bien évidemment, où les mises en scène trop classiques à mon goût (oui, ce n'est pas parce que je n'y connais rien que je n'ai pas d'avis) étaient compensées par la possibilité pour les étudiants d'obtenir des places de dernière minute au parterre (qui s'appelle là-bas Parkett, ce qui me fait régulièrement dire "au plancher", ça manque de classe). J'ai résolument continué à Berlin, dont les différents opéras offrent les mêmes possibilités, mais avec des mises en scène nettement plus roquennerolles. A Paris, j'y vais peu souvent : mes horaires sont moins compatibles avec une vie culturelle riche, les places sont à des prix exorbitants (je sais, il y en a à des prix raisonnables, mais maintenant que j'ai pris des habitudes de poule de luxe, je déteste aller à l'opéra et être mal placée, question d'habitude) et j'oublie systématiquement de regarder la programmation. Si ça se trouve, Lakmé est joué ce soir-même...

18 février 2007

La coquetterie n'a pas d'âge

Ma maman trouve qu'on trouve toujours quelque part de quoi rire, même dans les situations les plus douloureuses. Je suis entièrement d'accord avec elle, surtout quand elle me raconte que l'entreprise de pompes funèbres qui s'est occupée de ma grand-mère a ses locaux dans une ancienne boîte de nuit (oui, moi je trouve ça cocasse). Ou que le monsieur des pompes funèbres lui a très sérieusement expliqué que, lorsque le financement des obsèques n'était pas assuré par la famille, ils pouvaient prendre de l'argent sur tous les comptes du défunt, sauf le Plan Epargne Logement. Pourtant, dans le genre logement, la dernière demeure est celle dans laquelle on est certain de passer le plus de temps... Etrange !

Aujourd'hui encore, j'ai pu vérifier le dicton maternel. J'ai été déjeuner chez mes parents pour qu'ils ne soient pas tous seuls, étant donné que ma grand-mère venait auparavant déjeuner tous les dimanches midis chez nous. J'en ai profité pour aller chez elle et faire le tri de quelques affaires, puisqu'il faut désormais vider entièrement son appartement.

Les prémices de ce boulot titanesque m'ont permis de découvrir que ma grand-mère avait de la crème anti-cellulite (sans doute pour les fois où elle montrait ses cuisses à son médecin adoré), du gloss "Brillance effet glamour" (pour aller à ses meetings de l'UMP) et des réserves de blush et de fond de teint suffisantes pour tenir un siège sans défraîchir (ni défaillir). A côté, même mon placard de salle-de-bain ressemble à un magasin d'Etat polonais au mois de novembre...

Un conseil : si vous aviez des actions dans les crèmes anti-cellulite, vendez, leur CA risque de chuter de façon magistrale ces prochains jours !

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16 février 2007

Partie

En ce moment, ce n'est pas trop la fête à la maison. Pourtant, c'est les vacances, j'ai passé 10 jours à Montréal, et rien que pour ça, plein de gens m'envient. Mais pendant que j'étais au Canada, ma grand-mère est partie.

Quand ça arrive aux autres, on se dit qu'après tout, c'est normal, que les grands-mères, c'est fait pour partir. Pour faire des confitures aussi, mais surtout pour nous quitter un jour. Mais quand ça nous arrive du jour au lendemain, on trouve encore le moyen d'être étonné, bouleversé, surpris et de se dire que "ce n'est pas possible" et "qu'on ne s'y attendait pas".

On ne sait pas être raisonnable. A 87 ans, on pense encore qu'elle a tout le temps. Qu'on a tout le temps. Et elle part avant qu'on lui ait demandé la recette de ses calamars à l'américaine et avant qu'elle nous explique comment (bien) monter des mailles. Maintenant, elle est sous une dalle de béton toute froide et il va falloir acheter le bouquin de Ginette Mathiot et Le tricot pour les nuls.

Maintenant, je sais qu'il faut toujours s'y attendre, jusqu'à ce que j'oublie, parce qu'on ne peut pas vivre en disant tous les jours que demain, peut-être, l'autre ne sera plus là. On ne peut pas toujours se dire au revoir comme si c'était la dernière fois. Mais ce matin, quand je ne me suis réveillée et que j'ai vu que ma soeur, partie aux aurores, ne m'avait pas dit au revoir pour ne pas me réveiller, j'ai espéré qu'il ne lui arrive rien, pour ne pas rester sur "ça", cette absence d'au revoir. On ne peut pas vivre en se disant qu'on va mourir, mais cette imprévoyance rend la mort encore plus douloureuse. Le seul moment réconfortant a été la cérémonie religieuse, et je ne sais pas comment font les non-croyants pour enterrer les leurs sans ce mince apaisement.

Maintenant, je sais ce qu'il faut faire et dire quand ça arrive aux autres. C'est la première fois que je perds un proche en ayant "l'âge de comprendre". Avant, je minimisais la douleur que pouvait ressentir mes amis dans cette situation. "Une grand-mère, c'est fait pour mourir". Avant, je préférais rester silencieuse, par pudeur, par peur de "remuer le couteau dans la plaie", par crainte de déranger. On ne dérange pas en réalité, on réconforte, et je remercie tous ceux qui ont été près de moi par leur présence ou leur pensée.

Alors voilà, c'est fini. Il faut se plonger dans le matériel : ranger l'appartement, faire le tri des affaires, déménager, nettoyer la cave, organiser les papiers. En réalité, non, ce n'est pas encore fini, pas pour nous.

14 février 2007

Détournement et contournement

Parce que tout ce qui occupe ma tête en ce moment est trop intime pour être raconté et me coince les sinus via les glandes lacrymales (et que j'en ai assez d'avoir les sinus encombrés depuis 6 jours)...

Parce que je déteste la dégoulinade mièvre de la Saint Valentin qui se transforme de plus en plus en concours du kitsch...

Parce que la première fois que j'ai fait un cadeau (kitsch : une bougie rose bonbon en forme de coeur avec "Je t'aime gros comme ça" écrit dessus) de Saint Valentin, il a été balancé par son destinataire âgé de 9 ans par la fenêtre de l'école (et pas uniquement parce qu'il le trouvait de très mauvais goût)...

Parce qu'avant, j'adorais cette fête, jusqu'à ce que mon premier amoureux me plaque le 14 février. J'avais 12 ans, il n'était pas franchement malin, mais ça marque quand même, quand on a 12 ans et qu'on aime la Saint Valentin...

Parce que cette pourriture de marketing me rappelle que ni hier, ni aujourd'hui, ni demain (mais après-demain peut-être, sait-on jamais), personne ne mumure de mots tendres à mon oreille, et qu'on a beau être une femme libérée et indépendante, de temps en temps, ça fait quand même du bien...

Parce que tout ça, je ne ferai qu'une chose aujourd'hui (si vous êtes une fille, parce que sinon, vous risquez de vous ennuyer légèrement) : vous renvoyer au billet écrit par Ron sur le blog d'Hélène. Un truc de filles quoi...

free music


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06 février 2007

-34°C (billet "glamour un jour, glamour toujours")

Hier, il faisait, grâce à une légère et douce brise de Nord-Ouest -34°C. Pour ceux qui pensent que je débloque et qui n'ont pa suivi ma dernière actualité, regardez de temps en temps mon post-it là à gauche, ce n'est pas fait pour les chiens.

Non, je ne vais pas me lamenter tellement j'ai froid. D'une part parce que ça manquerait d'intérêt. D'autre part parce que je l'ai choisi. Et en troisième part, parce que ce serait faux. Malgré ma frilosité légendaire, je n'ai pas froid. Remarquez, pour ça, je prends 10kg dès que je m'habille, en remerciant définitivement les animaux de bien vouloir nous prêter leurs poils. Sous mes 24 couches de vêtements, on devine que je suis une fille (parce que j'ai un sac à main). Mais rien n'est sûr. En même temps, on s'en fiche : je ne connais personne à Montréal et tout le monde fait pareil.

Cette température fort exotique a mes yeux a été l'occasion pour moi de faire quelques expériences scientifiques à narrer ici-même. Car oui, je le sais, vous vous demandez "aloooooooooors, ça fait quoi de mettre le nez dehors par -34°C ?". Au passage, si je rajoute toujours C derrière °, c'est pour souligner que je parle bien de celsius et non de fahrenheit. Ce qui est une différence de taille.

Ce qui change entre -10° (Berlin) et -34° (Montréal) n'est pas évident au premier abord. Quand il fait froid, il fait froid. Et quand il y a de la neige, elle est toujours blanche. OUI MAIS. Quand on dit mettre le nez dehors, l'expression est fort bien choisi. Car le premier à sentir la différence est justement le nez. Ou plutôt l'intérieur du nez. Oh non, bien évidemment, je suis une fille, je n'ai jamais de crottes de nez voyons. Mais mon nez est, comme toute muqueuse, hydraté de l'intérieur de façon permanente et légère par un liquide quelconque (celui qui coule de façon irrépressible en début de rhume avant de vous empêcher de respirer). D'ailleurs, Wikipédia le dit bien : "La muqueuse qui tapisse les fosses nasales est riche en vaisseaux sanguins, d'où sa couleur rose. Elle renferme de nombreuses glandes à mucus qui la maintiennent constamment humide. Cette muqueuse réchauffe, humidifie et filtre partiellement l'air inspiré." Bon, là, vous devez voir de quoi je parle. En général, quand on n'est pas enrhumé, on n'y pense même pas. Mais quand vous sortez et qu'il fait -34°C, vous y pensez immédiatement. Pourquoi ? Parce que ça gèle... Et oui, hier soir, glamour un jour glamour toujours, j'avais des glaçons dans le nez. Et ce n'est pas très agréable.

Ensuite, pour vous lecteurs, j'ai fait une expérience scientifique dont je rêvais de voir en vrai les résultats. J'avais entendu un jour qu'en dessous de -20°C, tout crachat était gelé avant d'atteindre le sol. Bien évidemment, je ne crache jamais, mais hier soir, la science m'a appelée. Glamour un jou, glamour toujours, j'ai craché dans la rue en attendant le bus (oh ça va hein, c'était purement SCIEN-TI-FIQUE et il n'y avait personne). Et bien je dois dire : la science nous a menti, c'est faux. A moins d'être sur un télésiège très très haut (le temps de chute est alors plus long). A moins que je ne sois à plus de 37°, faussant les hypothèses de base. En tout cas, ça n'a pas marché.

Là, vous devez vous imaginer un bibendum informe avec des stalactites de mucus en train de cracher, et vous ne comprenez vraiment pas pourquoi ce billet est glamour un jour, glamour toujours. Si les deux premières expériences biologiques donnaient une petite touche ironique à son titre, il n'en est rien de la troisième expérience : les lèvres. A peine sortie, je les sens s'engourdir, je n'arrive plus à articuler, j'ai l'impression d'avoir bu des litres de Molson. Je décide de ne plus parler. Et comme vous le savez, rien de tel que le silence pour être mystérieuse, et donc glamour. 1 point. Je rentre, j'enlève mes pelures d'oignons, je vais appliquer un cataplasme de crème apaisante sur mes joues qui ressemblent à du bacon (glamour un jour etc). Et là, je remarque que j'ai les lèvres d'Emmanuelle Béart après opération. Une bouche mes enfants... on en mangerait. Bon, faut faire abstraction du bacon autour. Mais sinon, je vous assure que ça bat tous les gloss repulpeur de pulpe et volumisateur de volume. Un bon -34°C, et on peut sauter la case collagène (silicone ? Qu'est-ce qu'on met dans les lèvres ??). Si les lèvres sont contentes sur le coup, ça ne dure pas et pour éviter le fendillement mortel, il faut ensuite passer la soirée avec un masque de graisse.

Non, y a pas à dire, le froid, c'est ultra glamour...

01 février 2007

Le jour où j'ai rencontré mon premier énarque

Quand on veut faire partie de cette noble secte, la première rencontre avec un énarque est au moins aussi chargée en émotion que lorsqu'un élève de la Starak rencontre pour la première fois Pascal Obispo. Après la fin de la saison, les apprentis-stars sont tellement blasés que Madonna, Elton John et Aznavour réunis ne leur font plus aucun effet. De toute façon, ce sont devenus des potes et plus des idoles. Les énarques et moi, c'est un peu ça aussi. Mon premier a été un grand moment. Maintenant que j'en vois tous les jours et que mes amis en sont, ça ne me fait plus grand chose.

Mon premier énarque, je l'ai rencontré en stage. C'était mon premier vrai stage dans une ambassade, et j'étais très fière d'avoir décroché cette expérience de rêve toute seule comme une grande. Je venais de laisser ma première année de majorité derrière moi, j'étais un jeune et frêle esquif prêt à changer le monde.

En réalité, pour mes premiers jours, j'étais dans mes petits souliers, et je n'avais aucune idée de la façon dont tout cela pouvait bien fonctionner. Pour commencer, je n'avais aucune idée de l'heure à laquelle arriver, en l'absence de consignes de ma chef. Je décidai que 8h30 serait un horaire approprié, ignorant alors que les us et coutumes du poste diplomatique, et en particulier ceux de ma chef, étaient nettement plus tardifs.

Plantée comme un piquet au milieu de l'accueil de l'ambassade, j'attendais que quelque chose se passe, qu'on vienne me chercher par la main et qu'on me dise que "tout allait bien se passer". Une secrétaire a fini par prendre pitié de moi et a appelé une autre stagiaire pour m'occuper. A alors déboulé celle qui allait devenir plus tard la complice de folles soirées de salsa et de dejeuners mexicains endiablés, de sorties à Bratislava et de pauses-cafés bavardes. Pleine d'énergie et le sourire jusqu'aux lèvres, elle m'a rassurée : je n'allais donc pas, contrairement à mon micro-stage précédent, être la seule de moins de 50 ans à 10km à la ronde, et j'aurais des gens avec qui parler d'autre chose que des meilleures écoles de musique de la région.

Je suis encore engoncée dans ma timidité, mais elle me déride, me parle de ce qu'elle fait, des collègues, des autres stagiaires. "Ah bah tiens, justement, voici Gustave, le stagiaire ENA". A ces mots, mes jambes ont flanché, et j'ai senti que j'entrais dans une transe comparable à celle des fans de M. Pokora qui le voient enfin en concert. Moi, Coco, j'allais enfin rencontrer mon premier énarque... le moment était chargé d'émotion.

Là, vous devez vous dire que je suis quand même sacrément cruchotte. Vous n'avez pas tort. Enfin pas cruchotte mais très facilement impressionnable, c'est certain. Je croyais encore que pour être énarque, il fallait être hors du commun. Je sais maintenant que la plupart sont des gens relativement normaux. En tout cas, ce ne sont pas des gens anormalement anormaux. Ils sont normalement anormaux vous voyez. Ils ne sont pas comme tout le monde, mais dans leur genre, ils sont comme tout le monde. Bref, j'ai relativisé depuis. Mais ce matin-là, je ne relativisais pas du tout. Allait-il me parler ? S'abaisser jusqu'à me dire bonjour ?

Il a poussé la porte, et mon reste de jambes en guimauve a définitivement défailli : en plus d'être énarque, il était beau comme un Dieu. Coiffé comme un énarque certes (id est avec la raie sur le côté) mais sa petite vague naturelle lui donnait un air légèrement mutin. Il avait des traits fins et le plus beau sourire que j'aie jamais vu (il détient encore et toujours la palme d'or du sourire aujourd'hui). Et il m'a même dit bonjour. Pire : il a proposé que nous allions déjeuner ensemble, tous les trois, comme de vieux copains. A cette seconde précise, j'ai décidé qu'il deviendrait mon nouvel idéal masculin.

Forcément, le coup du "je suis béate d'admiration devant toi dès que tu ouvres la bouche ou bats d'un cil et je suis prête à devenir ta serpillère si tu le veux" n'a pas vraiment marché. On connaît mieux pour se rendre inaccessible. Et puis même si ça avait marché, notre relation aurait tourné court : j'étais tellement impressionnée devant lui que je n'osais ouvrir la bouche, et il détestait mon parfum. Nous partions mal.

J'ai appris un peu plus tard deux ou trois autres "détails" sur lui qui m'ont définitivement convaincue que nous n'étions pas du même monde, et que même mon idée de devenir sa serpillère était ridiculement déplacée. J'ai abandonné, après m'être ridiculisée un certain nombre de fois. Ne rigolez pas mesdemoiselles, je suis certaine que vous n'auriez pas fait mieux. Le statut de groupie aide rarement en définitive à se présenter sous son meilleur jour.

Depuis, j'ai connu beaucoup d'autres énarques : des hommes ou des femmes, des sympas ou des hautains, des intelligents ou des idiots, des cultivés ou des travailleurs, des beaux parleurs ou des timides maladifs, des beaux ou des moins beaux... qui ne me font plus aucun effet. Il y a autant de types d'énarques que d'énarques même. Mais celui-ci aura toujours le privilège d'avoir été le premier, et un premier énarque, dans une vie de jeune fille, ça compte.