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08 janvier 2008

Einkauf

Il y a une petite émission sur Arte que j'aime beaucoup : Ce qui me manque / Was mir fehlt (private joke : "j'ai le droit d'élever mon blog dans le bilinguisme si je veux !" d'abord). En quelques minutes, des expatriés racontent ce qui leur manque irrémédiablement de leur pays natal. C'est souvent très instructif : on découvre que les Anglais mettent des couvertures à leur théière, que les Tchèques font de la purée bien plus facilement que nous grâce à une grille spéciale, ou encore que les Suédoises ont des pulls d'allaitement. Un vrai tour de l'Europe par ses petites spécialités, qui montre bien que l'unification du marché communautaire n'est pas encore parfaite, et que parfois, c'est tant mieux !

De mon côté, ce n'est pas la France qui me manque quand je suis en Allemagne, mais l'inverse. Rien de mon pays natal ne semble indispensable à mon bonheur lorsque je vis hors de l'Hexagone. Le saucisson ? Je m'en fiche. Le camembert ? Bof, je ne suis pas addict. La baguette ? Ben oui mais non. Je n'en mange quaisment jamais quand je suis ici, alors pourquoi en vouloir quand je suis là-bas. La blanquette de veau ? Tout à fait faisable ailleurs qu'à Paris. Le vin ? Je n'aime que le vin blanc, et les vins allemands et autrichiens se tiennent très bien de ce côté-là. Et c'est comme ça pour tout : je trouve toujours au mieux un remplaçant qui me plaît plus, au pire une parade.

A l'inverse, je ne peux pas aller en Allemagne ou en Autriche sans faire un petit tour par le supermarché, afin de remplir ma valise de choses diverses et variées introuvables en France (ou qui n'ont pas le même goût malgré tous mes efforts d'imagination).

Voilà à quoi ressemblait le contenu de ma valise en rentrant de Berlin :


Revue de détails :

- Les zestes de citron et d'orange de Dr Oetker

Des petites sachets ultra-pratiques quand on a une soudaine envie de cake au citron ou de crêpes Suzette sans avoir d'agrume à portée de main. J'observe avec attention la percée de Dr Oetker sur le marché français, espérant voir bientôt apparaître TOUS leurs produits en France (et pas seulement leurs pizzas que personne ne comprend pourquoi les Allemands ils feraient de meilleures pizzas que les autres).


- Du dentifrice au citron


Je suis un peu citrono-maniaque, en effet. Et dans le dentifrice, c'est divin. En tout cas, bien meilleur que ces horribles trucs à la menthe qui m'arrachent la bouche à chaque brossage trois- minutes- sinon- c'est- la- carie- assurée (en même temps, je n'ai jamais eu de carie, ça doit être vrai quelque part). Et du dentifrice au citron, je n'en ai vu qu'en Allemagne et en Autriche pour l'instant (Schlecker, Rossman, DM, Bipa, mes amours : des supermarchés entièrement dédiés aux produits d'hygiène et de beauté, un rêve !).

- Du Philadelphia

Bon, je suis un peu frustrée, parce qu'il ne restait plus que du Balance, alors que le Philadelphia - comme tant d'autres choses - plus c'est gras plus c'est bon... Encore un exemple parfait d'un produit qu'on devrait sans problème pouvoir trouver en France (ne serait-ce que pour me permettre plus facilement de faire des cheese-cakes à tomber), et qui n'a toujours pas passé la frontière. On peut savoir pourquoi ?!


- La junk food à l'allemande

Je n'en suis pas particulièrement fière, mais je suis fan des Fertiggerichte de Maggi, ces infâmes poudres auxquelles il suffit de rajouter de l'eau et de laisser mijoter pour avoir l'Allemagne à sa table (quand on choisit la gamme "Wirsthaus"). Ca a tout pour déplaire aux nutritionnistes : c'est gras (de mauvaises graisses), salé (trop) et ça n'a aucun intérêt nutritif. Mais que c'est bon (et pas cher), surtout en laissant bien bien réduire, et en rajoutant - pour la légèreté - une cuiller à soupe de crème juste avant de servir, et un gros tas de parmesan dans l'assiette. La meilleure de toute, c'est la Nudelpfanne "Försterin". Mais en l'absence de cette dernière chez Kaiser's le 2 janvier au matin, je me suis rabattue sur les Spätzle au fromage et aux oignons. Avalée ce soir au demeurant : miam !

- Du pavot moulu

Dieu merci, on trouve du pavot en France. Mais pas de pavot moulu. Il faut donc avoir un moulin à pavot pour pouvoir faire tout ce que le pavot permet de faire de meilleur, en particulier les Mohnstollen, Mohnkuchen et Mohnschnitte. Je vais donc désormais, avec mes deux sacs de pavot moulu, pouvoir m'adonner aux joies de la pâtisserie et faire plein de gâteaux qui laissent tout plein de très chics morceaux de pavot bien noirs entre les dents.

- Du Fencheltee

Le Fencheltee, c'est de la tisane au fenouil, romantiquement appelée "tisane anti-prouts" par une amie. Ce n'est pas pour ses propriétés bienfaisantes pour le système digestif que j'adore cette tisane, mais pour son goût anisé très doux. Pour résumer, on pourrait dire que c'est la version allemande et saine ("gesund", concept très important et bien plus large que "sain" en réalité) du pastis. J'étais en grand manque depuis plusieurs mois, et me voilà bien équipée désormais. Attention, ces deux paquets ne sont pas identiques. Sauras-tu retrouver les 7 erreurs qui se sont glissées dans l'image ? Un indice : le meilleur des deux est celui du dessous.

- Du Schwarzwälder Schinken

Je sais, il y en a chez Monoprix. Mais pour oser dire ça, il faut n'avoir JAMAIS goûté de VRAI Schwarzwälder Schinken, ce jambon cru délicieusement épicé au genévrier et à la coriandre puis fumé au sapin, qui n'a la goût d'aucun autre. Il est servi très finement tranché, ce qui rajoute encore à sa délicatesse et - rondelle de citron sur le coca-light - sur une petite barquette en carton qui lui donne sa dernière touche de chic. Oui, le jambon en Allemagne, c'est tout un poème.

- Du Müllermilch à la banane

Je ne sais pas combien de fois le Müllermilch à la banane, sorte de milk shake onctueux, a pu me servir de petit déjeuner durant mon stage. Les horaires fort tôtifs de mon service étant résolument incompatibles avec mon rythme biologique, je n'avais bien souvent le temps le matin que de me doucher et de m'habiller avant de partir ventre à terre pour espérer arriver à temps pour la réunion de 8h du matin. Le Müllermilch n'était avalé qu'après la réunion, au calme dans mon bureau. Mmmmm, que de bons souvenirs ! Juste du lait, du sucre de raisin et de la banane. Le premier qui me suggère de le remplacer par du Yop, je lui crache dans sa bouteille pour offense caractérisée...


- Des petits pains d'épices de Noël en soldes

Déçue de ne pas pouvoir trouver de Marzipanstollen (ces sortes de grandes brioches aux fruits confits fourrés à la pâte d'amande, recouverts de sucre glace pour représenter le Christ dans ses langes), je me suis rabattue sur ces petits pains d'épices tout moelleux, cachés sous une croûte craquante de glaçage et reposant sur un socle de chocolat. Autant vous dire que Prosper et ses tranches sèches ne fait pas le poids face à ça. Ils ont disparu en une après-midi à la bibliothèque.

- Le pesto à la sicilienne Barilla

Pour finir, un truc fondamentalement pas allemand, mais que je ne trouve plus en France : le fameux pesto à la sicilienne de Barilla. J'ai fait des provisions me permettant de tenir un siège. J'ai tellement hâte à l'idée de ma prochaine soirée pâtes !!





Et encore, j'ai oublié de photographier mes délicieux Grießpudding nature de Landliebe : juste de la semoule fine, du lait, un peu de crème et de sucre, et c'est divin. Si Landliebe pouvait s'implanter en France, je serais au comble de la joie d'ailleurs. Allez, venez, c'est chouette par chez nous !
Outre ces petits détails, je tiens à vous dire que j'apprécie fortement votre imagination débordante et votre tendance naturelle à la surinterprétation : je vous dis que je vis provisoirement à deux, et vous en déduisez que je suis revenue de Berlin avec un chevalier teuton (non, je ne me lancerai pas dans le jeu de mot graveleux en rajoutant "qui nique", vous ne me prendrez pas en flagrant délit de vulgarité, franchement, quelle idée), avec qui je vivrais maritalement à la vitesse de l'éclair. Je tiens à démentir. Les Berlinois, je préfère aller les voir chez eux (entre autres pour les raisons évoquées ci-dessus).

04 janvier 2008

Je sais je sais

Oui, je sais que je suis rien qu'une grosse feignasse qu'écrit jamais rien. Mais d'abord, je n'ai pas eu internet pendant longtemps, ensuite je n'avais pas envie de vous parler de Noël ou de vous présenter mes voeux, enfin je n'avais pas vraiment le temps. D'ailleurs, le temps, je ne l'ai toujours pas, alors je passe juste comme ça, faire signe rapidement.

Je ne manque pas de choses à raconter :
- Séville, ses orangers, son soleil, ses siestes partout et tout le temps, et son architecture mudéjar ;
- Berlin, sa neige, mes Berlinois préférés et ses réveillons qui me réconcilient avec les réveillons ;
- les supermarchés allemands et la tête (et l'odeur) de ma valise quand je reviens de Teutonie en me prenant pour Germania ;
- Air France et son organisation de merde, mes charmants voisins de voyage bruyants et encombrants, et le plaisir de se la péter avec les journaux internationaux ;
- et tous les autres sujets promis depuis des lustres (pourquoi je suis une fille "en fait", les questions insolubles, le questionnaire de Noël d'Ashley tout périmé maintenant, etchétéra).

Mais je n'y peux rien, je bosse moi. Beaucoup même. J'ai un mois devant moi pour influencer radicalement le cours de ma vie, et je ne compte pas laisser passer cette chance. Et travailler, ça prend du temps, c'est fou.

Sans compter qu'en ce moment, je vis à deux, et que vivre à deux aussi prend du temps mine de rien. Ce matin, record battu : levée à 8h, je suis arrivée en bibliothèque à 10h30. Certes, 10h30, après un rapide passage chez Starbucks pour faire passer le goût de mon mauvais café sans lait du petit déjeuner, mais je vous rappelle que le Café au rond vert est en face de chez moi et que j'ai pris mon Latte Crème brûlée à emporter. D'ailleurs, je préfère le White Moccaccino, c'est certain. Bref : je ne comprends pas comment ça s'explique, mais à deux, je fais les choses plus lentement.

En bonus, les plus belles recherches de la dernière heure : "crème Nuxe pour gonfler les mains" (pour éviter que ton alliance ne tombe ?), "restaurant manger le monstre" (bon appétit d'ogre), et "anne-sophie OR béber OR gambas OR merlan OR létiz OR coco OR élo" (tes amies s'appellent vraiment Gambas et Merlan ?).

Je sais, cette note n'a ni début ni fin, mais en même temps, quoi que je fasse, vous ne serez pas content parce que je ne vous aurai pas souhaité une très belle année 2008. Qu'est-ce que j'y peux, franchement...

04 octobre 2007

Le jour où j'ai touché le paranormal du bout des doigts

Je n'ai pas peur que des extraterrestres verts et velus ne viennent m'enlever. Je ne crois pas aux fantômes. Les voyantes ne feront pas fortune avec moi. Et pourtant, je dois admettre que j'ai été témoin - voire actrice - d'un évènement tout à fait étrange.

Eté 1998, j'ai 14 ans, et je suis en Pologne avec un groupe de jeunes. On était censé passer deux semaines sur un chantier pour aider à reconstruire une école et un temple à Drogomysl (j'aimerais beaucoup l'écrire correctement, mais il me manque plein de lettres sur mon clavier). Quand on est arrivé dans ce petit village du fin fond de la campagne de Petite-Pologne, grâce aux miracles des fonds européens, tout était déjà fini. Donc on a fait du tourisme. Je pense que je ne reconnaîtrais pas la Pologne si j'y retournais aujourd'hui (tout l'argent communutaure n'était pas encore arrivé à cette époque).

On a un peu silloné le pays en train et à pieds : Cracovie bien sûr, les mines de sel, Auschwitz et Birkenau, des parcs naturels, Varsovie, Sopot, et Gdansk. Tout le séjour était un peu surréaliste : je suis passée à la télé polonaise, et je ne sais même pas sur quel sujet (Andy Warhol n'a jamais dit qu'on devait en plus être satisfait de son quart d'heure de gloire). J'ai vu Boogie Nights en polonais dans un cinéma qu'on aurait dit un hôtel de passes (ça allait bien avec le film). Les vieux couraient presque quand ils nous voyaient arriver tellement on leur faisait peur, à parler étranger pour demander notre chemin (je te raconte même pas quand on essayait d'engager la conversation en allemand). On mangeait du fromage au petit déjeuner parce qu'on ne savait pas que des trucs en brique de 250 grammes, qui s'appelait "ser", ce n'était pas du beurre. On a découvert qu'à Auschwitz, pour que la promenade soit plus agréable pour les touristes, ils avaient tout repeint de frais, ils mettaient de jolies fleurs partout et il y avait des tables de picnic juste à l'entrée du camp.

Pour me tenir compagnie au cours de ce périple, j'étais partie avec une amie et des bouquins. Dont Si par une nuit d'hiver un voyageur d'Italo Calvino, qui est un bouquin absolument génial. Etant donné que tout ça remonte un peu, je me rappelle pas EXACTEMENT du pitch, mais je sais que c'est une mise en abyme vertigineuse. Calvino parle directement à son lecteur en lui disant "tu". Et il lui raconte l'histoire d'un lecteur qui lit son livre. Enfin pas celui-là mais un autre. Sauf qu'en fait, il cherche le livre qu'il est en train de lire. Bref, c'est un peu compliqué à raconter, mais c'est à mourir de rire. Et la frontière est volontairement floue entre celui qui lit, celui qui écrit, celui qui raconte. Le lecteur se perd délicieusement dans ce labyrinthe dessiné exprès pour lui, et à l'élaboration duquel il a réellement l'impression de participer personnellement.

C'est donc dans cet état d'esprit de flou littéraire qu'est passé mon voyage interminable en train de nuit qui nous menait à Gdansk. Tiens, c'est drôle, dans le livre, Calvino parle d'une gare. Mon train s'arrête d'ailleurs à une gare. Les coïncidences sont décidément troublantes. Le livre parle de Malbork, une ville polonaise dont je ne connais rien. Je lève les yeux, pour découvrir stupéfaite le panneau de la Polskie Koleje Panstwowe, la délicieuse SNCF polonaise, m'informant que nous étions précisément arrêtés à... Malbork. Trouble intense, hésitation métaphysique : comment un livre écrit en 1979 et imprimé en 1995 peut-il prévoir que je serais à Malbork précisément au moment où je tomberais sur cette page ?

C'était tout simplement fou. Il ne s'agissait que d'une pure - et fort surprenante - coïncidence. Mais le ton du livre était tellement "comme ça" que j'ai vacillé un instant. C'est réellement difficile à expliquer et à comprendre pour quelqu'un qui n'aurait pas lu ce livre. Mais le but de Calvino est JUSTEMENT de faire croire à son lecteur qu'il le voit, qu'il communique avec lui. Il a inventé le roman interactif bien avant la téléréalité et son "si vous voulez garder Paulette, tapez 1". Je n'aurais pas été aussi troublée si j'avais lu n'importe quel autre livre plus classique. Mais là, c'était... sidérant. Cet épisode reste pour l'instant l'expérience la plus incroyable qui me soit arrivée, à ma modeste échelle. A part ça, lisez ce bouquin, c'est un délice !

16 septembre 2007

Soirée diapos

Dites, si je vous raconte mes vacances, vous allez trouver que je fais ma crâneuse ? Bon alors c'est simple : il faisait beau, il faisait chaud, il n'y avait personne sur la plage, la mer était bleue-verte comme elle ne l'avait jamais été cet été, la lumière était sublime, j'ai soigné ma traditionnelle tendinite à laquelle je n'ai pas non plus échappé cette fois-ci, j'ai dormi pendant des heures et des heures, j'ai mangé des kilos de palourdes. Et puis j'ai aussi fait ce que je ne fais que là-bas : je suis montée à cheval.

L'équitation, cela a été mon plus gros sacrifice dans ma préparation au concours. Histoire de ne pas me casser la clavicule ou me fouler le poignet, j'ai renoncé au cheval durant tout l'été. Ca aurait été sacrément ballot de manquer les écrits pour un saut d'obstacle raté, non ? Mais cette fois-ci, pas question que je m'en passe.

Ce qui est formidable avec le cheval, c'est que je n'ai pas vraiment l'impression de faire du sport. Attention, je ne dis pas que l'équitation n'est pas un sport. D'ailleurs, le premier qui me sort que "dans l'équitation, c'est le cheval qui fait tous les efforts", je le hisse sur une selle et je lui fais faire 3 tours de carrière, histoire qu'il se rende compte.

Donc quand je dis que ce n'est pas un sport, c'est qu'il ne s'agit pas bêtement de courir pour rien jusqu'à ne plus avoir de poumons. Déjà, il faut prendre soin de son cheval, gagner sa confiance, se faire obéir même quand il a décidé de se payer votre tête (genre il est tout étrillé, brossé, lustré, sellé, il arrive dans la carrière et il se roule dans le sable dans tous les sens, histoire de rire un peu). C'est bien plus fascinant qu'une ligne de piscine ou qu'un couloir de stade, avouez. Et puis on peut aller faire de très belles balades david-hamiltoniennes sur la plage au coucher du soleil.

Mais vu qu'il faut malgré tout sacrément remuer sa carcasse, c'est quand même du sport, dont l'effet magique est de vous faire remonter les fesses de quelques centimères encore plus vite qu'une culotte Wonderbra (le lien, ce n'est pas pour que vous vous rinciez l'oeil ou puissiez prétendre que je parle sous-vêtements dans chacun de mes posts, mais pour que les ignorants sachent de quoi je parle). Après quelques séances de trot enlevé, des fesses dignes des plus grandes danseuses de forró apparaissent comme par magie (quoi que je ne sache pas réellement si ce sont les fesses qui font le forró ou le forró qui fait les fesses...). Si vous ne savez pas ce qu'est le forró, regardez en bas, je vous ai mis une petite vidéo (oui, je succombe aux sirènes marketing des tubes de l'été, et je n'ai même - presque - pas honte).

Cependant, en tout honnêteté, il ne s'agit que du second effet Kiss cool. Le premier effet Kiss cool est en effet un probable gonflement de vos cuisses, qui peuvent doubler de volume en quelques heures après une mise en selle un peu intensive. Une mise en selle, pour résumer, c'est se taper le cul de la façon la plus répétitive et la plus violente possible, jusqu'à ce que vous ayez bien compris où et comment mettre ou ne pas mettre vos fesses pour avoir une bonne position. Quelques heures après cet exercice douloureux mais très efficace, où le ridicule atteint des sommets (vous avez déjà essayé de trotter sans étrier, en vous tapant la tête d'une main et en vous frottant le ventre en cercle de l'autre ?), il se peut que soudain, vos cuisses se mettent à se toucher. Elles peuvent aussi gagner une teinte bleue, jaune, ou violette. Mais cela n'arrive qu'à ceux qui - comme moi - se laissent ballotter comme des sacs à patates par manque de pratique et/ou de muscles.

Il y a quelques temps, j'avais lu dans un magazine féminin l'assertion sans concession d'une connasse de journaliste, selon laquelle "tout ce qui faisait une silhouette, c'était l'espace de 3 cm - AU MINIMUM - qui séparait les deux cuisses". Quelle que soit votre morphologie, sans ce blanc intercuissal, point de salut. Cela se voulait rassurant ("peu importe la taille de vos cuisses, tant qu'elles ne se touchent pas"), mais j'ai plus été marquée par la connerie abyssale d'une telle affirmation. La fille qui a 2,8 cm entre les cuisses a-t-elle une silhouette complètement déséquilibrée ? Quant aux pauvres nénettes qui ont des cuisses qui se touchent, celles-là peuvent complètement oublier l'idée de se montrer encore en société. Nan, c'est vrai quoi, il faut avoir un peu de pudeur et ne pas forcer les autres à regarder de telles monstruosités... J'aime vraiment de moins en moins les magazines féminins.

Bref, je m'emporte et je m'égare. Tout ça pour dire que quand je fais du cheval, je reprends non seulement l'équitation, mais aussi le sport. Les premières fois, le résultat n'est pas brillant, et je marche comme une mémé pendant quelques jours : à 2 à l'heure, dos cassé, fesses en arrière, jambes pliées. C'est super glamour. Et le bikini avec des hématomes aux fesses, c'est le chic suprême. Mais quand je reste un peu plus longtemps, ça paie : la deuxième semaine, je retrouve mes réflexes et mon style plein d'élégance (bien sûr). Le problème, c'est que là, je ne suis restée que quelques jours, et que j'ai commencé avec une mise en selle de Galop 5, si vous voyez ce que je veux dire.

Bon, à part ça, je me suis remise au travail. La vie de préparationnaire ne s'arrête jamais. Avant de commencer à bûcher d'hypothétiques oraux, j'ai de nouveau des écrits qui m'attendent dans moins de trois semaines, avec un programme totalement différent de celui de l'ENA, sinon ça ne serait pas drôle. Quelques saines occupations en vue donc.




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14 septembre 2007

Volver (sans "re" devant)

Et voilà, les vacances sont finies et je suis revenue (alors qu'il n'avait jamais fait aussi bon sur la plage que ce matin au moment de partir, évidemment).

Le temps de poser les valises et de faire les 19 827 trucs qui m'attendent, et je suis à vous pour répondre aux mails, aux commentaires et lire la prose de ceux qui écrivent.

(Si vous pensez que le titre foireux de ce billet est une preuve que les vacances ont été trop courtes, je suis entièrement d'accord avec vous)

free music


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30 juillet 2007

En vacances...

En vacances, je me découvre de nouveaux talents : ma nature profonde de jardinière en herbe a été dévoilée au grand jour. J'ai réussi à tailler en une demie-heure top chrono un arbuste façon "Jackson Five" en sculpture très sculpturale façon "crâne fabiusien" (NB : ceci est un blog politique apolitique qui ne parle pas de politique).

En vacances, je suis les conseils de ma coach, qui nous a affirmé lors de notre dernière séance de Frauen-Empowerment que l'objectif n°1 était d'arriver bronzées le jour du concours, pour faire contraste à côté de tous les autres, grisâtres, et leur briser le moral avant même qu'ils n'aient vu le sujet. A côté, mes histoires de décolleté censé faire diversion manquent franchement de perversité. J'applique scrupuleusement le conseil. Mon teint de bidet disparaît doucement. Surtout grâce à M. Autobronzant, d'une efficacité redoutable. Sauf que quand il y a vraiment du soleil, j'applique un peu trop bien les conseils, je crâme, et puis je pèle. Ce qui me permet de découvrir que vraiment, l'autobronzant ne hâle que la toute première couche de peau. Bon, maintenant, je ressemble à une girafe sur tout le décolleté. Le bon côté des choses, c'est que ça va sans doute faire encore plus diversion début septembre. Et que je serai encore plus reconnaissable.

En vacances, je retrouve ma capacité d'indignation : mais PIVOINE, ce n'est quand même pas raisonnablement possible que les Français soient suffisamment naïfs pour véritablement croire que c'est à Cécilia que l'on doit la libération des infirmières et du médecin bulgares ? Je crois bien que je vais me réserver ce morceau savoureux pour un billet à part entière...

En vacances, je mets mon cerveau au repos : Tchoupi et Doudou est vraiment un excellent dessin animé, devant lequel - avec un peu de relâchement - on peut franchement rire. Ma petite cousine l'a bien compris. En général, la télé, c'est niet. Mais pour Tchoupi et Doudou, on fait une exception, et je regarde avec elle. Juste pour lui tenir compagnie hein, faut pas croire.

En vacances, je regarde le journal télé. Et j'entends François Fillon dire "qu'il faut tout faire pour que ça ne puisse pas se reproduire". Ca quoi ? La mort de pauvres pèlerins polonais dans un bus sans frein. Certes, c'est tragique. Mais je crois que je ferais vraiment un très mauvais Préfet : malgré ma compassion très compatissante, je n'ai pas pu m'empêcher de trouver tout à fait cocasse de rencontrer la mort en revenant d'un pèlerinage. Un Préfet qui rit à une cérémonie macabre, c'est moyen... Les voies du Seigneur sont réellement impénétrables. Bon, revenons à nos ours slovènes. Enfin nos pèlerins polonais pardon. Etant donné qu'une note sur dossier à l'ENA n'est bonne que si elle est "opérationnelle", c'est-à-dire si elle contient des propositions réalistes pour inspirer l'action de son destinataire, je me vois dans l'obligation d'aider notre Premier Ministre à empêcher qu'un terrible carnage ne se reproduise à l'identique, en "suggérant des pistes de réflexion". Il a dit : "plus jamais ça"... Je propose, en vrac : interdire les pèlerinages (pauvre Ratzi) ; interdire l'entrée sur le territoire français aux Polonais (mais la CJCE va une fois de plus râler) ; interdire les bus (mais que feront nos retraités ?). Ces solutions pourront utilement être panachées afin d'obtenir une efficacité maximale. Ainsi, "plus jamais ça" ne restera pas un voeu pieux. Aucun autre pèlerin polonais voyageant en bus ne décédera sur nos terres nationales. Ouf, un problème de réglé. Prions pour que les Slovaques ne se décident pas eux aussi à aller conquérir leur Paradis en bus en passant par chez nous.

En vacances, je vais ENFIN voir La vie des autres au ciné. Forcément, je ne vais pas être la toute première à m'aventurer à dire que c'est nul. Surtout que c'est loin de l'être. Prochaine étape : Persepolis.

En vacances, il y a UNE question qu'il ne faut pas me poser : "Aloooooors, ces révisions, ça avance ?".

free music


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29 juillet 2007

Comment voulez-vous...



... que je pirate le Wifi de mes voisins quand je suis en vacances ??

Enfin ça, c'était AUTREFOIS, avant que je ne revienne vers des contrées plus civilisées. Je marque donc aujourd'hui la plus ou moins fin de la demie mort de ce blog, car je suis rentrée.

Bien évidemment, j'ai écrit des petites bribes par ici et même par là, en attendant de pouvoir les publier, donc il y aura des choses à lire dans les prochains jours.

Car sachez-le, il suffit que je parte loin d'une connexion internet pour qu'il se passe des tas d'histoires dont je ne peux que m'offusquer ou m'amuser : Cécilia et son amour soudain et miraculeux pour les Bulgares, les conseils de drague tout aussi miraculeux de ma cousine (de 8 ans, son âge en faisant toute la saveur), les pélerins polonais qui aurait bien aimé, eux, que leur voyage soit plus touché par la grâce, les soutifs "spécialement faits pour les Hollandais", le drame de la girafe et bien d'autres encore.

Tout cela sera patiemment semé tels les petits cailloux du Petit Poucet dans les prochains jours. Mais pour l'instant, j'ai de la lecture. Je ne vous raconte pas l'affolement de mon Netvibes après un mois d'absence...

EDIT / Ah, et puis j'oubliais : les commentaires sont ré-ouverts. La vraie fête du string ce soir...

03 juillet 2007

Objectif lune J-1

Demain, ma petite navette spatiale s'envolera TREEEEEEES loin d'ici, dans un monde où se connecter à internet est un défi, et où blogguer n'est pas la priorité.

Demain, je vais prendre quelques jours de vacances. Vous n'imaginez même pas à quel point cette idée me réjouit. Je reste ensuite sur la lune, mais pour travailler. En espérant que la gravité réduite aidera mes neurones à planer (libre aux scientifiques de réécrire l'histoire en termes scientifiquement corrects).

Demain, sea, sex and sun. Sauf que en fait, non, pas de sun, d'après Météo France. Et puis pas de sex non plus, parce que je n'ai jamais trouvé les vacances familiales propices aux amourettes et encore moins à plus. Draguer alors que mon père est à une serviette de moi, je n'y arrive pas. Et si vous dites que je n'ai pas réglé mon Oedipe, ben je dis... euh rien. A part qu'il me reste la mer.

Rendez-vous au mois d'août !

15 juin 2007

Ca va pas du tout...

Bon, je viens de voir les deux photos de Sven du Café Maibach et ça m'a presque donné envie de pleurer... La première pas trop (je n'étais pas encore certaine d'avoir bien deviné), la deuxième pleine de certitudes, un peu plus.

Trop de brunchs, trop de nostalgie. Je crois qu'il faut que je retourne à Berlin !

06 février 2007

-34°C (billet "glamour un jour, glamour toujours")

Hier, il faisait, grâce à une légère et douce brise de Nord-Ouest -34°C. Pour ceux qui pensent que je débloque et qui n'ont pa suivi ma dernière actualité, regardez de temps en temps mon post-it là à gauche, ce n'est pas fait pour les chiens.

Non, je ne vais pas me lamenter tellement j'ai froid. D'une part parce que ça manquerait d'intérêt. D'autre part parce que je l'ai choisi. Et en troisième part, parce que ce serait faux. Malgré ma frilosité légendaire, je n'ai pas froid. Remarquez, pour ça, je prends 10kg dès que je m'habille, en remerciant définitivement les animaux de bien vouloir nous prêter leurs poils. Sous mes 24 couches de vêtements, on devine que je suis une fille (parce que j'ai un sac à main). Mais rien n'est sûr. En même temps, on s'en fiche : je ne connais personne à Montréal et tout le monde fait pareil.

Cette température fort exotique a mes yeux a été l'occasion pour moi de faire quelques expériences scientifiques à narrer ici-même. Car oui, je le sais, vous vous demandez "aloooooooooors, ça fait quoi de mettre le nez dehors par -34°C ?". Au passage, si je rajoute toujours C derrière °, c'est pour souligner que je parle bien de celsius et non de fahrenheit. Ce qui est une différence de taille.

Ce qui change entre -10° (Berlin) et -34° (Montréal) n'est pas évident au premier abord. Quand il fait froid, il fait froid. Et quand il y a de la neige, elle est toujours blanche. OUI MAIS. Quand on dit mettre le nez dehors, l'expression est fort bien choisi. Car le premier à sentir la différence est justement le nez. Ou plutôt l'intérieur du nez. Oh non, bien évidemment, je suis une fille, je n'ai jamais de crottes de nez voyons. Mais mon nez est, comme toute muqueuse, hydraté de l'intérieur de façon permanente et légère par un liquide quelconque (celui qui coule de façon irrépressible en début de rhume avant de vous empêcher de respirer). D'ailleurs, Wikipédia le dit bien : "La muqueuse qui tapisse les fosses nasales est riche en vaisseaux sanguins, d'où sa couleur rose. Elle renferme de nombreuses glandes à mucus qui la maintiennent constamment humide. Cette muqueuse réchauffe, humidifie et filtre partiellement l'air inspiré." Bon, là, vous devez voir de quoi je parle. En général, quand on n'est pas enrhumé, on n'y pense même pas. Mais quand vous sortez et qu'il fait -34°C, vous y pensez immédiatement. Pourquoi ? Parce que ça gèle... Et oui, hier soir, glamour un jour glamour toujours, j'avais des glaçons dans le nez. Et ce n'est pas très agréable.

Ensuite, pour vous lecteurs, j'ai fait une expérience scientifique dont je rêvais de voir en vrai les résultats. J'avais entendu un jour qu'en dessous de -20°C, tout crachat était gelé avant d'atteindre le sol. Bien évidemment, je ne crache jamais, mais hier soir, la science m'a appelée. Glamour un jou, glamour toujours, j'ai craché dans la rue en attendant le bus (oh ça va hein, c'était purement SCIEN-TI-FIQUE et il n'y avait personne). Et bien je dois dire : la science nous a menti, c'est faux. A moins d'être sur un télésiège très très haut (le temps de chute est alors plus long). A moins que je ne sois à plus de 37°, faussant les hypothèses de base. En tout cas, ça n'a pas marché.

Là, vous devez vous imaginer un bibendum informe avec des stalactites de mucus en train de cracher, et vous ne comprenez vraiment pas pourquoi ce billet est glamour un jour, glamour toujours. Si les deux premières expériences biologiques donnaient une petite touche ironique à son titre, il n'en est rien de la troisième expérience : les lèvres. A peine sortie, je les sens s'engourdir, je n'arrive plus à articuler, j'ai l'impression d'avoir bu des litres de Molson. Je décide de ne plus parler. Et comme vous le savez, rien de tel que le silence pour être mystérieuse, et donc glamour. 1 point. Je rentre, j'enlève mes pelures d'oignons, je vais appliquer un cataplasme de crème apaisante sur mes joues qui ressemblent à du bacon (glamour un jour etc). Et là, je remarque que j'ai les lèvres d'Emmanuelle Béart après opération. Une bouche mes enfants... on en mangerait. Bon, faut faire abstraction du bacon autour. Mais sinon, je vous assure que ça bat tous les gloss repulpeur de pulpe et volumisateur de volume. Un bon -34°C, et on peut sauter la case collagène (silicone ? Qu'est-ce qu'on met dans les lèvres ??). Si les lèvres sont contentes sur le coup, ça ne dure pas et pour éviter le fendillement mortel, il faut ensuite passer la soirée avec un masque de graisse.

Non, y a pas à dire, le froid, c'est ultra glamour...

07 février 2006

London calling...

LONDON, j'en ai rêvé, j'y ai été, j'en suis revenue. Qu'est-ce que c'était bien...

Déjà, il y a la ville en elle-même, dont on sent tout de suite le dynamisme et le cosmopolitisme. Les grands parcs se chargent d'assurer des tâches de calme vert en plein milieu de l'activité citadine. Je ne suis pas la première à la dire, mais c'est qu'il doit y avoir une once de vérité.


Je ne vais pas vous faire le topo de Trafalgar Square ou Covent Garden, je ne suis pas non plus le Guide Michelin, hein. Mais juste mon petit coup de coeur : la Tate Modern sur les bords de la Tamise, avec la vue de rêve depuis le café du musée sur le Millenium Bridge avec, dans la perspective, Saint Paul. Pas mal, vraiment pas mal.


On est allé boire du thé très anglais dans un salon de thè très anglais, the Orangery, au fond d'un jardin très anglais et très beau, juste à cote du Diana memorial, pour le fun. Bon, j'ai un peu l'impression d'avoir fait Saint Jacques de Compostelle en talons aiguilles pour voir quasi toute la ville en 2 jours, mais ça valait le coup.

D'autant plus que mon comité d'accueil m'avait prévu un programme parfait. J'ai été traitée comme une princesse pendant tout mon séjour, le rêve absolu. Jérôme, Jörg, Stephan, MERCI !! Et, clou sur le mur, cerise sur le gâteau, j'ai passé une soirée inoubliable (avec cours de langue à base de "Can I have a pint of cider, please ?" inclus) avec Myriam et Adelbert (photos très prochainement, j'espère !!). C'était bien de vous revoir tous, vous savez...

J'ai tiré quelques enseignements de mon week end, plus ou moins liés à Londres :

1. Plus jamais de Jägermeister. la santé par les plantes, c'est plus fort qu'on ne croit et l'abus ne soigne pas. C'étaient les premières et les dernières fois.

2. Un truc SUPER intéressant, que vous ne trouverez dans aucun Guide du Routard : à Londres, l'eau chaude est très chaude, l'eau froide est très froide, et ils ne savent pas très bien mélanger les deux dans un robinet, étrange...

et 3. C'est définitivement chiant qu'ils ne soient pas à l'euro, meme si ca permet parfois d'oublier (brievement) que la moindre miette de pain avec un peu de cheddar (pour les non-anglicistes, "sandwich" en bon françasi) coûte le prix d'un super dîner a Berlin.

Mes chevaliers servants m'ont raccompagné à Victoria Street, et les ennuis ont commencé. Vraiment, dès que je suis toute seule, rien ne va plus visiblement. Certes, rien de tragique. Juste un connard d'avion de business qui s'était embourbé au bout de la piste de l'aéroport, d'après les bribes de conversation que j'ai pu attraper au passage. Résultat : tous les départs d'Esay Jet étaient annulés (bizarre quand même que cette décision n'ait concerné que les compagnies low cost...) jusqu'au lendemain matin.

Je cherche donc à accéder au guichet Easy jet pour prendre l'autre vol pour Berlin qui part non pas de Luton mais de Gatwick en fin de soirée. 2 heures de queue. Trop long, il n'y avait plus moyen d'arriver à temps à l'autre bout de Londres. Le seul avantage de cette queue a été un bon moment de divertissement grâce au client mécontent juste derrière moi.

Dans la queue, il y a LE francais par excellence :
- celui qui vit depuis 10 ans en Angleterre,et ne parle que vaguement un truc ressembant à de l'anglais, mais absolument inutile dès lors que l'on veut se faire comprendre de quelqu'un d'autre qu'un compatriote parlant la même langue étrange ;
- crache sur la France ("vraiment, impossible d'y vivre, c'est plus communiste que la Chine") autant que sur les Anglais ("plus
individualistes et fermés, tu meurs") ;
- et qui engueule sa femme au téléphone parce qu'elle n'arrive pas à ouvrir Internet Explorer (bon, en meme temps, Internet Explorer, c'est pas la Mongolie, elle aurait peut etre aussi pu faire un petit effort).

Après ce moment d'antichauvinisme est arrivé celui de la prise de conscience : il allait falloir que je me trouve un siège à peu près confortable pour y passer la nuit. Les banquettes moelleuses avaient d'ores et déjà été prises d'assaut. Il restait les chaises métalliques du Burger King. Tiens, au fait, je pourrais peut être manger un petit quelque chose... Après avoir essayé activement de trouver un gentil monsieur qui accepterait ma carte visa, ayant laissé mes derniers pounds à Stephan, j'ai fini par tomber sur le "Food village", où je me suis dirigé vers un sandwich ramolli et, en prévision de ma longue nuit blanche en perspective, un "diet coke refill as many times as you like". Je ne pense pas les avoir totalement conduit à la faillite, mais les gérants du village de la bouffe ont certainement regretté ma présence en faisant leurs comptes lundi soir. J'ai au final un peu regrette d avoir "liké" "so many times", mais ça passe toujours mieux que le jägermeister. Pourtant, c est aussi un truc végétal...

Heureusement, un geste inconscient ou inspiré m'avait fait prendre le pavé de Gavalda, "Ensemble c'est tout" en quittant ma chambre vendredi soir. Déjà lu, mais tant pis, c'est mieux que rien. Et je me suis replongée avec délice dans les aventures de Philibert et Franck. De la mémé au jardin. De tous ces gens imparfaits et parfaitement ordinaires, dont on ne rêve que de savoir ce qui va leur arriver.

1h46 : ma perception subjective du temps qui s'écoule commence à s'éloigner considérablement de de la réalité objective selon laquelle 1 mn = 60 secondes.

3h21 : le Burger King commence a repasser les memes chansons qu'à 21h, je suis perdue.

4h20 : le timing est parfait, je tourne la dernière page.

4h30 : la délivrance, l'enregistrement commence.

Voilà, ça ressemble à ça une nuit de Penner à l'aéroport de Luton. Je repensais aux derniers mots de Jérôme : "c'est juste dommage que tu n'aies pas de dernière soirée gemütlich à Londres". Suffit de demander...

06 janvier 2006

Last Christmas

Le bilan de ces derniers jours est unanime : c'était génial mais épuisant (et très nourrissant), comme toutes vacances de Noël qui se respectent. Avec quelques très beaux moments.

Il y a tout d'abord cette émotion indescriptible de joie et de sérénité mêlées, l'impression d'être juste là où j'avais envie d'être en arrivant sur la plage déserte de l'île d'Oléron. Une grande promenade solitaire dans le sable, la mer là rien que pour moi, mon nez anesthésié par le froid qui ne sent même plus l'air marin (dommage) et surtout, la plage pour moi toute seule. De la pointe de la Perroche jusqu'au bout de Vertbois, il n'y avait que moi, personne d'autre. Pas de petits gamins en train de faire des châteaux de sable. Pas de vieux Allemands pervers changeant de maillots de bain toutes les 1/2 heures. Pas de peres de famille portant les parasols. Juste la mer en hiver.






Les perfides penseront que toutes ces photos montrent la même chose, un truc inutile au possible, une plage la veille de Noël. Mais chaque photo est différente (si si), les couleurs changent à chaque instant sur cette île. Cette promenade a vraiment été mon bol d'air.

Après Oléron et les fêtes de Noël tartinées de foie gras, petite escapade à Barcelone. Enchantement architectural avec Gaudi, ses "casa" et son parc, et le Palau de la Musica. Choc esthétique avec la Sagrada Familia. Dynamisme de la ville, qui vit et s'agite nuit et jour. Contraste d'une vieille ville repliée sur elle-même et l'immense ouverture sur la mer qu'est le nouveau port (Anna, ce n'est pas Dunkerque, mais la capitainerie est magnifique !). Un mélange tellement réussi de très vieux et de très neuf. Une vraiment ville captivante. La vieille Europe a quand même du bon !

Et encore après ça, un petit réveillon bien sympathique, plein de réjouissances drôlissimes. J'ai retenu notamment le brillant "lui mettre les points sur les i et mon poing dans la gueule" d'Edith (boxant plutot dans la categorie poids plume pacifiques).

Et au retour, mon voisin d'avion était visiblement un drogué du sudoku. Il s'est adonné à sa passion pendant tout le vol de façon tellement fébrile que je ne pouvais m'empêcher de repenser aux explications de texte de ma prof de littérature nous préparant au bac avec Le Jouer d'échecs de Zweig. Les mains tremblants, la bouche maugréante, les narines vibrantes, j'avais à faire un vrai fan du sudoku, qui semblait se battre intérieurement avec lui meme...

Malgré tout ces bons moments, je suis contente de retrouver Berlin. J'ai eu la visite de Stephan lundi au Ministère, c'était vraiment sympa, mais ça me faisait bizarre de "l'accueillir" dans ces lieux qu'il connaît si bien et qui me semblent tellement faits pour lui. Les rôles étaient presque inversés.

Et là je mange des pâtes aux épinards absolument en divine en écoutant le dernier Bénabar, lui aussi divin. Et entre deux balancements de buste en rythme, je parle de choses aussi existentielles que "faut-il bouder après une rupture ?" ou "comment faire pour avoir le courage de sauter à l'élastique ?" avec ma copine Juliette. La vie est chouette quand même...