07 janvier 2007

Je le savais !

Grâce à Emery, je suis tombée sur le site Kakophone qui permet à presque n'importe qui de savoir qui était neummebeurre ouane au hit parade le jour de sa naissance. Je dis "presque tout le monde", parce que pour ma grand-mère, ce n'est pas possible, il n'y avait pas encore de hit parade. Ben oui...

J'enviais un peu Emery. Lui, c'est les Beatles et Moustaki qui cartonnaient, un truc qui a de la gueule quoi, dont on n'a pas à avoir honte. Je m'attendais au pire pour moi. Les années 80, c'est tout un poème, pour lequel nous n'avons malheureusement pas encore le recul nécessaire pour trouver ça hype. Quoique... je sens poindre la vague nostalgique chez les fashion victims, qui ne renoncent plus au caleçon en lamé et aux chaussures ouvertes au bout (avec un collant, cela va sans dire). Bref, ça revient, mais on ne peut pas dire que ça me séduise. Comme me l'a fait remarquer mon cousin, je suis beaucoup plus "chemisier des années 50" comme fille moi. Mais si, ça peut être très joli !!! Les années 60 aussi d'ailleurs, c'est chic. Après, ça commence à se gâter selon moi. Bref, la discussion n'est pas là.

Finalement, la surprise est plutôt bonne. Enfin, ce n'est pas très reluisant, mais ça me fait sourire. En Angleterre, Billy Joel se défendait plutôt bien avec Uptown girl. Mais surtout, en France, les Shorts battaient tous les records de vente avec une chanson en quelque sorte franco-allemande dont j'avais déjà parlé ici. En outre, je viens d'apprendre qu'ils étaient hollandais (d'où leur accent un peu rugueux en allemand), et j'ai toujours beaucoup aimé les habitants du Plat pays. Comme quoi, les charts du jour de votre naissance vous influencent peut-être plus qu'on ne le croit. Pour ceux dont la mémoire défaillirait, voici de quoi vous la rafraîchir illico-presto, avec EN BONUS, l'adresse où écrire à ces beaux grosses devant l'Eternel.

Glourps

Depuis mes 17 ans, je vis comme une grande fille quasiment autonome, c'est-à-dire plus ou moins loin de la maison familiale. Il y a toutefois une chose que je n'arrive pas à faire : manger seule en silence. Ca ne passe pas. Je n'arrive même pas à avoir faim quand je ne fais "que" manger. Tous les nutrionnistes miracles des régimes miracles des magazines féminins miracles le disent : c'est mal. Pour bien manger donc bien mincir, il faut PENSER que l'on mange, il faut REFLECHIR à ce que l'on mange. Moi, quand je ne fais qu'une chose à la fois, je m'ennuie.

Donc depuis 6 ans, je ne mange qu'en écoutant la radio ou en regardant la télé. Ca peut paraître glauque, dis comme ça, mais en réalité, pas du tout, je vous assure. Mais parfois, il me prend des idées étranges, comme regarder BFM TV et son journal de la nuit. Alors que je plonge ma petite cuiller dans mon yaourt à la mangue, la journaliste commence à évoquer une sordide histoire de co-détenus. Lorsque les détails du reportage se dessinent, je gloupse et mon yaourt a du mal à passer.

Vous avez sans doute vaguement entendu également ce récit - qui pourrait presque être comique si ce n'était la réalité - de ce mec à moitié bouffé par son pote dans sa cellule de Rennes. J'essaie tant bien que mal de continuer à manger, en me disant que j'ai décidément bien fait d'abandonner ma soudaine (et fugace) vocation de l'année dernière conduisant inexorablement mes pas vers le concours du Directeur de prison.

Avec ce meurtre resurgit le débat sur les prisons françaises, "honte de la patrie des Lumières" paraît-il. J'aimerais pouvoir confirmer ou infirmer, mais le fait est que je n'y ai jamais mis les pieds. En l'occurrence, les éléments en jeu ne sont pas ici les conditions de détention, mais les détenus eux-mêmes : 80% des personnes incarcérées devraient, d'après l'Observatoire international des prisons, être traitées en psychiatrie plutôt que d'être emprisonnées.

Je ne suis pas une spécialiste de la question, je n'ai même pas lu en entier Surveiller et punir de Foucault (pas Jean-Pierre, hein, l'autre, Michel), qui est pourtant un ouvrage de qualité. En somme, je n'y connais rien, ni en théorie ni en pratique. Peut-être ma remarque est-elle donc fort naïve et dépourvue de toute intelligence de la question. Mais mon bon sens ne peut m'empêcher de relever que "ceci explique peut-être cela".

En effet, la réalisation de nombre de crimes demandent d'avoir atteint un certain niveau de dérangement psychologique. S'il y a un lien entre trucider sa femme au cure-dent un soir en rentrant du bureau et être perturbé, et s'il y a un lien entre cette fameuse exécution au cure-dent et le fait d'être incarcéré, c'est donc qu'il y a un lien logique entre la psychopathie et la détention.

La question est de savoir comment à la fois punir - ce qui est nécessaire à la première fonction de la justice qui est de réparer - et soigner - ce qui est nécessaire à la seconde fonction de la justice qui est de prévenir la récidive. Il y a des blogs de plaideurs bien plus au courant que moi de ces choses-là, mais il me semble avoir entendu ici ou là que les cas d'irresponsabilité pénale en raison de troubles psychiatriques se multipliaient. Mais ne faut-il pas, dans un certain nombre d'affaires, être justement atteint de troubles psychiques pour commettre les actes dont ces malades sont accusés ?

On tourne en rond sans trouver la bonne réponse. Certes, la prison n'est pas adaptée. Mais l'hôpital psychiatrique l'est-il plus ? Le développement des troubles mentaux parmi les détenus ne vient-il pas en partie d'une plus grande sensibilité du monde médical et d'un diagnostic plus fréquent ? Peu se souciaient de la santé mentale des détenus de la Conciergerie au XIXème siècle. Ce qui ne signifie pas qu'il ne faille pas s'en soucier aujourd'hui. Mais il me semble qu'il ne faut pas perdre de vue qu'il n'est ni statistiquement ni humainement anormal que 80% des détenus souffrent de problèmes psychologiques.

06 janvier 2007

Le petit cadeau du samedi midi : it's Wir sind Helden Time !

Grosse tartine de clips cette semaine, pour l'un des meilleurs groupes allemand du moment, qui commence même à se faire entendre outre-Rhin. Ils ne sont pas encore au niveau de Nena pour les ventes, mais gagnent à être connus !

Guten Tag, où comment gâcher sa vie à force de toujours courir après un truc mieux qu'on ne trouve jamais



Aurélie, l'histoire d'une petite Française qui débarque à Berlin et ne comprend rien aux méthodes de drague allemandes


Denkmal, l'hymne des Erasmus de Vienne en 2003


Gekommen um zu bleiben


Nur ein Wort


Et pour terminer, Von hier an blind, le single de leur dernier CD, dont ils ont fait une version française que vous avez peut-être entendue sur les ondes par chez-nous...

Silence, ça pousse !

Pour Noël, en dehors de mon réveil-moulin à café, j'ai eu des tas de chouettes cadeaux, dont notamment un jardin d'aromatiques. C'est joli comme nom, hein, "jardin d'aromatiques" ? Je trouve que les mecs du marketing, ils ont été vachement forts. Parce que ça respire la poésie et le naturel, comme nom de produit. C'est parfait pour tenter le citadin en mal de verdure (mais qui n'aime pas la campagne parce qu'il n'y a rien à faire et que ça sent la bouse de vache. Cf. la chanson Rural de Jeanne Cherhal).

J'ai donc tout fait comme ils disaient : j'ai mis la terre dans les petits pots, j'ai planté mes graines, j'ai remis un peu de terre, j'ai arrosé et j'ai attendu. Ce matin, pendant que mon café se péparait tout seul dans ma machine (ce que la technologie ne fait pas pour nous quand même...), j'ai découvert que les premières pousses étaient sorties : les pots de coriandre, persil et thym ont pleins de petits trucs vert très pâle qui sortent de la terre. Le miracle de la nature en somme.

Un instant, j'ai presque compris ma maman qui aime tant le jardinage. C'est vrai, c'est assez magique de voir que, grâce à la merveilleuse organisation bien huilée de la nature et grâce à notre petit coup de pouce, il peut se développer des choses pareilles. On se sent quasi-spécial élu de Dieu quand on réussit à créer quelque chose à partir de quasiment rien. Je présume que l'effet doit être à peu près le même pour les artistes, les vrais, qui réussissent à faire d'un morceau de tissu et de tubes de gouache une véritable oeuvre.

Mais mon goût pour le jardinage trouve rapidement ses limites. Quand on arrive à Oléron au printemps après un hiver de jachère, il faut tout couper, tout ramasser, tout tailler, tout désherber. Comme je suis une grosse feignasse, après avoir taillé un mètre de haie, moi, j'ai mal aux bras. Après avoir ramassé la moitié du tas de branchages de la dite haie, j'ai mal au dos. Après avoir taillé un quart de pied de lavande à genoux par terre dans les gravillons, j'ai mal aux genoux. Après avoir mis de nouveaux tuteurs aux rosiers, j'ai les mains toutes piquées. Je n'ai rien fait eet j'ai mal partout.

Mais il y a la pire : les gants de jardinage. C'est insupportable, ça sent très mauvais, et il y a TOUJOURS de la terre au fond. Je DETESTE la sensation que ça engendre quand on enfile ses gants (déjà que les gants en plastique quand il fait chaud, c'est très moyen comme sensation) et que l'on sent distinctement la terre s'enfoncer sous les ongles lorsque les doigts touchent le bout de ceux des gants. Brrrrrrrr, rien que d'y penser...

J'ai cru avoir trouvé la parade : je me suis achetée mes propres gants de jardinage, pour moi rien qu'à moi, en me jurant bien que ceux-là ne sentiraient jamais mauvais et que leur intérieur ne connaîtrait jamais le sens du mot "terre". Hélas, trois fois hélas, c'est le genre de promesse qu'il est impossible de tenir dans une maison familiale qui voit défiler des dizaines de personnes chaque année, et devant lesquelles j'aurais eu du mal à assumer le post-it "ce sont mes gants, merci de ne pas y toucher". Pour des gants de jardinage ??! Complètement tapée la cousine...

Donc je n'ai pas laissé de post-it, et je n'ai pas remporté mes gants à Paris. Je les ai laissés là-bas, où tout est neuf et tout est sauvage, et à mon séjour suivant, ils étaient plein de terre au fond et ils sentaient mauvais comme des gants de jardinage.

Mais avec ce jardin d'aromatiques pour urbains, point besoin de gants de jardinage, ni de courber le dos, ni de s'agenouiller. J'ai presque honte que cela soit si facile. Ca pousse tout seul, presque sans moi, sans effort. Je me suis créée un nouveau besoin, comme le veut la société de consommation, et je n'attends plus que d'avoir mes premières feuilles de basilic frais "maison". Avec un peu de chance, ma cuisine ressemblera bientôt à la forêt de basilic qui envahissait le studio de Leonardo à Nancy !

05 janvier 2007

Wishlist

J'ai ajouté une nouvelle catégorie dans ma colonne de gauche, les "choses totalement dispensables mais qui amélioreraient nettement mon quotidien". Une Wishlist en bon français quoi. Pourquoi donc ?

Après cette période de Noël, on ne peut pas vraiment dire que je sois en manque de cadeaux. Donc ce n'est pas un sous-entendu lourdingue pour dire "allez-y, gâtez moi comme une princesse, je me sens délaissée". C'est une liste surtout pour moi, pour me rappeler de ce qui me ferait plaisir quand j'ai envie de participer au dynamisme de l'économie française.

Et si au passage, ça peut m'éviter de recevoir comme cadeau un réveil-moulin à café à Noël l'année prochaine, ça serait faire d'une pierre deux coups. (En réalité, le réveil en question ne fait pas réellement moulin à café, il se contente d'être constitué d'un mécanisme rotatif qui fait tellement de bruit qu'on dirait un aspirateur... Moyen pour s'endormir).

Mais pourquoi ne pas faire comme tout le monde une vraie Wishlist d'amazon ? Si si, je sais faire. Mais cela suppose que je révèle au grand jour nom, prénom, adresse et âge de mon poisson rouge. Même si le web n'est pas tout à fait anonyme, je ne préfère pas prendre le risque de voir débarquer dans mon salon mes fans en furie (humhum).

L'autre raison, c'est que... ces listes ne sont pas fiables. Je ne vais pas sortir une fumisterie de théorie du complot. Les bonshommes verts n'ont pas débarqué sur Terre, je suis au courant. Mais si jamais vous êtes un habitué d'Amazon, si vous y avez un compte, et si vous cliquez sur la wishlist de quelqu'un, vous tombez sur la vôtre... J'ai ainsi cru un instant que j'avais trouvé l'homme de ma vie en cliquant sur la liste d'un ami : je ne soupçonnais pas que ce jeune homme avait EXACTEMENT les mêmes goûts que moi et voulait EXACTEMENT les mêmes choses... dans le même ordre. Forcément, c'était MA liste et non la sienne. Je vous éviterai donc ce genre de malentendus. C'est toujours décevant de croire qu'on a rencontré son alter ego alors que ce n'était que son ego.

Et puis au moins, maintenant, vous pourrez me dire que j'ai des goûts de chiotte en connaissance de cause.

Dernière ponte

Après être restée inactive pendant très longtemps pour madmoizelle.com, j'ai enfin repris ma plume cybernétique pour écrire quelque chose. Und zwar : un article promis depuis le mois de septembre (humhum) à Fab sur les femmes en politique.

Comme d'habitude, il y a des choses que j'aime bien et d'autres que je n'aime pas. J'aurais en particulier aimé pouvoir plus expliquer que simplement décrire. Mais je ne suis pas doctorante en sociopsychologie, donc il y a des choses qui m'échappent très largement.

Mais si ça vous dit, allez donc le lire et revenez en causer ici ! Je suis sure que vous avez un avis éclairé sur la question :-)

04 janvier 2007

Le jour où ma vie a failli se finir

Plus je repense à cet épisode de ma vie, et plus je me dis que je suis heureuse d'être là où je suis aujourd'hui. Avec un tout petit peu moins de chance, je serais soit en prison, soit morte (ou un légume).

Vacances 2005, un rêve éveillé, plus d'un mois d'oisiveté totale à Oléron. Je découvre ma passion pour l'équitation et pour un certain jeune homme (affaire classée sans suite), je passe des journées à me faire dorer la pilule lascivement sur le sable chaud.

Charles arrive dans l'île, et mon rythme de vie change quelque peu. Avec lui et ses acolytes, ma tournée-découverte des boîtes oléronnaises, réputées pour leur chaude ambiance et leurs DJ renommés, commence. Celui qui conduit, c'est celui qui ne boit pas. En l'occurrence, moi. Juste un peu, en début de soirée, et après, c'est jus d'orange ou coca, sans rhum dedans.

Le jeudi soir, sortie au Moulin (j'aurais volontiers mis un petit lien pour que vous puissiez apprécié la hype du lieu, mais ils n'ont pas de site internet tellement c'est pour les VIP qui aiment se cacher). Les garçons avaient leur vélo pour rentrer et moi, la grosse voiture familiale. Programme sans alcool donc. Enfin presque. Si peu. Rien du tout.

Je pars vers 2 ou 3 heures du matin, me paume un peu sur les petites routes oléronnaises en sortant du port du Douhet. Je me retrouve à St Georges, pas du tout ma route. Je tournicote un peu. Ce que le hasard ne fait pas quand même. Ces quelques minutes qui auraient pu tout changer.

Je finis par me remettre sur les rails sans GPS, je reconnais la grande route nationale qui traverse l'île et me permettra de rentrer chez moi. A cette heure-ci, il n'y a personne. Enfin presque. Si peu. Rien du tout.

Je croise quelques voitures. Je me force à respecter les limitations de vitesse. 90 km/h alors que j'ai quasiment la route pour moi. C'est tentant... Et puis non, la dernière fin de soirée nous a montré que les gendarmes affectionaient particulièrement se poster pas très loin des hot spots (hinhinhin) de la vie nocturne touristique à l'heure des sorties de boîte. Je garde donc le pied léger. Mais 90 km/h quand même.

D'un seul coup, dans mes phares, je vois surgir quelque chose du bas côté. Quelqu'un. Un homme. Tout va très vite. Je vois qu'il a une barbe et une chemise bariolée. Il se jette sur ma voiture. Sous ma voiture. A côté de ma voiture. Enfin il est là, et il saute vers moi. Ca se passe en un millième de seconde.

Je fais un écart sans même réfléchir, pour l'éviter. Sans regarder si quelqu'un arrive en face. Ou si quelqu'un me double par la gauche. Il n'y avait personne. 2 secondes plus tard, tout était fini, on ne voyait plus rien et je tremblais comme une feuille, incrédule.

Je n'avais pas rêvé, il y avait bien quelqu'un qui avait vraiment eu l'air de se jeter sous mes roues, d'attendre que je sois là pour bondir de son fossé. Est-ce que je devais m'arrêter ? S'il m'a sauté dessus de la sorte, c'est peut-être qu'il a besoin d'aide ? Toute seule, à 3 heures, sur une route plutôt déserte, alors qu'un mec venait de... de... je ne sais même pas ce qu'il a fait, j'ai décidé de ne pas m'arrêter. Ma seule certitude, c'est que je l'avais évité.

J'étais presque arrivée chez moi. J'ai continué en respirant bien fort par le ventre comme ils apprennent en cours de chant à la Starak, trop en état de choc pour pleurer. Je venais d'avoir la peur de ma vie, sans que ça ne soit qu'une simple expression. Je me suis arrêtée dans le jardin. J'ai repensé à ce qui venait de se passer de façon si confuse. J'ai appelé mes amis les gendarmes pour leur expliquer que "quelqu'un" semblait être sur le bord de la nationale. Qu'il avait peut-être besoin d'aide. Que je l'avais évité mais que j'avais eu le sentiment qu'il avait essayé de se jeter sous mes roues.

La dame au bout du fil, très polie, très patiente m'a écoutée. J'avais envie de lui dire "mais je ne suis pas folle" pour reprendre une expression désormais bien connue. Elle m'a rassurée, m'a dit qu'elle envoyait quelqu'un vérifier. Mais je pense qu'elle ne m'a qu'à moitié crue. Elle n'a pris ni mon nom, ni mon numéro. Je sais, ils ont tout ça de façon automatisée. Mais quand même.

J'ai beaucoup repensé à cette histoire. Le soir même, la nuit même, le lendemain, toute la semaine, et aujourd'hui encore. Je n'arrive toujours pas à m'expliquer ce que fait un piéton barbu en chemise bariolée à 3 heures du matin au bord d'une route nationale. Je n'arrive toujours pas à m'expliquer ce qu'il a vraiment voulu faire. Je n'arrive pas à m'expliquer comment tout a pu finir aussi bien.

Un tout petit verre ou quelques km/h de plus, et j'aurais eu quelques secondes de réflexe en moins. Qu'il ait essayé de se suicider, qu'il ait voulu demander de l'aide, ou qu'il ait été complètement stone, c'est MOI qui étais dans la merde (oui bon, lui aussi s'il était mort mais si c'était son but...). Il y a non seulement ma conscience, qui ne m'aurait plus jamais laissée dormir, et aussi un séjour en prison, que j'imagine inévitable en ces périodes de répression intensive en matière de sécurité routière.

J'imagine les gros titres de la Charente libre le lendemain : "ivre, elle rentre de boîte et tue un innocent". En lisant ce genre ce choses, on imagine toujours la tête que ces ignobles bêtes humaines peuvent avoir. Et on ne les voit jamais avec la nôtre. Boire jusqu'à ne plus pouvoir conduire, quelle sottise, jamais ça n'arriverait.

Pourtant, il suffit de deux verres pour que tout dérape, pour qu'un connard soit au mauvais endroit quand vous y passez. Il suffit que vous ayez accepté finanement ce mojito qui vous tentait tant. Il suffit que vous soyez à 0,52g d'alcool dans le sang, pas très difficile à atteindre pour une nénette de ma corpulence. Il suffit que... et vous êtes foutu.

J'imagine l'interrogatoire de la gendarmerie qui n'en finit pas, pendant que l'homme polytraumatisé agonise quelque part entre l'île et le continent, arrivé trop tard aux urgences de Rochefort. Moi leur affirmant qu'il a délibérément choisi de se faire renverser, et eux pensant que j'ai la ligne de défense la plus débile qu'ils aient jamais entendue. L'homme n'a pas laissé de lettre, sa femme éplorée jure qu'il n'était pas dépressif, et je finis par moisir à Fleury-Mérogis. Tous mes rêves d'avenir qui s'effritent, une quasi-mort.

Mon autre scénario catastrophe quand je veux me faire peur, c'est la voiture en face. Je n'avais jamais fait un écart aussi franc et aussi rapide, je n'avais jamais fait d'écart sans vérifier dans mon rétroviseur intérieur, puis extérieur, puis par un contrôle direct par dessus mon épaule, comme on me l'a appris à l'école de conduite. Là, j'ai tourné le volant, le plus rapidement possible et le plus violemment possible. Je ne voulais pas le tuer p*** de b*** de m***. Et s'il y avait eu une voiture en face ? J'imagine déjà l'état de mes dents après un choc frontal à 90 km/h des deux côtés. J'imagine le coup de fil des gendarmes à mes parents. Légume ou morte, quelle est la différence ? Ah si, pour eux, c'est très différent, mais sur le coup, on n'y pense pas.

Dans la voiture en face, peut-être un mort aussi, encore plus innocent que moi. Là encore, les gros titres du lendemain sur les jeunes inconscients qui prennent le volant. Rien sur l'espère d'énergumène à cause de qui tout cela est arrivé, qui a disparu dans la nature. Personne ne comprend pourquoi je roulais à gauche, moi qui ne suis pas anglaise. L'été d'après, des petites silhouettes noirs bordent la route en face du centre équestre à la hauteur duquel tout s'est passé pour rappeler que "la route tue".

Bien sûr, tout cela est le récit d'un non-évènement. Il n'est finalement rien arrivé. Je n'ai jamais réussi à rentrer dans la gendarmerie le lendemain pour demander s'ils avaient retrouvé celui qui se jetait sous les voitures des gens dans la nuit.

Je ne peux pas m'empêcher de penser que cette nuit-là, Dieu était de mon côté et qu'il m'a beaucoup aidée. En mettant sur ma route des tas de gendarmes les jours précédents (et oui, la peur du gendarme, ça fonctionne pour respecter les limitations de vitesse). Parce que mes minutes d'errance avant de trouver ma route m'ont peut-être permis d'éviter le choc frontal avec un 4X4 doté d'un pare-buffle. Parce que j'ai des amis suffisamment bien pour penser à prendre des boissons sans alcool pour les soirées et éviter les "allez, prends un petit verre, juste un petit verre, ça va pas te tuer !".

Comme dans un caléidoscope, chaque petit élément se met à sa place pour créer une réalité née du hasard. Il suffit de le faire bouger d'un chouïa pour qu'un tout autre motif apparaisse, parfois plus beau mais parfois pas, une autre réalité. La Providence m'a fait cadeau d'une jolie réalité ce soir-là, mais je ne peux m'empêcher de me demander un jour sur deux ce qui se serait passé si... Les autres jours, je me demande ce qu'il pouvait bien foutre à cet endroit, cet inconscient. J'aimerais pouvoir lui dire qu'ON NE FAIT PAS CA AUX GENS p*** de b*** de m*** (bis). Que s'il veut détruire sa vie, il doit le faire sans l'aide de personne. Mais forcément, je suis sure qu'il ne lit pas ce blog.

03 janvier 2007

Vous ne le saviez pas...

Grâce à Damdam, j'ai découvert ce petit test rigolo et lèche-cul comme il faut :


Your results:
You are Wonder Woman

























Wonder Woman
85%
Superman
70%
Spider-Man
65%
Green Lantern
55%
Supergirl
55%
The Flash
50%
Robin
45%
Iron Man
40%
Hulk
30%
Batman
15%
Catwoman
5%
You are a beautiful princess
with great strength of character.


Click here to take the Superhero Personality Quiz



Franchement, la "beautiful princess with great strength of character", j'aime assez ! En réalité, ce qui me plaît le plus, c'est d'être Wonderwoman, l'héroïne de mon enfance, qui me fait encore rêver (la preuve ici).

La question est : m'a-t-elle plu parce qu'elle me ressemblait ou ai-je forgé mon caractère si brillamment révélé par ce test de personnalité en fonction de ce que je regardais à la télé quand j'avais 5 ans ? Si vous aussi vous avez envie qu'on vous dise que vous êtes une magnifique princesse, c'est par ici que ça se passe !

So ne Sch...

Je sais, c'est mal d'être grossière. Et c'est encore plus mal d'être vulgaire. Mais... la journée commence mal. Rien de tragique, mais comme le dirait Stellou, "le chiant quotidien".

Ca commence par un réveil trop tardif, ça continue avec un prof qui oublie de venir faire cours (alors que mon prochain moment d'enrichissement intellectuel scolaire a lieu 9 heures plus tard) et ça finit par un collant Gerbe tu-sais-même-pas-comment-il-est-beau qui est filé on-ne-sait-même-pas-par-qui-ni-par-quoi.

Reprenons paisiblement. Au premier abord, se lever trop tard a un bon côté : on dort un peu plus longtemps. Au second abord, on prend conscience que ces quelques minutes volées ne le sont pas au voisin mais à soi-même. Et qu'il faut les rattraper en se privant soit de café au lait (non), soit de coquetterie (non), soit de démarche lente (oui). Donc avec un grand au café au lait dans le ventre, toute fraîche pomponnée et maquillée, il faut courir. S'ensuit une inutilité flagrante : à quoi sert de prendre le temps de passer sous la douche et sous le pinceau à maquillage si tout est gâché quelques instants plus tard par une course effrenée pour attraper son bus au vol (c'est une image, je ne fume pas avant de partir en cours, je sais que les bus ne volent pas) ?

Le prof qui ne vient pas peut également être une bonne nouvelle : deux heures de plus pour travailler mon concours qui a lieu dans 3 semaines. Mais plusieurs arguments viennent contrebalancer cette constatation. Premièrement, quand je cours, j'aime que ce soit justifié. Deuxièmement, rater ce cours signifie rater l'un des profs les plus sexys que j'aie jamais eus (et commencer l'année sans lui est un déchirement). Troisièmement, j'ai sacrifié deux tickets de bus à cet aller-retour sans objet, n'ayant pas encore reçu ma précieuse carte Imagine R qui équipe tous les étudiants sensés d'Ile-de-France.

Enfin, mon collant filé reste à cette heure l'évènement le plus tragique de la journée. J'espère que vous êtes allés lire l'histoire des bas décadant plus que décadents de Kozlika, recommandée il y a quelques jours. Dans la même veine des crasses féminines que les bas qui tombent, il y a le collant filé. D'une part, je connais peu de choses aussi vulgaires qu'une femme errant dans la ville avec un collant filé. Lorsque j'étais en stage, j'avais - sur les excellents conseils de Cornélia - toujours une paire de collants de rechange (vient le moment où l'on s'interroge : un collant ou des collants ? Une paire de collant ou de collants ? J'aurais mieux fait de parler, comme Kozlika, de mes bas, mais ma jupe fendue m'en empêchant aujourd'hui l'usage, je privilégie le réalisme à la facilité orthographique) dans mon bureau, juste "au cas où". Quoi de plus rageant que d'avoir une balafre de peau au milieu du jersey pour aller voir le Grand Chef ? D'autre part, le drame du collant filé tient aussi à ce qu'un collant filé est le plus souvent immettable, à moins de ruser. Ruser, cela consiste à avoir des collants que l'on peut, en fonction de l'endroit de l'eraflure mortelle, mettre avec certains vêtements et pas d'autres. Aux fesses ? Avec une jupe, même courte, ils seront encore parfaits (mais pas pour un rendez-vous qui risque de dégénérer, bien sûr). A la cuisse ? Avec une jupe longue ou un pantalon, personne n'y verra goutte. Au mollet ? La tâche se complique, il faudra les réserver aux pantalons ou aux jupes mais portées avec des bottes. J'ai ainsi des tas de catégories de collants. Bien évidemment, ne disposant pas encore de la commode magique qui me permettra de ranger mes sous-vêtements dans ma chambre, ils sont pour l'instant tous en vrac dans une petite (hum, grosse) boîte et dans un tiroir, sans que je puisse déterminer autrement que par ma mémoire lequel est portable en fonction de ma tenue du jour. Le drame ultime de mon accident vestimentaire d'aujourd'hui, en dehors du fait que je n'avais pas de collant de rechange, vous apparaîtra immédiatement clair si je vous dis que mon collant était MA-GNI-FIQUE. Un Gerbe de toute beauté, noire avec des fleurs opaque par ci par là qui remontaient jusqu'en haut des cuisses. Une merveille de collant, l'un de mes préférés. Bien sûr, selon ma classification, je peux continuer le mettre avec des pantalons. Mais les fleurs commencent au mollet. Pas de chance.

En relisant, je me suis rendue compte que certains allaient sans doute s'interroger : comment peut-on - en dehors de toute hypothèse un peu olé-olé - filer ses collants sur les fesses ? Je me dois une réponse simple et circonstanciée : en l'enfilant, pardi ! Le collant est l'invention à la fois la plus formidable et la pire qui soit. Mille soins doivent être pris lors de l'enfilage : les ongles doivent être ras, les mains doivent être douces, la moindre irrégularité accrochatrice signant l'arrêt de mort dudit objet. Il faut ensuite tirer, avec douceur, mais persuasion, afin de ne pas avoir la ceinture au niveau des cuisses. Et c'est précisément à cet instant qu'arrive l'égratignure sur les fesses. Plus le collant est beau, plus il est fragile, et un doigt tireur passe vite au travers du précieux tissu trop sensible. Et voilà, en une fraction de seconde, alors que vous ne faisiez qu'enfiler votre collant, vous vous retrouvez avec un machin sans nom filé sur les fesses. Vite vite vite, courir pour attraper le vernis incolore pour limiter les dégâts. Attendre que ça sèche. Se décoller lentement le collant (qui porte à cet instant précis son nom mieux que jamais) de la peau couverte de vernis en se disant que "non, ça ne fait pas mal, ce n'est qu'une impression". Enfiler ses fringues par-dessus et le classer dans la bonne catégorie. Un Mars, et ça repart...

02 janvier 2007

Ayez le sens civique, rendez-vous utiles !

Une petite minute de libre pour le bien de l'humanité ? Il suffit de cliquer ici... Bête comme chou mais TRES TRES TRES important !

Forcément, après, quand je vais vous dire que c'est TRES TRES TRES important de sauver les petits leucémiques, vous tournerez sept fois votre doigt autour de la souris avant de cliquer. Mais là, c'est vrai de vrai, faut y aller...

Je m'interroge (ou : les petites indignations du quotidien)

Ce matin, mon réveil obéit à sa fonction et me réveille. J'ai abandonné l'idéal du réveil en douceur qui ne me réveille vraiment pas. Du coup, mon réveil me réveille avec la radio, les nouvelles du matin, un bon contact violent avec la réalité. Ca ne marche pas toujours, mais quand j'arrive à l'entendre, ça me secoue suffisamment pour me lever généralement.

Je me suis levée rapido ce matin, j'avais eu ma décharge médiatique du jour. Accident d'avion en Indonésie. 102 passagers. 12 survivants. 90 morts. 3 Américains à bord. On espère qu'ils sont parmi les 12 survivants malgré le défi aux règles mathématiques des probabilités que représente cette petite prière.

Il y a deux ans, pour LE tsunami (à croire que ce nom a été inventé pour cette seule et unique tragédie, ça n'existait pas avant, que personne ne savait que c'était possible), ils nous avaient déjà fait le coup. A vrai dire, ils nous font toujours le coup. Le coup du "il y a 129 083 morts dont 2 Suédois, c'est horrible". Pire, le coup du "il y a 376 763 morts. Heureusement, il n'y a pas d'Occidentaux, on peut continuer à vivre normalement, oublier vite les autres".

Mais pourquoi est-il plus tragique pour un Américain, un Allemand ou un Espagnol de mourir que pour un Turkmène ou un Sri Lankais ? Pourquoi devrions-nous nous sentir plus affectés, plus bouleversés par des morts numériquement inférieures mais... qui touchent "les nôtres" ?

Les miens, ce sont les humains. Ce ne sont pas les Français, pas les Européens et encore moins les Occidentaux. Les journalistes doivent penser "qu'après tout, les Somaliens ont plus l'habitude de mourir que nous, alors un de plus ou un de moins...". Ou ils pensent que leur boulot est de jouer sur l'émotion, de créer de l'empathie et que ce n'est possible qu'en nous parlant de gens qui soit disant nous ressemblent.

Soit j'ai, pour une fois, une trop grande confiance dans le genre humain, soit les journalistes se fourrent le doigt dans l'oeil jusqu'au fond du crâne en pensant nous attendrir en nous parlant des Occidentaux comme s'ils étaient des surhommes, dont la vie a nettement plus de valeur. Parce que moi, quand on me parle plus de 3 Américains que de 99 pauvres bougres des "pays du Sud" (douce litote qui nous ferait presque croire qu'il fait bon y vivre) avec des trémolos dans la voix, je n'ai aucune empathie. Et j'espère presque que ces trois là ne s'en sont pas sortis, ne serait-ce que pour rééquilibrer l'injustice dont les 99 autres font l'objet.

[Et non, ce n'est pas de l'anti-américanisme primaire]

29 décembre 2006

Aveu

Souvent, je commence mes phrases par "non, je ne suis pas psychorigide mais...". Florilège :

Non, je ne suis pas psychorigide mais... j'aime bien que mes livres soient rangés par ordre alphabétique et par collection. Ce n'est pas de la psychorigidité : l'ordre alphabétique, c'est pour trouver plus vite et la collection, c'est parce que c'est plus joli. Et je ne suis pas maniaque puisque pour le reste, je suis "bordélique pathologique" selon Dieu le Père.

Je ne suis pas pas psychorigide mais... je ne supporte pas qu'on touche à mes CD si c'est pour ranger Bénébar dans le boîtier des Nocturnes de Fauré et mettre les Nocturnes face vers le plafond tout en haut de la pile. Enfin, en haut de la pile jusqu'à ce que mon coffret de la Traviata et celui d'Aretha Franklin viennent se rajouter par dessus. "Ah bon, il est rayé ?? Mais je ne comprends pas....". De toute façon, les CD, c'est démodé il paraît.

Je ne suis pas psychorigide mais... si j'ai décidé de faire quelque chose, je n'aime pas qu'on le fasse à ma place, même si ça m'arrange et si ça me facilite la vie. Parce que j'avais prévu de le faire et que je ne peux pas mettre en oeuvre mes planifications.

En fait, si, je suis psychorigide. Attention, je ne suis pas maniaque, ce n'est pas tout pareil. Je suis psychorigide parce que j'ai du mal à supporter que les choses ne se passent pas comme j'avais prévu qu'elles se déroulent. Quand je me repasse 20 fois dans la tête mon plan de la journée où chaque action s'enchaîne de façon bien huilée avec la précédente, et que d'un seul coup survient un petit grain de sable, je le ressens comme une contrariété suprême. Même si j'admets sans aucune difficulté qu'il s'agit d'un grain de sable agréable (une visite surprise, une rencontre inattendue, un génie venue réaliser 3 voeux...), je n'arrive pas à m'empêcher de me dire que "rien ne se passe comme prévu". Pas comme MOI je l'avais prévu en tous cas.

Bien sûr, je ne planifie mes journées de façon aussi serrée que lorsque j'ai un objectif précis et difficilement atteignable sans un minimum d'organisation, ce qui n'est après tout pas si fréquent. Et dans ces cas-là, je refuse de laisser la moindre place à l'improvisation (farce freudienne : j'avais lapsussé en commençant par écrire "organisation").

Mais quand tout ne se déroule pas selon mon petit plan personnel, je deviens facilement contrariée donc irritée donc insupportable avec mes (très) proches (je réserve ça généralement à un public averti, mais quelques spectateurs passifs ont parfois droit à une petite démonstration), considérant toutes les alternatives de secours comme nécessairement moins bien que ma solution absolument parfaite de départ. Je suis encore plus cassante et caustique que d'habitude, et là, ce n'est plus pour rire. Comme dirait Fab, dans ces cas-là, il faut se préparer à ramasser ses dents. En général, je regrette aussitôt ce que j'ai dit trop vite, trop brutalement, trop crûment.

C'est donc surtout pour les autres que ma psychorigidité est gênante. Elle ne m'encombre que lorsque je deviens involontairement méchante pour le plaisir inconscient de me défouler après un épisode de "contrariété". A chaque fois, j'ai envie de me foutre des baffes, ce qui ne m'empêche pas de ressortir une énormité blessante 2 minutes plus tard à ma victime du moment.

Je suis psychorigide mais je me soigne. Enfin, j'essaie. Et ma soeur est là pour la thérapie de choc, certes douleureuse mais parfois efficace. Douloureuse pour elle aussi, puisque c'est elle qui se prend tout dans les dents.

Ne désespérez pas, je serai (un jour peut-être) parfaitement fréquentable.

Le jour où j'ai voulu faire une bonne surprise à mon papa

J'ai toujours aimé faire des surprises, la suivante étant généralement meilleure que la précédente, l'expérience aidant. Pourtant, je crois que l'une de mes meilleurs idées de surprise, je l'ai eue alors que j'étais très jeune et très petite.

Je n'allais pas encore à l'école, je devais avoir 2 ans et demi. Environ. Et pourtant, je me rappelle très bien de cette folle journée durant laquelle ma grand-mère était chargée de ma surveillance. Je commençais à m'ennuyer lorsque j'eus soudainement une idée géniale pour occuper mon après-midi de désoeuvrement comme n'en connaissent que les enfants qui n'ont pas encore franchi la porte de l'école si peu maternelle.

Je décidai de faire comme Papa. J'allais prendre le train et le retrouver à son bureau, ça promettait d'être aussi excitant qu'exotique. Je rentrai dans la chambre de mes parents pour prendre une cravate paternelle dans le placard, afin de peaufiner ma mise en scène. Demandant l'aide de ma grand-mère, je lui expose mes projets. J'ai son assentiment, l'aventure palpitante est lancée.

Je me souviens distinctement d'avoir fait semblant d'être dans le train sur la moquette de ma chambre. Je babillais des ordres de chef de gare. Dans mon monde, on prend le train les uns derrières les autres, à la queuleuleu derrière le chauffeur, assis en tailleur. Il faut dire que je n'avais pas encore suffisamment fréquenté les Transiliens pour pouvoir savoir que les trajets de mon travailleur de père ressemblaient fort peu à la Danse des canards ou autre Patrick Sebastiannerie.

Malgré mes tentatives poussées pour rendre la scène aussi réaliste que possible, il manquait quelque chose : le vécu et le ressenti. Qu'à cela ne tienne, j'irais voir Papa à son bureau pour de vrai.

Toujours plongée dans son repassage, ma grand-mère ne m'a pas entendue tirer un tabouret jusqu'au portail. Elle ne m'a entendue enjamber le portail. Et elle ne m'a pas entendue partir vers des contrées lointaines.

Je me souviens d'avoir pris le chemin de la gare en marchant au milieu de la grande avenue qui y menait, ma cravate nouée à la hâte autour du cou. Et je me souviens d'une grande folle se mettant soudainement à me hurler dessus pour me faire réintégrer le trottoir, et de ma grand-mère arrivant peu après au pas de course, surprise de ne plus rien entendre en provenance de ma chambre. La cavale s'arrêtait là, au bout de 300 mètres, et je me sentais comme un prisonnier ayant raté son évasion. D'autant plus que ce genre de prisonnier bénéfécie à son retour d'une surveillance pénitentiaire d'autant plus étroite, pour éviter toute récidive. Je crois avoir passé le reste de l'après-midi dans les pattes de ma grand-mère avec interdiction formelle de m'en éloigner.

Je ne sais plus en revanche si je me suis fait gronder pour mon imprudence ou si mon noble objet m'a valu une quelconque clémence... Après tout, j'avais obtenu l'absolution de mon aïeule lorsque je lui avais dit "que j'allais au bureau de Papa". Qui a sans doute été très touché que je pense à lui ainsi en plein milieu de l'après-midi. Je ne me souviens pas non plus de la tête de mes parents lorsqu'ils ont eu droit au récit de mes initiatives ambitieuses. Même avec le recul, je n'arrive toujours pas à déterminer s'il s'agissait d'une véritable bêtise.

C'est finalement une anecdote dont je suis plutôt fière. Surtout en comparaison de mes innombrables autres véritables bêtises, nettement moins reluisantes. Pour me faire mousser, j'évite de raconte comment j'ai essayé de faire pipi comme un garçon un matin inspiré (avec une salopette en velours rose pâle qu'il a bien évidemment fallu mettre au sale aussitôt après mes exploits transsexuels), comment j'ai failli mettre le feu à la maison en jouant au Sioux avec la balayette de la cheminée, et surtout comment j'ai pris un bloc WC pour une Chupa Chups un jour d'égarement.

On a tous des anecdotes de notre vie d'enfant. Certaines sont amusantes, certaines ne font rire que ceux qui y étaient, certaines sont datées, et certaines sont humiliantes. Pourquoi les parents ont-ils toujours une nette préférence pour ces dernières lorsqu'il s'agit de raconter en société l'un de nos épisodes glorieux parmi mille ?

18 décembre 2006

Le micro et le fil

Nouveau prof de Finances publiques aujourd'hui. Chemise disco et cravate assortie, il est presque funky. La crâne gris et dégarni rattrape l'impression. Et soudain, Maritie et Gilbert sont en face de moi.

Il refuse de monter sur l'estrade, préfère descendre dans la fosse aux lions faire son one-man-show. "Micro tenu du bout des doigts, en éloignant le fil d'un geste du bras", il se prend pour Sardou.

Malgré tous ces efforts, rien n'arrive à rendre ses propos intéressants. Belle tentative pourtant.

17 décembre 2006

La baffe

Fab, il n'est pas juste bloggueur et papa. Il travaille aussi dans la comm' comme tous les gens hype. Du coup, quand il sort un livre, ben... il comm' (unique). Et ça donne ça :







... et facta est lux

En faisant les premières Zimtsterne de ma vie hier, j'ai pensé à un super truc qu'il fallait absolument inventer. Bon, ça existe peut-être déjà, mais je n'ai rien vu de tel alors que je flâne régulièrement au rayon idoine. Un truc tout con, mais qui rendrait la vie (domestique) beaucoup plus simple.

Alors si tu es ingénieur, ingénieux et inventeur, fais moi signe pour que toi et moi devenions riches ensemble. J'ai l'idée, mais pas la technique... Et je veux bien commercialiser dans les pays germanophones, qui devraient être les plus intéréssés.

16 décembre 2006

Le petit cadeau du samedi midi : it's Mia Time !

Mein hungriges Herz



Es ist was es ist

Hypocrisie, quand tu nous tiens...

Les relations parfois intimes entre presse et monde politique ne sont pas un fait nouveau. Après tout, le milieu professionnel est le premier lieu de rencontre des couples, d'après les sondages de la Sofres. Or puisqu'il est plutôt difficile aux hommes politiques de draguer dans l'Hémicycle, faute de cibles intéressantes, je comprends qu'ils cherchent ailleurs. Or quoi de plus tentant qu'une jeune et jolie journaliste ?

Ce qui est nouveau, c'est que cela fasse débat et pose problème. Le préjugé généralement accepté désormais est qu'une femme qui partage la vie privée d'un homme public n'a plus aucun sens critique. En somme, la mise en couple sonne le glas de sa cervelle : lobotomisée, elle est contrainte de partager celle de son aimé de façon inéluctable. Comme s'il était impossible de ne pas être systématiquement d'accord au sein d'un couple.

L'autre présupposé est que l'amour a REVELE ces femmes à la conscience politique. Pages vierges de toute conviction la veille, elles le virent, rougirent, pâlirent à sa vue et PAF, d'un coup d'un seul, elles ont trouvé la foi politique. Harry Roselmack n'ayant - à ma connaissance - aucune liaison avec Roselyne Bachelot, n'a sans doute aucun avis personnel sur la campagne présidentielle. En revanche, s'il couchait avec MAM, il est certain qu'il perdrait du jour au lendemain toute objectivité.

Après Béatrice Schönberg, c'est à présent au tour de Marie Drucker de faire les frais de cette chasses aux sorcières, qui a étrangement trouvé sa place sur le service public audiovisuel. Le nouveau magazine pour ménagères de moins de 50 ans décérébrées Bon week a jugé utile de publier des photos de cette dernière avec son ministre chéri. Au moins, le nouveau venu dans le paysage journalistique (je parle du magazine, bien entendu) aura réussi à enfin faire parler de lui autrement que pour sa médiocrité. Car soyons clairs, le message de Bon week pour recruter ses lectrices est basique : "Tu en as marre de ta vie de merde, de tes enfants mal élevés (par ta faute) qui te claquent la porte au nez et de ton mari qui ne te regardent même plus (par ta faute) ? Evade-toi avec la vie des stars !". Ils partent de loin et on comprend qu'ils aient eu besoin d'un sacré coup de pouce pour vendre quelques numéros de plus.

Que ce magazine ait pris la décision "d'éclairer le débat public" et "d'informer la société" avec sa révélation est facilement compréhensible du point de vue financier. Ce qui l'est moins est leur hypocrisie flagrante quant aux conséquences anticipées de leur geste. S'ils ont fait tout ça, c'est uniquement pour rendre à Marie Drucker la vie plus facile, pour qu'elle arrête de se cacher, pour qu'elle puisse enfin être heureuse au grand jour ! Et bien évidemment, personnne n'a voulu la mettre dans l'embarras, loin d'eux cette idée. Il suffit de lire l'éditorial de la rédactrice en chef, Nadia Le Brun, qui ne doit être étouffée ni par la bonne conscience ni par la bonne foi :

La rumeur dont bruissait le Tout-Paris politico-médiatique est avérée! [Monsieur X] et la présentatrice du Soir 3, Marie Drucker, semblent filer le parfait amour. [Monsieur X] et la nièce de Michel Drucker viennent même de passer un tendre week-end à Barcelone, s'embrassant sous les yeux des passants... Cette nouvelle soulève la question des liaisons entre pouvoir et médias, dès lors qu'une journaliste connue et un membre du gouvernement tombent amoureux. Béatrice Schönberg, épouse du ministre de l'Emploi Jean-Louis Borloo, a dû mettre entre parenthèses sa carrière de présentatrice du J.T. pendant toute la campagne présidentielle, au prétexte que sa vie privée pourrait nuire à son objectivité journalistique. Avant elle, Anne Sinclair avait démissionné de 7 sur 7. Marie devra-t-elle aussi laisser son fauteuil du Soir 3, pour continuer à aimer librement son ministre ? Ce n'est pas ce que l'on souhaite à une femme. Encore moins à une femme amoureuse...


Mais bien sûr, on y croit à tes espoirs de Sainte-Nitouche-du-languedeputage !

Aéroport mon amour

J'aime beaucoup observer les gens. Des inconnus, dont j'imagine la vie pendant quelques instants. J'ai commencé à pratiquer ce sport intellectuel (mouais, "intellectuel" est peut-être un peu exagéré, je vous l'accorde) en prenant le train pour aller au lycée. Tous les jours, un wagon remplis d'inconnus prêts à être déchiffrés n'attendait que moi et mon imagination débordante.

Mon endroit préféré pour m'adonner à cette activité relativement inutile ? Les aéroports, qui sont des lieux fascinants pour imaginer la vie des autres. Il y a plein de gens exotiques à regarder, leur fantasmer des existences hors du commun à l'autre bout du monde, deviner d'où ils viennent et où ils vont, tenter de comprendre ce qu'ils se racontent en langue étrange.

Pour moi, la magie des aéroports, c'est aussi d'aller au duty free me mettre du parfum avant de prendre l'avion et de polluer l'environnement olfactif des mes heureux voisins. Traîner, lire les journaux, en prenant un café. Regarder le tableau des départs et me demander où j'aimerais partir. J'adore cette ambiance hors du temps, hors du monde, et l'impression d'être anonyme mais pas perdue. J'ai le sentiment, quand j'attends mon avion, de n'avoir rien que pour moi des heures volées, durant lesquelles j'ai moralement le droit de ne rien faire, au vu et au su de tout le monde.

Evidemment, mon amour pour les aéroports est inversement proportionnel à ma fréquence de fréquentation. Si jamais je devais, comme Myriam, me lever 3 jours par semaine à 4 heures du matin pour sauter dans le premier avion de la journée, passer quelques heures éreintantes dans une ville et revenir claquée le soir même, j'aimerais sans doute beaucoup moins cela. Il n'y a rien de tel que l'exceptionnel pour vous faire apprécier les choses.

13 décembre 2006

Gagne un Futur Papa les doigts dans le nez (mais essuie les avant de cliquer)

Plus ça va et plus la date de sortie de Futur Papa approche. Chic, chic, chic.

En attendant, pour les très grands impatients, les très grands radins ou les très grands fauchés, vous pouvez d'ores et déjà prier Zeus pour qu'il se mette de votre côté : 10 exemplaires de Futur Papa sont à gagner sur madmoizelle.com !

Et si je vous dis qu'en plus de ça, il vous sera personnellement dédicacé par [le nouveau stagiaire de] Fab en personne, je suis certaine que vous êtes déjà en train de remplir les petits champs obligatoires et de demander à votre mari de vous tromper pour mettre toutes les chances de votre côté, petite maline.

Je vous préviens malgré tout que si vous gagnez et pas moi, je risque d'être de mauvaise humeur. Quoi que, MOI de toute façon, je pourrai toujours me le faire dédicacer, mon exemplaire ;-)

Frayeur

On devient vite con. Je m'en suis rendu compte hier. Enfin, je m'en suis à nouveau rendu compte hier. J'ai toujours plus ou moins méprisé intellectuellement les gens qui regardent 30 millions d'amis, parlent à leur chien comme s'il était leur enfant, présentent leur chat dans les concours de beauté et vous racontent que leur lama domestique est très stressé depuis le changement d'heure. Je n'ai pas l'âme animalo-sensible. Je fais partie des méchants humanidés qui considèrent que les animaux sont là pour nous servir. Que s'ils ont des poils, c'est pour qu'on puisse avoir chaud. Et que s'ils ont de la chair, c'est pour qu'on puisse la manger. Et que s'ils ont envie qu'on les traite mieux, ils n'ont qu'à apprendre à parler pour nous le faire savoir.

A côté de ça, je murmure à l'oreille de mes chevaux (enfin non, je n'ai pas une écurie au Champ de Mars, je parle de ceux que je monte) et j'ai le sentiment qu'ils aiment drôlement ça et qu'ils comprennent presque tout. Je trouve certes que le combat pour les droits des animaux n'est pas ce qu'il y a de plus prioritaire au monde, mais que faire souffrir des animaux inutilement alors que d'autres solutions existent n'est pas normal. Et puis surtout, surtout... il y a Kierkegaard. Avant lui, il y a eu Vilnius que j'ai voulu enterrer dans les règles de l'art sous le cerisier dans le jardin de Sciences Po au lieu de le jeter bêtement dans les toilettes comme tout le monde me disait de le faire.

Mais hier, c'est à cause de Kierkegaard que je me suis sentie un peu con, virant incidieusement Mémé-à-son-caniche (car dire caniche-à-sa-mémère est un abus de langage : c'est la Mémé qui vit pour le caniche et non l'inverse). Hier, Kierkegaard n'allait pas très bien. Il nageait sur le dos ou sur le côté, il avait l'air très anxieux (voilà, là, ça commence à déraper... Nan mais vous avez déjà vu un poisson rouge de 2 neurones être anxieux vous ?). Il ne mangeait plus depuis deux jours. Je ne voyais absolument pas quoi faire pour lui, j'étais désemparée. Son eau était propre, à bonne température, il avait de quoi manger, mais ça n'allait pas.

Ce matin, il était dans le même état. Enfin, dès que j'ai allumé la lumière. Avant, il était tout calme. Une fois la lumière allumée et moi, inquiète, le regard plongé dans le sien pour essayer de comprendre ce qui lui arrivait, il recommençait à se tortiller dans tous les sens. S'il avait pu parler, il aurait sans doute hurlé de douleur. A moins qu'il ne soit bon comédien : j'éteins la lumière, il redevient normal. Je rallume, il se retortille. J'ai décidé de partir malgré tout remplir mon cerveau, sans pouvoir m'empêcher au moins une fois par heure (oui bon, ça va, je sais, j'aurais dû dire à chaque instant mais ce n'est pas le cas, j'ai une vie bien occupée moi...) de me demander s'il n'était pas précisément en train de mourir

Entre temps, je me suis renseignée, et il paraît évident qu'il a des troubles de la vessie natatoire (comment ça vous n'en avez rien à foutre de la vie de mon poisson rouge ?). C'est un problème récurrent chez les poissons japonais, donc la prochaine fois, je ne panique pas. Il faut que je lui donne des daphnies (déjà fait) ou des petits morceaux de salade, brocolis ou épinards pochés et il se remettra sans problème.

D'ailleurs, ce soir, il pète la forme. Joyeux, heureux, joueur, il remange et je suis toute contente. Pas de doute, je suis devenue baba, comme je l'étais de Vilnius. On peut prendre toutes les précautions intellectuelles que l'on veut, l'affectif règne... Bientôt, peut-être, une interview à 30 millions d'amis ?

PS / vous pouvez dire que je deviens neuneu hein, je m'en fiche... Je le sais déjà...

Histoire de filles

Aujourd'hui, plutôt que de me lamenter sur mon sort, je vous propose deux histoires de filles à aller lire chez les autres. Chez des autres qui ne manquent ni de style ni d'autodérision.

D'une part, ma keupine Myriam se prend des vents sans rien avoir demandé à personne et finit la nuit à l'hôtel avec le malotru en tout bien tout honneur.

D'autre part, Kozlika - que je ne connais pas mais qui a l'air d'avoir un tas de choses à raconter - fait tout son possible pour rester digne en toute circonstance, ce qui n'est pas toujours chose facile.

Ahlalalalala, moi je dis : on n'est pas aidée !

07 décembre 2006

Mes petites pilules roses

Depuis dix jours, je crache mes poumons à qui mieux-mieux (au passage : mais que veut dire cette expression ??!). Ce n'est pas très grave, j'ai l'habitude, ça me rappelle mon enfance, quand j'étais malade un jour sur deux. En fait, j'avais un programme bien réglé : jusqu'à mon année de CM1, j'allais à l'école lundi et mardi. Mardi soir, je commençais à être malade (parce que le lundi, on avait piscine). Mercredi, jeudi et vendredi, j'étais malade. Je retournais le samedi à l'école, histoire de récupérer les cours, les devoirs et de revoir les copines avant le week-end. Et la semaine suivante, on recommençait.

Ne pleurez pas dans les chaumières, je crois que ce rythme me convenait assez bien. De toute façon, je m'ennuyais à l'école. Quand je restais la maison avec mes angines, je buvais du lait chaud au miel dans lequel je trempais des boudoirs. J'apprenais la vie en regardant Amour, gloire et beauté emmitouflée dans des édredons. Quand je revenais à l'école, les copines me faisaient un briefing rapide de tout ce qui s'était passé en mon absence. Gertrude et Josette ont fait la paix et Marcel a même embrassé Simone sur la bouche et tout le monde s'est moqué d'eux après. Alors Simone a pleuré et Marcel a tapé Georges parce que c'est lui qui l'a dit à tout le monde. Les cours de récré, en fait, c'est exactement comme Amour, gloire et beauté, les seins refaits en moins.

En ce moment, forcément, je trouve ça moins drôle d'être malade. J'ai raté plein de cours qu'il faut que je rattrape, j'ai embêté toute une salle de théâtre par mes bruits disgracieux, j'ai passé des heures à dormir sans être plus reposée qu'avant. En somme, j'ai perdu mon temps tout en étant un nuisible social. Bingo.

Comme j'allais mieux, j'ai décidé de revenir sur les bancs des amphis. Bon, ça allait mieux, mais je n'étais pas encore sauvée complètement, ce qui m'a valu une remarque assassine d'une charmante voisine de cours. "Nan mais quand on ne peut pas s'empêcher de faire de bruit, au moins on s'abstient de venir emmerder les autres hein. Si tu peux pas t'arrêter de tousser, tu restes chez toi et tu viens pas faire chier." C'est sûr que demander comme ça, je ne pouvais que suivre son conseil...

Au cours suivant, je sors mes petites pilules roses qui devraient miraculeusement me permettre de redevenir une compagnie sonore presque agréable. La nana, qui n'avait donc pas dû être si gênée que ça, s'était remise à côté de moi. Elle me défie du regard, les yeux brillants de la griserie de la victoire, et me sort "ah bah enfin, tu te décides à faire quelque chose".

Je ne sais pas pourquoi, mais à cet instant précis, j'ai eu envie de la titiller. Je ne l'ai jamais particulièrement appréciée, sans la connaître vraiment, mais là, je me suis sentie pousser une vocation soudaine de perversité. J'ai pris mon air le plus profond, et je lui ai dit, d'un ton faussement gêné "ah ça ? Non, en fait, c'est juste que si je ne les prends pas, j'ai envie de tuer des gens", tout en lui faisant un grand sourire angélique.

Je pensais qu'elle me dirait "pauvre conne" et qu'elle se retournerait, bien décidée à me détester jusqu'à la fin de ses jours. Mais cette dinde... elle m'a crue... Elle a murmuré "Oh je suis vraiment désolée", d'un air mi-apitoyé mi-effrayé. Faut quand même en tenir une sacrée couche non ? Maintenant, je choisirai mieux les gens à qui je veux faire des blagues...

05 décembre 2006

"Es gibt doch andere Paare !"

Ca y est, je suis fichée par ma prof d'allemand comme "conservatrice potentiellement homophobe". Si elle savait qu'Amazon me fiche dans la catégorie "tellement homophile qu'elle est sans doute lesbienne"...

En pleine traduction, je teste la possibilité de traduire "parité" par Gleichstellung au lieu de Parität. Dans le texte original, il s'agissait de la parité de la France et de l'Allemagne dans la direction d'EADS (vous comprendrez qu'on a un peu dévié du sujet original).

"Oui, mais Gleichstellung" mais dit-elle en langue germanique "c'est pour un couple, entre l'homme et la femme". "Justement", je lui répond, "LA grande question du couple franco-allemand, c'est toujours de savoir qui fait l'homme et qui fait la femme !" (ouais bon, on m'excusera, il était tôt hein). Et là, elle me sort : "es gibt doch andere Paare !" d'un air mi-outré mi-coquin.

Je comprenais chaque mot de la phrase, je comprenais la phrase dans son ensemble, mais impossible de voir ce qu'elle voulait dire par là... Je la regarde, l'air interrogatif. Elle a dû prendre ça pour un air de "Heidi découvre la ville et la vie", parce qu'elle m'a répété "Ja, es gibt andere Paare !". Je ne comprends toujours pas. L'explication de texte arrive : "na, das sind aber nicht immer Männer und Frauen, oder ?". Ah bah oui bien sûr, si c'est CA qu'elle veut dire.

Mais elle m'a regardée comme si elle venait de me révéler l'existence de l'homosexualité. Et comme il est quand même difficile de vivre aujourd'hui en phase avec son époque sans être au courant de cette "chose", quelqu'un qui la découvrirait subitement à 23 ans ne pourrait être qu'un extrêmiste social-conservateur qui aurait refoulé toute conscience des pratiques sexuelles autres qu'hétérosexuelles. Je comprends que ça me rende antipathique.

Rien à voir avec tout ça, mais un peu quand même : je me demande si je ne suis pas en train de me faire draguer par une nana. On ne s'est vues que trois fois, et à chaque fois, j'ai l'impression qu'elle voit le Messie apparaître. Elle a 30 ans, elle est SUPER sympa, extrêmement chaleureuse et très tactile. J'ai eu l'impression de devenir sa meilleure amie du monde entier en 5 minutes trop chrono. Pour l'instant, c'est drôle. Peut-être qu'elle est juste par nature sympathique et que je psychotte complètement.

04 décembre 2006

Good old times

Ce soir, à la télé, il y a 4 mariages un enterrement, le type parfait de film qu'on a vu 12 fois, à 12 âges différents, donc de 12 façons différentes. Ce film a vraiment marqué ma jeunesse. Il a marqué ma découverte de l'humour anglais soft ("Scarlett, tu es aveugle, elle a l'air d'une immonde meringue") et de Hugh Grant.

D'ailleurs, à chaque fois que je revois ce film, cela me fait une occasion de plus de pleurer la jeunesse perdue de Hugh Grant. Je sais, ça arrive à tout le monde de vieillir, et dans le genre, à lui plutôt moins qu'aux autres. C'est vrai, il est plutôt bien conservé. Chaque fois, je trouve Andie McDowell aussi indémodable et aussi infroissable depuis 20 ans. Merci L'Oréal. Chaque fois, je me délecte de la froideur cynique de Kristin Scott Thomas.

Bien sûr, chaque fois, le film est un peu plus daté que la fois précédente. Les robes sont de plus en plus ridicules à mes yeux. Les lunettes géantes de Hugh sont d'une ringardise inommable. Et pourtant, le charme agit toujours. Parce que j'ai gardé ma mentalité de pauvre teenager romantique à 3 kopek ?

30 novembre 2006

What a difference a day make

Non, la différence, ce n'est pas toi. Mais je trépigne d'impatience, je n'en peux plus d'attendre, et ce pour trois raisons aussi valables les unes que les autres. Demain, je retrouve Andreas (1ère bonne raison) pour aller voir Quartett (2ème bonne raison) avec Isabelle Huppert (3ème bonne raison). Je CREVE d'envie d'aller voir cette pièce depuis une éternité. Et demain, ça va devenir réalité.

J'ai toujours adoré Isabelle Huppert, depuis que je l'ai vraiment découverte, magistrale, dans Merci pour le chocolat de Chabrol. Je l'avais déjà vue avant, mais sans lui prêter plus d'attention que cela, pauvre jeunette que j'étais. J'ai ensuite apprécié son audace quand j'ai entendu qu'elle jouerait dans l'adaptation de l'oeuvre rugueuse d'Elfriede Jelinek, La Pianiste. Elle dégage une telle force dans tous ses rôles, elle n'hésite pas à endosser les plus détestables, avec son air toujours un peu las de la vie, si hautain et si touchant à la fois. Et demain soir, dans moins de 24 heures, je vais la voir jouer devant mes yeux pour la première fois.

La mise en scène - du moins ce que j'ai pu en voir - semble faire de cette pièce une véritable oeuvre d'art. La mise en scène ne met pas seulement en valeur le texte, elle en est le véritable support, elle participe autant que lui à la valeur de l'oeuvre.


En un mot : j'ai hâte !

Let's celebrate ("We are the rennes")

Je vous avais déjà parlé de mon impatience à commencer à préparer Noël. Je me suis un peu calmée. Enfin, j'ai réussi à me calmer en commençant à préparer Noël. Comme le disait Oscar Wilde, le meilleur moyen de résister à la tentation, c'est d'y céder. J'ai déjà ma guirlande pour le sapin. Encore quelques trucs à accrocher, et je serai bonne.

Mais je ne suis pas la seule à trépigner.



Noël, les traditions, la fête des enfants, la messe de minuit... Tout ça quoi...

28 novembre 2006

Le nouveau James Bond

Certains y verront peut-être une explication flagrante à mon célibat (ben oui, c'est évident, je suis trop difficile), mais je dois dire que je suis TRES déçue par le nouveau James Bond, Daniel Craig dans la "vraie vie" (ces gens-là vivent-ils parfois dans la vraie vie ?).

Je passerai sur son visage... En dehors du fait qu'il ressemble à J. R. (les anciens lecteurs savent ce qu'il y avait ici avant et que je ne peux plus laisser aujourd'hui), ce qui n'est pas nécessairement un compliment, je suis bien consciente que "des goûts et des couleurs" etc.


Mon avis sur la question, c'est qu'il n'est quand même pas SUPER BEAU. Sur la photo - et j'avoue en toute honnêteté intellectuelle que je ne l'ai pas choisie pour rien - il a même franchement l'air d'un troll, non ?

Mais passons directement à corps.


Certain(e)s bavent déjà, je le sais. Mais pas moi. On dirait un bestiau de corrida, et je ne parle du torreador. Alors que James Bond, c'est la classe, la distinction, le raffinement, et pas une masse de muscle gonflé en salle. James est fin, élégant, élancé, délicat. Décidément, tout fout le camp. Si même James Bond devient une caricature d'Américain body-buildé et perd tout son charme discret (mais présent humhum)... où va le monde ?

Sacrée nana

Héhé, ça y est, ma revue sur Adrienne Pauly est en ligne. Bonus : je voulais vous mettre ici-même la vidéo de son clip, pour que vous fassiez découvrir à vos petites oreilles plus ou moins velues son son, mais vous l'avez déjà sur l'article. Il est bien ce Fab quand même...

En plus, j'ai eu la chance d'aller l'interviouver (retranscription en cours, ça arrive). Et j'ai eu la chance que ça se passe vachement bien. Je l'ai vue à Taratata le soir-même, et j'ai encore plus mesuré ma chance. Parce que tout simplement, quand ça la fait chier de répondre, elle ne répond pas. Enfin par monosyllabe, ce qui ne facilite pas vraiment l'entretien. Le Nagui, il avait l'air tout ballot face à elle. Et puis MOI, et ben elle a répondu à toutes mes questions et avec le sourire en plus. Je devais être bénie des Dieux ce jour-là.

En tout cas, revêche ou pas en interview, moi, j'adore son album. Alors je ne peux que vous recommander d'aller faire un tour sur l'article pour l'écouter quelques instants.

26 novembre 2006

NAN, quand même pas ?!

Pour la première fois de ma vie, un homme m'a laissé sa place dans le bus tout à l'heure. J'apprécie ce geste de savoir vivre qui se perd. N'empêche que.. pourquoi moi ? Il y avait un paquet d'autres femmes autour de nous, et je n'étais pas la plus âgée, et de loin.

Oui mais... il m'a vue, comme on le fait souvent dans le bus, sans vraiment regarder. Puis son regard s'est à nouveau posé sur moi. Enfin, sur... mon ventre. Puis une deuxième fois. Puis une troisième fois, de façon insistante. Et LA, il m'a proposé de m'asseoir à sa place.

Dès lors, plusieurs possibilités :

- j'ai une perception déformée de mon corps, je ne me rends pas compte que je suis ventripotente, limite obèse.

- il faut désormais que je m'abstienne de me nourrir lorsque je vais chez mes parents (j'en rentrais, si ça peut constituer une circonstance atténuante)

- mon nouveau manteau ne me va vraiment pas et j'aurais mieux fait de le laisser sur son portant.

Et s'il avait tout simplement besoin de lunettes ou d'un peu moins de savoir-vivre ?

25 novembre 2006

A la demande d'Olenka...

Et bah voilà, suffit de demander (je ne pensais pas que ça existerait, mais en fait si... Je vais de surprise en surprise avec Katerine !)


Alors je sais que je n'ai pas été souvent en France ces dernières années, mais j'aimerais quand même bien qu'on m'explique les épisodes que j'ai ratés...

24 novembre 2006

C'était mieux avant, ma bonne dame

Dans ma prime jeunesse (enfin plutôt dans la seconde)* dans le temps où j'écoutais Oüi Fm dès que je pouvais, Katerine était le summum de la branchitude alternative. Là, je viens de tomber sur lui à la Starak. On m'explique ce qui se passe ??


* Dans ma prime jeunesse, j'écoutais Fun Radio et parfois même un peu Skyrock. Jusqu'à ce que je découvre mes profondes racines de babacool-qui-aime-le-gros-rock-qui-tâche.

23 novembre 2006

Les oeuvres de Sara

Grâce à nos retrouvailles autour des lasagnes ultra-italiennes de Tina, j'ai pu retrouver sa soeur Sara, que je ne vois qu'épisodiquement mais toujours avec plaisir, depuis que Tina et moi nous sommes rencontrées sur les bancs du temple en pleine crise d'adolescence, il y a 10 ans.

Forcément, en une décennie, on change un peu. Mais en 10 ans, Sara n'a pas changé, elle a évolué plus que nous, elle s'est révélée, elle est devenue elle-même, une vraie artiste. Ecole prestigieuse, travaux impeccables, un style vraiment à elle, une patte que j'apprends petit à petit à reconnaître et que j'ai tout de suite apprécié.

Ce soir, j'ai été faire un tour sur son site, où elle présente ses oeuvres que je trouve tout simplement fascinantes. Bien évidemment, j'ai un petit (gros) faible pour la série "L'âme et la danse", parce que cette danseuse évanescente et sensuelle n'est pas n'importe qui. Et que la voir sublimée comme ça m'émeut et m'aide à apprécier encore plus le travail artistique derrière.




Bien sûr, je ne peux que vous encourager à aller voir tout ce qu'elle fait. C'est tout simplement magnifique.

J'ai la joie de vous annoncer l'arrivée dans mon foyer de...

... KIERKEGAARD ! Après une longue et douloureuse période de deuil, j'ai réussi à me remettre suffisamment du départ de Vilnius l'heureux émigré de Lituanie pour le remplacer. Pas dans mon coeur, mais dans son bocal. Enfin, en réalité, j'ai même racheté un bocal, étant donné que le précédent était aux normes lituaniennes mais certainement pas européennes.





Oui, je sais, c'est vraiment le plus beau. Mais je dois avouer que malgré son nom plus que prometteur (j'ai toujours rêvé d'avoir un danois chez moi...), je crois bien que ses capacités intellectuelles sont plus réduites que celles de Vilnius. Comme quoi, malgré tout ce que peuvent dire les parents, on compare toujours.

Afin de lui éviter la mort violente qu'a connue son prédecesseur, j'ai convaincu la Reine Mère de rester le plus loin possible de son bocal quand elle sera chez moi. Comme le dirait Sarkozator, quand la prévention ne suffit plus, seule vaut la répression. En prenant les délinquants à la source, on leur évite de devenir des serial killers de poisson rouge. J'ai le sentiment du devoir accompli, maintenant que Kierkegaard peut dormir sur ses deux nageoires.

free music

13 novembre 2006

Generation gap...

Je suis à nouveau pour quelques jours chez Papa-Maman, en attendant que des touristes canadiennes n'en puissent plus de Paris et repartent à Montréal en libérant mon appartement. Du coup, je fais de l'observation anthopologique... de mes parents. Et oui, ils arrivent encore à m'étonner.

Ce matin, alors que j'émergeais à peine au-dessus de mon bol de café au lait (note bien, admirateur anonyme : pas la peine de m'inviter à rester dormir chez toi si je n'ai pas de café au lait le lendemain matin), quand le téléphone familial a sonné. Mon père répond et revient dans la cuisine excité comme un gamin, pire que moi le jour où on m'a dit que j'irai passer une journée à Disneyland (quand j'avais 10 ans, pas avant-hier).

Le programme, c'était qu'il me déposait rapidement à la gare, moi courageuse travailleuse, et qu'après, il filait retrouver son copain Michel. Michel est sympa, mais ce n'était pas la cause de la grande excitation du matin. Non, si mon pôpa avait des étoiles dans les yeux et des fourmis dans les jambes, c'est parce qu'il allait faire un tour en... vélosolex avec son pote, qui depuis 2-3 ans a laissé tomber le conseil en entreprise pour se lancer dans la réparation de Solex. Ce qui était au départ un passe-temps de quinqua nostalgique est devenu une vrai bizness à plein temps.

Donc Papa allait monter sur un vélosolex. Or dans la mythologie familiale, Papa et les Solex, c'est toute une histoire. En 1966, avec une bourse Zelidja, il avait fait le tour de l'Allemagne du Nord au Sud, et surtout d'Ouest en Est, derrière le Mur de Berlin. Il avait fait un très beau rapport prémonitoire dans lequel il affirmait que l'assouplissement des relations entre les deux Allemagnes ainsi que les facilités accordées aux familles séparées par le Mur créeraient petit à petit une dynamique de détente qui permettrait un réglement pacifique de la question interallemande. Un truc qui avait de la gueule quoi.

Donc en 1966, il parcourait l'Allemagne en Solex. L'année d'après, il a fait les pays nordiques. L'histoire ne dit pas si c'était avec le même Solex ou non. En tout cas, normalement, le Solex, il maîtrise, même s'il n'en a pas refait depuis.

Ce matin, en tenant ma petit sacoche avec tous mes cours, je pensais à mon père en train de faire le fou en Solex avec son copain dans la forêt. Et je me suis dit que ça avait du bon de vieillir...

09 novembre 2006

Ta mère en string et Fab à la télé

Le "Ta mère en string" n'a rien à voir avec ce qui va réellement se passer, contrairement à "Fab à la télé". Si j'ai dit "ta mère en string", c'est uniquement pour attirer un peu plus de pervers sur mon blog (le "bordel de cul" a déjà beaucoup http://beta.blogger.com/img/gl.link.gif et les fétichistes du pied et des sandales sont toujours aux abonnés présents) et parce que j'adore cette expression, que j'ai malheureusement trop rarement l'occasion d'utiliser. J'aimerais tellement rencontrer le petit merdeux qui a lancé la mode de cette injure plus que parfaite, le "ta mère en string" qui a ensuite contaminé cour de récré après cour de récré presque toute la France. Peut-être même la Navarre.

Mais revenons-en à Fab. Demain matin, il y aura sa tête dans ma télé, à 9h, sur la Cinquième, dans les Maternelles, pour parler de Futur papa le livre. Moi j'ai hâte de voir ça, et je suis sure que vous aussi. Pour les fainéants qui travaillent et ne sont pas étudiants, ça se regarde aussi sur internet.

Bon tout ça fait un peu "je linke donc je suis", mais ça vaut vraiment le coup :-) Et bientôt je vous prouverai que je peux exister - bloggement parlant - par moi-même. Si si.

06 novembre 2006

Ron et les autres

Ron, c'est une vraie star des blogs. C'est marrant comme même dans la fausse vie il y a aussi une hiérarchie sociale qui s'installe, aussi implacable que dans la vraie vie. Comme quoi, on ne peut pas s'empêcher de classer. Le point commun entre tous les blogueurs aristocratiques ? Ils passent à la télé pour parler d'eux, donc de leur blog, donc de leur bouquin. Ils sont lus chaque jour par des milliers de gens de partout, qu'ils ne connaissent pas et qui ne les connaissent pas. On parle d'eux dans les journaux, donc encore plus de gens viennent lire leurs aventures... Donc on parle encore plus d'eux, etc.

Dans les stars de la blogosphère (celles dont j'ai déjà entendu parler), il y a :

- Loïc Le Meur. Lui, c'est celui qui donne par l'intermédiaire du blog de Vinvin d'excellents cours de Kama Sutra en chemise vichy (les cours en chemise vichy, pas le Kama Sutra) pendant le congrès de l'UMP... Malheureusement, Vinvin a, dans un élan destructeur, supprimé ce grand moment de coaching par blog interposé. En vrai, je ne vais jamais lire son blog, parce qu'il parle de tas de trucs super obscurs à mes yeux. Lui, c'est un vrai geek. Et là j'utilise un mot dont j'ignore presque le sens. A vrai dire, je connais son sens, au minimum celui que MOI je lui donne. De là à ce que ce soit réellement le sens communément accepté... Tout ça pour dire : quand il parle d'internet, il sait ce qu'il raconte. Et ça me passe largement au-dessus de la tête.

- Vinvin justement, ou plutôt Cyril. C'est avec lui que tout a commencé, même s'il ne le sait pas vraiment. C'est avec lui que j'ai pris goût aux blogs. A ceux des autres je veux dire. C'est le premier blog non-nombriliste (j'entends par là "qui peut être lu avec délectation même par des inconnus" comme... moi par exemple) et bien écrit qui me soit passé sous les yeux. C'est lui qui faisait Bonjour America mais j'en ai déjà parlé plein de fois alors maintenant j'arrête.

- Bien sûr, il y a F(ab)utur Papa dont on ne peut même plus lire le blog parce que ça va devenir un livre... Si ça c'est pas la classe... Avec ça, on peut se permettre toutes les affusions manuelles qu'on veut hein... Avec Fab, je me sens à moitié une star de la blogosphère moi aussi, puisque je le connais en vrai. Et c'est bien connu, quand tu connais une star, t'en es une à moitié aussi. Alors pour cet immense service, Fab : MERCI !

Et puis il y a Ron. Lui aussi son blog va devenir un livre, mais on peut continuer à le lire en ligne malgré tout. Ron, je l'ai découvert à la fois complètement et pas du tout par hasard (je sais, c'est difficile à comprendre, mais c'est la réalité). Malgré sa staritude incontestable, je n'avais jamais entendu parler de lui. Et un jour, j'ai installé le Post-it magique de Damdam, qui permet de savoir pourquoi et comment les zinconnus débarquent sur le blog de quelqu'un qu'ils ne connaissent pas (ben oui, ce sont des zinconnus).

J'ai installé ce petit truc vers la fin septembre. Et là, Ron l'Infirmier apparaissait régulièrement dans mes "meilleurs référents". Curieuse comme une fouine, je suis allée voir ce que ça pouvait bien être. Et là, j'ai découvert l'univers merveilleux de Ron. Je ne vous dis rien, allez voir par vous-mêmes, vous ne serez pas déçus.

J'ai essayé de comprendre le lien entre Ron et moi. J'étais certaine de ne pas le connaître (depuis que j'ai vu sa tête, je confirme) mais... OH... AH... IH... OH... le grand prêtre des blogs m'avait linkée en date du 25 septembre, quel honneur ! Mon seul regret est de ne pas avoir installé mon post-it avant pour évaluer l'impact de Ron : quelle puissance cet homme a-t-il sur la blogosphère ? Je n'ai pu mesurer que les résidus après la première semaine, qui sont déjà conséquents (non, on ne parle pas de chiffres à table... Et puis ça ferait trop rigoler les vrais stars des blogs mes petits chiffres minables).

Pourquoi je parle de Ron aujourd'hui ? Parce que je viens de lire une de ces notes dont il a le secret, qui m'a rappelé le mariage de mon cousin, dont j'ai failli ressortir mariée une demi-douzaine de fois (croyez Ron, ce n'est pas une caricature, c'est la vérité). Et puis je me suis dit que Myriam apprécierait l'histoire du Libanais. Alors quand on peut faire d'une pierre deux coups tout en répandant la bonne parole...

Comme l'Histoire se répète...

En faisant des petites recherches pour comprendre ce que Platon peut bien faire dire à Socrate sur les cordonniers dans son Protagoras (capital, si si), je viens de trouver un petit truc intéressant sur infologisme.com :

"Il n'est pas rare qu'Athènes, puissance impérialiste, impose manu militari, aux cités alliées en droit mais vassales en fait, des institutions démocratiques copiées sur les siennes."

Bizarrement, ça m'a rappelé quelque chose. Ca a fait tilt, et je ne sais même pas pourquoi... Je dois avoir l'esprit mal placé.

Aaaaaaaaaah, la démocratie athénienne si pure et si parfaite, esclavagiste et holiste, presque totalitaire, voulait donc imposer son modèle aux autres, et était pour celà contrainte à faire la guerre. Epuisée, ruinée, exsangue et inégalitaire, Athènes a fini par se faire battre par Sparte puis absorber par les Macédoniens (qui font moins les fiers aujourd'hui, mais c'est une autre histoire).

Au fait, vous saviez que la démocratie n'était pas née à Athènes mais sur l'île de Chios et qu'on l'appelait délicatement et poétiquement la "démocratie chiote". Bien sûr, les puristes me feront sans doute remarquer que l'on dit "kiote" et non "chiotte", mais dans ce cas, ma blague tombe à plat, alors merci de vous abstenir de tout commentaire. Tout ça me fait penser à une inscription régulièrement griffonnée sur les murs de latrines de Sciences Po : "Merci de laisser l'Etat dans les toilettes où vous l'avez trouvé". Au moins, ceux-là ne passeront pas l'ENA... La boucle est bouclée.

05 novembre 2006

Veggie

Hier, j'ai fait un truc extrêmement alternatif à ma petite échelle : j'ai été dîner dans un resto végétarien, entraînée par Olivia et Pierre. Je m'imaginais un menu plein de légumes, il était surtout plein de "seitan", ce substitut de viande à base de gluten de blé. Je n'ai pas vraiment été convertie, même si j'étais plutôt contente de ne pas manger de viande.

Je n'ai jamais été une véritable carnivore : côtes de boeuf et rôtis de sanglier peuvent dormir en paix à mes côtés. Mais je ne suis pas non plus franchement végétarienne : j'aime la viande qui n'a pas trop le goût de viande, le poulet, la dinde, le poisson, ces choses-là. La seule exception à cette liste plutôt cohérente est le tartare de boeuf (certains diraient "filet américain") dont je raffole. Bref, je suis quand même un peu plus carnivore que végétarienne, même si je peux me nourrir uniquement de quinoa aux légumes et de blé au pesto pendant des semaines.

Grâce à son blog, il y a déjà quelques temps, Sven m'a appris que notre corps n'était pas fait pour digérer de la viande plus d'une à deux fois par semaine. Ainsi, elle passe de 2 à 3 jours dans notre intestin (rien que ça m'a confortée dans mes pratiques alimentaires). En gros, manger de la viande tous les jours crée de sacrés embouteillages. En repensant à tout ça, j'étais très contente d'avoir été dîné dans un resto végétarien.

Les proprios sont baba-cools à souhait. A la deuxième visite, on doit avoir droit à son thème astral solaire, lunaire et martien. A la troisième, peut-être un massage relaxant du plexus. Je n'ose même pas imaginer la quatrième...

En quittant le restaurant, j'ai reluqué les magazines à disposition : un journal de petites annonces pour faire des rencontres "entre veggies", des pubs pour des cours de cuisine bio et végétarienne, un tract d'une association pour les animaux abandonnés. Un vrai pêle-mêle de clichés.

La principale conclusion de cette soirée, c'est que nous ne sommes pas sortables. Olivia a parlé avec une vive émotion du gigot dominical ("HHHHHHMMMMMMM, un BON GIGOT, ça c'est bon !!"). Heureusement, nos voisins de table visiblement plus orthodoxes que nous étaient néerlandais. Quant à moi, j'avais un blouson avec des (vrais) poils d'animal au bout de la capuche. Quand j'ai vu les tracts pour les droits des animaux, j'ai eu envie de m'enfoncer sous terre pour mon outrecuidance. Dieu merci, les végétariens sont les membres d'une secte ouverte et tolérante.

01 novembre 2006

Noël ici et ailleurs

Ce sont les vacances de la Toussaint (enfin pas pour moi, mais pour un tas de gens, si... Allez, pleurez un bon coup sur mon sort, merci de compatir) et je pense déjà à Noël.

Je pense à Noël parce qu'à Berlin et à Vienne, tout le monde y pense déjà. On commence à installer les marchés de Noël, à acheter les décorations, à cuisiner des Plätzchen en famille. Bientôt, les rues sentiront le vin chaud et les marrons chauds, on se tapera les mains l'une contre l'autre pour se réchauffer, on écoutera des chorales chanter des Adventsgesänge. Il y une ambiance inimitable, un mélange de chaleur humaine et de froid météologique, de lumières douces et de nuit tôtive (mouais, tard/tardive dont tôt/tôtive.. logique non ?).

Je ne sais pas comment décrire ce doux sentiment de tradition immuable sans prendre le ton de Jean-Pierre Pernaud parlant du petit marché rustique de Saint-Didier-des-Monts... Je ne connais pas le marché de Noël de Strasbourg, mais d'après tout ce que j'ai pu entendre à son sujet, rien à voir avec un vrai marché de Noël dans les règles de l'art, la faute à la commercialisation. Il paraît même qu'ils y vendent des jouets fabriqués en Chine... la faute à la mondialisation. Elle est partout celle-là. Mais en tous cas, un vrai marché de Noël, c'est magique. L'Avent dans son ensemble est magique dans ces pays.

Au risque de m'enfoncer dans ma Pernaudisation, la principale différence que je vois entre Noël ici et là-bas réside dans le fait que nos cousins les Germains (hinhin) donnent un vrai sens à Noël. Car ici aussi, on commence à sentir que Noël arrive : les pubs pour figurines Batman et jeux de société débiles se multiplient. Il va y avoir sous peu des dizaines de faux Pères Noël bedonnant et rougeauds hantant les rues. Les promotions sur le foie gras vont également fleurir. Je trouve qu'on a complètement perdu la magie de Noël et de son sens originel, perdu dans une frénésie d'achats compulsifs frisant l'hystérie collective... Je déteste Noël en France, je l'adore en Allemagne.

Même si pour moi l'aspect religieux est important, ce n'est même pas ça le principal. L'Avent est dans toutes les familles outre-rhin (enfin celles que je connais...), même les plus férocement athées, un véritable moment de partage en famille, l'occasion de se retrouver. L'année dernière à Berlin, la pause déjeuner de tous les lundis à partir de mi-novembre étaient dédiées aux concours de gâteau : chacun apportait les Plätzchen préparés selon une recette familiale centenaire et immuable (chaque grand-mère ayant bien évidemment LA seule et unique recette véritable, la meilleure) et il fallait tous les goûter pour décerner la palmes des meilleures Zimtsterne, Anisplätzchen, ou Vanillekipferl. Les 4 bougies de l'Adventskranz, la préparation des petits gâteaux traditionnels pendant un mois, les calendriers de l'Avent, tout ça participe à une ambiance qui me manque déjà.

En même temps, rien ne m'empêche de transplanter ces traditions au coeur de Paris, mais ce qui en fait la vraie magie est le partage, la communauté. Et puis faire à moi toute seule un marché de Noël, ça va être difficile. En revanche, je suis bien décidée à m'acheter une couronne de l'Avent avec 4 bougies (ça se trouve en France ???), à m'acheter mon premier sapin de Noël et le décorer avec des décorations choisies par moi-même, et à faire quelques fournées de Weihnachtsgebäck. Bienvenue au Sophienchristkindlmarkt !