Soirée diapos
Dites, si je vous raconte mes vacances, vous allez trouver que je fais ma crâneuse ? Bon alors c'est simple : il faisait beau, il faisait chaud, il n'y avait personne sur la plage, la mer était bleue-verte comme elle ne l'avait jamais été cet été, la lumière était sublime, j'ai soigné ma traditionnelle tendinite à laquelle je n'ai pas non plus échappé cette fois-ci, j'ai dormi pendant des heures et des heures, j'ai mangé des kilos de palourdes. Et puis j'ai aussi fait ce que je ne fais que là-bas : je suis montée à cheval.
L'équitation, cela a été mon plus gros sacrifice dans ma préparation au concours. Histoire de ne pas me casser la clavicule ou me fouler le poignet, j'ai renoncé au cheval durant tout l'été. Ca aurait été sacrément ballot de manquer les écrits pour un saut d'obstacle raté, non ? Mais cette fois-ci, pas question que je m'en passe.
Ce qui est formidable avec le cheval, c'est que je n'ai pas vraiment l'impression de faire du sport. Attention, je ne dis pas que l'équitation n'est pas un sport. D'ailleurs, le premier qui me sort que "dans l'équitation, c'est le cheval qui fait tous les efforts", je le hisse sur une selle et je lui fais faire 3 tours de carrière, histoire qu'il se rende compte.
Donc quand je dis que ce n'est pas un sport, c'est qu'il ne s'agit pas bêtement de courir pour rien jusqu'à ne plus avoir de poumons. Déjà, il faut prendre soin de son cheval, gagner sa confiance, se faire obéir même quand il a décidé de se payer votre tête (genre il est tout étrillé, brossé, lustré, sellé, il arrive dans la carrière et il se roule dans le sable dans tous les sens, histoire de rire un peu). C'est bien plus fascinant qu'une ligne de piscine ou qu'un couloir de stade, avouez. Et puis on peut aller faire de très belles balades david-hamiltoniennes sur la plage au coucher du soleil.
Mais vu qu'il faut malgré tout sacrément remuer sa carcasse, c'est quand même du sport, dont l'effet magique est de vous faire remonter les fesses de quelques centimères encore plus vite qu'une culotte Wonderbra (le lien, ce n'est pas pour que vous vous rinciez l'oeil ou puissiez prétendre que je parle sous-vêtements dans chacun de mes posts, mais pour que les ignorants sachent de quoi je parle). Après quelques séances de trot enlevé, des fesses dignes des plus grandes danseuses de forró apparaissent comme par magie (quoi que je ne sache pas réellement si ce sont les fesses qui font le forró ou le forró qui fait les fesses...). Si vous ne savez pas ce qu'est le forró, regardez en bas, je vous ai mis une petite vidéo (oui, je succombe aux sirènes marketing des tubes de l'été, et je n'ai même - presque - pas honte).
Cependant, en tout honnêteté, il ne s'agit que du second effet Kiss cool. Le premier effet Kiss cool est en effet un probable gonflement de vos cuisses, qui peuvent doubler de volume en quelques heures après une mise en selle un peu intensive. Une mise en selle, pour résumer, c'est se taper le cul de la façon la plus répétitive et la plus violente possible, jusqu'à ce que vous ayez bien compris où et comment mettre ou ne pas mettre vos fesses pour avoir une bonne position. Quelques heures après cet exercice douloureux mais très efficace, où le ridicule atteint des sommets (vous avez déjà essayé de trotter sans étrier, en vous tapant la tête d'une main et en vous frottant le ventre en cercle de l'autre ?), il se peut que soudain, vos cuisses se mettent à se toucher. Elles peuvent aussi gagner une teinte bleue, jaune, ou violette. Mais cela n'arrive qu'à ceux qui - comme moi - se laissent ballotter comme des sacs à patates par manque de pratique et/ou de muscles.
Il y a quelques temps, j'avais lu dans un magazine féminin l'assertion sans concession d'une connasse de journaliste, selon laquelle "tout ce qui faisait une silhouette, c'était l'espace de 3 cm - AU MINIMUM - qui séparait les deux cuisses". Quelle que soit votre morphologie, sans ce blanc intercuissal, point de salut. Cela se voulait rassurant ("peu importe la taille de vos cuisses, tant qu'elles ne se touchent pas"), mais j'ai plus été marquée par la connerie abyssale d'une telle affirmation. La fille qui a 2,8 cm entre les cuisses a-t-elle une silhouette complètement déséquilibrée ? Quant aux pauvres nénettes qui ont des cuisses qui se touchent, celles-là peuvent complètement oublier l'idée de se montrer encore en société. Nan, c'est vrai quoi, il faut avoir un peu de pudeur et ne pas forcer les autres à regarder de telles monstruosités... J'aime vraiment de moins en moins les magazines féminins.
Bref, je m'emporte et je m'égare. Tout ça pour dire que quand je fais du cheval, je reprends non seulement l'équitation, mais aussi le sport. Les premières fois, le résultat n'est pas brillant, et je marche comme une mémé pendant quelques jours : à 2 à l'heure, dos cassé, fesses en arrière, jambes pliées. C'est super glamour. Et le bikini avec des hématomes aux fesses, c'est le chic suprême. Mais quand je reste un peu plus longtemps, ça paie : la deuxième semaine, je retrouve mes réflexes et mon style plein d'élégance (bien sûr). Le problème, c'est que là, je ne suis restée que quelques jours, et que j'ai commencé avec une mise en selle de Galop 5, si vous voyez ce que je veux dire.
Bon, à part ça, je me suis remise au travail. La vie de préparationnaire ne s'arrête jamais. Avant de commencer à bûcher d'hypothétiques oraux, j'ai de nouveau des écrits qui m'attendent dans moins de trois semaines, avec un programme totalement différent de celui de l'ENA, sinon ça ne serait pas drôle. Quelques saines occupations en vue donc.
-



