12 mai 2007

A vot' bon coeur

Je m'adresse ici à mes innombrables lecteurs hautement cultivés. En tout cas, nettement plus que moi. C'est à dire à tous mes lecteurs : je vous en supplie, aidez-moi.

Je suis torturée depuis déjà plusieurs heures par mon moi intérieur, qu'il est très difficile de semer. J'essaie depuis ce matin, en vain, de retrouver une référence, plutôt du genre classique pourtant. Mais rien à faire... Je suis harcelée par mon désir de retrouver ce titre, plaie sur laquelle l'agacement du trou de mémoire remet à chaque instant une pincée de sel. Tantale et Sisyphe réunis, à côté, c'était de la gnognotte.

Alors voilà, ce que je recherche est simple : l'équivalent des Lieux de mémoire, mais pour l'Europe... J'avais lu un article sur la difficulté de fair émerger des lieux de mémoire communs à l'échelle du continent. Et cet article parlait de quelqu'un qui avait essayé et qui y était parvenu. Ou peut-être pas complètement, voire pas du tout. Ou qui en était juste au début de ses essais, plein de foi et d'illusion. Qu'il ait réussi ou non, son nom m'intéresse quand même.

Je suis absolument certaine que parmi vous se cache celui qui saura me délivrer de mes tourments... Merci par avance !

11 mai 2007

"Les paysans de mon fief"

Je me suis fait une nouvelle copine de bus. Mais attention, celle-là était tout sauf une pétasse. Elle s'est assise à côté de moi, et je me suis dit qu'elle avait dû voir la Tour Eiffel en construction. Toute frêle et toute ridée, mais très chic. A peine avait-elle posé ses fesses sur le siège voisin du mien, elle a commencé à s'animer et à parler tellement vite que je me suis demandée si en fait, je n'avais pas Lorant Deutsch réincarné à côté de moi.

"Je suis allée au Bon Marché parce que vous savez, il me fallait un nouveau rouge-à-lèvres, et celui qu'on trouve là-bas il est vraiment très bien, il tient longtemps et ne bave pas. Et je traverse tout-Paris pour aller au Bon Marché, parce que vous comprenez, là-bas, au moins, les vendeuses sont bien élevées. Ce n'est pas que je sois bêcheuse hein, mais j'aime qu'on soit poli. Et au Bon Marché, toutes les vendeuses sont polies. Regardez, elles m'ont même donné une petite carte, pour que j'aie leur numéro, pour appeler la prochaine fois avant de venir, pour être sûre qu'elles auront mon rouge-à-lèvres".

Elle fouille dans son sac à main et en sort en effet une petite carte.

"Elle est jolie hein... Ce que j'aime bien, c'est qu'elle est discrète voyez-vous."

En effet, la carte Chanel est discrète à souhait : un petit logo blanc sur fond noir, on ne fait pas plus sobre. Et la sobriété, même sur papier glacé, est la mère de toutes les classes. Le flot ininterrompu reprit :

"Vraiment, elles sont bien élevées les vendeuses, c'est agréable. Parce que vous savez, Papa me disait toujours (et il avait raison) : 'Ce serait quand même malheureux que les nobles donnent le mauvais exemple'. Vous comprenez, je ne suis pas bêcheuse, mais j'aime qu'on soit poli. Papa avait raison, nous ne devons pas montrer le mauvais exemple, mais c'est bien agréable d'avoir quelqu'un de bien élevé en face de soi, noble ou pas".

Elle s'arrête un instant, pour reprendre son souffle. Et repart aussitôt :

"Vous savez, je viens du Massif Central. Et dans mon fief... Oui, parce que j'ai un fief... Oh, le château est en mauvais état, mais nous avons encore plein de paysans ! Oh, comme ils sont gentils les paysans de mon fief, si vous saviez. Quand je vais les voir, ils me disent tous "bonjour Nanou". Parce que je m'appelle Jeanne. Alors comme quand j'étais petite, ils m'appellent encore Nanou. Qu'ils sont gentils mes paysans... Ils sont tellement gentils que parfois, j'ai peur qu'ils se fassent avoir. Ce n'est pas comme les paysans normands, qui sont avares. Eux ils sont tellement généreux mes paysans... Et donc dans mon fief, nous avons encore plein de paysans... J'ai tellement peur pour eux parfois."

Son regard se pose sur mon Courrier International, ouvert sur un article sur l'utilisation par l'économie israélienne de la main d'oeuvre palestinienne dans des conditions parfois douteuses. L'article est illustré par un dessin représentant sur fond vert un homme en utilisant un autre comme brouette. Elle me le montre du doigt et reprend :

"'C'est joli ça. Ce vert, qu'est-ce que c'est joli ! Vous savez, je suis un peu déformée, parce que j'ai fait une licence de droit, et ensuite, j'ai fait l'Ecole du Louvre. Parce que vous savez, moi, j'aime ce qui est beau. Oui, c'est ça, j'aime le beau... C'est bien agréable, les belles choses...".

Mon arrêt approche. Je la quitte après avoir souri intérieurement tout le long de mon trajet et de son monologue.

09 mai 2007

On me trompe, on me trahit, on me spolie !

Bon, la journée n'a pas été franchement mauvaise, mais que de contrariétés... J'ai tout au long de la journée été trahie par des objets familiers censés ne pas faire ce genre de choses.

Pour commencer, et la loi des coïncidences ne ment pas : mes bas. Il y a déjà quelques mois, je vous parlais des bas de Kozlika. Pour la première fois depuis cette histoire, aujourd'hui, quelqu'un est arrivé sur mon blog en cherchant "bas décadents de Kozlika". Jusque là, pas de coïncidence particulière, ce n'est que Google qui fait son boulot. Là où je commence à m'interroger sur la fortuité de la coïncidence, c'est que j'ai vécu toute la journée le même enfer que Kozlika. Pour la première fois de ma vie, mes bas, fidèles depuis 8 ans (j'en change de temps en temps, hein, mais toujours la même marque, la même taille, le même modèle) m'ont lâchée, abandonnée, se sont faits la malle. Enfin le bas droit, qui a passé sa vie à aller voir sur ma cheville s'il y était ou non, malgré mes tentatives régulières de remontage discret. Si ça, ce n'est pas une trahison suprême...

Continuons avec l'industrie des produits de beauté. Depuis des années, je suis fidèle au "démaquillant originel" d'Evian Affinity. Un bête produit de supermarché, mais ultra doux et frais à la fois, qui sent bon le propre et rien de plus, qui est coriace avec toute trace de maquillage mais pas avec ma peau sensible. Un must quoi. J'ai refait mon stock, et là, surprise, ils y ont ajouté "de l'edelweiss". Je n'ai rien contre cette petite fleur qui me rappelle ma vie viennoise et surtout... surtout... la scène MA-GNI-FIQUE de Sissi Impératrice, quand Franz sauve leur mariage en l'emmenant dans les Alpes et va lui cueillir un edelweiss alors que c'est supra-méga dangereux et qu'il y laisse presque sa vie. Au passage, ça la fout un peu mal dans les notices nécrologiques, pour l'Empereur de l'Autriche-Hongrie, de mourir d'un edelweiss... Tout ça pour dire avec l'extrait d'edelweiss en plus, ben mon démaquillant est moins frais et qu'il sent plus fort qu'avant. Pourtant, je croyais que l'edelweiss était justement un truc qui ne sentait rien et aimait le froid... Je n'ai encore rien compris.

Deuxième trahison de l'industrie des produits de beauté : ma crème pour les mains. Enfin là, c'est à moitié de ma faute. Parce qu'en théorie, je ne jure que par la crème de Body Shop. Mais mon Body Shop a fermé, et j'avais fortement la flemme de traverser Paris pour un pot de crème (car je sais parfois être raisonnable, en particulier lorsque je n'ai plus le temps de rien). Je me suis donc contentée du rayon beauté de Monoprix, qui est déjà l'un des plus fournis des supermarchés de la capitale. Après avoir réussi à ma convaincre que payer 10 € pour une crème Rêve de Miel de Nuxe était vraiment inutile, je me suis rabattue sur les produits ordinaires, fuyant tout ceux que j'avais déjà essayés. Une petite nouveauté me tendait le bouchon et semblait convenir à ma situation désespérée (3 semaines sans crème pour les mains, ça se paie) : bodyrepair de Garnier, une nouveauté "réparatrice intense" à la sève d'érable pour les "mains extra-sèches". A peine arrivée chez moi, je m'en tartine une couche, pour découvrir, atterrée et furieuse, qu'ils n'ont fait que changer le packaging. La crème bodyrepair dans son tube rouge n'est ni plus ni moins que la même que la bodycocoon du tube orange (alors que pour le reste des produits, ce sont deux gammes distinctes... non, je n'apprends pas par coeur les rayons des supermarché), essayée et invalidée il y a déjà plusieurs années. La morale de l'histoire est que, définitivement, on paie toujours ses infidélités.

Pour finir cette journée de trahisons sans fin, ma porte de cuisine m'a sauté dessus. En plein dans le nez. Pour l'instant, c'est gonflé, rouge et douleureux. Je ne pense pas ressembler à L-tz demain. Enfin, je n'espère pas. Parce que j'ai des obligations sociales MOÂ. Mais peut-être que ça va me remettre la cloison nasale bien droite. Pas que je sois une énième complexée du nez, je vous rassure. J'ai bien conscience que mon nez n'est pas du tout conforme aux canons, mais figurez-vous que je l'aime beaucoup. J'ai exactement la même petite bosse que ma cousine, qui a fait une fixette sur ce détail commun de notre anatomie pendant des années, tandis qu'il ne m'a absolument jamais gênée. C'est là qu'on voit que les complexes sont des choses aussi subjectives que l'humour. Pour moi, mon nez est ma marque de fabrique, celle qui me relie aux miens : j'ai le nez de mon père et de mon grand-père. Je n'ai qu'une trouille, c'est qu'il devienne aussi gros que celui de mon grand-père dans quelques années. Une petite bosse de caractère, je veux bien ; une patate, c'est non ! Tout ça pour dire qu'avoir la cloison nasale déviée ne m'a jamais paru évident ni même disgracieux. J'ai découvert que j'avais le nez de traviole en allant voir un ORL pour mes sinusites à répétition. Ce Medicinae Doctor avait passé 10 ans de sa vie sur les bancs d'une fac quelconque pour finir par me dire que mon nez n'était pas droit, et que de toute façon, "les sinus étaient les choses les plus mal conçues par notre Créateur". En somme : ma porte de cuisine m'a trahie en me sautant sournoisement sur le nez, mais peut-être va-t-elle me faire oublier les joies de la sinusite.

Bilan de la journée : il faut que je m'achète des porte-jarretelles pour tenir mes bas censés tenir tout seuls, je sens l'edelweiss, j'ai la peau des mains rugueuses et un nez de boxeur. Que de contrariétés, vraiment...

free music


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Good job !

Ayé, j'ai enfin pris le temps de répondre aux commentaires en attente depuis une semaine... C'est pas top intéressant comme message, mais ça méritait d'être dit !

08 mai 2007

Bête et (pas trop) méchant

Trouvé ici :


Voilà, je ne veux pas faire de la politique comme je l'ai vue faite, et comme j'en ai été dégoûtée. En faisant niark niark niark, en disant que "les autres" en face ne peuvent être que cons, débiles et diaboliques pour ne pas avoir les mêmes idées que celles qu'on défend. En ne laissant pas parler ceux du même parti qui ont une opinion divergente. En jetant dehors manu militari les représentants des courants minoritaires dont on craint qu'ils ne soient là que pour "noyeauter" le mouvement lors des réunions stratégiques. C'est tout ce que j'ai détesté et que j'ai fui en claquant la porte de mon parti (très discrétement, j'ai juste arrêté d'aller aux réunions).

Alors cette petite affiche va à l'encontre de tout ça. Je me suis convaincue qu'il fallait juger Sarkozy sur ses actes à venir et non sur ses propos de campagne, qui ont nécessairement été pensés pour recruter un électorat, et ne sont donc peut-être pas entièrement à l'image de ses convictions profondes. Il y a une rhétorique de l'élection : les discours sont parfois loin des actes.

En théorie, j'attends donc de voir. Juger dans quelques mois, m'indigner quand il sera temps de m'indigner. Pas par principe, mais en réaction à un élément concret. Pas de procès d'intention. Certains diront que le dossier à charge était déjà bien trop lourd, j'ai envie de lui accorder le bénéfice du doute, pour le juger à partir du 17 mai, en vertu du principe de non-rétroactivité. J'ai déjà jugé son action avant son élection, en ne votant pas pour lui. Remettons aujourd'hui les compteurs à zéro en le faisant bénéficier de la présomption d'innocence.

Néanmoins, quand j'ai vu cette affiche, je n'ai pas pu résister... Ma clémence ne vaut qu'à partir du 17...

06 mai 2007

Pas de titre

Pffff... tout ça, ça me donne juste envie de me faire livrer des suhis par un livreur sans-papiers qui est sous-payé, bien qu'il fasse des tas d'heures supplémentaires...

05 mai 2007

La pétasse (le retour)

Après une première pétasse rencontrée il y a une semaine, le destin en a mis une deuxième sur ma route hier soir. Tant d'un coup, je ne suis pas habituée.

Le décor est le même : un bus bondé pour rentrer chez moi. L'action est la même : je me fais écraser le pied. Le dialogue change :

- Aïe ! (ça, c'est moi, j'ai la douleur expressive...)

Elle me regarde, estomaquée à la limite de l'apoplexie tellement ma réaction la surprend, et me sort un magistral (et très sérieux) :

- Oh ben moi, j'ai rien senti...

Comme on apprend de ces erreurs, et que je me suis rendue compte que n'avoir rien répondu à la pétasse 1ère du nom, tant j'étais décontenancée par sa réaction, m'avait aigrie, et que l'aigreur, c'est mauvais pour le bronzage, je me suis dit que cette fois-ci, la pétasse 2ème du nom n'allait pas sans sortir comme ça.

Alors je l'ai regardée très méchamment (vous savez, mon fameux regard hautain chargé de colère froide) en articulant bien distinctement un ferme, mais poli, "ben moi, SI !". Ce qui ne l'a visiblement pas encouragée à s'excuser. Elle est partie s'asseoir la tête haute, style "la bave du crapaud n'atteint pas le pigeon crasseux".

Les bus bondés, une vraie pub pour démentir la réputation des Parisiens...

03 mai 2007

Anxiogène

Non, je ne vais pas vous parler du débat de ce soir, dont j'ai pensé plein de choses, mais pas qu'il était anxiogène.

Je déteste la nouvelle série médicale à la mode de TF1, Dr House. Autant j'ai immédiatement accroché à Grey's Anatomy (mais c'était sur prescription de ma prof d'anglais), autant là, je n'aime pas.

Déjà, et je crois que c'est censé être l'originalité de la série qui fait qu'elle se démarque des autres et qu'on en devient fan tout de suite, je déteste le héros éponyme, antipathique au possible. Je sais que faire d'un antihéros un héros héroïque bien qu'il soit antipathique est LE truc révolutionnaire de la série. Mais moi, je suis indécrottable, il me faut du rêve et des gentils héros, il me faut du Dr Mamour qui sauve le monde et a une morale d'amish.

Et lui, le Dr House - outre le fait qu'il ait un nom ridicule... Dr Lamaison, nan mais on se fout de qui ? - est méchant, misanthrope, prétentieux, méprisant, irrespectueux et indélicat. OK, il est super bon et il sauve des vies. Mais des pourris qui font des choses bien juste parce qu'ils savent bien le faire, c'est monnaie courante. Et c'est considérer les autres comme un moyen et non comme une fin, ce qui est très mal selon Kant ("Agis de telle sorte que tu traites l'humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen", Fondements de la métaphysique des mœurs. C'est aussi beau qu'une suite pour violoncelle seul de Bach...)

En outre, cette série est hautement anxiogène pour une hypocondriaque légère comme moi. Son fond de commerce réside dans des pathologies incroyables que personne ne saurait diagnostiquer, mis à part le fameux Dr House qu'on a envie de baffer. Du coup, des gens qui arrivent à l'hôpital avec une légère migraine se retrouvent avec un triple cancer en phase terminale et un pneumothorax (je n'ai aucune idée de ce qu'est un penumothorax, ni même que ce soit réellement une pathologie), qui n'ont d'ailleurs rien à voir avec la migraine.

La série parle des trucs les plus horribles et improbables qui puissent arriver à un corps humain, et il y a des choses que je préfère ne pas savoir. Parce que dans Grey's Anatomy, les pathologies sont horribles, mais leurs propriétaires les ont bien méritées. Alors que là, ça touche n'importe qui : vous arrivez presque en forme à l'hôpital, et en 3 minutes (avant le générique du début), vous êtes dans le pire état possible. Je sais, la vraie vie, c'est comme ça, et pas comme dans Grey's Anatomy. Mais je ne regarde justement pas une série pour voir la vraie vie. Le truc qui revient tous les jours et qui parle de la vraie vie, ça s'appelle un journal télé.

Rajoutez à ça que j'ai cru, dans un élan de vaine naïverie (si si, ça existe comme mot à Cocoland), qu'M6 allait nous passer la deuxième saison de Desperate Housewives alors que ces radins ne font que rediffuser une saison déjà vue et revue et disponible en DVD depuis des années, et vous comprendrez que je sois une déçue des séries... Y en a qui ne croient plus en la politique, et moi, ce sont les séries. Vivement qu'un candidat meilleur que les autres me redonne goût aux séries... (et non, Verliebt in Berlin ne compte pas).

02 mai 2007

Oups !

Cette fois-ci, ce n'est pas de ma faute, mais Pierre Richard semble être de retour : ma boîte à mails "scolaire" a été en panne toute la matinée. Elle vient de revenir à la vie, mais tous mes mails envoyés et reçus depuis le 27 avril ont disparu entre temps. Donc si vous m'avez écrit, recommencez !

01 mai 2007

Groumpf (je ne suis pas féministe mais...)

Bon, ça y est, c'est reparti pour un tour d'indignation, en live cette fois-ci. Entendu il y a 2 minutes, dans un reportage du Journal de France 2 sur les indécis : "moi, c'est certain, je vais voter sur le base du débat de demain soir !" dit le mari. "Et vous Madame, sur quelle base allez-vous voter ?" demande le journaliste. Et cette cruche répond, la bouche en coeur, "sur la base de mon mari", en éclatant de rire, pour bien montrer que bon, hein, c'est une blague.

C'est exactement pour cette raison que le droit de vote a été refusé pendant des décennies aux femmes. C'est exactement pour cette raison que même la gauche française a exclu d'accorder le droit de vote aux femmes tout au long du XXème siècle : une femme qui n'aurait pas reçu l'éducation nécessaire à l'exercice de son libre-arbitre voterait comme son mari ou comme son curé. Ce qui n'est pas en soi idiot comme raisonnement, mais aurait dû conduire à l'émancipation intellectuelle des femmes plutôt qu'à leur exclusion de la sphère civique. "Puisque seule une citoyenne éduquée peut accomplir son devoir raisonnablement, formons les citoyennes" aurait été une meilleure réponse...

La France a été parmi les derniers pays à accepter que ses citoyennes puissent exercer tous leurs droits. Et 60 ans plus tard, il se trouve encore quelque part en France des cruchottes pour affirmer en regardant bien droit la caméra qu'elles mettront dans l'urne le même bulletin que leur mari, quel qu'il soit. Je suis atterrée...

Ceci n'est pas un blog culinaire (Coco aux fourneaux)

Après la délicieuse soirée d'hier soir entre amis, je me vois dans l'obligation de partager quelques recettes. Et pourquoi pas ici, plutôt que par mail ? J'aurais ADORE faire des photos, mais tout a été englouti avant même que je pense à sortir mon appareil (et puis comme je bavassais au salon, j'ai fait brûler les tartelettes, aussi... mais juste le bord, hein !).

Pour commencer, tarte aux tomates, mozzarella et aubergines : faire cuire à feu moyen TRES longtemps (d'une demie-heure à une heure, en remuant régulièrement) 2 aubergines coupées en cubes, 1 mozzarella 1/2 coupée en cubes (mais garder la deuxième moitié, dans le centre de la mozzarella pour faire de belles tranches ensuite) et deux boîtes de tomates concassées, avec 1 bonne cuiller à soupe de pesto et 1 cuiller à café de sucre + sel et poivre. Quand tout est complètement caramélisé, garnir une pâte feuilletée piquée dans le fond, répartir les tranches de mozzarelle restantes sur le dessus et enfourner à 220° jusqu'à ce que tout soit bien gratiné mais pas brûlé. Donc abstenez-vous d'aller parler avec vos invités dans les 3 dernières minutes.

Ensuite, tagine d'agneau aux abricots sans plat à tagine. On peut croire que c'est très long à faire, mais en fait pas du tout. Ca prend juste deux jours, mais pas non-stop... La veille, faire revenir dans une bonne rasade d'huile d'olive 2 oignons émincés. Enlever les oignons et faire revenir 1 à 2 souris d'agneau par personne à feu vif sur tous les côtés pendant 5 minutes. Rajouter les oignons, 2 gousses d'ail entières, de la cannelle, du mélange 5 épices, et 1 cuiller à café de miel par souris. Mouiller à hauteur et faire mijoter à feu très doux et à couvert aussi longtemps que possible. Réserver la viande dans un plat, faire réduire la sauce à feu très vif pendnat 1/4 d'heure environ, puis mettre la sauce dans un récipient. Attendre que tout ait bien refroidi, et zou, tout ça au frigo pour la nuit. Quelques heures avant le dîner, dégraisser la sauce en enlevant la couche dure (très) épaisse sur le dessus. Remettre le reste de la sauce à feu doux, rajouter la viande, et remettre à mijoter à feu très doux et couvert jusqu'au dîner, en arrosant de temps en temps la viande du dessus du jus. 10 minutes avant de servir, rajouter quelques abricots secs et au moment de servir, une bonne dose de coriandre ciselée, pour ceux qui aiment.

Avec ça, je préconise la consommation de courgettes à la Marraine (oui, parce qu'en fait, c'est la recette de ma marraine. Il existe aussi un riz à la Marraine, et le premier qui dit que c'est con comme titre de recette, ben c'est çui qui dit qui est...) : Faire revenir dans de l'huile d'olive 1 courgette par personne, épluchée et coupée en rondelles assez épaisses pendant quelques minutes à feu très vif (pour qu'elles ne ramollissent pas). A la fin de la cuisson, saler, poivrer, ajouter de la menthe ciselée, une bonne poignée de raisins secs, des pignons de pin préalablement dorés à la poêle et un bon trait de jus de citron pour déglacer la poêle.

Pour terminer, des petites panna cotta toutes roses (à la rose et aux framboises, donc). Beurrer des petits ramequins et y disposer 1 bonne poignée de framboises. Faire ramollir 1 feuille de gélatine par personne dans de l'eau froide. Porter à ébullition 10cl de crème liquide légère par personne avec 10g de sucre par personne. Dès que ça bouillone légèrement, enlever du feu, rajouter 1 cuiller à soupe d'eau de rose par personne et quelque gouttes de colorant alimentaire rouge. En fouettant, ajouter une à une les feuilles de gélatine. Verser dans les ramequins. Mettre au frais pendant une nuit. Servir bien frais, démoulé, avec un coulis de framboise. Si vous vous demande "comment qu'on démoule ?", je dirais : au feeling. Bon, d'accord, j'explique : vous passez la lame d'un couteau sur les bords délicatement, puis vous essayez de démouler. Si ça ne marche pas, vous dégainez votre arme magique léguée par votre grand-mère, la "spatule à démoulage super efficace mais dont je ne connais pas le nom". Un truc souple et long qui va chercher la panna cotta dans le fond du ramequin sans la mettre en charpie. Sinon, j'a lu sur quelques blogs qu'on pouvait tremper le fond du ramequin dans de l'eau chaude, mais je n'ai pas essayé... Quoi qu'il en soit, démouler avant le repas, car ça peut être un peu long...

Avec tout ça, vous avez un menu spécial anti-toxoplasmose pour femme enceinte (en prenant des framboises congelées, puisque les cacas de chat contaminés ne résistent pas à la congélation...). C'est pas merveilleux ça ? Et visiblement, même les hommes non-enceints apprécient également.

30 avril 2007

Misère (ou : Tout ça pour ça)

Bon, z'allez encore dire que je m'insurge pour pas grand-chose. Mais tant pis, il faut que je partage...

De temps en temps, pour me détendre et me faire saliver, je vais voir les pianos à vendre sur ebay. Il y a de temps en temps des instruments anciens absolument superbes. Des Pleyel début du siècle, des Gaveau, des Erard, et plein d'autres encore. Très souvent, les prix sont plus que raisonnables, puisque les vendeurs cherchent en majorité à se débarasser d'un bien de famille dont ils ne savent que faire.



On peut ainsi trouver pour quelques centaines d'euro l'une des ces merveilles : un piano art nouveau ou art déco, dans de très beaux bois non vernis, avec un panneau "soleil" et des courbes tout en douceur. Souvent peu entretenus, ces pianos ont besoin d'une révision après achat, mais le plaisir de jouer sur un Erard des années 20... Enfin bref, je m'égare, car le but de ce billet est une fois de plus de râler. Ou plutôt, de m'offusquer.

Parfois, les Pleyel sont vendus à des prix défiant réellement toute concurrence. Pour quelques dizaines d'euro. Je me penche sur ces cas, par curiosité. Et ce que je lis me tord le coeur. "Véritable Pleyel ancien" (jusque là, ça va) "magnifique meuble de décoration" (oui enfin... pas que) "entièrement vidé" (quelle drôle d'idée ! Ont-ils remplacé le mécanisme pour éviter le décalage d'1/2 ton ? Ce serait étrange...) "pour faire un bar". Et là, je m'étouffe. Il y a des gens qui réussissent à dormir après avoir vidé un Pleyel pour en faire une station d'accueil pour bouteilles d'alcool...

Ceci est un cas extrême, mais rencontré plusieurs fois. Plus fréquemment, il n'est fait absolument aucune mention des qualités musicales de l'instrument, du nombre d'octaves, de pédales. Il est simplement dit que c'est "un bel objet de décoration". Je n'aurais vraiment jamais pensé acheter un piano simplement pour décorer un pièce...

Quel est le but recherché ? Animer un salon un peu terne ? Remplir une pièce trop vaste ? Réchauffer une atmosphère ? Ou tout simplement faire croire à ses visiteurs qu'on maîtrise l'objet dans une tentative pitoyable d'impression sociale ?

29 avril 2007

Pétasse

[oui je râle pour rien, et alors ?]

Je crois que je devrais créer une rubrique "Bus et autres transports en commun". Ce concentré de société suffirait à lui seul à nourrir ce blog.

Samedi, en rentrant d'un galop totalement débile (à 8h du matin, alors qu'il fait déjà un soleil radieux, ça énerve de voir que le prof semble se foutre de notre gueule avec ses sujets...), le bus était bondé, nous étions serrés comme des petites sardines (sans qu'il s'agisse d'une allusion à Patrick Sébastien). Et à l'occasion d'un freinage brutal, je me suis fait écraser le pied.

Vous me direz, ça arrive souvent, et ce n'est pas dramatique. Douloureux éventuellement, mais la passagère n'aurait pas pu deviner qu'elle allait m'écrabouiller de son talon en bois exactement les orteils déjà visités par le sabot d'un cheval il y a quelques mois (et un cheval, c'est lourd...).

A ce moment-là de l'histoire, vous trouvez que j'exagère légèrement avec mon titre assassin. Mais il se trouve, si vous suivez bien, que j'étais en pieds-nus. Et que cette pétasse (oui, je maintiens), au lieu de s'excuser comme tout un chacun, ne m'a rien sorti d'autre, avec un air outré, que "forcément, quand on a des pieds-nus...". Après avoir trouvé son pied un peu lourd, j'ai trouvé ses excuses un peu légères...

27 avril 2007

Joli trait

Grâce à Camille d'esayage, j'ai découvert il y a quelques jours un petit bijou de blog-dessiné. Son auteur ? Pénélope Bagieu, qui sait allier avec maestria humour, finesse, mordant et douceur. J'adore tout : les couleurs, le contenu, le trait, les thèmes, les commentaires, les titres... J'avais bien l'intention de vous parler du blog de Pénélope Jolicoeur, mais vous savez ce que c'est : le temps passe, ça s'en va et ça revient, tout ça tout ça.

Et puis je voulais aussi en parler à Fab. Parce qu'une fille qui fait des trucs si chouettes que ça mérite amplement sa place sur madmoizelle.com. Puis je trouve le ton pile-poil dans l'esprit du site. Ca faisait beaucoup de coïncidences...

Mais voilà, cet après-midi, juste avant de partir en cours, je regarde les nouveautés et je tombe sur ça : Pénélope Jolicoeur va désormais venir nous rendre visite toutes les semaines, sans même que j'en aie parlé au grand chef...

Quand j'ai vu ça, j'étais vraiment aux anges, et ça m'a un peu consolée pour Rostropovitch voyez-vous. D'une part, je suis toujours contente de découvrir de si jolies choses sur madmoizelle et me réjouis d'avoir droit, en plus du dessin du jour, à celui de la semaine. D'autre part, je suis vraiment super contente pour elle, que son travail soit encore plus connu et reconnu. Je n'ai vraiment aucune idée de sa cote et de sa célébrité. Si ça se trouve, c'est une star mondiale, et je débarque carrément. Mais si jamais ce n'est pas le cas, ça le sera peut-être bientôt, et ce sera amplement mérité !! Félicitations Pénélope, et merci...

PS / je vous aurais bien mis un petit exemple de ses créations, mais je ne suis pas sure que ce soit tiptop niveau droits d'auteur et patatipatata. Allez donc plutôt faire un tour sur son site pro et perso, vous y trouverez tout !

Breaking (sad) news

Le jour où j'ai découvert le son du violoncelle, j'ai été bouleversée. Je me rappellerai toujours de mon excitation extatique (heureusement que c'est à l'écrit) lorsque j'ai entendu pour la première fois les Suites pour violoncelle seul enregistrées à Fontevraud par Alain Meunier.

Le violoncelle est vraiment un instrument très particulier : je n'en connais aucun autre avec lequel le musicien fasse autant corps. Si vous avez déjà entendu un violoncelliste en concert, en étant suffisamment près de lui, vous aurez sans doute remarqué la respiration : les violoncellistes respirent tous très fort. Comme si de leur respiration dépendait le son qu'ils sortent de leur instrument. Je crois que le violoncelle est le seul instrument à cordes qui soit aussi à vent. Un violoncelliste qui ne respire pas bruyamment au rythme de son archet n'a aucune musicalité. Ca fait partie de la chose, comme le lever de poignet lent et calculé, en forme de vague (totalement inutile au demeurant, mais pourtant nécessaire) pour le pianiste : le poignet se lève, tandis que les doigts sont encore en contact avec les touches, jusqu'à ce que les doigts se séparent doucement du clavier, puis le poignet redescend , faisant bascule avec le reste de la main, dont les doigts finissent également par s'abaisser pour que le bras retrouve son alignement du coude au bout des ongles.

Tout ça pour dire que je viens d'entendre que Rostropovitch nous a quittés, et que ça m'a vraiment fait quelque chose. Il ne jouera plus jamais. Et je ne pourrai jamais le voir en concert. Un grand monsieur pour sa musique, et pour bien d'autre chose. Il n'est pas qu'un virtuose, il est aussi une conscience, un homme libre. Il est celui qui jouait devant le mur de Berlin en 1989. Adieux très tristes...













Le plus beau est ici, pas exportable malheureusement.

Je sais, j'aurais dû choisir, mais c'est tout simplement impossible...

26 avril 2007

Je déclare la saison d'été officiellement ouverte

"Ben qu'est-ce que t'attendais ??!" diront les plus perspicaces. Je les remercie de poser cette question, ça va me permettre de vous raconter ma vie.

Aujourd'hui, enfin, j'ai eu plus de 3 minutes d'affilée pour me poser, et pas dans un lieu public : chez moi. Et j'en ai profité pour accomplir le geste qui, chaque année, pour moi, marque le début de l'été : je me suis fait les ongles de pieds.

Je sais, ça n'a l'air de rien, mais ce petit geste revêt une importance nettement plus capitale qu'il n'y paraît au premier abord (enfin oui, tout cela est relatif, ça reste moins capital que la désindustrialisation ou la destruction de la forêt amazonienne). Car figurez-vous que faute d'avoir pu me livrer à cet exercice antérieurement, par manque de temps, j'étais condamnée à porter mes chaussures d'hiver depuis des semaines, malgré les 25° passés qui me narguaient régulièrement.

Oui, c'est peut-être psychologique, mais surtout esthétique : je ne PEUX pas porter mes nus-pieds sans avoir les ongles de pieds impeccablement vernis... Même si c'est juste une petite couche de transparent légèrement irisé, ça change TOUT. L-tz va encore dire qu'il ne comprend rien aux filles, et pourtant, ce n'est pas compliqué. C'est peut-être exagéré, mais pas compliqué...

Donc voilà, aujourd'hui, pour traîner chez moi alors que personne ne me voyait, j'avais de très jolis petits bouts de couleurs aux pieds. Et j'espère bien qu'ils ne vont pas se carapater dans la nuit, histoire que je puisse enfin mettre mes jolies sandales demain, pour abandonner mes bottes et la garde-robe d'hiver qui va avec.

Ah ben oui, quand vous ne pouvez pas mettre de nus-pieds, vous ne pouvez pas non plus vous habiller comme si c'était l'été... Faut être logique... Sauf si vous voulez ressembler à l'un de mes collègues d'amphi aperçu hier, qui arborait fièrement un bermuda beige, une chemisette à carreaux BIEN rentrée dans le bermuda (sans doute pour ne pas prendre froid au ventre), des chaussettes beiges et ses mocassins d'hiver, noirs à pompons (oui, ça s'écrit comme ça, j'ai vérifié)...

Et comme tout travail (le vernis) mérite salaire, je me suis récompensée en passant quelques heures sur la responsabilité administrative, le principe de précaution, la politique industrielle et les budgets locaux. Ben oui, faut savoir se faire plaisir parfois !

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25 avril 2007

Articulation

L'important quand on donne une information, elle-même contenue dans un flot d'informations que nous tendons à désigner sous le nom de "journal", est la place qu'elle occupera par rapport aux autres informations, afin que le subliminal, cette force si subtile, fasse tranquillement son travail d'association dans notre cerveau. Vous ne donnez que deux informations, mais en les combinant, vous pouvez en donner une troisième, tout en laissant à votre auditeur le sentiment qu'il est libre de sa pensée.

Ce matin, par exemple, le sujet n°1 arrive : la sécheresse, le temps qui se détraque, les agriculteurs qui sont tristes. Depuis que j'ai l'âge d'écouter des journaux, on nous fait pleurer sur les agriculteurs qui n'ont jamais assez d'eau (sécheresse exceptionnelle, sans doute pire que celle 1976, c'est dire !), ou jamais assez de soleil (un été comme ça, c'est pas Dieu possible...). A se demander comment on bouffe encore. Et heureusement qu'on a quand même tous ces nitrates pour bien faire pousser les choux-fleurs, parce que sinon, ça serait encore du rutabaga et du navet matin-midi-et-soir. Pour ce qui est de l'eau, il ne faut surtout pas demander qui pompe de l'eau à outrance depuis des décennies sans rendre de comptes à personne. Si vous n'avez jamais traversé la Beauce en plein après-midi d'été, croyez-moi sur parole : tous les champs sont largement arrosés de 12h à 16h, à l'heure à laquelle ça ne sert à rien, parce que l'eau s'évapore immédiatement... Mais revenons à nos licornes : tout fout le camp, les saisons et nos raisons d'avoir confiance en le monde en même temps.

Sujet n°2 : on vient de découvrir une planète qui serait presque comme la Terre. Enfin sans ces connards d'hommes qui ont tout bousillé, évidemment. C'est presque comme chez nous : il y a de l'eau et des rochers, et il y fait de 0° à 40°. Enfin, d'après les astronomes qui voient ça à des années-lumières. Je ne sais pas trop comment ils font pour voir la température dans un téléscope, mais c'est sans doute parce que je n'ai pas fait de spé physique au bac.

Sujet n°3 : l'association de l'un et de l'autre m'a nécessairement fait penser à "ah ben chouette, on s'est trouvé une Terre de remplacement pour quand ça ira vraiment mal" et "est-ce que je serais vraiment prête à aller quelque part où il n'y a aucun truc plus vieux que moi ?".

Peut-être était-ce totalement involontaire, mais juxtaposer ces deux sujets dans un journal me donne une impression désagréable de me faire manipuler mentalement dans une tentative pitoyable d'alarmisme sur le réchauffement climatique. J'ai le sentiment qu'on ne sait plus quoi inventer pour nous faire peur et nous faire culpabiliser. "Attention, si vous n'êtes pas sage, bientôt, vous devrez aller vivre sur une autre planète", ça a quand même beaucoup plus d'impact que "Attention, si vous n'êtes pas sage, vous allez manger du rutabaga cet été à cause de la sécheresse".

La fin du reportage sur le sujet n°2 m'a rassurée : le voyage dure pour l'instant plusieurs milliers d'année, ce qui devrait nous permettre de manger du rutabaga pendant encore quelques étés sur cette bonne vieille Terre.

23 avril 2007

STA-GIAIRE EN CO-LERE, etc.

Les stages, c'est nul : on est exploité, pas toujours formé, rarement payé, et notre travail n'est reconnu à sa juste valeur que lorsqu'il n'y a aucune possibilité d'embauche derrière. Dans l'administration, c'est encore mieux : vous êtes quasiment obligé de payer pour faire un stage (dans les faits, c'est réel en ambassade, puisque tout est à votre charge, y compris les billets d'avion pour Lima, Calcutta ou Canberra), vous savez que jamais vous ne serez embauché derrière, même si on vous dit que vous êtes bien meilleur que la majorité des énarques passés avant vous sur votre poste, même si vous couchez, même si vous soudoyez, puisqu'il faut passer par le concours. "On aimerait tellement vous garder, mais juridiquement, c'est vraiment impossible" est un grand classique qui fait du bien au moral du stagiaire et ne coûte pas un kopek à l'administration. Vu comme ça, le stage est un entubage collectif.

Et pourtant... pourtant... mes différents stage sont les meilleurs souvenirs de ma scolarité. Enfin pas trop le premier, alors que j'y ai gagné mon premier salaire. Mais cela tient sans doute au fait que :
- j'habitais dans un HLM glauque de la banlieue désertique de Francfort
- avec un coloc égyptien de 45 ans qui faisait tout pour qu'on croie qu'il était terroriste, y compris "je vends ma voiture, ma télé, mes meubles, pour me payer un billet d'avion pour aller prendre des cours pendant 3 semaines aux Etats-Unis" et "je reçois le courrier de plein d'amis qui n'ont pas d'adresse. Dès que le facteur voit un nom arabe qu'il ne connaît pas, il sait que c'est pour moi" ou "Si X appelle, dis lui qu'il ne doit pas te laisser de message et n'écris rien nulle part"... Si vous vous dites que je suis pleine de préjugée et parano, rappelez-vous juste qu'on était le premier été depuis le 11 septembre et que les journaux allemands parlaient à tour de bras des cellules de Francfort et d'Hambourg. Et puis que de toute façon, oui, j'étais parano parce que j'aurais aimé vous y voir, seule à 18 ans, dans un milieu hostile (si si, c'était hostile...). En même temps, oui, c'est légèrement exagéré comme réaction. Parce qu'avec le recul, je doute que le membre d'une cellule terroriste sous-loue une chambre de son appart comme ça... Hum...
- la salle de bain était équipée d'un tapis de poils moelleux et dense
- l'appartement du dessus était habité par un voisin raciste alcoolique qui menaçait toutes les nuits, en hurlant à travers les murs, de venir défoncer notre porte pour venir "casser la gueule de ce sale macaque" (j'ai appris plein de vocabulaire en allemand ces nuits-là), alors que mon propriétaire était justement parti prendre ses cours aux Etats-Unis pour trois semaines.
- mes supérieurs hiérarchiques s'étaient creusés les méninges pendant des mois pour me trouver une occupation, et que leurs recherches n'avaient pas été très fructueuses. Deux mois pour écrire deux petites notes sur la gestion du changement et sur les structures matricielles, ça fait beaucoup
- j'étais entourée de collègues très sympathiques mais tous âgés de plus de 50 ans, qui parlaient jardinage et meilleur conservatoire de la région pour leurs enfants au déjeuner. Et le déjeuner avait lieu à 11h du matin, en 25 minutes chrono.
Comme on dit : "c'était bien... mais pas top".

Mais après, il y a eu les autres stages, dans des domaines qui m'intéressaient nettement plus. Des stages ouverts sur le monde, où j'avais très prétentieusement l'impression d'être à ma place et de servir à quelque chose. C'est tellement plus gratifiant que de passer sa journée à apprendre par coeur des cours... J'ai eu des collègues sympathiques et d'autres qu'on a envie de défenestrer. J'ai eu des tâches passionnnantes et des tâches parfois ingrates. J'ai eu des journées de travail acharné (j'adore rester travailler très tard le soir, en petits comités. C'est toujours dans ces moments que l'ambiance est la meilleure, qu'on fait véritablement connaissance avec ses collègues, et donc que les meilleures idées se font jour) et d'autres où je n'avais rien d'autre à faire que d'avancer mon mémoire pour l'université ou lire Le Monde en ligne. J'ai fait parfois des bourdes et parfois du très bon boulot. Mais à chaque fois, ce qui fait le stage, ce sont les stagiaires :-)

Je vais lire de temps en temps avec nostalgie le blog de cette jeune fille qui a à peu près le même parcours que moi et dont les récits me rappellent tellement ma vie viennoise et berlinoise. Un stage, en administration, à l'étranger, avec plein de stagiaires français et européens. C'est un peu Erasmus, mais pas tout à fait. Ca y ressemble, mais on n'y fait pas la même chose. Ce ne sont pas les récits de soirée qui font les anciens combattants, mais le récit des réunions de service difficiles du lendemain matin de la soirée. Les anecdotes sur les collègues défenestrables et horripilants. Les sous-entendus sur l'Ambassadeur Durand qui bon, entre nous, sait surtout déléguer... (et encore, là, c'est du soft :D).

Dans les stages en administration, où les stagiaires sont toujours très nombreux car gratuits et compétents, ceux-ci sont le plus souvent en caste. Ils déjeunent ensemble, vont aux réunions ensemble, travaillent ensemble. Et les contacts avec les chefs sont assez limités. En tout cas, limités à la sphère strictement professionnelle.

Quand on passe de l'autre côté du miroir, dans la vraie vie active, on est bien content de voir que notre productivité mérite rémunération. On est content de savoir qu'on n'est pas là, en théorie, juste pour 4 mois, et qu'on sera ensuite immédiatement remplacé par notre clone (mêmes études, mêmes qualifications, mêmes résultats, même bureau, mêmes stylos) et oublié aussi vite dans l'esprit de nos anciens collègues. Et pourtant, la vie active a ce défaut majeur qu'on ne peut plus traîner avec les stagiaires, sauf à accepter le soupçon lourd de jeunisme aigu. Pourtant, pour avoir bien observé la cantine de mon ancien Ministère, il apparaissait clairement que la table des stagiaires était celle où l'on rigolait le plus et où on ne faisait pas que parler travail.

Je ne sais pas si je serai à nouveau stagiaire un jour ou non. Mais si ce n'est pas le cas, je sais que je continuerai à regretter ces grandes tablées et ses discussions enflammées qui font des exploités les collaborateurs les plus heureux du ministère !

22 avril 2007

Scènes volées d'un dimanche électoral

1. Le pépé et la racaille

Dans le train, un pépé visiblement un peu perdu s'installe en face de moi. Il parle tout seul, il marmonne, il se met à chantonner, doucement, puis à tue-tête. Je suis intolérante, et ça m'a énervée. Mais en fait, ce qui m'énerve le plus est de voir qu'on est si peu de chose en vieillissant. Qu'on peut devenir un pépé un peu perdu qui chante tout seul dans un train de banlieue. Je déteste voir en face que le temps diminue les êtres à ce point. Malgré mes soucis existentiels, il chante toujours.

Arrive un "jeune de banlieue", comme il faut dire. Du genre à avoir sa fausse casquette Vuitton mise sur le côté, des énoooooooormes faux diamants aux oreilles, du bling bling autour du cou, et le pantalon de jogging remonté sur un mollet. J'avais l'impression d'être dans un vrai clip de rap, d'autant plus que j'avais le son : son lecteur MP3 crachait des morceaux de R&B dans tout le wagon, je l'ai entendu arriver avant de le voir. Je suis intolérante, ça m'a énervée. Mais ce qui m'a encore plus crispée, c'est quand il s'est assis à deux sièges de moi et qu'il a commencé à siffler et à "chanter" avec voie genre de fausset, un peu Justin Timberlake castré vous voyez.

Le pépé, perdu dans ses pensées, ne se rendait même pas compte qu'il chantait. Alors prendre conscience du futur Gérard La Haine de la scène rap française... De son côté, le jeune musicien talentueux se détruisait tellement les tympas qu'il n'entendait même pas le pépé. J'ai arrêté trois secondes d'être crispée pour sourire. Mais juste après, j'ai bien évidemment repris mon petit air pincée de la fille qui aimerait bien lire son journal tranquille, histoire de ne pas trahir ma réputation de niaiseuse hautaine. Mais maintenant, je peux dire que j'ai vécu pour de vrai l'une de ces pubs RTL "Vivre ensemble".


2. La passion politique de la jeunesse

Deux petits jeunots, sans doute pas encore le droit de vote, dans la rue : "Putainnnnn, mais tu peux pas dire ça, c'est pas possible !!" "Nan mais attends, t'as regardé le score ou quoi ? Tu débarques là !" "Arrête, moi aussi je me suis renseigné" "Bah pourquoi tu dis n'importe quoi alors ? Tu crois que les Français vont gober ça ?". Ca continue, un échange vif et animé sur la politique, comme seuls les jeunes semblent encore en avoir entre amis. Je redescends sur terre : "Mais putain, ça marche pas comme ça le foot !!!".


3. Malentendu

Je débarque du train 2 heures après les résultats électoraux. Sur le parvis, un militant me tend déjà un tract pour le 2nd tour. Un coup d'oeil rapide, et les mots "Ségolène" en haut à gauche, et "Royal" dans le slogan me sautent aux yeux. Je regarde le militant avec chaleur en lui disant que c'est bien qu'ils soient déjà là à préparer le 6 mai. "Faut bien, c'est important" qu'il me répond. Dans le bus, je jette un coup d'oeil au prospectus. Et merde, je me suis encore faite avoir par le collectif "Pas les Royal"...

21 avril 2007

Petit rappel

Je ne voudrais surtout pas donner de consigne de vote, hein, même si ceux qui ont bien lu le billet d'avant-avant auront compris que s'ils pouvaient éviter Sarko et Le Pen, ça m'arrangerait (je pourrais parler du vicomte vendéen, mais je préfère concentrer le message sur le prioritaire).

Non, je ne vous dirais pas quoi faire. Parce que déjà, vous n'en feriez qu'à votre tête. Je vous connais. Et que si vous ne savez toujours pas pour qui voter la veille du scrutin, étant donné le nombre qui n'est que trop élevé de candidats, et de l'ensemble de l'échiquier politique représenté, c'est que vous faites votre mauvaises tête.

Franchement, allez voir à quoi ressemblent des élections en Afghanistan (je vous évite l'Irak, vous remarquerez), et revenez me dire dans le blanc des yeux que la démocratie française est en panne, que l'élite politique ne vaut rien, et que notre système institutionnel est pourri. Venez me dire que personne ne trouve grâce à vos yeux.

Au passage, on vote certes pour un candidat, mais aussi pour un parti et un programme. Le présidentialisme de la Vème République ne doit pas faire oublier que nous ne sommes pas, malgré tout, dans un exercice personnel du pouvoir. Les Ministres sont des gens qui comptent aussi. La majorité au Parlement aussi (je sais, j'anticipe). Bref, un seul être ne peut tout changer. Il donne une impulsion, une ligne directrice, mais ne fait pas la pluie et le beau temps sur la France selon son bon vouloir.

Ceci étant dit, venons au fait : en 2002, lors de ce jour grandiose qui vit l'extrême-droite accéder au second tour, l'absention avait atteint le taux record de 28,4%. Ce qui signifiait que 11 millions d'électeurs n'étaient pas allés voter. Je ne veux pas leur faire la morale et leur dire que tout est de leur faute. Je voudrais juste rappeler que 195 000 voix séparaient Lionel Jospin de Jean-Marie Le Pen. Et que donc, quand on dit qu'une voix ne compte pour rien dans une démocratie de plus de 40 millions d'électeurs inscrits, on fait preuve de mauvaise foi.

Faites ce que vous voulez de votre bulletin, mais mettez-le là où il doit aller : aux urnes, citoyens !

19 avril 2007

Le problème avec les fondants au chocolat...

Le problème avec les fondants au chocolat, c'est qu'une fois cuits, il faut attendre qu'ils aient tiédi avant de les manger... Trop dur...

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C'est décidé, je n'irai pas à Pop-Stars. J'ai rempli ma lettre de non-acceptation, elle est dans mon sac, je n'ai plus qu'à penser à l'envoyer, pour faire le bonheur du premier sur liste complémentaire.

Je vois que vous êtes globalement d'accord avec moi, puisque vous n'avez été que 3 à m'encourager à prendre cette voie-là. En même temps, je remarque aussi que vous n'en avez rien à foutre de mon bonheur, puisque vous pensez majoritairement que je devrais devenir boulangère (mais Fab a peut-être voté plusieurs fois, j'aurais mieux fait de mettre charcutière...) et pas aller à la Starak. Mais la Starak, c'est mon rêve mes petits biquets. Et vous n'en avez rien à faire de mes rêves... Je suis très déçue...

Tout ça, c'est juste parce que vous voulez que je vous apporte les croissants le matin. Ou des sucettes au cola (les bleus de Pierrot). Mais ça ne marche pas comme ça la vie. Vous n'allez pas réussir à me faire plier. Non, je ne deviendrai pas esclave de ce sondage (on dirait du Pascal Obispo voire du Florent Pagny voire du Francis Lalanne, j'adore).

Bon, ça fait quand même bizarre de dire non à Pop-Stars. J'ai hésité à les appeler, pour voir s'ils n'étaient pas prêts à tout pour me garder, négocier encore un peu. Mais non, c'est non. Il y a des règles, il faut les respecter. Et puisqu'elles ne me conviennent pas, je renonce. N'est pas Don Quichotte qui veut.

Rendez-vous dans quelques mois pour savoir si ce choix aura été payant...

18 avril 2007

Le rouge aux joues

Aujourd'hui, je suis le "blog du jour" chez Camille d'essayage, un joli blog de nénette qui cause fringues, décos, voyages et problèmes existentiels. Et ben... je suis vachement flattée !!! Merci Camille (zavez vu, en plus, elle a une particule, ça tape encore plus non ?!)

Comment tu t'appelles ? C'est quoi ton nom ?

Ah comme j'aimerais, une fois de plus, savoir mettre des petits lecteurs audio portables pour que vous vous mettiez en fond sonore cette chanson de Mathieu Boogaerts. Mais je ne sais toujours pas faire. Et puis de toute façon, je n'ai pour l'instant aucune musique sur mon nouvel ordinateur. Et étant donné que Julien m'a assurée qu'on pouvait transférer les données de mon iPod vers mon ordinateur (même si chez Apple, ils disent le contraire), je préfère, avant qu'il ne soit rentré du Congo, ne rien faire qui pourrait compromettre mes chances de retrouver toute ma musique.

EDIT / ça y est, je sais faire : le lecteur est à la fin du billet :D

Tout ça parler de quelque chose qui n'a rien à voir : moi. Enfin mon nom. Mademoiselle Coco quoi. Parce qu'on me demande "mais au fait pourquoi ?". Parce que certains croient que ce nom est né avec ce blog, et du coup ne comprennent pas pourquoi mon adresse mail est paramétrée avec mon vrai nom (et non, je ne me créerai pas d'énième boîte spéciale, j'en ai déjà bien trop).

Mademoiselle Coco est née un jour de printemps nancéien, lorsque j'ai découvert que mon compte hotmail au nom de Télétubby avait été désactivé. En même temps, ce n'était pas plus mal, il y a un âge où il faut savoir dire adieu aux marionnettes débiles pour enfants anglais et aux "grôôôôôôôôôôôs câliiiiiiiiiiiiins" qu'ils se font à la fin. On n'a pas tous les jours 13 ans, et il faut savoir passer à autre chose.

Mademoiselle Coco parce que c'était le parfum d'Agathe, parce que mes camarades m'avaient aimablement qualifiée un soir dans la bibilothèque d'un "Gauche n°5" qui me plaisait beaucoup. Et pour bien d'autres raisons encore que j'ai oubliées. Ca remonte maintenant à une demie-décennie.

Mademoiselle Coco a existé avant ce blog, pas sûre qu'elle existe après. Le nom en tout cas. Parce que contrairement à d'autres, Mademoiselle Coco, c'est moi. Ce n'est pas parce que ce n'est pas mon nom que je suis une autre ici. Mais il y a forcément un moment où ça va ma saouler, ce pseudo gnangnan bècebège, qui va quand on a 18 ans, mais qui se ridiculise vite, comme une robe peut se démoder plus vite qu'une autre.

De la même façon qu'à 18 ans, j'en avais assez d'avoir un nom de télétubby, mais que j'avais la flemme de le changer (envoyer à tous mes contacts ma nouvelle adresse, refaire ma liste de contacts MSN, apprendre un nouveau mot de passe... la fainéantise s'accroche à tout ce qu'elle trouve sur son passage), je sens que Mademoiselle Coco va un jour valdinguer. Et toutes les personnes qui ont eu cette adresse bloggesque par des moyens fallacieux et qui se reconnaîtront (oui, toi, là-bas, à côté de ta cheminée, et toi, là-bas, à côté de ton taille-haie de bord de mer) seront bien eues. Nananananèèèèreuh !!!

Je pourrais faire comme si je m'appelais à Elise, comme j'en rêvais quand j'étais petite (à cause de la Lettre à...) ou Katharina (pour ressembler à la patineuse Witt que j'idolâtrais), mais maintenant, je préfère largement le mien). Ou alors Marie-Chantal, mais je volerais à Michael et Cornélia leur choix de prénom n°1, ça ne serait pas très fair-play. Ou peut-être Beverley pour montrer que je suis blonde, bronzée et dans le coup (et j'enlèverai le deuxième "e" pour qu'on comprenne bien qu'il faut dire Béveurli et pas Béveurlait). Ou Cruella, parce que la nuit je mange des petits enfants (ou des chats en cas de crise de la natalité). Ou peut-être Gérard, parce qu'en réalité, je suis un homme (mais qui aime quand même le rose, sinon, c'est pas drôle !!).

En fait la nom n'a aucune importance. Enfin pour moi. Il n'est pas censé représenter quelque chose. J'aurais pu appeler ce blog Kinder Surprise ou Martine va à la mer, ça n'aurait rien changé, il y aurait la même chose dedans.

Voilà, je pense que la chanson de Mathieu Boogaerts arrive sa fin. Enfin tout dépend si vous l'avez dans votre ordinateur, si vous l'avez mise en mode play en lisant le début du billet, et si vous lisez à une vitesse normale. Ca fait beaucoup de si...

free music


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15 avril 2007

A mon tour d'être de retour

H
O
L
I
D
A
Y
S

... FIN

Et oui, il n'y a pas que Ron qui tente le retour gagnant, il y a moi aussi. Plus modeste certes. Je rentre juste de vacances. Une petite semaine à me faire brûler le rôti sur des chaises longues dans le jardin de mes parents en faisant la sieste, et de bonnes journées de travail productif (grâce aux siestes). Je suis, à ma moindre échelle, bronzée et mon nez s'est couvert de ces tâches de rousseur que j'aime tant. Bref, c'était l'été, et je suis rechargée à fond pour les mois qui viennent.

Pour tous les gens qui ont essayé d'entrer en contact avec moi ces derniers temps : désolée de ne pas avoir répondu, je suis toujours un peu hors-circuit quand je vais chez mes parents. Je débranche mon portable, je ne regarde plus mes mails 10 fois par jour. Ajoutez à cela que je n'ai pas pu installer internet sur mon nouvel ordinateur (le modem est trop vieux pour que Sagem puisse imaginer qu'un consommateur avec un tel équipement puisse avoir un ordinateur si récent...), et vous comprendrez mon silence.

Me revoilà donc dans le siècle...

09 avril 2007

He's back !


Si vous me lisez depuis quelques temps, vous savez qui il est. La bonne nouvelle du jour, c'est qu'il revient et rouvre son blog, fermé pour l'hiver, depuis déjà bien trop longtemps...

Le zouzpanse est désormais entier : les histoires d'hôpital vont-elles reprendre ? Si non, quel sera le contenu du blog nouveau ? Et que racontera le 2ème bouquin de Ron ? Que de questions palpitantes...

On ne doit pas être assez intelligents...

Samedi soir, je suis allée au cinéma avec Pierre et Olivia. Nos bacs + 19 (à nous trois réunis) n'ont pas réussi à venir à bout de Golden door, ce film sur les immigrants italiens du début du XXème siècle. Quand je lis les critiques de la presse intellectualiste, je m'interroge.

Télérama parle d'abord d'une "longue et fascinante séquence d’ouverture, où deux hommes gravissent une colline pareille à un immense tas de rochers, chacun tenant une pierre entre ses dents". Quand vous êtes dans la salle, ça donne en effet deux mecs, mi-hommes mi-bêtes, qui gravissent une montagne pieds nus, avec une pierre entre les dents, pendant une dizaine de minutes. Que ce soit long est indubitable, que ce soit fascinant est plus discutable.

Cette scène inaugurale est à l'image de tout le film : tellement lent et tellement hermétique qu'on a attendu jusqu'à la fin le début du film, avec cette désagréable impression d'être pris pour des cons. Cette façon d'affirmer insidieusement "si vous ne comprenez pas, c'est que vous êtes trop bêtes et que nous n'appartenons pas au même monde culturel" m'insupporte. Ce snobisme pseudo-art-et-essaitiste, c'est du foutage de gueule.

J'avais ressenti la même chose après avoir vu Caché de Haneke l'année dernière : le drame sans dénouement, les questions non élucidées, et le réalisateur qui affirme goguenard que "lui même ne comprend pas son film", "lui même ne connaît pas les réponses". Si j'avais eu envie de me plonger dans des considérations métaphysiques, j'aurais saisi un Heidegger en VO, pas été au cinéma.

Alors oui, il y a quelques passages surréalistes un peu plus réussis. Mais ils sont très rares et ne sauvent pas le film. Même Charlotte Gainsbourg n'arrive pas à créer cette petite étincelle qui nous permettrait de penser qu'on n'a pas complètement perdu notre soirée.

J'aime être remuée quand je sors d'une salle de ciné. La seule émotion qui m'ait envahie samedi soir était la colère d'avoir lâché 9€ pour ça. Et de voir que les journalistes bobos se gargarisent de leurs cris d'admiration béate pour ce nouveau chef d'oeuvre du cinéma italien en rajoute une couche.

Pour revenir à Golden door : il n'y a pas de scénario, il n'y a que des questions restant inexpliquées, il y a de loooooooooongs plans statiques qui n'apportent rien (les 10 minutes sur le mec qui renifle le genou d'une femme, faudra m'expliquer l'intérêt de la scène par rapport au "sens particulièrement inspiré de la composition picturale et au lyrisme subjuguant" dont parle Le Nouvel Obs).

Néanmoins, je vous recommande vivement, en cas de dîner mondain, d'exprimer avec force enthousiasme votre admiration profonde pour ce film. Vous passeriez dans le cas contraire pour l'un de ces cul-terreux, si admirablement dépeints comme de vulgaires bestiaux par Emanuele Crialese, incapables du moindre sens artistique.

Finalement, c'est un peu comme l'art contemporain. Si vous osez affirmer quelques doutes sur la pertinence artistique de la nana qui vend ses tampax usagés comme oeuvres d'art, vous passez tout simplement pour un bouseux sans aucune perspective esthétique. Vous n'avez tout simplement "rien compris à l'art et au geste". Oui, le geste intellectuel est très important, c'est un MANIFESTE, une rébellion silencieuse mais puissante, voyez-vous... Dire que peindre un carré noir est à la portée de tout le monde ne se fait pas non plus. Parce que si vous, vous le faites, vous ne ferez que peindre un carré noir. Alors que l'artiste, lui, peint l'absurdité et la modernité, l'absence de sens et le trop-plein de sens, la vie et la mort. C'est en somme très différent...

N'ayant pas su saisir toute la subtilité magistrale et la beauté intemporelle de ce film, nous sommes allés boire un cocktail pour nous consoler et enterrer nos prétentions intellectuelles. Et ça, c'était très bien... On doit être plus corporel que spirituel...

Le lièvre allemand et les cloches françaises

Je crois que j'ai vraiment de chouettes parents. Je dis "je crois", parce que pour ce genre de choses, il est vraiment difficile de comparer. Enfin sauf quand on est adolescente et que la mère de Marie est nécessairement la meilleure mère au monde parce qu'elle est tellement plus cool que la nôtre. Et puis 5 ans plus tard, on se dit que finalement, c'était peut-être bien que la nôtre n'ait pas passé ses après-midis jardinage à prendre soin de nos pieds de cannabis... Maintenant, je suis moins tentée de comparer.

Hier, c'était Pâques et j'étais touuuuuuuute seuuuuuuule. Commencez à pleurer maintenant, c'est le bon moment. Je m'explique : Pâques est pour moi une vraie fête familiale, que je n'ai passée qu'une fois toute seule dans ma vie (et puis finalement non, je m'étais trouvée une famille de subsitution pour la journée), et qui a plus d'importance que Noël. Parce qu'à Noël, j'aimerais finalement échapper à la famille, avec ses tablées de 25 et enfants capricieux qui braillent dès l'entrée. Mais Pâques, c'est différent. Il n'y a pas 37659 trucs à préparer, on est en famille restreinte, et depuis que je suis toute petite, ça donne lieu à d'incroyables chasses aux cloches. J'assume d'ailleurs parfaitement le fait que mes parents continuent à cacher mes cloches de Pâques dans le jardin ou le salon familial.

Oui, mais cette année, ils sont très loin. Je me suis dit que j'allais au moins essayer d'aller au culte, mais mes copines parpaillotes étaient chez leurs parents ELLES. Et je déteste aller au culte toute seule. Du coup, j'ai fait partie des 0,0034% de la population française ayant assisté au culte rentransmis sur Présence Protestante. J'attends les remerciements personnalisés de France 2 pour ce soutien à leurs programmes du dimanche matin. J'ai eu l'impression de faire un truc vachement transgressif tellement c'était original... Et puis assister au culte depuis son lit en pyjama, c'est franchement pas si mal que ça !

Mais en réalité, là n'est pas l'important. L'important, c'est que quand mes parents m'ont appelée au petit matin (pour leur fuseau horaire), ils m'ont demandé innocemment si les cloches étaient passées. J'ai trouvé qu'enfoncer le clou à ce point n'était pas très malin de leur part. Mais après, ils m'ont dit "tu es sûre ?" et puis "regarde peut-être dans le salon...". Et effectivement, les cloches de Pâques étaient passées dans mon salon, il y a 3 semaines, juste avant qu'ils ne partent. Avec des oeufs en chocolat et une petite carte de Pâques. Et à ce moment précis, je n'en ai plus rien eu à faire d'être toute seule ou pas pour Pâques, parce qu'en vrai, je n'étais pas du tout abandonnée... A quoi ça tient, pour des parents, d'être dénoncés ou non à l'assistance sociale !

08 avril 2007

Size no longer matters...

Soulagement chez les peuples européens : c'est le Parlement européen qui le dit, "Size no longer matters in the EU".

Ils ont de l'humour à Strasbourg...

07 avril 2007

Aux imbéciles les fesses moulées

En attendant de savoir si je vais aller à Pop-Stars ou à la Starak (pour ceux qui prendraient tout ça en route, euh... il ne s'agit pas VRAIMENT de ces émissions, c'était une métaphore filée. Etant donné que je chante environ comme les soeurs de Cendrillon dans le dessin animé de Disney, je préfère éviter de me retrouver dans les bêtisiers), je dois dire que j'hésite sur un autre point.

Il n'y a encore pas si longtemps, Charles, Gaël et moi étions formels : le slim ne passerait pas par nous. La problématique pour les filles et les garçons est différente. Pour les garçons, c'est quasi tout le temps ridicule. Je n'ai encore jamais rencontré aucun garçon dont la morphologie se soit accordée avec son jean slim. Les adolescents sont tous tellement gringalets qu'on dirait des sortie de squelettes. Ou alors ils sont un peu boulots. Et dans ce dernier cas, ils cumulent les handicaps, puisqu'ils tentent en général de rendre leur slim plus seyant en le portant en baggy. Je n'arrête pas de croiser des jeunots-boulots qui portent des trucs ultra-moulants, dont le fond leur arrive à mi-cuisses, laissant dépasser un caleçon bariolé digne des années 90 les plus folles.

Pour les filles, je crois qu'il faut tout simplement un corps de déesse pour que ça soit flatteur. Et aussi un sacré bon goût, la moindre faute étant immédiatement sanctionnée, en particulier les erreurs chaussuresques. Rien de pire que de ressembler à Minnie : jambes de moineau et énoooooooormes pieds... Je pense que tout le monde sera d'accord pour dire que les ballerines sont l'accessoire INDISPENSABLE du slim, or je ne peux vraiment pas porter de ballerines. J'ai beau trouver ça absolument charmant et incontournable, il vaut mieux ne même pas y penser : mes pieds sont ainsi faits que je perds toutes mes chaussures au premier pas (Cendrillon me revoilà) si elles n'ont pas un truc quelconque qui les attachent fermement à mes jambes. D'où mon amour des bottes, difficilement assumable en été.

Pour toutes ces raisons et encore plein d'autres, j'avais pensé ne jamais m'acheter de slim. Et puis soudainement, l'idée m'est venue que si je ne voulais pas finir mémère avant l'heure, il fallait peut-être que j'arrête de m'habiller comme il y a 3 ans (oui, à notre époque, tout va plus vite). Je ne sais pas si c'est le printemps, la nécessité vitale de me sentir à nouveau sexy, l'habitude m'ayant gagnée, l'envie de voir une petite lueur d'intérêt dans des yeux masculins quand je me balade, l'idée que les informations muy agradables transmises par ma balance ce matin ne devaient pas restées sans suite, le fait que peut-être mes chaussures noires vintage des vraies années 80 iraient en fait très bien avec un slim... J'y pense de plus en plus souvent, sans en devenir obsédée malgré tout. On va mettre la moyenne à 1 fois par jour, en toute honnêteté.

Il me reste encore à passer la barre fatidique de la cabine d'essayage. Car je reste persuadée qu'il faut un corps de déesse. Ou alors un jean TRES TRES TRES bien coupé. Demain, j'irais peut-être traîner dans deux ou trois boutiques, histoire de prouver que seuls les imbéciles ne changent pas d'avis.

06 avril 2007

Et maintenaaaaaaant... que vais-je faiiiiiire ?

Bon, le moment est grave, j'ai besoin de votre aide. Ou plutôt de vos conseils. Il faudrait que vous me disiez très franchement, à l'aide du petit Blog-It ci-contre si vous, vous iriez plutôt à la Starak ou à Pop-Stars. Non, ne fuyez pas, c'est très sérieux.

Je vous explique la situation, pour que vous vous mettiez dans la peau de moi-même, avec quelques légères modifications, histoire que l'identification soit plus aisée. Donc voilà, votre rêve depuis des années est de devenir chanteuse façon Céline Dion, star internationale, à l'organe unanimement salué par le public. Pour les garçons, identifiez-vous à Patrick Fiori si vous préférez.

En toute logique, vous aspirez donc à rentrer à la Starak, pépinière à talents de stars et à stars de talents bien connue. Le hic, c'est que pour l'instant, vous n'avez pas été sélectionné(e) à la Starak. Et là, Pop-Stars vous dit qu'il veut bien vous prendre, et que vous serez la/le grand(e) gagnant(e). Enfin, avec les autres du groupe (pour les innocents, la différence majeure entre la Starak et Pop-Stars, en dehors du fait que ça ne passe pas sur la même chaîne, c'est que l'émission Pop-Stars monte des groupes, tandis que la Starak fait des stars individuelles).

Et à Pop-Stars, ce qu'on vous propose, c'est d'être batteur. Le côté positif, c'est que c'est dans la musique, ce dont vous avez toujours rêvé, avec les fans, les studios d'enregistrement, la composition de chefs d'oeuvre, les tournées, les groupies (mais qui préfèrent toutes le chanteur du groupe). Le côté négatif, c'est que votre truc, ce n'est pas du tout la batterie, mais le chant. Et que vous n'avez pas envie de taper dans des caisses toute votre vie. A la rigueur, ça pourrait peut-être vous permettre de fonder un autre groupe dans lequel vous serez chanteur, dans quelques années, quand vous vous serez fait des relations dans le chaud-biz. Et puis c'est bien connu, le batteur n'a jamais son mot à dire sur les chansons et tout le reste.

Le truc, c'est que rien ne vous assure que vous aurez un jour l'immense chance, si vous dites non maintenant à Pop-Stars, de rentrer au château de Dammarie-lès-Lys. Et alors là, il faudra trouver autre chose : prof de sport, charcutière, coiffeuse, ou peut-être banquière. D'ailleurs, ça ne vous dérangerait pas forcément, d'être charchutière. Ce n'est pas votre rêve d'enfance, mais ça a aussi des avantages par rapport à la vie de stars de la chanson française.

Alors vous, qu'est-ce que vous feriez , vous : Pop-Stars ou l'hypothétique Starak ? Rendez-vous sur le blog-it...

05 avril 2007

L'ENA est morte, vive l'ESP !

Suite aux mails de mon fan club (merci à son membre pour l'instant unique qui se reconnaîtra s'il passe par là), voici ce que je pense de la proposition de Bayrou de supprimer l'ENA : au-delà d'une fumisterie dénoncée par Silence des lois (paragaphe Bayrou), c'est injuste. Il y a tous les jours à côté de moi en amphi des gens qui travaillent depuis le CP pour devenir énarque. Et à 6 mois de la réussite, du triomphe, du sacre, ils n'ont plus aucune autre perspective que de devenir "esperque" ou un "espien". Ca claque nettement moins. Sacrifier des générations entières d'ambitieux, tout ça pour une petite ambition présidentielle. 100 contre 1, ça ne fait pas le poids ?

Plus sérieusement, je ne nie pas que l'ENA aurait besoin d'un coup de plumeau. A commencer par le concours d'entrée : tant que le jury souverain s'obstinera à choisir des singes savants sans savoir ce qu'ils ont dans le ventre et dans le coeur, l'ENA continuera à produire des générations de gens brillantissimes mais inadaptés. Cela ne concerne bien évidemment qu'une minorité, mais qui est la plus visible (qui a dit que les minorités visibles n'avaient pas accès à l'ENA ?).

L'ENA n'est pas une école, c'est avant tout le marchepied vers la fonction publique. Et quand l'Etat s'engage, c'est pour 80 ans (oui, il faut aussi compter la retraite). Autant être sûr qu'on mise sur le bon cheval (même si la problématique est différente du billet d'hier).

J'ai récemment passé un oral et je tiens à rassurer tout le monde : on ne m'a jamais demandé pourquoi j'avais envie d'occuper les fonctions pour lesquelles je postulais. On ne m'a jamais demandé quelles étaient les qualités que je pensais avoir pour occuper avec brio ce poste. On ne m'a jamais demandé pourquoi je me sentais faite pour ce métier. On m'a demandé les noms des Secrétaires généraux des Nations Unies, qui étaient les représentants de la négritude, ce que je pensais de la "juste mémoire" de Ricoeur et mille autres choses encore dignes de Julien Lepers. Mais sur mes compétences et mes motivations, rien. Et cela vaut pour tous les concours administratifs, l'ENA et les autres.

Il existe néanmoins de très bons énarques. Et critiquer les énarques comme s'ils n'étaient qu'un est stupide. D'ailleurs, la plupart des critiques émises sur l'ENA sont stupides. J'entendais notamment hier Philippe de Villiers, lui-même énarque (oui, TOUS les énarques ne sont irréprochables), affirmant sans sourciller : "l'ENA, ce sont 2 ans de formation purement théorique à l'issue desquels on est catapulté directement Directeur général de l'administration". Pour les novices, un DGA est, dans un ministère, le grand chef de tout ce qui est administratif : ressources humaines, affaires financières, achat de stylos en gros, etc. Un poste vaguement à responsabilité en somme. Si j'arrête 3 secondes l'ironie, c'est le Grand Schtroumpf juste après le Ministre et son Directeur de Cabinet.

Dans la phrase de de Villiers, on repère immédiatement deux conneries monumentales (et il ne faut jamais dire de conneries quand on critique quelque chose, sinon, on perd immédiatement toute crédibilité) :
- la formation se fait pour plus de la moitié de la scolarité en stage. Pour en avoir parlé avec plusieurs énarques, je ne considère définitivement pas qu'être de permanence le 24 décembre, le 25 décembre, le 31 décembre, le 1er janvier, les dimanches et les jours fériés pour garder une préfecture soit une formation théorique pépère.
- un énarque débute sa carrière dans un ministère en tant qu'administrateur civil, avec tout au plus une demie-douzaine de personnes sous ses ordres. Ce qui est bien loin du DGA, poste pour lequel il faut attendre environ 30 ans de carrière.

Le problème principal que je vois dans toutes les critiques de l'ENA et des énarques est en fait une critique des élites, si répandue chez les Français, pasionaria de l'égalitarisme (cf. Le peuple et les Gros de Pierre Birnbaum : les Français détestent par essence le plus riche et le plus intelligent qu'eux, puisqu'il ne peut devoir tout cela qu'à une duperie-spoliation).

On reproche aux énarques de n'avoir aucun lien avec la réalité ? Quel golden boy en a ? Je ne dis pas qu'il est normal qu'un énarque ignore le montant du SMIC. Mais franchement, quel énarque sérieux - en dehors des caricatures qui hantent les discussions bon ton des bien pensants travaillant dans le privé et détestant par réflexe les fonctionnaires - ne connaît pas le montant du SMIC ? Et si jamais l'énarque ne connaît pas le prix d'un billet de bus, c'est parce que, comme tout étudiant, il a une Carte Imagine'R. Et non parce qu'il ne sait pas ce qu'est la vraie vie. Certes, il n'a pas forcément vécu son enfance dans une HLM à Outreaux, mais peut-on lui reprocher et l'inverse serait-il souhaitable ?

Et à niveau égal dans le privé, QUI a ce fameux "sens des réalités" ? Mes amis travaillant en banque d'affaire londonienne et voyant défiler des comptes à six 0 savent-ils ce qu'est la vraie vie ? Mes amis passant 10 heures dans leur bureau pour faire du conseil en restructuration ont-ils la moindre idée de ce que vit la secrétaire dont ils s'apprêtent à supprimer le poste ? Mes amis qui font du lobbying à Bruxelles ont-ils la moindre idée de ce que vit cette fameuse Mme Michu quand son fils lui dit qu'il veut partir en Erasmus à Cork ? Non, et personne ne pense à dénoncer leur incompétence notoire pour cette raison. Alors pourquoi les énarques concentrent-ils toute la haine de la France, eux qui ne rêvent que de la servir depuis leur plus tendre enfance ?

Le problème de l'énarque est qu'il concentre deux tares : il fait partie de l'élite, et il est fonctionnaire. Le fonctionnaire est incompétent et paresseux. Or faire partie de l'élite quand on est incompétent et paresseux est carrément inadmissible, on est d'accord.

Je suis certaine que les trois quarts des gens qui critiquent les énarques n'en ont jamais côtoyés. S'ils l'avaient fait, ils auraient vu qu'en dehors des exceptions mal recrutées par un jury trop porté sur la faculté à citer Cicéron dans le texte plutôt qu'à la capacité de réaction face à une mise en situation coriace, on n'est rarement énarque par hasard. J'estimerais personnellement le taux d'erreur manifeste de recrutement à 5%. Demandez aux polytechniciens, aux normaliens ou aux pompiers s'ils ne pensent pas que parmi leurs congénères, 1 sur 20 n'est pas totalement à sa place et racontez moi leurs réponses...

S'ils avaient côtoyé des énarques, ils sauraient que ceux-ci n'ont ni chauffeur, ni abonnement aux compagnies de taxi. Mes profs arrivent essouflés en vélo, en scooter ou en métro. S'ils avaient côtoyé des énarques, ils sauraient que faire l'ENA ne consiste pas uniquement à porter un titre prestigieux, mais aussi à se tuer à la tâche même une fois rentré pour sortir bien classé. La vie à l'ENA m'apparaît d'ailleurs encore plus monacale depuis que j'ai regardé ce reportage de Complément d'enquête (à la fin).

En somme, il faudra toujours trouver une façon de sélection et de former les élites administratives. Dire que les critiques faites à l'ENA sont stupides ne signifie pas que cette institution est parfaite. Elle a des défauts, mais j'attends pour me prononcer sur sa suppression qu'on me propose mieux. Et avant de faire la révolution, la réforme du concours d'entrée me semble être une priorité (et je ne dis évidemment pas ça parce que je suis incapable de citer Cicéron dans le texte...).

Peut-être qu'un jour, l'ENA recrutera des gens qui ne savent pas qui est Robert le Pieux mais qui n'hésitent pas à chanter Joe Dassin pour remonter le moral de leurs amis et sont capables de gérer une situation de crise sans avoir envie de pleurer "parce qu'on ne comprend rien" (spécial kassdédi. Comme dirait Martin : "ceci est une private joke en milieu socialisé, c'est insupportable").

Je sais, savoir chanter du Joe Dassin ne sert à rien pour bien servir l'intérêt général. Mais savoir qui est Robert le Pieux non plus...

Edit : pour mettre fin également à la supposée richesse incommensurable des énarques, je précise que la rémunération moyenne à la sortie de Sciences Po (donc de TOUS les élèves, pas uniquement des énarques, qui ne sont qu'une minorité) tourne autour de 3 000 à 3 500 € selon les sources. Durant les 2 ans 1/2 de leur formation (qui, je le rappelle, se fait pour plus de la moitié en stage), les énarques reçoivent eux environ 1 300 € de traitement. A la sortie, les plus chanceux - et surtout les plus bosseurs sortis dans le premier quart de la promo - pourront atteindre les 2 800 €, peut-être 3 000 (mais difficile d'obtenir des chiffres officiels sur la question...). Si des énarques dans la salle veulent bien confirmer ou infirmer, avec une approche teintée d'expérience, je leur en serais reconnaissante :-) Donc plus de deux ans après avoir quitté Sciences Po, admettons que le salaire moyen de l'énarque soit à 2 500 €. A votre avis, à combien s'élève le salaire moyen d'un ancien élève ayant commencé à 3 000 et ayant deux ans d'expérience ?

03 avril 2007

Mea culpa et autoflagellation publique préservative

Je tiens ici à présenter en public mes plus plates excuses à tous les internautes qui tombent ici en espérant sincèrement trouver des conseils judicieux sur "trouver un mari", "comment préparer un oral", "miser + bon cheval", "prononcer Hubert sexuel" ou encore "comment enfiler ses collants"

Précisons les choses : malgré la noblesse de vos interrogations existentielles, vous ne trouverez ici que des conseils foireux. Je n'ai pas encore trouvé de mari, je ne suis pas encore certaine d'être bonne en oral (et n'aurai peut-être jamais l'occasion de le savoir), je n'ai jamais joué au PMU, je ne sais pas ce qu'est un Hubert sexuel (ceux que je connais sont résolument dépourvus de ce genre de chose), et moi aussi, il m'arrive de filer mes collants.

Suite au commentaire (qui m'a beaucoup fait rire) de Pascal en réaction à mon précédent billet, voilà tout ce que j'ai pu trouver sur Louis Lafforge jeune. Le problème étant qu'il n'est pas suffisamment vieux pour qu'on fasse vraiment la différence entre les photos de lui jeune et celles de maintenant. En fait, il est encore jeune. Mais moins qu'avant, comme nous tous. J'ai donc choisi celle qui me semblait la plus... représentative (bien que je sois encore persuadée qu'il avait un peu plus de cheveu avant...) :


Au cas où vous auriez cru à la sincérité de ma flagellation : il ne s'agit bien évidemment que d'une pure façade destinée à m'éviter tout procès pour publicité mensongère voire préudice moral. Il n'en reste pas moins qu'il s'agit de conseils foireux, mais depuis quand doit-on s'excuser pour ce genre de choses ?!

02 avril 2007

Miser sur le bon cheval

Non, vous n'allez pas lire un énième billet de blog sur Equus et Daniel Radcliff. Ce soir, un bon conseil pour toutes celles qui sont à la recherche de leur futur mari. Pour certains, l'idée même de chercher un mari semble désuète. Mais l'observation attentive d'un amphi à Sciences Po ne permet pas d'en douter : il s'agit bien d'un investissement important en temps et en énergie, qui en accapare quelques unes.

Je suis personnellement très loin de ça. Mais pour celles qui se sentent concernées, ma petite pierre à l'édifice du bonheur de l'humanité résidera pour aujourd'hui dans ce secret : l'important, les filles, est de miser sur le bon cheval. Celui qui est le bon maintenant (en général plutôt facile à repérer) mais surtout plus tard, beaucoup plus tard.

Bien évidemment, je ne parlerai pas ici de caractère, chose beaucoup trop subtile pour une écervelée comme moi. Je me concentrerai donc sur l'essentiel (oh ça va hein, on ne peut pas parler du Darfour tous les jours non plus) : le physique.

Et là, vous pensez tout de suite que miser sur le bon cheval consiste à éviter la catastrophe désormais bien connue sous le nom de Fat Tom.

Je vous explique. A 25 ans, vous vous mariez avec lui, M. TopGun en personne. Forcément, vous êtes fiérote, toutes les copines vous l'envie, vous pensez que cette fois-ci, c'est bon, vous pouvez foncer tête baissée vers 50 ans de bonheur conjugal. En même temps, je peux comprendre, c'est un peu comme trouver une combinaison intégrale en cachemire au prix d'un string en polyester. Une seconde après, si on hésite, c'est la copine qui l'emporte. Alors on ne réfléchit pas, et on fonce.


Quelques années plus tard, on se rend compte qu'on est avec une saucisse sur pattes devenu totalement hystérique et embrigadé dans une secte :



Mauvaise pioche...


Et puis il y a celles qui savent vraiment tirer leur épingle du jeu. J'aimerais que vous, dans la salle, vous leviez bien haut le bras si vous donner 10 peanuts au monsieur ci-contre. (Les mecs peuvent jouer aussi). Levez le bras bien haut que je puiss voir.

Ben voilà, c'est bien ce que je pensais, il n'y en a pas une qui soit intéressée. Faut dire qu'un petit gringalet avec les yeux à moitié fermés et la coupe choucroute, ça ne tenterait pas même Eve (la pecheresse originelle de la Genèse, hein, pas ma copine Eve au nom de laquelle je ne veux pas du tout m'exprimer sans son accord sur la question).



Oui, mais voilà... voilà quoi ? Et bien j'aimerais maintenant que les mêmes me disent si le monsieur à droite, là, les tenterait plus. Allez-y, vous pouvez cliquer pour agrandir, histoire de bien vous informer avant de vous engager.

Ah bah oui, là, c'est la forêt équatoriale de bras pour le Dr Mamour. Hinhinhin, et c'est là qu'on rigole : comme dirait un grand penseur de notre temps, "la droite et la gauche, c'est la même chose". Enfin, le même. Patrick Dempsey en personne, jeune et moins jeune.



Vous ne me croyez pas ? Et voici deux autres avant-après sur le vrai bon cheval sur qui miser :


Dommage pour Katie Holmes, et félicitations à la femme de Patrick Dempsey, qui a (voix mélodramatique type téléfilm de l'après-midi sur M6) "su voir le diamant taillé sous le morceau de pierre brute".

Souvent, je me dis qu'à force de langudeputer sur le physique de mes petits camarades de prepena, j'en oublie que sous l'un d'eux se cachent sans doute un Dr Mamour en puissance. D'ailleurs, si ce n'était pas le cas, pourquoi quasi-tous nos profs, anciens préparationnaires eux-mêmes, sont aujourd'hui de forts sexys jeunes hommes (mariés, je précise, pour couper court à tout fantasme ayant pour cadre Boutmy) ?? Il faut bien, pour une question de logique statistique, que eux aussi aient été moches avant de devenir beaux. Ou alors je suis tombée sur une mauvaise année...

Mesdemoiselles, demain, en allant faire votre marché du Prince Charmant dans un amphi, autour de la machine à café, ou depuis une terrasse de resto, pensez très fort à Patrick Dempsey et à Tom Cruise en regardant autour de vous...

01 avril 2007

La réalisation du ouikènde

Fab a bien travaillé ce week-end : étant donné que "ce que Femme veut, Dieu le veut", il n'a pas résisté et a concrétisé une de mes rêveries élaborées sous la douche (c'est un endroit où je pense beaucoup...). Je suis donc très fière de pouvoir vous présenter en son nom la nouvelle rubrique de madmoiZelle.com "Je veux comprendre".

Le but ? Si vous allez voir, vous lirez que l'idée de cette nouvelle rubrique est de "présenter de façon précise, exacte mais pas prise de tête les grands thèmes de l'actualité, dont les journalistes parlent souvent sans expliquer le fond du problème. Cette rubrique est tout simplement là pour comprendre ce qui se passe chez nous et dans le monde, de la prolifération nucléaire à la dette publique, en passant par la crise du Darfour...".

D'ailleurs, le Darfour est le premier sujet traité, mais il y en aura d'autres. Plein d'autres. J'ai déjà une liste bien remplie, qui va me permettre de réviser utile. C'est fascinant de voir à quel point il est intéressant de se pencher suffisamment sur un sujet pour être capable de l'expliquer clairement à Mademoiselle Toulemonde, qui ne s'appelle pas nécessairement Odette, qui n'y connaît que ce qu'elle a entendu en regardant David Pujadas.

Forcément, si vous êtes un spécialiste du Darfour, vous allez trouvez ça simpliste voire simplificateur. C'est un peu le but, mais je promets en toute bonne foi que j'ai essayé de ne pas dire de conneries et de vérifier systématiquement mes sources. Menfin bon, je ne suis pas non plus allée sur place samedi soir pour voir ce qu'il s'y passait. Alors si vous êtes darfourologue et absolument pas d'accord avec ma vision des choses, j'écouterai avec attention vos remarques ;-)