13 janvier 2007

Pourquoi les séries policières américaines sont toujours meilleures...

Les Experts (Miami, Las Vegas, New York et sans doute bientôt Milwaukee-les-Vaches), NCIS, Numbers, Crossing Jordan, Dernier recours, FBI portés disparus, et la liste est encore longue : les séries policières américaines ont envahi nos écrans et plaisent à la folie. Mais pourquoi préfère-t-on Grissom à Julie Lescaut, Jack Malone à Navarro ou encore Horatio Caine au Commissaire Moulin ?

Je ne penche pas pour la thèse de l'admiration béate du voisin américain, mais plutôt pour une explication rationnelle en trois points pour expliquer cette supériorité évidente des policiers américains sur leurs homologues français.

En premier lieu, les Américains sont beaucoup plus riches que nous, du coup, leurs laboratoires sont pleins de machines magiques qui travaillent quasiment toutes seules. De cet état de fait, je tire deux conséquences :
- ça donne l'occasion de faire des tas de trucs hallucinants comme des reconstitutions faciales à partir d'un demi-millimètre d'os nasal en décomposition ou des analyses de tissu directement reliées avec la base de données de tous les fabriquants textiles du monde depuis 1923 qui permet de dire à quelle heure et quel jour le méchant a acheté son blouson, vous voyez ce que je veux dire.
- comme les machines marchent toutes seules, ça laisse PLEIN de temps aux acteurs - pardon : aux policiers - pour faire autre chose. Ainsi, ils peuvent coucher ensemble, aller à la plage, coucher ensemble, faire la cuisine, coucher ensemble. Bref, ça donne lieu à une véritable intrigue inter-personnelle au-delà du travail de jugeotte policière. Les gens pensent qu'ils ressemblent presque à ceux de la vraie vie et sont contents de pouvoir voir deux-trois paires de nichons (au début, j'avais écrit juste "nichons", et je me suis dit que les gens n'aimaient en fait pas voir 3 nichons, ça les met toujours mal à l'aise) entre une autopsie et une fusillade. Bref, l'intrigue est ENRICHIE, car le but du progrès technique est de libérer l'homme de son labeur aliénant, d'abord.

En second lieu, les Américains ont un problème, ou plutôt deux, qui s'appellent CIA et FBI. C'est incroyable, mais ces deux-là ne peuvent pas s'entendre. Il y a toujours des rivalités entre chefs, entre services, entre agents. Du coup, ça pimente l'intrigue. Si jamais les méchants ne tirent pas sur les agents, il y a toujours une petite chance qu'ils se tirent les uns sur les autres, pour se libérer d'une vieille rancoeur, l'affaire du siècle chipée par le bureau d'à-côté. Du coup, on ne sait jamais très bien qui est qui et on reste jusqu'au bout en espérant comprendre pourquoi la brune a craché au visage du grand blond (mais peut-être finiront-ils malgré tout par coucher ensemble, cf. supra).

En dernier lieu, les Américains ont cette merveilleuse chose qu'est le port d'arme légal prévu par le Deuxième Amendement de la Constitution (et accessoirement soutenu par la National Rifle Association). Environ 200 millions d'armes à feu circulent entre les mains de particuliers aux Etats-Unis (rappelons à toutes fins utiles que l'Amérique est peuplée de 300 millions d'âmes). Par un calcul mathématique tout simple, vous comprendrez qu'une enquête ouvre beaucoup plus de pistes aux Etats-Unis qu'en France : pour tirer sur quelqu'un, il faut avoir une arme à feu, et moins c'est courant, moins vous avez de suspects (et donc de suspense). Une fusillade en centre-ville ? Toute la ville ou presque peut être coupable aux Staïetes. Vous faites la même chose en France et vous êtes certain qu'ils vont choper dans le quart d'heure le seul et unique détenteur de fusil du département, le chasseur. Pas étonnant que la vie de Corinne Touzet soit moins palpitante.

En somme, pour redonner vie aux séries françaises, il faudrait doter la Justice de plus de moyens (côté répression), renforcer la rivalité à mort entre Gendarmerie et Police nationale et distribuer gratuitement des armes à feu à 40 millions de Français. Ca me rappelerait presque le programme d'un certain candidat...

[EDIT : petit oubli fâcheux] J'ai pris conscience que j'avais oublié un élément central dans mon analyse ô combien scientifique et réfléchie : le fédéralisme américain. Avec notre bon vieux centralisme jacobin, quand un mec fait une connerie à Marseille, on voit tout de suite qu'il a déjà fait de la prison à Verdun et qu'il s'est marié à Saint Brieuc. Aux Etats-Unis, en général, les policiers découvrent à le 44ème minute (après la coupure de pub) que le zozo en question, qui a tué sa femme en l'étouffant avec une brosse à dent dans le Nebraska, s'était déjà marié dans le Michigan il y a 6 ans. Crime suprême, il est donc polygame. Enfin, il était, puisqu'il est maintenant veuf. La question est : a-t-il tué sa femme pour se mettre en conformité avec la loi ? Mais je m'égare. En effet, le fédéralisme américain permet de cacher plein de vilaines choses aux policiers, ce qui leur complique la tâche et nous arrange bien, toujours dans un souci d'optimisation suspensielle. En fait, les Etats-Unis, c'est un peu comme l'Union européenne maintenant, quand on met quatre ans à se rendre compte entre policiers belges et policiers français qu'on parle peut-être du même méchant monsieur qui enlève de jolies blondinettes à la sortie des écoles.

11 janvier 2007

Chaud ou froid ?

Comme toutes les mères (un peu juives sur les bords), la mienne est extrêmement douée pour vous faire croire que vous adoptez de vous-même sa position, alors que vous n'étiez à la base pas d'accord. Vous pensez être doté de raison et d'esprit critique ? Qu'importe, vous en serez dépouillé à l'instant où vous émettrez une opinion discordante, jusqu'à ce que vous vous ralliiez de façon naturelle à la conviction maternelle.

Avec le temps toutefois, je dois dire que les ficelles sont de plus en plus grosses (disons plutôt que j'ai acquis avec l'expérience de sérieuses loupes) et ces tactiques manipulatrices marchent de moins en moins. Je vous livre le classique des grands classiques, le bien connu "tu fais comme tu veux ma chérie. Moi, je te dis juste ce que j'en pense. Et ce que je pense, c'est que je ne ferais pas comme toi. Mais tu es LIBRE, c'est TOI qui choisis". Vous pouvez dire adieu à votre libre-arbitre au moment où ces paroles sont prononcées.

Il y a aussi le bien connu "ah" que seules les membres féminins de notre famille savent décoder dans toute sa subtilité : "ah" d'étonnement, "ah" dubitatif, "ah" pragmatique, "ah" estomaqué, j'en passe et des meilleurs. Un exemple ? "Maman, j'ai trouvé une superbe table bassse pour l'appartement. Elle est comme ci, comme ça et comme çou. Une merveille !". Diatribe enflammée à laquelle est simplement répondu "ah", qui signifie peu ou prou "tu fais comme tu veux ma chérie. Moi je te dis... etc" mais en un plus sadique. Parce que rien n'est dit, on ne peut ni répondre ni argumenter. Notre choix a simplement rencontré la désapprobation maternelle.

Il faut ensuite soit savoir se plier systématiquement, soit partir très loin (ma soeur), soit vivre avec cette largesse dans la distribution de conseils, sans culpabilité outrancière ou presque (moi). Je l'avoue, parfois, le remord me ronge un peu. Et je regrette même de temps en temps mon entêtement lorsque, comme prédit par l'autorité maternelle sus-citée, en effet, les jardinières sur le rebord de la chambre, ça ne prend pas (pas assez ou trop de soleil), que le gâteau au micro-onde c'est dégueu, que cette robe me fait la silhouette de Bécassine ou que ma nouvelle couleur de cheveux me donne des airs d'Yvette Horner. [Note au lecteur : tout ceci n'est bien évidemment que pure fiction. Je ne me suis jamais teint les cheveux en roux... en noir bleuté en revanche, humhum, oui, mais j'étais jeune et rebelle]

Toute la difficulté réside en réalité à distinguer l'abus d'autorité et le conseil en or plein de bon sens de quelqu'un qui a nettement plus vécu que moi, et qui sait donc des tas de choses que je ne sais pas. Le dernier conseil en date ? "Ma chérie, quand tu déferas ton sapin et qu'il y aura plein d'aiguilles sur ton plancher, enlève d'abord le plus gros à la balayette, sans quoi ton aspirateur risque de se boucher". C'est con hein comme conseil, mais je n'y aurais pas pensé. Et comment elle sait ça ma maman ? Parce que quand elle était un peu plus jeune et un peu moins expérimentée, elle s'est retrouvée un soir avec mon père à faire du désenvoûtement ménager dans le salon pour que les aiguilles du sapin libèrent enfin le conduit de l'aspirateur.

Il faut donc apprendre à écouter quand il le faut et à marquer son opposition lorsque ça vaut le coup. Sans quoi, la position - quel que soit l'extrême à laquelle elle se situe - est suicidaire. D'un côté, ne rien écouter, c'est se priver d'une mine incroyable de petits renseignements qui libèrent le quotidien. D'un autre côté, toujours aquiescer est dangereux en terme d'intégrité psychique à laquelle toute personne humaine a droit.

Toutefois, il existe des "cas limites", où on ne sait pas si on ferait mieux d'écouter ou pas. Ainsi, pour Noël, j'ai reçu une très jolie petite gravure ancienne, que je vais faire encadrer. Bon, là, ça se corse un peu, parce que plutôt que de payer la peau du cou un artisan qui me fera ça aux petits oignons, je préfère demander à ma maman, championne toutes catégories pour ce genre de travaux. Mais qui dit demander son aide dit nécessairement écouter, voire prendre en compte, ses conseils. La marie-louise est en cause. Pour les jeunots n'ayant jamais fait d'encadrement autrement qu'avec des posters Playboy dans des cadres Kikéla, une marie-louise est un morceau de carton coloré plus ou moins travaillé qui entoure le sujet encadré. C'est en gros ce qu'il y a entre le cadre et ce qui est encadré, vous situez ?

J'exprime donc mon intérêt pour les modèles gris bleuté, selon moi du meilleur effet avec le ciel menaçant de la gravure. "Tu fais comme tu veux ma chérie, mais si j'étais toi, je prendrais plutôt des teintes chaudes, dans les ocres". C'est vrai, une marie-louise ocre irait aussi très bien. Mais justement, vous allez rire, ça me rappelle un peu trop ma mère les ocres. Pour elle, déco rime avec chaud. J'ai grandi dans l'ocre. Hors de question de mettre un soupçon de couleur froide. Et le gris bleuté, c'est froid. Mon goût pour les ambiances gustaviennes s'est donc développé en dehors de toute influence familiale, en dehors d'une réaction psychanalytique communément appelée "rejet".

En dehors de son goût personnel et subjectif (donc de faible valeur argumentative) pour les couleurs chaudes, ma maman a ajouté un argument de poids : "et puis tout le reste est dans des couleurs chaudes chez toi". Hum, oui, mais JUSTEMENT, un peu de rupture, un soupçon de changement, une miette de contraste, ça ne ferait pas de mal non ? Surtout dans l'entrée, soyons francs...

En dehors du fait que, souvent, le chaud-froid, ça fait mal aux dents, j'apprécie hautement la chose. Que celui qui n'a jamais mangé de moelleux au chocolat avec une boule de glace à la vanille, ou même une crème glacée caramel au beurre salé sur un lit de pommex au four, me jette la première pierre. C'est bon, le chaud-froid en cuisine ! Mais est-ce une si bonne idée en déco ? Dois-je camper sur mes positions ou me plier à la sagesse du dinosaure ? Et une malheureuse gravure peut-elle ruiner l'admirable équilibre de chaleur qui règne chez moi.

Je m'affirme donc pour le chaud-froid, elle me regarde de son oeil qui veut dire "tu verras bien que j'ai raison" en me disant "de toutes façons, il faut voir avec la gravure", façon de repousser discrètement le problème à plus tard. Gagnera ou gagnera pas ? Et si jamais, c'est vraiment mieux avec des couleurs chaudes, perdrai-je la face et mon entêtement ?

Au final, n'a-t-on pas tous presque la même mère ? Quand je demande autour de moi, il semble que le fameux "tu fais ce que tu veux ma chérie etc." soit un invariant maternel. Pour ceux qui ne voient pas exactement de quoi je parle, il faut absolument que vous alliez voir ça ou Comment devenir une mère juive en 10 leçons, si possible avec votre mère, ça sera plus drôle. Vous avez deux jours...

09 janvier 2007

Beauté intérieure et intelligence extérieure

Je ne suis pas (encore) une grande spécialiste de la nature masculine. J'ai encore de nombreux mystères à percer, en particulier la relation exacte qu'ils entretiennent avec l'intelligence, en particulier féminine. Mes observations in vivo me laissent régulièrement perplexe, étonnée voire estomaquée.

Il y a sur Europe 2 TV (on a les références qu'on peut) un truc américain tout à fait dans le genre de ceux de MTV qui s'appelle Next. J'en conviens, ce n'est pas d'une très grande intelligence (puisqu'on en parle), mais je trouve ce genre d'émissions, à petite dose, particulièrement intéressant d'un point de vue strictement culturel. De même que les séries australiennes nous apprennent des tas de de choses sur l'Australie (grâce à Hartley Coeur à vif, je sais depuis mon adolescence que l'Australie est un grand pays d'immigration pour les Grecs), Next nous apprend plein de choses sur la jeunesse américaine. Le principe de Next ? Un mec /une fille rencontre 5 garçons / filles. Le premier passe, dès qu'il en a marre, il dit "next" et un autre arrive, et ainsi de suite jusqu'à ce qu'il ou elle ait trouvé chaussure de Cendrillon à son pied.

En général, les mecs disent - en gros - qu'ils veulent une fille jolie mais surtout intelligente. Et ils repartent immanquablement avec la greluche blonde à gros seins et faux ongles d'actrice porno qui ricane comme Pamela Anderson. Alors deux possibilités : soit nous n'avons pas la même notion de l'intelligence (qui doit être extérieure). Soit leurs capteurs à neurones s'affolent à l'approche de telles jeunes femmes comme mon radio-réveil quand mon portable est à proximité.

J'ai récemment eu confirmation du réalisme de ce genre de comportement dans la vraie vie. A une soirée, un couple arrive. Lui : normal. Elle : ne ressemble pas à une greluche, mais après un quart d'heure de conversation, elle aligne connerie sur connerie. A chaque verre de vin, son abyssal manque d'intelligence se fait plus flagrant. A la fin de la soirée, c'en est presque gênant. Vous pouvez me trouver dure. Je me trouvais moi-même un peu trop cruelle. Il m'a suffi de croiser le regard de l'amie qui nous avait invités chez elle pour que je comprenne que je n'étais pas seule et que mon jugement était largement partagé.

D'ailleurs, il était également partagé par son mec. Dans mon souvenirs, ils étaient ensemble depuis plus d'un an, ce qui laisse largement le temps de découvrir les limites des uns et des autres, en particulier intellectuelles. Le jeune homme était conscient des faiblesses de sa dulcinée. Au bout d'un moment, excédé de la voir déblatérer, il lui a intimé l'odre "d'arrêter de dire des conneries et de la fermer un peu". Le ton ne serait jamais passé avec moi, mais j'étais soulagée de la voir obéir. En dehors de l'humiliation infligée, cela signifiait clairement que ce mec avait conscience de la connerie de sa nana, qu'il en était gêné, mais pas au point de la quitter.

La question perdure donc : quelle relation les mecs entretiennent-ils réellement avec les neurones de leur nana ?

Un dernier élément subsidiaire : « D'après une étude britannique, à chaque fois qu'un homme augmente de 16 points son QI, ses chances de se marier grimpent de 35 % alors que pour une femme, 16 points de plus, c'est 40 % de chances en moins. »

"Acheter un slip à minuit, c'est ubuesque"

Pour changer des vrais blogs de filles, un débat social et non un débat de mode sur les soldes (ok, je suis un peu présomptueuse) : dans les grands magasins, un préavis de grève a été déposé pour demain (premier jour des soldes, pour les Martiens qui n'auraient pas encore été atteint par le matracage médiatique dont ces journées de rabais font l'objet dans les médias depuis 1 semaine... On sent que le Gouvernement veut de bons chiffres économiques d'ici mars). Ce mouvement social tombant à point nommé vise à contester les conditions de travail des vendeurs et vendeuses : on les fait travailler tard (21h heures pour les jours de nocturnes, 20h le samedi, et 22h pour le premier jour des soldes) et parfois le dimanche.

Rappelons que pour ces horaires, le volontariat prévaut et qu'ils font l'objet d'une compensation salariale qui va de 50 à 100% selon la branche concernée, voire plus si la convention collective le prévoit. De plus, un dimanche travaillé ne signifie pas un jour de repos en moins, ce jour sera simplement pris un autre jour, puisque le droit du travail précise qu'un employeur ne peut occuper un salarié plus de six jours par semaine et qu'il doit respecter un repos hebdomadaire de 35 heures (24 heures + 11 heures de repos quotidien). D'accord, il y a la vie de famille, d'où l'idée du volontariat. Personnellement, ça ne me semble pas être un mauvais deal de travailler de temps en temps le dimanche en gagnant plus. Et j'ajouterai de façon encore moins scientfique qu'à mon humble avis entièrement subjectif et pas du tout argumenté, l'une des raisons du dynamisme économique américain, largement tiré par la consommation des particuliers, est que tout est ouvert le dimanche et tard le soir. Quand on a plus de temps pour consommer, on consomme plus.

Je passe rapidement sur mon amour modéré pour les syndicats et encore plus modéré pour les syndicalistes, on pourrait croire que j'ai viré ma cuti. Pas faux en même temps. Pour résumer ma pensée : le syndicalisme à la française, c'est une capacité de blocage maximum pour une représentativité et une légitimité minimum, le tout étant le plus souvent couplé à une compréhension zéro de l'économie et à une mentalité arriérée directement héritée de la Révolution française ("les riches sont forcément injustement riches et forcément méchants" et "à bas les privilèges sauf les nôtres !"). Il en sort presque toujours des revendications dont la pertinence est si peu compréhensible qu'il est difficile d'y répondre intelligemment.

Mais je ne voulais pas me lancer dans une diatribe réellement sociale. Je voulais citer une vendeuse, entendue ce matin à la radio (quand je volais encore sur mon nuage de naïveté horaire, cf. infra) : "acheter un slip à minuit, c'est ubuesque". Déjà, on remarque le glissement sémantique et le sens de l'exagération : d'une ouverture jusqu'à 22 heures, on passe à minuit. Début de la tragi-comédie. Ensuite, l'exemple choisi, le slip. Franchement, qu'y-a-t-il de plus dérisoire qu'un slip ? Tout le monde en a déjà de toute façon, on peut bien attendre le lendemain matin pour l'acheter non ? Un slip, c'est petit, c'est rien du tout, ce n'est pas ça qui fait avancer l'économie. Un écran plasma de 3 mètres carrés, oui, mais pas un slip. Faire rester des HORDES de vendeuse pour UN slip, si ça n'est pas honteux franchement... Vu comme ça, il est certain qu'on se place du côté de la pauvre vendeuse, contrainte de sacrifier sa vie de famille et l'histoire du soir racontée à son fils pour un malheureux slip.

Mais ce que la vendeuse oublie, c'est que s'il lui est versé tous les mois un salaire, c'est justement parce que plein de gens achètent des slips, alors que tout le monde n'achète pas d'écran plasma. Un slip, ce n'est rien, mais là, il ne s'agit pas d'un slip, mais de beaucoup plus (j'aimerais citer un chiffre, mais je n'en ai pas sous les fesses. Euh... sous la main). L'année dernière, le premier jour des soldes a représenté pour le Printemps 8 millions d'€ de chiffres d'affaires, dont sans doute une bonne partie de slips. De quoi rentabiliser la présence des vendeuses et justifier qu'elles restent un peu plus longtemps. Elle devrait pourtant comprendre qu'elle ne sert pas son méchant patron en travaillant (bien se rappeler : le patron est toujours méchant, et plus il est grand patron, plus il est méchant) mais elle-même. Oups, je re-glisse dans le social.

Parce qu'en fait, MOI, ce que je veux lui dire à la vendeuse qui causait dans la radio, c'est que dans les 3 jours qui viennent, j'ai cours de 8h à 21h15. Et que je serais ravie de pouvoir m'acheter un slip (pas forcément comme le modèle ci-dessous) entre 21h16 et 22h, voire même le soutien-gorge assorti si la vendeuse est souriante et aimable. Certes, je ne suis pas le plus gros pouvoir d'achat de la France et je ne justifie peut-être pas à moi toute seule la nocturne du Bon Marché ou des Galeries Lafayette. Mais des gens dans la même situation que moi, j'en connais des tas : des jeunes actifs en cabinet de conseil, en agence de marketing ou en banque d'affaires qui sortent rarement avant 20h30 du boulot (sans avoir de majoration de leur rémunération hein, puisque la rémunération est censée à l'origine prendre en compte ce genre de désagréments) par exemple. Si les vendeuses comptent sur les retraités et les étudiants pour consommer, et donc assurer leur poste et leur salaire à moyen terme, elles sont mal barrées.



[J'ai utilisé "vendeuses" tout au long du texte par simple simplification généralisatrice. Les hommes aussi ont le droit d'être vendeurs hein.]

De comment tu comprends que parfois t'es grave bis (emprunt libre)

Myriam racontait il y a déjà quelques semaines comment elle était arrivée au bureau à 7h30 un beau matin, ayant omis de prendre en compte le changement d'heure. Déjà que 8h30, c'est tôt, alors 7h30, n'en parlons pas...

De mon côté, moi aussi je comprends "que parfois j'suis grave". J'ai débarqué ce matin comme une fleur avec une heure de retard. Enfin d'ailleurs, non, je n'ai pas débarqué, puisqu'arriver en cours à 9h-et-des-poussières au lieu de 8h, ça le fait moyen. Donc j'attends que la bibliothèque ouvre en me disant que je suis vraiment à côté de la plaque.

Avoir cours à 8 heures, ça signifie mettre le réveil à 7h en misant sur un sprint dans mes préparatifs. Douche express, habillage express, maquillage express (éventuellement finitions dans le bus, non je n'ai pas honte), café pris dans ma tasse Starbucks dans le bus. Faut bien viser, mais c'est faisable.

Aujourd'hui, je n'ai pas cillé quand j'ai vu 8h11 inscrit sur mon réveil. J'avais pris 10 minutes de rab, il était maintenant temps de me secouer. Je n'ai pas cillé quand j'ai entendu El Kabbach, je me suis simplement dit qu'il était temps de partir. Et quand j'ai vu en sortant qu'il faisait grand jour, j'ai pensé que décidément, on sentait bien que les jours rallongeaient depuis le 21 décembre et qu'il y avait du printemps dans l'air.

Tout ce monde dans les rues, c'est incroyable pour une heure si tôtive ! J'étais légèrement en retard, 5 à 10 minutes au plus, rien d'impardonnable. Peut-être que les habitués du bus des environs de 7h40 avaient eu le précédent. C'est qu'on finit par les reconnaître, les gens qui prennent le bus avant 8h. A cette heure-ci, il faut avoir une bonne raison, et ce sont souvent les mêmes. Le papa et ses deux petites filles, qui lui ressemblent tellement qu'il a dû les faire tout seul, qui vont à la crèche pour les unes, au bureau pour l'autre. Le cadre stressée qui doit être au boulot de 8h à 23h. La Sri Lankaise qui va faire des ménages. Mais là, personne.

Afin de savoir si je suis très en retard ou juste un peu retard, c'est-à-dire pour adapter ma mine à l'arrivée dans la salle de cours en fonction de ma position plus ou moins honteuse, je m'arrête 2 secondes devant la pharmacie, qui indique l'heure. 9h08 ? Zut, je suis vraiment en retard. Moment d'hésitation. 9h08 ? "oh les cons, eux aussi ont oublié le changement d'heure" me dis-je en pensant à Myriam. Mais bon, eux n'ont pas l'excuse du premier lundi après le changement d'heure, ça commence à dater tout ça.

Soudain, je comprends. 8h11, c'était déjà bien trop tard pour aller en cours à 8h, mais cette pensée ne m'a pas effleurée le moindre instant. J'avais UNE HEURE de retard. Une heure et des poussières. Pourtant, je le jure, c'était un cours d'allemand, j'étais motivée. Mais complètement à côté de la plaque...

08 janvier 2007

Le jour où j'ai cru que j'allais porter un dentier

J'ai moi aussi porté durant quelques années le signe distinctif de la jeunesse occidentale : l'appareil orthodontique, le barbelé entre les dents, la ferraille qui ne rouille jamais. Bien que mes parents aient eu la bonne idée d'aller chez un orthodontiste qui faisait des bagues transparentes, la justice était sauve : malgré les bagues révolutionnaires, on voyait tout. Les fils restent métalliques et brillent quand on sourit. Mais surtout, le relief de l'appareil reste un élément auquel on n'échappe pas. Sur ma photo de classe de 4ème (sur le portrait, pas sur la photo de groupe quand même, je vous rassure), on voit très nettement que sous mon sourire fermé se dessinent des vagues. La peau des lèves est tirée et on devine sous chaque petite bosse une bague de l'appareil. Très classe. Mais tous les autres étaient pareils de toute façon.

Le jour où l'on m'a délivrée de ma clôture, je pensais que cet instant resterait à tout jamais gravé dans ma mémoire comme celui de la félicité suprême de mon existence. Or ce jour a failli virer à la tragédie. Dans la foulée de la délivrance métallique, il fallait m'enlever mes dents de sagesse. Encore un rite initiatique de l'entrée dans l'âge adulte qu'on préfèrerait pouvoir sauter. Mon orthodontiste aux bagues transparents m'a envoyée chez son collègue le photographe de dent, pour savoir exactement où s'étaient cachées ces petites imbéciles.

Quelques clic-clacs radioactifs plus tard, je voyais mes dents en panoramique et surtout, la mine inquiète du radiologue. "Vous avez fait une mauvaise chute lorsque vous étiez enfant ?". Oui, non, enfin sans doute. Quel enfant n'est jamais tombé, franchement ? Son diagnostic express tombe : "Vous voyez ce trait vertical sur chacune de vos dents de devant ? Je crois que vous avez les quatre incisives fêlées. Il va falloir les enlever". Devant ma mine qui s'allonge considérablement, il ajoute d'un air paternaliste et enjoué : "comme ça, on pourra tout faire en même temps. (silence pesant) Mais vous savez, maintenant, on fait de très belles prothèses".

Je me voyais déjà avec un dentier à 15 ans. Le retirer tous les soirs pour le mettre dans un verre de Polident effervescent. Comparer les effets des différentes colles à dents. Expliquer à mon amoureux que non, là, on ne pouvait plus parler parce que j'avais enlevé mes dents. Ou le foutre à la porte dès 21 heures pour pouvoir me retrouver édentée en toute intimité.

Pour s'assurer du besoin réel de m'enlever 4 dents, il m'a renvoyée chez un autre confrère, sans doute spécialisé dans les fêlures d'incisive. Qui a eu la bonne idée de découvrir que finalement, je n'avais aucune dent fêlée mais qu'il s'agissait "d'un dessin superficiel de mon émail et sans incidence sur ma santé dentaire". Un truc dans le genre. Grâce à lui, j'ai sauvé mon sourire et mon sex appeal (dentaire tout du moins). Et depuis, j'essaie toujours de ne pas m'affoler en entendant des verdicts parfois alarmistes et trop définitif du corps médical.

Dinosaure

En ce moment, sur madmoiZelle.com, il y a un sujet de forum qui m'a fait prendre un bon coup de vieux. Le sujet est "comment l'as-tu séduit(e) ?" où les nanas sont invitées à raconter la naissance de leur amûûûûûûûr.

Alors soit je suis complètement déconnectée de ma génération (possible), soit les filles qui ont 5 ans de moins que moi ne vivent déjà plus dans le même espace intergalactique, mais visiblement, aujourd'hui, point d'histoire d'amour possible sans MSN. Presque toutes les filles racontent qu'elles l'ont rencontré chez des amis / en boîte / à l'anniversaire de leur grand-mère, puis qu'ils se sont échangés leur adresse msn, et c'est là que tout a commencé.

Dans ma vision du monde, on s'échangeait un numéro de téléphone. Bon, je ne parle même pas des numéros de Tamtam hein, je parle d'un banal numéro de portable. Désormais, si tu ne chattes pas, tu peux t'attendre à n'avoir aucune vie sentimentale pour les 296 ans qui viennent. Les adresses s'échangent, se soudoient, se bloquent dans une grande valse.

Comment draguerais-je sur MSN si j'avais 16 ans ? A vrai dire, j'ai déjà dragué sur MSN (nomého, quand même), mais des gens que je connaissais déjà en vrai, le plus souvent assis trois rangs derrière moi sur les bancs universitaires. Serais-je bonne à ce petit exercice ? Aucune idée. Il faudrait que je demande à mes amies habituées à draguer du petit jeunot comment on fait, maintenant, chez les ados... (OH CA VA les filles, je n'ai même pas donné de nom !!).

07 janvier 2007

Je le savais !

Grâce à Emery, je suis tombée sur le site Kakophone qui permet à presque n'importe qui de savoir qui était neummebeurre ouane au hit parade le jour de sa naissance. Je dis "presque tout le monde", parce que pour ma grand-mère, ce n'est pas possible, il n'y avait pas encore de hit parade. Ben oui...

J'enviais un peu Emery. Lui, c'est les Beatles et Moustaki qui cartonnaient, un truc qui a de la gueule quoi, dont on n'a pas à avoir honte. Je m'attendais au pire pour moi. Les années 80, c'est tout un poème, pour lequel nous n'avons malheureusement pas encore le recul nécessaire pour trouver ça hype. Quoique... je sens poindre la vague nostalgique chez les fashion victims, qui ne renoncent plus au caleçon en lamé et aux chaussures ouvertes au bout (avec un collant, cela va sans dire). Bref, ça revient, mais on ne peut pas dire que ça me séduise. Comme me l'a fait remarquer mon cousin, je suis beaucoup plus "chemisier des années 50" comme fille moi. Mais si, ça peut être très joli !!! Les années 60 aussi d'ailleurs, c'est chic. Après, ça commence à se gâter selon moi. Bref, la discussion n'est pas là.

Finalement, la surprise est plutôt bonne. Enfin, ce n'est pas très reluisant, mais ça me fait sourire. En Angleterre, Billy Joel se défendait plutôt bien avec Uptown girl. Mais surtout, en France, les Shorts battaient tous les records de vente avec une chanson en quelque sorte franco-allemande dont j'avais déjà parlé ici. En outre, je viens d'apprendre qu'ils étaient hollandais (d'où leur accent un peu rugueux en allemand), et j'ai toujours beaucoup aimé les habitants du Plat pays. Comme quoi, les charts du jour de votre naissance vous influencent peut-être plus qu'on ne le croit. Pour ceux dont la mémoire défaillirait, voici de quoi vous la rafraîchir illico-presto, avec EN BONUS, l'adresse où écrire à ces beaux grosses devant l'Eternel.

Glourps

Depuis mes 17 ans, je vis comme une grande fille quasiment autonome, c'est-à-dire plus ou moins loin de la maison familiale. Il y a toutefois une chose que je n'arrive pas à faire : manger seule en silence. Ca ne passe pas. Je n'arrive même pas à avoir faim quand je ne fais "que" manger. Tous les nutrionnistes miracles des régimes miracles des magazines féminins miracles le disent : c'est mal. Pour bien manger donc bien mincir, il faut PENSER que l'on mange, il faut REFLECHIR à ce que l'on mange. Moi, quand je ne fais qu'une chose à la fois, je m'ennuie.

Donc depuis 6 ans, je ne mange qu'en écoutant la radio ou en regardant la télé. Ca peut paraître glauque, dis comme ça, mais en réalité, pas du tout, je vous assure. Mais parfois, il me prend des idées étranges, comme regarder BFM TV et son journal de la nuit. Alors que je plonge ma petite cuiller dans mon yaourt à la mangue, la journaliste commence à évoquer une sordide histoire de co-détenus. Lorsque les détails du reportage se dessinent, je gloupse et mon yaourt a du mal à passer.

Vous avez sans doute vaguement entendu également ce récit - qui pourrait presque être comique si ce n'était la réalité - de ce mec à moitié bouffé par son pote dans sa cellule de Rennes. J'essaie tant bien que mal de continuer à manger, en me disant que j'ai décidément bien fait d'abandonner ma soudaine (et fugace) vocation de l'année dernière conduisant inexorablement mes pas vers le concours du Directeur de prison.

Avec ce meurtre resurgit le débat sur les prisons françaises, "honte de la patrie des Lumières" paraît-il. J'aimerais pouvoir confirmer ou infirmer, mais le fait est que je n'y ai jamais mis les pieds. En l'occurrence, les éléments en jeu ne sont pas ici les conditions de détention, mais les détenus eux-mêmes : 80% des personnes incarcérées devraient, d'après l'Observatoire international des prisons, être traitées en psychiatrie plutôt que d'être emprisonnées.

Je ne suis pas une spécialiste de la question, je n'ai même pas lu en entier Surveiller et punir de Foucault (pas Jean-Pierre, hein, l'autre, Michel), qui est pourtant un ouvrage de qualité. En somme, je n'y connais rien, ni en théorie ni en pratique. Peut-être ma remarque est-elle donc fort naïve et dépourvue de toute intelligence de la question. Mais mon bon sens ne peut m'empêcher de relever que "ceci explique peut-être cela".

En effet, la réalisation de nombre de crimes demandent d'avoir atteint un certain niveau de dérangement psychologique. S'il y a un lien entre trucider sa femme au cure-dent un soir en rentrant du bureau et être perturbé, et s'il y a un lien entre cette fameuse exécution au cure-dent et le fait d'être incarcéré, c'est donc qu'il y a un lien logique entre la psychopathie et la détention.

La question est de savoir comment à la fois punir - ce qui est nécessaire à la première fonction de la justice qui est de réparer - et soigner - ce qui est nécessaire à la seconde fonction de la justice qui est de prévenir la récidive. Il y a des blogs de plaideurs bien plus au courant que moi de ces choses-là, mais il me semble avoir entendu ici ou là que les cas d'irresponsabilité pénale en raison de troubles psychiatriques se multipliaient. Mais ne faut-il pas, dans un certain nombre d'affaires, être justement atteint de troubles psychiques pour commettre les actes dont ces malades sont accusés ?

On tourne en rond sans trouver la bonne réponse. Certes, la prison n'est pas adaptée. Mais l'hôpital psychiatrique l'est-il plus ? Le développement des troubles mentaux parmi les détenus ne vient-il pas en partie d'une plus grande sensibilité du monde médical et d'un diagnostic plus fréquent ? Peu se souciaient de la santé mentale des détenus de la Conciergerie au XIXème siècle. Ce qui ne signifie pas qu'il ne faille pas s'en soucier aujourd'hui. Mais il me semble qu'il ne faut pas perdre de vue qu'il n'est ni statistiquement ni humainement anormal que 80% des détenus souffrent de problèmes psychologiques.

06 janvier 2007

Le petit cadeau du samedi midi : it's Wir sind Helden Time !

Grosse tartine de clips cette semaine, pour l'un des meilleurs groupes allemand du moment, qui commence même à se faire entendre outre-Rhin. Ils ne sont pas encore au niveau de Nena pour les ventes, mais gagnent à être connus !

Guten Tag, où comment gâcher sa vie à force de toujours courir après un truc mieux qu'on ne trouve jamais



Aurélie, l'histoire d'une petite Française qui débarque à Berlin et ne comprend rien aux méthodes de drague allemandes


Denkmal, l'hymne des Erasmus de Vienne en 2003


Gekommen um zu bleiben


Nur ein Wort


Et pour terminer, Von hier an blind, le single de leur dernier CD, dont ils ont fait une version française que vous avez peut-être entendue sur les ondes par chez-nous...

Silence, ça pousse !

Pour Noël, en dehors de mon réveil-moulin à café, j'ai eu des tas de chouettes cadeaux, dont notamment un jardin d'aromatiques. C'est joli comme nom, hein, "jardin d'aromatiques" ? Je trouve que les mecs du marketing, ils ont été vachement forts. Parce que ça respire la poésie et le naturel, comme nom de produit. C'est parfait pour tenter le citadin en mal de verdure (mais qui n'aime pas la campagne parce qu'il n'y a rien à faire et que ça sent la bouse de vache. Cf. la chanson Rural de Jeanne Cherhal).

J'ai donc tout fait comme ils disaient : j'ai mis la terre dans les petits pots, j'ai planté mes graines, j'ai remis un peu de terre, j'ai arrosé et j'ai attendu. Ce matin, pendant que mon café se péparait tout seul dans ma machine (ce que la technologie ne fait pas pour nous quand même...), j'ai découvert que les premières pousses étaient sorties : les pots de coriandre, persil et thym ont pleins de petits trucs vert très pâle qui sortent de la terre. Le miracle de la nature en somme.

Un instant, j'ai presque compris ma maman qui aime tant le jardinage. C'est vrai, c'est assez magique de voir que, grâce à la merveilleuse organisation bien huilée de la nature et grâce à notre petit coup de pouce, il peut se développer des choses pareilles. On se sent quasi-spécial élu de Dieu quand on réussit à créer quelque chose à partir de quasiment rien. Je présume que l'effet doit être à peu près le même pour les artistes, les vrais, qui réussissent à faire d'un morceau de tissu et de tubes de gouache une véritable oeuvre.

Mais mon goût pour le jardinage trouve rapidement ses limites. Quand on arrive à Oléron au printemps après un hiver de jachère, il faut tout couper, tout ramasser, tout tailler, tout désherber. Comme je suis une grosse feignasse, après avoir taillé un mètre de haie, moi, j'ai mal aux bras. Après avoir ramassé la moitié du tas de branchages de la dite haie, j'ai mal au dos. Après avoir taillé un quart de pied de lavande à genoux par terre dans les gravillons, j'ai mal aux genoux. Après avoir mis de nouveaux tuteurs aux rosiers, j'ai les mains toutes piquées. Je n'ai rien fait eet j'ai mal partout.

Mais il y a la pire : les gants de jardinage. C'est insupportable, ça sent très mauvais, et il y a TOUJOURS de la terre au fond. Je DETESTE la sensation que ça engendre quand on enfile ses gants (déjà que les gants en plastique quand il fait chaud, c'est très moyen comme sensation) et que l'on sent distinctement la terre s'enfoncer sous les ongles lorsque les doigts touchent le bout de ceux des gants. Brrrrrrrr, rien que d'y penser...

J'ai cru avoir trouvé la parade : je me suis achetée mes propres gants de jardinage, pour moi rien qu'à moi, en me jurant bien que ceux-là ne sentiraient jamais mauvais et que leur intérieur ne connaîtrait jamais le sens du mot "terre". Hélas, trois fois hélas, c'est le genre de promesse qu'il est impossible de tenir dans une maison familiale qui voit défiler des dizaines de personnes chaque année, et devant lesquelles j'aurais eu du mal à assumer le post-it "ce sont mes gants, merci de ne pas y toucher". Pour des gants de jardinage ??! Complètement tapée la cousine...

Donc je n'ai pas laissé de post-it, et je n'ai pas remporté mes gants à Paris. Je les ai laissés là-bas, où tout est neuf et tout est sauvage, et à mon séjour suivant, ils étaient plein de terre au fond et ils sentaient mauvais comme des gants de jardinage.

Mais avec ce jardin d'aromatiques pour urbains, point besoin de gants de jardinage, ni de courber le dos, ni de s'agenouiller. J'ai presque honte que cela soit si facile. Ca pousse tout seul, presque sans moi, sans effort. Je me suis créée un nouveau besoin, comme le veut la société de consommation, et je n'attends plus que d'avoir mes premières feuilles de basilic frais "maison". Avec un peu de chance, ma cuisine ressemblera bientôt à la forêt de basilic qui envahissait le studio de Leonardo à Nancy !

05 janvier 2007

Wishlist

J'ai ajouté une nouvelle catégorie dans ma colonne de gauche, les "choses totalement dispensables mais qui amélioreraient nettement mon quotidien". Une Wishlist en bon français quoi. Pourquoi donc ?

Après cette période de Noël, on ne peut pas vraiment dire que je sois en manque de cadeaux. Donc ce n'est pas un sous-entendu lourdingue pour dire "allez-y, gâtez moi comme une princesse, je me sens délaissée". C'est une liste surtout pour moi, pour me rappeler de ce qui me ferait plaisir quand j'ai envie de participer au dynamisme de l'économie française.

Et si au passage, ça peut m'éviter de recevoir comme cadeau un réveil-moulin à café à Noël l'année prochaine, ça serait faire d'une pierre deux coups. (En réalité, le réveil en question ne fait pas réellement moulin à café, il se contente d'être constitué d'un mécanisme rotatif qui fait tellement de bruit qu'on dirait un aspirateur... Moyen pour s'endormir).

Mais pourquoi ne pas faire comme tout le monde une vraie Wishlist d'amazon ? Si si, je sais faire. Mais cela suppose que je révèle au grand jour nom, prénom, adresse et âge de mon poisson rouge. Même si le web n'est pas tout à fait anonyme, je ne préfère pas prendre le risque de voir débarquer dans mon salon mes fans en furie (humhum).

L'autre raison, c'est que... ces listes ne sont pas fiables. Je ne vais pas sortir une fumisterie de théorie du complot. Les bonshommes verts n'ont pas débarqué sur Terre, je suis au courant. Mais si jamais vous êtes un habitué d'Amazon, si vous y avez un compte, et si vous cliquez sur la wishlist de quelqu'un, vous tombez sur la vôtre... J'ai ainsi cru un instant que j'avais trouvé l'homme de ma vie en cliquant sur la liste d'un ami : je ne soupçonnais pas que ce jeune homme avait EXACTEMENT les mêmes goûts que moi et voulait EXACTEMENT les mêmes choses... dans le même ordre. Forcément, c'était MA liste et non la sienne. Je vous éviterai donc ce genre de malentendus. C'est toujours décevant de croire qu'on a rencontré son alter ego alors que ce n'était que son ego.

Et puis au moins, maintenant, vous pourrez me dire que j'ai des goûts de chiotte en connaissance de cause.

Dernière ponte

Après être restée inactive pendant très longtemps pour madmoizelle.com, j'ai enfin repris ma plume cybernétique pour écrire quelque chose. Und zwar : un article promis depuis le mois de septembre (humhum) à Fab sur les femmes en politique.

Comme d'habitude, il y a des choses que j'aime bien et d'autres que je n'aime pas. J'aurais en particulier aimé pouvoir plus expliquer que simplement décrire. Mais je ne suis pas doctorante en sociopsychologie, donc il y a des choses qui m'échappent très largement.

Mais si ça vous dit, allez donc le lire et revenez en causer ici ! Je suis sure que vous avez un avis éclairé sur la question :-)

04 janvier 2007

Le jour où ma vie a failli se finir

Plus je repense à cet épisode de ma vie, et plus je me dis que je suis heureuse d'être là où je suis aujourd'hui. Avec un tout petit peu moins de chance, je serais soit en prison, soit morte (ou un légume).

Vacances 2005, un rêve éveillé, plus d'un mois d'oisiveté totale à Oléron. Je découvre ma passion pour l'équitation et pour un certain jeune homme (affaire classée sans suite), je passe des journées à me faire dorer la pilule lascivement sur le sable chaud.

Charles arrive dans l'île, et mon rythme de vie change quelque peu. Avec lui et ses acolytes, ma tournée-découverte des boîtes oléronnaises, réputées pour leur chaude ambiance et leurs DJ renommés, commence. Celui qui conduit, c'est celui qui ne boit pas. En l'occurrence, moi. Juste un peu, en début de soirée, et après, c'est jus d'orange ou coca, sans rhum dedans.

Le jeudi soir, sortie au Moulin (j'aurais volontiers mis un petit lien pour que vous puissiez apprécié la hype du lieu, mais ils n'ont pas de site internet tellement c'est pour les VIP qui aiment se cacher). Les garçons avaient leur vélo pour rentrer et moi, la grosse voiture familiale. Programme sans alcool donc. Enfin presque. Si peu. Rien du tout.

Je pars vers 2 ou 3 heures du matin, me paume un peu sur les petites routes oléronnaises en sortant du port du Douhet. Je me retrouve à St Georges, pas du tout ma route. Je tournicote un peu. Ce que le hasard ne fait pas quand même. Ces quelques minutes qui auraient pu tout changer.

Je finis par me remettre sur les rails sans GPS, je reconnais la grande route nationale qui traverse l'île et me permettra de rentrer chez moi. A cette heure-ci, il n'y a personne. Enfin presque. Si peu. Rien du tout.

Je croise quelques voitures. Je me force à respecter les limitations de vitesse. 90 km/h alors que j'ai quasiment la route pour moi. C'est tentant... Et puis non, la dernière fin de soirée nous a montré que les gendarmes affectionaient particulièrement se poster pas très loin des hot spots (hinhinhin) de la vie nocturne touristique à l'heure des sorties de boîte. Je garde donc le pied léger. Mais 90 km/h quand même.

D'un seul coup, dans mes phares, je vois surgir quelque chose du bas côté. Quelqu'un. Un homme. Tout va très vite. Je vois qu'il a une barbe et une chemise bariolée. Il se jette sur ma voiture. Sous ma voiture. A côté de ma voiture. Enfin il est là, et il saute vers moi. Ca se passe en un millième de seconde.

Je fais un écart sans même réfléchir, pour l'éviter. Sans regarder si quelqu'un arrive en face. Ou si quelqu'un me double par la gauche. Il n'y avait personne. 2 secondes plus tard, tout était fini, on ne voyait plus rien et je tremblais comme une feuille, incrédule.

Je n'avais pas rêvé, il y avait bien quelqu'un qui avait vraiment eu l'air de se jeter sous mes roues, d'attendre que je sois là pour bondir de son fossé. Est-ce que je devais m'arrêter ? S'il m'a sauté dessus de la sorte, c'est peut-être qu'il a besoin d'aide ? Toute seule, à 3 heures, sur une route plutôt déserte, alors qu'un mec venait de... de... je ne sais même pas ce qu'il a fait, j'ai décidé de ne pas m'arrêter. Ma seule certitude, c'est que je l'avais évité.

J'étais presque arrivée chez moi. J'ai continué en respirant bien fort par le ventre comme ils apprennent en cours de chant à la Starak, trop en état de choc pour pleurer. Je venais d'avoir la peur de ma vie, sans que ça ne soit qu'une simple expression. Je me suis arrêtée dans le jardin. J'ai repensé à ce qui venait de se passer de façon si confuse. J'ai appelé mes amis les gendarmes pour leur expliquer que "quelqu'un" semblait être sur le bord de la nationale. Qu'il avait peut-être besoin d'aide. Que je l'avais évité mais que j'avais eu le sentiment qu'il avait essayé de se jeter sous mes roues.

La dame au bout du fil, très polie, très patiente m'a écoutée. J'avais envie de lui dire "mais je ne suis pas folle" pour reprendre une expression désormais bien connue. Elle m'a rassurée, m'a dit qu'elle envoyait quelqu'un vérifier. Mais je pense qu'elle ne m'a qu'à moitié crue. Elle n'a pris ni mon nom, ni mon numéro. Je sais, ils ont tout ça de façon automatisée. Mais quand même.

J'ai beaucoup repensé à cette histoire. Le soir même, la nuit même, le lendemain, toute la semaine, et aujourd'hui encore. Je n'arrive toujours pas à m'expliquer ce que fait un piéton barbu en chemise bariolée à 3 heures du matin au bord d'une route nationale. Je n'arrive toujours pas à m'expliquer ce qu'il a vraiment voulu faire. Je n'arrive pas à m'expliquer comment tout a pu finir aussi bien.

Un tout petit verre ou quelques km/h de plus, et j'aurais eu quelques secondes de réflexe en moins. Qu'il ait essayé de se suicider, qu'il ait voulu demander de l'aide, ou qu'il ait été complètement stone, c'est MOI qui étais dans la merde (oui bon, lui aussi s'il était mort mais si c'était son but...). Il y a non seulement ma conscience, qui ne m'aurait plus jamais laissée dormir, et aussi un séjour en prison, que j'imagine inévitable en ces périodes de répression intensive en matière de sécurité routière.

J'imagine les gros titres de la Charente libre le lendemain : "ivre, elle rentre de boîte et tue un innocent". En lisant ce genre ce choses, on imagine toujours la tête que ces ignobles bêtes humaines peuvent avoir. Et on ne les voit jamais avec la nôtre. Boire jusqu'à ne plus pouvoir conduire, quelle sottise, jamais ça n'arriverait.

Pourtant, il suffit de deux verres pour que tout dérape, pour qu'un connard soit au mauvais endroit quand vous y passez. Il suffit que vous ayez accepté finanement ce mojito qui vous tentait tant. Il suffit que vous soyez à 0,52g d'alcool dans le sang, pas très difficile à atteindre pour une nénette de ma corpulence. Il suffit que... et vous êtes foutu.

J'imagine l'interrogatoire de la gendarmerie qui n'en finit pas, pendant que l'homme polytraumatisé agonise quelque part entre l'île et le continent, arrivé trop tard aux urgences de Rochefort. Moi leur affirmant qu'il a délibérément choisi de se faire renverser, et eux pensant que j'ai la ligne de défense la plus débile qu'ils aient jamais entendue. L'homme n'a pas laissé de lettre, sa femme éplorée jure qu'il n'était pas dépressif, et je finis par moisir à Fleury-Mérogis. Tous mes rêves d'avenir qui s'effritent, une quasi-mort.

Mon autre scénario catastrophe quand je veux me faire peur, c'est la voiture en face. Je n'avais jamais fait un écart aussi franc et aussi rapide, je n'avais jamais fait d'écart sans vérifier dans mon rétroviseur intérieur, puis extérieur, puis par un contrôle direct par dessus mon épaule, comme on me l'a appris à l'école de conduite. Là, j'ai tourné le volant, le plus rapidement possible et le plus violemment possible. Je ne voulais pas le tuer p*** de b*** de m***. Et s'il y avait eu une voiture en face ? J'imagine déjà l'état de mes dents après un choc frontal à 90 km/h des deux côtés. J'imagine le coup de fil des gendarmes à mes parents. Légume ou morte, quelle est la différence ? Ah si, pour eux, c'est très différent, mais sur le coup, on n'y pense pas.

Dans la voiture en face, peut-être un mort aussi, encore plus innocent que moi. Là encore, les gros titres du lendemain sur les jeunes inconscients qui prennent le volant. Rien sur l'espère d'énergumène à cause de qui tout cela est arrivé, qui a disparu dans la nature. Personne ne comprend pourquoi je roulais à gauche, moi qui ne suis pas anglaise. L'été d'après, des petites silhouettes noirs bordent la route en face du centre équestre à la hauteur duquel tout s'est passé pour rappeler que "la route tue".

Bien sûr, tout cela est le récit d'un non-évènement. Il n'est finalement rien arrivé. Je n'ai jamais réussi à rentrer dans la gendarmerie le lendemain pour demander s'ils avaient retrouvé celui qui se jetait sous les voitures des gens dans la nuit.

Je ne peux pas m'empêcher de penser que cette nuit-là, Dieu était de mon côté et qu'il m'a beaucoup aidée. En mettant sur ma route des tas de gendarmes les jours précédents (et oui, la peur du gendarme, ça fonctionne pour respecter les limitations de vitesse). Parce que mes minutes d'errance avant de trouver ma route m'ont peut-être permis d'éviter le choc frontal avec un 4X4 doté d'un pare-buffle. Parce que j'ai des amis suffisamment bien pour penser à prendre des boissons sans alcool pour les soirées et éviter les "allez, prends un petit verre, juste un petit verre, ça va pas te tuer !".

Comme dans un caléidoscope, chaque petit élément se met à sa place pour créer une réalité née du hasard. Il suffit de le faire bouger d'un chouïa pour qu'un tout autre motif apparaisse, parfois plus beau mais parfois pas, une autre réalité. La Providence m'a fait cadeau d'une jolie réalité ce soir-là, mais je ne peux m'empêcher de me demander un jour sur deux ce qui se serait passé si... Les autres jours, je me demande ce qu'il pouvait bien foutre à cet endroit, cet inconscient. J'aimerais pouvoir lui dire qu'ON NE FAIT PAS CA AUX GENS p*** de b*** de m*** (bis). Que s'il veut détruire sa vie, il doit le faire sans l'aide de personne. Mais forcément, je suis sure qu'il ne lit pas ce blog.

03 janvier 2007

Vous ne le saviez pas...

Grâce à Damdam, j'ai découvert ce petit test rigolo et lèche-cul comme il faut :


Your results:
You are Wonder Woman

























Wonder Woman
85%
Superman
70%
Spider-Man
65%
Green Lantern
55%
Supergirl
55%
The Flash
50%
Robin
45%
Iron Man
40%
Hulk
30%
Batman
15%
Catwoman
5%
You are a beautiful princess
with great strength of character.


Click here to take the Superhero Personality Quiz



Franchement, la "beautiful princess with great strength of character", j'aime assez ! En réalité, ce qui me plaît le plus, c'est d'être Wonderwoman, l'héroïne de mon enfance, qui me fait encore rêver (la preuve ici).

La question est : m'a-t-elle plu parce qu'elle me ressemblait ou ai-je forgé mon caractère si brillamment révélé par ce test de personnalité en fonction de ce que je regardais à la télé quand j'avais 5 ans ? Si vous aussi vous avez envie qu'on vous dise que vous êtes une magnifique princesse, c'est par ici que ça se passe !

So ne Sch...

Je sais, c'est mal d'être grossière. Et c'est encore plus mal d'être vulgaire. Mais... la journée commence mal. Rien de tragique, mais comme le dirait Stellou, "le chiant quotidien".

Ca commence par un réveil trop tardif, ça continue avec un prof qui oublie de venir faire cours (alors que mon prochain moment d'enrichissement intellectuel scolaire a lieu 9 heures plus tard) et ça finit par un collant Gerbe tu-sais-même-pas-comment-il-est-beau qui est filé on-ne-sait-même-pas-par-qui-ni-par-quoi.

Reprenons paisiblement. Au premier abord, se lever trop tard a un bon côté : on dort un peu plus longtemps. Au second abord, on prend conscience que ces quelques minutes volées ne le sont pas au voisin mais à soi-même. Et qu'il faut les rattraper en se privant soit de café au lait (non), soit de coquetterie (non), soit de démarche lente (oui). Donc avec un grand au café au lait dans le ventre, toute fraîche pomponnée et maquillée, il faut courir. S'ensuit une inutilité flagrante : à quoi sert de prendre le temps de passer sous la douche et sous le pinceau à maquillage si tout est gâché quelques instants plus tard par une course effrenée pour attraper son bus au vol (c'est une image, je ne fume pas avant de partir en cours, je sais que les bus ne volent pas) ?

Le prof qui ne vient pas peut également être une bonne nouvelle : deux heures de plus pour travailler mon concours qui a lieu dans 3 semaines. Mais plusieurs arguments viennent contrebalancer cette constatation. Premièrement, quand je cours, j'aime que ce soit justifié. Deuxièmement, rater ce cours signifie rater l'un des profs les plus sexys que j'aie jamais eus (et commencer l'année sans lui est un déchirement). Troisièmement, j'ai sacrifié deux tickets de bus à cet aller-retour sans objet, n'ayant pas encore reçu ma précieuse carte Imagine R qui équipe tous les étudiants sensés d'Ile-de-France.

Enfin, mon collant filé reste à cette heure l'évènement le plus tragique de la journée. J'espère que vous êtes allés lire l'histoire des bas décadant plus que décadents de Kozlika, recommandée il y a quelques jours. Dans la même veine des crasses féminines que les bas qui tombent, il y a le collant filé. D'une part, je connais peu de choses aussi vulgaires qu'une femme errant dans la ville avec un collant filé. Lorsque j'étais en stage, j'avais - sur les excellents conseils de Cornélia - toujours une paire de collants de rechange (vient le moment où l'on s'interroge : un collant ou des collants ? Une paire de collant ou de collants ? J'aurais mieux fait de parler, comme Kozlika, de mes bas, mais ma jupe fendue m'en empêchant aujourd'hui l'usage, je privilégie le réalisme à la facilité orthographique) dans mon bureau, juste "au cas où". Quoi de plus rageant que d'avoir une balafre de peau au milieu du jersey pour aller voir le Grand Chef ? D'autre part, le drame du collant filé tient aussi à ce qu'un collant filé est le plus souvent immettable, à moins de ruser. Ruser, cela consiste à avoir des collants que l'on peut, en fonction de l'endroit de l'eraflure mortelle, mettre avec certains vêtements et pas d'autres. Aux fesses ? Avec une jupe, même courte, ils seront encore parfaits (mais pas pour un rendez-vous qui risque de dégénérer, bien sûr). A la cuisse ? Avec une jupe longue ou un pantalon, personne n'y verra goutte. Au mollet ? La tâche se complique, il faudra les réserver aux pantalons ou aux jupes mais portées avec des bottes. J'ai ainsi des tas de catégories de collants. Bien évidemment, ne disposant pas encore de la commode magique qui me permettra de ranger mes sous-vêtements dans ma chambre, ils sont pour l'instant tous en vrac dans une petite (hum, grosse) boîte et dans un tiroir, sans que je puisse déterminer autrement que par ma mémoire lequel est portable en fonction de ma tenue du jour. Le drame ultime de mon accident vestimentaire d'aujourd'hui, en dehors du fait que je n'avais pas de collant de rechange, vous apparaîtra immédiatement clair si je vous dis que mon collant était MA-GNI-FIQUE. Un Gerbe de toute beauté, noire avec des fleurs opaque par ci par là qui remontaient jusqu'en haut des cuisses. Une merveille de collant, l'un de mes préférés. Bien sûr, selon ma classification, je peux continuer le mettre avec des pantalons. Mais les fleurs commencent au mollet. Pas de chance.

En relisant, je me suis rendue compte que certains allaient sans doute s'interroger : comment peut-on - en dehors de toute hypothèse un peu olé-olé - filer ses collants sur les fesses ? Je me dois une réponse simple et circonstanciée : en l'enfilant, pardi ! Le collant est l'invention à la fois la plus formidable et la pire qui soit. Mille soins doivent être pris lors de l'enfilage : les ongles doivent être ras, les mains doivent être douces, la moindre irrégularité accrochatrice signant l'arrêt de mort dudit objet. Il faut ensuite tirer, avec douceur, mais persuasion, afin de ne pas avoir la ceinture au niveau des cuisses. Et c'est précisément à cet instant qu'arrive l'égratignure sur les fesses. Plus le collant est beau, plus il est fragile, et un doigt tireur passe vite au travers du précieux tissu trop sensible. Et voilà, en une fraction de seconde, alors que vous ne faisiez qu'enfiler votre collant, vous vous retrouvez avec un machin sans nom filé sur les fesses. Vite vite vite, courir pour attraper le vernis incolore pour limiter les dégâts. Attendre que ça sèche. Se décoller lentement le collant (qui porte à cet instant précis son nom mieux que jamais) de la peau couverte de vernis en se disant que "non, ça ne fait pas mal, ce n'est qu'une impression". Enfiler ses fringues par-dessus et le classer dans la bonne catégorie. Un Mars, et ça repart...

02 janvier 2007

Ayez le sens civique, rendez-vous utiles !

Une petite minute de libre pour le bien de l'humanité ? Il suffit de cliquer ici... Bête comme chou mais TRES TRES TRES important !

Forcément, après, quand je vais vous dire que c'est TRES TRES TRES important de sauver les petits leucémiques, vous tournerez sept fois votre doigt autour de la souris avant de cliquer. Mais là, c'est vrai de vrai, faut y aller...

Je m'interroge (ou : les petites indignations du quotidien)

Ce matin, mon réveil obéit à sa fonction et me réveille. J'ai abandonné l'idéal du réveil en douceur qui ne me réveille vraiment pas. Du coup, mon réveil me réveille avec la radio, les nouvelles du matin, un bon contact violent avec la réalité. Ca ne marche pas toujours, mais quand j'arrive à l'entendre, ça me secoue suffisamment pour me lever généralement.

Je me suis levée rapido ce matin, j'avais eu ma décharge médiatique du jour. Accident d'avion en Indonésie. 102 passagers. 12 survivants. 90 morts. 3 Américains à bord. On espère qu'ils sont parmi les 12 survivants malgré le défi aux règles mathématiques des probabilités que représente cette petite prière.

Il y a deux ans, pour LE tsunami (à croire que ce nom a été inventé pour cette seule et unique tragédie, ça n'existait pas avant, que personne ne savait que c'était possible), ils nous avaient déjà fait le coup. A vrai dire, ils nous font toujours le coup. Le coup du "il y a 129 083 morts dont 2 Suédois, c'est horrible". Pire, le coup du "il y a 376 763 morts. Heureusement, il n'y a pas d'Occidentaux, on peut continuer à vivre normalement, oublier vite les autres".

Mais pourquoi est-il plus tragique pour un Américain, un Allemand ou un Espagnol de mourir que pour un Turkmène ou un Sri Lankais ? Pourquoi devrions-nous nous sentir plus affectés, plus bouleversés par des morts numériquement inférieures mais... qui touchent "les nôtres" ?

Les miens, ce sont les humains. Ce ne sont pas les Français, pas les Européens et encore moins les Occidentaux. Les journalistes doivent penser "qu'après tout, les Somaliens ont plus l'habitude de mourir que nous, alors un de plus ou un de moins...". Ou ils pensent que leur boulot est de jouer sur l'émotion, de créer de l'empathie et que ce n'est possible qu'en nous parlant de gens qui soit disant nous ressemblent.

Soit j'ai, pour une fois, une trop grande confiance dans le genre humain, soit les journalistes se fourrent le doigt dans l'oeil jusqu'au fond du crâne en pensant nous attendrir en nous parlant des Occidentaux comme s'ils étaient des surhommes, dont la vie a nettement plus de valeur. Parce que moi, quand on me parle plus de 3 Américains que de 99 pauvres bougres des "pays du Sud" (douce litote qui nous ferait presque croire qu'il fait bon y vivre) avec des trémolos dans la voix, je n'ai aucune empathie. Et j'espère presque que ces trois là ne s'en sont pas sortis, ne serait-ce que pour rééquilibrer l'injustice dont les 99 autres font l'objet.

[Et non, ce n'est pas de l'anti-américanisme primaire]

29 décembre 2006

Aveu

Souvent, je commence mes phrases par "non, je ne suis pas psychorigide mais...". Florilège :

Non, je ne suis pas psychorigide mais... j'aime bien que mes livres soient rangés par ordre alphabétique et par collection. Ce n'est pas de la psychorigidité : l'ordre alphabétique, c'est pour trouver plus vite et la collection, c'est parce que c'est plus joli. Et je ne suis pas maniaque puisque pour le reste, je suis "bordélique pathologique" selon Dieu le Père.

Je ne suis pas pas psychorigide mais... je ne supporte pas qu'on touche à mes CD si c'est pour ranger Bénébar dans le boîtier des Nocturnes de Fauré et mettre les Nocturnes face vers le plafond tout en haut de la pile. Enfin, en haut de la pile jusqu'à ce que mon coffret de la Traviata et celui d'Aretha Franklin viennent se rajouter par dessus. "Ah bon, il est rayé ?? Mais je ne comprends pas....". De toute façon, les CD, c'est démodé il paraît.

Je ne suis pas psychorigide mais... si j'ai décidé de faire quelque chose, je n'aime pas qu'on le fasse à ma place, même si ça m'arrange et si ça me facilite la vie. Parce que j'avais prévu de le faire et que je ne peux pas mettre en oeuvre mes planifications.

En fait, si, je suis psychorigide. Attention, je ne suis pas maniaque, ce n'est pas tout pareil. Je suis psychorigide parce que j'ai du mal à supporter que les choses ne se passent pas comme j'avais prévu qu'elles se déroulent. Quand je me repasse 20 fois dans la tête mon plan de la journée où chaque action s'enchaîne de façon bien huilée avec la précédente, et que d'un seul coup survient un petit grain de sable, je le ressens comme une contrariété suprême. Même si j'admets sans aucune difficulté qu'il s'agit d'un grain de sable agréable (une visite surprise, une rencontre inattendue, un génie venue réaliser 3 voeux...), je n'arrive pas à m'empêcher de me dire que "rien ne se passe comme prévu". Pas comme MOI je l'avais prévu en tous cas.

Bien sûr, je ne planifie mes journées de façon aussi serrée que lorsque j'ai un objectif précis et difficilement atteignable sans un minimum d'organisation, ce qui n'est après tout pas si fréquent. Et dans ces cas-là, je refuse de laisser la moindre place à l'improvisation (farce freudienne : j'avais lapsussé en commençant par écrire "organisation").

Mais quand tout ne se déroule pas selon mon petit plan personnel, je deviens facilement contrariée donc irritée donc insupportable avec mes (très) proches (je réserve ça généralement à un public averti, mais quelques spectateurs passifs ont parfois droit à une petite démonstration), considérant toutes les alternatives de secours comme nécessairement moins bien que ma solution absolument parfaite de départ. Je suis encore plus cassante et caustique que d'habitude, et là, ce n'est plus pour rire. Comme dirait Fab, dans ces cas-là, il faut se préparer à ramasser ses dents. En général, je regrette aussitôt ce que j'ai dit trop vite, trop brutalement, trop crûment.

C'est donc surtout pour les autres que ma psychorigidité est gênante. Elle ne m'encombre que lorsque je deviens involontairement méchante pour le plaisir inconscient de me défouler après un épisode de "contrariété". A chaque fois, j'ai envie de me foutre des baffes, ce qui ne m'empêche pas de ressortir une énormité blessante 2 minutes plus tard à ma victime du moment.

Je suis psychorigide mais je me soigne. Enfin, j'essaie. Et ma soeur est là pour la thérapie de choc, certes douleureuse mais parfois efficace. Douloureuse pour elle aussi, puisque c'est elle qui se prend tout dans les dents.

Ne désespérez pas, je serai (un jour peut-être) parfaitement fréquentable.

Le jour où j'ai voulu faire une bonne surprise à mon papa

J'ai toujours aimé faire des surprises, la suivante étant généralement meilleure que la précédente, l'expérience aidant. Pourtant, je crois que l'une de mes meilleurs idées de surprise, je l'ai eue alors que j'étais très jeune et très petite.

Je n'allais pas encore à l'école, je devais avoir 2 ans et demi. Environ. Et pourtant, je me rappelle très bien de cette folle journée durant laquelle ma grand-mère était chargée de ma surveillance. Je commençais à m'ennuyer lorsque j'eus soudainement une idée géniale pour occuper mon après-midi de désoeuvrement comme n'en connaissent que les enfants qui n'ont pas encore franchi la porte de l'école si peu maternelle.

Je décidai de faire comme Papa. J'allais prendre le train et le retrouver à son bureau, ça promettait d'être aussi excitant qu'exotique. Je rentrai dans la chambre de mes parents pour prendre une cravate paternelle dans le placard, afin de peaufiner ma mise en scène. Demandant l'aide de ma grand-mère, je lui expose mes projets. J'ai son assentiment, l'aventure palpitante est lancée.

Je me souviens distinctement d'avoir fait semblant d'être dans le train sur la moquette de ma chambre. Je babillais des ordres de chef de gare. Dans mon monde, on prend le train les uns derrières les autres, à la queuleuleu derrière le chauffeur, assis en tailleur. Il faut dire que je n'avais pas encore suffisamment fréquenté les Transiliens pour pouvoir savoir que les trajets de mon travailleur de père ressemblaient fort peu à la Danse des canards ou autre Patrick Sebastiannerie.

Malgré mes tentatives poussées pour rendre la scène aussi réaliste que possible, il manquait quelque chose : le vécu et le ressenti. Qu'à cela ne tienne, j'irais voir Papa à son bureau pour de vrai.

Toujours plongée dans son repassage, ma grand-mère ne m'a pas entendue tirer un tabouret jusqu'au portail. Elle ne m'a entendue enjamber le portail. Et elle ne m'a pas entendue partir vers des contrées lointaines.

Je me souviens d'avoir pris le chemin de la gare en marchant au milieu de la grande avenue qui y menait, ma cravate nouée à la hâte autour du cou. Et je me souviens d'une grande folle se mettant soudainement à me hurler dessus pour me faire réintégrer le trottoir, et de ma grand-mère arrivant peu après au pas de course, surprise de ne plus rien entendre en provenance de ma chambre. La cavale s'arrêtait là, au bout de 300 mètres, et je me sentais comme un prisonnier ayant raté son évasion. D'autant plus que ce genre de prisonnier bénéfécie à son retour d'une surveillance pénitentiaire d'autant plus étroite, pour éviter toute récidive. Je crois avoir passé le reste de l'après-midi dans les pattes de ma grand-mère avec interdiction formelle de m'en éloigner.

Je ne sais plus en revanche si je me suis fait gronder pour mon imprudence ou si mon noble objet m'a valu une quelconque clémence... Après tout, j'avais obtenu l'absolution de mon aïeule lorsque je lui avais dit "que j'allais au bureau de Papa". Qui a sans doute été très touché que je pense à lui ainsi en plein milieu de l'après-midi. Je ne me souviens pas non plus de la tête de mes parents lorsqu'ils ont eu droit au récit de mes initiatives ambitieuses. Même avec le recul, je n'arrive toujours pas à déterminer s'il s'agissait d'une véritable bêtise.

C'est finalement une anecdote dont je suis plutôt fière. Surtout en comparaison de mes innombrables autres véritables bêtises, nettement moins reluisantes. Pour me faire mousser, j'évite de raconte comment j'ai essayé de faire pipi comme un garçon un matin inspiré (avec une salopette en velours rose pâle qu'il a bien évidemment fallu mettre au sale aussitôt après mes exploits transsexuels), comment j'ai failli mettre le feu à la maison en jouant au Sioux avec la balayette de la cheminée, et surtout comment j'ai pris un bloc WC pour une Chupa Chups un jour d'égarement.

On a tous des anecdotes de notre vie d'enfant. Certaines sont amusantes, certaines ne font rire que ceux qui y étaient, certaines sont datées, et certaines sont humiliantes. Pourquoi les parents ont-ils toujours une nette préférence pour ces dernières lorsqu'il s'agit de raconter en société l'un de nos épisodes glorieux parmi mille ?

18 décembre 2006

Le micro et le fil

Nouveau prof de Finances publiques aujourd'hui. Chemise disco et cravate assortie, il est presque funky. La crâne gris et dégarni rattrape l'impression. Et soudain, Maritie et Gilbert sont en face de moi.

Il refuse de monter sur l'estrade, préfère descendre dans la fosse aux lions faire son one-man-show. "Micro tenu du bout des doigts, en éloignant le fil d'un geste du bras", il se prend pour Sardou.

Malgré tous ces efforts, rien n'arrive à rendre ses propos intéressants. Belle tentative pourtant.

17 décembre 2006

La baffe

Fab, il n'est pas juste bloggueur et papa. Il travaille aussi dans la comm' comme tous les gens hype. Du coup, quand il sort un livre, ben... il comm' (unique). Et ça donne ça :







... et facta est lux

En faisant les premières Zimtsterne de ma vie hier, j'ai pensé à un super truc qu'il fallait absolument inventer. Bon, ça existe peut-être déjà, mais je n'ai rien vu de tel alors que je flâne régulièrement au rayon idoine. Un truc tout con, mais qui rendrait la vie (domestique) beaucoup plus simple.

Alors si tu es ingénieur, ingénieux et inventeur, fais moi signe pour que toi et moi devenions riches ensemble. J'ai l'idée, mais pas la technique... Et je veux bien commercialiser dans les pays germanophones, qui devraient être les plus intéréssés.

16 décembre 2006

Le petit cadeau du samedi midi : it's Mia Time !

Mein hungriges Herz



Es ist was es ist

Hypocrisie, quand tu nous tiens...

Les relations parfois intimes entre presse et monde politique ne sont pas un fait nouveau. Après tout, le milieu professionnel est le premier lieu de rencontre des couples, d'après les sondages de la Sofres. Or puisqu'il est plutôt difficile aux hommes politiques de draguer dans l'Hémicycle, faute de cibles intéressantes, je comprends qu'ils cherchent ailleurs. Or quoi de plus tentant qu'une jeune et jolie journaliste ?

Ce qui est nouveau, c'est que cela fasse débat et pose problème. Le préjugé généralement accepté désormais est qu'une femme qui partage la vie privée d'un homme public n'a plus aucun sens critique. En somme, la mise en couple sonne le glas de sa cervelle : lobotomisée, elle est contrainte de partager celle de son aimé de façon inéluctable. Comme s'il était impossible de ne pas être systématiquement d'accord au sein d'un couple.

L'autre présupposé est que l'amour a REVELE ces femmes à la conscience politique. Pages vierges de toute conviction la veille, elles le virent, rougirent, pâlirent à sa vue et PAF, d'un coup d'un seul, elles ont trouvé la foi politique. Harry Roselmack n'ayant - à ma connaissance - aucune liaison avec Roselyne Bachelot, n'a sans doute aucun avis personnel sur la campagne présidentielle. En revanche, s'il couchait avec MAM, il est certain qu'il perdrait du jour au lendemain toute objectivité.

Après Béatrice Schönberg, c'est à présent au tour de Marie Drucker de faire les frais de cette chasses aux sorcières, qui a étrangement trouvé sa place sur le service public audiovisuel. Le nouveau magazine pour ménagères de moins de 50 ans décérébrées Bon week a jugé utile de publier des photos de cette dernière avec son ministre chéri. Au moins, le nouveau venu dans le paysage journalistique (je parle du magazine, bien entendu) aura réussi à enfin faire parler de lui autrement que pour sa médiocrité. Car soyons clairs, le message de Bon week pour recruter ses lectrices est basique : "Tu en as marre de ta vie de merde, de tes enfants mal élevés (par ta faute) qui te claquent la porte au nez et de ton mari qui ne te regardent même plus (par ta faute) ? Evade-toi avec la vie des stars !". Ils partent de loin et on comprend qu'ils aient eu besoin d'un sacré coup de pouce pour vendre quelques numéros de plus.

Que ce magazine ait pris la décision "d'éclairer le débat public" et "d'informer la société" avec sa révélation est facilement compréhensible du point de vue financier. Ce qui l'est moins est leur hypocrisie flagrante quant aux conséquences anticipées de leur geste. S'ils ont fait tout ça, c'est uniquement pour rendre à Marie Drucker la vie plus facile, pour qu'elle arrête de se cacher, pour qu'elle puisse enfin être heureuse au grand jour ! Et bien évidemment, personnne n'a voulu la mettre dans l'embarras, loin d'eux cette idée. Il suffit de lire l'éditorial de la rédactrice en chef, Nadia Le Brun, qui ne doit être étouffée ni par la bonne conscience ni par la bonne foi :

La rumeur dont bruissait le Tout-Paris politico-médiatique est avérée! [Monsieur X] et la présentatrice du Soir 3, Marie Drucker, semblent filer le parfait amour. [Monsieur X] et la nièce de Michel Drucker viennent même de passer un tendre week-end à Barcelone, s'embrassant sous les yeux des passants... Cette nouvelle soulève la question des liaisons entre pouvoir et médias, dès lors qu'une journaliste connue et un membre du gouvernement tombent amoureux. Béatrice Schönberg, épouse du ministre de l'Emploi Jean-Louis Borloo, a dû mettre entre parenthèses sa carrière de présentatrice du J.T. pendant toute la campagne présidentielle, au prétexte que sa vie privée pourrait nuire à son objectivité journalistique. Avant elle, Anne Sinclair avait démissionné de 7 sur 7. Marie devra-t-elle aussi laisser son fauteuil du Soir 3, pour continuer à aimer librement son ministre ? Ce n'est pas ce que l'on souhaite à une femme. Encore moins à une femme amoureuse...


Mais bien sûr, on y croit à tes espoirs de Sainte-Nitouche-du-languedeputage !

Aéroport mon amour

J'aime beaucoup observer les gens. Des inconnus, dont j'imagine la vie pendant quelques instants. J'ai commencé à pratiquer ce sport intellectuel (mouais, "intellectuel" est peut-être un peu exagéré, je vous l'accorde) en prenant le train pour aller au lycée. Tous les jours, un wagon remplis d'inconnus prêts à être déchiffrés n'attendait que moi et mon imagination débordante.

Mon endroit préféré pour m'adonner à cette activité relativement inutile ? Les aéroports, qui sont des lieux fascinants pour imaginer la vie des autres. Il y a plein de gens exotiques à regarder, leur fantasmer des existences hors du commun à l'autre bout du monde, deviner d'où ils viennent et où ils vont, tenter de comprendre ce qu'ils se racontent en langue étrange.

Pour moi, la magie des aéroports, c'est aussi d'aller au duty free me mettre du parfum avant de prendre l'avion et de polluer l'environnement olfactif des mes heureux voisins. Traîner, lire les journaux, en prenant un café. Regarder le tableau des départs et me demander où j'aimerais partir. J'adore cette ambiance hors du temps, hors du monde, et l'impression d'être anonyme mais pas perdue. J'ai le sentiment, quand j'attends mon avion, de n'avoir rien que pour moi des heures volées, durant lesquelles j'ai moralement le droit de ne rien faire, au vu et au su de tout le monde.

Evidemment, mon amour pour les aéroports est inversement proportionnel à ma fréquence de fréquentation. Si jamais je devais, comme Myriam, me lever 3 jours par semaine à 4 heures du matin pour sauter dans le premier avion de la journée, passer quelques heures éreintantes dans une ville et revenir claquée le soir même, j'aimerais sans doute beaucoup moins cela. Il n'y a rien de tel que l'exceptionnel pour vous faire apprécier les choses.

13 décembre 2006

Gagne un Futur Papa les doigts dans le nez (mais essuie les avant de cliquer)

Plus ça va et plus la date de sortie de Futur Papa approche. Chic, chic, chic.

En attendant, pour les très grands impatients, les très grands radins ou les très grands fauchés, vous pouvez d'ores et déjà prier Zeus pour qu'il se mette de votre côté : 10 exemplaires de Futur Papa sont à gagner sur madmoizelle.com !

Et si je vous dis qu'en plus de ça, il vous sera personnellement dédicacé par [le nouveau stagiaire de] Fab en personne, je suis certaine que vous êtes déjà en train de remplir les petits champs obligatoires et de demander à votre mari de vous tromper pour mettre toutes les chances de votre côté, petite maline.

Je vous préviens malgré tout que si vous gagnez et pas moi, je risque d'être de mauvaise humeur. Quoi que, MOI de toute façon, je pourrai toujours me le faire dédicacer, mon exemplaire ;-)

Frayeur

On devient vite con. Je m'en suis rendu compte hier. Enfin, je m'en suis à nouveau rendu compte hier. J'ai toujours plus ou moins méprisé intellectuellement les gens qui regardent 30 millions d'amis, parlent à leur chien comme s'il était leur enfant, présentent leur chat dans les concours de beauté et vous racontent que leur lama domestique est très stressé depuis le changement d'heure. Je n'ai pas l'âme animalo-sensible. Je fais partie des méchants humanidés qui considèrent que les animaux sont là pour nous servir. Que s'ils ont des poils, c'est pour qu'on puisse avoir chaud. Et que s'ils ont de la chair, c'est pour qu'on puisse la manger. Et que s'ils ont envie qu'on les traite mieux, ils n'ont qu'à apprendre à parler pour nous le faire savoir.

A côté de ça, je murmure à l'oreille de mes chevaux (enfin non, je n'ai pas une écurie au Champ de Mars, je parle de ceux que je monte) et j'ai le sentiment qu'ils aiment drôlement ça et qu'ils comprennent presque tout. Je trouve certes que le combat pour les droits des animaux n'est pas ce qu'il y a de plus prioritaire au monde, mais que faire souffrir des animaux inutilement alors que d'autres solutions existent n'est pas normal. Et puis surtout, surtout... il y a Kierkegaard. Avant lui, il y a eu Vilnius que j'ai voulu enterrer dans les règles de l'art sous le cerisier dans le jardin de Sciences Po au lieu de le jeter bêtement dans les toilettes comme tout le monde me disait de le faire.

Mais hier, c'est à cause de Kierkegaard que je me suis sentie un peu con, virant incidieusement Mémé-à-son-caniche (car dire caniche-à-sa-mémère est un abus de langage : c'est la Mémé qui vit pour le caniche et non l'inverse). Hier, Kierkegaard n'allait pas très bien. Il nageait sur le dos ou sur le côté, il avait l'air très anxieux (voilà, là, ça commence à déraper... Nan mais vous avez déjà vu un poisson rouge de 2 neurones être anxieux vous ?). Il ne mangeait plus depuis deux jours. Je ne voyais absolument pas quoi faire pour lui, j'étais désemparée. Son eau était propre, à bonne température, il avait de quoi manger, mais ça n'allait pas.

Ce matin, il était dans le même état. Enfin, dès que j'ai allumé la lumière. Avant, il était tout calme. Une fois la lumière allumée et moi, inquiète, le regard plongé dans le sien pour essayer de comprendre ce qui lui arrivait, il recommençait à se tortiller dans tous les sens. S'il avait pu parler, il aurait sans doute hurlé de douleur. A moins qu'il ne soit bon comédien : j'éteins la lumière, il redevient normal. Je rallume, il se retortille. J'ai décidé de partir malgré tout remplir mon cerveau, sans pouvoir m'empêcher au moins une fois par heure (oui bon, ça va, je sais, j'aurais dû dire à chaque instant mais ce n'est pas le cas, j'ai une vie bien occupée moi...) de me demander s'il n'était pas précisément en train de mourir

Entre temps, je me suis renseignée, et il paraît évident qu'il a des troubles de la vessie natatoire (comment ça vous n'en avez rien à foutre de la vie de mon poisson rouge ?). C'est un problème récurrent chez les poissons japonais, donc la prochaine fois, je ne panique pas. Il faut que je lui donne des daphnies (déjà fait) ou des petits morceaux de salade, brocolis ou épinards pochés et il se remettra sans problème.

D'ailleurs, ce soir, il pète la forme. Joyeux, heureux, joueur, il remange et je suis toute contente. Pas de doute, je suis devenue baba, comme je l'étais de Vilnius. On peut prendre toutes les précautions intellectuelles que l'on veut, l'affectif règne... Bientôt, peut-être, une interview à 30 millions d'amis ?

PS / vous pouvez dire que je deviens neuneu hein, je m'en fiche... Je le sais déjà...

Histoire de filles

Aujourd'hui, plutôt que de me lamenter sur mon sort, je vous propose deux histoires de filles à aller lire chez les autres. Chez des autres qui ne manquent ni de style ni d'autodérision.

D'une part, ma keupine Myriam se prend des vents sans rien avoir demandé à personne et finit la nuit à l'hôtel avec le malotru en tout bien tout honneur.

D'autre part, Kozlika - que je ne connais pas mais qui a l'air d'avoir un tas de choses à raconter - fait tout son possible pour rester digne en toute circonstance, ce qui n'est pas toujours chose facile.

Ahlalalalala, moi je dis : on n'est pas aidée !

07 décembre 2006

Mes petites pilules roses

Depuis dix jours, je crache mes poumons à qui mieux-mieux (au passage : mais que veut dire cette expression ??!). Ce n'est pas très grave, j'ai l'habitude, ça me rappelle mon enfance, quand j'étais malade un jour sur deux. En fait, j'avais un programme bien réglé : jusqu'à mon année de CM1, j'allais à l'école lundi et mardi. Mardi soir, je commençais à être malade (parce que le lundi, on avait piscine). Mercredi, jeudi et vendredi, j'étais malade. Je retournais le samedi à l'école, histoire de récupérer les cours, les devoirs et de revoir les copines avant le week-end. Et la semaine suivante, on recommençait.

Ne pleurez pas dans les chaumières, je crois que ce rythme me convenait assez bien. De toute façon, je m'ennuyais à l'école. Quand je restais la maison avec mes angines, je buvais du lait chaud au miel dans lequel je trempais des boudoirs. J'apprenais la vie en regardant Amour, gloire et beauté emmitouflée dans des édredons. Quand je revenais à l'école, les copines me faisaient un briefing rapide de tout ce qui s'était passé en mon absence. Gertrude et Josette ont fait la paix et Marcel a même embrassé Simone sur la bouche et tout le monde s'est moqué d'eux après. Alors Simone a pleuré et Marcel a tapé Georges parce que c'est lui qui l'a dit à tout le monde. Les cours de récré, en fait, c'est exactement comme Amour, gloire et beauté, les seins refaits en moins.

En ce moment, forcément, je trouve ça moins drôle d'être malade. J'ai raté plein de cours qu'il faut que je rattrape, j'ai embêté toute une salle de théâtre par mes bruits disgracieux, j'ai passé des heures à dormir sans être plus reposée qu'avant. En somme, j'ai perdu mon temps tout en étant un nuisible social. Bingo.

Comme j'allais mieux, j'ai décidé de revenir sur les bancs des amphis. Bon, ça allait mieux, mais je n'étais pas encore sauvée complètement, ce qui m'a valu une remarque assassine d'une charmante voisine de cours. "Nan mais quand on ne peut pas s'empêcher de faire de bruit, au moins on s'abstient de venir emmerder les autres hein. Si tu peux pas t'arrêter de tousser, tu restes chez toi et tu viens pas faire chier." C'est sûr que demander comme ça, je ne pouvais que suivre son conseil...

Au cours suivant, je sors mes petites pilules roses qui devraient miraculeusement me permettre de redevenir une compagnie sonore presque agréable. La nana, qui n'avait donc pas dû être si gênée que ça, s'était remise à côté de moi. Elle me défie du regard, les yeux brillants de la griserie de la victoire, et me sort "ah bah enfin, tu te décides à faire quelque chose".

Je ne sais pas pourquoi, mais à cet instant précis, j'ai eu envie de la titiller. Je ne l'ai jamais particulièrement appréciée, sans la connaître vraiment, mais là, je me suis sentie pousser une vocation soudaine de perversité. J'ai pris mon air le plus profond, et je lui ai dit, d'un ton faussement gêné "ah ça ? Non, en fait, c'est juste que si je ne les prends pas, j'ai envie de tuer des gens", tout en lui faisant un grand sourire angélique.

Je pensais qu'elle me dirait "pauvre conne" et qu'elle se retournerait, bien décidée à me détester jusqu'à la fin de ses jours. Mais cette dinde... elle m'a crue... Elle a murmuré "Oh je suis vraiment désolée", d'un air mi-apitoyé mi-effrayé. Faut quand même en tenir une sacrée couche non ? Maintenant, je choisirai mieux les gens à qui je veux faire des blagues...

05 décembre 2006

"Es gibt doch andere Paare !"

Ca y est, je suis fichée par ma prof d'allemand comme "conservatrice potentiellement homophobe". Si elle savait qu'Amazon me fiche dans la catégorie "tellement homophile qu'elle est sans doute lesbienne"...

En pleine traduction, je teste la possibilité de traduire "parité" par Gleichstellung au lieu de Parität. Dans le texte original, il s'agissait de la parité de la France et de l'Allemagne dans la direction d'EADS (vous comprendrez qu'on a un peu dévié du sujet original).

"Oui, mais Gleichstellung" mais dit-elle en langue germanique "c'est pour un couple, entre l'homme et la femme". "Justement", je lui répond, "LA grande question du couple franco-allemand, c'est toujours de savoir qui fait l'homme et qui fait la femme !" (ouais bon, on m'excusera, il était tôt hein). Et là, elle me sort : "es gibt doch andere Paare !" d'un air mi-outré mi-coquin.

Je comprenais chaque mot de la phrase, je comprenais la phrase dans son ensemble, mais impossible de voir ce qu'elle voulait dire par là... Je la regarde, l'air interrogatif. Elle a dû prendre ça pour un air de "Heidi découvre la ville et la vie", parce qu'elle m'a répété "Ja, es gibt andere Paare !". Je ne comprends toujours pas. L'explication de texte arrive : "na, das sind aber nicht immer Männer und Frauen, oder ?". Ah bah oui bien sûr, si c'est CA qu'elle veut dire.

Mais elle m'a regardée comme si elle venait de me révéler l'existence de l'homosexualité. Et comme il est quand même difficile de vivre aujourd'hui en phase avec son époque sans être au courant de cette "chose", quelqu'un qui la découvrirait subitement à 23 ans ne pourrait être qu'un extrêmiste social-conservateur qui aurait refoulé toute conscience des pratiques sexuelles autres qu'hétérosexuelles. Je comprends que ça me rende antipathique.

Rien à voir avec tout ça, mais un peu quand même : je me demande si je ne suis pas en train de me faire draguer par une nana. On ne s'est vues que trois fois, et à chaque fois, j'ai l'impression qu'elle voit le Messie apparaître. Elle a 30 ans, elle est SUPER sympa, extrêmement chaleureuse et très tactile. J'ai eu l'impression de devenir sa meilleure amie du monde entier en 5 minutes trop chrono. Pour l'instant, c'est drôle. Peut-être qu'elle est juste par nature sympathique et que je psychotte complètement.

04 décembre 2006

Good old times

Ce soir, à la télé, il y a 4 mariages un enterrement, le type parfait de film qu'on a vu 12 fois, à 12 âges différents, donc de 12 façons différentes. Ce film a vraiment marqué ma jeunesse. Il a marqué ma découverte de l'humour anglais soft ("Scarlett, tu es aveugle, elle a l'air d'une immonde meringue") et de Hugh Grant.

D'ailleurs, à chaque fois que je revois ce film, cela me fait une occasion de plus de pleurer la jeunesse perdue de Hugh Grant. Je sais, ça arrive à tout le monde de vieillir, et dans le genre, à lui plutôt moins qu'aux autres. C'est vrai, il est plutôt bien conservé. Chaque fois, je trouve Andie McDowell aussi indémodable et aussi infroissable depuis 20 ans. Merci L'Oréal. Chaque fois, je me délecte de la froideur cynique de Kristin Scott Thomas.

Bien sûr, chaque fois, le film est un peu plus daté que la fois précédente. Les robes sont de plus en plus ridicules à mes yeux. Les lunettes géantes de Hugh sont d'une ringardise inommable. Et pourtant, le charme agit toujours. Parce que j'ai gardé ma mentalité de pauvre teenager romantique à 3 kopek ?