29 octobre 2006

A Weana Hochzeit

Hier, j'étais presque à Vienne pour quelques heures. J'ai partagé avec mon amie Charlotte, ma coloc de l'époque bénie d'Erasmus, un grand moment : son mariage avec le Viennois ramené dans ses bagages en sus de son mémoire d'histoire sur les Habsbourg.

Les mariages d'amis, c'est toujours un moment inoubliable. Mais là, encore plus, étant donné que j'ai activement assisté aux prémices de leur relation, de coaching en débriefing, de rendez-vous en rapprochements. On en passé des soirées toutes les deux dans notre salon seventies à peser le pour et le contre, à décortiquer le moindre mot. L'allemand aussi à ses nuances, et je pense pouvoir raisonnablement pouvoir situer le tournant de leur histoire à notre discussion sur la signification de "Bussi" et "Busserl" qui veut dire "petit bisous" en autrichien. Je maintenais que c'était un signe positif, elle pensait que ce n'était qu'une "bise" neutre. Comme quoi, des destins individuels ne tiennent pas à grand chose...

La mariée était bien évidemment magnifique, les copines étaient glamour, le marié respirait le bonheur, les témoins ont assuré, les parents étaient fiers. Pour moi, ça a surtout été l'occasion de retrouvailles émues, façon réunion d'anciens combattants, et de me replonger dans l'ambiance de mon année à l'étranger. A cheval entre l'Autriche et la France, la soirée a vu se succéder les valses viennoises, qui ont confirmé que les locaux dansent nettement mieux que les Français, les rocks consensuels, du 100% Falco (Vienna Calling... OHEHO oh Vienna Calling), etc. Un vrai pot pourri.

Quelques courbatures en plus et quelques centimètres de pied en moins, je me dis que l'Union européenne a du bon quand même. Et qu'avoir des amis comme ça, c'est drôlement chouette.

free music


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27 octobre 2006

Brassens à la vie à la mort

Vous voulez savoir ce que je pense de Brassens ? Et ben c'est !

26 octobre 2006

Juste une mise au point

Comme les sociologues commençaient à sentir leurs volumes de vente sur les bouquins portant sur les métrosexuels baisser, ils se sont dit qu'il fallait réagir, d'autant plus que Noël approchant, leur porte-monnaie devait être réapprovisionné avant que la liste de leur progéniture n'arrive chez leur banquier. Du coup, ils nous ont pondu l'übersexuel.

Mon idée n'est pas du tout de critiquer (ou pas) cette théorie ce soir. Pour ce que j'en sais, chacun fait ce qu'il veut, tant qu'il laisse les autres tranquilles. En revanche, j'aimerais beaucoup qu'on m'explique le pourquoi du comment de la choucroute : pourquoi a-t-on d'un seul coup un terme germanique pour parler de ce phénomène de société tellement idnéniable que je ne sais pas exactement ce que c'est censé vouloir dire concrètement.

Bien évidemment, je ne suis pas contre les termes allemands. Mais celui me fait hurler de rire à chaque fois qu'il est utilisé par un journaliste. Ca permet tout de suite de faire des petites catégories comme je les aime (je sais, c'est mal de mettre les gens dans des cases mais moi, j'aime bien) :

- les béats inconscients pour commencer. Alors eux, ça s'appellerait des oversexuals, des sopra-sessuale, des over-seksueel, ou même, soyons fous, des sursexuels, ils ne se rendraient compte de rien. Un mot, c'est un mot, et basta. Ne cherchant pas à savoir d'où il sort, ils ne connaissent ni son origine ni sa signification originelle. Ca évite de se poser trop de questions, après avoir maudit l'erreur d'impression qui leur a mis deux petits points bizarres et sans intérêt au-dessus du u. Enfin du ü. Enfin on se comprend quoi. Pour eux, aucune typologie de prononciation n'est possible, c'est du grand n'importe quoi.

- les "je crois que je sais parler allemand et je veux me la péter mais en fait non". Ces journalistes croient pouvoir prononcer ce mot correctement mais ont oublié la moitié de leur allemand appris sur les bords du Neckar avec une écolo baba cool qui buvait du thé au fenouil dans les années 80. Ceux-là se rappellent bien qu'il y a un truc bizarre avec le u en allemand. Ah oui, c'est vrai faut dire "ou" et pas "u". Du coup, ils tentent le "oubeurzeksuel". La motivation y est, il y a même le "s" qui se transforme en "z". Et le "ber" en "beur". Mais ce n'est pas encore ça.

- les journalistes conscients de leurs faiblesses et consciencieux. Sachant comme Socrate qu'ils ne savaient rien, ils se sont renseignés. Et ont capté que le "ü" se dit "u", tout bêtement. En revanche, pour le reste, on repassera. Ce qui donne au final "Hubert-sexuel". Et pour connaître un certain nombre d'Hubert (surreprésentation numérique sur les bancs de Boutmy... Une véritable anomalie statistique), je vous assure qu'ils n'ont rien de sexuel, ni d'übersexuel d'ailleurs.

Je sais, je suis perfide, et la critique est facile. Alors pour qu'elle soit un peu constructive, petite leçon de prononciation. Übersexuel, ça se dit "u" comme "hululer", "beur" comme "beurre demi-sel", "zexe" comme "sexe avec un z au début", "ou" comme "oublier" et "el" comme "aileron". Ce qui donne donc u-beurre-zexe-ou-aile. Merci pour lui.

23 octobre 2006

Gegen die Wand

N'oubliez pas d'allumer vos petites télés ce soir sur Arte pour regarder ça :



et préparez-vous à recevoir une bonne claque dans la figure. Mais parfois, ça fait du bien !

Ségolène Ségolène Ségolène !

Bon, il fallait bien que je me mette à en parler à un moment ou à un autre. Alors voilà, ça y est, j'inaugure : Ségolène met les pieds dans mon blog. Oh, je ne vais pas dire grand-chose sur le sujet, étant difficilement en mesure d'apporter une quelconque pierre à l'édifice, en dehors de 2 éléments qui m'ont marquée ces derniers jours.

D'abord, il y a cette histoire du Rainbow Warrior. Marrant comme on ressort les vieilles chaussettes sales pour les laver au moment où tout le monde avait oublié qu'elles existaient. Jusqu'à il y a peu, on avait trop la flemme pour mettre une lessive en route, mais là, maintenant tout a changé, on a envie de grand ménage de printemps.

Encore plus marrant, ça alors quel hasard, TF1 diffuse ce soir un téléfilm sur le sujet. C'est dingue les coïncidences non ? Attention, je ne dis pas que TF1 a choisi de sortir ce téléfilm maintenant pour nuire à Ségo. En revanche, sans vouloir être une maniaque du complot, je me demande si cette histoire aurait tant intéressé il y a quelques semaines, avant que des citoyens bien intentionnés n'aient décidé de faire toute la lumière sur la participation du frérot dans l'opération... Moi j'dis ça, j'dis rien...

L'autre réflexion, c'est à propos de son idée (de Ségo, j'veux dire) de jurys citoyens pour juger l'action des élus. Mais ce qu'il faut lui dire, à Ségo, c'est que ça existe déjà, et que ça s'appelle le VOTE !! Et oui, le principe de la démocratie, c'est de toucher en botte les sales pourris et les incompétents. Ségo n'a rien inventé. Et j'aimerais bien savoir quelle légitimité représentative auraient ces quelques citoyens placés au-dessus des autres pour pouvoir juger à ma place d'électrice les dirigeants politiques. Donc je reste persuadée que le vote est le meilleur des tribunaux citoyens pour juger les hommes politiques. Après, que les citoyens ne le fassent pas correctement est une autre histoire.

En effet, j'ai toujours été sidérée de voir que les Français crient si facilement au scandale ("Tous pourris" étant à peu près la seule position politique partagée de tous bords. Cf l'article 60% des Français jugent les élus corrompus) tout en votant tranquillement le lendemain pour ces mêmes élus. Qui a permis à Balkany de revenir à la tête de la mairie de Levallois dès le premier tour après avoir été condamné à plusieurs reprises ? Qui a permis à Jacques Chirac de passer à travers les mailles du filet judiciaire dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris en l'élisant "aux plus hautes fonctions de l'Etat" ? Ben c'est nous, tout benêts qu'on est (quand je dis, ça ne veut pas dire vouzémoi hein, je précise). Je vais arrêter là avec mes exemples qui n'apportent pas grand chose. Mais une chose est sûre : on a les dirigeants qu'on mérite.

20 octobre 2006

J'ai envie de...

J'ai envie de tout et son contraire en ce moment.

J'ai envie de brioche grillée au nutella et de crêpes Suzette (merci Charles !!!), mais aussi d'ascèse et de légèreté. J'ai envie de séances acharnées de travail et de puissance intellectuelle décuplée, mais aussi de lecture de Biba et de matage de DVD débiles au lit. J'ai envie de solitude et de société. J'ai envie de boums déjantées et de dîners pépères. J'ai envie de minijupes et de burka (enfin non, quand même pas, mais presque).

En fait, j'ai surtout envie de fermer ce blog. A vrai dire, pas réellement le fermer, mais le protéger, le mettre sous cloche. Sans vouloir jouer à la nouvelle star des blogs (d'autres s'en chargent pour moi ;-) !! ), mon post-it express me prouve tous les jours que de plus en plus de parfaits inconnus tombent ici plus ou moins par hasard et je me sens de moins en moins libre d'écrire ce que je veux. Si vous en faites partie, ne le prenez pas mal, mais j'ai du mal à raconter la même chose à mes amis et à tout le monde.

Ce n'est pas la mauvaise influence de Vinvin, mais je me demande moi aussi ce que signifie ce blog aujourd'hui à mes yeux. J'ai commencé à y écrire un peu parce que les copains le faisait depuis longtemps, un peu pour donner de mes nouvelles depuis la Teutonie et un peu sans savoir pourquoi. Ma poignée d'amis qui connaissaient l'adresse me lisaient de temps en temps, et ça me suffisait largement. Par un phénomène surnaturel mais très normal sur internet, certains, sont tombés par hasard et sont visiblement restés, laissant même parfois des commentaires, parfois même pour le meilleur.

D'abord un peu grisée par ce succès ("WOW, 616 personnes ayant visité mon profil !!" "WOW, plus de 80 visiteurs aujourd'hui" - je sais, certains vont rire de ces scores ridiculement bas, mais bon, nous n'avons pas les mêmes valeurs...), je me sens désormais de plus en plus contrainte par ces visiteurs anonymes. Quand je découvre que des lecteurs zanonymes me côtoient parfois tous les jours sur les bancs de mon école (non M le Maudit, ne te sens pas visé), sans que je les connaisse pour autant, je me sens d'un seul coup toute nue. Et si j'aimais vraiment le naturisme, je changerais tout simplement de plage à Oléron plutôt que de blogger.

Donc j'ai voulu mettre un mot de passe, mais Blogger ne permet pas de le faire. De ce fait, je vais sans doute changer d'adresse de blog, chercher un hébergeur qui me permette de mettre un mot de passe. Pour avoir tout ça, il faudra m'écrire. Si vous n'avez pas l'adresse mail, c'est ballot, mais ça veut dire que vous ne pourrez pas lire mon prochain blog.

Comme le disent les Télétubbies depuis si longtemps : "il est temps de se dire au revoiiiiiir"...

Aime-toi toi même et Dove t'aimera

Dans la lignée de ce que fait The Bodyshop depuis des années et Dove depuis quelques mois, une petite vidéo qui ne fait de mal à personne (merci Fab !) :


Finalement, ptête bien que je pourrais être mannequin avec tout ça. Mouarf mouarf mouarf...

16 octobre 2006

Mauviette ?

Je n'y suis pas allée à ce p*** de concours à une place. Après longues hésitations, j'ai considéré que l'investissement en temps et en énergie était trop important pour un résultat plus qu'incertain. Enfin plutôt certain d'ailleurs. Le seul et unique poste offert ne m'aurait pas fait peur si je m'étais sentie prête, ce qui n'était absolument pas le cas. Du coup, aller plancher 5 heures par jour pendant 7 jours en enfilade en ayant peur de la copie blanche chaque matin m'emballait peu.

Je n'arrive toujours pas à savoir si j'ai été lâche et paresseuse ou si j'ai été raisonnable à ne pas courir plusieurs lièvres à la fois. Mon seul regret après avoir pris cette décision est d'avoir sacrifié à un concours que je ne passerai jamais une virée shopping avec Cornélia. J'espère que tu ne m'en voudras pas (trop).

Du coup, j'ai repris le chemin des cours ce matin avec mon premier corso d'italien depuis plus de 3 ans... La reprise a été un peu rude mais tout passe tellement mieux avec un vrai Romain qui a l'air de parler italien même quand il parle français. Très indulgent avec moi, il m'a assuré pouvoir me remettre à niveau avec un peu (voire plus) de travail de mon côté. Je me sens rouillée mais motivée. On verra ce que ça donnera dans 6 mois.

11 octobre 2006

Blague dans le sac

J'ai un ami que j'apprécie beaucoup. Je sais que l'apprécie vraiment beaucoup parce que j'accepte même ses défauts. L'un de ses plus gros défauts, c'est d'affectionner les expressions ringardes telles que "blague dans le sac" qu'il sort à la place de "sans rire" ou "plaisanterie à part" avec le plus grand sérieux du premier degré. Au final, c'est ce qui fait aussi son charme.

Si je vous parle des blagues dans le sac ce soir, c'est parce que j'ai aujourd'hui fait un petit stock de blagues grâce à mon tout nouveau tout pas beau prof d'économie. Du coup, ce sont des blagues d'énarques. Mais enfin, ça vous fera quand même certainement rire, puisque c'est de la blague d'énarque fanatique d'autodérision.

1. L'histoire de l'énarque et du train
La seule différence entre un train et un énarque, c'est que le train, quand il déraille, il s'arrête/

2. Le lapin et le serpent
Il était une fois un petit lapin qui jouait à colin-maillard avec un serpent. Le serpent met le foulard en premier sur ses petits yeux de serpent. Avec ses petites mains de serpent, il tâte le lapin et dit "oh, tu es tout mou, tout chaud, et tu as une petite queue, tu es un lapin !". Le lapin prend son tour de foulard, il trouve le serpent et le tripote "oh, tu es dur, froid et tu n'as pas de queue, tu es un énarque !".

3. Zut, il en a sorti plein d'autres, mais je ne me rappelle pas de tout... Mais je suis sure qu'il en aura des comme ça pendant les 10 mois à venir.

En revanche, il nous a par avance excusées (je mets "ées" à la fin parce qu'il ne s'adressait qu'aux filles) de nos éventuelles absences "en cas de rendez-vous chez le coiffeur ou la manucure". Les mecs, eux, ont le droit de rater son cours pour un rencard.

Qu'est-ce qu'on se marre en prepena...

10 octobre 2006

Anecdote à valeur générale ?

Comme dans tous transports en commun de France, de Navarre et du monde entier, la RATP réserve dans ses bus quelques places "prioritaires" à des gens qui étaient auparavant peu identifiés. Ils étaient également peu identifiables. Tant et si bien que je ne savais jamais si je devais vraiment céder ma place assise à cette dame grisonnante ou non depuis que je me suis faite insulter par une dame que je jugeais suffisamment âgée pour qu'elle ait le droit de s'asseoir et qui se jugeait trop jeune pour avoir cette faveur. En somme, ces places prioritaires étaient pour moi de vraies tortures sources d'incidents diplomatiques en puissance.

Désormais, la liste de la RATP est nettement plus claire, affichée au-dessus des places en question, avec une hiérarchie stricte entre les différentes catégories de prioritaires. Debour à ne rien faire (plein de jeunes seniors dynamiques profitaient de leur droit à l'assis-attitude), j'ai donc découvert avec intérêt la hiérarchie établie par la régie des transports parisiens.

En première place, les invalides et mutilés de guerre. En même temps, ils ne sont pas nombreux, mais de là à les mettre en première place... Les femmes enceintes arrivent en 6ème position. Innocemment, j'ai pensé tout bas qu'on en était donc là : on pense d'abord à ceux qui ont défendu la patrie - riche et noble cause si l'en est - par le passé avant de penser à celles qui assurent la nation de demain.

Bon, très honnêtement, je ne sais pas ce que ça fait d'être enceinte. Je n'en ai pas la moindre idée. Mais mon bon sens me fait dire qu'avec ça, on a bien mérité une petite place assise dans le bus. Parce que quand même, être enceinte, ça revient - au bout de quelques mois - à se trimballer perpétuellement avec 3 bouteilles de lait dans le ventre. Mine de rien, ça pèse ces petites bêtes-là.

Et avec tout ça, un mec peut se pointer avec un bout de doigt en moins et, sous prétexte qu'il l'a perdu à Verdun, à Constantine ou à Lang Son, revendiquer la place de cette dame :


Ceci n'est pas une vraie femme. Ceci est une sculpture. C'est de l'art. C'est Ron Mueck qui l'a fait et sa maman doit être très fière de lui aujourd'hui. Alors on l'applaudit bien fort.

Alors je ne sais pas, peut-être que je fais du jeunisme anti-vieux, peut-être que je fais du pacifisme anti-militaire, peut-être que je fais du féminisme radical. Ou peut-être que cette petite anecdote ratpienne montre que le principal problème de la France est dans la définition et la hiérarchisation de ses priorités.

08 octobre 2006

Bordel de cul

J'avais déjà parlé des hasards, de ceux auxquels on ne prête aucune intention, de ceux qu'on provoque, de ceux qu'on surinterprète.

Mais il y a aussi les hasards dont on se passerait bien, notamment ceux du dimanche matin, au Franprix du coin. Un enchaînement de circonstances qui vous amène à rencontrer un copain de conf COMME PAR HASARD au rayon le plus sensible du magasin. L'innocent se contente de saisir un paquet de mouchoirs tandis que ma main est sur l'étalage du dessus en train d'attraper un paquet de...


Il aurait pu faire semblant de ne pas me voir, me dire bonjour au rayon suivant, celui des yaourts par exemple. Mais non, il a fallu qu'il veuille me dire bonjour à CE moment-là. Pire, il a voulu entamer une discussion sympathique et polie. La politesse le dimanche matin avec un paquet rose de Nana dans les mains, ça relève plus du supplice que de la communication entre êtres humains.

Pour ne pas en rester là, il a voulu me présenter sa copine. Nous étions repartis pour une séance supplémentaire, j'avais tiré la queue du Mickey du small talk.

Si j'avais fait des catégories pour mon blog (ce que je ne sais lamentablement pas faire), j'aurais classé ce post dans la catégorie "hasards injustes et humiliants". Ou peut-être que je fais tout un plat de pas grand-chose...

EDIT : ça y est, j'ai créé des catégories. Mais créer une catégorie juste pour un poste, c'est naze. J'attends le prochain "hasard injuste et humiliant".

03 octobre 2006

Centrifugeuse à idées

Il y a des gens qui tombent par hasard sur mon blog en tapant dans Google "équitation + fantasme", "besace militaire", "blog pied fétichisme en sandale", "anatomie" ou encore "problématique de l'uniforme". C'est vraiment très instructif ce post-it express (oui, c'est grâce à lui que je sais ça).

Je crois que je vais me mettre un nouveau défi : caser les mots les plus impossibles histoire de voir comment j'égare les gens à la recherche de choses étranges sur le web... "piqûre de vipère dans l'oreille", "perle de chat", "chocolat vert", femme castrat", "fétichisme de l'éponge à vaisselle", "tong pour yorkshire", "église de la sainte et pure prostituée". Vous avez des idées ?

30 septembre 2006

Adieu (pour pas longtemps)

De déjeuner d'adieu en pot d'adieu en dîner d'adieu en coup de fil d'adieu, il fallait bien que ça finisse par arriver : demain, je l'accompagnerai à la gare et je lui dirai adieu pour de vrai, et surtout pour pas longtemps, je l'espère.

Demain, elle partira avec ses 37 valises contenant toute sa vie vers d'autres horizons. L'excuse officielle, c'est d'aller conquérir (commercialement, s'entend) l'Allemagne. L'excuse officieuse, c'est de me permettre d'avoir un pied-à-terre supplémentaire chez nos amis teutons. J'avais déjà une chambre d'ami à Berlin dont j'ai déjà largement abusé (et où j'envoie de grosses bises), j'en aurai désormais une à Munich.

Et pourtant, même si cette perspective de week ends pleins de neige, de Dirndl, de bière, de Würstchen, de Zwetschgenknödel, de sauna et de nuits passées à bavasser m'enchante, Paris va me paraître bien vide, malgré tous ceux qui restent.

Après un premier contact difficile entre elle et moi (pour elle), je crois que j'ai réussi à tellement bien me rattraper qu'on ne peut plus imaginer ne pas s'appeler pour se raconter scoops, joies, peines, vagues à l'âme, doutes et projets. Ensemble, on écrit, on se marre, on commente nos vis respectives, on a des débats existentiels, on se demande si faire l'otarie dans le métro est bien raisonnable, on s'encourage mutuellement.

En quelques années, elle est devenue bien plus qu'une copine de passage. Enfin, je crois (si tu laisses un commentaire pour dire que tout ça n'est que balivernes, tu vas manger des dents demain matin sur le quai de la gare de Lyon, je te préviens. Et oui, c'est ça aussi l'amitié !!).

Du coup, je bénis les compagnies low cost, les gentils opérateurs de téléphonie qui ont inventé les appels gratuits illimités vers l'étranger, l'inventeur de Skype et de la webcam. Et en même temps, je n'arrive pas à me rendre compte. Je n'y crois pas encore. Je n'arrive pas à savoir comment ça va s'organiser, ma vie ici sans elle.

A vrai dire, je l'ai bien cherché : je l'ai encouragée à partir, à saisir cette chance unique. Elle aurait sans doute pris la même décision sans moi, mais le fait est que je l'ai soutenue dans ce choix, et je suis aujourd'hui aux premières loges pour voir les conséquences de mon travail de propagande : plus de Myriam à Paris. Je n'ai que ce qu'elle mérite.

En même temps, on ne cesse de nous répéter que nous vivons dans un monde où la distance ne compte plus. On va voir ça... Et gare à ceux qui le prétendent si c'est faux.

Néanmoins : Alles gute ! Et je viendrai voir moi-même si les Munichois te traitent en princesse comme il se doit.

(k)

27 septembre 2006

... it is time to leave the Closet

Grâce à une autre cocoblogueuse que je ne connais ni d'Eve ni d'Adam, mais qui a un blog assez délirant, je viens de découvrir une star danoise, Tomboy.

Ce jeune auteur-compositeur (hinhin) qui ne donne pas vraiment dans le rock indépendant vient de sortir un single OK2BGAY qui porte bien son nom. Son site est encore plus rose que le rose que j'aime, et Tomboy évolue dans un monde magique où le superhéros Gayman fait sortir du placard les petits garçons qui aiment les petites voitures violettes et roses, où les hétéros sont indécrottablement rasoir et glauques, et où les chiens gays font des crottes roses à paillettes (qui sentent certainement le Malabar).

Une petite visite sur son site s'impose en cas de vague de pensées grises. Le monde de Ken et Barbie est incroyablement déprimant et terriblement conformiste à côté de celui de Tomboy. Il y a notamment une série de fonds d'écran du plus grand kitsch !

Ca ne fera pas forcément avancer le monde, mais Tomboy m'a fait bien rire et après tout, dire "it's okay to be gay" peut aussi faire avancer le monde. Le problème, c'est que ceux à qui ça plaira le savent déjà...

25 septembre 2006

La zoologie appliquée aux relations internationales

En direct live de mon cours de relations internationales :

"Il ne fait jamais bon se retrouver entre deux masses. Les éléphants, qu'ils se battent ou qu'ils fassent l'amour, ce n'est jamais bon pour les fourmis. Vous êtes la Pologne, coincée entre l'Allemagne et la Russie, bad news".

23 septembre 2006

Renaud et Delerm

En clin d'oeil à l'allusion de Renaud à Vincent Delerm dans sa chanson Les bobos, le label Tôt ou tard (dont mon blog est depuis longtemps un vecteur publicitaire de premier plan, personne ne sera surpris) vient de préparer quelques petits spots marrants, surtout quand on aime l'un et/ou l'autre de ces deux chanteurs :









Voilà, c'était le petit plaisir du soir à partager... et tant pis pour ceux qui n'aiment pas Vincent Delerm (et ils sont nombreux).

Régression

Pour des raisons qu'il serait ici trop long d'expliquer, je (re)vis de façon provisoire chez mes parents depuis une semaine, et ce pour encore deux jours. Ce séjour a des allures d'aller-simple vers le passé. En effet, je ne suis pas restée chez mes parents aussi longtemps depuis... bien longtemps justement. Depuis 5 ans, je pratique plutôt le retour version week end, et encore, peu souvent. De plus, c'est la première fois depuis que j'ai quitté le domicile familial à mon entrée en prépa que j'y habite en période "scolaire". Donc ma dernière expérience de ce que je suis en train de vivre actuellement date de la Terminale...

Ainsi, je m'entends parfois dire des choses qui ne sont pas sorties de ma bouche depuis mon bac. Du style "bon, je vais préparer mon sac pour demain matin". Pour moi, cette phrase est indubitablement liée à la besace militaire taguée au tipex par les copines que j'arborais lorsque je fréquentais les bancs de la 2nde 1. Après, j'ai versé dans le Eastpack noir légèrement customisé (mais par mes soins cette fois). Mais malgré le changement de sac au milieu de ma Première, tous les soirs, le problème restait le même : il fallait préparer son sac pour le lendemain. Mettre le bouquin d'histoire-géo et d'anglais, retirer celui de maths et de physique, et ne pas oublier de laisser le bouquin de philo, qui pèse toujours trop lourd pour ce qu'il contient.

Maintenant, quand je prépare mon sac, il y a peu près toujours la même chose que la veille (d'où le fait que je ne dis plus jamais "bon, je vais préparer mon sac pour demain matin" en temps normal, et que je mets cette sortie verbale récente sur le compte unique d'un geste rélfexe conditionné par mon environnement). J'y glisse parfois un sandwich ou une salade, une barre de chocolat, voire mon petit déjeuner, mais plus souvent le matin, au dernier moment, et non la veille au soir (et oui, si je suis obligée d'emporter mon petit-déjeuner, c'est que je n'ai pas eu le temps de le manger avant de partir, donc que je suis pressée, cqfd). Et je ne fourre plus tout ça dans un sac cool et customisé sans forme qui se met sur les épaules. Maintenant, je suis une grande fille avec des sacs à main qui se portent au bout du bras et qui ne sont jamais assez grands pour tout y mettre. Malgré toutes ces différences, dimanche dernier, vers 22h, j'ai dit "bon, je vais préparer mon sac pour demain matin" comme si je n'avais jamais arrêté de le dire.

Autre régression : ma maman qui me demande depuis une semaine de façon tout aussi réflexe "tu veux que je te réveille à quelle heure demain ?". Avant, elle venait, fraîche et pimpante, me tirer du lit à l'heure dite (6h30 à l'époque, je me demande encore comment je faisais). J'arrivais dans la cuisine où tout était prêt pour le petit-déjeuner : toasts qui n'avaient plus qu'à être toastés, beurre qui n'avait plus qu'à être étalé, confiture qui n'avait plus qu'à être dégustée, chocolat déjà chaud qui n'avait plus qu'à être bu. Un matin familial classique en somme (enfin, classique pour des enfants pachas comme moi).

Cette semaine, j'ai eu droit tous les soirs à la même question rituelle. La réponse variait, mais le lendemain matin, la réalité était toujours la même et m'amenait nécessairement à la même conclusion : tout fout le camp. Systématiquement, je me levais avant ma maman (donc heureusement que je ne compte plus sur elle pour venir me tirer du lit). J'arrivais ainsi la première dans la cuisine, devenue par la force des choses la seule et unique responsable matinale de mon baquet vital de café au lait. Tant que j'y suis, je prépare aussi la théière parentale, et je mets la table. Quand tout est prêt, c'est désormais moi qui viens porter la bonne parole : "le thé est prêt", de cette voix enjouée et guillerette censée accélérer la mise à la verticale des autres (mais qui en réalité énerve toujours beaucoup). En quelques années, je suis devenue la grande prêtresse du petit-déjeuner familial. Entre temps, j'ai arrêté de manger le matin, ça simplifie la tâche.

Pour avoir encore plus l'impression de rentrer dans mon ancienne vie comme on rentre dans de vieilles chaussures faites à notre pied, j'ai recommencé - plus par nécessité que par réel engouement - à prendre tous les matins et tous les soirs les trains des banlieusards qui vont travailler à Paris. J'ai très vite renoué avec mes réflexes ancestraux :
- bien se positionner sur le quai pour avoir une porte en face du nez quand le train s'arrêtera
- réussir à rentrer parmi les premiers dans le wagon sans paraître impolie (parce que bon hein quand même) ni écraser des petites mémés qui choisissent toujours les heures de pointe pour voyager
- en l'absence récurrente de place assise, s'installer tant bien que mal et abandonner toute vélléité de lecture, on se cultivera plus tard
- repérer sur le quai (dans ce cas de figure, seule la prévention a prouvé son utilité) le(s) potentiel(s) malodorant(s) pour éviter de se retrouver pendant 40 mn pile-poil (ahahahahaha, c'est le cas de le dire) sous l'aisselle se situant à l'orgine du bras s'aggripant à la poignée du haut. Si vous êtes gentils, peut-être que je vous raconterai un peu plus loin comment je me suis fait piéger par une femme enceinte au visage innocent mais à l'odeur présente mercredi dernier.
- prévoir toujours au moins 30 minutes de battement parce que la SNCF n'a pas encore que pour nous faire préférer LE train, il faudrait avant toute chose que LES TRAINS arrivent à l'heure.
- se retenir de maudire les désespérés qui trouvent nettement plus drôles de dire adieu au monde en se jetant sous un train et en paralysant par la même occasion la moitié des bienheureux travailleurs franciliens désireux de rentrer chez eux et retrouver leur famille après une journée de dur labeur.
- courir pour attraper le dernier train de 15h avant le prochain, 1h30 plus tard (Dieu que c'est pratique le métro toutes les deux minutes...)
- ne pas prévoir de lire le journal, personne n'a suffisamment d'envergure libre autour de lui pour ouvrir les bras, ni même les allonger devant lui. Heureusement, il y a de très bons bouquins de poche.

Bref, tout un tas de petits détails que j'avais oubliés en 5 ans de luxe suprême et que vivent des millions de gens tous les jours : les charmes discrets de la banlieue parisienne, le prix à payer pour habiter juste à côté de la forêt, loin de la pollution du périphérique et dans un appartement familial (voire une maison, le rêve) faisant plus de 30 m2. L'inconfort des wagons toujours trop petits, le stress obsessif de ne pas rater son train, la fatigue de se lever nettement plus tôt, la nécessité d'arriver toujours 1/2 heure trop tôt (mais le jour où le train est vraiment en retard, on n'arrive de toutes façons pas à l'heure), c'est tout ça le charme du Transilien. J'avais oublié tout ça. Cette piqûre de rappel est la bienvenue, histoire que je savoure un peu la chance que j'ai de ne pas (encore ?) être obligée de le faire tous les matins pendant 40 ans.

Ma dernière régression a été tout à fait involontaire, mais ça a été la plus forte en émotions (bon, j'exagère légèrement). Mes parents ont fait partie des 2 millions de foyers qui se sont l'année dernière équipés d'un décodeur TNT, dont je n'ai découvert les attraits que très récemment (mardi soir, vers 19h30, pour être précise). J'ai ainsi pu me rendre compte que ma maman était quelqu'un de fort original, puisqu'elle est une fan inconditionnelle de la Chaîne parlementaire, comme environ moins de 0,02% des Français. Je suis très fière d'elle. Mais ce n'est pas là que réside ma régression. Un soir, en rentrant avec les neurones en compote, j'ai allumé la télé et suis tombée, sur une chaîne TNTienne quelconque, sur... Hartley Coeur à vif. LE CHOC.

Choc esthétique pour commencer : les héros de mon adolescence, que j'admirais pour leur beauté, leur coolitude et leur look, étaient comment dire... légèrement ridicules. Le total look années 90, les cheveux dans les yeux, un peu de grunge à gauche et à droite saupoudré, les chouchous dans les cheveux, et les baskets énormes au pied. D'un seul coup, je n'ai plus du tout eu envie de leur ressembler. Je me sentais comme lorsqu'on feuillette un vieil album photo, à moitié attendri par ces souvenirs émus, à moitié honteux des déguisements dont on s'est volontairement affublé.

Choc émotionnel ensuite : j'avais l'impression de retrouver une vieille bande de copains. Vous savez, les gens dont on ne se rappelle pas "activement", mais qu'on n'oublie jamais. "Ah oui, c'est vraiiiiii, Rose était enceinte". On ne pense jamais à eux, mais le jour où on les retrouve, on se rappelle immédiatement de tas de choses. Des cheveux gominés de Costa, des chorégraphies de Katharina, de la prof de littérature et de sa liaison sulfureuse avec un élève (enfin, je crois me rappeler... mais je ne suis plus tout à fait sure), du proviseur qu'on aurait tous aimé avoir... Drazic, qui représentait mon fantasme masculin absolu, n'était pas encore arrivé au lycée dans l'épisode que j'ai vu. Comme je me dis parfois à propos des mes "ex" du collège, j'aimerais bien le revoir, savoir quelle tête il a maintenant. Est-ce qu'il me plairait toujours ? J'imagine, et je me dis que finalement, non, c'est mieux de rester sur ma dernière impression.

Lundi soir, fin de la semi-régression. Pour résumer le fond de ma pensée, abandonner Hartley Coeur à vif pour Grey's anatmoy ne peut être qu'une perspective réjouissante, même si la nostalgie peut parfois être un brin attendrissante.

13 septembre 2006

Auto-happy birthday !

Et oui, aujourd'hui, mon blog a un an, tralalalalala :D



En même temps, je n'ai pas toujours été constante dans mon activité bloggesque, mais une date clef comme ça est malgré tout l'occasion d'un petit bilan. Je ne suis pas encore Loïc Le Meur, hein, mais je peux déjà dire que :

- je n'aurais jamais pensé prendre autant de plaisir à écrire lorsque j'ai commencé. Je le voyais avant tout comme un "carnet de voyage" pour raconter mon séjour à Berlin. Il est, à mes yeux, devenu bien plus que ça.

- je n'aurais jamais cru que j'y passerai (volontairement) autant de temps. C'est devenu un moment de détente et de divertissement (quasi au sens pascalien du terme, huhuhu... en tous cas, en terme de "je me détourne de mon travail parce que je sature", c'est certain, et c'est bien).

- je n'aurais jamais pensé que des hasards tels que ceux qui m'ont conduite à Fab et à madmoizelle puissent exister, et je m'en réjouis un peu plus chaque jour. S'il ne restait que ça de mon blog, ce hasard justifierait à lui seul l'existence de mon blabla presque quotidien.

En un an, j'ai déménagé 3 fois, j'ai découvert 3 capitales européennes (qui ne sont pas toujours celles dans lesquelles j'ai déménagé), j'ai fait 9 exposés, 10 dissertations et 8 fiches techniques, j'ai rencontré plein de gens que je n'oublierai pas de sitôt, j'ai fait des choses passionantes et d'autres barbantes, j'ai appris à faire une mayonnaise mousseline de façon infaillible, j'ai obtenu mon premier diplôme universitaire, j'ai appris le dosage parfaite du vodka sunrise et j'ai pris - au bas mot - 365 douches et une dizaine de bains. Voilà une année bien remplie.

07 septembre 2006

Je crois que j'ai compris

Aujourd'hui, je crois que j'ai compris pourquoi le jeune homme avec le polo de rugby de l'épreuve d'économie a fondu en larmes en ouvrant le sujet. En effet, pour ce nouveau jour de réjouissance, il avait revêtu un t-shirt qui ne m'était pas inconnu : la carte de l'Europe de nuit (avec les lumières... bon, bref, c'est difficile à expliquer) côté pile. "Rêves d'Europe" côté face. Ce t-shirt, je le connais car je l'ai moi aussi depuis que j'ai participé au voyage de diplomation de Sciences Po à Bruxelles en juillet 2003. A part quelques très rares exceptions dont je faisais partie, ce micro-séjour était réservé aux nouveaux diplômés. Donc pour en revenir au jeune homme, je parie à 1000 contre 1 qu'il en est à sa troisième tentative. La dernière. La der des der. Tout s'explique. En même temps, la troisième fois, on doit commencer à tout connaître non ? Je préfèrerais ne jamais savoir.

06 septembre 2006

L'ENA, joies et peines

J'ai écrit un petit article pour madmoizelle intitulé "La rentrée, joies et peines", parce que c'est de saison. Mais ce soir, je vais plutôt vous raconter "L'ENA, joies et peines".

J'ai passé le plus gros, quantitativement (3 épreuves sur 5, "ça, c'est fait") et qualitativement (ne restent plus que mes deux matières préférées, celles qui ne se révisent pas. Quelle grosse feignasse...) et je crois que désormais, je peux déjà en tirer une petite synthèse.

Ce que j'ai appris de ces premiers jours, outre le chemin pour l'année prochaine, c'est que finalement, c'est mine de rien pas mal crevant de se concentrer pendant 5 heures plusieurs jours d'affilée. Ca n'a l'air de rien, mais la lassitude gagne petit à petit les organismes et les neurones. Quand j'ai reçu mon sujet cet après-midi, je me suis dit "alleeeeez, c'est reparti pour un tour" en n'ayant réellement aucune envie de recommencer comme la veille et comme l'avant-veille à ne faire que réfléchir intensément pour ensuite gratter gratter et encore gratter ma copie. C'est peut-être parce que je n'ai pas suffisamment utilisé ma matière grise cet été, elle est toute surprise, elle a des courbatures.

J'ai aussi découvert à quel point ces concours étaient psychologiquement inhumains. Personnellement, je ne suis pas trop atteinte, n'ayant pas passé 12 heures par jour enfermée dans une bibliothèque sans fenêtre pendant tout l'été et j'étais donc sans grandes illusions. Et quand j'ai vu les sujets de droit et d'économie tomber, j'ai pris la chose avec philosophie. Mais ce n'est pas le cas de tout le monde, notamment de ceux qui ont travaillé comme des bestiaux depuis un voire deux ans. Et parfois, il suffit d'un sujet un peu farfelu pour perdre pied. Un rang devant moi, sur ma droite, il y a un jeune homme qui a l'air bien solide, les épaules carrées recouvertes d'un polo de rugby. Et bah quand il a ouvert le sujet d'économie hier, il a fondu en larmes, ça m'a fait tout bizarre (à lui aussi sans doute). J'imaginais ce mec qui voyait le fruit d'heures passées, frustré, à son bureau pendant que ses potes faisaient la fête s'envoler en quelques secondes. Peut-être que je serai dans le même état l'année prochaine quand ils me demanderont d'écrire sur la domanialité publique. Tellement de travail pour rien, ou quasiment rien... Un petit sujet qui fait appel à un millième des connaissances accumulées pendant des mois...

Ma dernière remarque, pour l'instant, est qu'il faut définitivement que je me trouve un masseur privé pour l'année prochaine. Oui, je veux un kiné qui fasse comme avec André Agassi sur les terrains de tennis, qui m'accompagne dans la salle d'examens, qui me masse le dos avant, pendant et après les épreuves, histoire que j'arrête de faire inutilement craquer mes vertèbres sous le nez de mon voisin de derrière.


(C'est dingue quand même les photos qu'on peut trouver sur internet...)