31 juillet 2007

"Et toi, t'as un amoureux ?" (ou : Les conseils de drague de ma cousine)

Ma cousine a 8 ans et est très inquiète de savoir que je n'ai pas d'amoureux. En même temps, c'est légèrement compréhensible quand on sait qu'elle, elle en a eu 3 différents en 2 semaines de colonie de vacances. Forcément, je suis un peu à la ramasse à côté d'elle. Mais elle a décidé de me prendre en main :

"- Tu sais, sur la TNT, il y a une émission. Il y a un garçon et il fait défiler 5 filles et à la fin il en choisit une. Et parfois, c'est une fille qui choisit un garçon. Ou alors même parfois, un garçon qui choisit un garçon ou une fille qui choisit une fille, parce qu'ils sont homosexuels, tu vois.
- Oui, je vois. (NDLR : ne JAMAIS avouer que je vois très bien q'elle parle de Next que j'ai légèrement évoqué ici, étant donné qu'il allait falloir la convaincre juste après que ce sont des conneries sans nom qu'elle ne devrait plus jamais regarder)
- Ce serait bien pour toi non ?
- Mais je n'ai pas besoin d'aller dans une émission de télé pour trouver un amoureux voyons !
- Mais NOOOOOON, pas pour trouver un amoureux, mais pour voir comment on fait !"

Dieu merci, cette petite a sauvé sa tête quelques heures plus tard, en apportant la preuve formelle que, contrairement aux apparences, elle ne me voyait pas comme la vieille cousine solitaire et incasable.

Lors de la promenade du soir, en mon absence (mais 1. La vérité sort toujours de la bouche des enfants, et 2. Les propos rapportés sont absolument exacts), elle a confié son inquiétude à ma maman :

" - Dis, Tata, tu es sure qu'elle n'a pas d'amoureux Coco ?
- Oh tu sais, peut-être qu'elle ne nous dit pas tout, elle a le droit d'avoir des secrets aussi.
- Parce que tu sais, je trouve ça VRAIMENT bizarre qu'elle n'ait pas d'amoureux : belle comme elle est, intelligente comme elle est et gentille comme elle, elle devrait en avoir PLEIN !".

Bon, tempérons les choses : à son âge, on confond encore "avoir une jolie robe qui tourne" et "être belle" (et j'ai un tas de jolies robes qui tournent). Pour l'intelligence, j'ai juste cherché à faire naître en elle l'amour de l'Etat et du service de l'intérêt général en lui expliquant les bases du droit administratif (à sa demande, je précise, pour qu'on ne me prenne pas pour une tortionnaire). Et pour finir, ma gentillesse se limitait le plus souvent à lui donner son goûter, à faire semblant de manger ses gâteaux de plage et ses spaghettis de sable, et à lui faire ses couettes et ses nattes le matin. N'empêche que ça rattrape bien la première partie de l'histoire.

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30 juillet 2007

En vacances...

En vacances, je me découvre de nouveaux talents : ma nature profonde de jardinière en herbe a été dévoilée au grand jour. J'ai réussi à tailler en une demie-heure top chrono un arbuste façon "Jackson Five" en sculpture très sculpturale façon "crâne fabiusien" (NB : ceci est un blog politique apolitique qui ne parle pas de politique).

En vacances, je suis les conseils de ma coach, qui nous a affirmé lors de notre dernière séance de Frauen-Empowerment que l'objectif n°1 était d'arriver bronzées le jour du concours, pour faire contraste à côté de tous les autres, grisâtres, et leur briser le moral avant même qu'ils n'aient vu le sujet. A côté, mes histoires de décolleté censé faire diversion manquent franchement de perversité. J'applique scrupuleusement le conseil. Mon teint de bidet disparaît doucement. Surtout grâce à M. Autobronzant, d'une efficacité redoutable. Sauf que quand il y a vraiment du soleil, j'applique un peu trop bien les conseils, je crâme, et puis je pèle. Ce qui me permet de découvrir que vraiment, l'autobronzant ne hâle que la toute première couche de peau. Bon, maintenant, je ressemble à une girafe sur tout le décolleté. Le bon côté des choses, c'est que ça va sans doute faire encore plus diversion début septembre. Et que je serai encore plus reconnaissable.

En vacances, je retrouve ma capacité d'indignation : mais PIVOINE, ce n'est quand même pas raisonnablement possible que les Français soient suffisamment naïfs pour véritablement croire que c'est à Cécilia que l'on doit la libération des infirmières et du médecin bulgares ? Je crois bien que je vais me réserver ce morceau savoureux pour un billet à part entière...

En vacances, je mets mon cerveau au repos : Tchoupi et Doudou est vraiment un excellent dessin animé, devant lequel - avec un peu de relâchement - on peut franchement rire. Ma petite cousine l'a bien compris. En général, la télé, c'est niet. Mais pour Tchoupi et Doudou, on fait une exception, et je regarde avec elle. Juste pour lui tenir compagnie hein, faut pas croire.

En vacances, je regarde le journal télé. Et j'entends François Fillon dire "qu'il faut tout faire pour que ça ne puisse pas se reproduire". Ca quoi ? La mort de pauvres pèlerins polonais dans un bus sans frein. Certes, c'est tragique. Mais je crois que je ferais vraiment un très mauvais Préfet : malgré ma compassion très compatissante, je n'ai pas pu m'empêcher de trouver tout à fait cocasse de rencontrer la mort en revenant d'un pèlerinage. Un Préfet qui rit à une cérémonie macabre, c'est moyen... Les voies du Seigneur sont réellement impénétrables. Bon, revenons à nos ours slovènes. Enfin nos pèlerins polonais pardon. Etant donné qu'une note sur dossier à l'ENA n'est bonne que si elle est "opérationnelle", c'est-à-dire si elle contient des propositions réalistes pour inspirer l'action de son destinataire, je me vois dans l'obligation d'aider notre Premier Ministre à empêcher qu'un terrible carnage ne se reproduise à l'identique, en "suggérant des pistes de réflexion". Il a dit : "plus jamais ça"... Je propose, en vrac : interdire les pèlerinages (pauvre Ratzi) ; interdire l'entrée sur le territoire français aux Polonais (mais la CJCE va une fois de plus râler) ; interdire les bus (mais que feront nos retraités ?). Ces solutions pourront utilement être panachées afin d'obtenir une efficacité maximale. Ainsi, "plus jamais ça" ne restera pas un voeu pieux. Aucun autre pèlerin polonais voyageant en bus ne décédera sur nos terres nationales. Ouf, un problème de réglé. Prions pour que les Slovaques ne se décident pas eux aussi à aller conquérir leur Paradis en bus en passant par chez nous.

En vacances, je vais ENFIN voir La vie des autres au ciné. Forcément, je ne vais pas être la toute première à m'aventurer à dire que c'est nul. Surtout que c'est loin de l'être. Prochaine étape : Persepolis.

En vacances, il y a UNE question qu'il ne faut pas me poser : "Aloooooors, ces révisions, ça avance ?".

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29 juillet 2007

Comment voulez-vous...



... que je pirate le Wifi de mes voisins quand je suis en vacances ??

Enfin ça, c'était AUTREFOIS, avant que je ne revienne vers des contrées plus civilisées. Je marque donc aujourd'hui la plus ou moins fin de la demie mort de ce blog, car je suis rentrée.

Bien évidemment, j'ai écrit des petites bribes par ici et même par là, en attendant de pouvoir les publier, donc il y aura des choses à lire dans les prochains jours.

Car sachez-le, il suffit que je parte loin d'une connexion internet pour qu'il se passe des tas d'histoires dont je ne peux que m'offusquer ou m'amuser : Cécilia et son amour soudain et miraculeux pour les Bulgares, les conseils de drague tout aussi miraculeux de ma cousine (de 8 ans, son âge en faisant toute la saveur), les pélerins polonais qui aurait bien aimé, eux, que leur voyage soit plus touché par la grâce, les soutifs "spécialement faits pour les Hollandais", le drame de la girafe et bien d'autres encore.

Tout cela sera patiemment semé tels les petits cailloux du Petit Poucet dans les prochains jours. Mais pour l'instant, j'ai de la lecture. Je ne vous raconte pas l'affolement de mon Netvibes après un mois d'absence...

EDIT / Ah, et puis j'oubliais : les commentaires sont ré-ouverts. La vraie fête du string ce soir...

03 juillet 2007

Pour commentairer

Avant que vous ne croyiez à un complot du FSB - et puisque CERTAINS omettent de lire le post-it pourtant riche d'enseignement figurant ci-contre :D - précisons : étant donné que je pars, et que je ne veux pas que cet endroit se transforme en jungle à trolls (et puis de toute façon, il n'y aura plus rien à commentairer d'ici un bout de temps), j'ai voulu fermer les commentaires. Or je n'y suis pas parvenue. Mon impatience légendaire ayant fait des siennes, plutôt que de m'acharner et aller regarder dans l'aide de Blogger si cette fonctionnalité n'était pas par hasard bien cachée quelque part, j'ai préféré, au bout de 2 secondes de recherche infructueuse, activer le mode "seuls les membres du blog peuvent commenter". Or je suis le seul membre de ce blog. D'où votre mutisme forcé. Désolée, c'est la vie, pas le paradis (© Akoschatz) !

Objectif lune J-1

Demain, ma petite navette spatiale s'envolera TREEEEEEES loin d'ici, dans un monde où se connecter à internet est un défi, et où blogguer n'est pas la priorité.

Demain, je vais prendre quelques jours de vacances. Vous n'imaginez même pas à quel point cette idée me réjouit. Je reste ensuite sur la lune, mais pour travailler. En espérant que la gravité réduite aidera mes neurones à planer (libre aux scientifiques de réécrire l'histoire en termes scientifiquement corrects).

Demain, sea, sex and sun. Sauf que en fait, non, pas de sun, d'après Météo France. Et puis pas de sex non plus, parce que je n'ai jamais trouvé les vacances familiales propices aux amourettes et encore moins à plus. Draguer alors que mon père est à une serviette de moi, je n'y arrive pas. Et si vous dites que je n'ai pas réglé mon Oedipe, ben je dis... euh rien. A part qu'il me reste la mer.

Rendez-vous au mois d'août !

02 juillet 2007

Je suis un beignet

Les blogs de chanceux Français installés à Berlin, ça ne manque pas. Celui-ci en était même un avant, c'est dire. Le plus souvent, ce sont des blogs d'étudiants Erasmus racontant leurs beuveries les plus remarquables, ce qui manque légèrement d'intérêt et de poésie.

Mais certains sont plus marquants. J'en ai lu quelques uns, et parmi ceux-là, il y en a un qui m'a touchée, de façon très égocentrique. Parce que ça parle de Prenzlauer Berg à tous les coins de rue, et que je me sens donc concernée au plus haut point :D.

Bon, moi ce n'était pas Schönhauser Aller mais Kastanienallee. Mais je frissonne dès que je lis "Eberswalder Strasse" (MA station de métro à moi rien qu'à moi), "Zu dir oder zu mir" (MON bar où l'on avait fêté le départ de Tim), etc. Enfin une nostalgie tout à fait classique, qui devrait gagner tous ceux qui ont partagé la chance de vivre quelques temps à Berlin.

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01 juillet 2007

Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis (ou : je sers le Kapital sans même qu'on me l'ait demandé)

Hier, j'ai été un peu folle, je suis allée me jeter dans la gueule du loup des grands magasins parisiens, le premier samedi des soldes. Une vraie folle, je sais. D'autant plus qu'il n'y avait aucune nécessité, puisque j'ai fait tous mes achats programmés entre 9h25 et 9h45 le mercredi matin, avant de débarquer comme une fleur à mon concours blanc avec de faux airs de Pretty Woman chargée de paquets. Donc c'était juste pour faire plaisir à ma maman (hum, on va dire ça).

J'ai fait un détour par le rayon lingerie du Printemps. Arrêtez immédiatement de fantasmer, je suis repartie aigrie et frustrée, les mains vides. Mais ma petite séance d'essayage m'a permis de voir que Frusi, dont j'ai déjà parlé ici en étant très très méchante, ne reculait devant rien. Ils cueillent la femme en détresse, au pire moment de sa faiblesse psychologique (alors qu'elle se rend compte que vraiment, dans ce string "sexy chic" elle ressemble à un filet de porc roumain fourré au fromage) pour lui suggérer de se mettre à la glace light. Et oui, dans toutes les cabines d'essayage figurait une grande affiche proclamant "qu'il n'était pas difficile de se sentir belle devant une glace" (remarquez le jeu de mot). J'ai trouvé ça très bas. Et je me suis dit que décidément, j'avais bien eu raison de leur taper dessus.

Mais voilà, le matraquage intensif a aussi ses bons côtés et j'ai pu moi aussi succomber aux sirènes du marketing. Ma faiblesse psychologique après mes essayages de lingerie n'a rien à voir avec ça. Mais il se trouve que, alors qu'il faisait environ 45° dans le magasin haussmannien dans lequel j'étais depuis 2 heures, PAR LE PLUS GRAND DES HASARDS, juste à côté du rayon des collants que j'affectionne tant (et hop, 38 fétichistes du collant de plus en visite quotidienne) se trouvait un stand Frusi (ils sont partout je vous dis. Limite si je ne crie pas au complot de la CIA) qui distribuait leurs produits magiques tout frais. Alors j'ai goûté, en me disant que je mourrai moins bête, et peut-être moins bornée.

Et bien figurez-vous que malgré tout ce que j'ai pu dire avant (et je n'ai malheureusement pas été payée entre temps par Miko pour vous dire ça), c'est super bon. Pour de vrai. J'ai goûté la saveur fruits rouges, en regrettant de ne pas pouvoir choisir "mangue-framboise" étant donné que ce sont un peu mes deux fruits préférés concentrés dans un seul truc. Mais déjà, fruits rouges, c'était tellement bon que je me demande même si moi, Coco, je ne vais pas céder à la tentation de la glace light lors de mes prochaines commissions (j'adore utiliser ce genre de mots, ahahahaha). Pas parce qu'elle est light, mais parce qu'elle est bonne.

Alors M. et Mme. Miko (je suis pour la parité), je suis désolée pour la mauvaise pub que je vous ai autrefois faite, elle était totalement injustifiée. Je n'aime toujours pas l'idée qu'une femme doive manger des graines d'oiseau pour rester belle pendant que son homme mange du camembert entre potes, mais bon, il faut avouer que Frusi n'a pas du tout le goût de graines d'oiseau.

(En même temps, si au lieu de tirer la tronche en lisant mon billet, vous aviez proposé de m'envoyez un paquet de Frusi pour que je puisse dire ce que je viens de dire, vous ne devriez pas mon revirement de bord au hasard de ma présence totalement imprévisible dans un grand magasin bondé. J'aimerais telllllllllllement que le grand Kapital m'achète parfois...)

(Non, je n'ai vraiment pas été payée pour raconter ça. J'ai juste pensé que par honnêteté intellectuelle, je me DEVAIS moralement de le partager avec vous. Farpaitement.)

30 juin 2007

Je suis un bloggeur influent

La preuve ? J'ai eu mon premier troll. En fait, j'en ai déjà eu d'autres, mais des trolls plutôt inoffensifs, qui viennent juste poster pour faire leur pub genre "regarde ce nouveau blog que je viens de découvrir comme il est trop génial de la mort qui tue sa race totalement déchirée".

Le troll de la journée n'est pas comme ça. On pourrait considérer - dans une perspective d'ouverture d'esprit et de liberté de parole entière - qu'il ne fait que donner humblement son avis de façon argumentée. Bon, il se trouve que pour donner son avis, il est OBLIGE de dire à quel point je suis vilaine. Mais nous parlions liberté entière de parole. Alors je vais dire que ce n'est pas là que réside son trollisme.

Ce troll me réjouit à un point que vous ne pouvez pas imaginer. Pas seulement pour la marque de notoriété que cela me donne, mais parce que ce troll est DRÔLE (zavez remarqué comme "troll" et "drôle" ça va ensemble ?). Et oui, je ne suis décidément rien qu'une vilaine Cruella, je suis du genre à me réjouir de voir les autres s'embourber ouvertement dans leur connerie. Et je trouve savoureux de voir quelqu'un s'énerver sur un sujet dont il n'a pas compris le second degré.

Et puis voir cet aspirant sciences-potiste, qui n'est qu'esprit et a oublié toute contrainte corporelle dans une posture intellectuelle engagée très romantico-exaltée Ariane-Deumienne dont on n'est capable qu'en attendant les résultats du bac après avoir bouffé 8 heures de philosophie fumiste par semaine, mettre tant de coeur à défendre l'école qu'il n'intégrera peut-être jamais, je trouve ça beau et touchant à la fois. J'en ai presque la larme à l'oeil.

28 juin 2007

It's so cuuuuuuuuuuuuuuuuuute !!!

Je crois bien qu'en ce moment a lieu à Sciences Po (trèèèèèès en avance quand même) la semaine d'intégration des futurs étudiants américains qui pourront poser leur pionnier postérieur sur les bancs de Boutmy d'ici quelques mois. Du coup, le hall d'entrée est souvent peuplé de hordes d'Américains.

N'allez pas croire que je suis bêtement française donc anti-américaine. Depuis que je sais que si on n'aime pas les Américains, c'est rien que parce qu'on est jaloux qu'ils nous aient piqué notre idée d'être le guide universel du monde, je relativise.

Bon, donc je ne suis pas anti-américaine, même que j'ai des amis américains (c'est dire si je ne suis pas anti-américaine !). N'empêche que là, les Amerlocs fraîchement débarqués à Paris, au bout de trois minutes, ils me gonflent.

C'est peut-être lié au fait que moi, Mâdâââââââââme, moi, Môôôôôssieur, je suis en concours blanc, et que j'ai de ce fait autre chose à foutre de mes journées qu'à m'extastier sur tout et n'importe quoi.

Dans les toilettes des filles, c'est absolument grandiose. Je ne voudrais pas faire du cliché anti-US primaire, mais la nana qui se refait son brushing à la pause déjeuner, je trouve ça typiquement pas du tout français.

De même que leur faculté à s'émerveiller sur TOUT de façon absolument extatique. Je ne fais que traverser ce hall où ils se retrouvent 39 fois par jour. Et à CHAQUE fois, j'entends des "oh my goooooooooood" et des "it's soooooo cuuuuuuuuuuuuuuuuute". Limite si les nénettes ne tombent pas en pâmoison devant les distributeurs de PQ (défectueux). Genre "OH-MY-GOOOOOOD-I-LOVE-IT-IT'S-SOOOOOO-CUUUUUUUUUUTE ce truc tellement typically french déglingué so chaaaaaaaarming".

C'est peut-être ça, le secret de leur croissance économique plus rebondissante que mes balles fluos de quand j'étais en primaire. Le secret de leur confiance indéfectible dans l'avenir. Le secret de leur goût bien plus prononcé pour le risque. Visiblement, ça marche.

N'empêche que vu de l'extérieur, c'est ultra-énervant. Mais peut-être que c'est comme le messianisme et l'anti-américanisme français : je suis rien qu'une jalouse qui aimerait avoir la faculté de s'émerveiller sur un distributeur de savon pour les mains plutôt que de ne pas réussir à s'époumonner de joie devant une énième note sur l'employabilité des seniors.

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26 juin 2007

De beaux yeux

Y a un truc que j'aimerais vraiment vraiment vraiment, mais que je ne peux même pas demander au Père Noël, ce sont de beaux yeux.

Dieu merci, je n'ai pas les yeux marrons-cochon. M'enfin je n'ai pas non plus les yeux jade-gris de ma maman, enfer et damnation. J'aurais pu avoir un peu plus de vert, comme ma soeur qui s'est mieux organisée que moi dans la loterie génétique intra-utérine. En vrai, j'ai un tout petit peu de vert dedans, qui veut bien sortir de sa cachette :
- quand je mettais mes anciennes lentilles faites en papier de verre
- dans les bons jours
- quand je pleure très fort (mais j'ai aussi les paupières toutes gonflées alors bof en fait. Et puis je ne pleure vraiment pas souvent...)
- quand je mets plein de violet-prune autour de mes yeux (et le premier qui dit que ça fait Barbie, voire que ce n'est pas hype, je l'envoie en stage à l'ambassade de France au Luxembourg)

Mais la preuve que ce vert là est bien fragile : dès que je mets du vert autour de mes yeux, on voit clairement qu'ils n'ont pas la même couleur que mes paupières.

Alors que de beaux yeux, ça rattrape tout. Ou presque tout. Je crois que le Prince Charles a les yeux bleus, mais comme vous voyez, je ne suis même pas sûre de moi, ce qui montre bien que les beaux yeux ont leurs limites.

Je ne suis pas un ayatollah des yeux bleus. Des verts ou des gris m'iraient aussi très bien. Mais une très belle couleur.

Les seules personnes âgées que je trouve belles, ce sont celles qui ont de beaux yeux. Parce que les yeux, ça ne prend jamais une ride.

Avoir de beaux yeux permet d'avoir un menton à la Bogdanov ou un nez à la Rossy de Palma sans que personne ne le remarque. Quand on parle à quelqu'un, on regarde ses yeux. Lorsqu'ils ne sont pas palpitants, on se laisse distraire, et on laisse son regard courir en haut, en bas, à gauche, et à droite. On remarque les petits boutons sur la joue. La cicatrice dans le sourcil droit. Les oreilles étranges. Alors que lorsque les yeux sont intéressants, on a du mal à s'en défaire. De beaux yeux hypnotisent presque les gens.

Bien sûr, il y a les lentilles de couleur. Mais d'une part, c'est moche. Et d'autre part, ça n'est pas pareil d'avoir de beaux yeux pour de vrai. Je suis certaine que le fait d'avoir de beaux yeux fait de quelqu'un un être totalement différent de celui qu'il aurait été avec des yeux d'une banalité à pleurer.

En même temps, je peux toujours balancer ça comme ça, en fin de billet, et m'arrêter là-dessus, parce que personne ne pourra jamais ni le prouver ni l'infirmer...

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25 juin 2007

Le scan test de la hype

Il y a un truc que tout le monde dit que c'est parisien alors qu'en fait, pas du tout, c'est juste snob, donc oui, y en a Paris, mais dans toutes les grandes villes aussi. Enfin dans toutes les grandes villes un peu chicos. Dans les quelques villes que j'ai visitées, il n'y a guère qu'à Berlin, Montréal et Vilnius que je n'y ai pas été confrontée. En même temps, pour Vilnius, c'est peut-être juste parce que je suis restée dans le ghetto juif et dans la fac de droit. Et qu'il faisait -20°. Pour le ghetto, je parle de l'ancien ghetto, il n'est plus en activité, et pas seulement parce qu'il n'y a pratiquement plus de Juifs dans la Jérusalem du Nord. Enfin bref, revenons à nos chèvres à cachemire.

Donc ce truc ultra-parisien, mais pas que parisien, c'est le très fameux "scan test de la hype". En gros, vous sortez dans la rue (marche principalement pour les filles, mais aussi très bien pour les garçons dans certains quartiers et à l'entrée des boîtes de nuit). En général, vous vous retrouvez nez à nez avec une greluche. Qui vous regarde de côté. Elle a un sourcil levé, le menton toujours très haut, ce qui lui permet de vous regarder de côté, mais aussi de haut et par en dessous, tout ça à la fois.

Elle commence par votre visage. Ensuite, elle descend très vite : les chaussures, le plus révélateur. Son regard remonte, s'attarde sur les fesses pour vérifier d'un coup d'oeil si vous avez fait votre power-plate cette semaine ou non. En 2 millisecondes, son opinion est faite. Elle jette les épaules en arrière, pousse un petit soupir, et se retourne. Le scan test de la hype est fini. Je crois que je ne passe jamais le test (sauf si le petit soupir est une manifestation d'aigreur et de jalousie).

En même temps, ça ne me chiffonne pas plus que ça, puisqu'en général, la hype, je trouve ça grotesque. J'ai décidé ça définitivement depuis que j'ai pris le bus avec Lou Doillon (oui Lou Doillon prend le bus, et avant, j'habitais à côté de chez elle), icône de le hype je crois bien. J'ai d'abord cru qu'un éboueur en voie de clochardisation s'était assis à côté de moi. Puis j'ai vu dépasser des leggings violets à paillettes et des chaussures certainement aussi chères qu'immondes. Et là, je l'ai reconnue.

Autre icône de la hype : une copine de copine que je croise de temps en temps en soirée. Enfin, que je croisais quand elle avait 16 ans. Maintenant, elle est mannequin (alors qu'en vrai, elle est même pas belle, croix de bois crois de fer si je mens j'vais pas à la mer). Son mec est un jeune prodige de la photographie à NYC. Son père est styliste. Enfin bref, la hype pur. La dernière fois que je l'ai vue, elle se baladait Place Saint Michel en tutu de danseuse pour tout habit. Au dernier anniversaire en date, elle avait une peau de bête made in Larzac vintage (il faisait 38°) sur une robe chemise de nuit. Et des santiags. La hype quoi.

Tout ça pour vous dire que d'habitude, le scan test de la hype, je m'en fous. Mais le scan test de la hype auquel j'ai eu droit il y a quelques jours m'a glacé le sang. Je devrais être habituée, mais celui-là m'a véritablement déshabillée. Il était plus froid que tous les autres. Cette gamine de 2 ans à tout casser, là, dans sa poussette, m'a regardée comme si j'étais une vache aux comices agricoles de Madame Bovary.

Inconsciente de la portée de son geste, qu'elle ne faisait sans doute que mimer, elle n'avait pas la fausse pudeur de la fausse discrétion des autres greluches. Elle m'a détaillée, de haut en bas et de bas en haut, en prenant son temps, d'un regard de pic à glace. Elle a eu un haussement d'épaule, et a rapidement détourné la tête, comme si ce qu'elle venait de voir l'avait profondément dégoûtée.

J'ai levé la tête au-dessus de la poussette, et j'ai furtivement cru voir que sa mère faire exactement de même avec moi et arriver au même résultat.

La daube

Franchement, c'est la daube. J'ai des milliards de trucs à écrire, et pas le temps pour. Entre les concours blancs, ma soeur et le programme à 200 à l'heure qui va avec, les soirées entre potes et le reste, j'ai pas une seconde à moi. Pourtant, j'espère bien avoir le temps d'écrire ne serait-ce qu'un petit truc avant de partir pour la grande steppe dénuée d'internet début juillet. Parce qu'après, ça va être ceinture : un mois sans internet, voire deux... Je me demande encore comment je vais faire. Des idées ?

19 juin 2007

Dentelles de vieille

Après avoir dragué du petit garçon de 4 ans la semaine dernière, ce week end a été l'occasion de divers coups de vieux. J'étais chez des amis au fin fond du pays mellois (si si), pour un super anniversaire familial (oui, je suis une amie qui fait partie de la famille, je sais, c'est compliqué).

On me présente au cousin, qui est en train de passer son bac. Et qui me sort un magistral "bonjour Madame". BING BANG BOUM dans le dentier. Polident n'y résiste pas.

On ne me présente pas aux cousines. Je suis persuadée qu'elles sont au lycée. Leurs mecs, en baggy + sweat à capuche, ont l'air d'être au collège. Comme j'ai moyennement envie qu'elles me racontent leur bac français (et que je suis une vilaine snob asociale), je ne leur ai pas adressé la parole de la soirée. J'avais trop la flemme. Le lendemain, j'ai découvert que l'une était dentiste et l'autre avocate. Et qu'elles ont donc déjà passé leur bac français. Et qu'à moins de faire du détournement de mineur, les accompagnants ont également largement dépassé la majorité. Je (re)découvre que les gens de prepena, qui viennent même aux galops du samedi matin en chemise bien repassée, ne sont pas des personnes totalement normales. Et que "les jeunes" de mon âge ont en général une autre tête.

Le bon côté d'être vieille avant l'âge, c'est que je n'avais pas présumé de mes forces : j'avais décliné l'offre "tentes plantées dans le jardin" pour "B&B en dur dans la campagne" et je n'ai pas regretté, quand il est tombé l'équivalent de 5 Canadairs au petit matin.

15 juin 2007

Les sept vies du chat (ou : Genèse)

Purée de fraise m'a refilé le bébé sans la piscine, donc je me jette à l'eau. Le principe ? Mais je vais vous le dire tout de suite : Chaque personne décrit 7 choses à propos d'elle même. Ceux qui ont été tagués doivent écrire sur leurs blog ces 7 choses ainsi que ce règlement. Vous devez taguer 7 autres personnes et les énumérer sur votre blog. Vous laissez alors sur les blog de ceux que vous souhaitez taguer un commentaire leur indiquant qu'ils ont été tagués et les invitant à lire votre blog.

Je suis fière comme un paon, parce que voyez-vous, c'est la première fois qu'on me lance une chaîne à la figure. Pas que je sois maso hein, je sais bien rattraper. Mais ça me donne l'impression d'être une blogueuse vââââââââchement importante. Et ça va me permettre de la refiler à des gens qui détestent vraisemblablement ça, ahahahahaha, la bonne blague !

1. Le matin, quand je suis en avance (pas plus de deux fois par an, donc), il m'arrive de faire des choses très bizarres. En particulier d'essayer mes robes de soirée, comme ça, entre deux schluck de café au lait. Avec mes plus belles chaussures à talon. Hum, bon, j'avoue, je vais même de temps en temps jusqu'à enfiler mes gants viennois de bal (ou mes gants de bal viennois, comme vous préférez). Mais là, il faut vraiment que je sois tombée du lit, ce qui arrive une fois tous les deux ans.

2. Je déteste la notion de "gay-friendly". J'ai vaguement le sentiment que de nos jours, pour être quelqu'un de branché, voire quelqu'un de bien, il FAUT avoir un ami homo. Sinon, c'est suspect. Et là, vous pouvez proclamer que vous êtes gay-friendly puisque vous avez un friend gay... C'est donc stupide pour deux raisons : d'une part, on peut ne pas avoir d'amis homos sans être homophobe (mais là, je pinaille sur une signification littérale que ce mot n'a certainement pas). D'autre part, si on est VRAIMENT gay-friendly, on n'en a absolument rien à faire que le friend en question soit gay ou pas. Il se trouve que certains de mes amis ne risquent pas de me violer la nuit (bon, dans le lot, il y en aussi qui sont hétéros). Mais ce n'est pas pour ça que je les ai choisis. Et je ne les aime ni plus ni moins en raison de leur orientation sexuelle. Certes, le plus souvent, j'ai commencé par les draguer, et devant l'impossibilité d'aller plus loin, j'en ai fait des amis. Ce qui peut entraîner un lien de corrélation très indirecte entre leur homosexualité et notre amitié. Menfin je trouve que l'idée de se proclamer gay-friendly est très suspecte.

3. Dans les séries américaines, je me reconnais toujours dans les personnages les plus relous. Du genre Bree Van de Kamp ou Charlotte York. J'évite d'y accorder trop d'importance, de peur de ne me remettre en question trop profondément... :D


4. A chaque fois qu'il y a une grosse cagnotte au loto, j'ai envie de jouer, et j'oublie toujours, plus ou moins consciemment. C'est un vieux reste de mon grand-père maternel, avec qui j'allais jouer au loto au café et qui me laissait cocher les cases. On n'a jamais gagné beaucoup. Mais on ne se concentrait pas sur les grosses cagnottes. Peut-être que si j'étais moins tête de linotte, je serais déjà multimillionnaire. Mais en fait, ma conscience européenne me fait pencher pour l'Euromillion. Si je n'oublie pas. Ou alors j'épouse un milliardaire. Ah non, ça, c'est le programme d'Amiante...

5. Je déteste les chippendales. Je ne vois absolument pas ce que ça peut avoir d'érotique. Ca me laisse de marbre. Les filles mes copines, pour mon enterrement de vie de jeune fille, un hammam avec une montagne de pâtisseries pleines de miel et de fleur d'oranger me fera beaucoup plus d'effets question plaisir des sens. D'ailleurs, je n'ai même pas envie d'illustrer ce point 5. par une photo.

6. Quand la maison de mes parents a été cambriolée, mon premier souci a été de m'assurer qu'ils n'avaient pas volé mes Petits Poneys. Je me suis précipitée dans ma chambre pour vérifier qu'ils étaient encore tous bien alignés dans leur box avec des coeurs. Ma maman avait beau m'affirmer qu'il n'y avait aucun risque, certaine qu'ils seraient encore là, il fallait que je vérifie. En revanche, ma gourmette et ma croix huguenote, évidemment, ranafoute. Mais j'avais 4 ans, on peut me pardonner.

7. Le champagne, je le préfère avec des framboises plutôt qu'avec des fraises... Mais en ce moment, ce dont je rêve, c'est d'un énorme MacDo, avec plein de frites (ah, si seulement Ronald proposait à nouveau ses sublimes frites en spirales du printemps 2003), un Big Mac et un Cola (Light, bien sûr). Vous voyez, je suis une fille simple, en vrai...

Viens mon moment préféré : la transmission. Je refile donc ce questionnaire
- à Ardalia pour qu'elle nous raconte plein de trucs
- à Amiante parce que j'ai le sentiment qu'elle va détester mais que j'ai bien envie de la voir déflagrationner
- à MeZ pour que ça lui donne l'inspiration
- à Winnie qui n'a même plus le temps de lire les blogs
- à la prolixe Zette, pour qui se limiter à 7 choses risque d'être une torture
- à Sven, qui a interdiction de parler informatique en y répondant !
- à Chev, quand il sera rentré de Moscou

Ca va pas du tout...

Bon, je viens de voir les deux photos de Sven du Café Maibach et ça m'a presque donné envie de pleurer... La première pas trop (je n'étais pas encore certaine d'avoir bien deviné), la deuxième pleine de certitudes, un peu plus.

Trop de brunchs, trop de nostalgie. Je crois qu'il faut que je retourne à Berlin !

"C'est pas du jeu, tu triiiiiiiiches !" / "Ouais, mais je suis chez moi..."

Mes dernières notes sont un peu nulles, il me semble. Alors si vous débarquez pour la première fois, allez donc plutôt directement ici, d'après les gens, elle est moins craignos... et j'ai donc l'immense orgueil de croire qu'elle est plus représentative :D.

13 juin 2007

"En langage maternel français et non autrement"

Il y a plein de tics verbaux qui m'énervent profondément. Des incorrections qui confinent à l'absurde parfois. En vrac :

- je n'aime pas les gens qui disent puzzle en prononçant "peuzle" (voire "peulz") au lieu de "peuzeule"

- je n'aime pas les gens qui disent "entre parenthèses" alors qu'ils veulent dire "entre guillemets". Merde quoi, ce n'est pas du tout pareil de mettre quelque chose entre parenthèses et entre guillemets.

- je n'aime pas les gens qui disent "malgré que", quoiqu'il semble qu'il s'agisse d'une formule tout à fait acceptable en vieux français. Mais si vous voulez parler comme Molière, il faut le faire jusqu'au bout.

- je n'aime pas les gens qui ne savent pas choisir entre "au niveau de" et "sur le plan" et qui les amalgament en "au plan". "Au plan économique", "au plan des idées", "au plan politique", "au plan international"... Non mais ça suffit maintenant !

"L'incorrection du langage n'est pas seulement une faute contre le langage même : elle fait encore du mal aux âmes" a dit Platon (mais si c'est vrai, j'y étais). Je ne suis linguistiquement pas irréprochable, loin de là. J'ai même dû une fois aller chercher dans le dictionnaire un mot que je ne comprenais dans un mail écrit pas un ami allemand qui parle mieux ma langue que moi. J'ai tellement honte que je préfère ne même pas dire de quel mot il s'agit... Mais j'espère, malgré cette humiliation, ne pas faire trop de mal au langage et aux âmes.

Ce qui me froisse le plus dans les glissements que je viens d'évoquer, ce n'est pas l'incorrection. Je ne veux pas dénoncer par snobisme intellectuel la "France qui parle mal". Je veux m'insurger contre ceux qui pensent parler bien en parlant mal (ou l'inverse), et qui se gargarisent de leurs égarements sémantiques.

Les "au plan de" fourmillent dans les rapports officiels, sur le site de l'Education nationale, ou dans mon livre d'économie internationale. Les absurdes "entre parenthèses" sortent de la bouche de mes profs. Ils utilisent ces expressions en mode automatique, persuadés qu'elles sont pleines de style, alors qu'elles les enfoncent. A se demander parfois comment ils ont pu réussir un concours dont le jury est parfois tatillon : j'ai ainsi appris en lisant leurs divers rapports qu'on ne dit pas "internet" mais "l'Internet". On est finalement tous l'incorrect d'un autre...

Liber liber librum libri libro libro

Depuis que je sais lire, grâce aux bons soins (énergiques) de ma soeur, je dévore tout ce qui ressemble à des lettres sur du papier. Moins que la dite soeur, qui était capable de lire l'annuaire plutôt que rien, et qui avait commandé pour ses 10 ans un abonnement au Point. Mais quand même, j'étais du genre à faire croire à mes parents que j'avais encore un impérieux besoin de veilleuse dans ma chambre pour m'endormir le soir, alors qu'en réalité, je ne faisais que l'utiliser pour lire après le couvre-feu réglementaire, en douce. J'adorais ces moments volés, cette impression de faire quelque chose d'interdit (bon, je sais, c'est soft dans le genre rébellion...).

A vrai dire, j'ai mainenant nettement moins envie de lire quand j'ai passé ma journée à le faire. J'en parlais avec un ami, qui de son côté n'a qu'un rêve après avoir lu le GAJA toute la journée : lire, pour s'évader. Mon drame personnel est que je n'ai même plus envie de lire. Mais je sais que ça reviendra, comme à Berlin, où libérée de ces séances fastidieuses de lecture pour le travail, je m'étais remise à manger des pages à longueur de soirées et de week ends.

Parce que les livres que j'ai lus m'ont vraiment formée, parler d'eux, c'est un peu parler de moi... Alors :

1. Le premier livre qui m'a marquée : si on exclut ce livre allemand sur le lapin de Pâques et ce livre sur la vie à la ferme sur lequel ma soeur m'a inculqué les bases de la lecture, le premier vrai "roman" de ma vie est celui que j'avais gagné avec mes premiers bons points du CP, transformés en petites images puis en grandes images. Il avait fallu sacrifier ma plus belle grande image pour l'avoir, mais ça valait le coup. Je ne sais pas combien de fois j'ai pu lire Helen, la petite fille du silence et de la nuit, l'histoire d'Helen Keller, mais je crois que je le connaissais par coeur à force.

2. Celui que je n'ai jamais pu terminer : Le Tambour, de Grass. Commencé en début d'année, toujours pas terminé. Je ne l'ai pas sorti de ma table de nuit depuis plusieurs mois. Pourtant, c'est un excellent bouquin, mais pour lequel il faut avoir des neurones frais, et pouvoir lire plus de 3 pages sans s'endormir. Parce que l'histoire est trop compliquée pour pouvoir être lue par bribes. Surtout quand on n'a pas les neurones frais. Un serpent mordeur de queue ce truc. Mais je ne desespère pas d'y parvenir un jour.

3. Celui que je relirais avec plaisir : Le Vice-Consul, de Duras. En quelque sorte, ma découverte du monde "diplomatique", d'un monde totalement désuet que ma naïveté a dès lors rêvé de connaître "pour de vrai".

4. Celui qui m'a déçue : Le Rouge et le Noir, de Stendhal. Ce Julien, censé être le héros par excellence, m'a été insupportable dès les premières lignes. Et passer autant de temps avec quelqu'un que l'on n'apprécie pas est une véritable torture, surtout quand tout le monde nous bassine en nous disant à quel point il est formidable. Ben non, ce n'est qu'un petit arriviste prétentieux et idéaliste, qui agit avant de réfléchir et embarque tout le monde dans sa galère (je sais, ma vision est un peu réductrice, c'est ce qui arrive quand un héros est vraiment antipathique).

5. L'auteur dont j'ai lu tous les livres : Roald Dahl, ceux pour enfants et les autres (nettement plus tendancieux ! Elle a bon dos la littérature enfantine !!). Et relire les livres pour enfants de Roald Dahl me fait toujours ressentir le même frisson jubilatoire qu'il y a 15 ans... Si vous avez un cadeau à faire et que vous n'y connaissez rien en littérature enfantine, foncez, c'est du bonheur sur papier !

6. Celui qui n'est pas un chef d'oeuvre mais que j'ai adoré : Ensemble c'est tout, d'Anna Gavalda. J'en ai déjà parlé plein de fois ici, alors je ne vais pas recommencer... Mais pour moi, c'est un vrai petit bijou, qui permet de repartir avec le sourire aux lèvres en toute occasion. Un peu comme les Delerm (père).

7. Celui qui m'a profondément marquée : Belle du Seigneur, de Cohen. J'avais 14 ans. Je l'avais acheté un peu pour me la péter avec mes "vieilles" cousines sur la plage, pour leur montrer que j'étais petite mais que j'avais des lectures de grande. J'ai été véritablement blouversée par ce chef d'oeuvre...

8. Celui que j'ai dû lire pour l'école et que j'ai adoré (contre toute attente) : Les fleurs bleues, de Queneau. A mourir de rire ! Vive le bac français ! (Ce devait être pour se rattraper de nous avoir infligé Les Châtiments l'année précédente...).

9. Le classique qui me tombe des mains : L'Education sentimentale, de Flaubert. Jamais pu aller au-delà des quelques premières pages (le "voyage" à la campagne dans mes souvenirs lointains).

10. Le dernier que j'ai acheté : Petit voyage dans l'âme allemande... Très prometteur !

11. Le prochain : dans mes rêves, Les bienveillantes. Mais je crains que la problématique ne soit la même que pour Le Tambour...

Bon voilà, ça commence à bien faire cette liste interminable. Puis je me rends compte que j'ai vraiment une culture d'un classicisme navrant. Je n'ai plus qu'à tirer moi-même la conclusion de ce que je disais au début du billet : si cet inventaire à la Prévert reflète vraiment ce que je suis, on peut donc dire que je ne suis pas caractérisée par l'originalité...

12 juin 2007

Voulez-vous danser Grand-mère ? Voulez-vous valser Grand-père ?

Je suis sure - ou presque - que vous vous rappelez de cette vieille chanson de Chantal Goya. Quand j'étais petite et qu'on partait en vacances en voiture, on avait une cassette (le premier qui dit que j'imposais mes goûts musicaux de chiotte à toute la famille, je l'envoie en stage à la sous-préfecture de Verdun) sur laquelle était enregistrée cette chanson. Si ça m'a marquée, c'est parce que quand on partait en vacances, c'était pour aller chez mes grands-parents. C'est dire si cette chanson était alors d'actualité.

Je ne me rappelle pas très bien de mes grands-parents paternels, qui sont partis trop tôt. J'ai des bribes que je mets bout à bout, raccordées entre elles par les récits familiaux qui permettent de broder autour du connu.

Je me rappelle de leur maison et du jardin dont la configuration permettait des jeux sans fin. Je me rappelle d'un Noël, le dernier tous ensemble, où j'étais remontée dans le salon au milieu de la nuit pour attendre le Père Noël. Je me rappelle du piano dans la chambre. Je me rappelle de leurs voisins, qui avaient des sortes de perruches en cage (ou alors ce n'est que pure invention enfantine) et qui nous donnaient des Pimousse quand on allait les voir (ça ce n'est pas une invention). Je me rappelle qu'on ne voulait jamais rester chez eux après le déjeuner car il fallait y faire la sieste.

Mais d'eux, je ne me rappelle pas de grand chose. Alors que ma soeur se rappelle très bien du grand bureau de mon grand-père, moi je me rappelle des séances de maquilage de ma grand-mère le matin, quand je m'asseyais sur le tabouret de la salle-de-bains pendant qu'elle se dessinait les sourcils. C'est marrant, mais je ne me rappelle que du dessin des sourcils. Ce détail si insignifiant... et aussi de l'odeur de son rouge à lèvres, qui sentait le rouge à lèvres de dame, à l'ancienne. On voit tout de suite que ma soeur et moi avons eu très tôt des intérêts divergents.

Ah oui, il y a aussi ce jour où mon grand-père avait ramené ma cousine à son train. Qu'il avait voulu rester avec elle jusqu'au dernier moment. Et qu'il n'avait pas eu le temps de descendre du train avant que celui-ci ne quitte le quai. Qu'on l'avait attendu pendant au moins des heures parce que ma grand-mère ne conduisait pas. On était toutes les deux dans la voiture, sur le parking de la gare, sans savoir ce qu'il était advenu de lui. Heureusement, elle avait tout un stock de bonbons dans son sac à mains.

Quand elle est morte, j'avais 5 ans à peine. Je me rappelle qu'on m'a dit qu'elle était "partie au ciel". Et j'ai pensé que les infirmières ne pouvaient pas vraiment être sures qu'elle était morte, si elle n'était tout simplement plus là : partie au ciel ou partie se promener, comment pouvaient-elles savoir ?

Et quand j'ai fini par comprendre que les infirmières devaient quand même savoir ce qu'elles disaient, j'ai tout de suite eu cette image dans la tête, qui ne m'a jamais lâchée : ma grand-mère devait être allongée (attention, kitsch suprême à l'horizon) dans un énorme lit à baldaquin entièrement en cristal transparent, avec des rosiers rouges qui montaient le long de chaque colonne, le tout flottant tranquillement dans l'air au milieu d'autres lits à baldaquin. Mais le sien était le plus beau, parce que c'était le seul à avoir des roses rouges.

Pour mon grand-père, je n'ai même pas de souvenir comparable au trait de sourcil du matin. C'est incroyable et désespérant de voir qu'on puisse ne rien garder en mémoire à ce point. Pourtant, j'ai vraiment de très nombreux souvenirs d'enfance, bien plus précoces, mais pas d'eux. Je sais juste que quand lui aussi est parti, j'ai dit à ma maman que le médecin avait pu se tromper, que parfois, on croit que les gens sont morts alors qu'ils dorment juste très profondément.

Et puis voilà, on se rappelle du maquillage du matin et de bonbons... et c'est peut-être ça, finalement, l'important.

10 juin 2007

Crush

Ce week end, j'ai fait une méga-touche. Avec un super beau blondinet aux yeux bleus ("comme mon âme" ajouterait mon père). Je le dis aussi clairement et avec aussi peu d'humilité que ce n'est pas si fréquent que ça. Dès le début, tous les signes du crush de luxe étaient là.

On s'était déjà rencontrés il y a quelques mois, mais un peu trop vite. Cette fois-ci, nous avons eu le temps d'approfondir, et on a passé une bonne partie du samedi après-midi ensemble. Il est adorable, un peu bavard mais pas trop, et il est super bon en calcul mental (bien sûr que c'est important). Il me faisait des sourires à chavirer et sait très bien mettre dans ses yeux (toujours aussi bleus) exactement cette petite lueur qu'il faut pour qu'on n'ait aucune envie de lui résister, pour qu'on ne puisse que lui céder.

Il m'a demandé si je restais dormir avec lui, et j'ai dit non. Il a eu une petite moue qui m'a presque donné envie de dire oui. Il a failli partir bouder, mais il a préféré me serrer très fort dans ses bras, me faisant sentir à quel point sa peau était douce, et mettre son visage dans mon cou en me disant "tu es sûre ?". J'ai dit "oui, mais je reviens demain".

Aujourd'hui, quand je suis revenue, on m'a tout de suite prévenu qu'il bassinait tout le monde depuis qu'il était debout pour savoir quand j'allais arriver. Et quand j'ai traversé la grande pelouse pour venir lui dire bonjour, il a voulu faire son beau en me montrant à quel point il savait bien dribbler en me disant "regarde ! Tu me regardes hein ?!".

J'ai fait une méga-touche. Il s'appelle M. et il n'a même pas 4 ans...

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