27 février 2007

Encore une bonne raison

Je viens de trouver encore une bonne raison pour ne pas aller à l'opéra à Paris, malgré mon envie pressante évoquée il y a quelques jours. Pour me tenir malgré tout au courant de ce qui passe en moment, et peut-être même, soyons fous, planifier une soirée culturelle, je suis allée faire un tour sur le site internet de l'Opéra de Paris et de l'Opéra Comique.

D'une part, je ne peux pas matériellement prévoir mes soirées trois mois à l'avance. Or j'aurais volontiers été voir La Juive avec Myriam (je suis sure que tu aurais été partante). Il reste un mois de représentations, et plus que trois soirs avec des places encore en vente. Ca ne laisse pas beaucoup d'alternatives...

D'autre part, sur ces trois soirs encore libres, il ne reste plus que des places à 150 € pour deux soirs, 100 ou 150 € (quel choix !) pour le dernier. Je suis désolée, je ne bosse pas dans la banque d'affaire londonienne comme d'autres...

Alors il est certain que j'ai pris de vraiment mauvaises habitudes à Berlin et à Vienne, mais je réclame le droit de pouvoir aller à l'opéra en me décidant au dernier moment, en étant bien placée, et sans devoir demander un prêt à mon banquier pour l'occasion. C'est VRAIMENT trop demander ???

Le jour où j'ai découvert le String de l'Ambassadeur

Comme promis hier, l'histoire du String de l'Ambassadeur, pour redonner (peut-être) le sourire pour quelques instants à ceux qui ne l'auront pas forcément ce soir mais vers qui vont toutes mes pensées qui traversent le Rhin.

L'histoire du String de l'Ambassadeur... Lorsque j'ai fini mon stage dans la capitale des ruines de l'empire austro-hongrois, mon Ambassadeur a très gentiment organisé un dîner pour mon départ chez lui. Ce dîner, préparé avec soin par son cuisinier qui reste pour moi le maître de la purée à l'huile de truffe, était l'occasion pour mes anciens collègues de marquer leur tristesse inconsolable (Fanny, si tu dis que c'est faux, je ne t'envoie plus aucune offre d'emploi !!) en me couvrant de cadeaux plus somptueux les uns que les autres.

La secrétaire avec qui j'avais passé un certain nombre de pauses café et de soirées endiablées avait racketté tout le poste diplomatique et était allée courir les magasins de la Kärntner Strasse pour trouver petite robe d'été avec laquelle je repartirai de Vienne. J'ai eu des tas de super jolis cadeaux ce soir-là, mais le meilleur restait à venir.

A la fin du dîner, avant de partir de chez M. l'Ambassadeur pour une de mes dernières soirées salsa, mes copines me chuchotent qu'elles ont encore quelque chose pour moi. En grand secret, elles sortent deux petits paquets. "Tu comprends, il restait un peu d'argent, mais devant tout le monde, on a préféré éviter...".

En ouvrant le papier de soie, je découvre un shorty-string en dentelle blanche virginale et un string en dentelle rouge nettement moins virginale. Olé-olé, mais super jolis... et financés pour partie par M. l'Ambassadeur.

Chaque fois que je les enfile, je pense à lui. Et ceux qui l'ont connu doivent se douter qu'il n'est pas, en théorie, l'homme auquel je suis censée penser en enfilant mes strings les plus osés. Mais cette sensation délicieuse de faire un truc résolument subversif à mon échelle me grise pour la journée, en général. Et le "String de l'Ambassadeur" est dorénavant son appellation officielle pour toute la famille. Ce qu'on ne ferait pas pour quelques Ferrero rochers...

Au fait : merci les filles de m'avoir épargné l'ouverture de ces deux cadeaux devant les 10 diplomates ayant sacrifié leur prime mensuelle pour que je puisse me couvrir les fesses (enfin, même pas).

Teasing

Demain, si vous êtes gentils, je vous raconte l'histoire du String de l'Ambassadeur. Soyez sages hein !

23 février 2007

Mais pourquoi donc ?

J'avoue que je serais très reconnaissante à la personne qui pourrait m'expliquer pourquoi, dans le sujet consacré aux Enfants de Don Quichotte dans le 19/20 de France 3 ce soir, on voyait Augustin Legrand, initiateur du mouvement, décharger des caisses pleines de nouvelles tentes, sur lesquelles étaient aposés de grands autocollants jaunes fluo "TV OPERATION" ???????

Remarquez bien que, si la question porte bien à la base sur ces fameux autocollants, elle touche également au pourquoi du comment du besoin de nouvelles tentes...

Pour vérifier que je n'ai pas eu d'hallucination visuelle, il faut aller ici puis cliquer sur "Les SDF campent toujours Canal Saint-Martin" (en attendant quelques heures que France 3 ait eu le temps de charger la vidéo, ce qui n'est pas encore le cas).

J'ai toujours été sceptique quant au mouvement des Enfants de Don Quichotte, sorti de nulle part du jour au lendemain, laissant une désagréable impression de malaise elle aussi sortie d'on ne sait où. Ce soir, je m'interroge principalement sur cet autocollant (c'est l'avantage d'être en week end de détente, on peut se poser des questions peu existentielles).

Le petit cadeau du samedi (en avance) : Aretha Franklin

Aujourd'hui, pour reprendre les bonnes habitudes, un peu de musique sur ce blog. Et pas n'importe qui : Mme Aretha Franklin. Aussi étrange que cela puisse paraître, cette artiste est pour moi intimement liée à Berlin.

Bien évidemment, je connaissais et appréciais avant, mais sans plus. Et puis au tout début de mon séjour berlinois, en traînant au Saturn à côté de la Fernsehturm, un anthologie de la dame en super promo. Un geste machinal et je le mets dans mon panier, sans vraiment savoir pourquoi. Et j'ai passé l'hiver à écouter en boucle sur mon iPod rose. Alors en mémoire de ces temps bénis, voici mon anthologie perso d'Aretha (en me limitant à trois, parce que sinon, ça n'a pas de fin).

Un grand classique :



Un autre tube en live :



Pour finir, ma chanson préférée devant l'Eternel, découverte en écoutant le CD de Saturn :

Respiration

Ce soir, je pars en week-end. Bien sûr, pas à Deauville ou à Cancale, juste chez mes parents. Mais j'ai décidé que, pour la première depuis... pfiou, une éternité... j'allais passer un week-end sans aucun projet de travail. Ca ne signifie pas que je travaille d'arrache-pied toutes les fins de semaine, 18 heures sur 24. Mais même lorsque je ne fais pas grand-chose, je fais toujours un petit truc, qui ne suffit jamais à me donner bonne conscience, puisque j'aurais dû faire plus, mais qui me gâche mon week-end, puisque j'ai travaillé.

Alors que lorsqu'on part l'esprit libéré, en se disant qu'on ne fera de toute façon rien du tout, la perspective est radicalement différente. Je regretterai peut-être cette décision dans un mois, quand j'aurai les résultats de mon concours, en me disant que si j'avais travaillé ne serait-ce que deux heures de plus, j'aurais peut-être su répondre à cette question qui m'a mise dedans (ou plutôt jetée dehors).

Ca me permettra aussi de réfléchir à une question de grande importance : est-ce que j'aime vraiment ce que je fais ? Hier, en écrivant ma note sur la réforme des services de santé au travail, je me suis rendue compte de l'ennui profond que je subissais depuis si longtemps. Dans quasiment tout ce que je fais, je m'ennuie, même dans les matières qui me plaisaient auparavant.

Lorsque j'ai découvert le droit public, j'ai trouvé ça follement intéressant. Enfin certains points, parce que maintenant qu'on parle domanialité publique et montage compexe de partenariat public-privé, je m'ennuie ferme. Les questions sociales aussi me passionnaient. J'en sors maintenant systématiquement avec l'impression que rien ne va, que rien ne pourra jamais aller parfaitement, qu'on est impuissant et que donc à quoi bon...

Est-ce juste un épisode de saturation ? Ou une vraie rupture ? En même temps, vu que ma vie ne peut pas se résumer à écrire dans mon blog et prendre le thé avec des copines (ce que je préfère faire de mon existence), il faudrait que je trouve une occupation qui m'ennuierait moins, tout en me permettant de survivre. Or il y a toujours un truc chiant dans les boulots.

"Le beurre et l'argent du beurre s'il-vous-plaît !" "Et avec ça ?" "La vache laitière, merci !" "Ce sera tout ?" "Ah non, le pré vert aussi..."

21 février 2007

Culturons nous !

Bon, sans doute est-ce parce que je sors de mon épreuve de culture générale et que j'ai réussi à recaser la superbe pièce vue avec ma soeur il y a 2 semaines, Fôrets du très talentueux mais très torturé Wajdi Mouawad, mais là, j'ai une envie irrépressible de culture.

Pas que je sois dégoûtée de la culture le reste du temps, hein, mais parfois, j'ai d'autres priorités que d'y penser, on va dire. Peut-être que c'est comme le jogging : plus on se cultive, plus on a envie de se cultiver... J'ai été deux fois au théâtre en deux semaines, ce qui est (malheureusement) loin de mon quota habituel. Et j'ai déjà envie d'y retourner.

Une fois pour Wajdi donc. Ambiance québecoise, c'est-à-dire avec des gens nus sur scène. Il paraît que c'est systématique. Ca surprend, mais on s'y fait assez vite. J'aimerais bien voir le reste de la tétralogie, mais il faudra que j'attende qu'il revienne en France.

L'autre fois pour Cyrano de Bergerac, qui m'a très moyennement convaincue, même à la Comédie Française. J'ai trouvé l'histoire cucul et pas convaincante. Cyrano n'est qu'un gros nigaud à qui j'ai envie de secouer les puces. Roxane est franchement cruche de se laisser avoir comme ça. Bref, pas de tout mon style de personnages à poigne et de pièce à forte intensité dramatique (en revanche, pour ça, Wajdi est très fort).

Mais là, en ce moment tout de suite, je vais vous dire ce qui me fait rêver : Lakmé. Depuis qu'on l'a raté à Montréal (on ne peut pas être à la fois au théâtre et à l'opéra), je serai prête à vendre le String de l'ambassadeur aux enchères pour y aller (un jour, vous aurez l'explication du "String de l'ambassadeur"). Comme quoi, les besoins, on se les crée vraiment tout seul.

Mais j'ai trouvé de quoi calmer ma lakméite aiguë pour la soirée : le site est moche, mais on peut écouter quasi-tout l'opéra en presque bonne qualité. Ca ne vaut pas un CD ni même des places à l'Opéra Comique, mais ça permet de calmer une boulimie soudaine de Léo Delibes.

J'ai toujours des difficultés à dire que j'aime l'opéra. Parce qu'attention, lorsqu'on se déclare amateur d'opéra, il faut immédiatement tout connaître sur le bout des doigts : les titres, les compositeurs, les librettistes, les plus grands interprètes, les mises en scène inoubliables, les personnages, l'histoire, tout. Or moi, je suis consommatrice d'opéra : j'adore aller à l'opéra, j'adore écouter des opéras, mais je n'apprends pas les livrets par coeur avant d'y aller, je préfère la surprise. Et j'y vais le soir où je peux, et pas en fonction de qui chante ce soir là. C'est ballot, mais comme je ne connais pas la différence en général, je ne choisirais de toute façon pas comme il faut.

Je n'ai jamais été déçue par l'opéra, pas même la première fois, avec ma tante (qui ELLE, est une vraie fan) à 7 ans : La flûte enchantée, c'était drôlement bien choisi, avec des costumes d'oiseaux multicolores dont je me rappelle encore tellement c'était beau. Ah si en fait, une fois j'ai été déçue. Un Donizetti, L'Elisir d'amore, qui portait fort mal son nom étant donné le rencard foireux qu'il avait pour cadre... Mais je suis certaine que cette déception venait plutôt de mon accompagnateur que de l'oeuvre en elle-même.

Cet amour de l'opéra a éclos à Vienne, bien évidemment, où les mises en scène trop classiques à mon goût (oui, ce n'est pas parce que je n'y connais rien que je n'ai pas d'avis) étaient compensées par la possibilité pour les étudiants d'obtenir des places de dernière minute au parterre (qui s'appelle là-bas Parkett, ce qui me fait régulièrement dire "au plancher", ça manque de classe). J'ai résolument continué à Berlin, dont les différents opéras offrent les mêmes possibilités, mais avec des mises en scène nettement plus roquennerolles. A Paris, j'y vais peu souvent : mes horaires sont moins compatibles avec une vie culturelle riche, les places sont à des prix exorbitants (je sais, il y en a à des prix raisonnables, mais maintenant que j'ai pris des habitudes de poule de luxe, je déteste aller à l'opéra et être mal placée, question d'habitude) et j'oublie systématiquement de regarder la programmation. Si ça se trouve, Lakmé est joué ce soir-même...

18 février 2007

La coquetterie n'a pas d'âge

Ma maman trouve qu'on trouve toujours quelque part de quoi rire, même dans les situations les plus douloureuses. Je suis entièrement d'accord avec elle, surtout quand elle me raconte que l'entreprise de pompes funèbres qui s'est occupée de ma grand-mère a ses locaux dans une ancienne boîte de nuit (oui, moi je trouve ça cocasse). Ou que le monsieur des pompes funèbres lui a très sérieusement expliqué que, lorsque le financement des obsèques n'était pas assuré par la famille, ils pouvaient prendre de l'argent sur tous les comptes du défunt, sauf le Plan Epargne Logement. Pourtant, dans le genre logement, la dernière demeure est celle dans laquelle on est certain de passer le plus de temps... Etrange !

Aujourd'hui encore, j'ai pu vérifier le dicton maternel. J'ai été déjeuner chez mes parents pour qu'ils ne soient pas tous seuls, étant donné que ma grand-mère venait auparavant déjeuner tous les dimanches midis chez nous. J'en ai profité pour aller chez elle et faire le tri de quelques affaires, puisqu'il faut désormais vider entièrement son appartement.

Les prémices de ce boulot titanesque m'ont permis de découvrir que ma grand-mère avait de la crème anti-cellulite (sans doute pour les fois où elle montrait ses cuisses à son médecin adoré), du gloss "Brillance effet glamour" (pour aller à ses meetings de l'UMP) et des réserves de blush et de fond de teint suffisantes pour tenir un siège sans défraîchir (ni défaillir). A côté, même mon placard de salle-de-bain ressemble à un magasin d'Etat polonais au mois de novembre...

Un conseil : si vous aviez des actions dans les crèmes anti-cellulite, vendez, leur CA risque de chuter de façon magistrale ces prochains jours !

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16 février 2007

Partie

En ce moment, ce n'est pas trop la fête à la maison. Pourtant, c'est les vacances, j'ai passé 10 jours à Montréal, et rien que pour ça, plein de gens m'envient. Mais pendant que j'étais au Canada, ma grand-mère est partie.

Quand ça arrive aux autres, on se dit qu'après tout, c'est normal, que les grands-mères, c'est fait pour partir. Pour faire des confitures aussi, mais surtout pour nous quitter un jour. Mais quand ça nous arrive du jour au lendemain, on trouve encore le moyen d'être étonné, bouleversé, surpris et de se dire que "ce n'est pas possible" et "qu'on ne s'y attendait pas".

On ne sait pas être raisonnable. A 87 ans, on pense encore qu'elle a tout le temps. Qu'on a tout le temps. Et elle part avant qu'on lui ait demandé la recette de ses calamars à l'américaine et avant qu'elle nous explique comment (bien) monter des mailles. Maintenant, elle est sous une dalle de béton toute froide et il va falloir acheter le bouquin de Ginette Mathiot et Le tricot pour les nuls.

Maintenant, je sais qu'il faut toujours s'y attendre, jusqu'à ce que j'oublie, parce qu'on ne peut pas vivre en disant tous les jours que demain, peut-être, l'autre ne sera plus là. On ne peut pas toujours se dire au revoir comme si c'était la dernière fois. Mais ce matin, quand je ne me suis réveillée et que j'ai vu que ma soeur, partie aux aurores, ne m'avait pas dit au revoir pour ne pas me réveiller, j'ai espéré qu'il ne lui arrive rien, pour ne pas rester sur "ça", cette absence d'au revoir. On ne peut pas vivre en se disant qu'on va mourir, mais cette imprévoyance rend la mort encore plus douloureuse. Le seul moment réconfortant a été la cérémonie religieuse, et je ne sais pas comment font les non-croyants pour enterrer les leurs sans ce mince apaisement.

Maintenant, je sais ce qu'il faut faire et dire quand ça arrive aux autres. C'est la première fois que je perds un proche en ayant "l'âge de comprendre". Avant, je minimisais la douleur que pouvait ressentir mes amis dans cette situation. "Une grand-mère, c'est fait pour mourir". Avant, je préférais rester silencieuse, par pudeur, par peur de "remuer le couteau dans la plaie", par crainte de déranger. On ne dérange pas en réalité, on réconforte, et je remercie tous ceux qui ont été près de moi par leur présence ou leur pensée.

Alors voilà, c'est fini. Il faut se plonger dans le matériel : ranger l'appartement, faire le tri des affaires, déménager, nettoyer la cave, organiser les papiers. En réalité, non, ce n'est pas encore fini, pas pour nous.

14 février 2007

Détournement et contournement

Parce que tout ce qui occupe ma tête en ce moment est trop intime pour être raconté et me coince les sinus via les glandes lacrymales (et que j'en ai assez d'avoir les sinus encombrés depuis 6 jours)...

Parce que je déteste la dégoulinade mièvre de la Saint Valentin qui se transforme de plus en plus en concours du kitsch...

Parce que la première fois que j'ai fait un cadeau (kitsch : une bougie rose bonbon en forme de coeur avec "Je t'aime gros comme ça" écrit dessus) de Saint Valentin, il a été balancé par son destinataire âgé de 9 ans par la fenêtre de l'école (et pas uniquement parce qu'il le trouvait de très mauvais goût)...

Parce qu'avant, j'adorais cette fête, jusqu'à ce que mon premier amoureux me plaque le 14 février. J'avais 12 ans, il n'était pas franchement malin, mais ça marque quand même, quand on a 12 ans et qu'on aime la Saint Valentin...

Parce que cette pourriture de marketing me rappelle que ni hier, ni aujourd'hui, ni demain (mais après-demain peut-être, sait-on jamais), personne ne mumure de mots tendres à mon oreille, et qu'on a beau être une femme libérée et indépendante, de temps en temps, ça fait quand même du bien...

Parce que tout ça, je ne ferai qu'une chose aujourd'hui (si vous êtes une fille, parce que sinon, vous risquez de vous ennuyer légèrement) : vous renvoyer au billet écrit par Ron sur le blog d'Hélène. Un truc de filles quoi...

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06 février 2007

-34°C (billet "glamour un jour, glamour toujours")

Hier, il faisait, grâce à une légère et douce brise de Nord-Ouest -34°C. Pour ceux qui pensent que je débloque et qui n'ont pa suivi ma dernière actualité, regardez de temps en temps mon post-it là à gauche, ce n'est pas fait pour les chiens.

Non, je ne vais pas me lamenter tellement j'ai froid. D'une part parce que ça manquerait d'intérêt. D'autre part parce que je l'ai choisi. Et en troisième part, parce que ce serait faux. Malgré ma frilosité légendaire, je n'ai pas froid. Remarquez, pour ça, je prends 10kg dès que je m'habille, en remerciant définitivement les animaux de bien vouloir nous prêter leurs poils. Sous mes 24 couches de vêtements, on devine que je suis une fille (parce que j'ai un sac à main). Mais rien n'est sûr. En même temps, on s'en fiche : je ne connais personne à Montréal et tout le monde fait pareil.

Cette température fort exotique a mes yeux a été l'occasion pour moi de faire quelques expériences scientifiques à narrer ici-même. Car oui, je le sais, vous vous demandez "aloooooooooors, ça fait quoi de mettre le nez dehors par -34°C ?". Au passage, si je rajoute toujours C derrière °, c'est pour souligner que je parle bien de celsius et non de fahrenheit. Ce qui est une différence de taille.

Ce qui change entre -10° (Berlin) et -34° (Montréal) n'est pas évident au premier abord. Quand il fait froid, il fait froid. Et quand il y a de la neige, elle est toujours blanche. OUI MAIS. Quand on dit mettre le nez dehors, l'expression est fort bien choisi. Car le premier à sentir la différence est justement le nez. Ou plutôt l'intérieur du nez. Oh non, bien évidemment, je suis une fille, je n'ai jamais de crottes de nez voyons. Mais mon nez est, comme toute muqueuse, hydraté de l'intérieur de façon permanente et légère par un liquide quelconque (celui qui coule de façon irrépressible en début de rhume avant de vous empêcher de respirer). D'ailleurs, Wikipédia le dit bien : "La muqueuse qui tapisse les fosses nasales est riche en vaisseaux sanguins, d'où sa couleur rose. Elle renferme de nombreuses glandes à mucus qui la maintiennent constamment humide. Cette muqueuse réchauffe, humidifie et filtre partiellement l'air inspiré." Bon, là, vous devez voir de quoi je parle. En général, quand on n'est pas enrhumé, on n'y pense même pas. Mais quand vous sortez et qu'il fait -34°C, vous y pensez immédiatement. Pourquoi ? Parce que ça gèle... Et oui, hier soir, glamour un jour glamour toujours, j'avais des glaçons dans le nez. Et ce n'est pas très agréable.

Ensuite, pour vous lecteurs, j'ai fait une expérience scientifique dont je rêvais de voir en vrai les résultats. J'avais entendu un jour qu'en dessous de -20°C, tout crachat était gelé avant d'atteindre le sol. Bien évidemment, je ne crache jamais, mais hier soir, la science m'a appelée. Glamour un jou, glamour toujours, j'ai craché dans la rue en attendant le bus (oh ça va hein, c'était purement SCIEN-TI-FIQUE et il n'y avait personne). Et bien je dois dire : la science nous a menti, c'est faux. A moins d'être sur un télésiège très très haut (le temps de chute est alors plus long). A moins que je ne sois à plus de 37°, faussant les hypothèses de base. En tout cas, ça n'a pas marché.

Là, vous devez vous imaginer un bibendum informe avec des stalactites de mucus en train de cracher, et vous ne comprenez vraiment pas pourquoi ce billet est glamour un jour, glamour toujours. Si les deux premières expériences biologiques donnaient une petite touche ironique à son titre, il n'en est rien de la troisième expérience : les lèvres. A peine sortie, je les sens s'engourdir, je n'arrive plus à articuler, j'ai l'impression d'avoir bu des litres de Molson. Je décide de ne plus parler. Et comme vous le savez, rien de tel que le silence pour être mystérieuse, et donc glamour. 1 point. Je rentre, j'enlève mes pelures d'oignons, je vais appliquer un cataplasme de crème apaisante sur mes joues qui ressemblent à du bacon (glamour un jour etc). Et là, je remarque que j'ai les lèvres d'Emmanuelle Béart après opération. Une bouche mes enfants... on en mangerait. Bon, faut faire abstraction du bacon autour. Mais sinon, je vous assure que ça bat tous les gloss repulpeur de pulpe et volumisateur de volume. Un bon -34°C, et on peut sauter la case collagène (silicone ? Qu'est-ce qu'on met dans les lèvres ??). Si les lèvres sont contentes sur le coup, ça ne dure pas et pour éviter le fendillement mortel, il faut ensuite passer la soirée avec un masque de graisse.

Non, y a pas à dire, le froid, c'est ultra glamour...

01 février 2007

Le jour où j'ai rencontré mon premier énarque

Quand on veut faire partie de cette noble secte, la première rencontre avec un énarque est au moins aussi chargée en émotion que lorsqu'un élève de la Starak rencontre pour la première fois Pascal Obispo. Après la fin de la saison, les apprentis-stars sont tellement blasés que Madonna, Elton John et Aznavour réunis ne leur font plus aucun effet. De toute façon, ce sont devenus des potes et plus des idoles. Les énarques et moi, c'est un peu ça aussi. Mon premier a été un grand moment. Maintenant que j'en vois tous les jours et que mes amis en sont, ça ne me fait plus grand chose.

Mon premier énarque, je l'ai rencontré en stage. C'était mon premier vrai stage dans une ambassade, et j'étais très fière d'avoir décroché cette expérience de rêve toute seule comme une grande. Je venais de laisser ma première année de majorité derrière moi, j'étais un jeune et frêle esquif prêt à changer le monde.

En réalité, pour mes premiers jours, j'étais dans mes petits souliers, et je n'avais aucune idée de la façon dont tout cela pouvait bien fonctionner. Pour commencer, je n'avais aucune idée de l'heure à laquelle arriver, en l'absence de consignes de ma chef. Je décidai que 8h30 serait un horaire approprié, ignorant alors que les us et coutumes du poste diplomatique, et en particulier ceux de ma chef, étaient nettement plus tardifs.

Plantée comme un piquet au milieu de l'accueil de l'ambassade, j'attendais que quelque chose se passe, qu'on vienne me chercher par la main et qu'on me dise que "tout allait bien se passer". Une secrétaire a fini par prendre pitié de moi et a appelé une autre stagiaire pour m'occuper. A alors déboulé celle qui allait devenir plus tard la complice de folles soirées de salsa et de dejeuners mexicains endiablés, de sorties à Bratislava et de pauses-cafés bavardes. Pleine d'énergie et le sourire jusqu'aux lèvres, elle m'a rassurée : je n'allais donc pas, contrairement à mon micro-stage précédent, être la seule de moins de 50 ans à 10km à la ronde, et j'aurais des gens avec qui parler d'autre chose que des meilleures écoles de musique de la région.

Je suis encore engoncée dans ma timidité, mais elle me déride, me parle de ce qu'elle fait, des collègues, des autres stagiaires. "Ah bah tiens, justement, voici Gustave, le stagiaire ENA". A ces mots, mes jambes ont flanché, et j'ai senti que j'entrais dans une transe comparable à celle des fans de M. Pokora qui le voient enfin en concert. Moi, Coco, j'allais enfin rencontrer mon premier énarque... le moment était chargé d'émotion.

Là, vous devez vous dire que je suis quand même sacrément cruchotte. Vous n'avez pas tort. Enfin pas cruchotte mais très facilement impressionnable, c'est certain. Je croyais encore que pour être énarque, il fallait être hors du commun. Je sais maintenant que la plupart sont des gens relativement normaux. En tout cas, ce ne sont pas des gens anormalement anormaux. Ils sont normalement anormaux vous voyez. Ils ne sont pas comme tout le monde, mais dans leur genre, ils sont comme tout le monde. Bref, j'ai relativisé depuis. Mais ce matin-là, je ne relativisais pas du tout. Allait-il me parler ? S'abaisser jusqu'à me dire bonjour ?

Il a poussé la porte, et mon reste de jambes en guimauve a définitivement défailli : en plus d'être énarque, il était beau comme un Dieu. Coiffé comme un énarque certes (id est avec la raie sur le côté) mais sa petite vague naturelle lui donnait un air légèrement mutin. Il avait des traits fins et le plus beau sourire que j'aie jamais vu (il détient encore et toujours la palme d'or du sourire aujourd'hui). Et il m'a même dit bonjour. Pire : il a proposé que nous allions déjeuner ensemble, tous les trois, comme de vieux copains. A cette seconde précise, j'ai décidé qu'il deviendrait mon nouvel idéal masculin.

Forcément, le coup du "je suis béate d'admiration devant toi dès que tu ouvres la bouche ou bats d'un cil et je suis prête à devenir ta serpillère si tu le veux" n'a pas vraiment marché. On connaît mieux pour se rendre inaccessible. Et puis même si ça avait marché, notre relation aurait tourné court : j'étais tellement impressionnée devant lui que je n'osais ouvrir la bouche, et il détestait mon parfum. Nous partions mal.

J'ai appris un peu plus tard deux ou trois autres "détails" sur lui qui m'ont définitivement convaincue que nous n'étions pas du même monde, et que même mon idée de devenir sa serpillère était ridiculement déplacée. J'ai abandonné, après m'être ridiculisée un certain nombre de fois. Ne rigolez pas mesdemoiselles, je suis certaine que vous n'auriez pas fait mieux. Le statut de groupie aide rarement en définitive à se présenter sous son meilleur jour.

Depuis, j'ai connu beaucoup d'autres énarques : des hommes ou des femmes, des sympas ou des hautains, des intelligents ou des idiots, des cultivés ou des travailleurs, des beaux parleurs ou des timides maladifs, des beaux ou des moins beaux... qui ne me font plus aucun effet. Il y a autant de types d'énarques que d'énarques même. Mais celui-ci aura toujours le privilège d'avoir été le premier, et un premier énarque, dans une vie de jeune fille, ça compte.

31 janvier 2007

Le sport et moi, nous faisons deux

"Mens sana in corpore sano" comme le disait avec une certaine ironie Juvénal dans ses Satires (je ne dis pas ça pour étaler ma culture, hein, mais parce que je pense que peut-être, vous êtes contents de peut-être apprendre des choses). Mais cela signifie-t-il que "mens in corpore non sano non sana" ? Si c'est ça, je suis bonne pour l'hôpital psychiatrique d'ici peu. Parce qu'en toute honnêteté, le sport et moi faisons deux.

La sueur et la douleur ne sont pas les choses de la vie que je préfère. Quant aux endorphines censées venir compenser ces petits désagréments, je n'en ai jamais ressenti les effets ni de près ni de loin. En revanche, le goût de sang dans la bouche, les poumons en feu, les douleurs intercostales et les courbatures, même en y allant doucement, je vois très bien ce que c'est. Dans ces conditions, vous admettrez qu'il est difficile d'y prendre goût.

En réalité, il n'en a pas toujours été ainsi. J'ai 10 ans de danse classique dans les pattes, sans avoir (presque) jamais rechigné pour enfiler mes pointes 3 fois par semaine. Pourtant, dans le genre douloureux, faire porter le poids de tout son corps sur ses orteils pendant 2 heures est dans le top 10 je pense.

Plus récemment, je me suis découvert une nouvelle passion en réalisant mon fantasme d'enfance, me mettre à l'équitation. Ceux qui continuent de penser que c'est le cheval qui fait le plus d'effort n'ont sans doute jamais mis le pied à l'étrier, ou alors sur des poneys shetland immobilisés. Le mérite de l'équitation est de vous faire prendre conscience de muscles dont vous ignoriez l'existence. Chaque cm3 de chair fessière et cuissière est sollicité, et le lendemain, vous les sentez bien, ces muscles qui, l'air de rien, vous aide au quotidien à vous lever, à vous asseoir, à plier les jambes, à marcher.

Alors pourquoi dire que je n'aime pas le sport alors que je suis capable d'enfouir au plus profonde mon côté marmotte pour aller faire quelques tours de carrière ? Je n'aime pas le sport de l'école, ce moment où l'adolescent si bien dans peau est contraint - parfois avec violence par des profs faisant preuve de peu de compréhension et de psychologie - de se montrer dans ses plus beaux atours. Jusqu'à présent, on n'a pas fait mieux qu'un vieux jogging informe pour ridiculiser l'élève. Vous remarquerez que les seuls à avoir des beaux joggings sont de toutes façons ceux qui seraient sexy même dans les joggings pourris : pour avoir un beau jogging, il faut le mériter, donc l'utiliser plus souvent que pour les deux heures réglementaires de sport scolaire. Les moins sportifs ont donc les joggings qui les mettent le moins en valeur.

Attendez, en fait, j'ai sauté une étape : le vestiaire. Le sport à l'école, c'est la joie de se changer en collectivité et d'essayer de se cacher comme on peut. Bizarrement, les profs masculins ont toujours tendance à rentrer sans prévenir, pour annoncer un truc méga important ("N'oubliez pas vos pulls les filles hein, il ne fait pas chaud ce matin"), avec petit coup d'oeil circulaire libidineux, sous-estimant systématiquement le temps nécessaire au changement de tenue. Avec le recul, ça me semble légèrement suspect que Monsieur A. ait réussi pendant tout ma scolarité au collège à venir nous transmettre ses nouvelles de premier ordre pile-poil au moment où nous étions en soutien-gorge.

Après cette première épreuve, il faut subir les échauffements qui nous donnent l'air d'oran-outangs, le regard des autres excédés qu'on n'arrive toujours pas à sauter par dessus le cheval d'arceaux, et les vexations des professeurs, qui trouvent toujours très vite qui est le maillon faible qui restera leur souffre-douleur toute l'année (il faut bien fédérer contre un autre pour éviter de fédérer contre soi). Franchement, si le but est de développer à son paroxysme le mal-être du collégien, je crois qu'on n'a jamais fait mieux. A côté de ça, participer à une classe de découverte naturiste serait presque facile.

Le sport à l'école, c'est aussi la piscine, lieu de luxe, calme et volupté, où l'épreuve du maillot se révèle encore plus redoutable que celle du vieux jogging. Déjà que vous n'avez pas envie qu'on vous voit en jean, alors en maillot de bain... Il faut lutter au collège contre les garçons qui regardent sous les cabines pendant que les filles se changent et qui racontent après à toute la cour que vous avez des poils (ou pas). Il faut essayer de cacher ces seins qui poussent (ou pas) pour éviter de devenir "celle qui en a" (ou pas), ce qui est difficile avec un maillot mouillé. L'épreuve doit être la même pour les garçons avec le moule-zizi. Je passerais sur le fait que l'eau est toujours trop froide, les douches toujours trop courtes, et les cabines toujours trop sales pour mes habitudes de princesse au petit pois.

Dans mon (in)conscient, le sport est un mélange de courbatures et d'humiliations. Alors maintenant que j'ai le choix, j'assume : non, je ne fais pas de sport. De temps en temps, j'aimerais me bouger un peu, comme je le fais en été loin de Paris. Mais pas "faire du sport", les mots à ne surtout pas prononcer pour ne pas m'effrayer. Pourtant, je regarde régulièrement les offres des clubs de sport près de chez moi et même le catalogue Décathlon pour m'acheter de nouvelles tennis. Mais je ne franchis jamais le cap. Promis, demain, je m'y mets (ou pas). Je parie sur le fait que d'avoir le choix me fera aimer ce que je ferai.

25 janvier 2007

Les concours, c'est éprouvant

Aujourd'hui, les blogs sont olé-olé : Cachemire & Soie parle de fonds de robe affriolants, Pensées d'une ronde de clito, Deedee de nu et d'érotisme. Ouais, ben pas le mien. Parce que moi, je parle de trucs palpitants (et super original chez moi) : "les" concours. On dit toujours "les" concours, parce que ça évite de faire prétentieux en parlant d'office de l'ENA (en général, dire à quelqu'un en soirée qu'on prépare l'ENA, c'est pas la meilleure technique de drague, et ça a tendance à jeter un sacré froid). Et parce que souvent, les gens ne sont pas idiots, ils ne préparent pas QUE l'ENA. C'est pourquoi le thème d'aujourd'hui est : "les concours, c'est éprouvant".

Pour qui ne l'a jamais vécu, ça donne un peu l'impression de se lamenter sur tout et n'importe quoi. "Allez, arrête ton char Ben Hur" pensez-vous sans doute. Mais tant qu'on ne l'a pas vécu, on n'imagine pas à quel point c'est vrai : les concours, c'est éprouvant.

Bien sûr, c'est éprouvant socialement. Vos amis qui ne passent pas les concours ne comprennent tout simplement pas pourquoi vous faites la morte. Vous ne faites pas la morte, vous avez simplement cours, le matin tôt, le midi tout le temps, et le soir tard. Quand vous n'êtes pas en cours, vous révisez. Et ensuite vous passez les concours. Même les meilleures volontés finissent pas se lasser de vous proposer des sorties que vous refusez immanquablement. Oui, bien sûr, il faut s'accorder des "respirations" de temps en temps, comme me le répète mon père, très soucieux de ma santé mentale. Mais je ne peux pas respirer 7 fois par semaine. Une à deux fois par semaine en général. Et à ce rythme-là, la rotation de mon carnet d'adresses n'est pas près d'arriver à sa fin.

Il y a aussi les amis qui passent les concours. Ceux-là comprennent très bien, et sont dans le même cas. L'avantage, c'est que je peux les voir entre deux cours, pour un café plus ou moins rapide selon mon ardeur au travail. C'est pour ça que les énarques sont tous très copains entre eux. L'inconvénient c'est que si vous n'avez pas tous le même concours en même temps, ça peut détruire de très belles amitiés (et je ne parle pas uniquement de la séparation géographique entre Paris et Strasbourg...).

Enfin, il y a les amis qui passent les concours mais pas les mêmes que vous. Les risques de rivalité sont minimes, par définition. Mais les chances de se voir aussi : entre les écrits, les oraux, les résultats, les révisions, les re-écrits, les jours de compatibilité des emplois du temps sur l'année se comptent sur les doigts d'une demie-main.

Ensuite, les concours, c'es éprouvant physiquement. L'année dernière, j'avais été saisie d'effroi en côtoyant pendant quelques jours des prepénarques au mois de février. Moi qui revenais de 6 mois à Berlin, j'ai été effrayée par leurs têtes de cadavres. Ils n'étaient même plus blancs, ils étaient gris. Finalement, je trouve qu'il y a moyen de s'en sortir sans devenir gris, et pas seulement grâce à M. Blush.

En revanche, le vrai moment des concours, c'est moins drôle. Le corps en prend plein la figure : j'ai mal aux fesses et au dos à force d'être assise à bosser toute la journée. Que ce soit à la bibliothèque, à mon bureau, en cours, dans mon lit, j'ai mal. Je craque de partout et je rêve d'un home kiné (sans -ma).

Passer les concours signifie aussi en général une légère perturbation alimentaire. On n'a ni le temps ni l'envie de faire la cuisine. On mange en travaillant. On mange en plein concours (le mec qui a inventé les épreuves de 10h à 14h est salué bien bas de ma part). L'aspirant fonctionnaire a dès lors le choix entre arrêter de manger (je suis impressionnée par la prévalence élevée de cas d'anorexies évidentes parmi les candidates) ou se gaver de cochonneries, qui ont en plus le mérite d'être réconfortantes. La semaine dernière, j'ai fait 3 dîners à base unique de Pringles (oui mais Light :D) Spicy Thaï. Pendant les épreuves, je me nourris exclusivement de petits gâteaux de 7h à 17h. Heureusement que ça ne dure pas 6 mois. Ah si en fait, ça dure 6 mois. Faut juste réussir à concentrer le rythme sur deux semaines pour ne pas finir carencée mais obèse.

Et puis il faut bien le dire, c'est fatigant. La première fois, je me suis dit qu'il fallait quand même être petite nature pour finir sur les rotules après avoir fait rien que 5 petites épreuves de 5 heures. Nan franchement, j'ai déjà travaillé plus de 25 heures dans la semaine (Marie-Georges n'est pas encore au pouvoir) et je n'en suis pas morte. Mais là, c'est différent. Même quand on n'est pas stressé, on dort légèrement moins bien. On se lève tôt pour aller aux épreuves, on se couche tard pour relire une dernière fois le cours super important (qui ne tombera finalement pas) et tous les jours le cirque recommence. La course contre la montre sur les derniers instants pour réussir à faire une jolie conclusion pas bâclée lamine tout le monde si ce n'était fait avant.

Last but not least, les concours, c'est éprouvant mentalement. Je pense que tout le monde peut comprendre en quoi c'est stressant, donc je ne développe pas.

De plus, c'est frustrant. Le coup de la micro-question qui porte sur le millionième du programme du concours notamment... On se dit toujours qu'on aurait pu faire mieux et plus. Tout se joue parfois à un point (pensées compassionnelles à tout ceux qui terminent "premier non-admis" ou "premier sur une liste complémentaire qui ne sert jamais à rien"). Admettez qu'il y a de quoi devenir un peu chèvre. Et je parle même pas de l'attente perpétuelle des résultats : il y peut y avoir jusqu'à 7 mois entre le début d'un concours et son dénouement. 7 mois pendant lesquels la vie n'est pas censée s'arrêter.

Malgré tout ça, il y a toujours des candidats, et de plus en plus nombreux. A croire que nous sommes masos. Ou résistants. Ou inconscients.

Sinon, moi, ça va bien, je vous remercie (le pire... c'est que c'est vrai !).

24 janvier 2007

Greluche ?

Bon, comme certainement un bon paquet de bloggeuses aujourd'hui, j'ai perdu quelques minutes de mon précieux temps à faire le Greluche Test découvert grâce à Deedee. Le verdict est tombé : waouh, je ne suis que très modérément Greluche, contrairement à ce que peut laisser croire ma collection :
- de mascara (chaque tube étant d'une couleur subtilement différente de celle de son voisin, qui lui allonge les cils mais ne les épaissit pas, alors que le troisième les étoffe sans faire de paquets et que le quatrième les recourbe)
- de chaussures (mais chaque paire a sa spécificité : talons comme ça ou pas comme ci, couleur, style, bout)
- de fard à paupière (les discrets, les flashy, les mats, les irisés, les à mettre juste par dessus du khôl parce qu'ils sont gras et les à mettre sous les sourcils pour éclairer)
- de jeans (le très vieux très cool du dimanche tellement porté qu'on dirait une greffe de peau de Schtroumpf, le classe qui va avec les bottes et les escarpins, le pailleté qui fait un peu girly, le brodé qui fait carrément girly)
- et de tout un tas d'autres trucs qui font que je suis comme je suis.

Le test l'a dit : je ne suis pas Greluche. Et c'est forcément vrai. Même si je fais des tests beauté pour madmoizelle.com. Même si, en sortant de mon épreuve d'économie, je suis allée faire du shopping pour enfin dégoter le manteau marron qui manquait à ma panoplie de manteaux depuis 3 ans (cf. ci-contre). Même si souvent, quand je ris, je glousse. Que cela soit dit : la science a parlé, je ne suis pas une Greluche.

C'est sans doute pour ça, d'ailleurs, que j'ai un peu tilté en passant devant la parfumerie en bas de chez moi ce matin. En grand dans la vitrine trônait la pub pour le produit tout nouveau-tout beau d'une marque que j'affectionne en général, mais qui a soudain perdu toute considération de ma part.

Cette jolie bouteille a l'air franchement anodin et pourtant, j'ai eu la très désagréable impression qu'on me prenait pour une Greluche. Que dit la pub ? "Pensez-vous que les ondes électromagnétiques puissent traverser les murs sans traverser votre peau ?".

Bien sûr, "électromagnétique", ça fait peur. Mais franchement, qu'un spray cosmétique s'attaque à ce genre de choses me laisse sans voix. Certes, comme dirait Fab, "il y a peut-être d'autres choses plus importantes sur lesquelles s'énerver". Mais je n'aime pas être prise pour une cruche.

En outre, cette pub a le défaut de me faire immédiatement penser à cette secte (les Raéliens ? les "habits blancs" ? Moon ?) dont les membres aiment à se promener enrubannés de papier d'alu pour se protéger de ces courants d'énergie négative qui leur vole leur cerveau, comme la ménagère de moins de cinquante qui regarde le téléachat aime à faire le ménage emballée dans du cellophane pour se débarasser de sa cellucite.

Alors suis-je inconsciente ? Suis-je trop peu hype ? En tout cas, il est certain que ce spray ne délestera jamais mon porte-monnaie. Si jamais un jour, il faut réellement stopper les ondes électromagnétiques pour éviter le vieillissement de ma peau (qui est de toute façon inéluctable, soyons réalistes), je me ferai un masque de papier d'alu, comme tout le monde. Qu'est-ce qu'on aura l'air con quand même ce jour-là... Peut-être qu'un spray incolore ne serait finalement pas plus mal ?

Mais la situation est loin d'être aussi critique pour l'instant. Et je ne me jetterai pas dans les bras du grand capital cosmétique cette fois-ci. Parce qu'il y a toujours une limite dangereuse à ne pas franchir : à force de prendre grossièrement les gens pour des greluches, on finit par leur envoyer un électrochoc qui les ramène à la conscience : "mais non je ne suis quand même pas SI greluche que ça !".

23 janvier 2007

Vautrage

jlqp avait beau me dire hier "on ne peut pas rater un concours de la fonction publique quand on aime Joe Dassin", j'ai le malheur de vous annoncer que si, on peut. Enfin, rien n'est encore joué, mais il y a comme qui dirait de fortes présomptions.

Hier j'étais légère (mais pas court vêtue pour une fois, fait froid). Je me disais que je n'avais pas révolutionné la pensée moderne, mais après tout, ce n'est pas ce qu'on nous demande. J'ai eu l'impression de faire un devoir acceptable.

Ce matin, tout a basculé, et j'aurais presque envie de pleurer si j'étais cyclothymique (ou sous Duphaston). Mais ce n'est pas le cas, donc je serre les dents, en espérant que ça soit rattrapable. Je vais quand même expliquer ce qui m'est arrivé, parce que nom-de-D***-de-p*****-de-b*****-de-m**** (c'est l'injure préféré de mon papa quand il bricole. Quand il utilise son marteau ou sa scie, il a toujours besoin de beaucoup jurer, ça l'aide. Et ça énerve beaucoup maman, parce que "quand même, ça ne fait pas très chic. Tu pourrais au moins jurer en chuchotant". Ben non, jurer en chuchotant, c'est comme chanter I will survive à jeun et en fredonnant).

Les faits : les programmes des concours de la fonction publique, c'est toujours énorme, voire sans fin. Mais ceux du Quai d'Orsay sont selon moi particulièrement énormes. Par exemple, ce matin, j'avais Questions internationales, mon grand dada habituellement (je vais peut-être changer d'avis). Le programme de QI (pour les intimes) c'est : le droit international public (rien que ça, c'est beaucoup), l'histoire diplomatique depuis 1914 (là encore, ça pèse) et en gros, ce qui passe dans le monde en ce moment (la Chine, les ONG, la Corée du Nord et celle du Sud, le trafic de drogue, le Canal de Beagles, les mafias, le Nakhitchevan, l'environnement, l'OSCE, Guantanamo, le Traité constitutionnel européen, tout tout tout et plein d'autres choses encore). En gros, il y a un bon gros programme. Mais ce n'est pas grave, j'aime ça.

Certes, mais parfois, c'est tellement énorme qu'il faut faire des choix. Tout le monde fait des choix. On mise sur des sujets, en se disant que vraiment, "ça" a toutes les choses de tomber. Cette année, j'avais misé sur la prolifération (nucléaire mais pas seulement), les espaces / les flux / les migrations / les ressources, la justice pénale internationale, la gestion des identités, principalement. Et puis il y avait les impasses : l'environnement était trop casse-gueule et pas assez juridique pour valoir le coup d'une dissert de 4 heures, les problématiques régionales ne tombent jamais, la notion de conflit est aussi trop réductrice. Et puis les Nations-Unies, ça aussi on pouvait passer. Ohlala, ne croyez pas que c'est inintéressant, ni même que je pense que ça ne vaille pas la peine d'être vu. Les Nations-Unies, c'est vrai que c'est TRES important. Seulement... seulement, ça fait déjà 2 fois de suite que ça tombe. 2 fois, c'est déjà statistiquement quasi-improbable, alors trois fois... je me marre tellement ce serait comique et inédit. Ahahahahahahah.

Sauf qu'hier soir, j'ai eu un doute. En culture générale, hier, notre sujet portait sur la mémoire nationale, l'Etat tout ça. Or l'histoire / la mémoire, ça faisait pile-poil la troisième fois qu'ils le ressortaient. Forcément, ce n'est pas ce que j'avais le plus travaillé. J'aurais aimé recaser ce bouquin de Ricoeur sur les Commissions Réconciliation et Vérité de l'Afrique du Sud, mais je ne me rappelais plus du titre (La mémoire, l'histoire, l'oubli pour les curieux). J'ai essayé de tirer ce qu'il me restait de Eichmann à Jérusalem : trop peu pour faire une citation qui ne fasse pas "je ne sais pas de quoi je parle mais je le mets quand même parce que ça fait toujours chic de citer Arendt". J'avais des souvenirs de choses que j'aurais voulu mettre mais qui ne servaient à rien car trop imprécis. Mais j'avais d'autres choses à dire, ma hotte n'est jamais vide. Ce n'était pas tragique, juste un tout petit peu énervant. Et puis on nous répète tout le temps que trop de références tue la référence...

Donc hier soir, j'ai douté : et s'ils faisaient pareil pour les Questions internationales ? Impensable non ? Le programme est tellement vaste qu'il faudrait vraiment être débile pour reprendre 3 ans de suite le même thème. J'ai donc relu la prolifération avec force et courage.

Et ce matin, quand j'ai retourné mon sujet, le mot "Nations-Unies" m'a tout de suite sauté aux yeux. La dernière fois que j'ai bossé à fond le thème, c'était en juin dernier. J'ai rassemblé mes dents et mes connaissances, et je me suis lancée. Bien sûr, j'ai réussi à écrire quelque chose. Bien sûr, j'ai tenu mes 4 heures, 2 parties, 2 sous-parties, accroches, définition des termes du sujet, problématique, annonce de plan. Bien sûr, parce que tout ça est très bien huilé maintenant. Et puis sur les Nations-Unies, toute personne se cultivant un minimum et lisant de temps en temps les journaux a quelque chose à dire.

Le problème, c'est que ceux qui ont conçu ce sujet (et manquent cruellement d'originalité) attendent largement autre chose de ma copie qu'un article du Monde avec ses imprécisions, ses floutages artistiques ("1969 ou 1971 ? début des années 70, en espérant que ça passe !"), ses grossieretés intellectuelles. Ca donne un peu envie de pleurer de rage d'avoir travaillé autant, pendant si longtemps, pour se faire couillonner de la sorte.

Vous me direz, si j'avais vraiment travaillé comme une malade, je n'aurais fait aucune impasse, absolument aucune, j'aurais été aussi incollable que sur la BLU-82 "daisy cutter" (ah ça, je peux en parler tant que vous voulez). C'est vrai, je n'aurais pas dû faire d'impasse. Mais bien que ce soit le propre des concours à sujet unique, je trouve ça toujours terriblement frustrant de passer des heures, des jours, des semaines, des mois et pour certains des années à bosser un programme tellement lourd que tout n'est pas dans Wikipédia, pour se retrouver à parler d'un millionième du programme. Parfois, ce millionième, vous le maîtrisez sur le bout des doigts, parfois pas. C'est de toute façon toujours un peu injuste.

Le côté rassurant c'est : tout le monde (mis à part les insouciants complets qui ne regardent jamais les annales) est dans le même cas que moi, personne ne pensait voir ce sujet tomber une fois encore. Le côté pas rassurant c'est : je ne pense pas avoir fait foncièrement mieux que les gros glandeurs qui n'ont rien foutu d'autre que de lire Courrier international et n'ont aucune idée de ce qu'est la BLU-82 ni même le régime 93+2. Mais ça, personne ne nous demandait d'en parler, bien sûr.

Monsieur le correcteur, si jamais vous passez par ici en vous promenant, ne croyez surtout pas que je ne vous aime pas, hein, c'était juste histoire d'écrire un billet. Et NON, vous n'êtes pas débile, et NON, vous ne manquez pas d'originalité. :D

Bande de pinioufs !

20 janvier 2007

Le petit cadeau du samedi soir : le quart d'heure Joe Dassin

Alalalalalah, je vous entends déjà ricaner là-bas, dans votre canapé ou sous votre couette, voire même au bureau (c'est mal de commencer sa matinée du lundi matin par la tournée des blogs), rien qu'en lisant le titre. Joe Dassin ? Et oui, Joe Dassin, et je vais même expliquer pourquoi.

En écoutant il y a déjà quelques temps le dernier album de Bénabar, j'ai entendu la chanson dans laquelle il promet de venir sauver son pote de la dépression en lui chantant "du Joe Dassin". Du coup, j'ai mené ma petite enquête auprès de quelques personnes bien choisies, qui était consituée des questions suivantes :
  • et toi, ça te remonterait le moral si je venais te chanter du Joe Dassin ?
  • si oui, c'est laquelle ta préférée ?

Il est ressorti de ce sondage express que :
  • Joe Dassin est un formidable anti-dépresseur
  • tout le monde a une "chanson préférée" de Joe Dassin. Pour tous mes sondés, il y a UNE chanson qui a pour eux un sens particulier, qui les touche, qui les fait marrer, qui les émeut. Chacun a en quelque sorte SA chanson de Joe Dassin. En revanche, étant donné que mon échantillon n'était ni représentatif ni massif, je ne peux donner de directions générales et à valeur universelle relative à l'orientation musicale des Français : je ne sais pas quelle est la chanson que la majorité des Français préfère.
Moâ, il y a une chanson de Joe Dassin qui me fait toujours frémir, parce que (attention, fleur bleue débarque) "c'est TELLEMENT beau ce qu'il dit" (avec trémolos dans la voix). Ca marche à tous les coups, j'ai le ventre qui palpite et le coeur qui frissonne, le ventre qui frissonne et le coeur qui palpite. Je n'ai encore jamais pu tester, mais il me semble que pour me draguer, il me suffirait presque de me la chanter en play back - avec conviction et sans strabisme - pour que je fonde comme chocolat au four. Ma chanson fétiche, c'est celle-là :



Mais d'autres sont bouleversés par un grand classique devant l'Eternel :


Joe Dassin - Et si tu n'existais pas

Ou encore celui-là :


Le petit pain au chocolat

Certains sont requinqués par la marguerite entre les incisives :


joe dassin - la fleur aux dents

La fleur aux dents, d'ailleurs reprise par celui qui ma soeur appelle "son beau-frère", Vincent Delerm (j'aime quand il me dit "et puis il y a la femme qu'on attendait" en me regardant dans les yeux)? Malheureusement, je n'ai trouvé que cette version avec Katerine :


Vincent Delerm & Philippe Katerine

Sans oublier les deux incontournables (mais que je ne supporte vraiment plus en réalité) :

"Les Champs-Elysées"


L'été indien-joe dassin


Alors voilà, vous ricaniez, mais je suis absolument certaine qu'il n'y en a pas un seul qui a résisté au plaisir de cliquer sur au moins l'un de ces lecteurs, voire de chantonner en douce, juste parce qu'on ne peut pas se retenir, et qu'après tout, c'est vrai que Joe Dassin, ça fait du bien...

PS / hé, zavez vu, je sais enfin faire des paragraphes justifiés et des listes à puce !! On progresse un peu tous les jours...

18 janvier 2007

Désordres

Il y a un truc qu'il faut que je vous dise. J'aimerais essayer d'extérioriser un bon coup, peut-être que ça me guérira. Ce n'est pas bien grave, assez discret, et pas handicapant socialement. En gros, je suis dyslexique.
En fait, je ne sais pas si je suis vraiment dyslexique. Je n'ai jamais été diagnostiquée par un spécialiste de la question ni rien. Je n'ai même pas été suivie, puisque je n'ai pas eu de difficultés dans l'apprentissage de la lecture ou de l'écriture, ce qui est en théorie le premier signal d'alarme. Mais dans ma vie de tous les jours, je me rends bien compte que j'ai un léger problème.

La dernière fois, je pensais que c'était une bonne idée d'aller me promener un peu, histoire de glâner quelques macarons chez le sublime pâtissier pas trop loin de chez moi. Les pomme-cannelle sont aussi originaux que savoureux. Mais juste à côté de la boutique de gourmandises colorées, il y a une maroquinerie. Forcément, quand j'ai vu marqué "maroquinerie", j'ai traversé la rue. C'est vrai : macaron et maroquinerie, c'est proche quand même. Quand j'ai vu tous les sacs, j'ai eu un moment d'incompréhension et j'ai réalisé. Je réalise vite maintenant, parce que je suis habituée. Mais je ne peux m'empêcher de me dire que je suis sacrément cruche.

Mais il n'y a pas que les lettres, il y a aussi les chiffres. Et là, ça commence à m'embêter un peu plus. Pour moi, il n'y a, au premier abord, aucune différence entre 124 et 142. Après, en faisant attention, en me concentrant vraiment, j'arrive à voir la différence. Je sais même - je sais, je suis un peu Einstein dans mes bons jours - que 124 est inférieur à 142. Mais à la première lecture, je mélange tout.

Cette confusion dans les chiffres est plus problématique, notamment quand j'essaie de me mettre en tête des résolutions du Conseil de Sécurité. Je ne VOIS pas la différence entre la résolution 1373 et la résolution 1737. Alors j'apprends par coeur "résolution 1373 = sanctions contre l'Iran" / "résolution 1373 = sanctions contre l'Iran" / "résolution 1373 = sanctions contre l'Iran" / "résolution 1373 = sanctions contre l'Iran" / "résolution 1373 = sanctions contre l'Iran" / "résolution 1373 = sanctions contre l'Iran" jusqu'à ce que ça rentre. Toute fière de moi, je me rends compte qu'en réalité, ce n'est pas la 1373 mais la 1737. On prend les mêmes et on recommence.

Ces désordres internes m'ont également valu quelques secondes d'émotion à la réception de résultats dernièrement. Afin d'ôter toute information intéressante de ce post, je vais prendre des chiffres absolument fantaisistes. Je reçois donc mon relevé de notes, je l'ouvre et le mot "admissible" me saute aux yeux. Ce n'était pas possible, j'avais bien regardé la liste, et j'étais certaine de ne pas avoir été dessus, sans même en être étonnée. Je lis la phrase en entier : "Le dernier admissible a obtenu 3175 points". Je remonte pour voir mes résultats : j'ai justement obttenu 3175 points. HEIN ??? QUOI ??? NON !!!! Je vérifie après avoir respiré un grand coup... Ah, j'en étais sûre : je n'ai Dieu merci que 3157 points. On peut se dire qu'après tout, la différence entre 3175 et 3157 est faible. Mais parfois, ça change une vie.

D'où je tiens ça ? J'ai ma petite idée : ma môman est exactement pareil. C'est une gauchère, elle en a tous les travers en ce qui concerne la latéralisation, et j'en ai hérité. Attention, je ne dis pas que les gauchers sont moins doués que les autres. La preuve en est que ma mère est 10 fois plus douée de sa main gauche que ma soeur (droitière) de sa main droite. On peut être gaucher et adroit, comme on peut être droitier et gauche. Mais à son époque, être gaucher n'était toujours pas très bien vu et on l'a un peu perturbée en voulant la faire changer de main. Aujourd'hui encore, bonjour les dégâts.

Morale de l'histoire : attendons de voir si ma confession résoud mes problèmes.

17 janvier 2007

Je l'ai !!!

Ca y est, je l'ai !!! Il est arrivé ce soir chez moi, avec juste un peu l'aide du gardien. Une chambre dans une chambre. Ron ne le sait pas, mais lui et moi, ça fait pas mal de journées qu'on passe ensemble sous la couette. La première fois, on y est resté un week end entier, à rigoler ou à avoir la larmiche à l'oeil. J'ai lu toutes ses Histoires d'hôpital, toutes celles qui étaient encore en ligne, en attendant la sortie du livre.

Ce soir, je pourrais encore passer une nuit avec lui en tête à tête. Mais je suis partagée : ce n'est vraiment pas le moment d'entamer un livre que - je le sais par avance - je ne pourrai pas lâcher avant le dernier point. En espérant que ça se termine par un point. Et en même temps, ça me brûle les yeux de commencer.

La dernière fois que j'ai affronté un tel dilemme, c'était pour la saison 2 de Desperate Housewives, qui était en entier sur un site de vidéo bien connu bien avant sa diffusion en France. Je me suis dit que j'allais être raisonnable, que j'allais regarder au maximum du maximum deux épisodes par jours. AU GRAND MAXIMUM. J'en étais à l'épisode 12 lorsque le fameux site a découvert que tout cela n'était sans doute pas très légal et que TOUS les épisodes ont été effacés du jour au lendemain.

Même si dans le cas de mon bouquin - oui, à partir de maintenant, c'est le mien, et non plus celui de Ron - il ne risque pas de s'envoler dans la nature, j'hésite. Peut-être que je pourrais être raisonnable et lire... disons... une cinquantaine de pages seulement ce soir ?

16 janvier 2007

Le message (d'un autre) du jour

Pour masquer mon manque de temps, je me contente aujourd'hui de vous renvoyer vers un blog que j'ai découvert depuis peu, poétiquement intitulé Le silence des lois.

Vous y trouverez des analyses très intéressantes qui ne manquent pas de grains moulus (mais jamais pré-moulus) sur un tas de choses de la "vie publique", sur ce qui anime la cité et sur lesquelles on entend en général tout et n'importe quoi. Surtout n'importe quoi.

Silence des lois décortique, explique, analyse. Souvent, c'est juridique, mais comme il se cache toujours quelque chose de profondément humain et quotidien derrière ces textes juridiques, vous apprécierez sans doute, même sans être fan de la prose du Conseil d'Etat.

Le dernier billet est particulièrement marqué par le sceau de la sagesse et de l'esprit critique. La citation de fin est à se répéter tous les matins (en particulier avant d'aller acheter ses cadeaux de Noël).

Si jamais se cache sous cette plume blogguesque de qualité mon prof de droit public so sexy, je veux bien l'épouser à Vegas après-demain. En fait non, là, après-demain, ça va faire un peu juste, mais à partir du 29 janvier, j'ai un créneau de libre.