02 novembre 2005

Le soleil se couche à 16 heures...

Ca pourrait etre le titre faussement énigmatique d'un énième mauvais bouquin de Mary Higgins Clark ; ce n'est que la triste réalité biospatiale (je ne suis pas certaine que le terme soit tout à fait approprié, mais c'est joli comme mot, non ?) de Berlin. Etant disposée sur les cartes nettement plus a l'est que Brest (mais plus à l'ouest que Brest-Litovsk malgré tout), le soleil disparait plus tot du ciel. Je savais tout ca avant de venir. Je le savais meme avant de poser ma candidature pour le AA (arretez de rigoler, ceux qui rigolent. Je n'y peux rien si les Allemands appellent leur Ministère d'un mot de bébé). Je le savais, et pourtant, je trouve ca rude de devoir abandonner l'idée de voir la lumière du jour en sortant du bureau. Foutu changement d'heure...

En ce moment, je fais un truc TRES ennuyeux, TRES fastidieux, mais TRES necessaire et TRES urgent (d'après mon chef). Donc je le fais. Et le coté positif, c'est que comme je passe mes journées à farfouiller sur internet pour trouver les informations parfois très cachées qu'il me faut, je tombe parfois sur des choses très intéressantes, qui n'ont rien à voir avec mon sujet de recherche de départ.

La citation du jour sort directement de ces recherches parallèlles : "La vitesse de la lumière est supérieure à celle du son ; c'est pourquoi certains ont l'air brillant avant de se révéler cons." Aaaaaaaaaaaaaaaahhh, c'est pour ca... Il fallait le dire que c'était scientifiquement prouvé, ca explique beaucoup de choses...

30 octobre 2005

B(erlin)ollywood party !

Une chose en entraînant une autre, je me suis retrouvée hier soir à me déhancher sur les tubes les plus tubesques des derniers films bollywoodiens. Pour expliquer comment tout ça m'est arrivé, il faut revenir à lundi, jour damné qui marque la fin du week end.

Lundi matin, j'ai participé pour la première fois au "Praktikantenprogramm" du AA, ce qui m'a permis d'aller visiter la Chancellerie. Je passe rapidement sur la bâtiment, qui m'a autant déçu que le Bundestag m'avait emballée. En gros, ça ressemble vaguement à un hôtel d'aéroport : c'est joli et moderne, mais froid et impersonnel. Heureusement que je ne serai jamais Chancellière d'Allemagne. En revanche, cette visite m'a permis de faire la connaissance de quelques stagiaires sympas.

Quelques déjeuners de filles et un ciné (Pride and prejudice, sans intérêt mémorable) plus tard, me voilà pleinement intégrée dans la secte des stagiaires. Pour fêter cette intronisation et le début du week end, soirée extrêmement sympathique au non moins sympathique "Zu dir oder zu mir" de la Lychener Strasse pour "fêter" le départ de Timothy, lui aussi très sympathique, bien évidemment.

Lors de la soirée, Mina, une de mes nouvelles super-copines-à-la-vie-à-la-mort-avec-qui-je-peux-enfin-parler-d'autre- chose-de-plus-superficiel-que-la-situation-géopolitique-du-Tadjikistan, me confie son désespoir : le Meena-Club fait une une soirée Bollywood le lendemain, et elle n'a trouvé personne qui soit suffisamment fan de Shahrukh Khan pour l'accompagner. Et soudain, moi qui rêve de voir enfin Devdas en entier, je me suis sentie appelée à aller me déhancher sur Chalak Chalak et autres Dum Maro Dum. Et c'est comme ça que j'ai atterri à la soirée Meena-Club à Kreuzberg (www.meena-club.de).










La soirée était vraiment bien, la musique à la hauteur de mes espérances, mais le plus intéressant était au final les co-fêteurs et leurs différents styles de danse. Mina, pour commencer par mon accompagnatrice, était tout de suite super à l'aise et ses origines afghanes sont vite apparues évidentes ! Il y avait aussi pas mal de "vrais" Indiens, en saris et connaissant toutes les chansons par coeur. Les hommes ont vraiment une étrange façon de danser... surtout quand ils montent sur scène pour faire montre de leurs prouesses artistiques. Il y avait les couples mixtes, qui inversaient pour une soirée les rôles d'autochtones et d'expatriés. Les néo-non-indigènes faisaient de leur mieux pour s'adapter à leur nouvelle culture, parfois en vain. Et surtout, il y avait les plus intéressants : les baba-cools allemands en sandales et saris qui venaient se remémorer leur voyage à Bombay en 1969, dont le style mêlait nostalgie et transe.

Le reste du week end a été moins exotique, mais tout aussi agréable en particulier le festival spontané de musique de rue dans... ma rue, dont je suis actuellement en train de profiter depuis la terrasse ensoleillée de mon café internet (bon, ce n'est pas Bamako non plus, je suis en gros manteau...).

Ma soeur m'a annoncé hier qu'elle m'offrait pour mon anniversaire un petit séjour à Barcelone en sa compagnie entre Noël et le Nouvel An. J'attends vos bonnes adresses avec impatience !

25 octobre 2005

De la hiérarchisation importancielle dans l'actualité allemande

Je sais je sais, ca fait une petit bout de temps que mes empechements technologiques ont entrainé un silence des plus sliencieux. J'en suis navrée, et j'espère pouvoir mettre tres bientot en ligne ma production littéraire du week end.

En attendant de retracer mon emploi du temps de ces 2 ou 3 dernières semaines, voici deux informations hautement capitales pour vous faire patienter.

D'une part, j'ai fait ce matin une découverte de prime importance pour ma bonne compréhension de l'AME allemande. Pour ceux qui se demandent ce qu'est une AME, c'est comme une ame avec-un-accent-circonflexe-sur-le-a-que-je-n'arrive-pas-à-faire, mais en plus gros. Ce matin, en attendant mon tram sous la pluie, j'ai assisté à un évènement du quotidien qui, malgré sons caractère parfaitement... quotidien, m'a interloquée : j'ai découvert comment les poubelles allemandes étaient ramassées par les services municipaux. Alors qu'en France, la séparation de la société en classes perdure parmi certains groupes de la population, 300 ans après la Révolution francaise, l'Allemagne a certes raté sa révolution communiste en 1919, mais son modèle égalitaire est plus poussé en ce qui concerne les éboueurs.

Je m'explique : en France, vous avez le Tiers-Etat des éboueurs, ce sont ceux qui sont debout à l'arrière et à l'extérieur du camion. En hiver, vous vous prenez la pluie, le froid et le vent. En été, vous vous prenez le soleil et l'odeur des ordures en putréfaction accélérée par la chaleur. Été comme hiver, vous etes exposés à tous les dangers. A cote du Tiers-Etat, vous avez la noblesse des éboueurs, ceux qui conduisent le camion. Les éboueurs annoblis sont au chaud et à l'abri des odeurs. Ramasser ou conduire, il faut choisir.

En Allemagne, rien de tout ca. Tous les eboueurs sont sur un pied d'égalité, et pas sur une marche à l'arrière du camion. Non non non non non, car en Allemagne, les ramasseurs sont les conducteurs, et vice versa. Devant chaque poubelle, le camion s'arrete, le conducteur et son passager sortent du camion (équipé, je tiens à le signaler, de portes ultramodernes facon portes de bus), vont chercher la poubelle, vident la poubelle dans la benne, remontent dans le camion et repartent jusqu'à la prochaine poubelle. Je crois que c'est l'un des meilleurs exemples permettant de soutenir la thèse selon laquelle l'URSS a peché par trop de communisme et trop d'égalitarisme : trop d'égalite tue l'efficacité. Et pendant ce temps, les Allemands attendent dans les tramways.

Autre évènement de la plus grande importance au pays de Goethe : Heidi Klum a fini par accoucher, ce qui était prévisible depuis un bout de temps. Elle exhibe donc son bonheur à toute l'Allemagne par l'intermédiaire des couvertures des journaux, qu'elle a de toutes facons l'habitude de fréquenter. Et là, VENGEANCE de la nature, son bébé, qui n'est pas roux (pour les non-peoplistes incultes, elle l'a fabriqué avec le chanteur Seal connu pour son teint d'ébène plus que pour sa blondeur scandinave, l'inverse de Heidi en somme), est d'une laideur absolue. Il ressemble à ce vieux boxeurs des années 70 complétement abruti par une combat, le nez défoncé, les yeux bouffis et à moitié clos. Et en plus, il a des poils partout. Pourtant, pourtant, Heidi doit le trouver à son gout puisqu'elle rayonne de bonheur malgré un vraisemblable baby-blues inévitable :



Il est parfois des petits détails insignifiants qui sont méchamment jubilatoires...

23 octobre 2005

Rattrapage en double décalage

Wow, quasiment deux semaines de récit de vie (trépidante bien évidemment) à rattraper… Difficile de commencer par le début, les souvenirs si frais se mélangent déjà. Je vais donc pouvoir améliorer mon style hautement durassien en déconstruisant sciemment le fil chronologique de mon existence. « Die Kunst, Recht zu behalten » dirait mon vieux copain Schopenhauer.

C'est marrant, je sens que mon intégration dans le système allemand commence réellement à se faire. Un tas de détails le prouvent :
- j'arrive en avance aux réunions car j'ai fini par comprendre que « réunion à 8h45 » ne signifiait pas « on se retrouve vers 8h45 » mais « à 8h45, la réunion commence ».
- je maîtrise mieux le clavier qwerty du bureau que l'azerty de mon mac chéri.
- je comprends et apprécie la subtilité linguistique des mails de Falkie, qui me font enfin rire.
- je mange du fromage au petit-déjeuner avec mon sacro-saint café au lait (parfois).
- je dis mon nom quand je décroche le téléphone avant même de dire allô ou bonjour.

Il me reste encore du chemin à parcourir avant d'être parfaitement allemande ; je n'y peux rien, mais d'entendre la secrétaire me dire, regard hautement réprobateur à l'appui « Sie sind späääääääääät » quand j'arrive dans son bureau à 15h00 (et peut être quelques secondes) alors qu'on avait dit 15h00, ça continue de me crisper. Mais pour une retardée chronique comme moi, c'est formateur. De toute façon, je crois que malgré mes efforts, mes collègues trouvent que je suis l'archétype de la Française. J'ai vaguement entendu une fin de phrase ressemblant à « typisch Französin », et sans vouloir être mégalo, je ne vois pas très bien à qui cette remarque pouvait concerner d'autre dans la salle : en dehors du fait que j'étais la seule Française, j'étais également la seule fille.

Et une autre collègue, qui vient de passer 3 ans en poste à Paris, m'a dit à quel point elle trouvait « parisienne » ma faculté à porter des talons aiguilles en toute occasion. Ce qu'elle ne sait pas, c'est que je vais bientôt arrêter. Car s'il y avait une seule raison pour laquelle je ne devais pas aimer Berlin, je dirais que les petits pavés faisant office de trottoir et les Baustelle omniprésentes font définitivement de cette ville l'ennemie de toute femme en escarpins. Évidemment, c'est un drame local, et je ne comprends pas que les autorités publiques ne se soient pas encore saisies du dossier. Cette remarque, assez insignifiante à la base, de ma collègue a fini par la pousser à développer une théorie dont l'audace intellectuelle justifie pleinement qu'elle figure ici : selon elle, le style des habitants d'une ville serait déterminé par les conditions urbano-géographiques de cette dernière. Le « chic parisien » si réputé ne serait donc pas le résultat de siècles entiers dédiés à la recherche de l'esthétique parfaite, mais à de simples conditions matérielles permettant à celui-ci de s'exprimer. À l'inverse, le style « cool » des Berlinoises, qui ne portent jamais d'escarpins, ne serait dû qu'à l'impraticabilité des trottoirs de la ville. Comme vous pouvez vous en rendre compte par vous-mêmes, les couloirs du Ministère sont une sorte de think-tank (post-moderne, Adalbert ??) extrêmement performant mettant au point chaque jour de nouvelles théories permettant d'affermir la paix dans le monde.

En dehors de ces small talks de couloir - pour lesquelles je commence sensiblement à m'améliorer après des débuts catastrophiques - j'ai eu quelques activités culturelles pleinement satisfaisantes. J'ai eu la chance de visiter « dans le cadre de mes fonctions » (hihihihihihihihi) le Bundestag revisité par Foster. J'ai été plus qu'impressionnée par cette visite. La façon dont l'Histoire, même ses moments les plus noirs, est assumée et utilisée comme force intérieure, la place de premier choix laissée à l'Art et enfin la réussite architecturale de cette transformation font du nouveau bâtiment du Reichstag un monument incontournable de l'identité allemande contemporaine. Chaque élément du Bundestag, qu'il soit ancien et conservé, détruit et absent ou réinventé et flambant neuf, donne du sens à ce qui aurait pu n'être qu'un bâtiment officiel sans intérêt. C'est la première fois que je vois une réalisation architecturale symboliser de façon aussi parlante et matérielle des idéaux moraux tels que la volonté de transparence ou la tolérance. C'est aussi la première fois que je visite un bâtiment officiel qui réussit à m'émouvoir : les murs de la partie ancienne du Bundestag, couverts des graffitis en cyrillique laissés par les soldats soviétiques en 1945, ne peut pas laisser insensible.

Autre activité culturelle de ces derniers jours : j'ai été au cinéma voir ça



et ça



Forcément, ce n'est pas le même genre. Alors que le premier retrace le parcours de deux terroristes kamikazes en Palestine, le deuxième reprend le bouquin pour enfant le plus génial au monde. Pourtant, Mahomet et Roald Dahl ont un point commun : leurs livres respectifs donnent d'excellents films. Pour les dîners mondains, je vous recommanderais plutôt Paradise now, nettement plus facile à recaser dans une conversation spirituelle (même si gros risque de cassage d'ambiance si celle ci était à la légèreté et la frivolité). Pour un samedi après midi pluvieux, Charlie et la chocolaterie est l'antidote parfait à une soudaine morosité. Ca m'a même donné envie de relire pour la 6537ème fois le livre.

J'ai également assuré le financement d'un petit week end à Vienne, Londres ou ailleurs dans les prochaines semaines en faisant la traduction de la communication d'une historienne d'art pour un colloque luxembourgeois sur les œuvres d'art pillées pendant la 2nde Guerre mondiale. Le principal enseignement que j'ai tiré de cette expérience est que la traduction est une occupation plutôt intéressante, relativement peu compliquée et très rémunératrice. Sacrifier deux ou trois soirées de ma semaine pour m'offrir un vrai week end, je trouve ça assez honnête…

Dimanche dernier, petit tour au marché aux puces de Boxhagener Platz avec Eve avant d'aller se réfugier dans un café riquiqui aux propriétaires à moitié dans les cuisines à moitié sur la lune, histoire de prendre un bon chocolat chaud (mit Sahne, il est des habitudes qui ne se perdent pas) et une crêpe « à la russe ». À vrai dire, juste de quoi lutter contre le froid qui commence à envahir les rues berlinoises, porté par un vent mordant venu directement de Sibérie (je présume). Et juste de quoi reprendre des forces pour faire face à une nouvelle semaine de travail.

En réalité, ma semaine a été assez peu productive, étant donné que le Ministère recevait un groupe de jeunes diplomates français, en formation intensive au Goethe Institut et dans l'administration « du pays partenaire », selon l'expression consacrée. Le groupe était vraiment sympa et j'ai fait des rencontres intéressantes. Et je me suis rendu compte à quel point il était finalement plus facile de parler en français plutôt qu'en allemand. Nous avons été dîner dans l'un des meilleurs restos de la Kollwitzplatz, Zander, absolument hors de mes moyens (même après la traduction), mais néanmoins tout à fait recommandable (quand on peut s'y faire inviter). Le réveil a été plutôt douloureux le lendemain matin après cette délicieuse soirée, ses délicieuses conversations et son délicieux vin blanc.

Un resto indien en bonne compagnie hier soir m'a permis de clore cette semaine en beauté. Le programme de demain mêle tradition (le brunch du dimanche matin) et innovation (je vais tenter d'obtenir des Restplätze au Staatsoper pour voir le Cosi fan tutte mis en scène par Doris Dörrie).

Je vous laisse sur une remarque à méditer. Etant donné sa portée, je m'abstiendrai de fournir un quelconque renseignement sur le contexte et l'auteur : « Tu sais, on n'épouse pas toujours une femme parce qu'elle est intelligente » (en parlant de la sienne).

08 octobre 2005

Finalement…

Finalement, ce n’était pas si horrible que ça cette petite sauterie péruvienne. Au contraire, c’était même très agréable. En réalité, ma plus grande crainte (inavouée) était de rester esseulée comme un palmier en pot dans une grande pièce.

Mais l’un de mes collègues du Ministère, qui fait partie du staff du Diplomatischer Stammtisch, m’a tout de suite présenté d’autres nouveaux débarqués, qui redoutaient sans doute autant que moi l’effet palmier en pot et qui étaient vraiment sympas.

J’ai en particulier rencontré deux jeunes Américains qui font un programme d’échange d’un an au sein du Ministère et qui sont des gens vraiment intéressants (oui oui, ça existe). Le premier que j’ai rencontré est en fait d’origine chinoise et ferait passer Nadine de Rotschild pour une pouffe sans éducation ni bonnes manières tant il est attaché aux règles les plus recherchées du savoir-vivre. Il en est presque déroutant, mais on prend rapidement l’habitude :) Là où l’histoire devient cocasse, c’est que j’ai failli habiter avec lui : j’avais repéré une annonce pour une chambre alors que j’étais encore en France, et lorsque j’étais arrivée à Berlin, la chambre avait déjà été donnée à une autre candidate. Et nous aurions même dû nous rencontrer plus tôt puisque nous avons habité au même moment à quelques mètres d’écart… à Vienne !! Si en plus de tout ça il était follement sexy, je suis certaine que je croirais à un signe énorme du destin. Comme ce n’est pas le cas, je trouve juste que les coïncidences sont des clins d’œil de la vie. Comme quoi, on ne croit que ce qu’on veut croire et on n’interprète que ce que l’on a envie d’interpréter.

Par exemple : je rencontre un charmant Néerlandais (oui encore un... Je n’y peux rien, ils sont partout et tous tellement… charmants) lors de mes visites de WG. Trop préoccupée par mes recherches immobilières, j’en oublie l’ABC de la survie sentimentale et je pars sans son n° de téléphone ni même son prénom. Une semaine plus tard, devenue sa voisine par la force du destin (SI SI SI SI !), je le recroise dans un lieu hautement romantique, le LIDL du coin (Charles, ouvre les yeux pour les Polonaises la prochaine fois que tu vas faire les courses !!). Et je ne peux pas m’empêcher de me dire que CA NE PEUT PAS être le hasard. Il n’est pas rationnellement concevable que nous ayons décidé de façon totalement indépendante d’aller faire nos courses le même jour, à la même heure, au même endroit. Cette rencontre est forcément quelque part l’œuvre d’une force supérieure. Et pourtant si, ça peut être le hasard. C'est meme sur que c'est le hasard. Un hasard bien organisé quand même, mais un hasard pas improbable. Soit dit en passant, comme j’ai été un peu prise au dépourvu, je suis encore repartie sans son n° ni son prénom malgré une discussion passionnante entre le rayon des pizzas surgelées et celui du café. La troisième fois sera la bonne. Je maintiens donc : on ne croit que ce qu’on veut croire et on n’interprète que ce que l’on a envie d’interpréter.

Pour en revenir à l’Ambassade péruvienne, le deuxième américain est aussi très sympa, bien que nous n’ayons pas autant de points communs dans nos chemins de vie. Pour fêter notre nouvelle amitié transatlantique, nous avons toutefois déjeuné ensemble aujourd’hui avec deux autres jeunes et fringants diplomates allemands. Je commence donc doucement à m’intégrer à la communauté diplomatique berlinoise :) Je suis même inscrite dans la liste du programme pour stagiaires du Ministère depuis cet après-midi. Une bonne chose de faite avant de partir l’esprit tranquille et le cœur léger en week end !

Je suis désolée de mettre d’un seul coup les récits de toute une semaine. Je devrais avoir plus de précisions lundi sur les possibilités d’accès à internet au Ministère et j’espère que je pourrai alors me connecter plus souvent et me remettre à ajouter de (jolies) photos !

06 octobre 2005

Les choses sérieuses

Mardi matin, réveil à 6h30 (wouch, ça faisait longtemps), de bonne humeur. Moitié envie folle d’aller travailler, moitié envie encore plus folle de prolonger les vacances…. Vu que je n’avais toujours pas de café chez moi et même plus de lait pour mes Smacks (sacrilège), j’ai joué à la parfaite Française de Berlin nostalgique dans la boulangerie en bas de chez moi : un « coffee to go » dans une main pour le côté berlinois, et un croissant au beurre tout chaud dans l’autre, à savourer dans le tram.

Première bonne surprise de la journée : je mets à peine 20mn pour aller au bureau, ce que je considère comme un temps record des plus acceptables. Dans ces conditions, je veux bien y aller tous les matins.

Deuxième bonne surprise : mes collègues sont vraiment tous adorables avec moi, des teutons absolument charmants à vrai dire. Bon, ce sont de grosses masses intellectuelles, ça impressionne, mais ça ne les empêche pas d’être sympas et marrants.

Troisième bonne surprise : j’ai retrouvé un « collègue » allemand très sympa que j’avais rencontré lorsqu’il était en poste à Vienne, qui est revenu à Berlin depuis peu et avec qui je vais travailler pour un dossier. Du tout bon !

Quatrième bonne surprise : le réseau de stagiaires a l’air particulièrement actif et dynamique. Il y a quasiment tous les jours quelque chose d’organisé. Ça tombe bien, parce que je sens que ce n’est pas avec la secrétaire (dont l’âge présumé lors de mon dernier post s’est confirmé, puisqu’elle m’a confié avec des yeux brillants d’impatience et de fierté qu’elle partait à la retraite en avril) que je vais pouvoir me faire des pauses café du tonnerre. Agnete (c’est son petit nom) ne sera définitivement ni Nathalie, ni Martine, ni Joëlle…

Cinquième point positif : il n’y a rien de mieux après une bonne journée de travail que de se mettre dans un bain chaud avec une tasse de Melissentee et Radio Multikulti en fond sonore (c’est LA radio de Berlin, c’est comme Nova, mais en mieux, parce qu’ils ne se prennent pas pour les seuls et uniques garants du bon goût musical).

Quelques points négatifs quand même :
- il est confirmé que je ne serai pas toute seule dans mon bureau, ce qui n’est pas EN SOI un drame. Mais j’ai juste été un tout petit peu traumatisée par ma collègue de Vienne. J’ai plein de témoins qui pourront confirmer qu’elle était VRAIMENT horrible, si jamais vous étiez tentés de penser que je suis simplement trop sensible !
- je n’ai pas accès à internet et les correspondances privées ne sont pas particulièrement encouragées avec le mail du ministère. D’ailleurs, j’ai essayé (bah oui, on sait jamais) et je ne recommencerai pas. À peine mon mail – assez anodin malgré tout – avait il été envoyé que je recevais une alerte me signifiant qu’il ne pourrait être transmis à son destinataire car le système de vérification automatique avait repéré qu’il contenait des informations qui ne pouvaient être communiquées à l’extérieur du ministère. Mais que si je tenais vraiment à l’envoyer, c’était possible en insérant un code dans l’objet du mail, mais que celui-ci serait conservé pendant 10 ans et pourrait être utilisé à n’importe quel moment par les services secrets dans le cadre d’une enquête. Honnêtement, ça donne super envie d’envoyer le mail !! Si on ajoute à cela que j’ai appris de source sure qu’un mec travaillant au Ministère de la Défense (allemand) allait passer en conseil de discipline après avoir été dénoncé par un de ses collègues parce qu’il avait envoyé un mail personnel du bureau, vous comprendrez mon silence mailistique dans les 5 prochains mois !!!!
- les journées sont un peu longues. Pas parce que je m’ennuie, mais parce que 8h-19h avec une pause déjeuner riquiqui (tout est relatif), ça fait quand même 10h… Et sans vouloir jouer au petit fonctionnaire calculateur de temps de travail, ça latte bien et ça ne laisse pas vraiment de place à une vie épanouie à côté. J’espère que mon chef va bientôt revenir à la raison (et aux horaires allemands).

Pour continuer dans les histoires de parano du Ministère, j’ai signé ce matin un document de 4 pages m’expliquant toutes les peines auxquelles je m’expose si jamais je révèle le moindre petit truc à la moindre petite personne. Pour signer ces papiers, j’ai eu droit à une cérémonie très solennelle en tête à tête avec mon chef avec un discours d’un quart d’heure dont il ressort principalement que :
- je peux accepter une voire deux invitations à déjeuner d’une même personne, mais qu’au-delà, ça devient suspect et que je dois lui demander son avis (et son autorisation)
- je dois fermer mon bureau à clef même quand je vais me repoudrer le nez, histoire qu’on ne me vole aucun document
- je ne dois pas essayer d’en savoir plus que nécessaire à la réalisation de ma tâche
- je ne dois parler à personne de mon travail en dehors de mes 7 collègues diplomates
- et pour être certaine que je révèle vraiment rien, ce serait encore mieux si je ne parlais à personne.
Je pense qu’il s’est senti obligé de particulièrement insister sur cette procédure, vu que je fais un peu Mata Hari ici. Mais ça m’a mise vraiment mal à l’aise cette discussion. Donc à partir d’aujourd'hui, je peux jouer à l’agent secret et vous balancez, si vous me posez des questions que ce que je fais, « désolée, top secret, je suis contrainte au silence par le Verpflichtungsgesetz ». Ils font parfois un peu peur les gens parfois !!!!

Pour oublier un peu la pression qui pèse sur mes frêles épaules, je vais aller divulguer quelques uns des nombreux secrets d’Etat que je détiens d’ores et déjà à l’Ambassade du Pérou où j’ai été conviée à venir me saouler aussi dignement que possible au pisco (OUIIIIIIIIIIIIIIII, du vrai pisco péruvien Tina, tu ne rêves pas !!! Pour Juliette : c’est la boisson que Marion avait préparée pour son pot de départ de la Mission, mais en meilleur… Oups, je crois que je viens tout à fait involontairement de languedeputer…) et à rencontrer le gratin des jeunes diplomates en poste à Berlin. J’ai eu un peu peur. Je m’attends à une vague mélange entre :
- un grand « Tournez manèges » international visant à aider la formation de brillants couples de jeunes diplomates esseulés
- une réception d’ambassadeurs guindée (sans Ferrero rochers ni copines avec qui boire plein de champagne comme au 14 juillet. Zut, c’est vrai, j’ai oublié que nous étions là en service pour écouter la Marseillaise, suis-je bête !)
- un pot d’ambassadeurs guindé avec des tas de discours dont personne n’a rien à faire, pas même le mec qui parle (surtout pas le mec qui parle).

C’est parti, je vais me jeter dans la fosse aux lions diplomatique… et faire attention à ne pas trop boire pour ne révéler aucun secret d’Etat (article 95 du Code pénal : je risque jusqu’à 10 ans de prison. Il ne faut pas croire que la vie n’est pas périlleuse à Berlin).

« Heute haben wir den 3. Oktober… »

Ce week end était un loooooooooooong week end grâce au lundi férié pour fêter la réunification allemande. Comme prévu, je suis allée faire un petit tour en Suède. Enfin, façon de parler, parce que je ne suis pas sure qu’au regard du droit diplomatique en vigueur, Ikea bénéficie réellement du même statut que les ambassades et les magasins soient considérés comme un petit morceau de territoire suédois à l’étranger (malgré leurs efforts visuels pour coller avec le drapeau). C’est en tous cas bien dommage car je trouve nettement plus classe de dire qu’on vient de passer le week end en Suède plutôt que d’avouer qu’on a passé son dimanche après-midi chez Ikea, agglutinée à la foule en délire qui a eu la même idée que nous…

Donc j’ai été chez Ikea et j’ai bénéficié d’un traitement particulier puisque Michael et Cornélia avaient emprunté la GROSSE voiture parentale pour se procurer les derniers éléments de leur collection de placards (si je divulgue des informations trop intimes sur mes amis, qu’ils me pardonnent, pitié) et j’ai donc eu droit à un service de livraison à domicile pour ma toute nouvelle étagère et les diverses accessoires absolument nécessaires à mon bien être.

Après la livraison a bien évidemment suivi le montage du meuble Ikea (mon premier toute seule !!!) et j’avoue que je suis assez fière d’avoir réussi à faire un truc aussi beau toute seule, avec mes deux mains et mes presque 10 doigts. Je dis « presque » mais n’allez pas croire qu’il m’en manque, à l’image de la copine polonaise d’un copain d’une copine, fille de chimistes (ce qui a sans doute son importance) et qui a visiblement souffert d’irradiations durant sa gestation puisqu’elle totalise un ensemble de 7 doigts répartis (inégalement, cela va de soi) sur deux mains. Donc non, j’ai 10 doigts, mais vous aurez sans doute remarqué qu’il y a toujours des doigts que l’on n’utilise pas pour bricoler (ce qui doit consoler la copine polonaise du copain de ma copine).

BREF, revenons en à mon étagère Ikea, qui est quand même la 7304ème merveille mondiale inscrite au patrimoine mondiale de l’humanité de la SOPHISCO (c’est comme l’UNESCO, mais en moins international). Certes, ce ne sont que 5 planches et deux morceaux de bois brut faisant office de soutiens, d’où son prix modeste. Mais quand même, je la trouve vachement belle et puis « c’est moi qui l’ai faite !!! ». Donc après quelques menus achats, ma chambre est devenue définitivement ce havre de paix accueillant et chaleureux qu’on a (parfois) envie de retrouver le soir.

Et lundi, c’était le fameux 3. Oktober. Et je ne résiste pas au plaisir de vous faire part d’un petit dialogue entendu à la radio à cette occasion, mi doux mi amère, qui résume (d’après ma perception) finalement pas mal l’état d’esprit de beaucoup d’Allemands 15 ans après la réunification :

- Was für einen Tag haben wir heute ?
- Den 3. Oktober ! Es ist der Tag der Wiedervereinigung…
- Und glaubst wirklich, wir sind vereinigt nun ?
- Na ja… schon !
- Sag mal, seit wann gibt es Ossi-Witze ?
- Seit der Wiedervereinigung !
- Siehst du…

Un peu de compassion pour les non-germanophones :

- On est quel jour aujourd'hui ?
- Le 3 octobre ! C’est le jour de la réunification…
- Et tu crois vraiment qu’on est unis maintenant ?
- Bah… oui, quand même
- Dis moi, depuis quand y a des blagues sur les Allemands de l’Est ?
- Depuis la réunification !
- Tu vois…

01 octobre 2005

Des nouvelles (au péril de ma vie ??)

Ca y est, j’ai emménagé et je profite depuis jeudi soir de ma chambre preque luxueuse dans mon appartement super luxueux… Quelques inconvénients quand même depuis que ma coloc est partie aux Etats Unis pour deux mois : elle a suspendu son abonnement à internet et a débranché le téléphone. Je suis donc un peu coupée du monde moderne. Le bon côté, c'est que je vais sans doute me désintoxiquer d'une bonne partie de mes addictions et que je vais me remettre à lire (des livres, pas Cosmopolitan) comme quand j'étais jeune et un peu cultivée.

Mais comme je ne suis pas encore désintoxiquée, et pour être en phase avec mon époque, je me suis dirigée vers un café doté du sigle « kabellos online Hot spot ». Et là, pas de chance : le propriétaire, bien que malheureusement affublé d’un bec de lièvre le rendant difficilement compréhensible, a réussi à me faire saisir qu’il n’avait plus de carte d’accès. En revanche, il m’a TRES GENTIMENT proposé, après s’être assis contre moi sur la banquette de son café, de descendre dans la « Keller » (la cave) où il a son bureau. Parce que chez lui, il a un accès à internet. Bizarrement, vu sa tête d’ancien de la Légion étrangère, j’ai préféré décliner l’invitation. Et j’attendrai le prochain café doté de WLAN pour mettre mon récit en ligne !!

Tiens, le propriétaire vient de revenir à la charge pour me proposer de venir travailler dans son bureau. Et me dire que le client de la table d’en face, qui semble aligner les bières et les cigarettes depuis le début de la matinée, a LUI AUSSI un bureau juste à côté et que je peux sans problème monter chez lui pour me connecter si je veux. Clin d’œil appuyé du client sus-nommé quand je le remercie poliment en déclinant son invitation et rires grivois avec le patron. J’aime !!!

J’ai rencontré mon chef hier et ma première expédition au Ministère a été plutôt sympa. Mon bureau sera dans l’ancien bâtiment dont le hall d’entrée (majestueux) ressemble furieusement à celui du palais de Ceausescu (avec la réserve que le marbre y est bordeaux et non pas blanc). Un joyau de l’art étatique soviétique…

Le « Arbeitsstab Frankreich » est composé d’une petite dizaine de personnes. Moyenne d’âge 35 ans avec une bonne grappe de conseillers au début de la trentaine. Il n’y a bien évidemment qu’une femme, la secrétaire (qui elle, tire plus vers l’âge de la retraite : ce n’est pas elle qui me fera découvrir les boîtes à salsa comme l’avait fait Nathalie à Vienne !!!!). Mon chef est vraiment très sympa au premier abord. Comme tous les diplomates allemands que je connais, il est marié à une Française. Et sa fille vient d’être prise à Nancy. Comme le dit si justement et si cyniquement mon amie Raphaëlle : « Le monde est petit, surtout le nôtre ».

J’ai également rencontré un Français responsable de la coopération franco-allemande (dont je tairai l’identité pour ne pas me griller tout de suite) qui parle tellement bien allemand (!!) qu’il demande systématiquement si on peut mener les entretiens en français en sa présence. Je suis parfois prise de doutes existentiels quant au fonctionnement de la fonction publique française… Comment peut on être nommé à Berlin sans parler allemand ? Parce qu’il est certes très sympathique, mais est ce qu’il n’y avait vraiment personne d’autre de qualifié ET germanophone pour son poste ??

Cette première rencontre avec mes futurs collègues m’a également permis de préciser un peu mon programme de travail pour les prochains mois. En gros, mon gros dossier va consister en l’organisation d’une journée portes ouvertes dans les entreprises allemandes en France (et inversement) afin de motiver les jeunes dans l’apprentissage de la « langue du partenaire » en leur montrant les applications pratiques de cet apprentissage. Bon, comme ça, ça n’a pas l’air très clair, mais pour faire simple, il faut réussir à convaincre les entreprises de consacrer une journée à des élèves, et convaincre les écoles de laisser une journée de libre aux élèves. En somme, il faut convaincre tout le monde qu’il s’agit, comme l’a dit mon chef, d’une « win win situation » (Grand gourou Pélissier, nous te vénérons).

La mauvaise nouvelle, c’est que les journées de travail commencent à 8 heures (et que je partage mon bureau avec un Suisse. Mon Dieu, faites en sorte que la ponctualité suisse soit un mythe…). L’autre mauvaise nouvelle, c’est que je suis repartie avec un dossier d’une centaine de pages à lire d’ici mardi matin. Encore heureux que le 3 octobre soit férié ici… Mais Cornelia a raison : « c’est toi qui as voulu rencontrer ton chef avant, maintenant, tu assumes ! » ☺

Hier soir, c’était soirée fondue chez Michael et Cornelia avec Dirk, le stagiaire préféré de Cornelia au Ministère de la Défense. Comme prévu, un moment très sympa, même si Michael nous a tous lattés au quizz des capitales.

Bon, ça y est, me voilà posée dans un autre café, bien plus recommandable cette fois ci. Remarquez, l’avantage quand on se fait draguer par un vieux légionnaire patron de café, c’est qu’on ne paie pas son Milchkaffee. Et pourtant, je vous jure que je ne suis pas allée dans sa cave !!!

Outre la lecture de mon pavé sur la coopération franco-allemande, le reste de mon week end va sans doute être consacré à une petite virée chez Ikea (je n'aime pas les Suédoises, mais j'aime bien Ikea), histoire de rendre ma chambre réellement habitable... Et à partir de mardi, les choses sérieuses commencent !! Je sens déjà que je vais rentrée claquée après avoir travaillé toute la journée en allemand.

Merci à tous les fidèles commentateurs (et surtout commentatrices d'ailleurs !!). C'est promis, je vais me remettre à vous écrire des mails persos :)

29 septembre 2005

Bande son

Alors que mes affaires sont déjà toutes bien rangées (enfin, disons la moitié qui rentre encore dans mon sac... Un deuxième voyage sera nécessaire) en prévision de mon déménagement cet après-midi, j'attends qu'il se passe quelque chose dans ma fenêtre MSN. Nan, en vrai, je me fais croire que je fais du droit public. Mais bizarrement, le temps ne passe pas très vite en allant sur le site du Conseil d'Etat.

Et bizarrement, le temps passe un peu plus vite quand je vais sur le site de mon label préféré, tôt ou tard, pour écouter les dernières nouveautés. Un Jeanne Cherhal pas mal du tout (amitiés sincères à toutes celles avec qui j'ai partagé le bon moment de son concert !!) et un extrait du futur Thomas Fersen, un peu décevant je trouve. Il y a tous ceux que l'on découvre. Et il y a tous ceux dont on ne se lasse pas : Bastien Lallemant et sa jolie guitare, les polyphonies de Bombes 2 Bal, les "duels de tchatche" des Fabulous Trobadors... Moi je dis : vive tôt ou tard !

Allez donc y faire un tour si vous ne savez pas quoi faire : http://www.totoutard.com/pointEcoute.php#

27 septembre 2005

A l'ombre des portes en fleurs...

Ce qu'il y a de bien à Paris, c'est qu'il y a tellement de petits cafés et de restos sympas qu'on aimerait essayer qu'on sait qu'on ne s'ennuiera jamais (tout en devant pour cela accepter de finir ruiné). Ce qu'il y a de bien à Berlin, c'est qu'il y en a autant, et qu'on sait qu'on pourra quasiment tous les essayer même avec un budget d'étudiant :) Je crois que je commence à voir où va partir ma bourse de l'OFAJ...

Regardez par exemple comme celui a l'air sympathique avec ses petites fleurs champêtres partout :







Certes, il s'avère que "Poulette" est un restaurant français (mouef, à la lecture de la carte, je doute un peu) hors de prix, mais à cette exception près, je vous assure que ce que je dis est vrai !











J'ai trouvé mon emblème de la journée en me promenant dans Prenzlauer Berg : étant donné que j'habiterai sous peu dans la Kastanienallee, j'ai doucement souri en voyant la frise ornant la synagogue du quartier (oui oui, ce sont des feuilles de châtaignier) :



Compte tenu des deux policiers en faction devant la synagogue, je n'ai pas vraiment pu sauter par dessus les jolies grilles en fer forgé pour voir l'intérieur de l'édifice religieux, qui doit pourtant être très intéressant. D'ailleurs, les abords des lieux "liés au judaïsme" (synagogues, restaurants kasher, galeries d'art, etc) sont toujours étroitement surveillés et sont entièrement aménagés pour éviter tout "incident" avec des barrières métalliques ou même des plots en béton qui mettent en place un périmètre de sécurité. Tout ça ne donne pas forcément une ambiance chaleureuse ni un air engageant. Les cafés essaient de compenser en affichant des pancartes "Le Beth Café est ravi de vous accueillir" sur toutes les barrières métalliques, mais l'impression générale reste un peu pesante.


Une dernière photo pour vous montrer à quoi ressemble un 'avant-après' spectaculaire à Berlin :



En voyant aujourd'hui dans Prenzlauer Berg tous ces immeubles bourgeois de la Gründerzeit entièrement restaurés et peints dans toutes les couleurs (les Allemands sont parfois très audacieux), on a du mal à s'imaginer qu'il y a quelques années à peine, tous les immeubles étaient couleur gris soviétique, dans toute la riche gamme que ce ton propose. Les rares immeubles qui n'ont pas encore été rénovés sont les dernières traces de ce qu'a pu être Berlin avant la réunification et avant le chantier géant qui a suivi la chute du Mur. Et on y trouve généralement des chauffage au charbon, des douches dans les cuisines et des toilettes sur les paliers.

J'arrive vraiment difficilement à m'imaginer quelle pouvait être la vie quotidienne à Berlin lorsque la ville était encore coupée en deux. Quelques rues, qui se terminaient autrefois en cul de sac, bouclées par le mur, débouchent aujourd'hui dans de grandes artères, comme pour conjurer le sort. En fait, il est aussi difficile de ne pas penser au Mur que de réussir à se représenter sa présence. Je pense que je vais un pèlerinage demain en suivant les fameux pavés qui l'ont remplacé le long de l'ancienne frontière. Je vous raconterai...

26 septembre 2005

CA Y EST !!!!!!!!!!!!

Et oui, l'inimaginable a fini par arriver : j'ai une chambre, et elle est vraiment pas mal, en plus :) J'ai reçu ce soir LE coup de fil que j'attendais depuis 11 jours. J'emménage donc jeudi dans un bel appartement de la Kastanienallee avec une coloc' a priori charmante.

Etant donné la joie submergeante qui m'envahit à cette nouvelle, je dois également dire que finalement, Berlin, ce n'est pas SI moche que ça. Enfin si, ça reste moche, mais on relativise énormément après quelques jours passés à arpenter les rues de la ville. Car si la Danziger Strasse, où se trouvait la première chambre que j'ai visitée, m'est au premier abord apparue comme l'archétype du glauquissime, je la trouve aujourd'hui finalement très accueillante, vivante, chaleureuse et presque pleine de charme. J'attends encore la révélation pour la Greifswalder Strasse (pour les novices, grande artère soviétique)... Je pense que j'aurais alors atteint le summum de la Berlin attitude !

Il me reste encore quelques petits détails à régler avant d'être parfaitement installée dans ma nouvelle (mais provisoire) vie : rencontre avec mon chef du Auswärtiges Amt dans les prochains jours, installation dans ma nouvelle chambre (signature des contrats qui vont avec), et surtout, accueil de ma petite Evouchka dimanche matin. YIPPIIIIII !

Et puis il faut aussi que je découvre mon quartier : les restos inratables, le marché bio avec tous les bobos et leurs enfants, le coffee to go des matins difficiles, le Kaiser's le plus proche, le loueur de DVD à 1 € la journée, la librairie où on peut passer des heures le samedi après-midi... Ah, je rêve déjà :)

Toujours sans logement... et sous la pluie !

Encore une journée passée à visiter des appartements et des rues berlinoises. J'en ai profité pour faire un petit saut à mon futur bureau, qui a quand même une sacrée allure :




Je reprends espoir en ma bonne fée immobilière. Plus de détails au prochain épisode, je l'espère :)

25 septembre 2005

Toujours sans logement, mais au soleil !!

La quête du Saint Graal immobilier se poursuit, d'autant plus activement que mes premiers visiteurs se sont annoncés pour mercredi prochain !! Je continue à affronter héroïquement et stoïquement les mutiples refus qui me sont communiqués chaque jour. Et je me rassure en repensant à une rencontre cocasse faite hier : en sortant d'un énième appartement berlinois, je tombe sur un Français déjà rencontré lors d'une de mes précedentes visites. Lui aussi cherche un toit accueillant depuis deux semaines, et lui aussi se fait jeter de partout :) Le seul point rassurant, c'est qu'il a l'air vraiment normai : le genre de mec avec qui je m'imaginerais très bien emménager en réalité.

La théorie de Cornelia, sans doute fondée, est que je dois faire trop bourge pour les "Linkesalternativen" berlinois. Je devrais peut être me mettre ma carte du PS en pendentif pour les amadouer... et encore, je crois que ça ne suffirait pas, à en juger par les résultats de la PDS dimanche dernier. Bref, je compte désormais beaucoup sur une chambre visitée avant-hier : si la théorie de Conny est vérifiée, l'étudiant en polo Ralph Lauren qui m'a reçu devrait, lui, être séduit par mon allure de Versaillaise transplantée à Berlin.

J'ai également eu une petite surprise hier soir : je suis allée visiter une chambre qui avait été occupée il y a deux ans par... Nina Rocipon !! (Pour les non sciences-poteux, une co-étudiante de 2ème année à Nancy).

En dehors de mes visites de chambre, le week end a été encore tout à fait agréable. Ce n'est pas réellement l'été indien (car ma soeur s'est echinée à me faire comprendre que le VRAI été indien n'avait lieu qu'APRES les premières gelées) mais il fait bien 25° et les nombreuses terrasses sont plus fréquentées que jamais. Je suis d'ailleurs en ce moment même sur l'une d'entre elles, équipée de WLAN (wireless je sais pas quoi, la plus belle invention depuis internet) et de rayons de soleil. Ma table est en prime tout spécialement équipée d'un latte macchiato. Le rêve...

La séquence photo du week end, avec rien que des "spécial dédicaces" :)



Tout d'abord, spécial dédicace pour Wojcieh, le moins nationaliste de tous les Polonais, avec une question existentielle : qui peut bien vouloir manger polonais ??









Pour Mymie ensuite, qui saura pourquoi : (j'ai repéré le café juste à côté, et je te promets qu'on ira dès que tu viendras me voir)














Pour Cornélia et Michael enfin, qui ont bien mérité d'avoir leur photo ici puisqu'ils me supportent vaillamment et plus que gentiment depuis bientôt 10 jours ! Ils ont été choisis pour la prochaine campagne de pub de Pronuptia, mais CHUUUUUUUT, c'est un secret...






Et une petite dernière, sans dédicace, mais il faut bien quand même que je mette une photo de ce truc qu'on voit de quasiment PARTOUT dans Berlin...







Voili voilou ! Et demain, je repars à l'assaut des WG. Youpi !!

22 septembre 2005

Week end berlinois, o joie !

Avec un peu de retard, voici le récit de mon premier week end à Berlin, qui a été pas mal occupé par les visites d'appartement encore et toujours. Mais aussi par un brunch pantagruélique au soleil de 10h à 16h...







Mais laissons Rabelais quelques instants pour s'intéresser à la VRAIE vie : la politique (euh... non, peut être pas quand même).



Car ce week end n'était pas seulement mon premier à Berlin, mais aussi celui des élections anticipées, et donc des derniers moments de campagne électorale.



En sillonant le quartier de Michael et Cornélia, boboïsé à souhait (le quartier, pas eux), je suis tombée sur le marché bio organisé par la Ligue verte sur la Kollwitzplatz.



Les Verts avaient installé leur stand au milieu de la place, à côté de l'air de jeux pour les enfants, et distribuaient des ballons à la moindre tête blonde qui passait par là (et il y en avait beaucoup).



Tout ça ressemblait donc beaucoup à une kermesse sympathique et joyeuse :)












L'ambiance kermesse continuait un peu plus loin avec un tournoi de foot amateur dans la cour de la Kulturbrauerei.



Même si je n'ai pas suivi l'affaire de près, je crois néanmoins pouvoir affirmer qu'il n'y avait là aucun lien avec les élections...






Cornelia m'a également entraînée dans une virée shopping aux Galeries Lafayette pour se refaire une garde robe "à la française". La différence d'ambiance est saisissante avec le Kaufhof d'Alexanderplatz... Bien évidemment, tout le personnel, censé représenter le chic parisien, parle allemand et français. A la caisse, je dis à Cornelia pour rigoler "mais en fait, c'est là que je devrais travailler". Et la vendeuse-caissière me répond immédiatement "ah hui, fous poufez, pien zur" (elle était allemande). Et lorsque 32 secondes plus tard la DRH (française) des vendeurs passent dans le rayon avec un collègue, elle l'appelle pour me présenter en lui disant que j'aimerais travailler aux Galeries. Elle me regarde et me dit avec un grand sourire "très bien, passez pour me déposer votre CV". Du coup, ça avait l'air si facile (tout ça juste parce que je suis française) que je me suis mise à y penser sérieusement. Pourquoi ne pas faire quelques heures dans le week end ? Dès que j'ai trouvé une chambre, je m'en occupe !

Je repars à l'assaut des WG en espérant que les visites du jour seront les bonnes !

16 septembre 2005

"Kaleidoskop des Lebens"

Voilà le titre d'un livre que j'ai aperçu aujourd'hui au cours d'une de mes premières flâneries berlinoises. J'aime bien les caléidoscopes, juste parce que c'est joli. Et surtout, j'aime bien l'idée qu'avec quelques petits morceaux (choisis) peuvent se créer une multitude de paysages et de situations. Je sens que je vais aimer Berlin.

Je suis dans la ville démurée depuis maintenant presque 36 heures, et sans dire que c'est "la plus grande boîte de nuit du monde" (je n'ai pas encore eu l'occasion de vérifier, mais ça ne vaudra JAMAIS le Moulin du port du Douhet : amis oléronnais, bonsoir), je confirme l'impression que j'avais eue lors de mon dernier, bref et accidenté séjour. Berlin est une ville comme aucune autre, qui ne ressemble à rien, dans tous les sens du terme.
Car il faut bien admettre que Berlin, c'est moche. Mais alors, vraiment moche vous savez. Et pourtant, on apprécie encore plus les petites oasis de beauté comme la Kollwitzstrasse.
Il faut bien admettre, aussi, que Berlin est résolument une ville intéressante. Peut être est-ce illusoire, mais j'ai l'impression que chaque petit coin a une histoire à raconter.
Et il faut bien admettre, enfin, que Berlin est sacrément accueillante, en particulier le Prenzlauer Allee 213 et ses merveilleux habitants. La vie ne devrait être qu'une suite de bons restos avec de bons copains. Compte-tenu du nombre de restos sympas dans Berlin, j'ai bien fait de commencer dès mon arrivée avec un petit sri-lankais inoubliable en compagnie de mes charmants hôtes.

Mais je ne fais pas qu'aller au resto !! Les recherches de chambre se poursuivent avec ferveur et me permettent de silloner quelques quartiers de Berlin. Pour les nostalgiques, qui auront le sourire aux lèvres rien qu'à la lecture de ces quelques noms, j'ai erré le nez en l'air entre les stations de Weinmeisterstrasse (colloc dans une tour soviétique avec vue sur des tours soviétiques à 500m à la ronde... et la Fernsehturm, qu'on voit de toutes façons depuis n'importe quel endroit de la ville !! On se serait cru en Pologne dans les années 70, un vrai dépaysement), Südstern et Herrmannplatz (quelques souvenirs désagréables de cette place. Qu'il est douloureux d'attendre le bus de nuit en minijupe au mois de décembre, hein Agathe !!), Bernauerstrasse, Rosenthaler Platz et Rosa Luxemburg Platz.
La dernière WG visitée est peut être la bonne. En dehors du fait que l'appartement est super bien situé, j'ai l'impression que l'ambiance y est particulièrement bonne. C'est un peu un remake miniature de l'Auberge espagnole (pardon Mymie) puisque les 3 Mitbewohner sont allemand, chilien et anglais. L'appartement est immense, la Gemeinschaftszimmer fait plus que l'ensemble de mon appartement parisien !! Tout a l'air simple et "locker". Et en prime, Steffen l'Allemand est sans doute le coloc le plus sexy de tout Berlin (et tout le monde sait que je suis particulièrment exigeante) et fait partie de la Sonderangebot de la chambre :-)

Dites, les Berlin-erfahren, vous n'auriez pas une adresse de hammam génialissime dans vos carnets par hasard ?? Je rêve d'une bonne séance de papotage envapeuré avec Cornelia ce week end. Si j'arrive à concrétiser, je vous raconterai cette nouvelle première. Ca permettra d'attendre sereinement les résultats de la soirée électorale de dimanche. En tous cas, 70% des Berlinois pensent qu'Angela ne sera pas Kanzlerin. Berlin est-il représentatif de la société allemande ?
J'ai été très étonnée de voir à quel point l'extrême gauche joue sur l'Ostalgie. Les affiches électorales sont différentes à l'ex-Ouest (affiches nationales) qu'à l'ex-Est, où elles ne parlent que de "l'Ost". La séduction par la différenciation, on va voir ce que ça leur rapporte en voix !

Bon week end à tous les valeureux travailleurs ; moi, je vais encore flâner :)

15 septembre 2005

J'ai réussi...

à tout faire rentrer dans ma valise !!!! Et sans dépasser les 20 kg, s'il vous plaît ! J'en suis tellement étonnée que j'ai gardé des preuves :



Accordez une attentiont toute particulière à l'harmonie subtile de couleur entre la balance dernier cri et le carrelage rustique. La photographie est réellement un art noble.

Et j'ai même réussi à prendre mon avion après une course effrénée dans les couloirs d'Orly à 6 h du matin. Tous ceux qui connaissent mon côté marmotte apprécieront sans doute l'héroïsme de mon geste.

Maintenant que j'ai compris comment mettre des jolies photos dans mon blog (tout vient à point à qui sait attendre), vous aurez sans doute droit à mes premières impressions photographiques de Berlin sous peu ! A suivre...

13 septembre 2005

L'Action qui m'a fait prendre conscience d'une nouvelle dimension à ma vie (autrement nommée AQMFPCNDAMV pour les initiés), LE RETOUR !!

Et oui et oui, Mymie va être contente, je réitère avec l'AQMFPCNDAMV et succombe moi aussi aux charmes immodérés du blog... En effet, à force de voir tous mes amis blogger et à force d'apprécier la légèreté de leur prose alliée aux commodités modernes, j'ai fini par comprendre que je serais la dernière des ringardes du placard si je ne m'y mettais pas moi aussi.

DONC : Melle Coco s'en va très très bientôt pour la joyeuse Teutonie. Et comme mes (grandes) vacances m'ont permis de vérifier à quel point il était bon d'avoir des amis, des gens à qui on n'a rien envie d'autre que de dire "Schön daß es dich gibt", rien ne vaut un bon petit blog pour entretenir ce cercle qui fait de moi un être extrêmement privilégié. Parce que c'est bien beau de parcourir l'Europe en long en large et en travers (bon, je suis un peu prétentieuse, parce que Berlin, à côté de l'Ukraine, de la Hongrie ou de la Biélorussie, c'est petit joueur et franchement banal) - BREF, je disais : c'est bien beau de parcourir l'Europe en long en large et en travers, mais je n'ai pas envie de rentrer en ayant l'impression d'être partie sur Mars pendant quelques millénaires. Donc "Mademoiselle Coco à Berlin" me permettra de vous raconter ma vie, pour que vous n'en sortiez pas vraiment, même si vous n'êtes pas juste à côté de moi.

Et pour tous ceux qui ne partageront avec moi ni hammam du vendredi soir, ni brunch du dimanche midi, ni soirée DVD-vin blanc autrichien (AAAAAAAAAH, le Burgunder Servus Österreich de mon année Erasmus...), je vous promets qu'on se rattrapera très bientôt. Oui Tina, on réussira à se faire notre soirée Devdas dans ton home cinema de luxe !!

Mais rassurez-vous, je ne suis pas encore partie : il faut, avant cela, que je réussisse à limiter ma garde robe de jeune fille frivole par excellence à 20 kg, selon les souhaits d'Easyjet. Autrement dit, il me reste encore à faire le tri entre l'indéniablement nécessaire et le presque indispensable. Dilemme cornélien s'il en est...

Dernières bises de Paris pour clore l'AQMFPCNDAMV du soir qu'a constituée la création de ce blog.